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Récidive – Sonja Delzongle

Résumé : Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.
À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?
La confrontation est inévitable.
Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

Edition : Denoël Sueurs Froides (parution le 06/04/2017)

 

Mon Avis : J’avoue, depuis quelques semaines l’envie de me plonger dans un petit Thriller me titillait. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce roman, j’avoue je me suis assez facilement laissé tenter. Alors autant le dire tout de suite, je n’avais jamais lu aucun roman de Sonja Delzongle avant de me lancer dans la découverte de ce Récidive, même si j’en avais déjà entendu parler par les différents blogs que je suis. Vu que les romans sont indépendants les uns des autres, ça ne s’avère en rien bloquant. Puis bon situer le récit à Saint-Malo a le don de titiller ma curiosité, appréciant beaucoup cette ville.

Le roman débute avec Hannah, qui se retrouve en face de Jimmy Nash avant son exécution. Elle avait aidé à son arrestation, il souhaitait donc lui parler avant sa fin et qu’elle assiste à son exécution. Cette rencontre la perturbe d’une part par ce qu’il lui dit et d’autre part car son père va lui, bientôt être libéré de prison pour le meurtre de sa mère après 25 ans derrière les barreaux. Il avait à l’époque été arrêté grâce à son témoignage et il continue pourtant depuis à la hanter. Surtout qu’il va tout faire pour la retrouver. Alors j’avoue, une fois la dernière page tournée, je n’ai pas été complètement emporté par ce roman. Il n’est en soit pas mauvais, s’avère sympathique à lire et plutôt prenant, bien porté par un rythme soutenu et une certaine tension qui s’en dégage, mais voilà sur plusieurs points il ne m’a pas paru complètement abouti. Ou tout du moins j’en attendais plus. Je ne sais pas si c’est dû au fait que l’auteur sort un roman par an, mais voilà je trouve que certains aspects ont eu du mal à se lier et certaines révélations manquaient clairement de force la faute à un récit qui cherche un peu trop à en faire tout en s’avérant plutôt court pour tout développer. Après cela n’enlève en rien les qualités du roman, proposant une intrigue intéressante, efficace et offrant quelques bonnes idées et quelques bonnes surprises.

Il faut déjà savoir que l’auteur construit son récit sur deux lignes d’intrigues distinctes, voir même trois, même si celle que je pense est finalement plus une sous-intrigue. On se retrouve ainsi à suivre différents personnages, que ce soit Hanah, son père Erwan, mais aussi Yvan Maurice le gendarme chargé d’enquêter sur de mystérieux meurtres à Saint-Malo. Si on prend chacune de ces lignes d’intrigue, elles n’ont franchement pas réussi à me marquer de la même façon. C’est dommage, j’ai ainsi eu l’impression qu’elles avaient parfois du mal à former un ensemble cohérent. Celle qui pour moi au final est la mieux maîtrisée c’est celle concernant Erwan Kardec, qui vient d’être libéré de prison et dont l’auteur construit un personnage sombre, oppressant, dérangeant, efficace, le tout dans un climax qui s’avère entraînant et qui monte lentement en tension au fil du récit. Il apporte ainsi une bonne dose d’angoisse et de violence à ce Thriller, tout en offrant un minimum de profondeur et de mystère à ce héros pour permettre à l’ensemble d’être cohérent et intéressant. Il se dégage une véritable noirceur de ce personnage qui au final colle parfaitement à l’histoire, même si c’est vrai c’est parfois traité de façon un peu facile.

On découvre aussi dans une seconde narration Hanah, profileuse connue et reconnue qui doit ici faire face à ses démons du passé tout en devant gérer une vie privée pas simple, ce qui va lui jouer des tours. J’avoue j’ai apprécié cette ligne d’intrigue, Hanah est une héroïne intéressante, bien construite, avec un minimum de densité et de complexité pour qu’on s’attache un minimum à elle. Sa quête de vérité tout en devant gérer son boulot et sa propre vie font qu’elle va devoir évoluer et faire des choix pas toujours simples. Mon principal regret vient d’une sous-intrigue qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et m’a paru mal amené, alors qu’elle a d’une certaine façon son importance et apporter normalement une certaine tension. Mais bon rien de non plus trop bloquant. Enfin concernant la narration du gendarme Yvan Maurice c’est celle qui j’avoue m’a le moins accroché, car elle m’a paru avoir du mal à s’intégrer dans l’histoire. Elle donne en fait l’impression par moment que l’auteur à écrit deux histoires différentes. Pourtant, elle ne manque pas d’intérêt, cherchant à offrir une réflexion sur la société, l’homosexualité et le regard des autres, principalement dans le monde de la gendarmerie. Sauf que voilà cette réflexion m’a paru menée de façon un peu simpliste, de plus la sous-intrigue avec son père a eu du mal à m’accrocher, servant juste à la fin à raccorder un peu facilement différentes lignes du récit. Heureusement Yvan sort un peu du lot, construit efficacement, ce qui fait qu’on s’intéresse tout de même à minima à ce qui lui arrive. Concernant les personnages qui gravitent autour d’eux, dans l’ensemble ils sont efficaces, même si certains tombent quand même un peu dans la caricature, même si rien de très bloquant.

Je regretterai aussi certaines révélations trop facilement prévisibles, je pense principalement à la révélation finale que j’avais deviné dès la moitié du roman. Ensuite j’ai aussi trouvé que se dégageait une certaine candeur d’un ou deux chois effectués par les personnages qui ne paraissent être là que pour apporter des rebondissements. Enfin j’ai aussi l’impression que le côté un peu fantastique que cherche à faire entrer l’auteur, n’apporte pas obligatoirement grand chose au récit. Cela n’empêche pas pour autant ce roman de se révéler tout de même efficace par sa cadence et la tension qui s’en dégage, s’avérant finalement bien maîtrisé par l’auteur dans la gestion du rythme, offrant de nombreux rebondissements et de surprises qui font que je me suis quand même un minimum laissé porter, à la fois par l’enquête, mais aussi par l’évolution des principaux personnages. C’est vivant, c’est plutôt efficace ce qui fait que même si tout n’était pas parfait j’ai terminé ce roman tout de même très rapidement. La plume de l’auteur s’avère efficace, nerveuse et entraînante offrant ainsi une ambiance nerveuse à ce récit qui happe assez facilement le lecteur.

En Résumé : J’avoue je ne ressors pas complètement convaincu de la lecture de ce roman, même s’il est loin d’être mauvais, offrant un divertissement agréable, des points m’ont laissé perplexe. L’intrigue propose de suivre ainsi trois personnages Hannah l’héroïne profileuse, son père Erwan qui sort de prison après 25 ans de réclusion pour le meurtre de sa femme, et Yvan gendarme qui va enquêter sauf qu’elles n’ont pas réussi à m’accrocher de la même façon. J’ai été accroché par celle qui suit Erwan, personnage sombre, violent et plutôt bien construit, se révélant angoissant. J’ai été un peu moins captivé par celle de Hannah qui est intéressante à suivre, principalement par son héroïne, mais dont une sous-intrigue manque clairement de surprise et d’intérêt. J’ai eu du mal par contre avec la narration sur Yvan qui a du mal pour moi à se raccrocher au récit, certes elle soulève des problèmes de société, mais cela manque un peu de finesse et l’intrigue avec son père me parait manqué de complexité. Je regretterai aussi quelques facilités, une conclusion un peu prévisible ainsi qu’une légère candeur dans certaines actions des personnages. Après cela n’enlève en rien les qualités du récit, offrant une histoire efficace, plutôt percutante et bien mené sur un rythme qui monte en tension au fil des pages qui nous donne envie d’en apprendre plus. La plume de l’auteur s’avère simple, vivante et nerveuse collant parfaitement à ce thriller.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Yvan, …

Irezumi – Akimitsu Takagi

irezumiRésumé : Tokyo, été 1947. Dans une salle de bains fermée à clef, on retrouve les membres d’une femme assassinée. Son buste – lequel était recouvert d’un magnifique irezumi, ce célèbre tatouage intégral pratiqué par les yakuzas qui transforme tout corps en œuvre d’art vivante – a disparu. Le cadavre est découvert par deux admirateurs de la victime : un professeur collectionneur de peaux tatouées et le naïf et amoureux Kenzô Matsushita. La police a deux autres meurtres sur les bras : le frère de la première victime, dont le corps était lui aussi recouvert d’un irezumi, retrouvé mort et écorché, et l’amant jaloux de la jeune femme, tué d’une balle dans la tête. Frustré par leur incapacité à résoudre ces affaires, Matsushita appelle à la rescousse Kyôsuke Kamisu, dit «le Génie». Seul ce surdoué charismatique et élégant peut démasquer le psychopathe arracheur de tatouages.

Edition : Denoël Sueurs Froides (parution le 03/10/2016)
Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon

 

Mon Avis : Comme vous le savez si vous suivez régulièrement ce blog, parfois j’aime me laisser tenter par un roman plus Thriller/Policier, genre que j’ai pas mal dévoré durant mon adolescence, puis un peu laissé de côté n’y retrouvant plus trop l’intérêt premier que j’y cherchais. Cela ne m’empêche pas d’en prendre un de temps en temps et de le découvrir avec plaisir, ce qui est le cas d’Irezumi. Quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je me suis rapidement laissé tenter par l’envie de découvrir un polar Japonais, mais aussi par un résumé accrocheur. Ajouter à cela une illustration de couverture intrigante, j’avais donc hâte de découvrir ce qu’allait proposer l’auteur. A noter que ce roman a initialement été publié au Japon en 1948.

On se retrouve ainsi plonger dans une Tokyo d’après guerre. Le pays tente de se reconstruire doucement. Kinue Nomura qui possède un Irezumi, un tatouage couvrant des larges parties du corps voir la totalité, va être amenée à participer à un tournoi récompensant le meilleur tatouage. Quelques jours après elle va être retrouvée morte, démembrée, son buste contenant son tatouage volé et le tout dans une pièce fermée de l’intérieur. L’auteur nous propose ainsi un récit dans la plus pure tradition du policier à la Agatha Christie ou Sir Arthur Conan Doyle, qui met ainsi en avant plus le mystère du crime que ce que peuvent proposer les Thriller actuel qui cherchent peut-être plus à offrir une plongée dans la société actuelle avec tous ses travers et ses souffrances. Il faut le savoir, car selon vous attentes vous pourriez risquer d’être déçu. Moi les deux thèmes me plaisent bien, j’aime autant plonger dans un mystère à résoudre, que dans une tentative d’explication de la noirceur de ce monde. Alors après l’auteur a pourtant décidé de ne pas non plus offrir qu’un simple policier classique cité comme plus haut, lui offrant aussi une ambiance sombre, légèrement sanglante qui, d’une certaine façon, lui permet d’éviter ce côté trop désuet qui pourrait pourtant transparaitre. En effet la violence des crimes ne manque pas, d’une certaine façon, de détonner par rapport à la façon dont est présenté le mystère. De plus, ce roman reste, malgré qu’il ait été écrit il y a plus de 60 ans, très contemporain dans son écriture ce qui finalement le rend facilement accessible je trouve.

Concernant le mystère en lui-même, le récit nous offre quelque-chose de solide avec un meurtre en chambre close, qui va au fil des pages soulever de nombreuses questions et amener quelques suspects. Alors après tout n’est pas parfait, mais j’y reviendrai plus tard. Le récit est ainsi bien maîtrisé, entre phase de questionnements et des phases plus nerveuses qui vont amener de nouveaux éléments dans l’enquête. On tourne ainsi les pages avec un minimum de facilité et d’envie d’en apprendre plus sur ce meurtre et aussi sur les mystères qu’il soulève et sa résolution. Les personnages ne sont pas mauvais, s’avérant efficaces et solides dans leurs réflexions sur l’affaire mais aussi dans la façon de la faire avancer et évoluer, mais ils sont très typés « Policier ». Ce que j’entends par là c’est qu’ils sont construits et ne vivent quasiment que pour l’affaire ce qui a pour conséquence au final de donner l’impression qu’ils manquent de profondeur.

Cela joue obligatoirement un minimum sur l’empathie que l’on peut ressentir pour eux et cela les rend aussi un peu lisses voir un peu trop archétypaux, même si rien de non plus trop bloquant. Seul le docteur Tatouage sort du lot j’ai trouvé. Cela pourra sûrement en déranger certains qui apprécient de voir les personnages autant bosser sur l’affaire que d’offrir un travail de fond sur eux-même ainsi que sur la société. Concernant l’image de fond développé autour de l’intrigue, l’auteur nous plonge dans un Japon d’après guerre intéressant, que ce soit dans les conséquences que cela occasionne pour la population et le pays comme dans la façon dont chacun la gère. Cela aurait tout de même mérité peut-être un peu plus de densité, ne restant finalement qu’en surface. Autre point intéressant l’Irezumi et l’importance du tatouage dans le pays. En effet il a longtemps été tabou au Japon ou considéré comme un élément synonyme de mauvaises fréquentations, voir les liant au crime ou aux yakuzas. L’auteur lui offre ainsi une certaine beauté, tout en proposant une réflexion intéressante sur l’art et la culture du tatouage et la façon dont il est perçu, qui continue de raisonner un minimum avec notre société actuelle.

Pourtant quelque chose m’a tout de même dérangé avec ce roman et c’est un peu au final le risque de tout roman policier. En effet j’avais découvert une bonne partie du mystère à la moitié du roman. Gênant? pas complètement car, même si j’en connaissais l’assassin, il restait a découvrir la méthodologie utilisée pour tenter ce crime parfait, la façon dont les assassins vont être trouvés et aussi les mobiles. Maintenant cela s’est par contre révélé frustrant sur la fin quand l’auteur m’a paru un peu tirer en longueur dans son explication et ses révélations. Ensuite, l’auteur en a aussi peut-être fait un peu trop avec ce personnage qui arrive dans les dernières pages, considéré comme un génie et qui résout tout en limite quelques jours rien que grâce à son esprit brillant. Ce n’est pas illogique en soit, mais dans la façon dont s’est présenté, j’ai trouvé cela un peu « too much » on va dire et précipité. Au final j’ai tout de même passé un agréable moment de lecture avec ce roman policier qui, même s’il est loin d’être parfait, s’est révélé divertissant et entrainant bien porté par une plume simple et efficace et j’avoue je pourrai me laisser tenter par d’autres des mystères qu’il pourrait proposer.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir un policier à l’ancienne. Ce que j’entends par là c’est que l’ensemble du récit repose sur le mystère de l’assassinat et, contrairement aux thrillers actuels, ne cherche pas obligatoirement à offrir un point de vue et une réflexion sur notre société. L’ensemble est bien mené, poussant le lecteur à se poser des questions et à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur ce mystérieux assassinat ains que dans les énigmes qu’il soulève. l’image de fond de ce Japon d’après guerre s’avère intéressante à découvrir, même si, je trouve, qu’elle aurait pu être plus dense, ne restant finalement qu’en surface. Autre point intéressant, l’irezumi, ce tatouage qui est mis en avant, dévoilant finalement une certaine beauté et une certaine étrangeté. Les personnages ne sont pas mauvais, offrant une construction solide au fil des pages que ce soit dans leurs réflexions et leurs façon d’avancer, mais ne sont construits que pour l’enquête donnant ainsi l’impression de manquer un peu de profondeur. Rien de très bloquant, mais cela pourra en déranger certains. Je regretterai par contre, ce qui est le risque de chaque roman policier, d’avoir deviné une grande partie du mystère dès la moitié du roman. Cela n’est pas complètement gênant, car il restait des questions en suspens et j’avais envie de savoir comment les héros allaient faire pour résoudre l’énigme, mais c’est un peu frustrant. Principalement sur la fin quand l’auteur prend un peu trop son temps à vouloir révéler la vérité en tentant de jouer avec le lecteur. Je regrette aussi l’apparition d’un personnage surdoué, qui m’a paru mal amené. Au final, un roman plus que divertissant bien porté par une plume simple et efficace.

 

Ma Note : 7/10 

Méthode 15-33 – Shannon Kirk

methode 15-33Résumé : Imaginez une jeune fille de seize ans, enceinte et vulnérable, que l’on jette dans une camionnette crasseuse. Vous la croyez terrifiée?
Bien au contraire, elle n’est pas comme les autres, elle ne ressent aucune empathie. Un handicap qui va devenir une force redoutable : méthodique et calculatrice, elle met au point un plan d’évasion où rien n’est laissé au hasard.
Dès les premières minutes de son enlèvement, elle se focalise avec calme et détermination sur deux choses : sauver l’enfant qu’elle porte et se venger.
Sa volonté de fer et son ingéniosité seront ses meilleures armes contre la perversité de ses oppresseurs, et il ne lui restera alors plus qu’à attendre le moment idéal pour lancer son attaque.

Edition : Denoël

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que les éditions Denoël ont su m’appâter concernant ce livre grâce à une campagne de communication accrocheuse et efficace. Entre envois d’avis de recherche par courrier et d’items liés au roman, mon envie de découvrir ce livre devenait grandissante. Puis, il ne faut pas le nier, la phrase d’accroche où on nous annonce qu’elle va apprendre la peur à ses kidnappeurs avait déjà de quoi me donner envie de découvrir ce Thriller dont j’espérais son lot de tension et d’angoisse.

Le résumé du roman est simple, une jeune fille de 16 ans, enceinte, va se faire kidnapper pour lui voler son bébé. Sauf que voilà rien ne va se passer comme prévu et la victime que l’on croyait va vite démontrer qu’elle en est loin. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée, sans dire que ce roman est mauvais, loin de là, il n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’ensemble se révèle pourtant très plaisant à lire, se révélant fluide et un minimum entrainant, bien aider par un aspect très visuel, très cinématographique, qui permet de se plonger dans l’histoire facilement. L’intrigue se démarque un peu des thriller habituels, nous plongeant ainsi dans la tranche de vie d’une victime de kidnapping qui ne va pas se laisser faire. Le roman est narré à la première personne, l’héroïne revenant sur ce qui lui est arrivée des années plus tôt, ce qui permet à l’auteur de jouer habilement entre passé, présent et aussi différents personnages, différents narrateurs : l’héroïne et un agent du FBI. Cela lui permet aussi d’offrir de nombreux rebondissements et de jouer sur l’attente du lecteur, la variation de point de vue offrant ainsi quelques petits cliffhanger qui fait qu’on continue à tourner les pages pour tenter d’en apprendre plus, de savoir comment tout cela s’est achevé. L’ambiance du roman joue aussi pas mal, se révélant à la fois étrange et perturbante à souhait.

Pourtant quelques points ont fait que je n’ai jamais réussi à complètement entrer dans le récit. Déjà le premier point vient quand même d’un léger manque de tension, je trouve, pour un thriller. Vu que l’héroïne nous raconte son histoire survenue des années plus tôt, on sait déjà qu’elle a survécu, ce qui n’est pas le point le plus dérangeant à mon goût, car on peut utiliser ce genre de narration et offrir tout de même au lecteur sa dose de stress que ce soit sur les péripéties qu’elle rencontre, ou encore sur les autres personnages qui gravitent dans l’histoire ; non ce qui m’a gâché une partie de la tension c’est que l’ensemble est trop facile. Entre l’héroïne qui peut complètement se couper de ses émotions et à l’intelligence hors norme et ses kidnappeurs qui eux ont l’air d’approcher le niveau 0 de la sagacité (comme par exemple notre héroïne qui demande une télé et une radio, car elle s’ennuie et qui se voit exaucer dans la minute), bah il arrive que je ne me suis jamais inquiété pour elle. Autre point qui m’a dérangé, c’est la partie qui concerne l’agent du FBI et son enquête. Elle est, en soit, pas mauvaise, mais voilà l’ensemble m’a paru clairement traité trop rapidement et repose sur un peu trop de « chance » qu’elle en perd de son intérêt. L’auteur essaie bien de nuancer en mettant en avant qu’il arrive qu’un enquêteur possède un surplus de chance, mais là ça m’a paru un peu trop, surtout en si peu de pages ; moins de 300. Parfois en rajouter un peu permet de diluer cette veine. Enfin, ajouter à cela le fait que niveau peur, bah on reste finalement assez sage, j’avoue ça m’a légèrement frustré. Attention je ne cherche pas de sanglant ou de violence gratuite pour me faire peur, juste des passages stressant à souhait où le lecteur ce demande se qui va arriver dans les deux prochaines pages.

Concernant les personnages là aussi j’avoue que je ressors avec un sentiment ambigu, les personnages principaux qui nous sont présentés, que ce soit l’héroïne comme les deux agents du FBI, ne manquent pas de charisme et d’entrain, ce qui fait qu’il nous plonge facilement dans leurs aventures, mais voilà j’ai trouvé que certains sont trop parfaits et que l’auteur cherchait à les dessiner selon sa propre vision ce qui les rendait parfois inégaux. L’exemple le plus flagrant vient selon moi de l’héroïne, comme je l’ai dit elle peut se couper de ses émotions, mais attention elle n’est pas sociopathe, non, elle peut simplement jouer avec interrupteur dans sa tête et ainsi décider ou non de laisser filtrer ses sentiments. Alors cette idée plaira sûrement à certains, mais moi je n’ai pas accroché, j’ai eu l’impression que Shannon Kirk cherchait à vouloir rendre humaine son héroïne pour la rapprocher de nous avec juste un petit « plus ». En effet en faire une sociopathe on serait tombé dans un personnage à la Hannibal ou à la Dexter, par conséquent la frontière entre bien et mal serait devenue floue et donc par conséquent aurait influencé le lecteur de façon différente le point de vue du lecteur. On a ainsi pas le même regard ni le même ressenti concernant le message de fond entre deux « monstres » qui s’affrontent et une jeune fille qui doit lutter contre un kidnappeur ; sauf que voilà ici ça parait trop artificiel. Ajouter à cela son incroyable QI qui lui permet de tout alors qu’elle n’a que 16 ans, elle m’a ainsi donné l’impression d’être trop parfaite pour complètement m’accrocher émotionnellement. C’est un peu pareil avec l’agent du FBI, l’auteur cherche un peu trop à en faire pour nous le rendre attachant, mais ça ne marche qu’à moitié, comme cette révélation à la fin sur son passé qui m’a paru de trop. Concernant les vilains je ne reviens pas dessus, ils m’ont paru un peu trop « idiots » surtout face au personnage principal.

On pourrait ainsi croire que je sors complètement déçu de ma lecture, je vous répondrai alors que non, comme je l’ai dit l’ensemble possède des aspects positifs, comme son aspect très visuel dans ses descriptions ou encore son intrigue qui, a défaut de se révéler fascinante, possède quelque chose de vivant et d’entrainant. De plus la conclusion offre un point de vue assez intéressant, que ce soit sur la notion de justice comme la notion de condamnation, même si j’ai trouvé cela très américain. Je pense par contre que, si un jour ce livre est transposé au cinéma, l’ensemble y gagnera en percussion, certains des défauts se trouvant alors effacés. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, efficace et percutante, collant ainsi bien au récit. Au final un livre qui, je pense, plaira à ceux qui aiment les récits qui vont vite, droit au but, sans temps morts, j’avoue que si, comme moi, vous préférez un peu plus de complexité et des personnages un peu plus soignés vous risquez de moins l’apprécier, même si cela reste plaisant à découvrir.

En Résumé : J’avoue sortir de ma lecture avec un sentiment un peu mitigé, trouvant l’ensemble plaisant, mais ne répondant pas obligatoirement à mes attentes. Certes l’intrigue se révèle originale, avec cette victime qui va finalement se révéler plus intelligente, et l’ensemble se révèle entrainant et dynamique. L’aspect très visuel du récit permet une insertion assez facile et rapide dans les récit. L’auteur joue de façon habile avec la narration et les rebondissements pour faire qu’on tourne les pages facilement. Mais voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que j’avais l’impression que certains aspects étaient mal développés et surtout trop facile. L’héroïne étant tellement intelligente et les bourreaux assez idiots pour enlever une grosse partie du suspens. Concernant les personnages ils se révèlent entrainants et vivants, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur cherchait à trop en faire et surtout, l’héroïne, devant tous ses atouts et n’ayant quasiment pas de défauts est difficilement attachante. La conclusion, par contre, s’est révélée, pour moi, réussie et efficace, même si ça reste très américain. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, percutante et vive. Au final une lecture plutôt plaisante, mais loin d’être marquante.

 

Ma Note : 6/10

Lontano – Jean-Christophe Grangé

lontanoRésumé : Le père est le premier flic de France.
Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers.
La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.
Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons. Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Edition : Albin Michel

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent régulièrement mon blog, il m’arrive de temps en temps de me plonger dans un thriller, genre qui, il y a quelques années de cela remplissait mon temps lecture, et dont je continue à en lire un de temps en temps. Il y a ainsi un auteur, français, que je suis régulièrement et dont j’ai lu tous ses livres publiés, même si tous ne m’ont pas toujours complètement accrochés : Jean-Chrisophe Grangé. C’est donc sans surprise que son dernier roman a rejoint ma PAL et qu’il a assez rapidement terminé entre mes mains

On se retrouve ici à suivre le fils Morvan, Erwan, qui est envoyé, un peu forcé par son père, à enquêter sur un bizutage militaire qui aurait mal tourné. Plus l’enquête va avancer, plus on va se rendre compte que le tout va se retrouver lié à la famille Morvan et plus précisément au passé du père. On suit ainsi la famille Morvan entre enquête policière et déchirement personnel. Une chose est sûre c’est qu’on ne peut vraiment pas remettre le sens du rythme de l’auteur en cause. Dès la première page on se retrouve assez facilement et rapidement emporté par le récit qui va se révéler fluide, haletant et entrainant. L’auteur effectue aussi un peu un retour aux sources, oubliant les aspects un peu trop fantastiques de ses derniers roman pour replonger dans le thriller sombre et sanglant pure jus. L’enquête et ses nombreuses ramifications vont ainsi offrir au lecteur de nombreux rebondissements et son lot de surprises, plutôt bien amenés, ce qui fait qu’on tourne les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur ce tueur qui sévit. Un roman rempli de révélations et de manipulations, où chacun joue son propre jeu et où les vérités sont loin de se laisser découvrir. Et pourtant malgré ce sentiment positif, l’ensemble possède tout de même quelques défauts qui font qu’on est encore loin du meilleur de l’auteur, même si l’ensemble reste sympathique, mais j’y reviendrai.

Après le Japon dans son dernier roman, l’auteur décide de rester ici majoritairement en France, nous faisant ainsi voyager de Paris à la Bretagne, en passant par Marseille, le tout saupoudré de quelques souvenirs d’Afrique qui viennent y apporter une touche de mystique, de folklore et de folie assez intéressante offrant ainsi au récit un cachet un peu différent. Même si les descriptions restent finalement assez simples, on se laisse porter par les paysages et on se laisse entrainer par la course poursuite que mène notre héros. Concernant l’ambiance, comme souvent avec l’auteur on plonge dans une ambiance très sombre, légèrement angoissante et stressante, avec son lot de violence et de sang qui colle parfaitement à ce thriller et à ce tueur. Mon seul soucis c’est que l’auteur a parfois été plus inspiré, l’ambiance m’a paru par exemple plus oppressante dans d’autres romans comme par exemple La Ligne Noire ou encore Le Serment des Limbes, un peu comme si ici il tournait un peu trop sur ses acquis. Mais bon rien de non plus gênant tant l’ensemble reste tout de même plus que convaincant.

Sauf que voilà comme je l’ai dit le roman est loin d’être parfait, ou arrive à retrouver la qualité de certains des meilleurs de l’auteur. Le premier point qui m’a laissé perplexe ce sont les longueurs, franchement le roman aurait pu gagner facilement une centaine de pages en moins, je ne suis pas sûr qu’il aurait perdu au change, surtout que par moment l’intrigue stagne légèrement selon moi. Ensuite, j’avoue certains personnages à force de garder des révélations par pour eux, commençaient à se révéler légèrement dérangeant et frustrant malgré les morts qui s’accumulent. J’ai aussi trouvé que l’auteur cherchait, par moment, à trop vouloir en faire dans le sanglant et le glauque. Alors non, pas que cela me dérangeait ou que je ne le supportait pas, loin de là, juste qu’à force d’être trop clinique et sauvage je trouve que l’ambiance en pâtissait parfois légèrement. Ensuite, dernier point qui m’a laissé un sentiment légèrement mitigé ce sont les personnages.

En effet l’auteur nous offre un panel large de personnages puisqu’on se retrouve à suivre pas moins de quatre protagonistes, tous de la famille Morvan. Soucis, ils ne sont pas tous aussi intéressants à découvrir et à suivre les uns des autres. Si on prend le père et l’ainé Morvan, tous les deux flics ou anciens flics au coeur du pouvoir, ils se révèlent efficaces et entrainants. Certes ils tombent un peu dans les stéréotypes, mais l’auteur les manie assez bien pour ne pas trop le faire ressentir, ni tomber dans le facile, sauf dans certaines scènes qui cherchent à trop en faire ou en oublie un peu toute logique. Dans l’ensemble deux héros un minimum charismatique, qu’on apprécie ou qu’on déteste et qui s’imposent un minimum au lecteur offrant nervosité, tension et donnant envie d’en apprendre plus sur eux. Concernant les deux autres enfants Morvan, là par contre, j’ai vraiment eu du mal. Commençons par Loïc, le financier cocaïnomane en phase de déclin et en plein divorce qui, je trouve, n’apporte rien au récit et pire tombe dans une mauvaise caricature du trader. Concernant la soeur, Gaëlle, elle avait du potentiel dans son rôle de fille rebelle qui déteste sa famille et fait tout pour leur faire comprendre, sauf que voilà le personnage ne reste que potentiel tant elle a du mal à vraiment se développer, tombe elle aussi dans la caricature et surtout a parfois des écarts de personnalité qu’on a clairement du mal à assimiler et à comprendre. Alors après, vu que Loïc et Gaëlle ne prennent qu’à peine 1/4 du livre cela ne dérange pas non plus de trop, mais se révèle tout de même frustrant.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, énergique, efficace et vivante, ce qui fait qu’on se laisse finalement assez facilement entrainer par ce roman et cette plongée dans la traque de ce tueur. La grande surprise, pour moi, vient du fait que je ne savais pas que l’auteur avait décidé d’écrire ce récit comme, a minima, un diptyque et que la suite devrait être publiée courant de cette année. Au final un livre sympathique, qui se lit assez facilement et qui m’a donné envie de lire la suite, même si, il ne faut pas non plus se leurrer, on est loin du meilleur de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce nouveau roman de Jean-Christophe Grangé qui nous plonge dans une enquête, qui fait un peu retour au source dans la bibliographique de l’auteur. On se retrouve ainsi assez facilement happé par cette enquête qui va nous faire voyager de Paris à la Bretagne en passant par Marseille, dévoilant rebondissements, révélations, manipulations mensonges et surprises. L’ambiance se révèle clairement sombre, légèrement angoissante et sanglante, même si j’ai trouvé qu’elle était légèrement en dessous de certains des autres écrits de l’auteur. La côté Africain avec l’aspect mythologique et mystique développé apporte, je trouve, un plus à l’ensemble. Je reprocherai par contre au roman quelques longueurs, une centaine de pages en moins n’aurait pas dérangé, certains personnages qui gardaient trop de secrets enfouis plus pour gagner encore un peu de temps qu’autre chose et enfin les personnages dont je suis sorti mitigé. Car oui autant j’ai trouvé les protagonistes du père Morvan et de Erwan intéressants et bien construit, autant les personnages de Loïc et de Gaëlle m’ont paru avoir du mal à exister, tombent un peu trop dans la caricature et manquent surtout d’intérêts. La plume de l’auteur se révèle fluide, entrainante et efficace qui fait qu’on plonge facilement dans ce récit dont je lirai la suite avec plaisir.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis :

Les Deux Mondes Tome 1, Le Réseau – Neal Stephenson

les deux mondes t1 le reseauRésumé : Richard Forthrast a fui l’Iowa dans les années 1970 pour échapper à la guerre du Vietnam. Réfugié dans les Rocheuses canadiennes, il a fait fortune en important illégalement de la marijuana sur le territoire américain. Passionné de jeux vidéo, il y a ensuite investi une partie de son argent dans la société Corporation 9592, qui exploite T’Rain, un jeu en ligne au succès international. Lorsqu’un mystérieux hacker commence à rançonner les joueurs de T’Rain, une poursuite s’engage pour le démasquer. Très vite, la piste mène en Chine, là où des milliers de gold farmers jouent en permanence afin d’acquérir des artefacts de jeux vidéo, qu’ils revendent ensuite aux joueurs occidentaux. Lorsque la mafia russe, que le même hacker vient de dépouiller de dossiers brûlants, s’en mêle, la partie devient très rapidement mortelle.

Edition : Sonatine

 

Mon Avis : Neal Stephenson fait partie des auteurs que je souhaite découvrir depuis un long moment déjà, mais au lieu de me laisser tenter par ces oeuvres les plus connues comme Snow Crash ou encore le Cryptonomicon j’ai décidé de plutôt faire entrer dans ma PAL le dernier roman publié de l’auteur en France. Surtout que bon, un résumé qui propose un mélange entre Thriller, technologie et MMORPG, j’avoue j’avais envie de savoir ce que ça pouvait donner, et surtout voir comment l’auteur allait s’en sortir. Il est à noter que ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais au vu de la taille du roman après traduction la maison d’édition a décidé de le scinder en deux.

On plonge ainsi au milieu de la famille Forthrast, dont l’un des membre, Richard, est le créateur d’un des MMORPG les plus connus de la planète. Mais voilà tout va basculer le jour ou sa nièce, Zula, va disparaitre après l’apparition d’un mystérieux virus informatique dans le jeu. Je dois bien avouer que la première chose qui frappe quand on plonge dans un roman de l’auteur, c’est son sens du détail poussé. En effet le récit va se révéler extrêmement dense, que ce soit en explications, descriptions, travail sur les personnages et les lieux. Mais surtout la grande force, je trouve, est qu’il arrive par son talent de conteur a rendre l’ensemble fluide, entrainant et cohérent. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis, certains trouveront l’ensemble trop long, surtout si vous appréciez les romans courts, nerveux et percutants, mais de mon côté je n’ai jamais considéré ic le sens du détail pointu comme des lourdeurs tant j’étais emporté par le récit. Après c’est vrai que quelque fois il en fait quand même un peu trop, comme par exemple la couleur des fleurs dans une scène de fuite qui n’apporte rien, et pourtant Neal Stephenson a quand même réussi à me happer du début à la fin. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et l’envie d’en apprendre plus (pour information à tel point par moment que j’en ai loupé ma sortie de rer pour aller bosser).

Le roman se retrouve ainsi, pour moi, séparé en deux, avec une première partie qui tourne autour du virus informatique, de la liaison entre les fameux mondes virtuels et le monde réel et l’économie qui tourne autour, le tout sans d’ailleurs tomber dans le cliché ou l’absurde, qui vient ainsi poser l’histoire et se révèle vraiment intéressante, avec rebondissements et révélations. Puis, vers la moitié du livre, l’auteur va varier un peu son registre pour, on va dire, plonger dans le thriller Blockbuster avec son lot d’action, d’explosion, de fusillades et de manipulations, ce qui est franchement très sympathique, mais qui je trouve a légèrement desservi mon ressenti de lecture. Pas de quoi non plus bloquer mon intérêt pour l’histoire ou complètement me déconnecter du récit, mais voilà la première partie me laissait présager un thriller technologique un peu intimiste et me retrouver finalement devant un Blockbuster m’a légèrement perturbé, surtout que malgré tout le talent de l’auteur il ne peut éviter certains clichés un peu convenus. Un peu comme s’il cherchait à se lancer dans le cinéma Hollywoodien. Cela n’empêche pas pour autant l’intrigue de se révéler un minimum intelligente, principalement dans ses aspects liés à l’argent et aux nouvelles technologies. Je regrette par contre certaines simplicité, principalement dans la facilité dont certains personnages ont une approche de la situation parfois trop froide et cartésienne. Au final cela ne m’a pas non plus empêché de passer un assez bon moment de lecture avec cette histoire sui, finalement, m’a paru addictive, efficace et divertissante, le tout sans temps morts.

Concernant l’image de fond qui est développé tout du long, comme je l’ai dit l’auteur ne laisse rien au hasard poussant les descriptions dans les moindres détails, je ne reviendrai pas sur les qualités et les défauts que cela peut avoir pour chacun, mais on sent clairement que l’auteur ne laisse rien au hasard. Il parait s’être ainsi fortement documenté pour rendre le maximum des informations données palpables, cohérentes et surtout réalistes. On évite ainsi clairement de tomber dans certains écueils que pouvait présager un roman nous proposant terrorisme, hacker, MMORPG et geek. D’ailleurs le fait que l’auteur ai travaillé dans le milieu de l’informatique joue beaucoup dans sa capacité à présenter cet univers de façon audible et compréhensible. L’univers de T’Rain, le jeu multi-joueur, qui vient s’insérer dans l’intrigue apporte je trouve aussi quelque chose d’intéressant et de différent, permettant ainsi certaines libertés. L’auteur nous offre aussi un travail de fond sur l’économie numérique assez fascinante, avec ses forces et ses faiblesses, sans non plus la dénigrer. En tout cas de quoi me donner envie de voir comment l’auteur va continuer à mélanger les deux par la suite.

Les personnages ne sont pas non plus en reste, car tout comme le travail de fond concernant l’univers, ils se révèlent eux aussi denses, soignés et travaillés. Chaque protagoniste possède ainsi une profondeur, un passé, une histoire, des envies, des défauts ou encore des ambitions, ce qui permet de mieux les situer, les comprendre et suivre leurs aventures. On s’attache ainsi facilement à certains d’entre eux, on déteste ceux qui doivent l’être tout en les comprenant d’une certaine façon dans leurs actes et leurs conséquences ; à quelques exceptions près. Finalement le regret principal concernant les personnages vient de certains stéréotypes que l’auteur pousse parfois un peu trop, je pense principalement aux terroristes, même si j’espère plus de nuance dans le prochain tome et aussi une frontière parfois un peu trop visible entre le bien et le mal. Même s’il y a bien quelques tentatives de nuance, j’ai ainsi trouvé qu’ils étaient parfois un peu trop manichéens, mais au final si rien de non plus trop bloquant.

La plume de l’auteur se révèle dans tous les cas vraiment entrainante, fluide, efficace et vivante plongeant ainsi facilement le lecteur dans son histoire. Au final si vous cherchez un Thriller un minimum intelligent et complexe avec son lot d’action, de tension et de fusillades vous risquez d’accrocher, si vous cherchez plus que ce, là, vous risquez de ressortir déçu. Dans tous les cas de mon côté j’ai plutôt apprécié ma lecture, malgré un léger besoin d’adaptation face au basculement du récit vers le Blockbuster. Je lirai en tout la suite avec plaisir et envie de savoir comment l’auteur va gérer la suite, mais surtout je me laisserai bien tenter par d’autres de ses oeuvres.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce thriller qui nous offre une histoire où vient se mêler nouvelles technologies, terrorisme, action et tension. Ce qui marque dans ce roman c’est le sens du détail très poussé de l’auteur, cela pourra en bloquer certains, mais moi j’ai vraiment été happé par le travail de fond et les descriptions qui m’ont paru rendre l’ensemble plus vivant, surtout que l’auteur possède un talent de conteur qui fait que je n’ai que rarement ressenti des longueurs, même si, il ne faut pas le cacher, il y en a quelques unes. J’avoue par contre avoir été surpris par ce changement, vers le milieu du livre, passant d’un thriller plus intimiste à ce que je considère comme un Blockbuster, car même si l’ensemble ne reste pas mauvais, j’ai trouvé que l’auteur ne pouvait éviter certains clichés. L’image de fond développé tout du long se révèle soignée, complexe et surtout on sent que l’auteur s’est fortement documenté pour mettre en place son récit. Les personnages ne manquent pas non plus de densité, offrant ainsi des héros avec une profondeur qui fait qu’on les comprend, à quelques exceptions près. Je reprocherai par contre certains stéréotypes, principalement sur les personnages des terroristes, même si j’espère plus de nuance dans la suite. La plume de l’auteur se révèle fluide, vivante et entrainante et je lirai la suite sans problème. Au final un premier tome divertissant et efficace, qui ne se prend pas la tête avec son lot d’action et d’explosion et une histoire un minimum complexe et intelligente, si vous espérerez plus vous risquez d’être déçu.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Léa, …

Le Fil Rouge – Paola Barbato

le fil rougeRésumé : Antonio Lavezzi mène une existence solitaire et monotone depuis le jour où Michela, sa fille de treize ans, a été sauvagement assassinée. Sa femme l’a quitté, et le meurtrier n’a jamais été arrêté. Antonio travaille dans le bâtiment avec un ami d’enfance. Ce dernier lui présente inlassablement de petites amies potentielles qui ne l’intéressent pas. Lorsqu’un corps est découvert sur le chantier dont il est responsable, des éléments troublants amènent Antonio à penser que cette affaire et son histoire personnelle sont liées. Contacté par un homme mystérieux, baptisé l’Assassin, qui lui ordonne d’exécuter des criminels ayant échappé à la justice, Antonio décide d’obéir et va s’extraire peu à peu de sa torpeur et de son silence. L’Assassin semble savoir qui a tué Michela, et Antonio, pris dans une spirale meurtrière, est plus que déterminé à venger sa fille.

Edition : Denoël (paru le 05/11/2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que je ne connaissais aucun livre de l’auteur avant de me laisser tenter par ce roman. Il s’agit de son second récit publié en France, toujours dans la collection Sueur Froides des éditions Denoël. Je me suis laissé tenter par la découverte de ce roman, je l’avoue, pour son résumé que je trouvais accrocheur autant dans son aspect thriller que dans les aspects psychologiques possible et je me demandais comme l’auteur allait le traiter.

On plonge ainsi dans le quotidien millimétré d’Antonio Lavezzi qui parait vivre une vie banale, terne, mais dont on se rend très vite compte qu’il ne s’agit que d’une façade pour cacher une terrible blessure : la perte de sa fille. Sa vie va basculer le jour ou un assassin va le contacter pour l’aider à éliminer des criminels, et par les rencontres qu’il va alors faire. J’avoue avoir eu un peu de mal à démarrer la plongée dans ce thriller qui décide non pas de nous plonger dans la traque d’un tueur, mais plus dans la quête d’un père  dans une vengeance qu’on lui offre, le début se révélant très lent et répétitif, même si c’était nécessaire. Alors certes le sujet du tueur de criminels a déjà aussi été traité de nombreuses fois, que ce soit à travers des romans, des films ou encore des série TV, mais finalement malgré une introduction un peu longue, l’auteur s’en sort efficacement, nous proposant ici un récit qui ne manque pas de profondeur psychologique, tout en faisant monter la tension au fil des pages. Il faut dire que l’aspect de ce héros résigné à vivre une vie d’oubli qui se réveille peu à peu par la force des choses et des évènements et qui va ensuite commencer à douter et à se questionner sur ses actes et surtout sur son besoin de justice se révèle bien mené, intéressant et entrainant. Une fois la mise en place des personnages et l’intrigue lancée je me suis retrouvé happé par ce récit dont je tournais les pages pour en apprendre plus sur les nombreuses questions soulevées, que ce soit aussi bien morale, que celle mises en avant sur le mystère lié à l’identité de l’assassin et son but.

La grande force du roman vient ainsi de la construction de son personnage principal, de sa façon de gérer sa vie. On découvre au départ un homme qui fuit la réalité, préfère ne pas se poser de question, de vivre de façon automatique, mais très vite face aux évènements il va être forcé à changer à évoluer, à devoir se poser de nombreuses questions. L’aspect psychologique du héros joue grandement dans l’intérêt qu’on lui porte, car finalement on se rend rapidement compte qu’il est humain, à la fois demandeur de vengeance, jaloux et pourtant c’est un homme pas si mauvais que cela. Surtout que l’ensemble se révèle bien porté par une narration et principalement un rythme que j’ai trouvé maîtrisé et efficace, accentuant chaque changement de point de vue du héros par une sorte de cassure dans le tempo du récit, évitant ainsi au lecteur de trop tomber dans la répétition. On s’attache ainsi assez facilement à ce père, aux pertes qu’il a subi, à sa façon de voir les choses, de vivre sa vie, aux réflexions qu’il se fait, à son besoin de comprendre. Il se révèle aussi finalement ambigu, à la fois tueur et vertueux, se poser la question de vouloir faire le bien en faisant finalement du mal. Surtout il nous ramène, en toile de fond, à l’instantanéité de notre société dans sa façon de traiter les affaires, de ne pas prendre en compte les conséquences, mais aussi le regard qu’ont les autres sur notre héros, de le juger, vouloir le mettre dans une case. Les autres protagonistes qui gravitent autour se révèlent eux-aussi intéressant, même si parfois convenus, avec un intérêt tout particulier pour l’assassin, son côté mystérieux et ses attentes.

La conclusion gagne ainsi en intensité, jouant efficacement sur les révélations, les surprises et les rebondissements pour happer le lecteur dans un dernier tiers haletant et captivante qui, j’avoue, ne laisse pas indifférent et retourne le problème de façon intéressante poussant ainsi notre héros dans ses derniers retranchements. Alors après, je dois bien l’admettre, certains passages des révélations ont quand même manqué de force, se révélant tout de même facilement devinables et certains aspects m’ont paru ne pas apporter obligatoirement grand-chose au récit, comme les différents passages avec le chien Danko, mais rien de non plus trop dérangeant tant l’ensemble se révèle percutant, entrainant et prenant. La plume de l’auteur se révèle simple, incisive, jonglant efficacement entre la violence liée aux situations et la sensibilité liée à la psychologie du personnage principal. Au final un roman qui m’a offert un très bon moment et donné envie de découvrir le premier livre publié de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre un thriller qui, certes a un peu de mal à démarrer se révélant un peu répétitif dans ses premières pages, mais qui ensuite à réussi à me happer. L’intrigue, certes déjà-vu sur un assassin qui élimine des criminels et entraine un père en quête de vengeance, se révèle être plus que solide, jouant habilement avec les rebondissements, les révélations et les surprises, montant en tension au fil des pages, ce qui fait que le lecteur se laisse ainsi facilement entrainer par le récit qui offre aussi quelques réflexions intéressantes. Une des grandes forces du récit vient principalement du héros, qui nous dévoile une psychologie dense et soignée, se révélant finalement humain et attachant dans ses périodes de doute, de jalousie, d’envie, de vengeance et de souffrance. Les protagonistes secondaires qui gravitent autour de lui sont solides et efficaces. L’ensemble aboutit à une conclusion qui se révèle haletante et surprenante et qui ne laisse pas indifférent. Je reprocherai juste au roman certaines révélations qui se révélaient facilement devinables ainsi que certains passages qui ne m’ont pas paru apporter grand-chose au récit, mais rien de non plus trop bloquant. La plume de l’auteur se révèle simple, incisive et vivante alternant efficacement action, violence et sentiment. J’ai bien envie maintenant de lire le premier roman de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10