Le Portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde

Résumé : Par la magie d’un vœu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s’adonne alors à toutes les expériences, s’enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés.
« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », « il faut guérir l’âme par les sens, guérir les sens par l’âme ».

Edition : Audible

 

Mon Avis : Comme je l’avais annoncé il y a quelques semaines sur FB, grâce à une offre qu’Audible m’a faite je me suis lancé dans la découverte du livre audio. J’avoue de mon côté j’ai toujours eu un peu de mal à accrocher psychologiquement à cette façon de « lire ». Pas tant concernant l’outil en lui-même, que sur ma capacité à rester concentrer sur le récit sans avoir les mots devant les yeux. J’ai toujours été plus visuel qu’auditif sur la durée, c’est un fait. Finalement je suis content, j’ai réussi à rester concentrer et cette pratique me permet de découvrir un roman pendant des activités où je ne peux pas avoir obligatoirement de livre en main. Pour ceux qui souhaiteraient aussi découvrir le livre audio, Audible propose une offre d’essai avec le premier livre audio gratuit. Concernant le choix d’écoute Le Portrait de Dorian Gray,  cela fait un petit moment que je souhaitais le découvrir et j’ai donc profité de l’occasion. A noter aussi le très bon travail du narrateur qui, je trouve, a bien retranscrit le récit et son ambiance.

On plonge avec cette histoire en pleine époque victorienne, où l’on suit le destin de Dorian Gray présenté par Basil, un peintre reconnu qui en peint actuellement le portrait, comme de nature simple et belle. Lord Henry, ami proche de Basile aux positions bien affirmées et limite décadentes, intrigué par cette présentation va rencontrer Dorian et, à travers les paroles qu’il va prononcer, commencer à le corrompre. J’avoue, je me lançais dans la découverte de ce livre avec une légère appréhension tant j’en avais eu de bons échos. J’avais un peu peur de ne pas pouvoir rentrer dans ce récit à la plume d’époque qui aurait pu mal vieillir ou m’ennuyer par une propension à tourner parfois en rond. Finalement, même si tout n’est pas parfait, j’ai passé un très bon moment à la découverte de Dorian Gray. On est clairement ici dans le roman psychologique et philosophique. Certes le rythme est lent, ce qui pourra en déranger certains, mais les points que soulèvent l’auteur et la façon dont il amène ses idées font que j’ai été facilement et rapidement happé par la richesse et la profondeur d. Alors, je n’ai pas toujours été d’accord avec ce que cherche à mettre en avant Oscar Wilde et certaines idées ont très mal vieillies, mais dans l’ensemble la narration est fluide, intelligente et intriguante.

Le premier point que j’ai trouvé intéressant dans cette oeuvre c’est le travail de l’auteur sur ses personnages principaux qui s’avère terriblement efficace. Dorian, Basil et Henry représentes ainsi trois facettes dans ce roman, trois pièces différentes, mais qui pourtant se répondent. Entre amour, passion, rejet et haine il nous offre trois héros fascinants, soignés et surtout complexes qui se vouent l’un à l’autre une certaine fascination. Un lien voilé unit ses trois là, qui vont finalement se révéler beaucoup plus proche les uns des autres, malgré leurs visions parfois complètement différentes. En effet Basile possède une vision plus poétique de la beauté ou de la vie, là où Lord Henry offre une vision plus matérialiste dans la quête des plaisirs. Dorian aurait pu être ainsi le pion central du livre, tiraillé entre ces deux visions antinomiques de Basil et Henry, devant se construire lui-même dans la société et pourtant c’est loin d’être le cas. En effet il propose ainsi une personnalité beaucoup plus complexe et indépendante, offrant sa propre conception de la vie. Finalement, ce qui va lier ces trois hommes c’est surtout le portrait, la vision que chacun s’en fait et, d’une certaine façon, les convoitises qu’il va lever et les conséquences qu’il va avoir sur chacun d’entre eux soulevant ainsi de nombreuses questions. Mais surtout, comme l’a dit l’auteur, ces trois personnages sont un peu les représentations de sa vie, de ce qu’il est de comment il est jugé. Au final trois héros complexes, humains qu’on peut par moment détester, mais dont on comprend les motivations et les sentiments.

L’autre point fort vient de l’image d’époque proposée, cette toile de fond que j’ai trouvé attrayante. Cette époque victorienne à la fois décadente et d’une grande beauté ou la séparation entre la bourgeoise et les pauvres se fait de plus en plus ressentir, où les tensions sociales et aussi ethniques sont très présents et où la ville de Londres oscille entre une beauté étrange et fantastique et des bas-fonds sombres et dangereux. Entre constat désabusé et poésie, on oscille et on se laisse porter par cette époque et cette ambiance prenante, déroutante et envoûtante. La ville de Londres, bien retranscrit par des descriptions vivantes et denses, donne envie d’être découverte, d’être visité que ce soit dans ses coins les plus ensoleilles comme dans les plus sombres. Il se dégage une véritable atmosphère de cette ville. Le côté fantastique permet à l’auteur de soulever de façon différente les réflexions qu’il amène et apporte, je trouve, un plus à l’ensemble. L’intrigue de cette lente chute en enfer du héros s’avère clairement entraînante et captivante, même si j’y reviendrai plus tard je me suis quand même parfois retrouve déconnecté du récit. On suit cette déchéance, cette souffrance en se demandant jusqu’où il va bien pouvoir aller. L’histoire aboutit ainsi à une conclusion, logique, percutante et qui colle bien au texte.

Mais comme je l’ai dit le gros point captivant vient clairement des réflexions et des notions philosophiques qu’il soulève. En effet Oscar Wilde développe ainsi de nombreuses questions bien porté par une plume incisive et des dialogues percutants et croustillants. Un des point important que cherche à traiter le récit, qui est d’ailleurs clairement annoncé dès la préface, c’est l’art, de la pensée de chacun sur le sujet et de l’utilisation qu’en font les différents personnages. L’art n’est ainsi qu’un outil, un objet, c’est ce que chacun en fait qui l’élève ou le descend. Il traite aussi de nombreux autres sujets comme la jeunesse, la beauté, les plaisirs, la notion de bien et de mal, la société, sa superficialité et son insouciance, ou bien encore par exemple les notions d’amour, de moral et d’âme. Le roman brasse ainsi de nombreux sujets, de façon intéressantes et même si certains ont mal vieilli, je ne peux pas nier la densité des réflexions proposé et les questions qu’elles soulèvent. Au final je regretterai juste un point concernant ce livre, c’est que par moment il en fait trop. certes la plume est riche, soignée et entraînante, mais par moment l’auteur donnait clairement l’impression de tirer son histoire sur la longueur. J’ai ainsi été sur certains passages déconnecté, me demandant si il cherchait à mettre quelque-chose en avant où s’il ne faisait que remplir ses pages. Mais bon rien de non plus trop dérangeant et j’ai au final passé un très bon moment de lecture avec cette histoire.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment devant le récit du Portrait de Dorian Gray. J’avoue que j’avais un peu peur de m’y lancer, de ne pas accrocher au style d’époque qui peut se révéler parfois trop riche, mais finalement non. Certes le roman est porté sur un rythme assez lent, se voulant à la fois philosophique et intimiste ce qui pourra en déranger certains, mais l’auteur a réussi à me happer. Que ce soit les différents personnages, qui s’avèrent complexes, soignés et bien porté par des dialogues incisifs, ou bien encore l’époque Victorienne et la découvert de la ville de Londres, j’ai trouvé au récit un certain charme et un côté immersif. L’ambiance fantastique permet aussi à l’auteur de souligner les idées de son récit et apporter un plus à l’ensemble. Car oui, le principal intérêt de ce roman vient clairement des nombreuses réflexions qu’il soulève que ce soit sur l’art, la jeunesse, la futilité, la société, la moralité, la beauté ou bien encore le plaisir. De nombreux sujets sont amenés, on peut ne pas être d’accord avec ce que présente l’auteur, certains sujets ont aussi mal vieilli, mais dans l’ensemble il pousse le lecteur à se poser des nombreuses questions. La plume de l’auteur est riche, dense, soignée et s’avère entraînante, même si je ne peux pas le nier par moment j’ai eu l’impression qu’il tombait dans le verbeux. En effet certains passages m’ont paru être du remplissage, qu’apporter clairement quelque-chose au récit, ce qui a fait que je me déconnectais légèrement de l’histoire, même si rien de non plus trop bloquant devant la qualité du livre.

 

Ma Note : 8/10

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  1. Je l’ai lu en VO il y a quelques années et je suis totalement tombée sous le charme de Wilde. Parfois il en fait trop et ça me fait me bidonner devant le bouquin, mais la plupart du temps j’adhère totalement à son style à défaut d’accepter toutes ses idées. Il a également écrit des contes cyniques/parodiques.

    • J’ai aussi accroché au styla, mais par moment il en fait trop je trouve. Je prends le chapitre qui fait la transition entre Sybil et le Dorian plus vieux ou l’auteur tente de nous raconter la vie du héros pendant plusieurs années a eu du mal à vraiment me convaincre.

  2. Il faudra que je le lise un jour celui-là, il fait partie des classiques !
    (et pour les audiobooks j’ai vraiment du mal pour ma part, rien que pour une nouvelle ça me demande masse d’attention… faudrait que j’essaye en marchant le matin ceci dit à condition que mes écouteurs coupent bien le bruit environnant…)

    • Justement j’avais un peu peur de ne pas entrer dedans par manque de concentration aussi, mais finalement il faut croire que moins cerveau est moins obtus que prévu sur les livres audios. C’est une bonne chose de mon côté 🙂

  3. J’ai adoré ce livre. Cette histoire est passionnante. On l’a connait souvent à travers les films ou l’imaginaire populaire mais c’est en dessous de la vérité. C’est comme lire Frankenstein. On découvre un nouveau monde. Un coup de coeur.

    • J’irai pas jusqu’à dire que c’est un coup de coeur, mais c’est un très bon roman, qui mérite vraiment d’être découvert pour que chacun puisse se faire son avis.

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