Catégorie : Jeunesse (Page 2 of 9)

Les Outrepasseurs Tome 1, Les Héritiers – Cindy Van Wilder

les outrepasseurs t1 les héritiersRésumé : Londres, 2013.
Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Edition : Gulf Stream Editeur

 

Mon Avis : Les Outrepasseurs sont une série jeunesse dont j’entends parler depuis un long moment maintenant, que ce soit sur le net, mais aussi grâce la Marmotte qui la possède dans sa bibliothèque. Si vous suivez ce blog vous devez savoir que je lis un peu de jeunesse, sans non plus en faire ma principale lecture. Comme j’avais un peu envie de changer « d’air » dernièrement je me suis donc décidé de tenter ma chance avec ce premier tome. A noter l’objet en lui même qui est quand même superbe, ainsi qu’une illustration couverture que je trouve très jolie.

On découvre ainsi Peter, jeune adolescent Londonien, qui en rentrant chez lui échappe à une tentative de meurtre, sauvé par un renard dont il va découvrir qu’il s’agit de sa mère. Tout va alors basculer pour lui, emmené dans le manoir d’un homme balafré, sombre et énigmatique qui va, à travers un rituel épuisant, lui dévoiler ses origines à lui et d’autres jeunes présents ainsi qu’une guerre qui couve depuis des siècles. Alors clairement ce roman n’a, dans sa construction, rien de très révolutionnaire avec un héros qui va découvrir qu’un lourd secret pèse sur lui, se trouvant au milieu d’une guerre les fés. De plus ce premier tome n’évite pas un peu le côté tome d’introduction, ne servant principalement qu’à poser les bases de sa mythologie et de cette haine entre les Outrepasseurs et les fés, mais voilà l’auteur arrive clairement à tirer le maximum de ces archétypes pour offrir un récit qui a ainsi réussi à me happer rapidement et dont j’ai eu un peu de mal à lâcher avant d’en connaître la fin.

Il faut dire que l’ensemble démarre fort avec dès le premier chapitre une tension qui se met en place d’emblée, s’accentuant lentement au fil des pages jusqu’à la révélation finale. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir, histoire d’en apprendre plus et de mieux comprendre dans quoi nous plonge l’auteur. L’autre point positif, je trouve, vient de la construction de l’intrigue qui se révèle un peu différente de ce qui se fait en roman jeunes adultes.  Cindy Van Wilder construit ainsi ici un double récit, le premier avec Peter qui va découvrir son histoire et le seconde qui vient se situer en plein Moyen-Age avec les ancêtres des Outrepasseurs et ce qui a amené à cette guerre sanglante. Notre héros n’est ainsi pas encore le centre du récit, évitant ainsi par la même occasion de trop s’imposer et de trop tomber dans l’initiation classique. L’ensemble se révèle ainsi plus qu’efficace et captivant, offrant nombreux rebondissements et de nombreuses surprises malgré une ou deux assez prévisibles. C’est d’ailleurs, je trouve, la grande force du récit ce côté percutant et entraînant.

L’univers construit par l’auteur sans non plus s’avérer révolutionnaire, se révèle tout de même plus que solide et efficace. Que ce soit dans son aspect historique comme dans son aspect mythologique on sent que l’auteur n’a rien laissé au hasard, nous offrant ainsi une construction dense et soignée. Le côté moyen-âge s’avère efficace, bien porté par un changement de style et aussi par un travail de recherche de l’auteur qui parait conséquent, rendant ainsi l’ensemble cohérent et réaliste. L’époque n’a pas non plus été choisie au hasard, la religion étant clairement un élément important de l’intrigue, offrant ainsi un parallèle, une dualité, avec les fés, présenté comme des démons, mais dont il est clair qu’ils vont se révéler plus ambigus que ce qui est dévoilé pour l’instant. L’influence de la religion n’est pas non plus anodine, dans une époque où elle s’impose plus qu’elle ne s’accepte, jugeant ce qu’elle ne reconnaît pas et où les guerres font rage. Concernant ces êtres « féériques », l’auteur nous rappelle d’ailleurs qu’ils ne sont pas obligatoirement bons à la Disney, mais offrant ainsi plus des personnages sournois, jaloux, capricieux avec des envies et des frustrations, n’ayant pas obligatoirement les mêmes prismes que les Hommes. Cela offre aussi un côté assez sombre à cet univers avec aussi son lot de répression, de violence, de haine et de souffrances tout en restant bien entendu pas non plus trop difficile, pour toucher un public vaste allant des jeunes adultes aux plus âgés, sans ainsi les dérouter.

Concernant les personnages, je ne vais pas trop m’avancer concernant ceux du présent qui ne sont finalement que peu présenté, même si cela ne m’empêche pas de les trouver intéressant dans leurs constructions et me donnant envie d’en découvrir plus dans les prochains tomes. Concernant la partie plus historique, que ce soit au niveau des humains comme des fés l’auteur construit des protagonistes qui ne manquent pas d’attraits, se révélant soignés, intéressants et qui surtout évoluent au fil des péripéties. On sent clairement que chacun d’entre ne sortira pas indemne de cette confrontation et que des choix, pas toujours faciles, vont devoir être faits. Même chez les fés rien n’est figé, on sent bien les tensions qui se dégagent, les mouvements sous-jacents de tension qui s’en dégagent offrant ainsi une certaine complexité. Je regrette par contre que certaines émotions, voir certains aspects soient un peu trop extrême, voir un peu trop caricaturaux par certains aspects. De plus je trouve que certains personnages manquent, on va dire, d’empathie ce qui fait qu’il est parfois difficile de complètement s’attacher. Oh attention, rien de non plus trop bloquant ni de trop présent, cela ne dérange en rien la lecture.

La plume de l’auteur se révèle soignée, plaisante, entraînante, nous plongeant ainsi facilement dans son récit le tout à travers un rythme tendu et haletant. Alors certes, certains points m’ont paru traité un peu trop rapidement voir facilement, mais franchement rien de non plus dérangeant tant j’ai été emporté par ce premier tome plus que solide et prenant qui donne envie d’en apprendre plus. Je n’ai plus qu’à plonger rapidement dans la suite qui m’attend déjà.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le premier tome de cette trilogie qui, certes, ne révolutionne pas le genre, mais se révèle clairement efficace et percutant pour me happer et me donner envie de tourner les pages pour en apprendre plus. Alors certes, le tome d’introduction se ressent tout de même, l’auteur posant surtout ici la mythologie, ainsi que les lignes d’intrigue, mais cela n’empêche pas l’ensemble d’offrir rebondissements et surprises, le tout sur une construction un peu différente de ce qui se fait d’habitude. En effet le récit oscille entre présent, avec Peter, et passé avec ces ancêtres et ce qui a amené à la guerre face aux fés. L’univers mis en place au fil des pages se révèle plus que solide et efficace que ce soit dans la mise en place des mythes comme le travail sur l’époque du moyen-âge qui se réveille soignée et efficace. Les personnages se révèlent vraiment intéressant à suivre, principalement dans leurs évolutions et dans leurs choix face aux péripéties qu’ils rencontrent. Je regretterai juste certains aspects un peu caricaturaux ainsi qu’un léger manque d’empathie qui fait qu’on ne s’attache jamais complètement à eux, mais rien de non plus bloquant. La plume de Cindy Van Wilder se révèle soignée, entrainante et efficace, arrivant rapidement à captiver le lecteur. Alors après certaines résolutions m’ont paru traités rapidement, mais rien de dérangeant tant j’ai été happé. Je vais rapidement lire la suite.

 

Ma Note : 8/10

Piégés – Anne Fakhouri

piegesRésumé : Samuel et Darius apprennent que leur amie Joanna est retenue prisonnière dans une pension privée. Ils décident alors d’intégrer l’établissement, un étrange château coupé du monde, et y ressentent la présence de fantômes inquiétants…
Quelques mois après Hantés, les deux héros, liés par leurs pouvoirs et l’amitié, sont confrontés dans un lieu oppressant à une horde de fantômes.

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez ce blog régulièrement ce n’est donc  pas une surprise si ce roman a rapidement terminé entre mes mains. En effet depuis ma découverte du Clairvoyage je suis devenu un inconditionnel des écrits d’Anne Fakhouri qui ne m’ont jamais déçus. Autre point qui a joué en faveur de ce Piégés, il s’agit de la suite de Hantés, roman jeunesse qui m’avait offert un bon moment de lecture (ma chronique ici) à travers une histoire haletante et intelligente de fantômes et dont la suite ne pouvait que rapidement rejoindre ma PAL. Concernant la couverture je la trouve assez réussie, nous plongeant directement dans l’ambiance.

On retrouve donc nos deux héros, Samuel et Darius, quelques mois après les aventures de Hantés, qui commencent à développer leurs dons au fil de leurs rencontres, jusqu’au jour où ils apprennent que Joanna, la petite amie de Darius, se retrouve enfermée dans un orphelinat et qu’une menace pèse sur elle. Ils vont alors tout tenter pour l’aider? Ce qui est souvent intéressant avec une suite, c’est qu’elle peut se passer des aspects trop introductifs pour clairement se lancer dans le sujet, mais là la grande réussite de ce Piégés et d’arriver à happer dès la première page le lecteur qui connait déjà les héros, tout en ne perdant pas ceux qui les découvriraient à travers ce récit. En effet on peut très bien lire ce livre sans avoir lu le premier, même si ce serait dommage, manquant ainsi certains aspects. On se retrouve alors happé dans un récit qui va se révéler haletant et sans temps morts, nous plongeant dans une sombre affaire qui n’oublie pas non plus de se révéler intelligente, remontant jusqu’à la seconde guerre mondiale, nous nous proposant des réflexions sur de nombreux sujets comme la spoliation des juifs à l’époque ou encore, j’ai trouvé, sur l’adolescence. On est ainsi captivé de la première à la dernière page, ne sachant pas ou va nous mener l’auteur, mais avec l’envie d’en apprendre plus et de découvrir ce qui va arriver à nos héros.

L’univers développé au fil du récit continue à se densifier et vient apporter surtout un début logique et des règles, que ce soit aussi bien sur les dons que possèdent Samuel et Darius, qui prennent de l’ampleur à travers leurs expériences, comme sur les fantômes. Le premier tome servait ainsi de découverte, d’introduction, ce second tome permet plutôt de fixer un cadre à l’ensemble, mais, comme je l’ai déjà dit, sans jamais non plus trop à chercher à complexifier l’ensemble pour éviter de perdre le lecteur qui découvrirait le tout en route. Le fantastique vient ainsi se coller de façon cohérente et efficace sur l’histoire et offre ainsi des nouveautés qui se révèlent claires et de nouvelles possibilités, que ce soit à travers ce roman comme par la suite, si jamais d’autres romans sont prévus. À ce monde ésotérique des plus entrainant vient aussi s’y ajouter un internat qui offre sont lot de stress et d’angoisse, et un aspect historique juste ce qu’il faut de soigné pour offrir un univers complexe et efficace.

Concernant les personnages ils se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir et à suivre aux travers de leurs aventures, même si j’ai trouvé qu’ils stagnaient un peu niveau profondeur, ce qui sans trop déranger ma lecture m’a paru légèrement dommage. On découvre par contre de nouveaux protagonistes qui viennent compenser cette légère frustration et ainsi apporter énormément de rebondissements et d’émotions à l’ensemble. Chacun des personnages, mis à part peut-être un ou deux mais c’est souhaité,  arrive ainsi à nous toucher à sa façon, se révélant souvent juste dans sa construction, dans ses réflexions et dans sa façon de réagir. J’ai par contre eu un peu de mal avec le cœur d’artichaut d’un des héros, mais rien de non plus trop bloquant.

Puis arrive la conclusion où tout s’accélère, où les révélations viennent s’accumuler et où les nombreux rebondissements viennent nous surprendre, une conclusion explosive qui se révèle clairement efficace dont mon seul regret et que j’ai eu une légère impression de trop de révélations en trop peu de pages. Je sais qu’un roman jeunesse est formaté au niveau des pages, mais là quelques pages supplémentaires auraient, selon moi, permis à l’ensemble de se révéler encore un peu plus fluide. Je regrette aussi certains passages qui m’ont paru être traité de façon légèrement trop rapide et quelques erreurs. Mais bon au final rien de véritablement dérangeant tant l’ensemble m’a paru efficace et m’a offert un bon moment de lecture.  La plume de l’auteur se révèle entrainante, efficace et rythmée happant le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher à travers une histoire rythmé. La révélation finale vient ainsi nous rappeler de façon attendue mais efficace qu’une suite et possible, que je lirai avec grand plaisir si jamais elle était publiée.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce nouveau roman d’Anne Fakhouri, suite de Hantés, qui nous offre une histoire efficace, haletante et sans temps morts, sans non plus oublier de poser une intrigue intelligente et captivante. L’univers développé tout au long du récit continue à se densifier et offre ainsi de nouvelles révélations et de nouvelles règles, que ce soit aussi bien sur les dons des héros que sur les fantômes rencontrés, auquel s’ajoute aussi une légère pointe historique des plus intéressante. Nos deux héros principaux se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir à travers leurs péripéties, même si j’ai trouvé dommage une légère stagnation au niveau de leur profondeur par rapport au premier tome. Les nouveaux personnages rencontré apportent une certaine nouveauté et se révèlent soignés. Je regrette par contre une conclusion peut-être un peu trop chargé en révélation, quelques erreurs dommageables et certains aspects un peu trop faciles ou devinables, voir traité de façon rapide, mais rien de non plus gênant tant j’ai été happé dès la première par ce récit et par la plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi efficace et entrainante. La toute dernière révélation laisse présager une suite que je lirai avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup,

Métro Z – Fabien Clavel

metro zRésumé : Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu’elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste… Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Il y a quelques semaines je me suis laissé tenter par la lecture de L’Évangile Cannibale, du même auteur, qui proposait une variation sur le thème des zombies clairement intéressante, dévoilant comme héros principaux des retraités et qui m’avait offert un très bon moment de lecture (ma chronique ici). Je me suis donc rapidement laissé tenter par son roman jeunesse, qui se situe dans le même univers et offrait un point de vue différent de cette invasion de zombies, en ayant hâte de voir comment l’auteur allait s’en sortir avec une lecture pour un public plus large. En tout cas l’illustration de la couverture nous met directement dans l’ambiance : il va falloir fuir.

Emma jeune lycéenne comme les autres, rentre chez elle avec son frère autiste dont elle s’occupe. Une explosion va alors complètement bouleverser ses plans, elle va se retrouver à fuir pour sa vie et très vite se rendre compte que les autorités ne laisse sortir personne. Pire, dans la panique elle a oublié son frère et doit alors le retrouver dans les méandres du métro avant d’espérer s’échapper. Ici, comme prévu par rapport L’Évangile Cannibale, on change complètement de décor, avec comme héroïne cette fois une lycéenne, mais aussi changement de trame, car on quitte le roman post-apocalyptique pour nous plonger au départ de la crise, au cœur même de l’incident. On se retrouve donc ainsi dans quelque chose d’assez classique sur le papier, avec la fuite en avant pour survivre de l’héroïne et ses amis, mais qui n’empêche pas à l’ensemble de se révéler plus que solide et efficace. L’auteur nous happe dès le début, nous immergeant dans l’action dès le second chapitre pour ne plus nous lâcher jusqu’à la conclusion. Le rythme est tendu et l’ambiance qui se dépeint au fil des pages est de plus en plus angoissante. Emma va devoir braver de nombreuses péripéties si elle espère s’en sortir. Le lecteur se retrouve alors à tourner les pages pour en découvrir plus et savoir ce qui va arriver aux héros.

L’univers qui se développe tout au long du récit se révèle assez efficace, nous dévoilant une France futuriste , où les médicaments sont monnaie courante et sont utilisés pour un rien, où les technologies, de plus en plus intrusives, ont évolué pas toujours en bien et où le pouvoir ne change pas et préfère se protéger que faire face à la crise. Là-dessus l’auteur développe aussi de nombreux axes de réflexions qui se révèlent efficaces, même si parfois traités de façon un peu trop simple. Il évite par contre de se mettre des limites, vis-à-vis de l’âge potentiel du lecteur, et traite de sujets d’actualités voir même de sujet graves. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la liberté de la presse qui cherche plus facilement le larmoyant ou le sensationnel, l’acceptation des autres, l’influence des classes sociales dans la vie ou encore la maladie et plus particulièrement l’autisme qui, je trouve, est bien traité, offrant des parallèles originaux et permettant au jeune lecteur de mieux appréhender cette maladie. En tout cas une image de fond efficace qui ne laisse pas indifférent. L’auteur n’oublie pas pour autant qu’il est dans un roman de zombies et offre quelques scènes bien angoissantes et glaçantes ; pour un roman jeunesse j’entends bien.

 Concernant les personnages l’effort a clairement été fait pour éviter de tomber dans une certaine caricature voir même éviter d’offrir certains archétypes des héros de récit jeunesse. En effet les protagonistes qu’on découvre au fil des pages se révèlent humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dépassé devant les évènements, mais qui n’ont d’autres choix que d’avancer s’ils veulent s’en sortir. On se retrouve ainsi à s’attacher assez facilement et rapidement à Emma, adolescente en manque de reconnaissance depuis la naissance de son frère autiste, qui face à la crise qui apparait va alors se retrouver à faire des choix, parfois d’instinct, mais qui vont la forcer à changer, à avoir un nouveau regard. Mais c’est surtout par sa relation avec son frère qu’elle arrive, je trouve, à nous toucher, son évolution tout au long du récit, nous dévoilant au fil de flashback une relation compliquée, une tension entre eux, mais dont la crise et les conséquences qui en découlent vont les aider à se rapprocher, d’une certaine façon à mieux se comprendre et s’apprécier. Il faut ajouter à cela des personnages secondaires eux aussi intéressants et qui apportent des points de vues et des réflexions différentes.

Là où j’ai légèrement coincé dans ma lecture, c’est concernant certains passages qui se révélaient, à mon goût, un peu trop facile, dont la résolution était amenée un peu trop simplement. Alors je sais bien qu’un roman jeunesse n’aura pas la même complexité qu’un livre plus adulte, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais voilà, ici, j’ai trouvé que la fin s’offrait un peu trop de deus ex machina. C’est dommage car ça rend la conclusion un peu frustrante et quelques pages de plus pour s’offrir peut-être quelques rebondissements supplémentaires aurait pu apporter quelque chose en plus. Attention ça n’enlève en rien les qualités de l’histoire qui se révèle plaisante à lire et à découvrir, juste que ça l’empêche de passer un cran au-dessus.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et arrive à facilement capter le lecteur pour ne plus le lâcher, à travers cette ambiance dans les méandres de métro assez angoissante et surprenante. À noter aussi une sorte de supplément à la fin, intégré à l’histoire, qui retrace l’historique du zombie et qui offre aussi une comparaison avec les autres être fantastiques ; certes ça n’apprendra rien au fan du genre, mais ça permettra au néophyte d’en apprendre plus et je trouve l’idée réussie. Au final un roman jeunesse qui m’a offert une lecture très sympathique et qui se lit facilement malgré une conclusion un peu facile. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce roman qui nous offre une histoire de zombies, certes classique sur la forme avec cette fuite en avant devant la catastrophe, mais qui se révèle efficace et entrainante. L’univers futuriste offert ici est solide et bien porté par de nombreuses réflexions, accessibles à tous et qui se révèlent prenantes et percutantes, que ce soit aussi bien sur la société que sur l’homme. L’auteur n’oublie pas non plus qu’il traite de zombies offrant des scènes angoissantes et une ambiance stressante ; pour un roman jeunesse j’entends bien. Les personnages évitent clairement de tomber dans la caricature ou dans l’archétype du héros jeunesse, pour se révéler humain et attachants. La relation entre Emma et son frère autiste est, je trouve, bien traité et son évolution apporte une touche sensible. Les personnages secondaires ne manquent pas aussi d’attraits et apportes des points de vues différents et intéressants. Mon principal regret viens que l’auteur s’offre, principalement sur la fin, un peu trop de facilité pour faire avancer son intrigue, rien de complètement gênant, mais un peu dommage je trouve. La plume se révèle simple et entrainante offrant, pour les jeunes et les moins jeunes, un roman de zombies agréable. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7 /10

 

Autres avis : Cornwall, Lelf, Bibliocosme, AcrO, …

 

zombies challenge

La Voie des Oracles Tome 1, Thya – Estelle Faye

la voie des oraclesRésumé : La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Église.
Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts.
Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres, voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il a fallu à peine deux romans pour me convaincre d’entrer Estelle Faye dans mon cercle des auteurs de l’Imaginaire à suivre. Que ce soit avec Porcelaine, qui revisitait avec brio les contes chinois (chronique ici), ou bien Éclat de Givre qui nous offrait une histoire post-apocalyptique fascinante et empreinte de poésie (ma chronique ), j’ai toujours passé un excellent moment de lecture avec ses livres. Par conséquent quand j’ai vu que le nouveau roman de l’auteur était proposé en partenariat sur Livraddict, j’ai décidé de tenter ma chance. Je remercie donc les éditions Scrinéo et Livraddict de m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve magnifique.

Ce récit nous plonge dans l’empire Romain qui est en fin de vie, dans une époque où la religion chrétienne impose de plus en plus sa domination en faisant reculer et disparaitre les anciennes croyances. On y découvre Thya, fille du général Sertor, une oracle, obligée de se cacher, aidée par son père, en Aquitaine. Quand son père manque de se faire assassiner et se retrouve entre la vie et la mort, elle décide de fuir, poussée par le destin, vers Brog, forteresse qui a forgé la gloire du général. Elle va alors faire des rencontres qui vont la changer. Sur le fond l’auteur ne cherche pas à révolutionner la littérature Young Adult, nous proposant ici une héroïne qui se retrouve à devoir effectuer un voyage initiatique qui va l’amener à grandir et à évoluer. Pourtant l’auteur s’en sort très bien, nous offrant une histoire plus que solide, captivante qui se révèle fluide et efficace. Alors, j’ai trouvé le démarrage légèrement haché sur les deux, trois premiers chapitres, mais très vite cette sensation disparait au profit d’un récit qui se révèle maîtrisé et prenant que l’auteur parsème de révélations, de rebondissements et de surprises qui ont fait que je me suis retrouvé à tourner les pages avec l’envie grandissante d’en apprendre plus sur les nombreux secrets qui s’y cachent.

La grande force de l’histoire vient aussi de l’univers qui est construit autour de l’intrigue. En effet, il est clairement intéressant et fascinant à découvrir. L’idée de situer le tout au 5ème siècle, en plein empire romain n’est pas anodin et se révèle, je trouve, originale. Elle permet ainsi de développer d’un côté une Rome en pleine décadence qui touche à sa fin sous les complots et les envies de pouvoir, d’y découvrir aussi la grandeur et la richesse de l’époque ; tout en offrant de l’autre côté un aspect plus sombre, qui apparait avec l’influence grandissante de l’église et du christianisme qui apporte avec lui la fin d’une liberté de culte et qui attise aussi une certaine haine, menant les gens à dénoncer sorciers et sorcières. C’est ce monde à la fois troublant, beau et pourtant loin d’être idyllique avec ses zones d’ombres qui va amener l’héroïne à se découvrir, à découvrir qui elle est vraiment et quelle est son rôle. Qui dit oracle, dit magie et mystères et on retrouve ici un aspect mythologique que j’ai trouvé solide et intéressant, nous offrant un panel d’êtres mystiques tels que les Faunes, les Ondines ou les anciens dieux, qui pour le moment restent légèrement en retrait, mais soulève de nombreuses questions intrigantes sur la suite des aventures de l’héroïne et de son rôle à jouer. Une époque qui donne vraiment envie d’être découverte. L’auteur continue aussi dans ses écrits à nous faire découvrir le monde de l’art, avec ici Enoch le maquilleur, ce qui, selon moi, apporte un plus, tout en restant cohérent avec l’ensemble du récit.

Concernant les personnages ils sont finalement plus complexes qu’on peut le croire au départ et se révèlent rapidement assez attachants. Alors certes, on y retrouve l’aspect classique dans ce genre de récit, qui va amener l’héroïne à devoir évoluer devant les évènements, à devoir quitter le monde de « l’enfance » protégé pour affronter le monde adulte qui n’est pas toujours très joyeux et glorieux, mais l’ensemble est très bien construit, amené et captivant. Ils sont au final surtout humains avec leurs besoins, leurs envies, mais aussi leurs zones d’ombres, leurs mensonges que ce soit aussi bien envers les autres que vers eux-mêmes. Entre Thya, adolescente sauvage et fière qui n’a jamais vraiment connu autre chose qu’une vie recluse dans une villa, qui va devoir traverser le pays et aussi découvrir qu’être Oracle est plus un fardeau qu’un avantage, mais aussi Enoch personnage ambigu qui derrière son masque de dragueur insouciant cache une réalité bien plus sombre, ou bien encore Mettius l’ancien soldat qui se révèle complexe et secret, chacun s’avère travaillé, soigné et l’évolution de leurs relations apparait cohérente et accrocheuse. Concernant les personnages secondaires ils ne manquent pas non plus d’attraits, loin de tout manichéisme et certains devraient sûrement être plus développés dans les prochains tomes.

Alors après cela reste un roman Young Adult avec parfois ses passages un peu simple ou traités de façon une peu trop rapide, où ses révélations amenés un peu trop facilement à mon goût, mais l.’ensemble se révèle assez plaisant et prenant pour que cela ne se ressente jamais vraiment. On se retrouve ainsi entrainé à travers les différentes régions et les différentes aventures que vont rencontrer nos héros. Le tout est aussi porté par une plume que j’ai trouvé poétique, riche et entrainante, happant assez facilement et rapidement le lecteur pour ne jamais le lâcher au travers d’un récit maîtrisé. J’attends maintenant la suite du cycle avec impatience tant la conclusion laisse de nombreux points en attente de réponses. Au final un premier tome plus qu’efficace qui m’a offert un bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire, certes classique dans les grandes lignes, mais qui se révèle maîtrisé, entrainante, solide et efficace. On est vraiment emporté par les aventures des héros, le tout dans un univers d’Empire Romain en pleine décadence qui se révèle vraiment intéressant et original avec aussi un vernis réussi de magie et de mystère. Les personnages se révèlent véritablement denses, complexes et attachants avec leurs qualités et leurs défauts, ce qui les rend vraiment humains. Alors après, comme souvent dans le Young Adult, on y retrouve certaines transitions parfois un peu rapide et certaines révélations obtenues un peu trop facilement, mais rien de non plus très dérangeant tant je me suis retrouvé emporter par ce récit. La plume de l’auteur se révèle poétique, fluide et entrainante. La conclusion laisse de nombreuses questions en attente et j’ai maintenant hâte de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lelf, Dup, Livresse des Mots, Althea54, Emyline, …

Bleu Argent – Olivier Paquet

bleu argentRésumé : Dans un futur où l’espèce humaine a gagné l’espace, chaque planète abrite une colonie dans la culture est censée se perpétuer au fil des siècles. Mais certains jeunes esprits ne peuvent s’en satisfaire…
C’est un monde isolé, un monde de contes, deux anneaux emmêlés en suspension dans l’espace : Poéia.
C’est un monde de mystères, de cette navette nommée Bleu Argent qui tourne depuis un siècle autour de l’étoile centrale, jusqu’à ces habitants qui choisissent de partir sans donner de raisons.
C’est un monde de lumières, celles qui brille dans les yeux de Lyzia, impatiente de devenir Conteuse, ou dans les rêves de son ami Joris quand il imagine voyager au milieu des étoiles.
C’est l’histoire de la rencontre entre deux légendes, celle qui habite Origine, la station à l’intérieur des anneaux, et celle du Melkine, un navire-université mythique.

Edition : L’Atalante Young Adult

 

Mon Avis : Il y a environ deux ans je me lançais dans le premier tome de la trilogie sur le Melkine d’Olivier Paquet, un cycle qui m’a offert un très bon moment de lecture avec une histoire à la fois sombre, dure, intelligente, mais aussi pleine d’espoir et touchante (Chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand j’ai vu que l’auteur avait décidé de revenir dans cet univers avec ce roman, annoncé aussi un peu plus jeunesse, je n’ai pas mis longtemps avant de l’avoir entre les mains. J’ai l’impression de me répéter, mais je trouve la couverture, illustrée par Manchu, magnifique.

Ce roman nous propose de découvrir Joris et Lyzia deux adolescents qui vivent sur Poéia et cherchent à profiter des derniers instants qu’ils peuvent avoir ensemble avant de devoir se séparer pour vivre leurs rêves. Mais rien ne va se passer comme prévu et ils vont devoir faire face à de nombreux bouleversements. L’auteur construit alors une histoire qui, dès les premiers chapitres, se révèle solide et efficace. Le lecteur se laisse clairement emporter face aux nombreuses péripéties et révélations que vont rencontrer nos héros. L’intrigue se construit d’abord lentement, telle un conte, travaillant le fond pour immerger son public avant d’accélérer le rythme au fil des pages pour aboutir à un final qui se révèle sans temps mort et explosif. Mais voilà ce qui importe surtout ici c’est surtout le chemin qui va se dévoiler. On savoure chaque instant passé avec ces héros, chaque lieu qu’ils nous font voir, chaque découverte et chaque réflexion.

Car oui, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir un texte qui se révèle intelligent, proposant ainsi plus qu’un récit divertissant, tout en offrant de l’espoir et du rêve au lecteur. Il nous propose ainsi des axes de réflexions soignés sur la vérité, la connaissance, la curiosité qui pousse parfois les gens à remettre en cause certains aspects, à vouloir évoluer, changer ce qui est figé et démodé , à réfléchir sur leur condition et tenter de mieux comprendre qui ils sont. Il nous offre aussi une explication, ou plutôt une interprétation, de l’histoire très intéressante et efficace sur l’Expansion, comment les Hommes, face à leurs folies destructrices, se sont lancés dans la conquête des étoiles. Mais comme je l’ai dit il nous propose aussi un texte plein d’ambition et de rêve, principalement cristallisés par nos deux héros ; Joris dont l’objectif est de voyager et vivre des histoires dans les étoiles à travers le Melkine et Lydia qui, elle, cherche à devenir conteuse, à se servir de sa voix et de son imagination pour faire vivre des histoires aux autres. Derrière ce livre se cache au final un récit rempli d’optimisme, qui nous rappelle que malgré toutes les incertitudes, tous les doutes ou encore les mensonges il ne faut jamais abandonner son rêve, car qui sait il se réalisera peut-être et le tout de façon touchante et sensible.

Ce qu’il y a de bien avec l’univers qui nous est proposé c’est qu’il permet, à travers les différents romans, de découvrir de nombreuses planètes toutes différentes les unes des autres, possédant leurs propres coutumes et originalités. Poéia n’échappe pas à la règle et on découvre un monde fascinant, déjà par son aspect à travers un double anneau monde rempli de mystères et de surprises qui donne envie d’être découvert, même si je trouve que l’aspect des anneaux emmêlés aurait pu être traité encore plus en profondeur. Mais là c’est plus mon côté lecteur de SF qui parle. En tout cas il s’agit d’une planète intrigante, où les contes sont au coeur de la politique ce qui offre d’ailleurs une narration où ceux-ci viennent s’insérer dans l’intrigue, ce qui, je trouve, apporte un véritable plus à l’ensemble, tout en restant fluide et cohérent. Des petites perles disséminées au milieu des pages qui se savourent avec plaisir. Mais voilà c’est aussi un monde qui n’est pas non plus que lumière, il possède aussi ses parts d’ombre et cache, comme souvent dans l’Expansion, un terrible secret ainsi que son lot de manipulations.

Concernant les personnages j’ai trouvé Lyzia et Joris profondément attachants au fil des pages, principalement à travers leur relation, qu’ils savent impossible sur la durée, suivant deux trajets différents, mais qui pourtant sont liés comme les deux doigts de la main. Une relation émouvante entre dits et non-dits de ces deux adolescents qui, au fil des pages, deviennent de plus en plus adultes, devant faire des choix et accepter. Le personnage de Virgile se révèle aussi intéressant, il remplit parfaitement son rôle de changement, de boussole qui servira à guider nos deux ado au fil de leurs aventures, un héros intelligent même s’il reste par moment un peu trop mystérieux. Concernant les autres protagonistes ils sont plus esquissés, juste ce qu’il faut pour apporter les révélations nécessaires pour faire avancer intrigue et personnages, sans non plus se révéler ennuyeux, même si j’avoue j’aurai peut-être apprécié qu’un de ces personnages soit un peu plus développé. Mais je chipote un peu, ils remplissent parfaitement leurs rôles.

Alors après, cela reste un roman qui doit aussi bien toucher les jeunes et les moins jeunes, ce qui fait que j’ai trouvé parfois que certaines révélations s’obtenaient un peu trop rapidement, mais rien de non plus bien gênant. Par contre, j’ai trouvé que la conclusion était peut-être traitée un peu trop rapidement, cette découverte finale m’a parue être acquis finalement assez facilement. Mais cela n’enlève en rien les qualités de ce livre, venant seulement de mon esprit qui aime bien, je pense, complexifier les choses.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entrainante et poétique au fil des pages, plongeant efficacement le lecteur dans l’histoire. Au final un bon roman qui peut être lu par les adolescents comme par les adultes, qui nous parle d’enfance, de magie, de conte, de rêves et d’étoiles, qui nous offre aussi des réflexions intéressantes sur la vérité et une  jolie dose d’optimisme et d’espoir, nous montrant que même si parfois tout va trop vite, que rien n’est facile il faut peut-être prendre le temps de lever les yeux au ciel pour y voir les étoiles ou bien regarder en soi pour y trouver cette petite étincelle de magie. Vous l’aurez remarqué c’est un livre qui m’a touché malgré quelques petits défauts. En tout cas je lirai sans souci d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, en plus de nous proposer une histoire efficace et entrainante, ne manque pas d’offrir des réflexions intéressantes sur l’évolution, la curiosité, la vérité ou la connaissance tout en y ajoutant une bonne dose de rêves, d’étoiles et d’espoir. La planète de Poéia se révèle fascinante et intrigante, reposant sur ses deux anneaux emmêlés en suspension et où le conte possède une place importante. Les personnages se révèlent attachants et touchants, principalement Joris et Lyzia, et nous entrainent facilement dans leurs aventures. J’aurai peut-être aimé qu’un des personnages secondaires soit un peu plus développé, mais rien de bien gênant. Par contre j’ai trouvé la conclusion traitée peut-être un peu trop rapidement, mais cela ne diminue pas les qualités du récit. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée et poétique offrant ici une narration alternée, entre histoire et contes, réussie et passionnante. Au final un très bon récit pour jeunes et moins jeunes et je lirai avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Pixel Noir – Jeanne-A Debats

pixel noirRésumé : Pixel est un adolescent solitaire et un crack en informatique. Après un grave accident, son esprit est plongé dans un Virtuel de Repos tandis que son corps est aux mains des médecins. Ce Virtuel est censé prendre la forme d’un campus universitaire dans lequel évoluent les avatars des malades, mais à son arrivée, Pixel découvre un monde sans adultes, sous la coupe d’un ado avide de pouvoir. Et ce n’est pas tout : l’environnement se détraque, il neige en plein été, les journées s’allongent démesurément… Le Virtuel de Repos est en proie à un bug qui risque d’entraîner leur vraie mort à tous.

Edition : Syros

 

Mon Avis : De l’auteur j’ai lu énormément de textes, qu’il s’agisse de romans ou de nouvelles, et j’avoue ne jamais, pour le moment, avoir été déçu, Jeanne-A Debats proposant toujours des récits captivants, entrainants et réfléchis. Pourtant je dois bien avouer que je n’avais encore jamais lu de ses écrits jeunesses, principalement dû au fait que, finalement, je me rends bien compte que j’en lis très peu. J’ai donc décidé de changer cela et je me suis rapidement laissé tenter par ce Pixel Noir, au résumé intrigant et à l’illustration de couverture accrocheuse.

Ce livre nous fait découvrir Pixel, jeune adolescent, génie en informatique et solitaire, fils de parents divorcés, rebelle s’étant fait renvoyer de plusieurs écoles, qui suite à un grave accident va être envoyé dans un virtuel de repos pour lui permettre de continuer à vivre et étudier le temps qu’il se fasse soigner, évitant aussi ainsi la douleur et les complications. Mais voilà, à son arrivée il va très vite se rendre compte que rien ne se passe comme prévu, le virtuel connait un bug et tous les occupants survivent comme ils peuvent. L’auteur cite rapidement dans le texte Sa Majesté des Mouches et ce n’est pas anodin, car elle nous fait découvrir, à travers les yeux de Pixel, une société gérée par un adolescent dictateur, qui règne sur son petit monde par la peur, la manipulation et la souffrance. Elle nous rappelle ainsi clairement que; sans ordre ni morale l’humanité se tourne souvent vers ce qu’il considère comme la survie la plus primaire, sans se soucier des règles qui ont pu exister, oubliant le vernis de civilisation qui la constitue, et peut-être même plus facilement chez un adolescent qui est encore en construction. Seule la jeune Solfé représente une certaine ancre de logique et de cohérence, mais surtout un espoir.

Là-dessus l’auteur construit une intrigue qui se révèle, certes, assez classique et légèrement linéaire, mais entrainante et menée tambour battant, mettant en scène la fuite en avant des héros qui se rendent rapidement compte que ce bug se révèle beaucoup plus problématique et dangereux que prévu. Dès les premières pages l’auteur nous happe, parfois brusquement comme par exemple avec ce premier chapitre proposant un dialogue limite perturbant entre Pixel et sa mère, mais qui vient clairement poser le personnage. On se met alors à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus,  entrainé par les différentes aventures et rebondissements que vont rencontrer nos héros. L’univers futuriste (2119) construit par l’auteur se révèle assez simple, solide et surtout réussi tout en restant assez contemporain pour ne pas perdre le lecteur. L’aspect technologique et informatique est franchement captivant et surtout on sent qu’elle s’est renseignée un minimum évitant de tomber, comme dans certains livres, dans les facilités liées à la programmation informatique, tout en restant compréhensible même pour le plus néophyte des lecteurs.

Là où le roman gagne énormément en efficacité, selon moi, c’est dans les axes de réflexion qu’il propose au fil des pages. Il va beaucoup plus loin qu’un simple divertissement, cherchant à faire réfléchir le lectorat, aussi bien jeune que moins jeune, sur des sujets importants et souvent d’actualité. Outre les aspects classiques qu’on retrouve régulièrement comme la découverte de l’amitié, de l’amour ou encore la quête initiatique, on trouve aussi d’autres sujets comme la sexualité dans son ensemble, la capacité de se positionner dans la société, l’image de soi et celle que les autres ont de nous, l’acharnement thérapeutique, la mort, le pouvoir ou encore le suicide principalement chez les jeunes. L’auteur traite aussi, mais plus en périphérie et de façon parfois juste esquissée, du principe de la famille, qui est de plus en plus compliqué entre divorce et recomposition, ou encore de l’économie de marché entre brevet et licence libre. La grande force du roman est surtout d’arriver à faire germer ces idées de façon simple, astucieuse mais pourtant réussie et percutante tout en restant subtile pour ne jamais surcharger l’ensemble. C’est intelligent, habile et cela pousse le lecteur à réfléchir sur la société tout en restant entrainant et fluide.

Concernant les personnages, ils se révèlent clairement réussis, curieux et attachants, on se reconnait d’ailleurs assez facilement, en partie, dans chacun de ces adolescents qui n’ont pas obligatoirement une vie facile et se retrouvent pourtant à devoir avancer, faire des choix, au milieu d’une population hétéroclite qui ne les comprend pas toujours. Entre Pixel, enfant de parents divorcés, aimé mais qui apprend qu’il était non désiré, qui se révèle intelligent, solitaire et ouvert, Sam qui a du mal à être accepté pour ce qu’il est, qui manque de confiance en lui ou encore Solfé qui se révèle très mystérieuse, chaque protagoniste se révèle travaillé et soigné. Même Damon, le Tyran de cet univers, est loin de tomber dans la caricature. Ce sont des héros humains qui possèdent des sentiments, des émotions des forces et des faiblesses.

Après, cela reste aussi un roman jeunesse, ce que je veux dire par là n’a rien non plus de péjoratif, mais on y retrouve une certaine facilitée dans l’évolution de l’intrigue, voir des réponses obtenues parfois un peu trop rapidement. Dans l’ensemble, mis à part peut-être une facilité vers la fin, ces reproches sont rapidement balayés tant ce livre se révèle captivant et passionnant. La conclusion que nous propose l’auteur m’a touché, je ne dirai rien pour vous laisser la découvrir, mais je l’ai trouvé émouvante, bouleversante, une fin loin de tout happy-end et qui ne m’a pas laissé indifférent.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée et entrainante au fil de la lecture, offrant ainsi un roman efficace avec son lot d’aventures et de péripéties tout en faisant réfléchir le lecteur qu’il soit jeune ou moins jeune. Je suis finalement bien content de m’être laissé tenter par ce roman et je vais, pourquoi pas, faire rentrer dans ma PAL d’autres romans jeunesse de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman jeunesse qui, au départ, n’est pas sans rappeler Sa Majesté des Mouches, qui est justement cité, avec un monde où des adolescent sont livrés à eux-mêmes, survivant sous la poigne d’un tyran. L’intrigue que construit alors l’auteur se révèle, certes classique et linéaire, mais terriblement efficace et entrainante, le tout dans un univers solide, soigné et cohérent qui donne envie d’en apprendre plus. La grande force du récit vient des axes de réflexion que l’auteur met en place tout le long du récit, offrant ainsi plus qu’un simple divertissement, un récit intelligent qui pousse à réfléchir et parfois à reconsidérer certaines choses. Les personnages sont travaillés, complexes et surtout attachants, on se reconnait facilement dans chacun d’eux. Je reprocherai juste, peut-être, quelques facilités à l’histoire, mais au final rien de dérangeant tant le tout est oublié devant la qualité du texte. La plume de l’auteur se révèle soignée, entrainante et je risque de me laisser facilement tenter par d’autres de ses récits jeunesse.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Cornwall, nymeria, etc…

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