Latium, Tome 2 – Romain Lucazeau

Résumé : Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’immenses nefs stellaires, confrontées à une redoutable invasion extraterrestre.
Plautine fut l’une d’elles. À présent réduite à un corps unique, hantée par de mystérieuses réminiscences, elle accompagne Othon, automate obsédé par sa propre gloire, dans l’Urbs, siège du pouvoir impérial. Mais le complot qu’elle y met au jour dépasse ses pires craintes. Réfugiés à bord du vaisseau géant Transitoria, traqués par leurs ennemis et confrontés à la fronde des hommes-chiens, peuple homérique aussi redoutable que primitif, Plautine et Othon se lancent dans une quête métaphysique dont l’enjeu n’est autre que le retour du Dernier Homme.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Il y a quelques semaines je me suis laissé tenter par le premier tome de ce diptyque, qui proposait un récit de Science-Fiction fortement teinté de philosophie, de tragédie et de réflexion, qui m’avait offert un très bon moment de lecture. Je me suis donc très rapidement lancé dans cette suite avec, j’avoue, de fortes attentes tant le premier tome mettait en avant de nombreux aspects captivants. A noter une couverture, toujours illustrée par Manchu, qui vient s’associer parfaitement avec le premier tome et que je trouve superbe. Par contre, comme souvent avec un tome deux, je risque de spoiler un peu le premier tome.

On se retrouve ainsi plongé à la suite directe du premier tome. Othon a gagné une grande victoire face aux barbares grâce à sa création des hommes-chiens qui lui permet ainsi de contourner le carcan lui interdisant de tuer tout être vivant. Sauf que cette bataille a aussi démontré que les barbares maîtrisaient le déplacement instantané, ce qui signifie que la guerre approche. Fort de ces informations et de sa nouvelle arme, Othon décide d’emmener ses hommes-chiens ainsi que le réceptacle biologique de Plautine sauvé lors de cette bataille sur l’Urbs centre politique des Intelligences et cela malgré son bannissement. Sauf que de nombreux complots vont se révéler au grand jour, les masques vont tomber et rien ne se passera comme il l’avait prévu. Alors une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que ce second tome n’a pas obligatoirement répondu complètement à toutes les attentes que j’avais. Maintenant autant être clair, c’est de nouveau un très bon tome, mais voilà je l’ai trouvé un poil moins prenant que le premier, la faute à quelques petits défauts présents ici ou là sur lesquels je reviendrai au cours de ma chronique.

Ce second tome va par contre se révéler un peu plus énergique que le premier. Pour ceux qui trouvaient peut-être le premier tome un peu trop verbeux voir philosophique, ce qui ne m’avait pas dérangé de mon côté, ce second tome va laisser plus la part belle à l’action et offrir un rythme plus nerveux et plus soutenu. Ce second tome répond ainsi encore plus que le premier à la notion de Space-opera avec son lot de batailles épiques, vivantes et percutantes. L’auteur n’oublie pas pour autant son travail philosophique ainsi que le développement de ses axes de réflexions qui sont toujours présents et toujours aussi riches, mais qui prennent un peu moins d’importance. Le premier tome servait ainsi plus à mettre en place les différents éléments et à introduire les différents acteurs, là ou ici on monte en tension au fil des pages ce qui fait que je me suis retrouvé à tourner les pages tout aussi facilement avec l’envie de découvrir la conclusion de cette intrigue aux nombreuses surprises. C’est d’ailleurs aussi l’un des points forts du livre, offrir un récit visuellement virevoltant et entrainant tout en proposant des notions plus profondes et réfléchies. On va ainsi découvrir au fil des pages de nombreux complots et de nombreuses trahisons qui vont peu à peu lever le voile sur la fameuse quête de nos héros de retrouver le dernier humain. Le tout est aussi porté par des scènes vraiment marquantes, comme par exemple celle de la naissance d’Othon ou bien aussi par exemple certaines scènes dans l’Urbs ou sur Mars.

Autre point intéressant, il vient de la conclusion que construit l’auteur, j’ai ainsi été en partie surpris par ce que propose l’auteur qui nous offre un final en apothéose, plus que fascinant et percutant. Alors certes, certains points sont largement prévisibles, mais dans l’ensemble elle réussit franchement à surprendre et à étonner je trouve alors que finalement elle est tellement logique. Une grande partie des éléments soulevés dans le récit et la mythologie viennent ainsi y trouver leur place et les dernières pièces du puzzle vont dévoiler l’image finale pour le plus grand plaisir du lecteur tout en maintenant de façon cohérent son récit légèrement ouvert, soit pour une suite soit pour le plaisir d’imagination de chacun. L’auteur continue aussi à développer de nombreuses idées intéressantes qui, certes, ne révolutionne pas obligatoirement le genre, mais s’avèrent efficaces et collent parfaitement au récit. Je pense principalement à la façon dont l’auteur développe les IA et leurs façon de gérer le Carcan ou encore sur les consciences qu’elles développent, mais aussi sur la notion de liberté ou encore l’aspect technologique et l’évolution de cette société. Les personnages sont toujours aussi intéressants à découvrir et à suivre, proposant ainsi des héros aux liens et aux relations complexes qui vont devoir faire face à des choix qui ne vont pas se révéler aisés, surtout devant leurs logiques. L’apparition de nouveaux protagonistes secondaires vient aussi apporter son lot de mystères et de questions. Dans l’ensemble l’auteur nous propose ainsi une galerie de personnages efficaces et soignés, qui collent parfaitement à cette tragédie Grecque que ce soit dans leurs questionnements, comme dans leurs façons de gérer leurs choix et leurs relations.

Mais au final, comme je l’ai dit, quelques points sont venus, non pas ternir ce n’est pas le bon terme, mais rendre cette lecture un peu moins fascinante. Le premier point vient de certaines longueurs qui se font ressentir dans la lecture. C’est d’ailleurs assez surprenant, car d’autres aspects m’ont paru au contraire être traités de façon trop rapide ce qui donne ainsi une impression d’une mauvaise gestion dans le développement de ses sous-intrigues. Ensuite j’ai trouvé que certains passages manquaient de développements, soit  n’apportaient pas grand chose à l’histoire. Je pense principalement à l’importance de la plebeii dans la première partie qui finalement disparait d’un coup, ou encore tout le passage sur Europe la lune de Jupiter, qui ne m’a pas paru des plus nécessaires, comme si l’auteur cherchait simplement à faire durer son récit. Après cela vient aussi peut-être du fait que j’ai trouvé ce passage traité beaucoup trop simplement, ce qui fait que les idées développées n’ont pas eu l’impact souhaité je pense. Enfin dernier point, je trouvais déjà dans le premier tome que l’auteur se servait de Deus Ex Machina un peu facile, là c’est de nouveau le cas. Maintenant soyons clairs, certes cette seconde partie possède quelques défauts, mais cela n’enlève en rien la grandeur et la puissance de l’oeuvre que propose l’auteur, surtout quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman. On a peut-être pas le livre le plus parfait qui soit, mais je trouve qu’il s’agit d’une très bon diptyque, qui mérite je trouve d’être découvert, au moins pour se faire un avis. L’ensemble est toujours porté par une plume dense, soignée, riche et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce second tome. Alors certes, il possède quelques défauts qui ont fait qu’il n’a pas complètement répondu aux attentes que j’avais suite au premier tome, mais cela n’empêche pas ce tome de se révéler plus qu’efficace et prenant. Cette suite nous offre ainsi plus d’action que le premier qui servait principalement à mettre en place les éléments. La tension monte ainsi au fil des pages entre trahisons, révélations et apparition de complots et de manipulations réussis et percutantes. L’auteur n’oublie pas pour autant son côté philosophique et ses axes de réflexions qu’il continue à développer comme par exemple son travail sur les IA, sur la notion de liberté ou bien encore sur l’évolution de cette société. Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre et à voir évoluer face à leurs choix, leurs façon de gérer le carcan, mais aussi dans leurs relations et leurs non-dits. Les nouveaux protagonistes apportent aussi son lot de sang neuf et de mystères. Après comme je l’ai dit le récit a aussi des défauts, certaines longueurs se font ressentir là où d’autres idées sont traitées trop rapidement, certains aspects manquaient clairement de profondeur voir n’apportaient rien au récit et l’auteur use un peu trop de Deus Ex Machina. Maintenant comme je l’ai dit ces points n’enlève en rien la qualité de ce diptyque. C’est juste une question d’attente que j’avais suite au premier tome et qui n’ont pas complètement été remplies, mais dans l’ensemble on a là un bon space opéra épique et riche en réflexion qui mérite d’être découvert. Surtout qu’il s’agit d’un premier roman. La plume de l’auteur est toujours aussi riche, soignée et entraînante.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Apophis, Lhisbei, Le Mont des Rêves, …

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  1. Beau retour 🙂

    C’est vrai que certains passages peuvent paraître vite traités.

    Mais en tout cas, comme toi, je lirai avec plaisir d’autres textes de l’auteur !

  2. J’ai prévu de le lire. Ce n’est pas la première critique que je lis qui le trouve très bon, tout en émettant quelques réserves.
    Au moins, j’aurais moins d’attentes que la lecture du premier tome a éveillé.

    Merci.

  3. Jean

    Pour moi, c’est ILLISIBLE et CHIANT….

  4. Chiwi

    Je ne serai pas aussi tranché que Jean mais j’ai été un peu déçu par les 200 pages que j’ai lues. L’auteur a une vision très particulière du space Opéra, peut-être trop chargée en philosophie et autres références.

    • Je suis d’accord, c’est chargé, après de mon côté ça ne m’a pas empêche d’accrocher. Mais je comprends parfaitement que l’inverse soit aussi possible et qu’on puisse trouver ça ennuyeux.

  5. David A

    Merci pour cette critique (que je n’ai pas entièrement lue car n’ai pas terminé la lecture du livre pour le moment). Autant le tome 1 prend effectivement tout son temps pour installer l’histoire et les personnages, c’est parfois laborieux pour le lecteur, mais alors quelle récompense magistrale avec cette suite ! Le space opéra est bel et bien au rendez-vous. Je comprends mieux désormais pourquoi R. Lucazeau est parfois associé à Banks et Simmons : une intrigue fouillée, un souffle épique, l’âpreté et les conflits intérieurs des protagonistes de l’Urbs, le soupcon de hard science.. Le Sense Of Wonder est là, indéniable, puissant. Ce tome 2 me fascine complètement.

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