Présumé Coupable – Isabelle Guso

presume coupableRésumé : Autour de mes démons, une armure de papier.
Mon Peter Pan dans sa tombe, ma forteresse.
Mentir puisqu’il le faut.
Lutter seul.
Et tenir bon.

 

Edition : Griffe D’Encre

 

Mon Avis : Je dois bien dire que j’ai fait entrer ce livre un peu par hasard dans ma PAL en étant tombé sur l’e-book qui proposait une offre intéressante pour faire découvrir ce récit. Je ne connaissais rien de l’histoire, ni de l’auteur et pourtant j’ai trouvé la quatrième de couverture intriguant, peut être même un peu trop, et ajoutez à cela une couverture, illustrée par Zariel, vraiment réussie, j’ai donc décidé de lire cette Novella.

Finalement j’ai été surpris par ce récit, déjà premièrement parce qu’il est très loin du côté littérature de l’imaginaire que je connais chez Griffe D’Encre, mais surtout car il traite d’un sujet qui est extrêmement sensible, mais aussi limite interdit, tabou. Alors, je ne vais pas révéler de quel sujet traite ce livre, ce serait un peu empiéter sur le texte, mais très vite on comprend de quoi veut parler l’auteur, un sujet brulant de la société qui ne laisse personne indifférent. La force de l’auteur est de ne pas rendre ce « mal » humain ou d’essayer de le minimiser, elle annonce clairement que la punition est normale, elle essaye par contre de mettre en avant les gens qui, tous les jours, tentent de résister a ces pulsions, à ne pas lâcher prise dans la solitude, car annoncer son mal serait se faire voir comme un monstre et rejeter par la population. Certes ce livre risque de bousculer plus d’un lecteur voir de choquer, et pourtant, comme je l’ai dit, le but de l’auteur n’est pas de disculper ce crime odieux, mais juste tenter de faire réfléchir le lecteur, de commencer à ébranler certaines convictions, mais aussi de tenter de voir pour trouver une solution pour limiter au maximum ce genre de crimes.

La force de ce roman est finalement sa narration à la première personne qui permet de se plonger dans le quotidien de ce héros qui, tous les jours, lutte contre ses pulsions qui le dévorent. Ce qui marque surtout c’est cette solitude qui, d’une certaine façon parait logique, car devant le trouble qui habite le héros je ne sais pas comment je réagirai s’il me l’apprenait, mais qui rappelle que le héros est obligé de lutter seul contre lui-même, il ne peut en parler à personne sans avoir peur de se savoir qu’il va être jugé et rejeté. L’auteur appuie tout ça par les réflexions et des arguments plutôt efficaces qui nous sont présentés par ce héros, se demandant s’il est pire que tel ou tel criminel, mérite-t’il vraiment d’être mis au ban de la société alors qu’au final il n’a rien fait? Mais voilà j’ai trouvé que parfois les arguments n’étaient pas toujours incisifs et reposaient, de temps en temps, à la base, sur des faits contestables, mais rien de bien gênant. Non ce que j’ai trouvé dommage par contre c’est que, certes, le héros présente des faits et des arguments, mais lui dans tout ça? son ressenti ses émotions devant ce qu’il est et contre quoi il doit lutter? Tout ça passe un peu à la trappe ce qui est frustrant pour tenter d’encore mieux comprendre ce héros.

Il faut aussi ajouter que ce texte est porté par une très jolie plume qui se révèle vraiment cohérente, nuancée, efficace et, d’une certaine façon, poétique arrivant à traiter de ce sujet sensible, dérangeant et toujours d’actualité de façon intéressante et poussant vraiment le lecteur a, au moins, se poser quelques questions. Une novella qui ne laissera sûrement pas indifférent, même si j’aurai aimé plus de profondeur sur le personnage principal, et que l’auteur traite de façon efficace et humaine, ne minimisant pas la gravité du crime, cherchant des solutions.

En Résumé : Ce qu’il faut bien avouer avec cette Novella c’est qu’elle risque de ne pas laisser le lecteur indifférent, traitant d’un sujet sensible et toujours d’actualité qui pourrait en déranger certains, mais dont l’auteur a réussi à traiter avec intelligence et tact nous offrant ainsi une histoire efficace et surtout humaine. La narration à la première personne joue énormément nous permettant de plonger dans la vie de cet héros qui doit lutter au quotidien contre ses pulsions et qui doit le faire seul sous peine de se retrouver rejeter. La plume de l’auteur se révèle vraiment efficace, poétique et pleine de nuance ce qui permet clairement à ce texte de se détacher le tout sans jamais tomber dans l’envie de nuancer ce « crime », cette différence, mais plutôt dans l’envie de prévention, de pouvoir limiter ce problème. Mon seul regret est que ce texte repose pleinement sur des faits, des actes, des arguments, mais jamais on ne rentre vraiment dans le fond du personnage, dans ces idées à lui, ces sentiments, ses émotions; cela aurait pu offrir un plus à l’histoire.

 

Ma Note : 7,5/10 

 

 

 

chalenge

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1 Comment

  1. Au tout début du livre, le mot est lâché en fait 🙂
    Je n’ai pas été très surprise par les arguments, certains étant tirés par les cheveux. La narration à la première personne du singulier ne m’a pas non plus davantage attachée ni au personnage ni à
    son quotidien. Du coup, je peux te confirmer, que si, j’ai été assez indifférente. Je ne plussoie pas non plus le côté poétique mais effectivement, sur ce genre de livre, on peut trouver des avis
    totalement différents 😉

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