Catégorie : Thriller (Page 1 sur 7)

L’Homme aux Deux Ombres – Steven Price

Résumé : Londres, 1885. Une tête de femme est repêchée dans les eaux sombres de la Tamise. En charge de l’enquête, le grand détective William Pinkerton se lance sur la piste du célèbre Edward Shade, mais ce dernier lui file sans cesse entre les doigts. Pinkerton s’engouffre alors dans les bas-fonds londoniens : réverbères dans la brume, fumeries d’opium, égouts tortueux, séances de spiritisme. Il y découvre un monde d’espions, de maîtres chanteurs, d’adeptes de sectes, de voleurs à la petite semaine et de tueurs sans pitié.
Grandiose, profondément évocateur, L’Homme aux deux ombres dresse le portrait saisissant de personnages au bord de l’abîme. Plongé dans un univers de secrets et de faux-semblants, le lecteur découvre l’histoire du lien improbable entre William Pinkerton, détective de légende, et Edward Shade, l’homme le plus mystérieux de la capitale victorienne.

Edition : Denoël & d’ailleurs (parution le 09-11-2017)
Traduction : Pierre Ménard

 

Mon Avis : J’avoue, je me suis laissé tenter par ce roman sur un coup de tête, intrigué par un quatrième de couverture qui me donnait envie de le découvrir. Je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans la lecture de ce livre, qui est d’ailleurs, si je ne me trompe pas, son premier roman, Steven Price ayant publié des recueils de poésie avant L’Homme aux Deux Ombres. Concernant la couverture, illustrée par Marion Tigréat, je la trouve très sympathique même si, personnellement, j’ai un petit faible pour la couverture en VO.

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L’Essence du Mal – Luca D’Andrea

Résumé : En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’œuvre d’un humain ou d’un animal.
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération.
Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Edition : Denoël Sueurs Froides
Traduction : Anaïs Bouteille-Bokobza

 

Mon Avis : Parfois il m’arrive d’avoir envie de me plonger dans la lecture d’un petit Thriller. Il fût un temps où j’en lisais énormément, mais à force j’ai commencé à en connaître les ficelles, en définir les schémas de construction et donc par finir par être moins emporté, moins surpris par des révélations que je voyais venir. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe depuis quelques mois concernant mes attentes en Fantasy, dont le côté classique, déjà-vu, a du mal à  me captiver. Mais revenons à ce roman, il y a quelques semaines on m’a proposé de le découvrir et j’avoue, je me suis rapidement laissé tenter. Le résumé se révélant intriguant et l’illustration de couverture accrocheuse, il donc rapidement rejoint ma PAL.

Ce roman va nous faire suivre Jeremiah Salinger, l’étoile montante des réalisateurs de documentaires, qui suite à un accident va être forcé à prendre du repos dans la région de naissance de sa femme. Il va alors se trouver une obsession pour le crime de Bletterbach où trois jeunes gens, lors d’une nuit d’une tempête extraordinaire, ont trouvé la mort de façon horrible. Il va m’être compliqué d’expliquer mon ressenti avec ce roman. Dans l’ensemble il est bon, il a réussi à me captiver et à me faire tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus, mais voilà on sent sur certains aspects le premier roman. J’y reviendrai plus tard, mais il y a pour moi un soucis dans le rythme du récit et aussi dans l’envie de l’auteur. Déjà le premier point intéressant du roman c’est qu’on ne plonge pas dans une enquête effrénée à la recherche d’un tueur disparu depuis des années. Le récit est ainsi construit comme un journal, où le héros va autant prendre le temps de nous raconter qui il est, nous présenter sa vie et les difficultés qu’il rencontre, que prendre le temps d’essayer de résoudre ce mystère. C’est en partie ce qui m’a d’ailleurs accroché dans ce récit, le fait que tout ne soit pas tourné vers le mystère, mais que l’auteur prenne le temps de brosser le portrait de son héros et aussi de créer une ambiance. Certes cela pourra en déranger certains, le mystère se retrouvant parfois au second plan et le récit donnant l’impression de prendre son temps à démarrer, mais de mon côté cela ne m’a pas dérangé plus que cela.

Un des autres aspects intéressants du récit vient clairement de l’image de fond que cherche à construire l’auteur. On a clairement l’impression de se sentir transporté dans ces montagnes. En quelques mots à peine à chaque fois, il vient offrir au lecteur un background très visuel et que j’ai trouvé intéressant. Là-dessus il apporte alors un aspect historique qui ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit dans les histoires de rivalités, mais aussi dans la construction sociale qui a vu ce petit village passer d’un lieu limite en autarcie, perdant sa jeunesse qui préférait partir pour trouver un avenir, à un lieu touristique qui attire du monde. On découvre aussi un village qui, même s’il a évolué, continue à rester fermé sur lui-même, à considérer les gens venant de l’extérieur comme des étrangers. Enfin l’auteur vient y intégrer des histoires locales qui apportent un petit plus. Là où par contre j’ai eu du mal à accrocher, c’est, sans spoiler, dans l’aspect fantastique que cherche à présenter l’auteur qui m’a paru n’être amené que pour lui faire plaisir et ne pas apporter grand-chose à l’histoire. Par contre, le point le plus intéressant, pour moi, vient clairement de l’atmosphère qu’arrive à mettre en place Luca D’Andrea, on sent clairement ce côté froid, hostile, dérangeant, oppressant qui vient aussi bien des montagnes que des habitants. Cela offre quelque-chose de prenant, de limite stressant qui s’ajoute au récit et joue sur son côté prenant.

Concernant les personnages, Salinger nous offre un personnage intéressant à suivre, principalement dans sa construction. En effet l’auteur nous offre un héros qui suite à un évènement particulier va plonger dans un syndrome post-traumatique, d’où son besoin de se plonger dans ce mystère pour oublier ses terreurs. Cela lui offre ainsi une dimension particulière tout en étant finalement un protagoniste un peu lambda. Ce côté proche de vous et moi fait aussi qu’on s’identifie peut-être un peu plus facilement à lui. On découvre ainsi quelqu’un avec ses forces et ses faiblesses, sa détermination, son envie de s’en sortir. Ce qui est dommage, c’est que les personnages secondaires qui gravitent autour de lui manque quand même, à mon goût, de profondeur. Certains paraissent d’ailleurs n’être là que pour faire évoluer l’intrigue en apportant leurs révélations et limite disparaissant dans la foulée, ce qui est un peu dommage. Surtout que certains auraient pu être plus soignés comme la femme du héros ou encore son beau-père. Cela n’est en rien bloquant, mais se ressent tout de même un peu.

Quelques défauts se font tout de même ressentir avec ce roman. Le premier vient, pour moi, de l’abus de dialogue dans la construction du récit. L’auteur oublie ainsi parfois la règle du « Show, Don’t Tell » ce qui fait qu’on se retrouve avec des pavés de dialogues. Alors j’avoue, cela se ressent moins que dans certains autres romans, l’auteur jouant sur la notion de souvenir des protagonistes qui fonctionne plutôt bien, mais tout de même parfois on a juste envie de lui dire de romancé plutôt que de plonger dans des dialogues qui paraissent un peu surjoués. Ensuite il y a parfois un léger soucis de rythme, l’auteur proposant plusieurs lignes de sous-intrigue et par moment une ou deux longueurs se font ressentir. Enfin l’autre point vient justement de l’intrigue qui tourne autour du mystère des meurtres. Franchement elle est intéressante, elle collait bien au récit pourtant sur la fin Luca D’Andrea tombe dans l’excès je trouve. Le dernier chapitre cherche tellement à faire monter la tension et à vouloir offrir des révélations que j’ai trouvé qu’il en faisait trop, perdant ainsi de sa cohérence et un peu de son intérêt. Cela n’empêche pas pour autant ce récit d’offrir un bon moment de lecture sympathique et divertissant, le tout porté par une plume simple et entraînante.

En résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce thriller qui se révèle plus que divertissant. L’auteur nous fait suivre ainsi Salinger, un personnage lambda, qui pour se sortir d’un syndrome Post-traumatique, va se plonger dans le mystère de meurtres de Bletterbach. Un récit qui ne cherche ainsi pas la frénésie à tout va et le sanglant, mais qui construit à la fois un héros, une ambiance et un mystère. L’intrigue, même si quelques longueurs se font une ou deux fois ressentir,  fonctionne bien que ce soit dans sa notion de mystère que dans sa construction. Certes tout n’est pas parfait, mais il ne manque pas d’attrait. L’image de fond que construit l’auteur s’avère très prenante que ce soit dans la représentation de ce petit village montagnard, comme dans l’ambiance qu’il met à la place à la fois vaste, sauvage et aussi hostile, froid, oppressant qui colle parfaitement au récit. Le héros principal est intéressant à suivre et à découvrir à travers son évolution, nous présentant un protagoniste complexe. Ce qui est dommage c’est que les personnages qui gravitent autour de lui manquent là parfois de profondeur et certains paraissant n’être là que pour les bienfaits de l’intrigue. Alors après, c’est vrai, l’auteur abuse un peu trop des dialogues et le dernier chapitre m’a paru trop en faire en terme de révélations et tension, n’apportant pas obligatoirement grand-chose, mais je me suis quand même laissé porté par ce récit divertissant, le tout porté par une plume simple, efficace et entraînante.

 

Ma Note : 7/10

Récidive – Sonja Delzongle

Résumé : Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.
À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?
La confrontation est inévitable.
Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

Edition : Denoël Sueurs Froides (parution le 06/04/2017)

 

Mon Avis : J’avoue, depuis quelques semaines l’envie de me plonger dans un petit Thriller me titillait. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce roman, j’avoue je me suis assez facilement laissé tenter. Alors autant le dire tout de suite, je n’avais jamais lu aucun roman de Sonja Delzongle avant de me lancer dans la découverte de ce Récidive, même si j’en avais déjà entendu parler par les différents blogs que je suis. Vu que les romans sont indépendants les uns des autres, ça ne s’avère en rien bloquant. Puis bon situer le récit à Saint-Malo a le don de titiller ma curiosité, appréciant beaucoup cette ville.

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Irezumi – Akimitsu Takagi

irezumiRésumé : Tokyo, été 1947. Dans une salle de bains fermée à clef, on retrouve les membres d’une femme assassinée. Son buste – lequel était recouvert d’un magnifique irezumi, ce célèbre tatouage intégral pratiqué par les yakuzas qui transforme tout corps en œuvre d’art vivante – a disparu. Le cadavre est découvert par deux admirateurs de la victime : un professeur collectionneur de peaux tatouées et le naïf et amoureux Kenzô Matsushita. La police a deux autres meurtres sur les bras : le frère de la première victime, dont le corps était lui aussi recouvert d’un irezumi, retrouvé mort et écorché, et l’amant jaloux de la jeune femme, tué d’une balle dans la tête. Frustré par leur incapacité à résoudre ces affaires, Matsushita appelle à la rescousse Kyôsuke Kamisu, dit «le Génie». Seul ce surdoué charismatique et élégant peut démasquer le psychopathe arracheur de tatouages.

Edition : Denoël Sueurs Froides (parution le 03/10/2016)
Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon

 

Mon Avis : Comme vous le savez si vous suivez régulièrement ce blog, parfois j’aime me laisser tenter par un roman plus Thriller/Policier, genre que j’ai pas mal dévoré durant mon adolescence, puis un peu laissé de côté n’y retrouvant plus trop l’intérêt premier que j’y cherchais. Cela ne m’empêche pas d’en prendre un de temps en temps et de le découvrir avec plaisir, ce qui est le cas d’Irezumi. Quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je me suis rapidement laissé tenter par l’envie de découvrir un polar Japonais, mais aussi par un résumé accrocheur. Ajouter à cela une illustration de couverture intrigante, j’avais donc hâte de découvrir ce qu’allait proposer l’auteur. A noter que ce roman a initialement été publié au Japon en 1948.

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Méthode 15-33 – Shannon Kirk

methode 15-33Résumé : Imaginez une jeune fille de seize ans, enceinte et vulnérable, que l’on jette dans une camionnette crasseuse. Vous la croyez terrifiée?
Bien au contraire, elle n’est pas comme les autres, elle ne ressent aucune empathie. Un handicap qui va devenir une force redoutable : méthodique et calculatrice, elle met au point un plan d’évasion où rien n’est laissé au hasard.
Dès les premières minutes de son enlèvement, elle se focalise avec calme et détermination sur deux choses : sauver l’enfant qu’elle porte et se venger.
Sa volonté de fer et son ingéniosité seront ses meilleures armes contre la perversité de ses oppresseurs, et il ne lui restera alors plus qu’à attendre le moment idéal pour lancer son attaque.

Edition : Denoël

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que les éditions Denoël ont su m’appâter concernant ce livre grâce à une campagne de communication accrocheuse et efficace. Entre envois d’avis de recherche par courrier et d’items liés au roman, mon envie de découvrir ce livre devenait grandissante. Puis, il ne faut pas le nier, la phrase d’accroche où on nous annonce qu’elle va apprendre la peur à ses kidnappeurs avait déjà de quoi me donner envie de découvrir ce Thriller dont j’espérais son lot de tension et d’angoisse.

Le résumé du roman est simple, une jeune fille de 16 ans, enceinte, va se faire kidnapper pour lui voler son bébé. Sauf que voilà rien ne va se passer comme prévu et la victime que l’on croyait va vite démontrer qu’elle en est loin. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée, sans dire que ce roman est mauvais, loin de là, il n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’ensemble se révèle pourtant très plaisant à lire, se révélant fluide et un minimum entrainant, bien aider par un aspect très visuel, très cinématographique, qui permet de se plonger dans l’histoire facilement. L’intrigue se démarque un peu des thriller habituels, nous plongeant ainsi dans la tranche de vie d’une victime de kidnapping qui ne va pas se laisser faire. Le roman est narré à la première personne, l’héroïne revenant sur ce qui lui est arrivée des années plus tôt, ce qui permet à l’auteur de jouer habilement entre passé, présent et aussi différents personnages, différents narrateurs : l’héroïne et un agent du FBI. Cela lui permet aussi d’offrir de nombreux rebondissements et de jouer sur l’attente du lecteur, la variation de point de vue offrant ainsi quelques petits cliffhanger qui fait qu’on continue à tourner les pages pour tenter d’en apprendre plus, de savoir comment tout cela s’est achevé. L’ambiance du roman joue aussi pas mal, se révélant à la fois étrange et perturbante à souhait.

Pourtant quelques points ont fait que je n’ai jamais réussi à complètement entrer dans le récit. Déjà le premier point vient quand même d’un léger manque de tension, je trouve, pour un thriller. Vu que l’héroïne nous raconte son histoire survenue des années plus tôt, on sait déjà qu’elle a survécu, ce qui n’est pas le point le plus dérangeant à mon goût, car on peut utiliser ce genre de narration et offrir tout de même au lecteur sa dose de stress que ce soit sur les péripéties qu’elle rencontre, ou encore sur les autres personnages qui gravitent dans l’histoire ; non ce qui m’a gâché une partie de la tension c’est que l’ensemble est trop facile. Entre l’héroïne qui peut complètement se couper de ses émotions et à l’intelligence hors norme et ses kidnappeurs qui eux ont l’air d’approcher le niveau 0 de la sagacité (comme par exemple notre héroïne qui demande une télé et une radio, car elle s’ennuie et qui se voit exaucer dans la minute), bah il arrive que je ne me suis jamais inquiété pour elle. Autre point qui m’a dérangé, c’est la partie qui concerne l’agent du FBI et son enquête. Elle est, en soit, pas mauvaise, mais voilà l’ensemble m’a paru clairement traité trop rapidement et repose sur un peu trop de « chance » qu’elle en perd de son intérêt. L’auteur essaie bien de nuancer en mettant en avant qu’il arrive qu’un enquêteur possède un surplus de chance, mais là ça m’a paru un peu trop, surtout en si peu de pages ; moins de 300. Parfois en rajouter un peu permet de diluer cette veine. Enfin, ajouter à cela le fait que niveau peur, bah on reste finalement assez sage, j’avoue ça m’a légèrement frustré. Attention je ne cherche pas de sanglant ou de violence gratuite pour me faire peur, juste des passages stressant à souhait où le lecteur ce demande se qui va arriver dans les deux prochaines pages.

Concernant les personnages là aussi j’avoue que je ressors avec un sentiment ambigu, les personnages principaux qui nous sont présentés, que ce soit l’héroïne comme les deux agents du FBI, ne manquent pas de charisme et d’entrain, ce qui fait qu’il nous plonge facilement dans leurs aventures, mais voilà j’ai trouvé que certains sont trop parfaits et que l’auteur cherchait à les dessiner selon sa propre vision ce qui les rendait parfois inégaux. L’exemple le plus flagrant vient selon moi de l’héroïne, comme je l’ai dit elle peut se couper de ses émotions, mais attention elle n’est pas sociopathe, non, elle peut simplement jouer avec interrupteur dans sa tête et ainsi décider ou non de laisser filtrer ses sentiments. Alors cette idée plaira sûrement à certains, mais moi je n’ai pas accroché, j’ai eu l’impression que Shannon Kirk cherchait à vouloir rendre humaine son héroïne pour la rapprocher de nous avec juste un petit « plus ». En effet en faire une sociopathe on serait tombé dans un personnage à la Hannibal ou à la Dexter, par conséquent la frontière entre bien et mal serait devenue floue et donc par conséquent aurait influencé le lecteur de façon différente le point de vue du lecteur. On a ainsi pas le même regard ni le même ressenti concernant le message de fond entre deux « monstres » qui s’affrontent et une jeune fille qui doit lutter contre un kidnappeur ; sauf que voilà ici ça parait trop artificiel. Ajouter à cela son incroyable QI qui lui permet de tout alors qu’elle n’a que 16 ans, elle m’a ainsi donné l’impression d’être trop parfaite pour complètement m’accrocher émotionnellement. C’est un peu pareil avec l’agent du FBI, l’auteur cherche un peu trop à en faire pour nous le rendre attachant, mais ça ne marche qu’à moitié, comme cette révélation à la fin sur son passé qui m’a paru de trop. Concernant les vilains je ne reviens pas dessus, ils m’ont paru un peu trop « idiots » surtout face au personnage principal.

On pourrait ainsi croire que je sors complètement déçu de ma lecture, je vous répondrai alors que non, comme je l’ai dit l’ensemble possède des aspects positifs, comme son aspect très visuel dans ses descriptions ou encore son intrigue qui, a défaut de se révéler fascinante, possède quelque chose de vivant et d’entrainant. De plus la conclusion offre un point de vue assez intéressant, que ce soit sur la notion de justice comme la notion de condamnation, même si j’ai trouvé cela très américain. Je pense par contre que, si un jour ce livre est transposé au cinéma, l’ensemble y gagnera en percussion, certains des défauts se trouvant alors effacés. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, efficace et percutante, collant ainsi bien au récit. Au final un livre qui, je pense, plaira à ceux qui aiment les récits qui vont vite, droit au but, sans temps morts, j’avoue que si, comme moi, vous préférez un peu plus de complexité et des personnages un peu plus soignés vous risquez de moins l’apprécier, même si cela reste plaisant à découvrir.

En Résumé : J’avoue sortir de ma lecture avec un sentiment un peu mitigé, trouvant l’ensemble plaisant, mais ne répondant pas obligatoirement à mes attentes. Certes l’intrigue se révèle originale, avec cette victime qui va finalement se révéler plus intelligente, et l’ensemble se révèle entrainant et dynamique. L’aspect très visuel du récit permet une insertion assez facile et rapide dans les récit. L’auteur joue de façon habile avec la narration et les rebondissements pour faire qu’on tourne les pages facilement. Mais voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que j’avais l’impression que certains aspects étaient mal développés et surtout trop facile. L’héroïne étant tellement intelligente et les bourreaux assez idiots pour enlever une grosse partie du suspens. Concernant les personnages ils se révèlent entrainants et vivants, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur cherchait à trop en faire et surtout, l’héroïne, devant tous ses atouts et n’ayant quasiment pas de défauts est difficilement attachante. La conclusion, par contre, s’est révélée, pour moi, réussie et efficace, même si ça reste très américain. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, percutante et vive. Au final une lecture plutôt plaisante, mais loin d’être marquante.

 

Ma Note : 6/10

Lontano – Jean-Christophe Grangé

lontanoRésumé : Le père est le premier flic de France.
Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers.
La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.
Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons. Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Edition : Albin Michel

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent régulièrement mon blog, il m’arrive de temps en temps de me plonger dans un thriller, genre qui, il y a quelques années de cela remplissait mon temps lecture, et dont je continue à en lire un de temps en temps. Il y a ainsi un auteur, français, que je suis régulièrement et dont j’ai lu tous ses livres publiés, même si tous ne m’ont pas toujours complètement accrochés : Jean-Chrisophe Grangé. C’est donc sans surprise que son dernier roman a rejoint ma PAL et qu’il a assez rapidement terminé entre mes mains

On se retrouve ici à suivre le fils Morvan, Erwan, qui est envoyé, un peu forcé par son père, à enquêter sur un bizutage militaire qui aurait mal tourné. Plus l’enquête va avancer, plus on va se rendre compte que le tout va se retrouver lié à la famille Morvan et plus précisément au passé du père. On suit ainsi la famille Morvan entre enquête policière et déchirement personnel. Une chose est sûre c’est qu’on ne peut vraiment pas remettre le sens du rythme de l’auteur en cause. Dès la première page on se retrouve assez facilement et rapidement emporté par le récit qui va se révéler fluide, haletant et entrainant. L’auteur effectue aussi un peu un retour aux sources, oubliant les aspects un peu trop fantastiques de ses derniers roman pour replonger dans le thriller sombre et sanglant pure jus. L’enquête et ses nombreuses ramifications vont ainsi offrir au lecteur de nombreux rebondissements et son lot de surprises, plutôt bien amenés, ce qui fait qu’on tourne les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur ce tueur qui sévit. Un roman rempli de révélations et de manipulations, où chacun joue son propre jeu et où les vérités sont loin de se laisser découvrir. Et pourtant malgré ce sentiment positif, l’ensemble possède tout de même quelques défauts qui font qu’on est encore loin du meilleur de l’auteur, même si l’ensemble reste sympathique, mais j’y reviendrai.

Après le Japon dans son dernier roman, l’auteur décide de rester ici majoritairement en France, nous faisant ainsi voyager de Paris à la Bretagne, en passant par Marseille, le tout saupoudré de quelques souvenirs d’Afrique qui viennent y apporter une touche de mystique, de folklore et de folie assez intéressante offrant ainsi au récit un cachet un peu différent. Même si les descriptions restent finalement assez simples, on se laisse porter par les paysages et on se laisse entrainer par la course poursuite que mène notre héros. Concernant l’ambiance, comme souvent avec l’auteur on plonge dans une ambiance très sombre, légèrement angoissante et stressante, avec son lot de violence et de sang qui colle parfaitement à ce thriller et à ce tueur. Mon seul soucis c’est que l’auteur a parfois été plus inspiré, l’ambiance m’a paru par exemple plus oppressante dans d’autres romans comme par exemple La Ligne Noire ou encore Le Serment des Limbes, un peu comme si ici il tournait un peu trop sur ses acquis. Mais bon rien de non plus gênant tant l’ensemble reste tout de même plus que convaincant.

Sauf que voilà comme je l’ai dit le roman est loin d’être parfait, ou arrive à retrouver la qualité de certains des meilleurs de l’auteur. Le premier point qui m’a laissé perplexe ce sont les longueurs, franchement le roman aurait pu gagner facilement une centaine de pages en moins, je ne suis pas sûr qu’il aurait perdu au change, surtout que par moment l’intrigue stagne légèrement selon moi. Ensuite, j’avoue certains personnages à force de garder des révélations par pour eux, commençaient à se révéler légèrement dérangeant et frustrant malgré les morts qui s’accumulent. J’ai aussi trouvé que l’auteur cherchait, par moment, à trop vouloir en faire dans le sanglant et le glauque. Alors non, pas que cela me dérangeait ou que je ne le supportait pas, loin de là, juste qu’à force d’être trop clinique et sauvage je trouve que l’ambiance en pâtissait parfois légèrement. Ensuite, dernier point qui m’a laissé un sentiment légèrement mitigé ce sont les personnages.

En effet l’auteur nous offre un panel large de personnages puisqu’on se retrouve à suivre pas moins de quatre protagonistes, tous de la famille Morvan. Soucis, ils ne sont pas tous aussi intéressants à découvrir et à suivre les uns des autres. Si on prend le père et l’ainé Morvan, tous les deux flics ou anciens flics au coeur du pouvoir, ils se révèlent efficaces et entrainants. Certes ils tombent un peu dans les stéréotypes, mais l’auteur les manie assez bien pour ne pas trop le faire ressentir, ni tomber dans le facile, sauf dans certaines scènes qui cherchent à trop en faire ou en oublie un peu toute logique. Dans l’ensemble deux héros un minimum charismatique, qu’on apprécie ou qu’on déteste et qui s’imposent un minimum au lecteur offrant nervosité, tension et donnant envie d’en apprendre plus sur eux. Concernant les deux autres enfants Morvan, là par contre, j’ai vraiment eu du mal. Commençons par Loïc, le financier cocaïnomane en phase de déclin et en plein divorce qui, je trouve, n’apporte rien au récit et pire tombe dans une mauvaise caricature du trader. Concernant la soeur, Gaëlle, elle avait du potentiel dans son rôle de fille rebelle qui déteste sa famille et fait tout pour leur faire comprendre, sauf que voilà le personnage ne reste que potentiel tant elle a du mal à vraiment se développer, tombe elle aussi dans la caricature et surtout a parfois des écarts de personnalité qu’on a clairement du mal à assimiler et à comprendre. Alors après, vu que Loïc et Gaëlle ne prennent qu’à peine 1/4 du livre cela ne dérange pas non plus de trop, mais se révèle tout de même frustrant.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, énergique, efficace et vivante, ce qui fait qu’on se laisse finalement assez facilement entrainer par ce roman et cette plongée dans la traque de ce tueur. La grande surprise, pour moi, vient du fait que je ne savais pas que l’auteur avait décidé d’écrire ce récit comme, a minima, un diptyque et que la suite devrait être publiée courant de cette année. Au final un livre sympathique, qui se lit assez facilement et qui m’a donné envie de lire la suite, même si, il ne faut pas non plus se leurrer, on est loin du meilleur de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce nouveau roman de Jean-Christophe Grangé qui nous plonge dans une enquête, qui fait un peu retour au source dans la bibliographique de l’auteur. On se retrouve ainsi assez facilement happé par cette enquête qui va nous faire voyager de Paris à la Bretagne en passant par Marseille, dévoilant rebondissements, révélations, manipulations mensonges et surprises. L’ambiance se révèle clairement sombre, légèrement angoissante et sanglante, même si j’ai trouvé qu’elle était légèrement en dessous de certains des autres écrits de l’auteur. La côté Africain avec l’aspect mythologique et mystique développé apporte, je trouve, un plus à l’ensemble. Je reprocherai par contre au roman quelques longueurs, une centaine de pages en moins n’aurait pas dérangé, certains personnages qui gardaient trop de secrets enfouis plus pour gagner encore un peu de temps qu’autre chose et enfin les personnages dont je suis sorti mitigé. Car oui autant j’ai trouvé les protagonistes du père Morvan et de Erwan intéressants et bien construit, autant les personnages de Loïc et de Gaëlle m’ont paru avoir du mal à exister, tombent un peu trop dans la caricature et manquent surtout d’intérêts. La plume de l’auteur se révèle fluide, entrainante et efficace qui fait qu’on plonge facilement dans ce récit dont je lirai la suite avec plaisir.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis :

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