Capitaine Futur Tome 1, L’Empereur de l’Espace – Edmond Hamilton

Résumé : Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.
Or un fléau court à travers le Système solaire, une épouvantable pandémie derrière laquelle semble se tapir un mystérieux criminel, l’empereur de l’Espace. Il n’est alors qu’un seul recours : celui du capitaine Futur ! Les tuyères du Comète, le formidable vaisseau des Futuristes, crachent déjà la puissance de l’atome : l’empereur de l’Espace n’a qu’à bien se tenir !

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Il faut savoir que ce roman se classe dans de la Science-Fiction qu’on pourrait considérer comme Pulp. J’avoue ce n’est pas obligatoirement la littérature que je lis le plus, et j’hésitais un peu à me lancer à la découverte de ce tome. Babelio a alors proposé de recevoir ce roman lors de son dernier Masse Critique et étant dans un état d’esprit un peu « fatigué », me détendre avec une lecture efficace et pleine d’aventure ne me déplaisait pas. Par conséquent j’ai tenté ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Le Bélial’ de m’avoir permis de découvrir ce récit. Concernant la couverture, illustrée par Philippe Gady, elle colle parfaitement au récit je trouve avec ce côté un peu vintage et sympathique. Il est aussi à noter que cette série  Capitaine Futur a été librement adaptée en animé sous le titre, connu par beaucoup de monde je pense, de Capitaine Flam.

Il me parait intéressant de définir pour moi le mot pulp, on évitera ainsi tout malentendu. Le Pulp est à la base un magazine imprimé sur du papier de qualité très moyenne et qui a connu un véritable succès aux USA. Il proposait ainsi des histoires de genres divers et variés mettant principalement en avant l’aventure, l’action, avec des héros chevaleresques et des situations toutes plus périlleuses les unes que les autres. C’est d’ailleurs ce que propose ce roman puisque qu’il nous plonge dans un futur lointain, où l’humanité aura colonisé l’ensemble des planètes du système solaire, et où une terrible maladie inconnue fait régresser les personnes qui sont touchées. Le président de la terre et de l’univers n’a pas d’autre choix alors que d’appeler le Capitaine Futur et son équipe pour résoudre ce mystère et peut-être même affronter leur pire ennemi. Si ce genre de récit, qui ne cherche que le divertissement, proposant une histoire efficace, sans temps morts, alignant péripéties et action ne vous intéresse pas alors je doute que vous puissiez vous laisser tenter par ce livre. Moi de mon côté, j’avoue avoir passé un agréable moment avec cette aventure du Capitaine Futur. Ce récit possède quelque chose de captivants qui fait qu’on se retrouve à avancer facilement dans l’histoire, avec l’envie d’en apprendre plus. C’est un véritable page turner maîtrisé et tendu que nous propose l’auteur et qui, même s’il n’a rien de très révolutionnaire, ne manque pas pour autant d’intérêt.

L’univers qui est présenté et mis en avant tout du long est franchement intéressant à découvre, que ce soit dans son aspect imaginatif mais aussi dans son côté scientifique. Alors oui clairement il a vieilli, il a gagné ce côté un peu suranné, grandiloquent et kitsch d’un univers qui était fascinant et d’une certaine façon cohérent à l’époque, mais dont on sait aujourd’hui qu’il est improbable. Cela doit-il être bloquant ? Tout dépend de quelles seront vos attentes avec ce livre, en tout cas moi je me suis laissé porté par ce que construit l’auteur, l’imagination débordante dont il se sert pour tenter d’imaginer un futur plausible et surprenant. Que ce soit dans les différentes races rencontrées, les différentes planètes visitées ou bien encore les technologies qu’on croise, on sent bien que ce que l’on découvre possède une certaine densité qui fait qu’il n’est pas qu’une simple toile en fond. On retrouve ainsi un peu l’esprit de cette époque où la conquête spatiale n’était qu’un rêve qu’on pouvait satisfaire à travers différents récits de frissons et d’actions aux mondes flamboyants, sauvages et dangereux. Il faut dire que l’auteur rend aussi son univers plus cohérent par un travail scientifique soigné, tout en restant accessible. Alors bien sûr la science a énormément évolué depuis les années 40, par conséquent les hypothèses d’époque ont bien changé, mais cela n’est en rien bloquant pour peu qu’on se laisse porter.

Concernant les personnages on se retrouve dans du très classique avec le Capitaine Futur, héros sans peur et sans reproches qui possède un sens de l’honneur poussé, ayant décidé de protéger l’univers du « Mal » qui lui a pris ses parents. Autour de lui gravite une équipé hétéroclite et surprenant avec un robot, un androïde et Simon Wright, génie dont on a, face à la maladie, transféré le cerveau dans une boîte qui le maintient envie indéfiniment. Il va ici faire face à l’Empereur de l’Espace aux motivations sombres et dangereuses. On trouve aussi quelques personnages féminins qui, même si elles sont loin d’être les pires clichés qui soient, manquent quand même de profondeurs et ne sont là que pour mettre en avant les héros. Oui c’est assez caricatural, et c’est un peu le reproche qu’on pourrait leur faire, ce côté un peu binaire et sans surprises, mais cela ne les empêche pas d’apporter chacun d’entre eux leur pierre à l’édifice de ce récit, d’offrir rebondissements et surprises. On y trouve aussi ce côté très optimiste, avec ce héros sûr de lui et qui ne se remet jamais franchement en question tant il parait imbattable et son combat est juste. Si je devais faire une comparaison (qui comme toute comparaison ne vaut pas grand-chose), il me fait un peu penser à la naissance des super-héros des comics, ces premiers tomes ou tout était clairement défini, avec une luette entre le bien et le mal. Cela pourra en déranger certains, de mon côté , le fait que le roman soit court (moins de 200 pages) a fait que cela ne m’a pas dérangé plus que cela, même si je ne nie pas que parfois j’ai souri devant certaines situations. Par contre dans un roman plus long, je pense que je me serai à force déconnecté d’eux.

Autre point intéressant selon moi, le récit nous offre quelques réflexions intéressantes, que ce soit sur la notion d’humanité et d’intelligence, principalement par les piques entre Otho et Grag, mais aussi par moment sur la notion de colonisation, d’égalité. Bien entendu il ne faut pas se leurrer, c’est fait de façon très simpliste pour éviter de casser le rythme du récit, mais ça fonctionne tout de même un minimum. On pourra aussi reprocher au récit une certaine linéarité et une conclusion sans surprise avec son happy-end, mais voilà ca colle parfaitement à ce genre de récits et n’est en rien bloquant je trouve. La plume de l’auteur est simple, efficace et percutante nous plongeant assez facilement dans son récit. Au final ce roman a rempli pleinement son rôle de simple divertissement et devrait plaire si vous cherchez un récit fun, sans temps mort, efficace et pleins de surprises ou si comme moi vous cherchez un petit moment de détente entre deux romans plus « imposants », alors je pense que cette aventure du Capitaine Futur devrait vous plaire.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de divertissement avec cette aventure du Capitaine Futur. On plonge ainsi clairement dans un roman d’aventures pulp, sans temps morts et bien porté par de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises qui font qu’on tourne les pages assez facilement. Certes on y retrouve ce côté un peu suranné et vintage des romans de l’époque, mais pour autant ce récit n’a pas si mal vieilli tant il s’avère efficace et entraînant. L’univers, bien porté par l’imagination de l’auteur débordante et un travail scientifique un minimum soigné, s’avère dépaysant et donne envie d’en apprendre plus. Alors certes les concepts scientifiques ont évolué et les hypothèses d’époques sont devenues impossibles, cela pourra en bloquer certains devenant un peu farfelu, tout dépendra de vos attentes. Concernant les personnages ils s’avèrent très classiques avec le héros, chevalier blanc, aidé d’une équipe hétéroclite avec un robot, un androïde et le cerveau d’un génie dans une boîte où il peut vivre indéfiniment. L’ensemble est très binaire, avec le bien d’un côté et le mal de l’autre, et les personnages féminins manquent un peu d’intérêt, je l’avoue, mais vu que le roman est assez court, ça ne m’a pas dérangé plus que cela. Le récit se permet même de soulever quelques réflexions, certes de façon simpliste, mais qui fonctionne tout de même un minimum. La plume de l’auteur est simple, percutante et entraînante. Au final ce court roman à pleinement rempli son rôle de simple divertissement et pourrait plaire à ceux qui cherchent des récits d’aventures ou à ceux qui, comme moi, sont à la recherche d’un moment de détente entre deux romans plus « complexes ».

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Apophis, Maks, …

The Memoirs of Lady Trent Book 3, The Voyage of the Basilisk – Marie Brennan

Résumé : Devoted readers of Lady Trent’s earlier memoirs, A Natural History of Dragons and The Tropic of Serpents, may believe themselves already acquainted with the particulars of her historic voyage aboard the Royal Survey Ship Basilisk, but the true story of that illuminating, harrowing, and scandalous journey has never been revealed―until now.
Six years after her perilous exploits in Eriga, Isabella embarks on her most ambitious expedition yet: a two-year trip around the world to study all manner of dragons in every place they might be found. From feathered serpents sunning themselves in the ruins of a fallen civilization to the mighty sea serpents of the tropics, these creatures are a source of both endless fascination and frequent peril. Accompanying her is not only her young son, Jake, but a chivalrous foreign archaeologist whose interests converge with Isabella’s in ways both professional and personal.
Science is, of course, the primary objective of the voyage, but Isabella’s life is rarely so simple. She must cope with storms, shipwrecks, intrigue, and warfare, even as she makes a discovery that offers a revolutionary new insight into the ancient history of dragons.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : C’est sans surprise, qu’après avoir passé de bons moments avec les deux premiers volumes du cycle de Lady Trent, je me lance dans la découverte de ce troisième tome. Il faut dire que les précédents romans offraient une Fantasy efficace, bien porté par une héroïne charismatique et captivante (Chronique du Tome 1, Tome 2). J’étais donc intrigué de savoir comment l’auteur allait gérer ce troisième tome d’un cycle qui en comporte cinq (le dernier venant d’être publié il y a quelques semaines en VO). Les illustrations de Todd Lockwodd, que ce soit celle de la couverture ou celles présentent dans le livre, sont toujours aussi superbes apportant un vrai plus au récit.

La construction de ce tome se fait, dans les grandes lignes, de la même façon que les précédents. On se retrouve ainsi six ans après la fin du second tome, Isabella se lance dans une nouvelle expédition concernant les dragons. Étant un peu plus reconnue professionnellement, même si son statut de femme l’empêche toujours de s’imposer, elle part cette fois dans un voyage de plusieurs années à bord du navire le Basilisk pour collecter le maximum d’informations. Cette fois elle ne fera pas la même erreur que lors de ses dernières aventures, car en plus de son entourage elle emmène aussi son fils avec elle. Pourtant, même si les grandes lignes paraissent identiques, cela n’empêche pas ce troisième tome de posséder sa propre histoire, sa propre « âme » et surtout à évoluer au fil des tomes. Alors je ne vais pas le nier, la surprise et l’aspect nouveauté s’est estompé suite aux deux précédentes histoires, mais je me suis tout de même de nouveau laissé porter par les nouvelles aventures de l’héroïne. Surtout le récit garde toujours ce rythme posé et efficace entre réflexions, aventures et travail sur l’héroïne qui fonctionne toujours aussi bien faisant que si vous avez accroché aux précédents, vous ne devriez pas être trop dépaysé par ce troisième tome.

L’intrigue de ce troisième tome est, d’une certaine façon, divisée en deux parties. Une première partie qui se consacre clairement sur l’héroïne, la gestion de son voyage, de sa famille, sa chasse aux dragons, mais aussi son travail anthropologique. Puis dans une seconde partie un aspect un peu plus politique commence à se développer. Cela permet ainsi de densifier de plusieurs façons l’univers que construit l’auteur, que ce soit le côté bestiaire, faune et flore ou bien encore tout ce qui concerne la diplomatie. L’aspect politique gagne aussi en profondeur, il faut dire que l’héroïne a évolué depuis le premier tome, elle ne peut plus nier son existence, même si elle fait tout pour éviter de s’en mêler. Il faut aussi dire que le voyage de l’héroïne a clairement le don de dépayser le lecteur, nous faisant ainsi découvrir de nombreuses régions et de nombreux sites fascinants toujours autant porté par des descriptions simples et efficaces. Ce troisième tome permet aussi finalement d’agrandir l’univers et d’éviter ainsi de proposer toujours la même chose. On a franchement l’impression de voyager avec eux, de découvrir ce monde.

Concernant les dragons, même si je maintiens que cette série ne les met pas obligatoirement au premier plan, ici ils vont gagner encore un peu en importance, principalement dans la notion biologique, de biodiversité et de taxonomie. L’auteur ne se contente pas de mettre des dragons pour « pimenter » son récit comme cela arrive régulièrement, plus on avance plus on en découvre sur leurs origines, leurs histoires ou encore leurs différences. Alors j’avoue cette approche touche ma fibre de scientifique, mais elle reste soft, l’auteur ne se lance pas dans une idée de « hard science » ou autre, elle apporte seulement un plus, une certaine complexité à son monde et reste facilement abordable même si je ne doute pas que ça pourra en déranger certains. Au final un monde qui donne encore envie d’en apprendre plus, d’y plonger dedans. Marie Brennan ne manque pas non plus de nous offrir quelques scènes de chasses entraînantes et prenantes, amenant aussi au récit du mouvement et une certaine tension.

Concernant les personnages, Isabelle est toujours aussi intéressante à suivre. Elle continue à évoluer, à changer au fil des pages et des tomes ce qui fait qu’elle ne donne jamais l’impression de nous ennuyer. C’est d’ailleurs en grande partie elle qui nous emporte dans ce récit, ces aventures, toujours bien porté par le parallèle entre une certaine jeunesse fougueuse et une narration avec un regard plus mature qui colle bien au récit et offre une vision différente. Ici elle n’est plus la jeune fille un peu perdue du premier tome, elle a gagné en maturité et en autorité et surtout elle continue à gagner en caractère et en curiosité, même si cela peut parfois encore lui jouer des tours. Elle va devoir apprendre à évoluer avec son fils présent durant cette expédition, mais aussi avec Sunhail qui va la faire réfléchir sur de nombreux points, mais aussi émotionnellement. On y retrouve aussi, à travers son regard, des réflexions très intéressantes sur la notion scientifique, qui va ici montrer ses premières véritables dérives, mais aussi à travers une notion de nouveau anthropologique, par la visite de nouvelles terres et de nouveaux lieux qui va amener son lot de chocs culturels et sociaux. Reste aussi toujours en fond cette notion position de la femme à l’époque, car malgré le fait que l’héroïne se positionne comme l’une des plus éminentes savantes sur les dragons, elle n’est toujours pas reconnue à sa juste valeur, le sera peut-être jamais et doit continuer à se battre.

Après cette narration a un double effet, certes on est facilement fasciné et emporté par l’héroïne, mais les personnages secondaires se retrouvent un peu en retrait. Alors rien de trop bloquant, mais voilà j’aurai aimé en apprendre plus sur certains, comme par exemple le capitaine du bateau. C’est moins marquant que dans les tomes précédents, Jake et Sunhail arrivant justement à sortir un peu du lot, mais c’est parfois légèrement frustrant. Ensuite, autre point que l’on retrouvait aussi dans les tomes précédents, le récit donne toujours cette impression d’offrir une fin trop rapide. Comme si l’auteur était limité en nombres de pages et doit terminer rapidement. Ce n’est en rien bloquant, tant elle ne manque pas de rythme et d’intérêt, mais voilà j’avoue qu’un chapitre en plus ne m’aurait pas dérangé. Concernant le plume de l’auteur elle est toujours aussi soignée, efficace et vivante et a réussi à me captiver toujours aussi facilement dans ce troisième tome qui confirme tout le bien que je pensais de cette série. J’ai déjà le quatrième tome dans ma PAL et le dernier ne devrait pas tarder à y entrer je pense.

A noter que ce roman sortira normalement chez l’Atalante en Juin 2017 sous le titre Le Voyage du Basilic.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le troisième tome de ce cycle qui a réussi à se renouveler assez pour ne pas m’ennuyer, malgré que la magie de la découverte soit passé. L’intrigue, construite dans les grandes lignes de la même façon que les précédentes, s’avère efficace et bien porté par un rythme posé et entraînant. Elle est un peu coupée en deux parties, la première se consacrant sur l’héroïne, sa chasse aux dragons, ses relations et sa vision du monde, puis dans un second temps un aspect plus politique. L’univers continue à se densifier, bien porté par le dépaysement que propose ce voyage. Les descriptions le rendent aussi vivants et captivants et donne envie d’en apprendre plus. L’héroïne continue à gagner en densité et surtout à évoluer et changer au fil des pages et des tomes. Elle va ainsi devoir faire avec son fils, mais aussi un nouveau personnage Sunhail, qui va la pousser à réfléchir. Ce qui est dommage, même si moins présent que les tomes précédents, c’est que les autres personnages qui gravitent autour, mis à part les deux cités plus haut, manquent parfois un peu de profondeur. Ensuite, je regrette aussi que la conclusion soit un peu traitée rapidement. Alors, rien de trop bloquant tant j’ai de nouveau été emporté, mais voilà ça se ressent légèrement. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, captivante et vivante et ce troisième tome confirme tout le bien que je pensais du cycle. Je ne vais pas tarder à me lancer dans la suite.

 

Ma Note : 8/10

Boudicca – Jean-Laurent Del Socorro

Résumé : Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?
À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Edition : ActuSF (Bad Wolf)

 

Mon Avis : Jean-Laurent Del Socorro avait réussi à me captiver avec son premier roman, Royaume de Vents et de Colères, qui offrait un récit de Fantasy Historique prenant et entraînant, bien porté par des personnages forts (ma chronique ici). Par conséquent quand j’ai vu que l’auteur publiait un nouveau livre, j’avoue avoir rapidement été tenté. L’auteur continue ici à nous offrir une Fantasy Historique, puisque cette fois c’est l’histoire de Boudicca qui nous est contée, ou plutôt romancée par l’auteur vu qu’on connait finalement peu de choses sur sa vie. Concernant la couverture, illustrée par Yana Moskalu, je la trouve très réussie et accrocheuse.

Ce roman va ainsi nous faire découvrir Boudicca, de sa naissance à sa fin, à travers différents épisodes importants de sa vie qui vont faire d’elle ce personnage marquant que l’on suit. Car oui, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer ce qui m’a le plus captivé dans ce récit c’est bien cette héroïne à la fois fascinante et complexe. C’est un peu la grande force du roman la façon dont l’auteur construit Boudicca, jeune fille fière, têtue et hautaine, rejetée par son père car sa naissance a amenée la mort de sa femme, qui va peu à peu en grandissant apprendre la magie des mots et découvrir que le monde n’est pas aussi simple qu’elle le croit. Elle va devoir s’initier rapidement, dans un monde où la moindre erreur peut avoir des graves conséquences. Elle va aussi devoir évoluer, gérer de nombreux fronts et endosser de nombreux rôles. C’est finalement la densité de ce personnage, sa force, ses envies, ses faiblesses, ses erreurs qui font qu’on est rapidement captivé par sa vie, sa progression, les choix qu’elle doit faire et ce qui va l’amener à les prendre.

D’ailleurs si vous vous lancez dans Boudicca dans l’espoir de trouver un récit guerrier, alors il vaut mieux passer votre chemin on est plus dans un récit qui cherche à mettre l’humain en avant par rapport à l’épique et l’action. Cela ne veut pas dire qu’il ne propose pas des scènes de batailles et de guerres, juste qu’elle passe un peu au second plan devant la façon dont l’héroïne elle-même grandit, change et va devoir faire face aux nombreuses péripéties et questions qui se dessinent devant elle. A la fois femme, guerrière, reine et mère elle va devoir faire des choix pas toujours facile, des choix humains qui ont toujours des conséquences et dont elle va toujours devoir faire face. C’est un peu d’ailleurs ce qui fait qu’on s’attache à elle, ces multiples facettes qui font d’elle finalement une personne à part entière, franche qui se bat pour ces convictions et ce qu’elle croit juste, malgré ses doutes. Une complexité qui finalement la rend proche de nous et nous questionne.

Il faut dire aussi qu’elle est plutôt bien entourée, que ce soit entre le druide Prydain, la guerrière et garde du corps Ysbal, son père Antedios, son futur prétendant Pratsutagos, son Brater Caratacos, son amante ou encore ses filles chacun d’entre eux va apporter sa pierre à la personnalité qu’est Boudicca. C’est d’ailleurs un des gros points forts selon moi de l’auteur, arriver à brosser des personnages franchement charismatiques, qui en quelques lignes arrive à ne pas laisser indifférent le lecteur, à lui donner envie d’en apprendre plus sur eux, à les découvrir. Alors c’est parfois légèrement frustrant dans ce roman, car ils ne sont finalement là que pour faire évoluer Boudicca alors que parfois on aurait aimé en apprendre plus sur eux, mais ce n’est en rien un reproche tant ils arrivent finalement à nous marquer et à nous faire d’une certaine façon réfléchir que ce soit par les mots comme aussi énormément par les non-dits qui transparaissent. La narration à la première personne joue aussi beaucoup sur le fait qu’on se laisse rapidement happé par la vie de cette héroïne exceptionnelle, donnant presque cette impression au lecteur d’être présent. On ressent ainsi pleinement les émotions de l’héroïne.

L’univers s’avère par contre assez classique, surtout si comme moi vous connaissiez un peu l’histoire de cette reine. On est ainsi plongé au milieu du peuple Icène, l’une des tribus qui compose l’île de Bretagne. Les Romains commercent déjà avec l’île et ont apporter des nouvelles technologies et de nombreux changements, mais malgré cela l’Empereur rêve de conquête et d’agrandir son territoire. L’auteur vient aussi le rehausser d’une petite dose de fantastique, que ce soit dans la mythologie d’époque, les druides ou bien encore les rêves. C’est léger, mais apporte je trouve un vrai plus au récit. L’aspect politique ainsi que les coutumes viennent aussi densifier de façon efficace et cohérente l’ensemble ce qui donne clairement envie d’en apprendre plus et on se retrouve à tourner facilement les pages. Alors certes il s’avère assez classique présenté comme cela, mais cela ne l’empêche pas de s’avérer solide, efficace, prenant et profond, ce qui fait qu’on se laisse assez facilement emporter dans ce passé envoutant et intrigant. Il s’agit aussi d’un roman qui nous offre de quelques réflexions passionnantes, qui nous rappelle que parfois pour faire avancer les choses il faut savoir se battre pour ses conviction. C’est un roman qui nous fait obligatoirement réfléchir sur le notre société, les Celtes montrant ainsi une certaine égalité entre les hommes et les femmes, car c’est bien Boudicca qui va mener la guerre, c’est elle qui va être reconnue comme Reine par l’ensemble de son peuple qui la juge finalement sur ses actes. Il nous montre aussi le choc des cultures, l’assimilation d’un peuple par un autre déguisé sous le terme évolution, commerce et paix. Des réflexions qui ne laissent pas le lecteur indifférent je trouve.

Alors après le roman s’avère assez court (environ 250 pages), allant directement à l’essentiel, ce qui est parfois légèrement dommage, car j’aurais apprécié en savoir un peu plus que ce soit d’un point de vue historique comme sur certains personnages, mais aussi que Boudicca soit encore un peu plus développée. Il ne s’agit que d’un souhait personnel, qui ne gâche en rien la lecture du roman tant il s’avère prenant. Par contre, je regretterai peut-être une impression de linéarité qui se dégage au fil des pages. Alors après vous allez me dire que l’Histoire est déjà écrite, certes, mais cela n’empêche pas de pouvoir développer quelques surprises, ce qui n’est jamais franchement le cas ici. Attention cela n’enlève en rien aux qualités de ce roman, bien porté par une plume simple, concise, efficace et qui garde que l’essentielle pour nous offrir un récit tendu du début à la fin. Boudicca m’a ainsi offert un très bon moment de lecture et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur. Je reviens vite fait sur la nouvelle qui clôture ce roman, D’ailleurs et d’Ici, qui nous plonge dans la révolte la Boston Tea Party, que j’ai trouvé sympathique, mais loin d’être très marquante.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir la vie romancée de Boudicca. Ce qui marque dans ce roman c’est finalement le portrait que nous brosse l’auteur concernant cette héroïne. On découvre ainsi une personne complexe, à la fois princesse, reine, mère, amante, guerrière, guide, qui va devoir faire face à de nombreux choix, de nombreuses décisions, sans jamais se perdre elle-même. Au final une héroïne forte, entraînante, attachante et émouvante qui ne laisse pas indifférent le lecteur. Alors si vous cherchez plus le côté épique vous risquez d’être déçu , car même si ce récit propose tout de même son lot de batailles et de guerres elles passent un peu au second plan devant l’évolution de l’héroïne et les réflexions qu’elle soulève. Il faut dire qu’elle est aussi parfaitement entouré par des personnages charismatiques, fascinants dont on aurait d’ailleurs aimé en apprendre plus sur certains. L’univers, sans se révéler révolutionnaire, est solide, efficace, dans lequel vient s’ajouter une légère touche de mysticisme et de magie qui ne manque pas d’apporter un plus à l’ensemble. Le récit offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit sur les choix que l’on fait, la notion de conviction et ce qu’on est prêt à faire pour elle ou bien encore sur la notion d’égalité. Alors après le roman est plutôt court (moins de 250 pages),ce qui est un peu frustrants car sur certains points j’en attendais plus, mais rien de non plus trop dérangeant. Par contre, j’ai ressenti une certaine linéarité dans l’intrigue, ce qui est légèrement dommage, même si cela ne m’a pas empêché de passer un très bon moment de lecture, bien porté par une plume simple, concise et entraînante.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : l’Ours Inculte, Le Comptoir de l’Écureuil, Samuel ZittermanAmarüel, Au Pays des Caves Trolls, Boudicca (Bibliocosme),  …

Le Livre de l’Enigme Tome 2, Bois D’Ombre – Nathalie Dau

Résumé : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Une abomination.
C’est ainsi que me voient les hommes.
Nombreux voudraient que je n’existe pas. D’autres rêvent de m’asservir, corps et âme. Même Cerdric attend de moi que je renonce aux robes bleues de l’Équilibre, car elles augurent d’un avenir trop dangereux.
Mon frère ignore ce que j’endure au Séminaire.
Mais, pour respecter l’Énigme et entrer dans Bois d’Ombre, il me faut en passer par là, et trouver de quoi conserver ma lumière.

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans la lecture du dernier cycle de Nathalie Dau avec le premier tome Source des Tempêtes qui m’avait offert un excellent moment de lecture. On plongeait ainsi dans un monde sombre et captivant, avec des personnages complexes et attachants qui offraient une histoire pleine de surprise et évitant le côté classique qui pouvait transparaître à travers le résumé (ma chronique ici). J’avais donc hâte de retrouver Cerdric et Ceredawn et connaître la suite de leurs aventures. Concernant la couverture, illustrée par Melchior Ascaride, je la trouve superbe et qui donne envie de plonger dans ce récit.

On avait laissé nos deux héros, à la fin du premier tome, au séminaire d’Atilda où Ceredawn venait d’être accepté pour étudier et, au bout de six ans si tout va bien, aller braver Bois d’Ombre comme le veut l’Enigme. Cerdric quant à lui doit trouver sa place à Atilda, gagner l’argent nécessaire pour les études de son frère et attendre son retour en espérant qu’il devienne raisonnable. Sauf que rien ne va se révéler simple pour chacun d’entre eux. J’avais un peu peur de me replonger dans ce cycle, de ne pas y retrouver l’intérêt que j’y avais trouvé dans le premier tome, la magie de la nouveauté étant retombée. Pourtant je dois bien avouer que ce second tome a de nouveau fonctionné parfaitement avec moi. J’ai ainsi passé un excellent moment de lecture, même si un ou deux points m’ont tout de même laissé perplexe. Ce qu’il faut savoir en plongeant dans un roman de Nathalie Dau, c’est qu’elle propose clairement un récit intimiste, poignant et prenant qui tourne principalement autour des personnages. Cela ne veut pas dire que l’histoire passe au second plan, loin de là, mais que le point fort vient de la construction des protagonistes qui se veut complexe, travaillée et dense, mais aussi de l’attachement qu’on leur porte au fil de l’avancement de l’histoire.

Les personnages sont ainsi clairement le gros point fort du récit et même si on commence à les connaitre depuis le premier tome, ils ne manquent pas de nous happer de nouveau facilement dans leurs aventures. Ils vont ainsi devoir évoluer et avancer, malgré les nombreuses péripéties qui vont leur tomber dessus. Ce monde ne va d’ailleurs pas être tendre avec eux, on est clairement dans un univers sombre, très sombre. Cela se voit avec la vie de Cerdawn au séminaire qui va être loin de s’avérer une partie de plaisir. Ce qu’il va devoir endurer, ce qu’il va subir pour se permettre de défier Bois d’Ombre va se révéler par moment extrême. Trop? Non je ne dirai pas ça, car rien n’est gratuit et nous présente un monde ou la violence règne et où les rives sont considérés comme des moins que rien. Cela n’est pas non plus gratuit et ne cherche pas non plus simplement à choquer le lecteur. Ce qui rend finalement certaines scènes dures, éprouvantes, c’est que l’auteur a vraiment réussi à rendre son personnage attachant, sensible, touchant au point qu’on ressent presque ce qu’il vit, les injustices et les violences qu’il subit. C’est vraiment ce tour de force qui rendent ces scènes si réelles. Cela pourra peut-être en bloquer certains, mais c’est finalement une obligation qui va faire évoluer Ceredawn. Il passe du monde de l’enfance au monde adulte de façon brutale, se remettre en cause et surtout remet en cause l’Enigme, mais j’y reviendrai. Je laisse à chacun de se faire son propre ressenti en tout cas, mais sachez le ce second tome offre son lot de noirceur et de souffrance et devrait ne pas laisser indifférent.

Concernant le personnage de Cerdric, contrairement à Ceredawn qui passe au premier plan dans ce tome, lui se retrouve un peu en retrait et surtout son destin va se révéler moins sombre. Cela ne veut pas dire que le personnage est moins intéressant à suivre, non, car finalement ce qui marque l’intérêt de ce second tome c’est sa façon d’avancer et aussi l’évolution du lien avec son frère. Tous les deux grandissent et vont apprendre que tout ne peut pas être dit, qu’il est parfois nécessaire d’avoir son jardin secret. C’est ainsi à travers les non-dits et les silences que vont se tendre leurs rapports, pour aussi mieux se rapprocher. Une relation qui va ainsi connaître des remous, mais aussi sa part de bonheur et de joie. On sent ainsi clairement l’amour que chacun porte pour l’autre, mais leurs incapacités à le montrer clairement. Ils doivent ainsi trouver leurs voies. Chacun d’eux doit grandir, apprendre et évoluer. Alors parfois, comme dans le premier tome, j’avais envie de secouer Cerdric tant il est obtus, mais au final c’est son caractère, il est comme ça ce qui ne le rend pas moins intéressant à suivre. Concernant les personnages secondaires, là-aussi, l’auteur nous offre quelque-chose de complexe et d’attrayant, dévoilant ainsi un peu plus le monde, les mœurs, mais aussi les religions. Que ce soit Avrilith, Ninnos ou bien encore par exemple Myrinielle, chacun d’entre eux apporte sa pierre à l’édifice que construit l’auteur. Seul Mabève n’a pas vraiment réussi à m’accrocher, beaucoup trop prévisible dans ce qu’elle apporte, même si je ne doute pas qu’elle puisse me surprendre dans les autres tomes.

Au niveau de l’intrigue l’auteur évite de trop tomber dans le côté Harry Potter, certes on y retrouve cette notions de cours, d’apprentissage de professeurs irascibles ou préférés, mais cela passe au second plan devant le côté humain, les relations et aussi l’Enigme. Enigme qui retrouve un peu ici son côté classique, l’élu étant cette fois clairement défini, mais qui finalement va se révéler moins traditionnelle qu’on pourrait bien le croire au fil des pages. De plus cette « prophétie » dans le monde de Natahlie Dau tourne aussi à la malédiction et questionne. Au milieu de tout cela l’auteur n’oublie pas non plus de nous offrir quelques réflexions intéressantes, que ce soit sur le regard que l’on porte aux autres, sur la façon dont on les considère et dont on les traite, ou bien encore sur la notion d’amour, d’amitié et des sacrifices qu’on peut faire dans de telles situations. L’univers continue aussi à s’étoffer dans ce tome et on y plonge de nouveau avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Que ce soit concernant la magie, la religion, les mentalités ou encore les coutumes on découvre ainsi un monde fascinant, complexe, alternant entre beauté et souffrance le tout porté par des descriptions vivantes et magnifiques qui donne envie d’en apprendre plus tant il parait à peine esquissé et encore mystérieux. La part de merveilleux est un peu moins présente ici, mais cela n’empêche pas pour tout l’aspect magie  de gagner en intérêt et en explication.

Alors après je noterai un ou deux points qui m’ont légèrement dérangé. J’ai ainsi trouvé par moment que l’auteur utilisait un peu trop les dialogues ce qui par moment donnait un sentiment de trop en faire, de rendre la scène moins fluide, mais rien de non plus dérangeant. J’ai aussi trouvé légèrement dommage que l’auteur utilise une ellipse temporelle pour faire passer quelques années d’études du héros. Même si je me doutais bien qu’on n’allait pas suivre les 6 ans, un peu de chaque année aurait peut être permis certaines évolutions plus graduelles. Enfin j’aurai aimé que le côté justement étudiant apporte un peu plus d’informations. Je prends pour exemple ce cours sur le chaos qui offre une vision intéressante, mais qui se révèle au final trop court. Après ce ne sont que des broutilles tant j’ai de nouveau été emporté par ce roman, le tout porté par une plume poétique, soignée, dense et entraînante qui nous plonge facilement dans l’histoire au point que j’ai eu du mal à lâcher ce livre. Je lirai le troisième tome avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui nous offre une intrigue efficace, prenante mais aussi très sombre. En effet durant les six années de Ceredawn au séminaire, il va devoir endurer des épreuves qui vont aussi bien le marquer que marquer le lecteur. Il faut dire que le travail effectué par Natahlie Dau sur ses personnages est tel qu’on ne peut que s’attacher à eux et à ressentir pleinement ce qu’ils vivent. Cela pourra peut-être en déranger certains tant c’est parfois dur, mais cela oblige finalement le héros à grandir, évoluer  et à devoir faire face à ce qu’il est et au monde où il vit. Cerdric n’est pas non plus en reste, que ce soit sa relation avec son frère comme son intégration dans la ville on va suivre ses aventures avec intérêt, même si par moment je l’aurai quand même bien secoué. Les personnages secondaires ne manquent pas non plus d’attraits, mais j’avoue tout de même avoir moins accroché à Mabeve trop prévisible dans ce qu’elle apporte. L’auteur évite de tomber dans le côté Harry Potter, offrant un travail sur les personnages et les relations, tout en n’oubliant pas l’Énigme et la remettant même en cause. L’univers continue à se densifier au fil des pages, toujours bien porté par des descriptions soignées et efficace. Je regretterai au final par moment une impression d’utilisation excessive des dialogues, l’ellipse temporelle qui permet de passer un certains nombres d’années d’écoles du héros ou encore que l’aspect séminaire apporte plus d’information sur le côté mystique, mais rien de bloquant tant j’ai de nouveau été emporté par le récit. La plume de l’auteur est toujours aussi travaillée, poétique et efficace et je lirai le troisième tome avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Xapur, Au Pays des Caves Trolls, Book en Stock, Elhyandra, Lodael, …

La Roue du Temps Tome 3, Le Dragon Réincarné – Robert Jordan

Résumé : Rand al’Thor se résigne peu à peu à son sort : il est le Dragon Réincarné, que ça lui plaise ou non, et il devra honorer son rendez-vous avec le Ténébreux – une sanglante affaire de gloire, d’honneur et de salut du monde.
Totalement dépassé par ses nouveaux pouvoirs, il décide alors de laisser ses amis derrière lui et de partir seul pour Tear, la fabuleuse cité où l’attend Callandor, l’épée légendaire qu’il est censé brandir lors de l’Ultime Bataille. C’est là que les fils du destin se noueront une fois pour toutes…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques temps maintenant, je me suis enfin lancé dans la lecture de ce cycle de La Roue du Temps. En effet après plusieurs péripéties éditoriales, Bragelonne a récupéré il y a peu le projet et décider de les éditer en suivant le découpage original, proposant par la même occasion une nouvelle traduction. Je n’allais donc pas passer à côté de la possibilité d’enfin lire ce cycle, dont je n’avais lu que quelques tomes en poche. Après deux premiers volumes (Chronique du Tome 1, Tome 2) m’ayant offert de très bons moments de lecture, je me demandais quelles péripéties allaient bien rencontrer nos héros dans ce troisième tome et surtout j’attendais de voir comment allaient évoluer les personnages. À noter la couverture, dans la lignée des tomes précédents se révélant sobre et agréable.

Lors des deux premiers tome Rand avait fuit son destin, mais depuis la fin du second volume il a du faire face a la vérité, il sait canaliser le Saidin. Moiraine le déclare même comme le Dragon Réincarné et l’emmène se cacher dans des montagnes le temps de savoir quoi faire. Rand exaspéré d’attendre et de ne rien savoir, décide de suivre ses rêves et de fuir à la poursuite de l’épée mythique de Callandor. Concernant ce troisième tome, il confirme un peu ce que j’entrevoyais dans les deux premiers tomes. Il est efficace et remplit parfaitement son rôle, moi qui aime les univers vastes et denses je suis plus que servi, mais quelques points vont régulièrement me laisser perplexe. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas accroché, j’ai passé un bon moment avec ce troisième tome, mais voilà comme tout récit il a ses défauts. Alors déjà je vais faire mon rappel habituel avec cette série, La Roue du Temps est un très long cycle qui est très classique dans ce qu’il construit d’un point de vue High Fantasy avec cette lutte entre le bien et le mal. Ensuite, c’est clairement un Livre-Univers où l’auteur prend vraiment son temps à construire tout ce qui fait son monde et qui plaira aux lecteurs qui aiment s’y perdre. Si vous ne vous reconnaissez pas dans cette description ou que par exemple vous préférez les récits sans temps morts, alors j’aurai du mal à vous conseiller ce cycle.

Déjà le premier point qui, je trouve, apporte quelque-chose de nouveau dans ce troisième Tome, vient de la Narration. Rand disparait ainsi grandement de ce troisième tome pour laisser la place à ses différents compagnons, alors que finalement il est toujours le héros central de l’intrigue. Cela permet ainsi à l’auteur de jouer avec le lecteur, d’offrir une certaine ambiguïté sur Rand, de se poser des questions sur lui. Est-il en train de sombrer dans la folie? Va-t-il finalement mener cette lutte à sa perte? Ou bien est-il vraiment guider par la Roue du Temps et son statu de Ta’veren ? Cela amène ainsi une certaine tension au récit, accentué encore par les intrigues secondaires concernant les aes sedai de l’Ajah noire ou encore les aspects politiques qui se resserrent, voyant le monde changer. On est toujours globalement dans une lutte entre le bien et le mal, mais cela n’empêche pas les différents personnages de se révéler complexes et de montrer que parfois la frontière entre un camp ou l’auteur repose sur de nombreux facteurs et peut varier dans un sens comme dans l’autre. L’auteur maîtrise plutôt bien le rythme de son récit, amenant révélations et rebondissements de tel façon qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus, même si parfois il en fait un peu trop mais j’y reviendrai. Dans tous les cas un troisième tome à l’intrigue intéressante, efficace et qui ne manque pas d’attrait.

Bien entendu, comme je l’ai dit le gros point fort vient clairement de l’univers que construit l’auteur tout le long de son cycle. On plonge ainsi dans un monde dont on sent qu’il est maîtrisé, se révélant dense, au détail près et paraissant immense. Pour tout ceux qui apprécient la Fantasy pour cette capacité à dépayser son lectorat, Robert Jordan s’en sort plus que bien que ce soit d’un point de vue social, politique, jeux de pouvoirs, magie ou bien encore mœurs et coutumes. Chaque ville visité, chaque région découverte offre ainsi quelque-chose de différent, d’accrocheur. Cela a beau être le troisième tome, la magie de la découverte étant ainsi passé, et pourtant je plonge avec toujours autant de plaisir dans cet univers et j’y replongerai avec envie tant il me donne l’impression de voyager et de voir de nouvelles choses. Alors après ce troisième tome apporte certes tout de même moins de nouveautés que les deux premiers, on y retrouve certains lieux déjà visité, mais cela ne lui enlève en rien son intérêt. Autre point intéressant on en apprend aussi un peu plus sur les systèmes de magie, mais aussi sur l’intrigue fil rouge, les réprouvés et autres. Je regretterai juste une chose, l’univers est dense, certes, mais parfois il l’est un peu trop. Certaines longueurs se font parfois ressentir ici ou là. Oui j’aime quand un auteur prend son temps pour développer son monde, mais pas au point de me donner la description du pied de la table de la petite pièce au fond qui sert à rien. Je caricature un peu mes propos, ça ne va pas à ce point-là, mais par moment il en faisait clairement trop même si ce n’est en rien trop bloquant.

Concernant les personnages là on entre un peu plus dans les griefs que j’ai eu avec ce tome. J’ai ainsi eu pour schématiser trois niveaux d’appréciations différentes selon les personnages rencontrés. Concernant Rand et Perrin, les passages qui tournent autour d’eux sont vraiment intéressants à suivre. Certes Rand, comme je l’ai dit, est peu présent, mais on sent le personnage évoluer doucement. Avoir un tel fardeau sur les épaules n’est pas gratuit ni facile à supporter. Perrin est le plus intéressant à découvrir dans ce tome, il est celui qui se remet vraiment en question suite aux évènements du second tome et à sa particularité. Il essaie de rester droit dans ses principes, ce qui n’est pas toujours facile. Vient ensuite Mat, qui n’est pas un mauvais personnage, mais qui par certains points m’a par moment donner envie de le secouer. Lui aussi évolue et doit faire face aux conséquences liées à la dague qu’il a pris dans les tomes précédents. Lui aussi doit avancer et évoluer et malgré son attitude hautaine, dévoile qu’il possède du cœur. Sa relation avec Thom apporte aussi un plus à son fil d’intrigue. Par contre ce qui m’a un peu dérangé c’est sa désinvolture, il a quand même participé durant les deux premiers tome à la grande bataille, Rand est le dragon réincarné, il a failli mourir, pourtant il continue à réagir comme un adolescent boudeur qui sait tout sur tout et mieux que tout le monde. Après j’ai confiance, je pense qu’il va évoluer.

Vient enfin la dernière catégorie de personnages composé d’Egwene, Nynaeve et Elayne. Comment dire, j’ai eu plus du mal avec elles. Dans le dernier tiers elles s’avèrent pourtant intéressantes à suivre, mais bon sang ce que j’ai eu du mal avec toute la partie Aes Sedai. Surtout celle où elles doivent débusquer l’Ajah Noire qui en devenait répétitif. Les voir se plaindre toutes le 2 pages et répéter à tout va que telle sœur pourrait être une ennemie, celle-ci aussi, puis celle-là qui sait et celle-là … c’est bon on a compris toute personne est potentiellement un ennemi pas besoin d’en faire une histoire à chaque fois que tu croises quelqu’un. Pareil concernant leurs manies qui se réitèrent de trop. Ensuite elles ont aussi ce côté je sais tout mieux que tout le monde qui, a force à eu le don de m’ennuyer. Alors on pourrait croire que je n’ai pas du tout apprécier ces héroïnes, alors que c’est faux elles restent intéressantes dans ce qu’elles apportent à l’intrigue et aussi dans tout ce qui concerna la magie, juste elle me donne l’impression de ne pas évoluer ce qui est légèrement dommage. Enfin deux points plus généraux que j’avais déjà soulevé, toutes les femmes sont bien entendu magnifiques, aucune n’ayant la moindre petite imperfection, ensuite l’auteur en fait parfois un peu trop sur certaines généralités caricaturales, principalement dans la vision qu’à chaque genre vis-à-vis de l’autre, qui à force de se voir seriner lasse le lecteur.

Alors attention, comme je l’ai dit, malgré les derniers points que j’ai soulevé, j’ai passé un agréable moment avec ce troisième tome qui offre une high Fantasy classique et efficace. Il est aussi compliqué de résumer un tel volume en quelques mots. Je comprends clairement qu’il soit considérer comme une œuvre majeure par beaucoup et lecteurs car, même si moi personnellement je suis loin de le considérer comme un chef d’œuvre, j’en reconnais ses qualités et sa capacité à nous faire voyager à la découverte de ce monde et à nous happer un minimum dans cette lutte pleines d’aventures. Certes tout n’est pas parfait mais cela ne m’empêchera pas de lire la suite de ce cycle toujours bien porté par une plume que je trouve soignée, efficace, vivante et entraînante qui finalement a réussit à me plonger facilement dans son récit.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le troisième tome de cette qui, même s’il a commencé à montrer ses limites sur certains points, offre une histoire efficace et intéressante. Le point intéressant de ce tome vient du changement dans la narration où Rand, le héros, disparait en grande partie au profit de ses amis. Cela permet ainsi à l’auteur de jouer avec le lecteur et à se poser des questions sur la santé du héros et sa possible folie. Le point fort de ce genre de cycle vient aussi clairement de l’univers qui est mis en place qui se révèle extrêmement dense. L’auteur construit un monde au moindre détail prés, où chacun peut venir se perdre et se dépayser et qui évolue sans cesse. Le revers de la médaille c’est que, même moi qui apprécie énormément ce genre d’univers j’ai trouvé qu’il en faisait trop. Concernant les personnages, j’ai énormément accroché à Rand et Perrin qui évoluent et doivent faire face aux derniers bouleversements, j’ai un peu moins accroché à Mat qui, sans être mauvais, sa désinvolture me tapait sur le système et enfin je n’ai que moyennement accroché aux personnages féminins, principalement dans la partie dans la tour Aes Sedai. Pour moi une impression de ne pas avancer, de se répéter avec des héroïnes qui savent tout mieux que tout le monde et aux manies, à force, agaçantes. Je regretterai aussi le fait que toutes les héroïnes sont bien entendu magnifique et sans défauts physiques ou sur certaines généralités caricaturales qu’on trouve limite à chaque chapitre. Au final un troisième tome bien porté par une plume soignée et efficace qui m’a offert un bon moment de lecture et je continuerai le cycle sans soucis.

Ma Note : 7,5/10

Planetfall – Emma Newman

Résumé : Touchée par la grâce, Lee Suh-Mi a reçu la vision d’une planète lointaine, un éden où serait révélé aux hommes le secret de leur place dans l’Univers. Sa conviction est telle qu’elle a entraîné plusieurs centaines de fidèles dans ce voyage sans retour à la rencontre de leur créateur. Vingt-deux ans se sont écoulés depuis qu’ils sont arrivés là-bas et qu’ils ont établi leur colonie au pied d’une énigmatique structure extraterrestre, la Cité de Dieu, dans laquelle Lee Suh-Mi a disparu depuis lors.
Ingénieur impliquée dans le projet depuis son origine, Renata Ghali est la dépositaire d’un terrible secret sur lequel repose le fragile équilibre de la colonie, qui pourrait voler en éclats avec l’entrée en scène d’un nouveau membre, un homme qui ressemble étrangement à Suh-Mi, trop jeune pour faire partie de la première génération de colons…

Edition : J’ai Lu Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : Emma Newman est une auteur anglaise qui est surtout connu pour ses romans d’Urban Fantasy à l’époque victorienne, dont j’ai vu passer des échos sur les blogs VO que je suis régulièrement. D’ailleurs je suis bien tenté par son dernier roman qui vient d’être publié en Anglais de Gaslamp Fantasy, mais là n’est pas le sujet. Planetfall est, si je ne me trompe pas, son premier roman SF, mais aussi surtout son premier roman publié en France et j’avoue avoir rapidement craqué au vu des chroniques que j’ai vu passer à droite et à gauche. Concernant la couverture, elle reprend celle en VO que je trouve plutôt sympathique.

Ce roman nous plonge dans un futur où, entrainé par Lee Suh-Mi une jeune femme qui a reçu une vision, des centaines de personnes sont allé coloniser une planète où ils ont trouvé la Cité de Dieu. Bien des années plus tard, ils vivent paisiblement dans un village dans l’attente du retour de la Cité de Dieu de Lee Suh-Mi qui viendra leur montrer la voie. Sauf qu’un nouvel arrivant va venir bouleverser l’équilibre nait dans cette colonie. Une fois la dernière page de Planetfall tournée je dois bien admettre que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman, qui pourra même ravir différents types de lecteurs. Ce que j’entends par là c’est qu’on plonge ici dans une histoire à la fois efficace et pleine de rebondissements et de surprises, mais aussi dans un récit intelligent qui nous offre de nombreux axes de réflexions. Il faut dire qu’on est rapidement happé par ce roman, déjà grâce une narration à la première personne maîtrisée qui devient rapidement immersive, mais aussi par la tension qui se dégage tout le long du récit et qui gagne lentement en intensité. On se retrouve ainsi à tourner rapidement et facilement les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur les nombreux secrets qui se cachent au niveau de cette colonie et que vient voler en éclat ce nouvel arrivant qui ne parait pas si étranger que cela.

L’univers futuriste que l’on découvre au fil des pages ne manque pas  d’attrait, que ce soit d’un point de vue technologique comme d’un point de vue social. On découvre ainsi un futur ou tout le monde est connecté pour permettre de faciliter les échanges et d’être tous liés dans un monde possiblement hostile, ce qui a certes ses avantages, mais aussi ses inconvénients. On a l’impression que tous sont connectés à un immense réseau social et qu’au final chacun connaît tout sur tout le monde, même si une certaine vie privée reste en partie préservée. Cela influence aussi la façon de communiquer et on se rend rapidement compte que le réseau est limite devenu l’élément central d’échange, comme si toute information devait être su de tous, ce qui finalement nous fait réfléchir sur nous-même et la façon de transmettre des informations. Dans ce futur l’imprimante 3D est devenue un élément essentiel de la colonie, elle permet de construire l’ensemble des désirs de chacun, il faut simplement maîtriser les ressources globales, et permet ainsi de nombreuses choses fascinantes. L’aspect technologique se fond surtout parfaitement dans le décor que construit l’auteur, s’avérant cohérent et efficace et donnant envie d’en apprendre plus.

L’aspect social est aussi l’un des gros points à découvrir. En effet dans un tel monde on pourrait penser qu’il se révèle apaisé, ouvert, où tous vont dans le même sens, et même si par certains aspects il est libéré, par d’autres on se rend rapidement compte que c’est loin d’être le cas. Malgré toutes les technologies on y découvre une colonie qui cache de nombreux secrets, de nombreux non-dits, de nombreux mensonges, mais aussi des manipulations et des jeux de pouvoirs. L’Homme a beau avancer, évoluer, améliorer sa vie, avoir un but commun il reste ainsi toujours égal à lui-même et c’est ce qu’on découvre à travers le regard de Renata qui n’est pas non plus exempte de tous défauts loin de là. Une colonie gangrenée qui partait à la recherche d’un monde meilleur, mais qui finalement va devoir faire face à elle-même et ses contradictions. Mais surtout ce qui porte efficacement le récit c’est Renata elle-même. L’auteur nous dresse un portrait fascinant et intimiste d’une héroïne loin d’être fiable et qui cache une affection que l’on va peut à peut découvrir. On n’est pas dans l’héroïne classique, mais plus dans une personne abimée en profondeurs, pleine de souffrances, de trahisons, de rêve brisés, d’espoirs déçus, dont les nombreux secrets et mensonges la ronge en plus de sa déficience et qui au fil des pages marque le lecteur. On s’attache ainsi rapidement et facilement à elle et le regard des autres nous touche tant l’auteur maîtrise son sujet, ce qui nous pousse à réfléchir.

L’autre point captivant de ce récit vient des réflexions que nous propose l’auteur que ce soit sur la vie en communauté, la notion de vie privée, la maladie, l’équilibre, ou bien encore des sujets la foi et ce qui la motive, le parallèle entre la science et la foi ou bien encore la notion de vie extra-terrestre, ce récit brasse de nombreux sujets et en grande majorité de façon plus qu’efficace. L’existence de dieu devient ainsi un point central du récit et, sans trop en dire, l’auteur arrive à construire quelque chose d’efficace, d’ambigu, sans tomber dans le poncif ou dans une argumentation trop lourde. Elle nous fait ainsi réfléchir sur cette notion, tout ce qu’on peut y mettre derrière et surtout la façon dont certains peuvent s’en servir que ce soit en bien ou en mal.  La maladie est aussi traitée de façon intelligente et sobre, sur le regard qu’on peut porter et la norme qu’on met derrière ce mot.

Alors, tout n’est pas non plus parfait, déjà le fait de ne se concentrer que sur Renata a pour effet d’éclipser énormément les autres personnages, ce que j’ai trouvé légèrement dommage, surtout concernant Marks ou Sung-Soo qui aurait peut-être mérité un travail un peu plus en profondeur. Ensuite j’ai trouvé que certains évènements, vers la fin, étaient traités un peu trop rapidement, cela permet certes d’offrir une accélération dans le dernier quart du récit, mais qui s’avère aussi légèrement frustrant. Enfin concernant la conclusion, elle n’est pas mauvaise en soit, restant très ouverte, mais voilà je ne sais pas pourquoi elle m’a paru « facile ». L’auteur donnant pour moi l’impression de vouloir contenter tout le monde en évitant d’offrir des réponses trop tranchées, mais joue trop à l’équilibriste. Après ce ne sont que quelques détails, j’ai passé un très bon moment avec ce bouquin, bien porté par une plume efficace, vivante et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec Planetfall qui nous offre à la fois une histoire efficace, entrainante et pleine de rebondissements, mais aussi un récit intelligent. On plonge rapidement dans ce récit qui offre dès le départ une tension qui gagne en intensité au fil des pages et des révélations. L’univers construit est plus qu’efficace, que ce soit d’un point de vue technologique avec ces outils de communication ou ces imprimantes 3D, mais aussi d’un point de vue social. On découvre ainsi une colonie qui malgré son vernis de paix et d’entente cache finalement de nombreux secrets, des luttes de pouvoir et des mensonges. Mais surtout ce qui porte le récit c’est la voix de Renata, l’auteur construisant une héroïne que j’ai trouvé passionnante et touchante. On est loin du personnage parfait, se révélant d’une certaine façon abîmée, pleines de rêves déçus, d’espoirs brisés, de trahisons et de mensonges qui la ronge. Une héroïne malade, qui nous marque et nous pousse à réfléchir sur le regard qu’on peut avoir. C’est d’ailleurs l’autre point efficace du récit, les questions soulevées sur la vie en groupe, la notion de vie privée, la notion de foie ou encore sur la possibilité d’une vie extra-terrestre. Alors après quelques points m’ont quand même dérangé, comme le fait que la narration à la première personne, certes immersive, éclipse les autres personnages, certains évènement m’ont paru traité un peu trop rapidement et enfin la conclusion même si elle n’est pas mauvaise m’a un peu laissé sur ma faim. Mais rien de non plus bloquant tant j’ai passé un bon moment avec ce roman, bien porté par une plume vive, efficace et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Joyeux-Drille, Elessar, Yogo, …