One of Us – Craig DiLouie

RésuméThey call it the plague
A generation of children born with extreme genetic mutations.

They call it a home
But it’s a place of neglect and forced labour.

They call him a Freak
But Dog is just a boy who wants to be treated as normal.

They call them dangerous
They might be right.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Ce roman, j’en entends parler depuis plusieurs mois maintenant, mais sans jamais trouver la motivation pour le faire entrer dans ma PAL. Pourtant il avait globalement de bons voir de très bons retours, mais avec une PAL ingérable je résistais à la tentation, n’étant pas tout à fait sûr qu’il pourrait m’accrocher dans son côté un peu super-pouvoirs. Puis, à la fin de l’année dernière, Orbit a décidé de faire une promotion numérique sur leurs auteurs à découvrir de l’année 2018, ce qui a fait que j’ai alors craqué pour quelques livres, dont ce One Of Us. A noter que je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans la lecture de ce livre. Concernant la couverture, je la trouve plutôt sympathique.

Ce récit nous plonge ainsi dans une petite ville du sud des Etats-Unis en 1984. Le pays connait depuis les années 1960 une épidémie qui a amené l’apparition d’enfants qui sont nés avec des mutations génétiques. Considérés comme différents et « contaminés », ils ont été élevés dans des centres spécialisés, à part, souvent considérés comme des monstres ou des esclaves. Sauf qu’aujourd’hui la première génération d’enfants contaminée à 16 ans et elle commence à développer des « pouvoirs », le rapport de forces pourrait alors changer. Alors je dois bien admettre que j’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre. Je ne vais pas non plus vous dire qu’il s’agit du roman de l’année, il cherche parfois trop le côté rapide et percutant à l’aspect complexe et soigné, mais pour autant une fois plongé dans le récit j’ai trouvé qu’il fonctionnait bien et je me suis retrouvé rapidement captivé. En effet je trouve que l’auteur a réussi à garder, d’une certaine façon, son message, malgré son côté très page-turner et rapide

Craig DiLouie, si j’ai bien compris, est principalement un auteur de Thriller et cela se ressent dans la construction du récit. On est vraiment dans une histoire qui se veut nerveuse, tendue, offrant une narration à plusieurs points de vues et montant en tension au fil des pages et des révélations. L’auteur maîtrise plutôt bien ce côté percutant et entraînant, offrant à l’ensemble un côté finalement très visuel, très cinématographique qui, je trouve, fonctionne plutôt bien. Certes, je me suis quand même senti légèrement frustré d’un récit qui privilégie plutôt l’aspect graphique et le côté énergique, pour autant je me suis quand même retrouvé à tourner les pages et à vouloir en apprendre plus. L’intrigue en soit est assez classique, le côté mutations, différences, avec tout ce que cela apporte comme réflexion et aussi comme pouvoirs. Là où je trouve que le récit gagne en intérêt, vient d’un choix de ton dans l’écriture du récit qui joue sur la colère, qui ne laisse pas indifférent et qui arrive à marquer, je trouve, le lecteur pour peu qu’on se laisse porter par le récit. Certes si vous cherchez un récit profond et complexe, il vaut peut-être mieux passer votre chemin, pour autant je n’ai pas non-plus trouvé One of Us trop simpliste. Il a choisi l’angle d’attaque des émotions et d’une certaine puissance au profit de la finesse et du travail de fond, de mon côté cela a fonctionné.

Concernant l’univers on plonge dans une sorte d’Uchronie qui a vu le monde à la fin des années 60 complètement changer suite à l’apparition de la maladie. On est clairement dans une toile de fond qui, comme déjà dit plus haut, privilégie l’aspect très visuel au profit parfois d’un travail plus dense. Pour autant cela fonctionne bien je trouve, s’avérant solide et efficace, collant bien à l’intrigue. Ainsi la représentation du sud américain raciste est croyance à outrance fonctionne, mais en fait parfois clairement trop. Ainsi cette maladie sexuellement transmissible, qui n’est pas sans rappeler la crise du VIH, amène une thématique intéressante et de nombreuses réflexions, pour autant la maladie en elle-même paraît un peu bancale, certaines informations se contredisant et surtout manquant d’explications, ce qui donne parfois un peu l’impression surtout de soutenir l’idée de l’auteur plutôt que d’être réaliste. Ainsi l’aspect gouvernemental, qui se limite à son aspect un peu société secrète et exploitation des pouvoirs des mutants, manque de fond, mais est plutôt fun. Oui, tout cela parait un peu simpliste, parfois un peu manichéen, pour autant de mon côté ça a plutôt bien fonctionné, justement car j’ai rapidement pris ce livre comme un récit très cinématographique.

Ce livre vient aussi brasser de nombreuses réflexions, que ce soit sur la façon dont nous traitons les autres, la façon dont la société juge et gère la différence, la notion de racisme, l’exploitation des autres par l’esclavage ou bien encore sur la haine. Au vu de ma chronique, je ne vais pas vous dire qu’il s’agit des réflexions les plus fines que j’ai lu, pour autant comme le récit fonctionne beaucoup sur le côté percutant et émotionnel à travers de nombreux personnages de tous les « camps », elles fonctionnent bien. Ainsi les idées compensent leurs côtés assez simplistes par un représentation efficaces et réaliste, bien porté par les protagonistes, leurs choix, leurs interactions et leurs rencontres. Justement concernant ces derniers, globalement j’ai trouvé que le récit offrait des personnages intéressants, pas obligatoirement tous attachants de la même façon, mais qui ne manquent pas de questionner, de donner envie de les découvrir. Le fait aussi d’offrir une voix à différentes personnes permet d’amener une certaine complexité dans les émotions et les ressentis de chacun.

Maintenant, le soucis avec le côté très Thriller et les nombreux personnages, c’est qu’on reste quand même un peu en surface de chacun d’entre eux, de leurs histoires là où certains auraient mérité plus. C’est un peu dommage. De plus certains personnages secondaires sont par moment un peu trop caricaturaux. Il y avait, je pense, la possibilité de faire quand même un peu mieux, même si ici rien de bloquant pour autant. Par contre j’ai trouvé intéressant que l’auteur évite un certain manichéisme dans la représentation des principaux héros, évitant ainsi de mettre obligatoire les bons d’un côté et les méchants de l’autre, dommage que pour les personnages secondaires ce ne soit pas toujours le cas.

Je regretterai aussi concernant ce livre, c’est la présence d’une ou deux facilités un peu grosse, une envie de l’auteur de vouloir par moment trop en faire amenant des passages, des idées et des images pas toujours utiles au récit. Ainsi certains passages sur Amy ne m’ont pas paru pertinent, ne servant juste qu’à amener quelques surprises. Enfin concernant la fin, même si elle ne manque pas de se révéler efficace et percutante, certaines ellipses sont un peu frustrantes et certains passages ne m’ont pas toujours paru très utiles. La plume de l’auteur est simple et plutôt efficace, offrant au récit un côté incisif et entraînant. Au final One of Us n’est peut-être pas le roman de l’année, pour autant j’ai trouvé qu’il y avait un petit quelque-chose qui se dégageait dans son côté nerveux et percutant, que ce soit à travers l’intrigue comme les réflexions, qui le rendait plus que divertissant et efficace.

En Résumé : One of Us, sans se révéler non plus le livre le plus marquant qui existe, m’a offert un bon moment, divertissant, nerveux avec des réflexions percutantes. L’auteur, qui écrit d’habitude du Thriller, reprend ainsi cette construction qui monte en tension au fil des pages, alternant les points de vues pour offrir un récit énergique et entraînant. L’intrigue, certes classique avec la notion de mutation, de différence et tout ce que cela engendre, ne manque pas de se révéler solide, bien porté par un angle d’attaque sur le côté percutant et émotionnel qui, certes, manque un peu de finesse, mais fonctionne. L’univers, sans non plus le trouver le plus complexe qui soit, loin de là, s’avère très visuel et cinématographique et colle finalement plutôt bien au récit. Les thématiques soulevées, certes manquent parfois de profondeur, mais compensent cela, je trouve, par un côté réaliste et incisif, bien porté par des personnages principaux qui ne tombent pas trop dans le manichéisme. Les personnages d’ailleurs ont un petit quelque-chose qui fait qu’on se laisse porter par eux, même si, je ne vais pas le nier, ils auraient mérité d’être parfois plus développés. Concernant les personnages secondaires on tombe un peu plus dans une caricature avec un côté un peu binaire, même si rien de bloquant. Je regretterai une ou deux grosses facilités, une envie de l’auteur de trop vouloir en faire, ainsi qu’une conclusion, certes explosive, mais avec certaines ellipses frustrantes et certains passages un peu longs. La plume de l’auteur s’avère simple et efficace. Au final pas obligatoirement le plus grand roman qui soit, avec des défauts, mais cela ne l’a pas empêché de franchement plutôt bien fonctionner avec moi.

Ma Note : 7/10

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  1. Je n’en avais pas particulièrement entendu parlé mais ta chronique me dit que ça pourrait me plaire finalement 🙂

  2. Ah voir s’il est traduit alors.

  3. Bon, je crois que je vias m’en passer finalement.

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