Sharakhaï Tome 2, Le Sang sur le Sable – Bradley P. Beaulieu

Résumé : Çeda est désormais une Vierge du Sabre, une guerrière d’élite. Tandis que les Rois de Sharakhaï lui confient des missions pour consolider leur pouvoir, la jeune fille s’efforce de découvrir leurs secrets. Elle connaît déjà la terrible histoire des asirim, et lorsqu’un lien se crée entre eux, leur douleur devient la sienne. Les asirim veulent briser leurs chaînes, or ils sont soumis à la volonté des dieux et n’ont d’autre choix que d’obéir. L’atmosphère de Sharakhaï est plus délétère que jamais. Quand Çeda et son ami Emre sont impliqués dans un complot ourdi par un mage de sang, ils font une incroyable découverte qui pourrait bien renverser l’ordre établi. Mais malheur à ceux qui s’opposent aux Rois immortels et aux Vierges aux sabres d’ébène…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques mois, la maison d’éditions Bragelonne sortait le premier tome de ce cycle, Les Douze Rois de Sharakhaï, qui m’avait offert un moment de lecture divertissant et sympathique, mais sans non plus arriver à me convaincre totalement (ma chronique ici). J’avais tout de même été assez captivé pour me laisser tenter par ce second volume, en me demandant comment l’auteur allait faire évoluer son intrigue et surtout faire avancer ses personnages. Concernant la couverture, illustrée par Marc Simonetti, je la trouve franchement magnifique et qui donne envie de plonger dans ce livre.

On plonge ainsi juste après la fin du premier tome qui a vu Çeda devenir une Vierge du Sabre et mettre en place sa vengeance pour permettre l’élimination des Rois de Sharakhaï. Sauf que voilà atteindre les rois n’est pas chose aisée. En attendant une ouverture elle s’entraîne avec sa main et effectue des missions pour les Rois. Emre a rejoint la révolution et, à sa façon, lui aussi cherche à faire tomber les Rois pour retrouver la liberté. Ramahd doit faire face à Hamzakiir, l’un des plus puissant mage de Sang et tout tenter pour le contrôler, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Alors autant le dire tout de suite, une fois la dernière page tournée je ressors de ma lecture de ce second tome avec le même ressenti que le premier tome, l’aspect nouveauté en moins. Cela reste un volume divertissant, plutôt sympathique à lire, mais qui n’a pourtant pas non plus réussi à totalement me captiver. Pourtant je n’arrive pas clairement à mettre le doigt sur ce qui m’empêche de rentrer dedans, car finalement finalement Bradley P. Beaulieu remplit parfaitement les codes du genre et il le fait avec un minimum de solidité et de densité.

Concernant l’intrigue on reste sur les mêmes lignes que celle du premier tome, chaque personnage cherchant à sa façon de se libérer du pouvoir des Rois soit par vengeance, soit pour trouver une nouvelle liberté ou bien encore pour pouvoir en profiter. L’ensemble se densifie ici de façon intéressante à travers les différentes manipulations, jeux de pouvoirs et autres mensonges et trahisons qui viennent apporter surprises et rebondissements. Pour autant, j’ai trouvé tout de même cette suite moins percutante que le premier tome, plus dans la notion de transition, sauf que voilà pour ma part j’ai trouvé que l’ensemble était trop lent à mon goût. Si je prends le fil de narration de Çeda j’ai eu du mal à trouver un intérêt dans sa formation, mais aussi dans la rivalité très exacerbée qui se met en place avec la nouvelle arrivant de sa main. Je ne dis pas que je ne la comprends pas cette haine, juste que j’ai eu l’impression qu’elle n’était là que pour offrir une antagoniste supplémentaire, remplir un peu plus le roman et offrir des rebondissements supplémentaires. Tous comme les flashbacks, déjà dans le premier tome je les trouvais, sauf exceptions, de trop, ici même s’il m’a paru y en avoir moins, je n’ai jamais eu l’impression qu’ils apportaient énormément au récit. J’ai ainsi trouvé ce second tome un peu trop long et une centaine de pages en moins ne m’aurait pas dérangé et aurait pu le rendre plus prenant. Certes les intrigues ne manquent pas d’attrait, c’est plutôt la notion de remplissage en fait qui m’a par moment dérangé.

En ce qui concerne l’univers il reste toujours l’un des points forts du récit, nous offrant toujours un monde typé Moyen-Orient solide et intéressant. Il faut dire qu’on sent que l’auteur cherche à développer un univers dense, parfois même un peu trop tant il m’a paru aller trop loin dans la notion de détails. Pourtant j’aime bien les récits qui prennent leur temps, qui offrent un univers dense et soigné, mais ici Bradley P. Beaulieu ne trouve pas, pour moi, le juste milieu entre découverte, dépaysement et avancement. Maintenant cela n’enlève en rien à la profondeur et à la délicatesse de cet univers, que ce soit dans la découverte de la ville, dans la complexité politique avec les différents clans ou encore dans l’ambiance, il y a tout de même quelque-chose qui s’en dégage et donne envie d’en apprendre plus. Concernant l’aspect magique, ainsi que les nombreux mystères qui tournent autour des douze rois, mais aussi des Asirim, le récit joue efficacement avec les révélations, offrant quelques réponses qui permettent de densifier l’ensemble, tout en gardant des nombreuses questions en attentes pour la suite et en amenant des nouvelles. L’autre point intéressant vient par contre de la notion de sang dans le roman qui, je trouve, est un point important du cycle. Les tout est porté dans une ambiance toujours aussi sombre, sanglante violente dont mon seul regret est que finalement les douze rois étant quand même pas mal en retrait, ils ont du mal à prendre ce visage de « monstres », de danger, voir de despotes s’avérant un peu trop archétypaux par moment. Maintenant on n’en est qu’au début du cycle et je ne doute pas qu’ils pourraient gagner en profondeur.

Concernant les personnages là encore, comme le premier tome, je reste un peu sur ma faim. A nouveau je n’arrive pas vraiment à pointer du doigt ce qui me dérange, mais j’ai eu du mal à m’attacher aux différentes héroïnes et les différents héros que l’on croise. On sent que l’auteur cherche à nous présenter des héros complexes, soignés et denses aussi, mais pour autant même si j’ai en partie accroché à Çeda dans son envie de vengeance, dans certaines de ses relations, elle m’a régulièrement énervé avec son petit côté « tête à claques » qui n’écoute jamais rien ni personne, n’évolue jamais et continue à foncer dans le tas en se demandant pourquoi çà plante. Emre apporte une vision intéressante de la résistance, dans leurs motivations et leurs quêtes, mais pour autant je n’ai jamais réussi à m’accrocher vraiment au personnage, paraissent un peu trop lisse à mon goût. Ramahd est par contre un personnage intéressant, mais c’est sa ligne d’intrigue qui m’a paru trop traîner en longueur. Davud aussi gagne en intérêt dans ce tome, même si c’est dommage que ça n’arrive que vers la fin. Attention, je ne dis pas que les personnages sont mauvais, sont des caricatures ou s’avèrent simplistes, ce n’est nullement le cas, mais voilà même si je ne les ai pas trouvés mauvais, il m’a paru manquer un petit truc pour vraiment m’emporter, me toucher. En ce qui concerne les personnages secondaires, ils remplissent bien leurs rôles et s’avèrent plutôt solides.

Autre point qui m’a légèrement frustré c’est quelques facilités qui se font ressentir ici ou là, même si de ce point de vue là rien de trop bloquant. Alors, malgré ce que vous pourrez croire non je n’ai pas détesté ce roman, je l’ai même trouvé plutôt sympathique et un minimum entraînant, mais voilà il lui manquait ce petit truc qui aurait pu, dû, me happer et me faire pleinement plonger dans ce récit. Surtout que l’auteur possède une plume intéressante, qui cherche à vraiment offrir une image complexe et dense, s’avérant plutôt entraînante. Après c’est vrai que, je le répète, j’aurai peut-être plus accroché avec 100 voir 150 pages de moins. Alors, je réfléchissais à l’idée de me laisser tenter par le troisième tome du cycle, sauf qu’après vérification je me suis rendu compte qu’il ne s’agit pas d’une trilogie, mais d’un cycle en six tomes. Je vais donc en rester là avec Sharakaï, je ne doute pas que cette série devrait trouver son public, je pense juste que pour une raison ou pour une autre je n’ai pas été le bon public. Peut-être ai-je envie d’une Fantasy différente aussi, je ne sais pas.

En Résumé : Je dois bien admettre que je ressors de ma lecture avec le même sentiment que le premier tome, un récit plutôt sympathique et divertissant, mais avec le côté nouveauté en moins. Je n’arrive pas vraiment à mettre le doigt sur ce qui m’a bloqué, car mis à part que j’ai trouvé l’ensemble un peu trop long, le reste répond clairement aux codes du genre et s’avère solide. L’univers reste un des points forts du roman, offrant un monde teinté moyen-orient et s’avérant, dense, complexe que ce soit dans son aspect social, politique, magique et humains. Alors oui, l’auteur va quand même pousser le sens du détail à fond, ce qui offre des longueurs, mais dans l’ensemble il donne envie d’en apprendre plus, le tout porté par une ambiance sombre et violente. Concernant les personnages, ils sont travaillés, profonds et pourtant mis à art certains héros plus secondaires, j’ai eu du mal à m’accrocher à eux. Seuls Ramahd et Davud ont ainsi réussi à me toucher un peu, et encore le premier j’ai trouvé que sa ligne d’intrigue traînait en longueur. J’ai aussi trouvé une ou deux facilités, même si là rien de trop bloquant ou dérangeant. Alors oui ce tome aurait pu être encore meilleur avec, je dirais, 100 à 150 pages de moins, mais je pense aussi que l’ensemble n’était finalement pas fait pour moi. Je n’ai, pour je ne sais quelle raison, jamais réussi à entrer complètement das ce livre qui, même s’il reste sympathique, ne me fera pas lire la suite.

 

Ma Note : 6,5/10

 

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  1. Jean

    Je reste aussi sur ma faim après le T.1 et donc je me dispenserai du T.2…qui, en plus, est un peu longuet, on dirait….
    Il me semble qu’il y a plein de belles choses à traduire au vu des chroniques des blogueurs et qu’il serait bon d’en faire profiter le petit peuple non anglophone….

    • Oui je l’ai trouvé long pour ma part. Si le Tome 1 t’a laissé sur ta faim alors, oui, il me parait compliqué de te conseiller la suite.
      Il est difficile de savoir ce qui mérite d’être traduit ou non, car finalement ce qui compte pour une maison d’édition c’est de proposer un texte qui plait et bien entendu si possible qui se vende bien. Si on prend Sharakhaï, le premier tome c’est extrêmement bien vendu des échos que j’ai eu (près de 6000 ex), donc finalement l’idée de traduire ce cycle est bonne.

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