Braises de Guerre – Gareth L. Powell

Résumé : Le Chien à Problèmes est un croiseur lourd, construit pour semer la violence. Doué de conscience, c’est aussi une adolescente dégoûtée par le rôle qu’elle a joué dans le génocide d’une planète entière. Le Chien, reconverti dans le sauvetage des naufragés spatiaux, et sa capitaine, Sal Konstanz, reçoivent l’ordre de venir en aide aux éventuels survivants d’un paquebot en perdition au cœur d’un système contesté. De l’épave émerge une poétesse dissimulée sous une fausse identité pour échapper à l’horreur de la guerre, Ona Sudak. À quelques années-lumière de là, Ashton Childe, un agent des services secrets mis au placard, fait équipe avec un membre d’une faction adverse pour partir à la recherche de la rescapée. Tous risquent de se retrouver, bien malgré eux, au cœur d’un conflit qui menace d’embraser à nouveau toute la galaxie.  

Edition : Denoël Lunes D’Encre (Publié le 11-04-2019)
Traduction : Mathieu Prioux

 

Mon Avis : J’avoue, dernièrement mes lectures m’ont laissé un sentiment de frustration avec un décalage, plus ou moins important, entre ce que proposait le livre et les attentes que j’avais initialement. Le soucis, quand on aligne quelques frustrations, c’est de trouver un roman qui puisse sortir de cette spirale. Quand on m’a donc proposé de découvrir Braises de Guerre, j’ai rapidement accepté, sachant un peu dans quoi je me lançais suite à quelques retours que j’avais lu chez d’autres blogueurs. Je me disais qu’une lecture sans prétention, présentée comme très classique mais efficace, serait agréable et au moins j’aurais moins de mauvaises surprises. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve très sympathique.

Ce roman nous plonge ainsi dans un avenir lointain, où suite au premier contact avec une race extra-terrestre l’humanité a pu s’émanciper de la Terre et coloniser la galaxie. On débute le roman avec la fin de la guerre entre Le Conglomérat et Les Extérieurs qui va avoir lieu, suite à un coup d’éclat terriblement sanglant et meurtrier, passant limite par l’extermination d’une planète. On se retrouve quelques années après cet évènement, le vaisseau Le Chien à Problèmes, qui a développé une conscience, a quitté l’armée suite à cet évènement meurtrier, pour rejoindre une organisation portant secours aux vaisseaux en détresse. Un jour le vaisseau va être appelé pour secours un paquebot qui a été attaqué par un mystérieux assaillant dans le système de La Galerie. Cette mission ne va pas être de tout repos surtout que Le Chien à Problèmes va devoir faire sans son médecin décédé il y a peu, ce qui a bouleversé l’équipage. Au final je dois bien admettre que je n’ai pas eu de mauvaises surprises, je m’attendais à une lecture simple et sans prise de tête et c’est clairement ce que j’ai eu. Une fois la dernière page tournée, j’avoue ainsi avoir passé un assez sympathique moment de lecture, même si tout n’est pas parfait pour autant avec ce récit.

Gareth L. Powell nous propose ainsi un récit qui s’avère rapidement fluide, percutant, entraînant et un minimum accrocheur, cherchant à aller vite, tout en offrant un minimum de construction que ce soit dans l’univers et les personnages. La narration polyphonique permet aussi de jouer sur le rythme tendu du récit, alternant les points de vues et les révélations. Pour autant j’ai bien cru que j’allais encore me retrouver frustré par cette lecture, je dois bien admettre que le premier tiers du roman, à l’exception du prologue, m’a quand même paru tout de même un peu laborieux offrant un faux-rythme étrange. Il permet pourtant de mettre en place les personnages et les bases de l’univers, mais voilà le côté très rapide fait qu’il m’a paru difficile de franchement m’y intéresser. Le pire vient par exemple du personnage de Preston, le nouveau médecin de bord, qui aurait pu être intéressant, mais devient au final un personnage qui passe son temps à pleurnicher et à se faire envoyer se faire voir, le rendant rapidement énervant et antipathique. Pareil pour les autres protagonistes, même si cela se ressent quand même moins, l’auteur donne l’impression qu’il faut aller vite pour éviter de trop perdre de temps, ce qui est un peu dommage, car mis à part deux voir trois narrateurs, les autres personnages du roman ne m’ont jamais pleinement intéressé, même si cela ne les empêche pas pour autant de faire avancer l’intrigue.

Concernant l’univers il n’a rien de franchement révolutionnaire, mais cela ne l’empêche pas de s’avérer pour autant solide. On est clairement dans une toile de fond très typé Banks et par exemple son cycle de la culture, proposant un Space Opera avec des vaisseaux d’IA hybride étant à la fois technologique et biologique, un aspect politique un minimum complexe avec son lot de conflits, de jeux de pouvoirs et de frictions, pour autant cela fonctionne plutôt bien. Certes, on pourrait râler que l’auteur ne s’approprie pas obligatoirement assez son univers, lui donnant trop ce petit air de déjà-vu, mais pour autant cela ne l’empêche pas de s’avérer intéressant et on a envie d’en apprendre plus. Il y a aussi un aspect militaire qui vient amener une tension supplémentaire au récit avec des batailles qui ne manquent pas de se révéler nerveuses et explosives. Le travail sur les IA et la conscience, plus principalement sur celle du vaisseau Le Chien à Problèmes, amène aussi quelques réflexions qui ne manquent pas d’attrait. Certes c’est parfois un peu simpliste et convenu dans le traitement, mais pour autant cela fonctionne plutôt bien. Je suis un peu plus circonspect sur la thématique liée à la guerre, plus précisément celle au génocide de la planète présenté dans le prologue, qui m’a paru manquer d’accroche et d’intérêt s’avérant finalement trop simpliste et artificielle à mon goût. Par contre, le contre-coup de cet acte sur les personnages amène par moment quelque chose d’intéressant, principalement à travers certains passages chez la capitaine et le vaisseau.

Concernant l’intrigue, là aussi de ce côté là, on reste finalement dans du classique, mais qui est quand même un minimum efficace. Alors certes, c’est vrai, ce côté très conventionnel fait que l’histoire en devient très rapidement prévisible, même dans ses révélations les plus importantes. Je prends pour exemple la révélation sur la poétesse ou encore celle finale qu’on voit venir largement en amont, mais pour autant c’est assez bien construit pour que cela reste entraînant. Je suis par contre un peu déçu du traitement des personnages secondaires de ce roman, qui finalement ne fait que rester trop en surface et je pense particulièrement à Nod. En effet il y avait du potentiel dans ce personnage et l’auteur le sait, car il cherche à jouer avec le mystère qui tourne autour de lui, mais voilà il n’arrive jamais à en tirer quelque-chose d’accrocheur ce qui fait que son rôle, à la fin, en devient, je trouve, anecdotique. Je regretterai aussi un Deus Ex Machina, certes légèrement compréhensible, mais quand même un peu facile dans la conclusion. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante. Au final, certes Braises de Guerre ne fût pas ma lecture la plus marquante, mais il s’est avéré tout de même plutôt sympathique et divertissant et, même si je ne pense pas lire la suite, vu que ce premier tome possède sa propre conclusion (sauf si on m’annonce qu’elle est un cran au-dessus), il m’a offert une lecture qui s’est révélée tout de même assez agréable.

En Résumé : J’ai passé un assez sympathique moment de lecture avec ce roman qui nous offre un Space-Opéra avec des vaisseaux intelligents, certes assez classique, mais plutôt efficace. Pourtant, je dois bien admettre que le démarrage a eu du mal à complètement me captiver, en effet le premier tiers offrait un faux-rythme frustrant, cherchant à aller vite tout en développant un minimum son univers et ses personnages ce qui avait du mal à me convaincre. Par la suite j’ai plus accroché au récit qui s’avère alors fluide et entraînant. L’univers, même s’il reste classique et fait clairement penser à Banks, ne manque pas d’être solide que ce soit dans son aspect politique, militaire voir sa toile de fond. Il donne en tout cas envie d’en apprendre plus. Même si toutes les thématiques traitées ne m’ont pas autant touché, j’ai trouvé efficace celle sur la conscience des IA et celle sur le traumatisme des horreurs de la guerre. Les personnages, à quelques exceptions près, ont eu du mal à franchement m’accrocher, la faute à la narration polyphonique et un chapitrage rapide qui empêche de les traiter plus en profondeur à mon goût. Je regretterai aussi un manque de soin et de travail sur les personnages secondaires, comme Nod, qui aurait pu apporter plus. L’intrigue est plutôt solide et un minimum enlevée, mais pour autant son côté très classique la rend aussi extrêmement prévisible. Enfin j’ai aussi trouvé dommage ce Deus Ex Machina dans la conclusion qui, certes, peut s’expliquer, mais m’a paru un peu frustrant quand même. La plume de l’auteur est simple et efficace, ce qui fait que je me suis retrouvé à tourner les pages facilement. Certes Braises de Guerre ne fût pas la lecture la plus marquante qui soit, mais ce fût un récit qui s’avère un minimum agréable à découvrir.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Apophis, L’Epaule d’Orion, Boojum, …

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  1. Ni toi, ni Apo donnent envie de lire ce roman et pourtant je le tenterai bien.

    Pour l’instant j’ai de quoi à lire mais je le garde en mémoire 😉

    • Je peux le comprendre, c’est sympa mais ça n’a rien, je trouve, d’exceptionnel donc si tu as déjà une belle PAL il faut faire des choix.

      • Pas de PAL chez moi, je lis en flux tendu…

        Mais j’ai une wish list de dingue lol

        • Je fonctionne de moins en moins avec PAL aussi, je me rends compte que parfois j’empile et ce n’est pas une bonne idée.

  2. je sais qu’il est sympa, et qu’il n’a rien d’exceptionnel et pourtant, il me tente pas mal. Et un roman qi se lit bien et qui prpose un truc ympa de temps à autre cela me va. Surtout que le deuxiéme tome semble bien meilleur.
    Mais, merci, je n’aurai pas d’attentes trop élevées. 🙂

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