Catégorie : Roman Contemporain (Page 1 sur 2)

Yaak Valley, Montana – Smith Henderson

yaak valley montanaRésumé : Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.
Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie. Pearl qui s’est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu’il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.
Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…

Edition : Belfond

 

Mon Avis : J’avoue, je me suis lancé dans la découverte de ce roman un peu sur un coup de tête. Le récit contemporain n’est pas obligatoirement le genre de lecture que je cherche en premier lieu, mais il m’arrive parfois d’avoir envie de sortir, on va dire, de ma zone de confort et ainsi découvrir d’autres types de romans. Pour éviter tout malentendu, par ce que je viens de dire je ne critique pas les autres genres, juste qu’il y a tellement à lire dans l’Imaginaire que, si je ne me sens pas des envies de découvertes, il est rare que je me lance dans d’autres lectures. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre au résumé que je trouvais accrocheur dans son aspect rêve brisé, je me suis rapidement laissé tenter. Je remercie donc Babelio et les éditions Belfond pour cette découverte.

Ce roman nous propose ainsi de suivre une tranche de la vie de Pete, un assistant de service social qui nous fait suivre son quotidien, nous faisant découvrir des personnages brisés par la vie. Sauf que Pete n’est pas non plus un héros stable, étant en plein divorce avec une fille en pleine fugue. Le récit suit ainsi trois fils rouges celui de Cecil jeune adolescent troublé, violent qui déteste sa mère, la famille Pearl qui a plongée dans la religion au point de limite devenir des ermites et la fugue de la fille du héros. Ce récit nous offre alors une histoire de désenchantement, il est un peu l’anti rêve américain qui nous propose une image plus nuancée, plus sombre de la grandeur des Etats-Unis. Déjà il faut remettre en place le contexte, on se situe en pleine fin des années 70, Carter va perdre sa présidence au profit de Reagan, les USA sont en pleine crise de récession, les interventions du gouvernement dans la vie des gens sont de plus en plus rejetés, l’influence de la monnaie, mais aussi de nombreuses autres problématiques. Au milieu de tout cela on suit Pete, qui essaie de faire le maximum possible le bien autour de lui, mais qui parait seul, devant couvrir un territoire immense, à tenter avec des astuces et des bouts de ficelles d’offrir un minimum de décence a des familles brisées. Alcool, drogue, folie, voilà le quotidien que rencontre notre héros.

Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. Certes il faut savoir dès le départ que ce n’est pas le livre le plus joyeux qui soit, même si une petite dose d’espoir transparait toujours, mais il s’est révélé saisissant et poignant. J’ai ainsi été rapidement captivé, attiré que ce soit par notre héros, comme par les différents personnages qu’il croise et rencontre. On est plongé dans le côté rural des USA, avec quelques passages dans des grandes villes, à la découverte de ces grands espaces, de ces petites municipalités où tout le monde se connait. Une véritable grandeur, un sentiment de liberté et de fragilité se dégage des lieux qu’on découvre. Mais c’est principalement dans le portrait des personnages que le roman gagne en intensité et en intérêt. Chaque personnage que l’on découvre est une sorte de plaie ouverte, d’image d’une société en pleine souffrance, qui crée des inégalités, des tensions, des souffrances. Celui qui ressort est bien entendu Pete, qui cherche plus à faire le bien autour de lui qu’à lui-même, lui aussi d’une certaine façon marqué par la vie et qui pourtant continue à se battre. Un héros rempli de défauts et de qualités, dont on s’attache assez rapidement et facilement.

Attention ce roman n’est nullement une critique profonde et acerbe de notre société, ce n’est pas ce que chercher l’auteur, il montre juste à travers nos héros les limites des institutions et ce qui en découle, même quand elles sont bien gérées. Chaque protagoniste est ainsi un être « unique », qu’on découvre au fil des pages dans leurs secrets, leurs tourments, leurs rêves et leurs envies. Ils sont soignés, humains et surtout intéressants à découvrir dans leurs mal-êtres comme dans leurs quelques moments de joies et de bonheurs. L’auteur nous offre aussi, comme pendant, des personnages secondaires, plus « heureux », plus terre-à-terre, comme si la stabilité d’une personne, d’une famille, dépendait de peu de choses. Le récit évite aussi tout manichéisme et tout effet guimauve ce qui est, je trouve, une bonne chose évitant de vous loir nous présenter un Pete trop parfait, ce qui est loin d’être le cas tant il traîne aussi des « casseroles ». Les différents portraits sont ainsi saisissant et nous font clairement réfléchir sur cette misère, cette souffrance et sur la cause. Ce qui m’a le plus marqué et touché c’est la famille Pearl cette lente plongée dans une folie, qui trouve ses origines dans cette époque, et dont je ne dirai rien sur eux pour éviter de trop en dévoiler.

Autre point intéressant ce sont les questions que soulève l’auteur au fil des pages que ce soit sur la notion de liberté, le pouvoir, l’argent, l’anarchie, la famille, l’enfance, la folie ou bien encore sur la collectivité, son utilité, son apport.  Certaines de ses réflexions sont tout de même très typées américaines, mais pour la majorité elles restent d’actualité et ne laisse pas indifférent. Comme par exemple concernant notre vision des autres. La principal question soulevé vient, je trouve, de notre place dans la société. Que ce soit à l’époque du livre, comme maintenant il y a toujours cette idée, ce besoin de se sentir utile sous peine de se perdre. Autre point intéressant du roman c’est qu’il ne prend  jamais parti, ne cherche jamais à nous influencer. Au final chacun y verra dedans ce qu’il a envie de voir, autant synonyme de fin que d’espoir, surtout que vu qu’il s’agit d’un roman que j’appelle « tranche de vie » il n’a pas de véritable conclusion. On s’arrête bien à un moment où beaucoup de choses se résolvent, mais la vie continue.

Après certains points m’ont tout de même légèrement dérangé dans ce récit. Le premier vient que certaines longueurs se font ressentir, principalement je trouve, dans le dernier tiers du livre. Rien de bien méchant, mais je dirai qu’une cinquantaine de pages en moins le roman aurait été encore plus percutant. Ensuite, j’ai trouvé que l’auteur cherchait peut-être un peu trop une sorte de happy end sur la fin. Certes l’ensemble est teinté d’amertume, mais voilà il cherche à trop bien faire, même si ça colle parfaitement à l’idée de seconde chance. Autre point qui pourrait déranger certains, l’aspect religieux est très présent tout le long. Pas dans le sens lourd ou ennuyeux, mais dans la vie des certains et dans l’idée de rédemption. Concernant la construction du récit j’ai bien aimé l’alternance entre le combat de Pete et des passages d’interview sur la fugue de la fille du héros. Ce jeu de questions/réponses laisse ainsi planer le doute comme s’il s’agissait du narrateur qui répondait, apportant ainsi un autre éclairage. Alors sur la fin ça m’a paru légèrement répétitif et un peu longuet, mais dans l’ensemble j’ai trouvé l’idée intéressante et efficace. La plume de l’auteur s’avère fluide, saisissante dans son travail de description et captivante. Pour un premier roman (si j’ai bien compris), il m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de plonger dans les Etats-unis du début des années 80, en pleine crise. On suit Pete, assistant de service social, qui va nous faire découvrir de nombreux portraits loin du rêve américain. On est rapidement happé par ses personnages brisés, dévoilant les limites d’un système qui, même bien géré, reste imparfait. Pete, le héros, s’avère vraiment captivant à découvrir, entre ses failles et ses envies il est loin d’être parfait mais cherche à amener du bon aux autres. Les protagonistes qui gravitent autour ne manquent pas non plus d’attraits, entre laissé pour compte et rejeté de tous ou bien ceux stables et plus heureux, il montre que le bonheur ne repose finalement sur rien. L’auteur nous fait découvrir aussi les grands espaces du Montana, à la fois fascinant offrant des décors synonyme de liberté. L’auteur n’oublie pas non plus de nous offrir de nombreuses réflexions que ce soit sur nous-même, la société, la famille, le pouvoir. Alors après je regretterai peut-être certaines longueurs, ainsi qu’une fin cherche un peu la conclusion heureuse, mais rien de vraiment gênant. La plume de l’auteur est saisissante, fluide et prenante nous plongeant facilement dans ce roman percutant et saisissant.

 

Ma Note : 8/10

Freedom – Jonathan Franzen

freedom.jpgRésumé : In his first novel since The Corrections, Jonathan Franzen has given us an epic of contemporary love and marriage. Freedom comically and tragically captures the temptations and burdens of liberty: the thrills of teenage lust, the shaken compromises of middle age, the wages of suburban sprawl, the heavy weight of empire. In charting the mistakes and joys of Walter and Patty Berglund as they struggle to learn how to live in an ever more confusing world, Franzen has produced an indelible and deeply moving portrait of our time.

Edition : Picador

 

Mon Avis : Comment j’en suis arrivé à lire ce livre, déjà j’ai beaucoup entendu parler de lui lors de sa sortie lors de la rentrée littéraire, ce livre profitant d’une forte et excellente publicité le décrivant comme un chef d’œuvre contemporain traitant le sujet d’une famille américaine. Puis j’ai décidé de l’emprunter à quelqu’un de mon entourage l’ayant acheté en VO pour premièrement, découvrir ce livre et deuxièmement, continuer à travailler mon niveau d’anglais.

Je ne vais pas tourner autour du pot, je suis sorti de ma lecture déçu et pas mal mitigé. L’auteur peut par moment nous emporter dans l’histoire de cette famille, allant du comique au tragique, nous dévoilant une société réaliste éprise de liberté et de doutes. Mais il m’a donné l’impression de remplir la moitié de son livre avec du vide, une sorte de remplissage ennuyeux, comme si l’auteur une fois les derniers mots écrits n’avait jamais relu son œuvre et effectué les découpages essentiels. On se laisse facilement emporter sur les cent premières pages puis après on alterne entre des passages qui paraissent inutiles, longs, lourds et complexes et des passages vraiment intéressants et acerbes sur la société, ses mœurs et ses coutumes.

On ne peut pas nier la qualité de l’auteur dans la création de ses personnages et dans les dialogues et les réparties qui s’avèrent souvent naturels, véridiques et actuelle. Il offre un regard vraiment intéressant sur une société égoïste, éprise de libertés sans savoir ce que cela veut dire, où l’amour a du mal à trouver sa place. Il nous offre même des critiques sur la société et l’environnement qui font réfléchir, mais voilà, à côté de cela l’auteur se perd dans trop de descriptions, d’explications et de « parlote » qui m’ont grandement paru inutiles et qui plus est, complexifient trop le texte. Imaginez l’auteur, pour présenter un personnage, va vous présenter sa famille, ses amis, leurs façons de voter, leur défauts, leurs qualités, etc.. et tout cela sur une plus d’une vingtaine de pages tout simplement pour dire « voilà pourquoi mon héros est comme ça ». Moitié moins aurait amplement suffi. C’est simple sur un livre de 705 pages j’ai l’impression que 300 auraient mérité une coupe ou au minimum une retouche complète.

Concernant les personnages on ne peut pas nier que l’auteur sait les rendre efficaces, contemporains, proche de nous et attachants. Que ce soit Patty à l’adolescence tragique qui a du mal à comprendre son rôle dans la société et qui voit sa famille se déliter et ne sait plus où va son coeur, en passant par Walter personnage au passé douloureux qui cherche à vivre une vie parfaite. Mais voilà selon moi Richard, par contre, n’est pas un des personnages les plus intéressants, on retrouve chez lui le stéréotype du rocker contestataire à midinette qui aurait fait un bon second rôle mais, ne s’impose pas en tant que protagoniste principal. En tout cas les personnages nous montrent notre société telle qu’elle est, en plein chaos, à la recherche d’illusions telle que l’amour ou la liberté.

Alors je ne nie pas les qualités de l’auteur qui possède une plume vraiment simple, efficace et qui sait nous construire une époque, nous la faire revivre et y plonger des personnages plus que convaincants et intéressants. Mais voilà tout du long l’auteur nous montre que la vie n’est pas facile, que des choix, parfois cruels sont faits tout ça pour aboutir, en conclusion, à une sorte de happy end sorti de son chapeau et dont j’ai eu beaucoup de mal à avaler. Après je ne le cache pas ma déception vient aussi sûrement de ma lecture en VO, les longueurs et lourdeurs ont fait que parfois je me perdais dans ma lecture et me retrouvais obligé de relire des passages entier ne sachant pas encore trop lire en diagonale en Anglais.

En résumé : Voilà un livre dont j’avais tellement entendu parler mais, dont je sors de ma lecture déçu. L’histoire se révèle à moitié intéressante et passionnante et à moitié plein de longueurs et de lourdeurs. C’est dommage car les personnages se révèlent vraiment captivants, proche de nous, aux personnalités complexes et le tout est porté par une plume vraiment efficace et réaliste. Mais voilà ajouté aux longueurs une fin un peu trop « happy end » sorti du chapeau de l’auteur font que je suis plutôt déçu de ma lecture. Loin du chef d’oeuvre dont j’ai tant entendu parler.

 

Ma Note : 4,5/10

1Q84 Livre3, Octobre-Décembre – Haruki Murakami

1Q84 livre 3Résumé : Ils ne le savaient pas alors, mais c’était l’unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n’être pas aux couleurs de la solitude.

 

Edition : Belfond

 

 

Mon Avis : Après deux premiers tomes qui m’avaient passionnés et captivés (chronique du Tome 1 ici, du Tome 2 ), que j’avais découvert grâce à un partenariat avec Babelio et Belfond, j’avais hâte de pouvoir me plonger dans le troisième et dernier tome de 1Q84 et de l’histoire poétique d’Aomané et Tengo, et surtout d’obtenir les réponses aux différentes questions que je me posais.

On quittait nos héros à un moment crucial, plein de tension et vital pour chacun des personnages et on les retrouve donc avec plaisir dans la continuité. Je dois dire que le début, finalement, redémarre lentement, on ressent moins la pression qu’on avait en refermant le Livre 2. L’auteur continu à explorer de façon surprenante et intéressante l’amour platonique entre nos deux héros,
mais il vient cette fois y ajouter une troisième voix, celle d’Ushikawa. Un autre point de vue sur ce monde 1Q84 qui est certes intéressant et soigné mais qui vient encore un peu ralentir le rythme de la résolution de l’histoire. Et pourtant on continue à être captiver par cette intrigue, et on tourne les pages avec envie.

Les personnages continuent à évoluer, à changer selon les épreuves qu’ils ont vécues et vivent. On sent que chacune de ces épreuves tendent à les rapprocher, petit à petit. Des personnages qui
sont vraiment humains, profonds, passionnants et attachants du début à la fin. On les sent liés les uns aux autres dans cet univers parallèle plein de magie et de mystères. Ushikawa qui prend de la consistance dans ce tome se révèle lui aussi intéressant et finalement s’intègre plutôt bien, malgré ses défauts, dans ce troisième tome.

L’auteur continue à nous conter son histoire à un rythme lent, posé emprunt de poésie et limite hypnotique, on est embarqué plus par la beauté du voyage que nous propose l’auteur que par les finalités, que va avoir ce voyage, sur les protagonistes. On est véritablement happé par cet univers et cette histoire pleine de charme, de beauté et de mystères. L’auteur joue avec fascination sur les émotions et les sentiments, que ce soit de ces personnages mais aussi celle que provoque le livre sur le lecteur. Le tout est porté par une plume véritablement onirique et fascinante, sans cette plume pleine de vie et de magie l’histoire perdrait, selon moi, pour beaucoup de son charme; elle joue sur un mélange entre réalité cru et rêve magnifique qui se révèle vraiment fascinant.

Mais voilà, je dois bien avouer, j’ai trouvé ce troisième tome un léger ton en dessous de ce que me proposait les deux premiers et de l’attente que j’en avais. Déjà je trouve que certaines longueurs se font ressentir, rien de complètement dérangeant mais on se dit que l’auteur aurai pu alléger certaines parties. De plus je reproche un peu à l’auteur d’avoir dans ce livre 3 une narration trop omnisciente qui gâche un peu certaines scènes et enlève une petite partie du mystère.

Pourtant malgré cela, une fois la dernière page tournée, j’avais envie de replonger dans cet univers fascinant qui nous offre une conclusion, certes sans surprises, mais féérique et fascinante. Par contre à ceux qui aiment les conclusion où toutes les réponses sont données, ici l’auteur garde un part de mystère, offrant à chaque lecteur son interprétation, ce que j’ai trouvé complètement adapté à l’histoire. Au final j’ai passé un bon moment avec ce livre..

En Résumé : Voilà un troisième tome qui m’a offert un bon moment de lecture, entre rêve et réalité. L’intrigue nous offrant les derniers rebondissements sur cet amour entre Tengo et Aomané, un amour magnifique et improbable. Les personnages se révèlent être denses et fascinants mais ce qui marque le plus ce livre c’est la plume de l’auteur qui est vraiment onirique, magique et fascinante. Alors oui, j’avoue, ce troisième tome m’a paru un léger ton en dessous des deux premiers avec quelques longueurs et une narration un peu trop omnisciente, mais une fois la dernière page tourné j’avais qu’une envie, retourner dans cet univers.

 

Ma Note : 7,5/10

1Q84 Livre2, Juillet-Septembre – Haruki Murakami

1Q84 livre 2Résumé : Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n’existent pas en ce monde. Mais c’est dans notre coeur, ce monde à part, qu’elles se construisent pour y vivre.
Le Livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84.
Certaines questions ont trouvé leur réponse.
D’autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu ou sommeille notre double ?
Ceux qui s’aiment ne sont jamais seuls.
Le destin de Tengo et d’Aomamé est en marche.

Edition: Belfond

 

Mon Avis : Après avoir été captivé par le premier livre, dont vous pouvez retrouver ma chronique ici, je me suis donc plongé avec envie dans ce livre deux. Je dois dire que la plume de l’auteur m’ayant pleinement convaincue j’espérais retrouver le même plaisir dans la suite de l’histoire de Tengo et Aomamé. Je remercie de nouveau Babelio et les éditions Belfond pour m’avoir permis de découvrir les deux premiers tomes de cette trilogie.

On quittait nos héros à la fin du premier tome avec pleins d’interrogations mais la certitude de ne pas se trouver en 1984 mais en 1Q84. Nos deux héros ont vu leurs vies légèrement bouleversées que ce soit par la sortie du livre que Tengo a réécrit où à cause de la nouvelle mission de Aomamé. Je me suis replongé avec envie et facilité dans ce second tome ou l’auteur à décidé de monter la pression d’un cran. On se laisse de nouveau emporter à travers cette histoire et ce monde légèrement différent du notre. Le premier tome a servi à poser les bases de l’histoire le second permet à l’auteur de le développer et de commencer à nous en expliquer les causes mais aussi les conséquences.

On a du mal à lâcher ce livre, on tourne les pages avec envie, l’envie d’en savoir plus mais aussi l’envie de connaître un peu plus nos deux héros et de connaître surtout ce qui les lient avec tant de force. L’auteur crée une véritable histoire d’amour entre eux, sincère, émouvante et passionnante alors qu’ils ne se sont pas vus depuis qu’ils étaient enfants. On sent qu’ils sont liés l’un à l’autre, qu’ils ne pourraient exister l’un sans l’autre. L’auteur arrive réellement à rendre cette histoire entre les deux héros intrigante, magique et poétique loin des mièvreries qu’on peut trouver parfois dans la littérature. L’auteur lève un peu le voile sur l’intrigue et sur ce monde, ce qui a fait dévier 1984 et les personnages, une intrigue complexe qui captive.

Les personnages changent au fil des pages, les actions qu’ils ont entreprises et surtout leurs conséquences font qu’ils évoluent dans leurs convictions mais aussi dans leurs sentiments. Cette évolution fait qu’on ne s’ennuie pas d’eux durant la lecture, on continue à s’attacher à ses personnages toujours aussi écorchés vifs de l’intérieur. Ils sont moins solitaires que dans le premier, obligé d’une certaine façon de devoir nouer contact de devoir changer leurs habitudes et la monotonie. Des personnages toujours aussi denses et parfaitement construits. Je dois aussi avouer que j’ai été fortement intrigué par « Le Leader » un personnage vraiment charismatique et intriguant malgré son côté mauvais.

Dans la continuité du Livre 1 l’auteur continue toujours à nous conter son histoire à un rythme lent et posé, come je l’ai déjà dis moi j’apprécie ce genre d’histoire, mais pour ceux qui cherchent un livre qui bouge, un livre nerveux mieux vaut passer votre chemin. L’auteur tout en travaillant son intrigue continue à développer la vie des personnages, leurs quotidiens et leurs émotions de façon prenantes à travers des descriptions vraiment soignée et captivantes. Il continue d’une certaine façon à nous offrir certaines réflexions sur la religion, la sexualité, la violence, la mort etc… et il le fait de façon discrète sans bouleverser ou imposer quoi que ce soit au lecteur.

Je reviens sur la plume de l’auteur, alors que le rythme de l’œuvre est vraiment lente, on se retrouve véritablement pris dans l’histoire et en grande partie grâce au style de Murakami. Il possède une plume vraiment pleine de poésie, fantastique et magique qui fait qu’on se retrouve happé dans ce monde 1Q84. J’ai juste un petit reproche, c’est qu’on sent par moment et légèrement qu’il s’agit d’un tome de transition, un tome où l’auteur se garde de donner toutes les réponses dans l’attente du troisième tome, mais franchement rien de véritablement dérangeant et je lirai le troisième tome avec plaisir quand il sortira.

En Résumé : Ce second livre est à la hauteur su premier commençant à dévoiler lentement l’intrigue mais aussi ce qui a plongé les personnages dans ce monde différent. L’intrigue est toujours aussi prenante et captivante, malgré la lenteur du rythme j’ai tourné les pages avec envie. Les personnages sont évoluent et se trouvent toujours aussi attachants et l’histoire qui connecte Tengo et Aomamé est vraiment surprenante. La plume de l’auteur est une des forces du livre, pleine de poésie et de magie. Mon seul petit reprocher et que par moment on sent légèrement qu’il s’agit d’un tome de transition, mais rien de bien méchant.

 

Ma Note : 8,5/10

 

 

 

1Q84 Livre1, Avril-Juin – Haruki Murakami

1Q84 livre 1Résumé : Le passé– tel qu’il était peut-être – fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent – différent de ce qu’il fut ?
Un événement éditorial sans précédent
Une oeuvre hypnotique et troublante
Un roman d’aventures
Une histoire d’amour
Deux êtres unis par un pacte secret
Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé…

Edition : Belfond

 

Mon Avis : Cela fait longtemps que j’entends parler de Haruki Murakami, de son écriture et de ses univers mais jusqu’à maintenant je n’avais encore jamais franchi le pas en me plongeant dans une de ses oeuvres. Lorsque Babelio, à travers sa dernière opération masse critique, proposait d’obtenir les deux premiers volumes de 1Q84 de l’auteur, je me suis lancé et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Belfond pour m’avoir fait découvrir cet auteur. Hommage ou pas, 1Q84 me fait penser à 1984 de Orwell.

On suit dans ce roman deux personnages, Tengo et Aomamé. L’un est écrivain et l’autre tueuse professionnelle. Les deux jeunes gens sont liés d’une certaine façon mais laquelle? Une fois entré dans le livre je dois bien avouer que j’ai eu du mal à le lâcher, l’auteur nous entrainant avec facilité dans son histoire. L’univers se dévoile lentement entre 1984 et 1Q84 et l’auteur distille ses interrogations au fil des pages poussant le lecteur à découvrir la suite pour obtenir des réponses. Les deux histoires, que ce soit celle de Tengo ou Aomamé, sont liés même si elles ne se croisent jamais vraiment, seul des lieux communs, des histoires, des expressions constituent le lien entre les deux. C’est véritablement prenant et on a envie d’en savoir plus sur eux.

L’auteur glisse le lecteur dans ce monde parallèle de façon progressive et sans à-coups, un univers au final pas si différent de celui qu’on connait, en tout cas pour le moment. Seuls quelques évènements se sont produits différemment. On a l’impression de trouver des indices à chaque chapitre nous dévoilant un peu plus l’ensemble de l’histoire. On se rend rapidement compte que quelque chose de complexe arrive, quelque chose de différent, de plus fantastique. De plus l’auteur au fil de son récit offre aussi une certaine critique et une réflexion sur notre société, principalement sur notre façon de vivre, la quête de nous même mais aussi sur la sexualité, la religion, la violence et sur les liens qu’on tisse avec les autres.

Les personnages sont vraiment passionnants, intéressants et attachants. Que ce soit Tengo ou Aomamé, ce sont des personnages solitaires n’ayant pas de véritables liens avec les gens, des héros possédants des blessures profondes qui les rendent totalement humains et qui fait qu’on s’accroche très facilement à eux. A travers cette solitudes j’avais l’impression que l’auteur nous offrait une réflexion sur notre société un peu trop égoïste, qui s’enferme de plus en plus sur elle même, et pourtant cette solitude est acceptée par nos héros, il s’agit même d’une force pour eux. Au final que ce soit les personnages principaux ou secondaires chaque personnages est soigné, travaillé mais surtout proche du lecteur qui ne peux que se passionner pour eux.

Par contre je tiens à prévenir il s’agit ici d’un roman « lent », ce qui est nullement une critique car l’auteur évite toutes lourdeurs. L’auteur prend son temps pour construire son histoire, il ne fait pas que se pencher sur l’intrigue il aime aussi nous faire suivre la vie des personnages, nous les présenter tels qu’ils sont à travers leurs habitudes, leurs façons de vivre ce qui donne à l’histoire une certaine ambiance plus réaliste et prenante mais qui déplaira aux lecteurs en quête d’action et de lectures nerveuses.

La plume de l’auteur est vraiment prenante, sensuelle et d’une certaine façon poétique, on a l’impression de suivre le cours d’un ruisseau sans aucun heurt, on se laisser bercer et plus on avance plus ce ruisseau se gonfle avec l’arrivée de nouveaux éléments qui viennent parfaitement s’intégrer au récit. J’aurai juste un petit reproche à faire, je ne sais pas si ça vient de la traduction, de l’auteur ou autres mais certains passages m’ont paru retenus voir prudes et aussi une certaine référence sociale et culturelle japonaise, que je ne possède peut être pas, dans les mœurs des personnages. Mais rien de bien dérangeant. On sort de ce Livre 1 conquis mais la tête pleine de questions dont j’espère obtenir certaines réponses dans le Livre 2.

En Résumé : Je ne connaissais pas encore Murakami mais je suis bien content de ma découverte. Un auteur à la plume sensuelle, poétique et passionnante qui nous conte une histoire à la frontière entre le réel et le fantastique qui se révèle être passionnante et intrigante. Les personnages sont vraiment bien construits et surtout profondément humains. Je regretterai juste certains passages un peu prude et aussi le fait que n’ayant peu de connaissance du Japon certains moeurs des personnages ne m’ont pas obligatoirement passionnés.

 

Ma Note : 8,5/10

 

 


 

Marina – Carlos Ruiz Zafón

marinaRésumé : Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l’énigme d’une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s’y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S’égarant dans les entrailles d’une terrifiante cité souterraine, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies.

Edition : Robert Laffont / France Loisirs

 

Mon Avis : Après être tombé sous le charme de L’ombre du Vent du même auteur, dont j’ai chroniqué le livre ici, je me suis laissé tenter par son dernier livre paru en France, Marina. Il est a noter que dans la bibliographie de l’auteur ce livre a été écrit quelques année avant L’Ombre du Vent, mais il a fallut attendre que l’auteur se fasse connaître avant de voir publier ce livre en France. La photo représentant la couverture de ce livre est plutôt jolie et appelle à la découverte du livre.

Je dois dire que l’intrigue de ce livre a un air de ressemblance avec l’Ombre du Vent; un jeune garçon va se retrouver dans un lieu insolite, une bibliothèque cimetière des livres oubliés pour L’Ombre du Vent, un cimetière pour Marina et là il va découvrir quelque chose de mystérieux, un livre écrit par un écrivain maudit pour L’Ombre du Vent, une tombe sans nom pour Marina, et cette découverte va changer sa vie. Et même si l’auteur arrive avec sa plume et son talent de conteur a nous immerger totalement dans son histoire, ce sentiment de déjà-vu reste légèrement présent. Marina est un livre moins dense d’environ 200 pages que L’Ombre du Vent ce qui rend l’histoire encore plus énergique et dynamique et la touche de Fantastique ajouté par l’auteur apporte un certain charme.

Les personnages sont terriblement attachants, denses et très bien travaillés. L’auteur sait toujours aussi bien gérer les sentiments et les interrogations de ses protagonistes surtout pour un premier amour entre nos deux héros. Certains personnages secondaires pourront passer un peu caricaturaux et pourtant ils ajoutent une certaine force à ce livre et à l’histoire. Car oui, une des grandes réussites de ce livre ce sont ses personnages qui paraissent tellement vrais. Je reprocherai peut être juste à certains personnages de ne pas céder au bon sens et de foncer tête baissée.

La plume de l’auteur est toujours aussi agréable, fluide et vivante. Il arrive a donner vie à un Barcelone toujours aussi empreint de poésie, de magnificence et de magie, une ville que j’ai de plus en plus envie d’aller visiter. Alors bien sur certains passages sont beaucoup trop prévisibles, mais voilà l’auteur arrive à nous entraîner dans son histoire à tel point qu’on  n’arrive plus à lâcher le livre; la preuve j’ai fini Marina en une journée.

Puis arrive la conclusion, une fin déchirante, émouvante et bouleversante qui devrait en faire pleurer plus d’un lecteur grâce à la plume sensible et touchante de l’auteur, et ça, malgré le fait qu’on la voit arriver bien à l’avance. Alors bien sur on est loin de la réussite de l’Ombre du Vent, comme je l’ai dis le sentiment de déjà-vu persiste et certains passages sont vraiment trop prévisibles mais j’ai quand même passé un agréable moment avec ce livre. Peut être aurait-il fallu lire Marina avant L’ombre du Vent.

En Résumé : Un livre offrant un moment de lecture vraiment très agréable grâce a des personnages vraiment attachants et émouvantes et une plume fluide, vivante et nous faisant rêver. Bien sur ce roman est loin d’être parfait à cause d’un sentiment de déjà-vu avec L’Ombre du Vent ou encore certains passages trop prévisibles mais il offre un moment de lecture vraiment sympathique.

 

Ma Note : 7,5/10

Page 1 sur 2

© 2010 - 2017 Blog-o-Livre