Bon, j’avoue, j’avais prévu de vous faire un retour sur mon week-end à Nantes pour les Utopiales, mais je manque un peu de temps. De plus certains soucis techniques font que je suis dans une période ou il est compliqué d’écrire pour le blog. Je n’ai pas perdu l’idée de pouvoir écrire cet article, mais histoire de vous faire patienter j’ai décidé de vous parler des deux films que j’ai visionné durant le festival, car oui cette année j’ai enfin trouvé la motivation d’aller voir quelques uns de leur sélection cinéma. Il s’agit de Psiconautas et de Arrival (Premier Contact) qui vient d’ailleurs de sortir au cinéma.

psiconautas

Psiconautas de Pedro Rivero & Alberto Vázquez

Déjà, premier point que je soulignerai avec ce film c’est que même s’il s’agit d’un film d’animation, il est loin d’être un film pour enfant. Ce que j’entends par là c’est que les thématiques soulevées, très sombres, ainsi que leurs représentations, pas obligatoirement sanglantes mais métaphoriquement noires et sauvages, pourront surprendre, voir même faire peur aux plus jeunes. Je dis ça, car ce fût un constat lors de la séance aux Utopiales. Ce film nous conte ainsi le destin d’une île qui après un tragique accident industriel a été abandonnée par l’extérieur et se retrouve cloîtrée sur elle-même à penser ses blessures et à tenter de retrouver une vie normale. Dinky et ses amis veulent fuir l’île. Pour cela ils ont mis de l’agent de côté en espérant trouver un passeur qui les aidera. Elle aimerait aussi que Birdboy les accompagne, mais voilà Birdboy rongé par ses tourments, ses drogues et ses cauchemars, possède un secret qui fait qu’il ne veut pas quitter l’île ; pour lui l’espoir d’un renouveau est toujours possible, caché au fond de l’île.

Clairement, j’ai passé un très bon moment avec ce film, l’animation se veut soigner par des graphismes très sombres qui, certes véhiculent des images sombres et une bonne dose de mélancolie et de souffrances, mais dont se dégage une certaine poésie.  On est loin de la 3D aseptisée des grands studios (attention j’apprécie aussi ce genre de films, mais ils ne transmettent pas les mêmes effets et ne cherchent pas les mêmes réflexions) proposant ainsi une image plus âpre, plus tremblante et souffrante qui colle parfaitement au récit tout en s’avérant colorée et réaliste. Certains passages s’avèrent ainsi d’une grande force, comme la catastrophe, les cauchemars de Birdboy ou bien encore la décharge qui marquent vraiment le lecteur. Le renouveau reste aussi de mise dans ce récit, même s’il est extrêmement ténu, avec des passages vraiment envoûtants où on y retrouve ce mince espoir, lié à la nature et à sa sauvegarde qui touchent, je trouve, le spectateur. Comme vous vous en doutez de nombreuses réflexions transparaissent dans ce film, comme notre besoin de surconsommation, notre plongée dans la technologie sans garde-fou, la perte du réel et du plaisir qui font qu’on plonge dans des drogues de substitutions et de nombreux autres comme aussi la souffrance de ces adolescents qui ne correspondent pas à un monde où l’ingénieur est roi.

Les personnages s’avèrent ainsi vraiment percutants et nous touchent dans leurs quêtes et leurs souffrances. D’une certaine façon je me suis un peu reconnu en certains d’entre eux. Un film qui ne laisse ainsi pas indifférent et soulève de nombreuses questions sur la capacité autodestructrice de notre société et qui pourtant offre une légère dose d’espoir au milieu de toute cette souffrance. Certes, certains passages m’ont paru traité un peu trop facilement et rapidement, comme les voix qu’entend une des héroïnes, ou bien encore le passage sur l’araignée, mais vite oublié par la qualité du film qui, je pense, mérite d’être découvert pour se faire son propre avis.

8/10

Arrival (Premier Contact) de Denis Villeneuve

J’ai eu la chance de voir ce film en avant-première aux Utopiales, près d’un mois avant sa sortie, film que j’attendais avec impatience. Certes depuis le film est sorti et beaucoup qui l’attendaient comme moi avec impatience ont déjà du le voir, mis je vais quand même vous en parler. Ce film je l’espérais pour deux raisons, la première j’attendais un vrai film de SF et non pas un film où le message souvent simpliste est caché derrière des effets pyrotechniques et des explosions à tout va, ensuite Denis Villeneuve fait parti des réalisateurs qui savent surprendre et que ce soit par Sicario ou Prisonners il m’a toujours laissé un très bon souvenir. Mais alors le film tient-il toutes ses promesses? Je dirais qque oui. Je ne vous sortirai pas de façon pédante que si il y a un film SF à voir cette année c’est celui-là, je considère que chacun a ses propres attentes et que chacun soit se faire son propre avis, mais j’ai trouvé ce film excellent et qui mérite d’être vu.

Arrival nous fait ainsi suivre Louise, linguiste, qui est contactée par l’armée pour tenter de nouer un contact avec une race extraterrestre qui vient de poser de nombreux vaisseaux sur notre planète. La tension entre les pays internationaux est des plus nerveuse et, de ce premier contact, pourrait changer de nombreuses choses. Ainsi la première grande force de ce film est de vouloir traiter le sujet de façon intelligente, d’oublier le côté explosif, ou le côté simpliste du contact pour vraiment ramener le langage et le dialogue au premier plan. Mais surtout la grande force du récit c’est le climax que met en place le réalisateur à travers ses images, ses filtres et sa musique qui font qu’on est rapidement happé par l’ensemble. Surtout que les décors sont, d’une certaine façon, simplistes et l’histoire peut paraître répétitive avec ses allers-retours entre le vaisseau et la camp, mais voilà entre l’intelligence du récit, la réalisation et les quelques scènes qui sont parsemées et nous font sortir du schéma narratif de base, il réussit le coup de force de nous captiver et de ne plus nous lâcher. C’est ainsi vraiment cette ambiance, une conclusion efficace et surprenante ainsi que le message transmis qui font qu’on ne voit pas le film passer

Mais voilà le film ne repose pas non plus que sur ce point là, il soulève aussi de nombreuses questions, que ce soit notre relation avec l’autre, avec celui qu’on ne comprend pas, et je ne parle pas obligatoirement d’alien offrant ainsi une forte résonance avec notre société. Ou bien encore sur l’importance du langage et de la communication dans notre société, tout cela fait qu’on ne reste pas indifférent. On y trouve aussi un aspect émotionnel qui vient toucher le spectateur, montant doucement en tension tout du long et fait qu’on est ainsi marqué par ces héros. D’ailleurs il est a noter la grande performance de chacun des acteurs qui fait qu’on a vraiment l’impression de vivre et d’accompagner ce premier contact de l’intérieur, d’être présent avec eux et pris dans cette tension. Sans non plus trop vous spoiler, je dois aussi avouer que j’ai trouvé la conclusion fascinante, de nombreux points sont pourtant présentés, mais je ne l’ai pas vu venir, ce qui est aussi une grande force du film, justement avoir réussi à me surprendre, car finalement ce premier contact va amener de nombreux bouleversements.

A noter que ce film est tiré d’une nouvelle de Ted Chiang dont j’ai fait justement rentré le recueil dans ma PAL.

9/10