Category Archives: Fantasy

The Sorcerer of the Wildeeps – Kai Ashante Wilson

Résumé : Since leaving his homeland, the earthbound demigod Demane has been labeled a sorcerer. With his ancestors’ artifacts in hand, the Sorcerer follows the Captain, a beautiful man with song for a voice and hair that drinks the sunlight.
The two of them are the descendants of the gods who abandoned the Earth for Heaven, and they will need all the gifts those divine ancestors left to them to keep their caravan brothers alive. The one safe road between the northern oasis and southern kingdom is stalked by a necromantic terror. Demane may have to master his wild powers and trade humanity for godhood if he is to keep his brothers and his beloved captain alive.

Edition : Tor

 

Mon Avis : Bon, je dois bien avouer, aux premiers abords je ne me serai pas laissé tenter par ce bouquin. Il faut dire que, sans dire qu’elle est mauvaise, l’illustration de couverture ne me donnait pas franchement envie de me lncer dans la lecture de ce roman. Le résumé se révélait un peu plus accrocheur, mais voilà pas de quoi non plus me convaincre. Il a fallu attendre que Tor, l’éditeur, propose l’ebook gratuitement ainsi que de nombreux retours US positifs pour que je me laisse finalement tenter à découvrir ce récit. A noter qu’on est plus, pour moi, dans le format novella que dans le roman, le livre faisant environ 200 pages en format papier.

On suit ici les aventures de Demane, considéré comme un sorcier, voir un demi-dieu, qui s’est engagé en tant que garde dans une caravane de marchands. Il s’est aussi, par la même occasion, rapproché de Capitaine qui est comme lui un demi-dieu. Sauf que voilà, le voyage de cette caravane ne sera pas de tout repos et de nombreux dangers vont perturber leur trajet. Je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée il va m’être difficile de parler de ce roman. J’ai apprécié ma lecture, je suis bien content d’avoir découvert l’auteur ainsi que l’univers qu’il construit et je lirai sans soucis d’autre de ses écrits, mais voilà il ne s’agit pas d’un récit qui est facile d’accès je trouve. On est ainsi clairement dans le genre de récit à double tranchant, soit on y accroche, soit le lecteur va vite se retrouver à s’ennuyer voir un peu perdu et à complètement se déconnecter. Déjà première chose à savoir, je lis en Anglais depuis quelques années maintenant, mais je ne considère pas comme totalement bilingue, loin de là, et je dois bien avouer que ce récit justement m’a poussé beaucoup plus que d’autre à me servir d’un dictionnaire anglais/français. Ce n’est pas une critique, je tiens juste à mettre en avant que l’auteur offre ici une plume parfois assez pointue et poussée, ce qui fait que si vous êtes comme moi une lecteur plutôt « moyen » en VO, vous risquez de devoir faire des recherches. Cela hache obligatoirement la lecture et pourrait en déranger certains. Moi ça me plait, ça étend mon vocabulaire, même si je ne suis pas sûr d’un jour réutiliser certains mots.

L’un des points intéressants pour moi du récit vient qu’il mélange de façon très efficace les genres, et qu’il s’en sert même pour jouer avec le lecteur, offrant ainsi au lecteur de nombreuses questions dans un univers qui alterne entre science-fiction, aspect mystique et Fantasy. On plonge ainsi dans un univers étrange dont on ne sait pas si on est dans un monde complètement différent et déconnecté, ou dans un futur lointain. D’ailleurs l’univers est l’un des autres points forts, pour moi, de ce roman. Pas parce-qu’il joue sur les genre, mais parce que l’auteur développe un monde à la fois étrange, captivant, déroutant, sauvage et fascinant. On plonge ainsi dans un univers qui mélange science, magie, fantastique, dépaysement, onirisme et qui s’avère d’une certaine façon envoutant. L’attrait principal, selon moi, vient du fait que l’auteur ne nous offre pas son image de fond clé en main, il distille ses informations au fil des pages pour obliger le lecteur à se poser des questions et lui donner envie d’en apprendre plus. Cela pourra peut-être en frustrer certains, mais moi ça m’a accroché, ça donne franchement l’impression de le découvrir comme un inconnu qui vient d’arriver. Un univers complexe, surprenant et qui soulève de nombreuses questions.

Surtout l’auteur joue sur le parallèle entre magie et technologie, la vision de chacun par rapport aux capacités de Demane et du Capitaine et de la vérité. Sont-ils des demi-dieux ou des hommes ayant de meilleures connaissances et technologies? Tout dépend ainsi du regard de chacun. Autre point qui soulève un travail de réflexion c’est la position sociale, Demane et Isa le Capitaine démontrant des capacités hors du commun et qui sont pourtant considérés comme de simples grouillots par les marchands, à peine respectés sauf pour faire le sale boulot. Enfin le dernier point, qui m’a un peu par contre laissé mitigé, c’est le travail de l’auteur sur le langage. Il y a une vraie différence entre la narration et les dialogues qui offre un argot parfois « imaginaire ». Cela doit en partie montrer une évolution du langage, mais je ne sais pas, il lui manquait un petit quelque-chose pour se révéler fluide dans le récit comme si par moment les discussions se détachaient trop du ton de la narration. C’est parfois un peu trop surprenant de passer d’une certaine poésie et magie à un langage plus châtié. Dans tous les cas ces réflexions et ces développements offrent un travail intéressant qui fait réfléchir.

La construction du récit est déroutante et pourtant elle a, je trouve, un côté intriguant. Tout comme l’univers, l’auteur ne nous offre pas les informations quand on le souhaite, mais au moment qui lui parait le plus propice. Cela fait que d’un point de vue visuel le récit « change » régulièrement pour le lecteur, gagnant d’une certaine façon en densité au fil des découvertes, révélation et les vides que le lecteur complète seul. Le récit alternent ainsi régulièrement entre flashback, ellipses et présent, de façon parfois brusque, comme si on sautait d’un point à l’autre. Clairement cela peut bloquer et déranger, mais ça offre, je trouve, une certaine tension tout du long du récit, distillant ainsi au moment propice les informations. En ce qui concerne les personnages, j’avoue, j’ai apprécié découvrir Demane, sa relation avec le Capitaine, sa vision du monde et la façon dont il le présente. Ses doutes, ses forces, ses faiblesses et ses envies sont réalistes et humaines. Alors ce n’est pas obligatoirement le personnage le plus attachant que j’ai croisé, mais il se dégage quelque-chose de lui. Les personnages secondaires qui gravitent autour de lui offrent aussi un panel de protagoniste intéressant à découvrir que ce soit dans leurs façons de vivre leurs vies, dans leurs croyances ou bien encore dans leurs visions de ce monde et des mystères qu’il cache.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, il y a parfois un soucis de rythme qui donne l’impression que le récit prend trop son temps pour s’accélérer d’un coup au moment de la conclusion. Cela n’empêche pas pour autant la conclusion de se révéler épique, entraînant et happant, mais cela surprend. On ressent aussi une impression parfois un peu frustrante de n’être plongé que dans une tranche de vie, de ne pas tout comprendre et d’en attendre encore plus. Comme je l’ai dit il m’est difficile de parler de ce roman, car il est compliqué de pouvoir l’appréhender et retranscrire un ressenti. L’auteur offre de nombreuses lignes d’intrigues originales, de développements et de travail dans un texte parfois court, voir trop court. Il y a de nombreuses choses qui m’ont marqué et d’autres qui m’ont frustré. Il m’est aussi difficile de le conseiller, car je pense qu’il pourrait en bloquer plus d’un et d’autres pourrait, comme moi, accrocher, mais une chose est sûre l’auteur a su proposer un récit que je trouve différent et plus qu’intéressant le tout porté par une plume efficace, dense et intrigante. Je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

En Résumé : Ce récit aux premiers abords ne me tentait pas plus que cela, et je m’y suis plongé dedans plus sur un concours de circonstance et je suis bien content. Comme quoi l’écrin ne fait pas tout pour un livre. Alors autant le dire tout de suite il s’agit d’une novella qui va m’être compliqué à recommander, l’auteur nous offrant ici une histoire aux frontières des différents genres qui ne se laisse pas si facilement « saisir » tant l’auteur joue avec le lecteur. Que ce soit dans la façon dont il fait avancer son intrigue comme dans son univers rien n’est acquis, le lecteur jonglant entre révélations et vides qu’il comble pour créer un puzzle cohérent. Cela pour en surprendre et en bloquer certains, mais moi j’ai bien accroché. Il faut dire aussi que l’univers présenté ne manque pas non plus d’attrait, soulevant de nombreuses questions tout en se révélant sauvage, percutant et dépaysant. Le héros principal, même s’il n’est pas le plus attachant qui soit, est captivant à découvrir dans la façon dont il nous présente son monde et dans la complexité qui le constitue. Les personnages qui gravitent autour ne manque pas non plus d’intérêt, offrant des impressions et des visions efficaces. Alors tout n’est pas parfait on ressent une différente entre une narration plutôt envoutant et des dialogues par moment trop châtié, un soucis de rythme se fait légèrement ressentir entre un début qui prend son temps et une fin un peu rapide, ou bien une impression parfois un peu frustrante de ne pas avoir toutes les clés, mais franchement ce récit offre de nombreux aspects que j’ai trouvé originaux et un univers plus qu’efficace ce qui fait que j’ai passé un bon moment de lecture. La plume de l’auteur est dense, complexe et prenante et je lirai sans soucis d’autre de ses écrits.

 

Ma Note : 7,5/10

L’Alchimie de la Pierre – Ekaterina Sedia

Résumé : Soit une ville immense, sombre et secrète, fondée par un peuple minéral plus secret encore — les gargouilles. De mémoire d’homme, les guildes rivales des Alchimistes et des Mécaniciens s’y livrent une lutte d’influence acharnée. Or les Mécaniciens semblent enfin en passe de l’emporter, prêts à imposer sur la cité un ordre nouveau, brutal.
Automate douée de conscience, unique en son genre, Mattie est la création d’un Mécanicien ambigu. Bien qu’émancipée, elle peine à se libérer de l’emprise de son ancien maître, une ombre qui ne l’a pas empêchée, malgré tout, d’embrasser la carrière d’alchimiste. Les gargouilles l’ont chargée d’une mission cruciale : trouver un remède au mal qui les frappe, une inexorable pétrification. Mission que compliquent des événements tragiques : des attentats frappent la ville, tandis que dans ses entrailles couvent les ferments de la révolution…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Ce roman, j’en ai entendu parler pour la première fois il y a quelques années, quand il devait être initialement édité par les éditions Eclipse chez Panini Books. A l’époque l’éditeur ayant décidé, si je ne me trompe pas, de recentrer ses publications vers les zombies, j’ai cru que ce roman ne verrait jamais le jour en VF. J’ai donc été agréablement surpris d’apprendre il y a quelques mois que les éditions Le Bélial’ avaient récupéré les droits et allaient publier ce roman. Concernant la couverture, illustrée par Nicolas Fructus, je la trouve magnifique et elle donne clairement envie de plonger dans ce récit. De plus des illustrations sont aussi présentes dans le roman et sont tout aussi superbes, ce qui fait de ce livre un très bel objet.

On suit ainsi l’histoire de Mattie, une automate qui a gagné sa liberté et est devenue une alchimiste. Un jour les gargouilles viennent la voir pour qu’elle puisse les aider à vaincre le mal qui les ronge. Sauf que cette mission va se compliquer devant les évènements qui vont survenir dans la ville entre rébellion, attentats et changements. J’ai ainsi passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, certes, possède quelques défauts ici ou là, mais a clairement réussi à m’emporter et surtout à me questionner sur de nombreux sujets. C’est d’ailleurs le gros point fort du roman, sa capacité à offrir de nombreuses réflexions, à ne pas laisser le lecteur indifférent  devant les nombreux aspects qui sont traités. Je me suis ainsi facilement plongé dans l’enquête que mène l’héroïne, le tout porté par un rythme lent, nonchalant et pourtant qui a réussi à me captiver.

Ce qui pourrait en bloquer certains, outre le rythme loin d’être nerveux, vient du fait que l’intrigue passe je trouve un peu au second plan. Attention, elle n’est pas mauvaise en soit et ne dessert pas pour autant le récit, loin de là. Elle s’avère tout simplement très classique dans son évolution, assez linéaire et par conséquent assez facilement prévisible dans certains de ces retournements de situations importants. Cela n’empêche pas pour autant l’histoire d’offrir une certaine tension, ainsi que plusieurs scènes accrocheuses comme ce qui tourne autour de la révolution, mais sachez-le si vous cherchez un récit tendu et nerveux alors vous risquez de passer à côté de ce livre qui cherche plus à mener une réflexion riche et travaillée et à nous plonger dans un monde troublant et séduisant. Tout dépendra des attentes que vous avez.

Le premier point qui m’a fasciné et qui a franchement réussi à me happer rapidement, c’est l’univers qui est construit au fil des pages. On sent clairement que l’auteur possède une imagination débordante et fascinante, mais surtout qu’elle arrive à rendre l’ensemble poétique et accrocheur. On plonge ainsi facilement, et avec une certaine fascination dans cette ville étrange, à la fois magnifique et sombre, qui oscille entre steampunk, alchimie, magie et gargouilles. Le monde proposé tout du long ne manque pas de richesse et s’avère clairement soigné et envoûtant pas de nombreux aspects. Que ce soit dans sa mythologie, dans ses luttes de pouvoir, dans son histoire ou bien encore dans ces étrangetés comme cette idée du Fumeur d’âmes, cet univers séduit et fascine tout en offrant un côté sombre.

Son côté politique peut paraitre un peu binaire, la lutte de pouvoir entre alchimistes et mécaniciens, contrebalancé par le pouvoir du Duc, et pourtant au fil des pages il va offrir bien plus que cela. On y ressent d’ailleurs aussi l’influence Russe de l’auteur dans certains passages (ou alors je me trompe complètement), ce qui offre je trouve un plus à l’ensemble, l’ancrant encore plus dans une certaine réalité. L’aspect social avec les luttes des classes offre aussi un intérêt supplémentaire au récit, même si parfois ça manque un peu d’explication. Mais surtout ce qui se dégage selon moi c’est l’ambiance que pose l’auteur, à la fois étrange, envoutante et entraînante elle donne clairement envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages j’avoue je suis un plus partagé. Concernant l’héroïne, Mattie, Elle est très intéressante et touchante que ce soit dans ses problématiques, ses envies et son ressenti tout en étant automate. Émotionnellement malgré parfois son côté un peu « froid » de machine, elle s’avère clairement attachante, soulevant de nombreuses questions. On est ainsi happé par sa vie, son envie de profiter d’une vie normale malgré sa différence, de connaître la liberté et l’amour, le tout bien porté par des scènes parfois marquantes et puissantes que je vous laisse découvrir. Autre personnage qui sort du lot, c’est le Fumeur d’Âmes, ce personnage au pouvoir étrange qu’on découvre petit à petit, à la fois déroutant et fascinant qui dévoile une histoire complexe et intéressante. Un aspect qui m’a paru intéressant ce sont les interactions entre les différents personnages qui ne sont jamais anodines et apportent souvent de nombreuses réflexions et des dialogues intéressants et efficaces. Là ou par contre je reste plutôt mitigé, c’est concernant les autres personnages qui manquent quand même d’un peu de densité. Je pense par exemple au créateur de Mattie, Loharrie, qui est pourtant un personnage important mais m’a paru un peu en retrait. Rien de trop bloquant, mais parfois un peu frustrant. Après le roman est aussi plutôt court, faisant moins de 280 pages.

Mais là où le récit m’a paru le plus intéressant c’est, comme je l’ai dit plus haut, dans les nombreuses réflexions qu’il développe tout du long. Le premier point que met en avant l’auteur c’est sur le statut de la femme, son absence d’égalité dans cette société qui fait obligatoirement écho à notre société actuelle. Que ce soit dans la relation entre Mattie et son maître, qui fait penser à la notion de couple où Loharrie parait avoir tout pouvoir et personne ne peut rien dire, mais aussi dans la quête de liberté de l’héroïne, ou bien encore dans un aspect plus métaphysique voir religieux, par le fait que Loharrie soit le créateur de Mattie, soulève aussi de nombreuses questions. Elle offre ainsi une critique efficace et percutante, permettant au lecteur de se poser de nombreuses questions, mais sans jamais non plus trop imposer son point de vue. De nombreux autres sujets sont aussi abordé que ce soit sur la société et sa gestion des classes, le regard que l’on a sur les autres et principalement sur les étrangers, le terrorisme ou bien encore les bouleversements que peuvent apporter l’évolution et la technologie. Des idées qui ne laissent pas indifférents et m’ont passionné, même si c’est vrai parfois l’argumentaire manque un peu de finesse. La plume de l’auteur est dense, soignée, poétique et a réussie à me happer rapidement dans son univers et son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre, certes une histoire un peu convenu, mais propose de nombreuses réflexions qui ne laissent pas le lecteur indifférent. L’univers qui est proposé au fil des pages s’avère captivant, à la fois mystérieux, avec ces zones d’ombres et pourtant envoûtant et entraînant. L’aspect politique et social offre aussi une densité supplémentaire à l’ensemble, même si parfois j’aurais préféré un peu plus d’explications sur certains points, mais rien de dérangeant. Concernant les personnages, j’ai été touché par Matie, l’automate, dans son envie de vivre, de profiter d’une vie normale malgré sa différence, dans ses envies, ses rencontres qui vont la changer. J’ai aussi accroché au Fumeur d’âmes, personnage ambigu et complexe, mais j’ai trouvé que les personnages secondaires manquaient de profondeur par moment ce qui est parfois légèrement frustrant. Mais là où le récit gagne, selon moi, son principal intérêt c’est dans les réflexions qu’il soulève que ce soit sur la position de la femme, ses droits et libertés, le regard que l’on porte sur les autres, la peur du changement ou bien encore les luttes sociales qui s’avèrent intelligents et percutants même si parfois l’argumentaire est un peu simpliste. La plume de l’auteur est soignée, dense et poétique, nous plongeant facilement dans le récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Apohis, Just a Word, …

Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

Résumé : Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Estelle Faye est une auteure que je suis régulièrement les nouvelles publications qui m’ont toujours fait passer de bons moments. Elle ne m’a jamais vraiment déçu, proposant des textes divers et variés dans les différents genres de l’imaginaire. Je n’allais donc pas passer à côté de son dernier roman. Par conséquent quand j’ai vu que le site de Book en Stock proposait un partenariat pour Le Mois De consacrée à l’auteur, j’ai décidé de tenter ma chance et eu la chance d’être sélectionné. Je les remercie ainsi que les les éditions Critic pour m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Marc Simonetti, je la trouve franchement magnifique. A noter qu’il s’agit d’un one-shot, donc pas de grands cycles en vues, même si l’auteur se laisse des clés pour, pourquoi pas, revenir dans l’univers.

On plonge ainsi ici dans un roman de Fantasy, à travers un monde où se mêle magie et apparition de nouvelles technologies comme la poudre, qui va nous dévoiler la destinée de plusieurs personnages qui vont mener à la chute des Seigneurs de Bohen. Oh non, ne vous inquiétez pas, je ne vous gâche pas le roman, loin de là, vu que cette chute est annoncée dès la première page. En effet l’auteur montre ici que la finalité n’est pas toujours le plus intéressant dans un roman, mais parfois le voyage réalisé pour y arriver. Je l’admets d’ailleurs, je me suis laissé facilement porter par ce roman qui m’a offert un excellent moment de lecture et qui a même réussi, d’une certaine façon, à dépasser mes attentes. En effet mes nombreuses discussions avec l’auteur et le quatrième de couverture me laissait à penser de la Fantasy épique pure et dure avec son côté classique. Pourtant, même là l’auteur est arrivé à y ajouter sa touche personnelle, son originalité pour finalement amener quelque-chose qui, sans non plus révolutionner les grandes lignes, se démarque facilement selon moi. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus et si je n’avais pas manqué de temps, je pense que j’aurai terminé ce roman bien plus tôt. Une histoire finalement épique, mais aussi intimiste, bien porté par une narration multiple qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et qui monte lentement en tension pour dévoiler la mort de l’Empire.

Déjà le premier point qui marque dans ce roman ce sont les personnages proposés tout du long. Estelle Faye ne cherche pas à nous offrir une palette de grands héros qui ont pour seul but de sauver le monde, ou le rendre meilleur comme peuvent le faire d’autres séries. Non, ici on découvre plus des personnages différents, qui sans s’en rendre compte, par leurs actes, leurs passions et leurs envies vont effectuer de petite variations dans la trame du pouvoir qui va ainsi petit à petit le mener à sa perte. On découvre ainsi un panel de personnage différents, loin des stéréotypes habituels, des rejetés, des incompris, des différents, tous d’une certaine façon un peu freaks, étranges, et pourtant si humains et touchants. C’est d’ailleurs cette différence qui fait qu’on s’attache à eux, on peut facilement se reconnaitre, tout du moins en partie, à travers eux. Ils n’ont pas obligatoirement de grands buts en tête et cherche simplement à avancer, voir à aider ceux qu’ils aiment tout simplement.

Car c’est aussi la grande force, je trouve, du récit, la passion qu’elle met en place, cet amour loin d’être guimauve entre les différents personnages qui va se révéler finalement en partie moteur du changement qu’il soit passionnel, fusionnel, platonique, amical ou familial. Le tout est amené de façon cohérente et logique, on ne tombe jamais dans le coup de foudre facile ou bien encore le rencontre téléphonée. Dans ce roman la vie est passion, émotion et elle mérite d’être vécue et qu’on se batte pour elle, pour faire plus que survivre, même si tout est loin d’être rose dans ce monde. C’est ainsi cette palette de personnage atypique qui fait qu’on se laisse porter à suivre leurs aventures et à vouloir en apprendre plus sur eux. Autour d’eux gravitent aussi des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus d’attraits, même si je suis déçu que certains ne soient pas plus approfondis tant ils paraissent intéressants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, nous proposant un empire au bord de l’explosion qui se dirige lentement vers sa fin, malgré le fait que l’Empereur tente son possible pour le sauver. Les pièces du puzzle, les manipulations se mettent lentement en place, dévoilant une main du destin implacable, mais qui ne tombe jamais dans cette impression de linéarité. On ne sent jamais non plus vraiment l’emprise de l’auteur sur le récit, tout paraissant au final d’une certaine cohérence, même si certains retournement, j’avoue, peuvent paraitre un peu brusque voir par moment légèrement prévisibles. Je pense ainsi au choix de Sorenz dans le dernier tiers qui, certes, possède une certaine logique mais m’a paru précipité et donne légèrement l’impression d’être là surtout pour faire avancer l’intrigue.

L’aspect mystique ne manque pas non plus d’attrait, dévoilant magie et bestiaire bien construits, efficaces et fascinants. Entre changeformes et autres monstres on est vraiment dépaysé par ce que propose l’auteur et l’ensemble se coule parfaitement dans ce monde et ce qu’elle construit. Le côté social ne manque pas non plus d’attrait où, certes la révolution pour la liberté n’ rien de neuf, mais le ton donné à ce combat offre quelque chose d’intéressant. Enfin une petite touche de technologie vient ajouter un plus à l’ensemble et le tout est porté par une ambiance sombre, qui nous rappelle de façon percutante que la mort n’est jamais loin. Alors certes, dit comme ça il pourrait paraitre un peu classique, et je ne le nie pas, mais c’est dans les petits détails, dans les petites touches qu’elle apporte que l’auteur arrive à le rendre vivant, c’est dans la profondeur de ce qu’elle construit qu’elle le rend efficace et donne envie d’y plonger encore et à nouveau.

Ainsi chaque destin va s’entrecroiser pour aboutir à une conclusion qui n’a rien d’explosive, mais qui ne manque pas de tension, de révélations, de choix et offre ainsi un final prenant et terriblement efficace. J’avoue certains points m’ont paru un peu traité rapidement, mais mon principal regret est finalement que le roman s’arrête. J’en voulais plus. Alors après on pourrait regretter quelques longueurs ici ou là, le fait que l’auteur finalement n’offre jamais vraiment le  point de vue de l’Empire, ou bien que certains aspects aillent trop vite vers la fin, mais franchement je ne fais que chipoter tant j’ai été happé par ce récit et que j’ai eu du mal à le lâcher à chaque fois que je devais le poser. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, poétique, avec par moment une pointe de sensualité qui a vraiment réussi à me plonger, m’immerger dans ce récit et les relations qui se font et se défont tout du long. Elle démontre ainsi qu’elle fait vraiment partie des auteurs à suivre, selon moi, dans le monde de l’imaginaire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un récit de Fantasy épique, mais aussi intimiste des plus réussis. Le récit est porté de façon efficace par une narration multiple qui fait qu’on est rapidement happé par l’histoire. La tension monte ainsi au fil des pages pour aboutir à une conclusion qui n’a certes rien d’explosif mais s’avère percutante et réussie. Le gros point fort du roman vient clairement de la galerie de personnages que nous brosse l’auteur qui sont loin des héros en quête pour changer le monde. Ce sont des personnages qui ont leurs histoires, leurs envies, leurs faiblesses, leurs émotions et c’est ce maelström qui va les faire avancer et qui va les amener à faire des choix. L’auteur montre que la passion, les émotions font que parfois il faut se battre pour vivre sa vie. Au final des protagonistes attachants, touchants et entraînants. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants et certains auraient même mérité d’être un peu plus approfondi. L’univers peut paraître classique dans les grandes lignes et ce qu’il propose, mais c’est dans les petits détails et la touche personnel qu’apporte Estelle Faye qu’il gagne, selon moi, en intérêt. On découvre ainsi un monde dense, captivant, dépaysant, qui donne envie d’en apprendre plus. Alors, on pourrait reprocher que certains points sont traités trop rapidement, que certaines longueurs se font ressentir ou encore qu’un point de vue de l’Empire aurait pu apporter un contrepoids intéressant, mais franchement je chipote tant j’ai été happé du début à la fin par ce roman. La plume est toujours aussi soignée, vivante, poétique et prenante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

The Stormlight Archive Book 2, Words of Radiance – Brandon Sanderson

Résumé : The Knights Radiant must stand again.
The ancient oaths have at last been spoken; the spren return. Men seek that which was lost. I fear the struggle will destroy them.
It is the nature of the magic. A broken soul has cracks into which something else can be fit. Surgebindings, the powers of creation themselves. They can brace a broken soul; but they can also widen its fissures.
The Windrunner, lost in a shattered land, balanced upon the boundary between vengeance and honor. The Lightweaver, slowly being consumed by her past, searching for the lie that she must become. The Bondsmith, born in blood and death, striving to rebuild what was destroyed. The Explorer, straddling the fates of two peoples, forced to choose between slow death and a terrible betrayal of all she believes.
It is past time for them to awaken, for the Everstorm looms.
And the Assassin has arrived.

Edition : Gollancz

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous devez savoir que Brandon Sanderson fait partie des auteurs de Fantasy que je suis et dont les livres finissent facilement et régulièrement dans ma PAL. The Stormlight Archive s’annonce d’ailleurs comme un sacré cycle, puisque 10 tomes sont (normalement) prévus. Cela en fait de la lecture ! Le premier offrait une lecture  efficace, prenante et surprenante (ma chronique de la partie 1, de la partie 2) et j’avais donc hâte de me lancer dans la suite. Alors après, j’avoue, au vu de la taille du livre (environ 1100 pages) il a un peu trainé dans ma PAL. C’est pas obligatoirement le genre de livre que je promène dans les transports. Par contre, ma chronique risque de spoiler le premier tome, même si je vais limiter au maximum.

Cette seconde partie nous replonge dans cette grande guerre que se livrent les Aléthis et les Parshendis suite à l’assassinat, commandité par ces derniers, du roi des Aléthis le soir même où les deux peuples fêtaient un traité de paix. Sauf que cette guerre va finalement révéler de nombreux secrets enfuis. L’auteur nous offre ainsi une narration à trois personnages principaux (Shallan, Dalinar et Kaladin), agrémenté de nombreux personnages secondaires plus ou moins liés à l’intrigue principale. C’est ainsi un véritable puzzle que construit l’auteur méthodiquement au fil des pages. Ce second tome propose ainsi de se concentrer sur Shallan, l’érudite. Et, je le dis tout de suite, une fois la dernière page tournée j’ai de nouveau passé un excellent moment de lecture avec ce second tome. Pourtant on sent bien qu’on est que dans les prémices de ce que cherche à construire l’auteur, mais l’ensemble s’avère tellement dense, soignée, complexe entraînant et épique que j’ai été happé. L’auteur confirme ainsi tout le bien que je pensais de ses écrits et ces deux premiers tomes montrent clairement qu’on tient là un début de cycle de Fantasy qui s’annonce clairement marquant. En espérant que ça continue à ce niveau.

Déjà la première chose qui m’a toujours fasciné avec l’auteur, que ce soit dans n’importe lequel de ses écrits, ce sont les univers qu’il développe. C’est à nouveau le cas ici, tant ce que propose l’auteur se révèle dense, complexe, orignal et fascinant tout en gardant une bonne dose de mystères. Car oui même si l’auteur offre plusieurs révélations que ce soit concernant les tempêtes, les shardplates ou bien encore les  shardblade on sent clairement encore une bonne dose de mystères. De quoi donner envie d’en découvrir plus sur ce monde, sa magie et son histoire. Surtout ce qui arrive toujours à me surprendre c’est sa capacité à rendre une information qui peut paraitre aux premiers abords anodines et qui pourtant va se révéler importante par la suite. Tout élément devient ainsi potentiellement une information majeure qui pourrait changer le cours de l’intrigue ce qui, je trouve, happe encore plus le lecteur. Autre point intéressant, c’est l’aspect politique en lui-même. Cette guerre offre ainsi de nombreux mouvements, des trahisons, des manipulations qui sont amenés de façon sensés, nerveux et intelligents. Chaque développement repose ainsi sur une logique qu’on comprend et le tout sans jamais tomber dans l’ennui ou la longueur. On découvre ainsi un monde très visuel, diversifié, dépaysant qui n’oublie pas non plus d’offrir des scènes de batailles entraînantes et énergiques et qui ne manque pas d’originalité et de nouveauté comme par exemple l’idée des spren. Cela donne ainsi envie d’en apprendre plus surtout que, même si le voyage de Shallan permet de développer de nouveaux lieux, on est loin d’avoir tout visité.

Autre gros point fort du récit il vient clairement des personnages. Brandon Sanderson sait construire des personnages qui s’avèrent fascinants, complexes et travaillés. Chaque protagoniste, qu’on l’apprécie ou non, s’avère intéressant et plaisant à découvrir, que ce soit par ses révélations ou son apport. On découvre des personnages humains, entraînants avec une histoire, des secrets et une logique qui leur est propre et qui fait qu’on peut les comprendre. Shallan qui, dans le premier tome offrait une vision un peu naïve, offre ici un véritable changement de ton. Elle gagne franchement en maturité et offre un développement intéressant, que ce soit dans son évolution comme dans les révélations de son passé. Elle sort ainsi du lot dans ce second tome, proposant une héroïne forte, charismatique, pleine d’humour et d’intelligence et qui dévoile une vie plus sombre qu’on pourrait le croire. Dalinar, même s’il est un peu en retrait dans ce tome, reste intéressant à découvrir et à suivre face à ses visions, mais aussi dans la gestion de la guerre ou des jeux de pouvoir. Kaladin est peut être un chouïa en dessous des deux autres, pas tant parce qu’il est moins présent ou n’évolue pas, loin de là, mais parce qu’il suit un développement qui m’a paru plus convenu. Ca ne veut pas dire que je n’ai pas suivi ses aventures avec plaisir, loin de là, juste certaines révélations et certains retournements de situations donnaient une impression de déjà-vu. Je pense principalement à sa visions sur le roi qui évolue de façon un peu linéaire. Par contre c’est lui qui offrira le final le plus « explosif » à mon goût. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et j’ai aussi hâte d’en apprendre plus sur eux, comme par exemple sur Adolin et Renarin qui, dans les dernières pages, offrent de sacrés révélations.

On aurait pu croire qu’un tel « pavé » serait compliqué à lire et pourtant c’est loin d’être le cas tant l’auteur maîtrise clairement le rythme du récit et sait varier ses révélations et ses intrigues et sous-intrigues, sans jamais perdre ni ennuyer le lecteur. Même les interludes, qui ont parfois encore un peu de mal à se raccorder à l’intrigue principale, ne manquent pas d’attraits, proposant de varier les points de vues et les découvertes de ce monde. Ce second tome monte ainsi lentement en tension au fil des pages et des découvertes pour aboutir à un dernier tiers qui se révèle franchement épique et explosif. J’avais encore plus du mal à lâcher les dernières pages tant l’ensemble est percutant et les différentes trames tissées viennent s’entremêler pour dévoiler une légère partie de la toile. Je me suis ainsi retrouvé à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus, surtout que la fin de ce second tome ne va pas manquer d’offrir son lot de réponses, même si en contrepartie il soulève aussi encore plus de questions. Alors après c’est vrai, quelques longueurs se font parfois ressentir ici ou là et certaines transitions peuvent paraître un peu facile, mais franchement ce sentiment fût noyé sous le plaisir que j’ai ressenti en lisant ce second tome. La plume de l’auteur est toujours aussi énergique, vivante, dense et nous happe facilement pour mieux nous surprendre. J’ai hâte de me lancer dans la lecture du tome 3 qui est annoncé pour la fin de l’année.

A noter que ce second tome pourrait être publié en VF courant de l’année. Tout du moins sa traduction est terminée, mais aucune date précise n’a encore été dévoilé de mémoire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce second tome du cycle. On plonge ainsi dans une histoire pleine de mystères, de trahisons, de jeux de pouvoir et de manipulations qui s’avèrent maîtrisés et passionnantes. La tension monte ainsi au fil des pages et on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus, pour aboutir à un final épique et explosif. L’univers est l’un des gros points fort du récit tant l’auteur construit un monde fascinant, denses, original offrant de très bonnes idées, un aspect social intéressant et un jeu politique complexe. Comme souvent avec Brandon Sanderson un monde qui donne envie d’en apprendre plus tant il est loin d’avoir livré tout son potentiel. Les personnages sont aussi très intéressants à découvrir, principalement Shallan qui est le personnage principal qui évolue le plus dans ce tome, offrant une héroïne complexe, intelligente, pleine d’humour et qui se bat pour ses convictions. Dalinar et Kaladin ne sont pas non plus en reste, même si j’ai trouvé ce dernier un chouïa moins passionnant, la feut peut-être à une histoire un peu linéaire. Mais bon je chipote. Les personnages secondaires sont eux aussi complexe et attrayants et j’ai aussi hâte d’en apprendre plus sur certains comme Adolin et Renarin. Alors certes, quelques longueurs se font parfois ressentir et certains retournements s’avèrent un peu convenus, mais franchement rien de gênant tant j’ai été emporté. La plume de l’auteur est vive, entraînante et captivante et happe facilement le lecteur. J’attends maintenant avec impatience le troisième tome.

 

Ma Note : 8,5/10

Kel Tome 4, Le Général Taureau – Andréa Schwartz

Résumé : Au nord, les Kel’yon ; au sud, les Kel’bai – et entre eux dix mille ans de rivalité… À travers le continent de Kaek’tun, les trompettes des Deux-Empereurs annoncent une nouvelle guerre. Kel’yon et Kel’bai, Noble et Fils du Peuple, Oshin Ieran est né à la frontière entre mille mondes. Ni d’un côté ni de l’autre, il s’efface dans l’obscurité appropriée pour ceux de son sang. Mais la déesse Destin est une divinité capricieuse – et la déesse Honneur, vénérée par les Kel’yon et les Kel’bai, est plus cruelle encore. Les cors du Dragon et du Phénix tonnent à travers le Continent et en pays kel’bai, le sang-mêlé du nord est appelé à brandir un drapeau que jamais il n’avait imaginé porter, pour défendre ceux que jamais il n’avait imaginé protéger.

Edition : Rebelle

Mon Avis : Il y a quelques années maintenant on m’a proposé de découvrir cette série de Fantasy. Je m’étais facilement laissé tenter, malgré le côté un peu classique du résumé du premier tome et j’avais été agréablement surpris tant l’histoire s’avérait solide, captivante et entraînante (ma chronique ici). Les tomes 2 et 3 venaient confirmer le bien que je pensais de cette série, se révélant même plus denses et plus aboutis encore à mon goût (chronique du tome 2, du tome 3). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement lancé dans la lecture de ce quatrième volume et, malgré ce que je pensais, avant-dernier tome de la série. En effet un cinquième tome devrait être publié. Concernant la couverture, elle reste dans le même thème que les précédentes et je la trouve très sympathique.

Ce quatrième volume est construit de la même façon que les trois premiers, nous présentant, d’une certaine façon, en protagoniste un « nouveau » personnage. Je mets nouveau entre guillemet, car il ne l’est pas vraiment, il a été un personnage secondaire important du premier tome et il est aussi apparu dans d’autres tomes : il s’agit d’Oshin Ieran. Sauf que ce tome va enfin le mettre en avant, dévoilant son histoire et ce qui a fait de lui le personnages qu’on découvre dans les autres volumes. J’avoue, j’avais hâte d’en apprendre plus sur ce protagoniste ambigu et complexe. Pourtant une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, sans trouver ce roman mauvais, loin de là, il est pour moi clairement un ton en dessous des précédents. Attention il reste une lecture plus que sympathique et agréable, et le travail sur le héros se révèle prenant, mais voilà je pense qu’il n’a pas complètement répondu aux attentes que je pouvais avoir. Après, contrairement aux tomes précédents qui avaient, d’une certaine façon, leurs propres fins, ici le tome 4 est lié au tome 5. Par contre je soulèverai un point, plus sur l’édition que sur le récit en lui-même, il y a énormément de familles et de noms qui gravitent dans ce cycle, un petit lexique des personnages et des familles aurait, je pense, apporté un plus. Je n’ai jamais été franchement perdu, cela n’a pas gâché ma lecture, mais parfois j’ai pris du temps à retrouver qui est qui.

Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur construit son récit un peu comme les trois précédents, présentant un personnage qu’on découvre et qu’on voit évoluer au fil du temps. Le tour de force qu’elle réussit à chaque tome est d’arriver à proposer une intrigue qui, certes dans les grandes lignes ressemble aux autres, maais arrive finalement à se différencier que ce soit dans le travail sur le personnage et sa découverte, comme dans la vision qui est proposée. D’une certaine façon elle arrive ainsi à se renouveler et à proposer quelquechose de différent qui fait que j’ai de nouveau été happé assez facilement dans le récit. Le fait d’avoir un nouveau personnage central à chaque fois joue aussi, car cela oblige le lecteur à avoir une vision différente du monde présenté et des jeux de pouvoirs, mais cela oblige aussi à s’attacher de nouveau à un héros. Et là Andrea Schwartz a démontré qu’à chaque nouveau tome elle a réussi à construire un personnage central qui donne toujours envie d’en apprendre plus. D’autant qu’ici, le personnage a une grande importance dan le cycle.

Certes, je ne le nie pas, certains aspects dans la construction du récit possèdent un air de déjà-vu par rapport les tomes précédents, ce qui rend parfois  l’histoire prévisible, sans que cela soit dérangeant, tant dans l’ensemble le récit s’avère solide et efficace. Le rythme, plutôt lent, permet d’offrir une certaine densité à la narration, tout en sachant offrir des scènes plus vives et percutantes pour ne pas ennuyer le lecteur. Je regretterai peut-être tout de même quelques facilités ici ou là, comme par exemple la capacité des personnages à se retrouver gravement blessés et pourtant à être en pleine forme et tenir leurs rangs quelques jours à peine après l’incident.

Un autre point intéressant est, comme je l’ai dit, la découverte du passé de Ieran qu’on avait rencontré déjà dans le premier tome quand il avait décidé d’aider Shelun. Ce n’est jamais facile de construire le passé complet d’un personnage qu’on suit déjà depuis quelques temps et à propos duquel l’imagination du lecteur a déjà pas mal travaillé, mais je trouve que ce tome s’en sort plutôt bien, sans non plus trop révolutionner le genre. On découvre ainsi un héros, coincé entre deux mondes, mi Kel’yon mi Kel’bai, fils d’un homme influent. Quand les circonstances le demandent il va découvrir que finalement, malgré ce qu’il espérait, il doit s’effacer et n’avoir aucune place dans la guerre qui arrive, non à cause ses capacités mais simplement de par sa situation familiale. Son évolution au fil des pages, les découvertes qu’il va faire, les changements que vont opérer sur lui cette guerre sont bien menés et efficaces. On découvre ainsi un personnage complexe, qui ne connait la guerre qu’à travers sa formation et qui va tomber de haut. C’est un héros qui se trouve coincé entre deux fronts du fait de son sang et de sa naissance. A la fois naïf et surprenant, on suit ses aventures avec intérêt et envie d’en apprendre plus. J’attends de voir ce que va proposer l’auteur dans la suite, car son histoire est loin d’être terminée, mais pour le moment elle réussit à nous offrir un personnage dense, soigné et prenant. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, s’avérant efficaces et complexes, amenant leurs propres réflexions, leurs visions spécifiques et leurs envies. J’ai hâte de savoir comment certains vont se développer dans le dernier tome.

L’univers, même s’il paraît évidemment moins nouveau depuis quatre tomes, s’avère toujours solide, même si j’avoue que j’aurai aimé un peu plus de renouvellement sur certains points. En effet comme on découvre durant tout ce tome un long flashback, on plonge finalement dans une nouvelle dualité entre Kel’bai et Kel’yon. Alors attention, même si le conflit est dans les grandes lignes un peu le même, les motivations de chacun sont différentes, c’est ce qui fait que les complots, trahisons et jeux de pouvoir sont toujours intéressants à suivre et à découvrir. Sauf que les trois premiers tomes avaient déjà amené énormément d’intrigues de ce type et j’espérais les voir évoluer, ce qui joue obligatoirement sur le ressenti du lecteur. Cela ne m’a pas non plus empêché de plonger de nouveau avec plaisir dans le monde que nous présente Andrea Schwartz qui est toujours aussi vivant, immersif et qui donne envie d’en apprendre plus. porté par des descriptions vives et soignées. Le jeu des différentes familles ainsi que des différents clans, les tensions que cela crée et les questions que soulève la guerre, la violence et la haine sont bien amenées et ne laissent pas indifférent, même si parfois j’avoue que l’argumentaire est un peu facile, mais là je chipote. Les scènes d’actions sont très visuelles, efficaces et offrent clairement un plus à l’ensemble et une certaine tension.

Mais alors au vu de ma chronique vous devez vous demander pourquoi j’ai un peu moins accroché à ce tome, c’est bien simple pour moi il est trop indépendant du cycle qu’a construit l’auteur. Les trois précédents tomes étaient plus ou moins liés et avaient amenés en ligne de fond de nombreux jeux politiques et questions. Ce quatrième volume nous entraine dans un flashback qui, finalement, met un peu les trois autres tomes en « pause » le temps de tracer le vie du général ce qui j’avoue m’a légèrement frustré. Je ne m’y attendais pas obligatoirement. Qui plus est, ce tome donne l’impression d’un tome d’introduction, vu qu’on ne découvre que la première partie de la vie du héros, ce qui est quand même dommage quand on parle de quatrième tome. C’est ainsi clairement au niveau de mes attentes que s’est joué mon ressenti et non sur les qualités du livre, je ne m’attendais pas à un tome qui aurait peut-être mérité d’être traité de façon indépendante, je ne sais pas. Cela ne m’a pas non plus empêché de passer un agréable moment de lecture avec ce roman, toujours bien porté par une plume fluide, dense et terriblement efficace qui a fait que j’ai tourné les pages avec plaisir. Je lirai sans soucis le dernier tome de ce cycle.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce quatrième tome, même si j’avoue il n’a pas non plus répondu à mes attentes. Ce livre nous propose ainsi de découvrir l’histoire d’Ieran, personnage que l’on a déjà rencontré dans les tomes précédents en tant que héros secondaire. Comme les tomes précédents l’auteur nous présente un nouveau personnage et elle arrive à le faire de façon entraînante et efficace. C’est une des grandes forces du cycle de se renouveler en proposant à chaque fois un nouveau personnage central tout en arrivant à le rendre dense, touchant et captivant à découvrir. Alors certains passages sont légèrement prévisible, voir parfois offrent quelques facilités, mais rien de bloquant dans ma lecture. Les personnages secondaires que l’on découvre ne sont pas non plus en reste, offrant des protagonistes complexes et intéressants. L’univers, même s’il parait moins nouveau, reste solide et attrayant, bien porté par des descriptions soignées et denses. L’intrigue est portée sur un rythme plutôt lent qui permet de bien développer le récit, tout en offrant des scènes d’actions vivantes et percutantes qui font qu’on ne s’ennuie jamais. Au final mon regret vient du fait que ce roman étant un flashback, il donne l’impression de mettre en pause tous les éléments mis en avant depuis trois tomes et, limite, d’être un récit indépendant. Ce tome donne aussi l’impression d’être un tome d’introduction, ne présentant qu’une partie de la vie du héros, ce que je trouve un peu dommage pour un quatrième tome. Reste tout de même une lecture très sympathique, bien porté par une plume soignée et entraînante. Je lirai le cinquième tome avec grand plaisir.

Ma Note : 7/10

Miriam Black Tome 1, Blackbird – Chuck Wending

Résumé : Miriam Black a un don, elle sait quand la mort frappera à votre porte. Âgée d’une vingtaine d’années, elle a déjà vu des centaines de morts aux causes diverses et variées : accidents, suicides, maladies…Quand Miriam monte dans le camion de Louis Darling, qui l’a prise en stop, elle lui serre la main et elle voit que dans trente jours, il sera monstrueusement assassiné et prononcera son nom avant de mourir. Miriam avait abandonné l’idée d’essayer de sauver les gens : cela ne faisait que précipiter leur mort. Pourtant, elle va devoir essayer…

Edition : Eclipse Panini Books

 

Mon avis : Bon j’avoue, parfois devant un cycle de fantasy urbaine, j’ai du mal à résister. J’ai un petit faible pour ce genre qui, certes je le sais, ne révolutionnera pas le système ni ne me retournera le cerveau de grandes idées, mais offre régulièrement des univers riches, des intrigues entrainantes et des personnages intéressants. La série Miriam Black, j’avoue je me suis rapidement laissé tenter par sa couverture, illustrée par Joey Hi-fi qui a déjà « sévit » sur les couvertures de Lauren Beukes, que je trouve franchement réussie. Ajouter a cela un résumé assez intrigant dans sa mythologie et ses pouvoirs, il n’a donc pas mit longtemps avant de rejoindre ma PAL. Après, il a bien entendu trainer, autant par une PAL trop grande que par le fait qu’Eclipse ait changé sa ligne éditoriale, se centrant sur les zombies, ce qui a eu pour conséquences d’abandonner un peu tout le reste. Si jamais je me retrouvais fasciné par cette série, la suite devrait être lue obligatoirement en VO.

Mais alors, qui est donc Miriam Black ? Il s’agit d’une jeune fille qui possède un don étrange, dès qu’elle vous touche elle voit votre mort. Le soucis c’est qu’elle a un rendu très visuel, limite cinématographique, de cette mort ce qui a quand même pour effet de la traumatiser légèrement. Son don est donc devenu une malédiction qu’elle traîne comme elle peut et dont elle se sert aussi pour survivre. Sauf que Miriam va voir sa vie changer le jour où elle va rencontrer Louis, chauffeur de camion. En effet Louis va mourir assassiner dans un mois et juste avant de décéder il va l’appeler elle. Disons le tout de suite, sans dire que ce roman est mauvais, loin de là, il n’a pas non plus réussi à complètement m’emballer. J’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un premier tome avec des idées intéressantes, quelques fulgurances, mais le tout trop coincé dans un premier tome d’introduction et traité de façon un peu trop simpliste pour clairement réussir son pari et marquer. Attention un tome d’introduction ça ne me dérange pas, le premier tome de Dresden remplit clairement cet aspect pourtant j’adore la série, car il remplit ce que j’attendais de lui. Là avec Miriam Black j’ai eu le sentiment que cela manquait de densité et de complexité au profit du rythme ce qui est parfois frustrant.

Premier point que je considère comme positif du roman c’est, comme je viens de le dire, le rythme du récit. L’auteur n’y va pas par quatre chemins, c’est direct, percutant et un minimum entrainant pour nous happer facilement dans son récit. Les péripéties s’enchaînent vite et bien pour qu’on se laisse ainsi emporter par les aventures de notre héroïne. La construction du récit en deux parties, la première étant l’intrigue développée sur Louis le camionneur et la seconde où on retrouve notre héroïne en pleine interview qui raconte son passé, offre une alternance intéressante, alternant action avec des passages plus calmes et fait qu’on se retrouve à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus, que ce soit sur la façon dont elle va gérer la vision avec Louis comme sur son passé qui parait trouble. Le style de l’auteur, sans non plus se révéler des plus transcendant, s’avère simple et efficace, ce qui colle parfaitement au récit et à ce qu’il cherche à construire. Au final l’avantage de ce Blackbird et qu’il se lit assez rapidement et sans véritable grosses anicroches qui m’auraient complètement déconnecté du récit. On est ainsi clairement dans de la Fantasy urbaine pop-corn entraînante et vivante avec une ambiance très sombre, très sanglante qui fait qu’il n’est peut-être pas à mettre dans toutes les mains, mais qui apporte un plus à l’ensemble selon moi.

Autre point intéressant, il vient de ce que développe l’auteur au niveau de son univers, et principalement du pouvoir de notre héroïne. On n’est pas franchement dans le pouvoir qui va changer le monde ou bouleverser les forces, car finalement Miriam ne fait que voir la futur mort de chacun dès qu’elle les touche. Et le pire c’est que le destin paraît figé et il serait impossible de changer tout cela. Je trouve l’idée originale et intéressante, même si l’auteur l’a parfois mal amené, mais j’y reviendrais, et le dernier quart offre une évolution intéressante et amène quelques concepts ouverts qui me donnent très envie d’en découvrir plus sur son fameux don et ces conséquences. L’auteur offre aussi une espèce d’image de fond cynique et décalé avec les deux tueurs qu’on croirait par moment sorti d’un film de Tarantino dans leurs dialogues et qui sont clirement intéressants à découvrir, même si là aussi tout n’est pas parfait et j’y reviendrai plus tard. Dernier point intéressant, l’héroïne elle-même, ou plutôt sa façon de gérer son pouvoir ainsi que son évolution. On la découvre ainsi au fil des pages, présentant un personnage fort et qui pourtant paraît brisé à l’intérieur. D’une certaine façon elle a réussi un minimum à me toucher dans ses blessures et sa façon de les gérer, même si par d’autres aspects elle m’a frustré.

D’ailleurs venons maintenant aux différents points qui ont fait que je suis au final ressorti de ma lecture avec un sentiment mitigé. Déjà si on reprend l’héroïne, l’auteur s’est clairement lancé dans un personnage badass, violent et elle jure comme un charretier. Certes ça change, mais il faut trouver le juste milieu sous peine de se perdre, ce que n’a pas réussi l’auteur. A force d’insulter à tout va je me suis légèrement désintéressé d’elle, surtout que parfois on sent que l’auteur a juste envie de tenter de choquer le lecteur pour montrer sa différence, ce qui est inutile et je trouve n’apporte rien. J’ai aussi trouvé que la voix de Myriam était par moment trop « mec », vous savez cette envie qu’à un auteur de vouloir mettre une héroïne, mais qui a du mal à en faire autre chose qu’un « mec » déguisé. Ensuite, si je reviens sur l’univers, on apprend qu’on ne peut pas changer le destin. La mort est écrite et Miriam ne peut rien y faire. Pour cela l’héroïne va, à un moment, nous conter la seule fois ou elle a décidé de bouleverser le destin. Déjà ça commence mal, tant d’année de malédiction et ne pas tenter de déjouer le destin plus d’une seule fois, il y a un soucis, surtout que ça ne colle pas complètement avec le tempérament de l’héroïne. Ensuite sa tentative, je l’ai trouvé clairement foireuse. Je ne dirai rien pour éviter de trop en dévoiler, mais franchement entre tenter ce qu’elle a fait ou ne rien tenter c’est du pareil au même. Et donc au final elle se base sur sa seule tentative foireuse et stupide pour considérer que le destin est figé, franchement plus de développement n’aurait pas été du luxe, surtout que cette information est capitale dans les révélations finales.

Autre point qui m’a un peu frustré, c’est que notre héroïne va se retrouver coincé dans un imbroglio avec des gens plus que douteux, car elle est forcée d’aider à enrichir le mauvais gars. Par forcer je n’entends pas physiquement ni psychologiquement, car Miriam a clairement le dessus, mais plus car notre « mauvais garçon » l’entraîne dans ses emmerdes sinon il va tout dire du don et de la vie de Miriam à sa mère. Vraiment ? On en est encore là ? Fais ce que je te dis sinon je vais tout raconter à ta maman ? Surtout que bon la relation entre l’héroïne et sa mère c’est loin d’être du beau fixe, même si je ne doute pas qu’elle n’ait pas envie de la blesser encore plus elle est assez intelligente pour se rendre compte que ce chantage est foireux. J’ai eu un peu de mal à l’avaler celle-là. J’ai aussi trouvé que beaucoup de points sont juste esquissés, je reviens justement sur nos deux tueurs qui dans leurs caractères, leurs complémentarités et leurs charismes possèdent ce petit truc, mais qui auraient mérité un peu plus de travail pour passer de potentiel intéressant à personnages secondaire marquants. Il y a ainsi quelques passages qui tombent un peu à plat tant ils sont traités de façon trop succinctes et rapides. Enfin dernier point, ce premier tome sent trop le tome d’introduction, celui qui est juste là comme présentation avec une petite intrigue gentillette et qui ne vaut que par ses révélations finales explosives pour donner envie de plonger dans sa suite. On sent que le second tome va être complètement différent. Au final pour résumé un premier tome plutôt moyen, avec du potentiel et un dernier quart explosif. Je ne serais pas contre lire la suite, mais elle ne fait pas partie de mes priorités.

En Résumé : Au final je dois bien avouer que je ressors de ma lecture de ce Blackbird avec un sentiment mitigé. Je n’ai pas trouvé ce premier tome complètement mauvais, il possède un potentiel intéressant, quelques fulgurances et un dernier quart explosif et efficace dans les ouvertures qu’il propose pour la suite, sauf que voilà de nombreux points ont fait que je n’ai pas non plus été complètement happé. Déjà premier point positif, l’ensemble est porté sur un rythme efficace et haletant qui fait qu’on tourne les pages facilement. L’univers et principalement le pouvoir de l’héroïne, ne manquent pas d’originalité et offrent quelques bonnes idées. L’héroïne elle-même dans son traitement s’avère plutôt efficace et touchante. Certains personnages secondaires, comme le duo d’assassins, sortent aussi un peu du lot. Sauf que voilà d’un autre côté j’ai eu le ressentiment que ce premier tome était trop introductif et que l’intrigue était traité trop rapidement et parfois même  trop simplement ou succinctement. Je pense par exemple à l’idée qu’ont ne peut changer le destin qui pour moi manque clairement de complexité et parait un peu simpliste dans son développement. Cela donne l’impression que l’héroïne n’a surtout jamais chercher à le changer ce qui est contradictoire avec son profil. Pareil pour le duo de tueur qui donnent cette impression aussi d’être présenté trop vite. Ensuite certaines avancées de l’intrigue sont un peu trop facile voir légèrement incohérentes, comme la menace que fait peser un des héros sur Miram pour la forcer à bosser avec lui. Au final un premier tome avec des idées, un final qui donne légèrement envie de lire la suite, mais rien de non plus trop marquant pour un premier tome. A voir si un jour je lis la suite.

 

Ma Note : 6/10