Auteur : BlackWolf (Page 1 sur 168)

L’Essence du Mal – Luca D’Andrea

Résumé : En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’œuvre d’un humain ou d’un animal.
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération.
Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Edition : Denoël Sueurs Froides
Traduction : Anaïs Bouteille-Bokobza

 

Mon Avis : Parfois il m’arrive d’avoir envie de me plonger dans la lecture d’un petit Thriller. Il fût un temps où j’en lisais énormément, mais à force j’ai commencé à en connaître les ficelles, en définir les schémas de construction et donc par finir par être moins emporté, moins surpris par des révélations que je voyais venir. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe depuis quelques mois concernant mes attentes en Fantasy, dont le côté classique, déjà-vu, a du mal à  me captiver. Mais revenons à ce roman, il y a quelques semaines on m’a proposé de le découvrir et j’avoue, je me suis rapidement laissé tenter. Le résumé se révélant intriguant et l’illustration de couverture accrocheuse, il donc rapidement rejoint ma PAL.

Ce roman va nous faire suivre Jeremiah Salinger, l’étoile montante des réalisateurs de documentaires, qui suite à un accident va être forcé à prendre du repos dans la région de naissance de sa femme. Il va alors se trouver une obsession pour le crime de Bletterbach où trois jeunes gens, lors d’une nuit d’une tempête extraordinaire, ont trouvé la mort de façon horrible. Il va m’être compliqué d’expliquer mon ressenti avec ce roman. Dans l’ensemble il est bon, il a réussi à me captiver et à me faire tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus, mais voilà on sent sur certains aspects le premier roman. J’y reviendrai plus tard, mais il y a pour moi un soucis dans le rythme du récit et aussi dans l’envie de l’auteur. Déjà le premier point intéressant du roman c’est qu’on ne plonge pas dans une enquête effrénée à la recherche d’un tueur disparu depuis des années. Le récit est ainsi construit comme un journal, où le héros va autant prendre le temps de nous raconter qui il est, nous présenter sa vie et les difficultés qu’il rencontre, que prendre le temps d’essayer de résoudre ce mystère. C’est en partie ce qui m’a d’ailleurs accroché dans ce récit, le fait que tout ne soit pas tourné vers le mystère, mais que l’auteur prenne le temps de brosser le portrait de son héros et aussi de créer une ambiance. Certes cela pourra en déranger certains, le mystère se retrouvant parfois au second plan et le récit donnant l’impression de prendre son temps à démarrer, mais de mon côté cela ne m’a pas dérangé plus que cela.

Un des autres aspects intéressants du récit vient clairement de l’image de fond que cherche à construire l’auteur. On a clairement l’impression de se sentir transporté dans ces montagnes. En quelques mots à peine à chaque fois, il vient offrir au lecteur un background très visuel et que j’ai trouvé intéressant. Là-dessus il apporte alors un aspect historique qui ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit dans les histoires de rivalités, mais aussi dans la construction sociale qui a vu ce petit village passer d’un lieu limite en autarcie, perdant sa jeunesse qui préférait partir pour trouver un avenir, à un lieu touristique qui attire du monde. On découvre aussi un village qui, même s’il a évolué, continue à rester fermé sur lui-même, à considérer les gens venant de l’extérieur comme des étrangers. Enfin l’auteur vient y intégrer des histoires locales qui apportent un petit plus. Là où par contre j’ai eu du mal à accrocher, c’est, sans spoiler, dans l’aspect fantastique que cherche à présenter l’auteur qui m’a paru n’être amené que pour lui faire plaisir et ne pas apporter grand-chose à l’histoire. Par contre, le point le plus intéressant, pour moi, vient clairement de l’atmosphère qu’arrive à mettre en place Luca D’Andrea, on sent clairement ce côté froid, hostile, dérangeant, oppressant qui vient aussi bien des montagnes que des habitants. Cela offre quelque-chose de prenant, de limite stressant qui s’ajoute au récit et joue sur son côté prenant.

Concernant les personnages, Salinger nous offre un personnage intéressant à suivre, principalement dans sa construction. En effet l’auteur nous offre un héros qui suite à un évènement particulier va plonger dans un syndrome post-traumatique, d’où son besoin de se plonger dans ce mystère pour oublier ses terreurs. Cela lui offre ainsi une dimension particulière tout en étant finalement un protagoniste un peu lambda. Ce côté proche de vous et moi fait aussi qu’on s’identifie peut-être un peu plus facilement à lui. On découvre ainsi quelqu’un avec ses forces et ses faiblesses, sa détermination, son envie de s’en sortir. Ce qui est dommage, c’est que les personnages secondaires qui gravitent autour de lui manque quand même, à mon goût, de profondeur. Certains paraissent d’ailleurs n’être là que pour faire évoluer l’intrigue en apportant leurs révélations et limite disparaissant dans la foulée, ce qui est un peu dommage. Surtout que certains auraient pu être plus soignés comme la femme du héros ou encore son beau-père. Cela n’est en rien bloquant, mais se ressent tout de même un peu.

Quelques défauts se font tout de même ressentir avec ce roman. Le premier vient, pour moi, de l’abus de dialogue dans la construction du récit. L’auteur oublie ainsi parfois la règle du « Show, Don’t Tell » ce qui fait qu’on se retrouve avec des pavés de dialogues. Alors j’avoue, cela se ressent moins que dans certains autres romans, l’auteur jouant sur la notion de souvenir des protagonistes qui fonctionne plutôt bien, mais tout de même parfois on a juste envie de lui dire de romancé plutôt que de plonger dans des dialogues qui paraissent un peu surjoués. Ensuite il y a parfois un léger soucis de rythme, l’auteur proposant plusieurs lignes de sous-intrigue et par moment une ou deux longueurs se font ressentir. Enfin l’autre point vient justement de l’intrigue qui tourne autour du mystère des meurtres. Franchement elle est intéressante, elle collait bien au récit pourtant sur la fin Luca D’Andrea tombe dans l’excès je trouve. Le dernier chapitre cherche tellement à faire monter la tension et à vouloir offrir des révélations que j’ai trouvé qu’il en faisait trop, perdant ainsi de sa cohérence et un peu de son intérêt. Cela n’empêche pas pour autant ce récit d’offrir un bon moment de lecture sympathique et divertissant, le tout porté par une plume simple et entraînante.

En résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce thriller qui se révèle plus que divertissant. L’auteur nous fait suivre ainsi Salinger, un personnage lambda, qui pour se sortir d’un syndrome Post-traumatique, va se plonger dans le mystère de meurtres de Bletterbach. Un récit qui ne cherche ainsi pas la frénésie à tout va et le sanglant, mais qui construit à la fois un héros, une ambiance et un mystère. L’intrigue, même si quelques longueurs se font une ou deux fois ressentir,  fonctionne bien que ce soit dans sa notion de mystère que dans sa construction. Certes tout n’est pas parfait, mais il ne manque pas d’attrait. L’image de fond que construit l’auteur s’avère très prenante que ce soit dans la représentation de ce petit village montagnard, comme dans l’ambiance qu’il met à la place à la fois vaste, sauvage et aussi hostile, froid, oppressant qui colle parfaitement au récit. Le héros principal est intéressant à suivre et à découvrir à travers son évolution, nous présentant un protagoniste complexe. Ce qui est dommage c’est que les personnages qui gravitent autour de lui manquent là parfois de profondeur et certains paraissant n’être là que pour les bienfaits de l’intrigue. Alors après, c’est vrai, l’auteur abuse un peu trop des dialogues et le dernier chapitre m’a paru trop en faire en terme de révélations et tension, n’apportant pas obligatoirement grand-chose, mais je me suis quand même laissé porté par ce récit divertissant, le tout porté par une plume simple, efficace et entraînante.

 

Ma Note : 7/10

24 Vues du Mont Fuji, par Hokusai – Roger Zelazny

Résumé : Son époux est mort. Ou disons qu’en tout cas, il n’est plus en vie… Pour Mari, le temps du deuil est venu. Un double deuil… Armée d’un livre, Les Vues du mont Fuji, par Hokusai, elle se met dans les traces du célèbre peintre japonais afin de retrouver vingt-quatre des emplacements depuis lesquels l’artiste a représenté le volcan emblématique — autant de tableaux reproduits dans l’ouvrage. Un pèlerinage immersif, contemplatif, au cœur des ressorts symboliques de cette culture si particulière, un retour sur soi et son passé. Car il lui faut comprendre… et se préparer. Comprendre comment tout cela est arrivé. Se préparer à l’ultime confrontation. Car si son époux n’est plus en vie, il n’en est pourtant pas moins présent… Là. Quelque part. Dans un ailleurs digital. Omnipotent. Infrangible. Divin, pour ainsi dire…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Allez hop, je termine ma plongée dans la collection Une Heure Lumière de chez Le Bélial’ pour 2017, puisque cette novella de Roger Zelazny est la dernière histoire, publiée cette année dans cette collection, que je n’ai pas chroniqué. Pour connaître les prochaines publications, il faudra attendre 2018, mais je m’égare. J’avoue avoir rapidement été intrigué par la résumé de ce texte que je trouvais accrocheur, mais aussi, comme souvent, par la couverture, illustrée par Aurélien Police, qui est franchement magnifique. Il est à noter que cette nouvelle a été publiée en VO en 1985 et qu’elle a gagné le Prix Hugo de la novella en 1986.

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Le Sultan des Nuages – Geoffrey A. Landis

Résumé : L’humanité a colonisé le système solaire au bénéfice de consortiums privés omnipotents régnant sur les transports spatiaux. Et ce jusqu’à la plus infernale des planètes, Vénus, dans l’atmosphère létale de laquelle flottent de stupéfiantes cités volantes, véritables miracles de technologie high tech. Plusieurs milliers d’entre elles sont sous la coupe d’un seul et même individu, Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum, le sultan des nuages, qui n’entrera en pleine possession de son héritage qu’une fois marié, et dont l’immense pouvoir attire toutes les convoitises. Pour David Tinkerman et le Dr Léa Hamakawa, scientifiques récemment arrivés de Mars en vue d’une expertise, les forces souterraines à l’œuvre autour du jeune satrape vont vite s’avérer plus mortelles que Vénus elle-même…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Je continue ma découverte de la collection Une Heure Lumière du Bélial’ avec cette fois un auteur dont j’ai déjà entendu parler, principalement à travers des sommaires d’anthologies en VO, mais dont je n’avais pourtant encore lu aucun texte. Ce Sultan des Nuages sera donc ma première plongée dans l’univers de Geoffrey A. Landis, puis cela me permet aussi de compléter ma collection dont je n’ai, pour le moment, manquer aucune publication, offrant des textes courts et intéressants. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve magnifique et elle donne envie de plonger dans le récit. A noter que ce texte a gagné le prix Theodore Sturgeon 2011

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Bertram le Baladin – Camille Leboulanger

Résumé : Il y avait un temps où l’on savait écrire, et surtout où l’on savait créer le plus miraculeux des matériaux : le papier. Cependant, le secret de sa fabrication s’est depuis longtemps perdu. Désormais, des centaines de Musiciens parcourent les Terres Hautes, indifférents aux limites des domaines et des fiefs, pour récolter des histoires. Bertram le Baladin, célèbre musicien de la Guilde, a perdu son luth – ou plutôt, on le lui a dérobé. Bien décidé à le retrouver, il est contraint de s’associer avec une femme, Sans-Nom, témoin du larcin. C’est ainsi que l’étrange duo part en quête du luth, dans un monde où la magie réside dans toutes les histoires : ragots, chansons ou légendes.

Edition : Critic

 

Mon Avis : J’ai découvert Camille Leboulanger il y a maintenant 6 ans déjà avec la publication de son premier roman : Enfin la Nuit. Il s’agissait d’un roman post-apocalyptique qui m’avait offert un bon moment de lecture, cherchant principalement à nous faire réfléchir sur notre société et sur nous-mêmes, plus qu’à offrir de l’action et de la sauvagerie (ma chronique ici). Je l’admet, depuis tout ce temps, je pensais que l’auteur s’était un peu éloigné de l’écriture et ce fut donc une petite surprise que de voir les éditions Critic annoncer la publication de son nouveau roman il y a quelques semaines. J’ai été rapidement intrigué par le quatrième de couverture et par conséquent, quand Babelio a proposé ce roman dans son dernier masse critique j’ai décidé de tenter ma chance et eut la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Critic de m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve très sympathique.

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Contes du Soleil Noir : Audit – Alex Jestaire

Résumé : Cinq consultants en management, capables d’user des pouvoirs du Soleil Noir, se rendent en Angleterre pour procéder à la liquidation d’une entreprise. Mais ils ne se doutent pas que l’issue de l’audit pourrait être mortelle.

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Audit est le quatrième conte du cycle d’Alex Jestaire qui tourne autour du Soleil Noir, et j’avoue je me demandais quelle direction allait donner l’auteur à sa série. Je me suis assez facilement laissé tenter par ce livre, surtout qu’il s’agit de contes qui, au final, se lisent assez rapidement et aussi parce-que Crash et Invisible m’avaient offert un bon moment de lecture (ma chronique ici et ). Arbre m’ayant lui laissé une impression plus mitigé dû au fait que j’ai eu du mal à entrer dedans (ma chronique ici), mais pas au point de me bloquer. Concernant la couverture, illustrée par Olivier Fontvieille, je la trouve très sympathique et qui colle parfaitement au récit pour moi et les illustrations intérieures apportent toujours, je trouve, un plus principalement au niveau de l’ambiance.

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Godblind, Tome 1 – Anna Stephens

Résumé : DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG.
Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme tous les ans, Bragelonne nous propose son roman de l’année, celui qu’il considère comme, à minima, son meilleur roman de Fantasy du moment au niveau de ses publications. Cette opération a quand même permis de découvrir des auteurs comme Jacqueline Carey, Patrick Rothfuss, Scott Lynch, et bien d’autres encore. Même si ces dernières années j’ai été moins enthousiaste, retrouvant des romans très classiques et dont certains ont eu du mal à me convaincre, je me laisse pourtant tous les ans tenter. Il serait tout de même dommage de passer à côté d’une nouvelle plume marquante et puis là, la communication de l’éditeur allait fort, annonçant un roman sombre, épique, sanglant et proposant un récit envoûtant. En tout cas l’objet en lui-même est magnifique, que ce soit le travail sur la couverture, la reliure, je crois que cela faisait un petit moment que Bragelonne n’avait pas autant mis le paquet sur un livre.  J’ai par contre coupé une partie du résumé qui pour moi dévoile un point important du roman.

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