Le Septième Guerrier-Mage – Paul Béorn

le septieme guerrier mageRésumé : J’ai pillé, brûlé, tué. Puis j’ai déserté l’armée la plus puissante du monde. Je voulais être libre, vivre la belle vie loin de cette foutue guerre… Mais voilà que je dois défendre un village de paysans contre cette même armée dont je portais les couleurs. Des milliers de soldats sont en marche.
Former des combattants, monter des fortifications, trouver des armes… Ces culs-terreux croient dur comme fer que je porte le pouvoir d’un Guerrier-Mage. Moi, je ne donne pas cher de nos peaux. Mais il y a au moins une personne dans cette vallée que je ne pourrai jamais abandonner, alors j’irai jusqu’au bout.
Mon nom, c’est moi qui l’ai choisi : je suis Jal, celui-qui-ose.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : De Paul Beorn j’ai Les Derniers Parfaits qui m’attend dans ma grande PAL cachée depuis quelques mois maintenant, mais voilà j’avoue que ce Septième Guerrier-Mage m’a tout de suite donné envie de le découvrir, principalement grâce à sa couverture, illustrée par Marc Simonetti, que je trouve vraiment magnifique. Ajouter à cela un résumé, qui certes parait classique, mais accrocheur, j’étais donc fortement tenté de faire rentrer ce livre dans ma PAL. Donc quand j’ai constaté que Livraddict proposait ce livre en partenariat, j’ai donc décidé de tenter ma chance et j’ai été sélectionné. Je remercie donc Livraddict et les éditions Bragelonne de m’avoir fait découvrir ce roman.

Le résumé se posait un récit très conventionnel, annonçait de l’Héroïc fantasy pur et dur et je dois bien avouer que, de ce côté là, je n’ai pas été déçu. l’histoire se révèle clairement vive, sans temps morts, entrainante avec de nombreux rebondissements et retournements de situations qui font qu’on se laisse assez facilement emporter par les aventures de Jal, embringué dans cette quête de sauver ce village tout en devant gérer le retour de souvenirs traumatisants qu’il pensait avoir perdu à tout jamais. L’intrigue possède ainsi une certaine fougue, qui se révèle vive, plaisante et captivante, ce qui fait que le lecteur tourne ainsi les pages avec un minimum de plaisir, surtout que notre héros va devoir faire face à de nombreuses péripéties, que ce soit face à cette bataille qui se dessine, mais aussi devant le manque de motivation et surtout le manque de sympathie qu’il va rencontrer dans ce petit village. L’ensemble se révèle bien rythmé, essayant de monter en tension au fil des pages avec une menace de plus en plus grande pour bien happer le lecteur. Alors clairement ça ne révolutionne pas le genre, mais l’auteur s’en sort je trouve de façon plus que solide et intéressante, ce qui fait que le lecteur ne s’ennuie pas et ne se sent jamais perdu.

L’univers développé tout au long du récit n’a rien de non plus très original, avec un pays déchiré par la guerre, avec de la magie et aussi des légendes d’Elfes disparus ayant laissés quelques marques, mais l’ensemble se révèle solide et ne manque pas d’attrait, même si j’avoue, sur certains aspects, j’ai trouvé que ça manquait quand même clairement de profondeur, principalement dans cette image de fond qu’essaie de dessiner l’auteur d’un point de vue politique. Rien de non plus trop gênant. Le gros point fort, pour moi de ce monde, vient du système de magie qui est mis en place, évitant de tomber dans l’écueil du magicien solitaire qui doit apprendre et se développer seul, mais offrant une magie de groupe. En effet le guerrier-mage a besoin de se lier à des compagnons pour pouvoir développer et lancer ses pouvoir, ce qui je trouve se révèle intéressant et offre ainsi de nombreuses variations possibles ainsi que de nouvelles péripéties, même si j’ai tout de même trouvé que certains retournements étaient traités avec un peu trop de facilités, sans non plus se révéler bloquant ou frustrant. Là où je suis par contre légèrement déçu c’est qu’on tombe un peu dans le syndrome Pug, en référence au héros de Feist, où notre personnage principal découvre au début ses pouvoir et qu’à la fin, en à peine quelques jours, il devient le plus grand mage que le monde n’ait jamais porté, limite l’égal d’un dieu, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi.

Sauf que voilà, malgré les points vraiment prenant de ce roman, certains aspects m’ont aussi laissé perplexe, voir m’ont un peu dérangé. Oh, rien de non plus trop bloquant, dans l’ensemble j’ai passé un sympathique moment avec ce roman, mais voilà pour moi il y avait de quoi faire mieux. Déjà le premier point qui m’a surpris vient des attentes que j’avais au vu du résumé, Jal nous étant présenté comme un personnage qui a pillé, tué, brulé, je me disais donc tiens un personnage sombre, cela risque de nuancer le récit. Finalement on va très rapidement se rendre que, oui, malgré qu’il ait bien fait tout cela, notre héros est finalement un bisounours qu’on essaie de déguiser en mercenaire sans scrupules, ce qui n’est en rien gênant mais frustre un peu mes attentes. Ensuite on peut clairement dire que l’auteur connait ses classiques, sauf que voilà, moi aussi je connais mes classiques, par conséquent je dois bien avouer que l’ensemble se révèle très prévisible voir linéaire ; que ce soit sur son frère, son maitre ou encore la conclusion je n’ai jamais été surpris par les tentatives de coup de théâtre misent en place. Enfin d’un point de vue combat j’ai eu l’impression que l’auteur évitait les scènes justement de combat, restant un peu en retrait, comme s’il avait un peu peur de se lancer dedans. Cela n’enlève rien aux scènes de batailles explosives et entrainantes, mais il manque un peu de ce côté épique à mon goût. Alors attention cela ne veut pas dire que le roman est mauvais, loin de là, il s’est révélé divertissant et fluide, Paul Béorn montre qu’il est un jeune auteur que je trouve prometteur dans ce style, mais qui a du mal à vraiment s’affranchir des classiques, tout du moins dans ce roman.

Concernant les personnages je dois bien avouer que Jal, qui à défaut d’être totalement attachant, la faute à certains aspects qui m’ont laissé circonspects comme le côté un peu trop tombeur de toutes les femmes du roman voir aussi sa capacité à ne se concentrer que sur leurs attributs,  se révèle un héros entrainant, qui nous happe rapidement dans ses aventures. Concernant ses compagnons qui vont graviter autour de lui ils se révèlent eux-aussi efficaces, juste assez soignés et denses pour accrocher un minimum le lecteur et remplissent parfaitement leur rôle dans l’évolution de l’intrigue, avec une préférence de mon côté pour le personnage de Gloutonne, compagne de notre héros qui possède une bonne dose de mystère tout en se révélant vraiment attachante, même si de nombreux secrets gravitent autour d’elle.

La plume de l’auteur est simple, percutante, entrainante et qui finalement arrive à faire que, malgré certaines imperfections, on tourne les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Alors certes ce roman n’est pas parfait mais je trouve que l’auteur a clairement du potentiel et je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui nous propose une histoire, certes classique, mais qui se révèle solide et entrainante bien porté par de nombreux rebondissements et retournements de situation qui font qu’on tournes les pages pour en apprendre plus sur les aventures de Jal. L’univers développé se révèle lui aussi solide, avec un aspect vraiment original concernant la magie qui repose ainsi sur un groupe plus que sur un magicien seul qui se révèle vraiment accrocheur et intéressant malgré quelques facilités. Concernant les personnages, Jal, à défaut d’avoir complètement réussi à m’attacher à lui la faute à quelques défauts, se révèle vraiment entrainant dans ses aventures, bien porté par des personnages secondaires intéressant. J’ai par contre été légèrement frustré par le fait que notre héros, présenté dans le résumé comme quelqu’un d’un minimum ambigu se révèle finalement un peu trop « gentil ». J’ai aussi trouvé l’intrigue un peu trop linéaire et prévisible, ce qui est légèrement dommage même si cela n’enlève en rien son côté entrainant, et j’aurai souhaité des scènes de combats plus épiques. Rien de non plus complètement bloquant, l’ensemble se révélant divertissant et bien porté par une plume vive, simple et percutante. Au final un roman avec ses qualités et ses défauts, mais je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6,5/10

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  1. J’avais hésité aux Imaginales, et l »épaisseur m’avait un peu inquiété. Je ne précipiterais pas à l’acheter au vue de ton billet, mais si je le croise en occasion je me laisserais tenter !

  2. De mon côté, ce sont les scènes « chaudes » qui m’on paru bancales, un peu forcée.
    Mais j’ai également passé un très bon moment de lecture.

    • J’avoue qu’elles ne m’ont pas non plus paru très utiles et pas toujours bien amenées. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler divertissant.

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