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Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

Résumé : Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Estelle Faye est une auteure que je suis régulièrement les nouvelles publications qui m’ont toujours fait passer de bons moments. Elle ne m’a jamais vraiment déçu, proposant des textes divers et variés dans les différents genres de l’imaginaire. Je n’allais donc pas passer à côté de son dernier roman. Par conséquent quand j’ai vu que le site de Book en Stock proposait un partenariat pour Le Mois De consacrée à l’auteur, j’ai décidé de tenter ma chance et eu la chance d’être sélectionné. Je les remercie ainsi que les les éditions Critic pour m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Marc Simonetti, je la trouve franchement magnifique. A noter qu’il s’agit d’un one-shot, donc pas de grands cycles en vues, même si l’auteur se laisse des clés pour, pourquoi pas, revenir dans l’univers.

On plonge ainsi ici dans un roman de Fantasy, à travers un monde où se mêle magie et apparition de nouvelles technologies comme la poudre, qui va nous dévoiler la destinée de plusieurs personnages qui vont mener à la chute des Seigneurs de Bohen. Oh non, ne vous inquiétez pas, je ne vous gâche pas le roman, loin de là, vu que cette chute est annoncée dès la première page. En effet l’auteur montre ici que la finalité n’est pas toujours le plus intéressant dans un roman, mais parfois le voyage réalisé pour y arriver. Je l’admets d’ailleurs, je me suis laissé facilement porter par ce roman qui m’a offert un excellent moment de lecture et qui a même réussi, d’une certaine façon, à dépasser mes attentes. En effet mes nombreuses discussions avec l’auteur et le quatrième de couverture me laissait à penser de la Fantasy épique pure et dure avec son côté classique. Pourtant, même là l’auteur est arrivé à y ajouter sa touche personnelle, son originalité pour finalement amener quelque-chose qui, sans non plus révolutionner les grandes lignes, se démarque facilement selon moi. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus et si je n’avais pas manqué de temps, je pense que j’aurai terminé ce roman bien plus tôt. Une histoire finalement épique, mais aussi intimiste, bien porté par une narration multiple qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et qui monte lentement en tension pour dévoiler la mort de l’Empire.

Déjà le premier point qui marque dans ce roman ce sont les personnages proposés tout du long. Estelle Faye ne cherche pas à nous offrir une palette de grands héros qui ont pour seul but de sauver le monde, ou le rendre meilleur comme peuvent le faire d’autres séries. Non, ici on découvre plus des personnages différents, qui sans s’en rendre compte, par leurs actes, leurs passions et leurs envies vont effectuer de petite variations dans la trame du pouvoir qui va ainsi petit à petit le mener à sa perte. On découvre ainsi un panel de personnage différents, loin des stéréotypes habituels, des rejetés, des incompris, des différents, tous d’une certaine façon un peu freaks, étranges, et pourtant si humains et touchants. C’est d’ailleurs cette différence qui fait qu’on s’attache à eux, on peut facilement se reconnaitre, tout du moins en partie, à travers eux. Ils n’ont pas obligatoirement de grands buts en tête et cherche simplement à avancer, voir à aider ceux qu’ils aiment tout simplement.

Car c’est aussi la grande force, je trouve, du récit, la passion qu’elle met en place, cet amour loin d’être guimauve entre les différents personnages qui va se révéler finalement en partie moteur du changement qu’il soit passionnel, fusionnel, platonique, amical ou familial. Le tout est amené de façon cohérente et logique, on ne tombe jamais dans le coup de foudre facile ou bien encore le rencontre téléphonée. Dans ce roman la vie est passion, émotion et elle mérite d’être vécue et qu’on se batte pour elle, pour faire plus que survivre, même si tout est loin d’être rose dans ce monde. C’est ainsi cette palette de personnage atypique qui fait qu’on se laisse porter à suivre leurs aventures et à vouloir en apprendre plus sur eux. Autour d’eux gravitent aussi des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus d’attraits, même si je suis déçu que certains ne soient pas plus approfondis tant ils paraissent intéressants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, nous proposant un empire au bord de l’explosion qui se dirige lentement vers sa fin, malgré le fait que l’Empereur tente son possible pour le sauver. Les pièces du puzzle, les manipulations se mettent lentement en place, dévoilant une main du destin implacable, mais qui ne tombe jamais dans cette impression de linéarité. On ne sent jamais non plus vraiment l’emprise de l’auteur sur le récit, tout paraissant au final d’une certaine cohérence, même si certains retournement, j’avoue, peuvent paraitre un peu brusque voir par moment légèrement prévisibles. Je pense ainsi au choix de Sorenz dans le dernier tiers qui, certes, possède une certaine logique mais m’a paru précipité et donne légèrement l’impression d’être là surtout pour faire avancer l’intrigue.

L’aspect mystique ne manque pas non plus d’attrait, dévoilant magie et bestiaire bien construits, efficaces et fascinants. Entre changeformes et autres monstres on est vraiment dépaysé par ce que propose l’auteur et l’ensemble se coule parfaitement dans ce monde et ce qu’elle construit. Le côté social ne manque pas non plus d’attrait où, certes la révolution pour la liberté n’ rien de neuf, mais le ton donné à ce combat offre quelque chose d’intéressant. Enfin une petite touche de technologie vient ajouter un plus à l’ensemble et le tout est porté par une ambiance sombre, qui nous rappelle de façon percutante que la mort n’est jamais loin. Alors certes, dit comme ça il pourrait paraitre un peu classique, et je ne le nie pas, mais c’est dans les petits détails, dans les petites touches qu’elle apporte que l’auteur arrive à le rendre vivant, c’est dans la profondeur de ce qu’elle construit qu’elle le rend efficace et donne envie d’y plonger encore et à nouveau.

Ainsi chaque destin va s’entrecroiser pour aboutir à une conclusion qui n’a rien d’explosive, mais qui ne manque pas de tension, de révélations, de choix et offre ainsi un final prenant et terriblement efficace. J’avoue certains points m’ont paru un peu traité rapidement, mais mon principal regret est finalement que le roman s’arrête. J’en voulais plus. Alors après on pourrait regretter quelques longueurs ici ou là, le fait que l’auteur finalement n’offre jamais vraiment le  point de vue de l’Empire, ou bien que certains aspects aillent trop vite vers la fin, mais franchement je ne fais que chipoter tant j’ai été happé par ce récit et que j’ai eu du mal à le lâcher à chaque fois que je devais le poser. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, poétique, avec par moment une pointe de sensualité qui a vraiment réussi à me plonger, m’immerger dans ce récit et les relations qui se font et se défont tout du long. Elle démontre ainsi qu’elle fait vraiment partie des auteurs à suivre, selon moi, dans le monde de l’imaginaire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un récit de Fantasy épique, mais aussi intimiste des plus réussis. Le récit est porté de façon efficace par une narration multiple qui fait qu’on est rapidement happé par l’histoire. La tension monte ainsi au fil des pages pour aboutir à une conclusion qui n’a certes rien d’explosif mais s’avère percutante et réussie. Le gros point fort du roman vient clairement de la galerie de personnages que nous brosse l’auteur qui sont loin des héros en quête pour changer le monde. Ce sont des personnages qui ont leurs histoires, leurs envies, leurs faiblesses, leurs émotions et c’est ce maelström qui va les faire avancer et qui va les amener à faire des choix. L’auteur montre que la passion, les émotions font que parfois il faut se battre pour vivre sa vie. Au final des protagonistes attachants, touchants et entraînants. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants et certains auraient même mérité d’être un peu plus approfondi. L’univers peut paraître classique dans les grandes lignes et ce qu’il propose, mais c’est dans les petits détails et la touche personnel qu’apporte Estelle Faye qu’il gagne, selon moi, en intérêt. On découvre ainsi un monde dense, captivant, dépaysant, qui donne envie d’en apprendre plus. Alors, on pourrait reprocher que certains points sont traités trop rapidement, que certaines longueurs se font ressentir ou encore qu’un point de vue de l’Empire aurait pu apporter un contrepoids intéressant, mais franchement je chipote tant j’ai été happé du début à la fin par ce roman. La plume est toujours aussi soignée, vivante, poétique et prenante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

Rappel : Le Mois de Estelle Faye! sur Book en Stock

Je fais une petite news pour vous annoncer que sur le blog de Book en Stock Le Mois de mars est consacré à Estelle Faye. Fan de l’auteur je ne pouvais manquer cet évènement.

Je ne reviendrai pas sur les écrits de l’auteur, pour ceux qui suivent mon blog vous avez dû vous rendre compte que j’apprécie beaucoup ce qu’elle fait. pour ceux qui souhaiteraient mes chroniques vous pouvez les retrouver ici. Et avec ce lien retrouvez celle de Book En stock ainsi que la bibliographie de l’auteur.

N’hésitez donc pas jusqu’à la fin du mois, à vous promener sur Book en Stock pour y retrouver les différentes pages de l’interview de l’auteur et, pourquoi pas, poser vous aussi vos questions. Vous pouvez retrouver le premier volet ici.

La Voie des Oracles Tome 3, Aylus – Estelle Faye

la voie des oracles t3 aylusRésumé : Je ne révèlerai rien. Nah !

 

 

 

 

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il y a plusieurs mois, je me suis laissé tenté par ce cycle, conquis par les précédents écrits de l’auteur et avec l’envie de découvrir cette série typée un peu plus jeunes adultes de Fantasy, avec une pointe historique. Les deux premiers tomes m’ont clairement convaincu de la qualité de cette oeuvre, offrant une histoire maîtrisée, pleine de surprises et de rebondissements avec des personnages percutants (ma chronique du Tome 1, Tome 2). C’est donc sans surprise que, lors des dernières Imaginales, je me suis rapidement laissé tenter par ce dernier tome du cycle. A noter de nouveau une magnifique couverture, illustrée par Aurélien Police, qui dénote des tomes précédents par des couleurs plus sombres, mais il y a une raison pour cela et elle colle ainsi parfaitement au récit.

Alors je me lance dans cette chronique avec précaution. Je vais ainsi essayer de parler le moins possible de l’histoire, car tout comme vous avez dû remarquer que je n’ai pas copié le résumé de l’éditeur, je considère que parler de l’histoire dévoilerait trop l’intrigue et surtout les surprises que propose l’auteur. Surtout que le cliffangher du tome précédent offrait tellement de possibilités qu’il serait dommage que vous perdiez un peu du côté découverte, saisissant et étonnant de ce que propose ce troisième tome. Car oui, l’auteur m’a surpris, prenant à contre-pied les attentes que j’imaginais, quittant ainsi l’aspect fantasy historique pour y ajouter des éléments complètement différents qui m’ont ainsi rapidement captivé et offre ainsi quelque-chose de totalement différend. Je m’attendais aussi à un troisième tome plus nerveux dès la première page, sauf que voilà même si l’ensemble reste intense, le début part sur un tempo lent, histoire de bien poser les nombreux bouleversements, et qui va monter doucement en pression au fil des pages.

Ce démarrage à contre-courant aurait pu se révéler déroutant, mais finalement a très réussi rapidement à me happer. Les aventures de nos héros vont se révéler pleines de surprises, de dangers et vont les amener vers des voies nouvelles qu’ils n’avaient jamais exploités auparavant. La couche légèrement « SF » (à prendre avec des pincettes, ça reste un roman de Fantasy, mais pour éviter de nouveau de trop en dire je tergiverse) se révèle clairement fascinante, offrant ainsi une nouvelle vision de l’intrigue et des évènements, rebattant ainsi les cartes et changeant totalement les perspectives. On tourne ainsi les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus sur comment l’auteur va dénouer tout cela jusqu’à cette conclusion intense et surprenante. Alors ne fuyez pas, ce troisième tome ne déconstruit pas les précédents, il s’imbrique ainsi parfaitement dans la trilogie, prenant appui sur les deux premiers tomes pour continuer à construire un puzzle complexe et réussi.

L’univers développé tout au long du cycle se révèle toujours aussi intéressant, continuant à gagner en profondeur et en intérêt dans ce troisième tome. L’auteur  intègre ainsi encore de nouvelles mythologies dans son monde, qu’elles soient germaniques, celtes, romaines ou autres, tout en arrivant à rendre l’ensemble cohérent, soigné, passionnant et sans lourdeur ou longueur. Elle continue aussi à nous faire voyager le long de son récit, allant ainsi de Carthage à Rome, de la France à Brittania et d’autre lieux encore. Elle va nous faire découvrir du pays et des façons de vivre complètement différentes. Alors je regrette un peu que parfois certains aspects soient à peine effleurés, mais dans l’ensemble on est dépaysé par les nombreux lieux visités. Surtout que l’auteur arrive à les rendre palpable par des descriptions vivantes et efficaces. Les divinités qui prenaient de l’ampleur dans les tomes précédents, vont ici avoir une grande importance dans les jeux de pouvoir et les intrigues qui se déroulent ; toujours en guerre contre cette nouvelle religion qui les fait disparaître peu à peu. Au final un univers riche et dense, qui m’a rapidement captivé et donné envie d’en apprendre plus. De plus les réflexions soulevés se révèlent intéressantes et permet au lecteur de se poser quelques questions pertinentes.

Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre et à découvrir. Les modifications apportées par le cliffangher du tome précédent et les conséquences qu’il a eu leur offre aussi de nouvelles perspectives et permet de les considérer différemment. La notion de bon ou mauvais devient ainsi encore plus flou devant les choix et l’évolution de chacun devant les évènements. Surtout, ce qu’offre ce troisième tome, c’est véritablement un aspect émotif plus marquant, plus fort et légèrement plus poignant. En effet plus on avance au fil des pages, plus on sent les personnages à fleur de peau, humains, face à leurs envies et les contraintes de ce monde qui les oblige parfois à réagir de façon inattendus. C’est la grande force, je trouve de ce troisième tome, le fait que j’ai été accroché par ces héros attachants. Autre point intéressant les évolutions de chacun, de se rendre compte comment chacun fait face à ces nombreux changements, avec en point pivot cette Oracle Brulée qui se révèle  finalement le personnage le plus complexe et  intéressant du récit, devant faire face à des choix qui vont la transformer, la bouleverser. Je regretterai peut-être juste le fait que certains personnages un peu secondaires auraient mérité d’être plus développés, mais bon rien de bien bloquant.

Alors après, j’avoue certains points m’ont tout de même légèrement dérangés. Il s’agit d’un cycle pour jeunes adultes et adolescents, ce qui fait qu’il doit trouver un juste milieu entre la densité de l’oeuvre qui est construite et l’accessibilité du contexte et du récit à un public plus large, ce qui fait que j’ai trouvé certains passages ou certaines constructions légèrement simplistes. Certaines facilités se font aussi ressentir au niveau de quelques transitions. Alors après rien de non plus gênant tant la qualité est au rendez-vous et ce sont plus des réflexions qui viennent de mon côté lecteur de Fantasy très dense. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi fluide, entraînante et soignée, nous plongeant assez facilement dans son histoire. Au final un troisième tome de très bonne facture qui vient clôturer de façon surprenante et efficace ce cycle.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le troisième et dernier tome de cette série qui nous propose une intrigue complètement différente. Je ne dévoilerai rien pour ne pas spoiler, mais l’histoire m’a surpris, rebattant les cartes misent en place dans les deux premiers tomes tout en s’imbriquant parfaitement dans la série. Un troisième tome qui m’a rapidement happé et qui offre de nombreuses surprises et de nombreux rebondissements. L’univers continue à se densifier au fil des pages, que ce soit dans les mythologies présentées, comme dans son aspect voyage qui nous fait découvrir, avec plaisir, de nombreux lieux. Les dieux deviennent une pièce important du récit. Je regretterai peut-être que certains aspects ne soient pas plus développés. Les personnages, suite aux modifications apporté par les conséquences du cliffangher du tome précédent, se révèlent franchement intéressant à suivre et permet de les voir différemment. Ils se révèlent aussi plus touchant. Je regretterai par contre que certains personnages secondaires manquent un peu de profondeur, que certains aspects soient un peu simplistes et quelques légères facilités, mais franchement rien de dérangeant tant ce troisième tome conclut parfaitement et avec réussite ce cycle je trouve. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi fluide, entraînante et soignée et je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis :

La Voie des Oracles Tome 2, Enoch – Estelle Faye

la voie des oracles 2 enochRésumé : Poursuivis par les hommes d’Aedon, Thya, Enoch et Aylus fuient dans les terres barbares…
Sur les routes, les trois acolytes vont découvrir un monde très divers, coloré, fabuleux, où des magies et des mystiques plusieurs fois centenaires côtoient des aspirations farouches à la liberté. Un monde plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Au cours de ce nouveau voyage, Thya et Enoch vont à nouveau être mis à l’épreuve, et se révéler, ou se perdre…. Avec, en fond, la menace grandissante d’Aedon, soutenu cette fois par un nouvel allié surnaturel…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce cycle de La Voie des Oracles, qui m’avait alors permis de passer un bon moment de lecture avec une histoire maîtrisée et entrainante, pleine de mystères et de magie, le tour porté par des personnages captivants (ma chronique ici). C’est donc sans surprises que lors des dernières Imaginales j’ai fait rentrer cette suite très rapidement dans ma PAL pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, je la trouve toujours aussi magnifique.

La fin du premier tome avait offert au lecteur de nombreuses révélations, que ce soit sur les personnages comme le destin et dès la première page de ce tome on replonge avec plaisir dans le quotidien de nos héros, toujours en fuites, poursuivis par le frère de Thya : Aedon. Très rapidement de nombreux autres dangers vont apparaitre, les épreuves que vont rencontrer les personnages vont se révéler plus dures et vont complètement les changer. Contrairement au premier qui se révèle une fuite en avant pleine d’action et de rebondissements, j’ai trouvé que ce deuxième tome offrait un rythme un peu plus posé, un peu plus lent, cherchant ainsi plus à mettre en place de nombreuses lignes d’intrigues et de sous-intrigues qui se révèlent efficaces et franchement plaisantes à découvrir, tout en n’oubliant pas de nous offrir aussi quelques scènes épiques, intenses et pleines de rebondissements. Là où le premier tome permettait l’introduction de l’histoire et la découverte des héros, ce second tome met ainsi clairement en lumière l’importance de Thya dans le jeu de machinations, que ce soit aussi bien des hommes que des dieux. Cela n’empêche pas non plus au récit d’offrir de nombreux rebondissements, coups de théâtres qui vont pousser nos héros à fuir de plus en plus loin, mais surtout à faire face à des révélations, des chocs et  des rebondissements qui ne vont pas les laisser intact et les forcer à évoluer. Alors parfois on sent légèrement le tome de transition, cherchant plus à développer les questions, mais cela ne se ressent à peine tant l’ensemble se révèle fluide.

L’un des points importants, pour moi, du roman vient toujours de l’univers développé par l’auteur qui, sur fond de déclin d’empire romain, nous offre un mélange de fantastique et de divinité vraiment fascinant et dense. Surtout que ce second tome va nous faire découvrir de nombreuses nouvelles régions, allant de Constantinople vers l’empire Sassanide, dévoilant ainsi des lieux, des cultures; des décors fascinants et bien porté par des descriptions concises et prenantes. On y retrouve aussi cette guerre divine, entre les anciens dieux et la religion chrétienne, qui gagne une dimension plus importante puisque certains dieux ont décidé de ne pas se laisser mourir. On y rencontre aussi d’autres mythologies, que je vous laisse découvrir, mais qui offre ainsi au lecteur une lecture riche et foisonnante. L’aspect politique n’est pas pour autant mis de côté avec Aedon qui cherche par tous les moyens possibles à ramener un empire Romain conquérant, impitoyable et non plus cette déchéance qu’il a connu. Dans tous les cas un univers qui donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, ce second tome les rend de plus en plus complexes et de plus en plus denses au fil des pages, surtout que les épreuves qu’ils vont rencontrer vont les pousser dans leurs derniers retranchements, ils vont connaitre pertes, joies, peines, manipulations ou encore souffrances, sans non plus trop tomber dans l’extrême. On y retrouve ainsi Thya toujours aussi captivante dans sa façon d’avancer et de se battre, mais qui surtout se révèle de plus en plus attachante au fil des épreuves, Enoch qui prend de plus en plus d’ampleur surtout après les révélations de la fin du premier tome, mais on découvre aussi un peu plus Aedon personnage ambigu, qui a vu son empire se corrompre par des guerres intestines et dont il cherche à apporter la force et la fougue de sa jeunesse, parfois sans sagesse et avec violence. Les personnages secondaires ne manquent pas non plus de profondeurs et d’intérêts, apportant leurs pierres à l’intrigue et à l’évolution de nos héros.

Un second tome qui s’avère beaucoup plus dense et beaucoup plus profond que le premier tome, mais qui se révèle parfois un peu à double tranchant. En effet vouloir apporter une telle complexité, que ce soit aussi bien sur les personnages que sur l’intrigue, dans le même nombre de pages que le premier tome (environ 330 pages) fait que certains passages sont parfois traités avec un peu trop de simplicité ou de facilité. Rien de gênant et je sais bien que pour un roman visant un large public, aussi bien adulte que plus jeune, trop de pages peut se révéler bloquant, mais voilà pour un habitué de la Fantasy sur de longs cycles comme moi j’ai trouvé parfois cela dommage. Enfin rien de non plus bloquant tant cette suite se révèle à la hauteur, porté par une plume riche, entrainante et vraiment fluide, emportant le lecteur dès la première page pour ne plus le relâcher. De plus, la conclusion ouvre de nouvelles et de nombreuses perspectives qui me donne envie de lire la troisième tome avec impatience.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle, qui nous offre un rythme plus lent que le tome précédent, mais vient complexifier l’intrigue et surtout dévoiler un peu plus l’importance de Thya que ce soit dans le jeu des machinations humaines comme divines, le tout agrémenté de quelques scènes épiques réussies. L’univers antique continue lui aussi à se densifier nous offrant un empire en pleine chute, ainsi que l’apparition de plus en plus importante du fantastique avec les anciens dieux qui se battent pour continuer à exister. Les personnages ne sont pas en reste, surtout qu’ils vont devoir affronter des épreuves terribles, qui ne vont pas les laisser indemnes et vont les forcer à devoir faire des choix pas toujours simples, à devoir évoluer et d’une certaine façon grandir. Les personnages secondaires sont aussi intéressants à découvrir et apportent leurs pierres à l’intrigue. Mon seul regret vient que ce second tome est plus complexe dans le même nombre de page que le premier, ce qui fait que certains passages et certaines émotions sont traités avec un peu de facilité et de simplicité, mais rien de non plus bloquant ou frustrant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi riche, fluide et entrainante aboutissant à une conclusion qui donne clairement envie de lire rapidement la suite.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Althea54, Emyline, …

La Voie des Oracles Tome 1, Thya – Estelle Faye

la voie des oraclesRésumé : La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Église.
Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts.
Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres, voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il a fallu à peine deux romans pour me convaincre d’entrer Estelle Faye dans mon cercle des auteurs de l’Imaginaire à suivre. Que ce soit avec Porcelaine, qui revisitait avec brio les contes chinois (chronique ici), ou bien Éclat de Givre qui nous offrait une histoire post-apocalyptique fascinante et empreinte de poésie (ma chronique ), j’ai toujours passé un excellent moment de lecture avec ses livres. Par conséquent quand j’ai vu que le nouveau roman de l’auteur était proposé en partenariat sur Livraddict, j’ai décidé de tenter ma chance. Je remercie donc les éditions Scrinéo et Livraddict de m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve magnifique.

Ce récit nous plonge dans l’empire Romain qui est en fin de vie, dans une époque où la religion chrétienne impose de plus en plus sa domination en faisant reculer et disparaitre les anciennes croyances. On y découvre Thya, fille du général Sertor, une oracle, obligée de se cacher, aidée par son père, en Aquitaine. Quand son père manque de se faire assassiner et se retrouve entre la vie et la mort, elle décide de fuir, poussée par le destin, vers Brog, forteresse qui a forgé la gloire du général. Elle va alors faire des rencontres qui vont la changer. Sur le fond l’auteur ne cherche pas à révolutionner la littérature Young Adult, nous proposant ici une héroïne qui se retrouve à devoir effectuer un voyage initiatique qui va l’amener à grandir et à évoluer. Pourtant l’auteur s’en sort très bien, nous offrant une histoire plus que solide, captivante qui se révèle fluide et efficace. Alors, j’ai trouvé le démarrage légèrement haché sur les deux, trois premiers chapitres, mais très vite cette sensation disparait au profit d’un récit qui se révèle maîtrisé et prenant que l’auteur parsème de révélations, de rebondissements et de surprises qui ont fait que je me suis retrouvé à tourner les pages avec l’envie grandissante d’en apprendre plus sur les nombreux secrets qui s’y cachent.

La grande force de l’histoire vient aussi de l’univers qui est construit autour de l’intrigue. En effet, il est clairement intéressant et fascinant à découvrir. L’idée de situer le tout au 5ème siècle, en plein empire romain n’est pas anodin et se révèle, je trouve, originale. Elle permet ainsi de développer d’un côté une Rome en pleine décadence qui touche à sa fin sous les complots et les envies de pouvoir, d’y découvrir aussi la grandeur et la richesse de l’époque ; tout en offrant de l’autre côté un aspect plus sombre, qui apparait avec l’influence grandissante de l’église et du christianisme qui apporte avec lui la fin d’une liberté de culte et qui attise aussi une certaine haine, menant les gens à dénoncer sorciers et sorcières. C’est ce monde à la fois troublant, beau et pourtant loin d’être idyllique avec ses zones d’ombres qui va amener l’héroïne à se découvrir, à découvrir qui elle est vraiment et quelle est son rôle. Qui dit oracle, dit magie et mystères et on retrouve ici un aspect mythologique que j’ai trouvé solide et intéressant, nous offrant un panel d’êtres mystiques tels que les Faunes, les Ondines ou les anciens dieux, qui pour le moment restent légèrement en retrait, mais soulève de nombreuses questions intrigantes sur la suite des aventures de l’héroïne et de son rôle à jouer. Une époque qui donne vraiment envie d’être découverte. L’auteur continue aussi dans ses écrits à nous faire découvrir le monde de l’art, avec ici Enoch le maquilleur, ce qui, selon moi, apporte un plus, tout en restant cohérent avec l’ensemble du récit.

Concernant les personnages ils sont finalement plus complexes qu’on peut le croire au départ et se révèlent rapidement assez attachants. Alors certes, on y retrouve l’aspect classique dans ce genre de récit, qui va amener l’héroïne à devoir évoluer devant les évènements, à devoir quitter le monde de « l’enfance » protégé pour affronter le monde adulte qui n’est pas toujours très joyeux et glorieux, mais l’ensemble est très bien construit, amené et captivant. Ils sont au final surtout humains avec leurs besoins, leurs envies, mais aussi leurs zones d’ombres, leurs mensonges que ce soit aussi bien envers les autres que vers eux-mêmes. Entre Thya, adolescente sauvage et fière qui n’a jamais vraiment connu autre chose qu’une vie recluse dans une villa, qui va devoir traverser le pays et aussi découvrir qu’être Oracle est plus un fardeau qu’un avantage, mais aussi Enoch personnage ambigu qui derrière son masque de dragueur insouciant cache une réalité bien plus sombre, ou bien encore Mettius l’ancien soldat qui se révèle complexe et secret, chacun s’avère travaillé, soigné et l’évolution de leurs relations apparait cohérente et accrocheuse. Concernant les personnages secondaires ils ne manquent pas non plus d’attraits, loin de tout manichéisme et certains devraient sûrement être plus développés dans les prochains tomes.

Alors après cela reste un roman Young Adult avec parfois ses passages un peu simple ou traités de façon une peu trop rapide, où ses révélations amenés un peu trop facilement à mon goût, mais l.’ensemble se révèle assez plaisant et prenant pour que cela ne se ressente jamais vraiment. On se retrouve ainsi entrainé à travers les différentes régions et les différentes aventures que vont rencontrer nos héros. Le tout est aussi porté par une plume que j’ai trouvé poétique, riche et entrainante, happant assez facilement et rapidement le lecteur pour ne jamais le lâcher au travers d’un récit maîtrisé. J’attends maintenant la suite du cycle avec impatience tant la conclusion laisse de nombreux points en attente de réponses. Au final un premier tome plus qu’efficace qui m’a offert un bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire, certes classique dans les grandes lignes, mais qui se révèle maîtrisé, entrainante, solide et efficace. On est vraiment emporté par les aventures des héros, le tout dans un univers d’Empire Romain en pleine décadence qui se révèle vraiment intéressant et original avec aussi un vernis réussi de magie et de mystère. Les personnages se révèlent véritablement denses, complexes et attachants avec leurs qualités et leurs défauts, ce qui les rend vraiment humains. Alors après, comme souvent dans le Young Adult, on y retrouve certaines transitions parfois un peu rapide et certaines révélations obtenues un peu trop facilement, mais rien de non plus très dérangeant tant je me suis retrouvé emporter par ce récit. La plume de l’auteur se révèle poétique, fluide et entrainante. La conclusion laisse de nombreuses questions en attente et j’ai maintenant hâte de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lelf, Dup, Livresse des Mots, Althea54, Emyline, …

Un Eclat de Givre – Estelle Faye

un eclat de givreRésumé : Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris.
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.
Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Edition : Les Moutons Electrique

 

Mon Avis : Il y a quelques jours je terminais Porcelaine d’Estelle Faye, roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, le tout porté par une plume que je trouvais clairement intéressante et poétique (ma chronique ici). Donc quand j’ai vu que le nouveau livre de l’auteur était disponible en avant-première aux Imaginales j’ai été rapidement tenté de le faire entrer dans ma PAL, surtout que la couverture, illustrée par Aurélien Police, est sublime. Il faut aussi ajouter à cela un quatrième de couverture qui se révélait intrigant et accrocheur, allant à l’opposé de ce que proposait Porcelaine, puisque ce roman est plus un roman de SF post-apocalyptique, et qui a fini de me convaincre.

Et j’avoue, je ressors en étant agréablement surprise de ma lecture. Alors certes, l’histoire en soi n’a rien de grandement révolutionnaire avec son héros solitaire qui oscille entre la légalité et l’illégalité pour tenter de survivre et gagner sa vie, qui se retrouve au milieu d’une mission qui va le dépasser, mais elle se révèle vraiment solide. En effet l’auteur nous offre une intrigue qui se révèle clairement entrainante et haletante, le tout sans temps mort, tout en gardant un aspect descriptif qui est très intéressant. On se laisse alors happer par les aventures et, surtout, les mésaventures, que va rencontrer Chet, le héros. Chaque chapitre apporte ainsi sont lot de rebondissements et de surprises qui font que le lecteur tourne les pages facilement pour essayer d’en apprendre plus sur cette mission qui, pourtant démarrait simplement, mais se révèle être finalement un complot beaucoup plus complexe qui pourrait menacer la ville entière. Dans l’ensemble une intrigue efficace et agréable.

Mais voilà, là où l’auteur arrive à faire passer un palier à son récit et le rendre plus fascinant c’est déjà, premièrement, par l’univers qu’elle développe. En effet le Paris post-apo qu’elle nous dévoile au fil des pages se révèle absolument fascinant et enchanteur par son mixe de technologie et de nature. Mélange de beauté et d’aspect sauvage, on découvre un monde qui, à force de pomper toutes les énergies, a connu la guerre et les populations ont dû alors se regrouper dans des capitales de plus en plus surpeuplées. Des villes qui d’ailleurs redécouvrent, d’une certaine façon, le partage même si les clans sont toujours présents. Chaque quartier se révèle alors avoir sa propre particularité, sa propre féérie, sa propre magie et j’avoue avoir été emporté dès les premiers instants du récit par ce monde, palpable, qui ne demande qu’à être découvert. Attention tout n’est pas non plus roses, Paris possède aussi ses zones d’ombres, ses galeries des monstres, à la fois attirants et effrayants. Un mélange clair-obscur qui se marie de façon captivante avec les quartiers justement utilisés par l’auteur. Une véritable fascination pour Paris qui en devient une ville magique qui colle parfaitement à l’histoire.

L’auteur nous dévoile aussi, comme dans Porcelaine, sa passion pour l’art et, après avoir découvert le monde du théâtre chinois, ici elle amène le lecteur à découvrir le monde du jazz et des cabarets. Un milieu à la fois lumineux, de strass et de paillette, libre, mais qui possède aussi ses mauvais côtés. Mais surtout on y trouve une musicalité qui se ressent à l’oreille, que l’auteur nous partage à travers ses mots, et qui se révèle vibrante pour peu qu’on apprécie un minimum le jazz. Autres aspect récurrent ce sont les contes, certes beaucoup moins présent que dans son précédent roman, mais à travers des clins d’œil et des petites histoires on y retrouve un peu cette magie du conte. Au final un univers à la fois sombre et flamboyant qui donne envie.

Autre point fort c’est le travail de l’auteur sur les personnages, ou plus principalement sur Chet, héros ambigu, bisexuel qui chante déguisé en fille et qui offre une véritable réflexion sur la sexualité et la liberté surtout en ce moment. Son côté un  peu androgyne lui offre ainsi une palette très vaste et intéressante à découvrir. Un personnage à la fois attachant et fascinant que ce soit aussi bien à travers ses forces comme ses failles, sa sensibilité et qui par son charisme, sa différence, sa timidité et son côté solitaire ne manque pas d’intérêt et se révèle nettement accrocheur. Un héros à la fois séduisant et prenant, même s’il tombe quand même légèrement dans le syndrome que j’appelle « super-héros » qui fait qu’il continue toujours à se relever et à se battre malgré tous les coups et toutes les blessures qu’il encaisse. Le problème vient que, d’avoir un tel personnage, complexe et riche, cela donne un peu l’impression que les autres protagonistes qui gravitent autour sont un peu moins travaillés, voir même certains ne servent qu’à véhiculer des indices. Cela ne dérange en rien la lecture ou l’immersion dans le récit, mais je trouve parfois cela frustrant de manquer d’informations sur certains personnages secondaires, surtout quand ils paraissent posséder un certain potentiel.

Je trouve juste légèrement dommage, selon moi, une certaine baisse de régime vers le milieu du livre, dû un peu à une répétition d’une fuite en avant du héros devant l’ampleur de sa mission. Certes cela permet aussi de souffler un peu, mais je l’ai trouvé légèrement trop longue. Ensuite, je reproche aussi l’auteur d’amener certaines révélations ou encore certains aspects futuristes de façon un peu trop brusque, comme si cela devait être logique pour le lecteur alors que ça ne l’est pas obligatoirement. Je pense par exemple aux enfants qui apparaissent un peu comme par magie pour débloquer une situation qui paraissait amener à une impasse. Dans l’ensemble ce ne sont que de petits points qui ne dérangent en rien la qualité du récit, mais qui se révèlent parfois légèrement frustrants.

La plume de l’auteur se révèle franchement entrainante et possède surtout une certaine poésie, une certaine mélancolie, une certaine magie qui lui permet clairement de se différencier des romans post-apo plus énergiques, tout en conservant une certaine dose d’action. Elle a de nouveau réussi à me toucher à travers son univers qui est superbe et son personnage principal qui se révèle attachant et humain. Au final je ne suis pas déçu de ma lecture, un roman complètement différent de ce que propose Porcelaine, mais qui se révèle réussi et efficace. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le nouveau roman d’Estelle Faye. Certes l’histoire en soi se révèle classique dans son intrigue et sa façon de se dérouler, mais ça ne l’empêche pas d’être solide et intéressante. Mais là où l’auteur a clairement réussi à m’emporter c’est par son univers, à la fois par la construction clanique de la ville de Paris ainsi que ses descriptions, mais aussi par sa plongée dans le monde artistique et du Jazz ou encore dans son univers post-apocalyptique sombre, sauvage et aussi lumineux et poétique. Le personnage de Chet, à la fois ambigu et charismatique, se révèle extrêmement attachant à travers ses forces et ses faiblesses, mais éclipse un peu les autres personnages, ce qui est parfois un peu dommage tant certains ont du potentiel. Je regrette juste une petite baisse de régime vers le milieu du livre, ainsi que certains éléments qui m’ont paru parfois mal amenés, mais franchement rien de gênant tant l’œuvre globale possède une certaine magie. J’ai de nouveau été emporté par la plume de l’auteur toujours aussi entrainante, mélancolique et soignée qui m’a facilement happée. Au final un roman complètement différent de Porcelaine, plus sombre aussi, mais intéressant. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

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