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Le Chant des Epines Tome 2, Le Royaume Eveillé – Adrien Tomas

Résumé : Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs
compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet de rassembler les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.
Presque un an après la bataille finale entre les citadelles de Sveld et d’Asreld, l’orpheline Ithaen est montée sur le trône du royaume unifié de Sveldia. Avec l’aide de ses amis et de l’étrange la Locuste, elle coordonne le destin de ses alliés, anciens ou nouveaux, avec la maîtrise d’un chef d’orchestre.
Mais il n’est pas certain que cela soit suffisant. Le Royaume Éveillé sera-t-il assez fort pour survivre à sa première grande guerre, alors que les Légions infinies de l’Empire séide se mettent en ordre de bataille ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a quelques mois, je me suis lancé dans le premier tome de cette trilogie, préquelle de La Geste du Sixième Royaume. Il faut dire que j’avais passé de bons moments de lecture avec les deux premiers romans se déroulant dans cet univers, offrant des récits denses, entrainants et efficaces (Chronique de La Geste du Sixième Royaume ici et de La Maison des Mages ). Le premier tome de cette nouvelle trilogie m’avais lui aussi offert un agréable moment de lecture, même si je l’avais trouvé moins prenant que les deux autres romans cités précédemment (ma chronique ici). J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait bien proposer l’auteur pour ce second tome. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve réussie et qui donne envie de plonger dans le livre.

On plonge ici un an après la fin des évènements du premier tome, qui avait vu la Reine Ithaen unifier le royaume grâce à l’adhésion de l’ensemble des Epines à son projet. Sauf que tout reste à faire, la menace de l’Empire Séide pèse toujours sur le royaume, la bataille entre Sveld et Asreld a sapé une partie des forces de Sveldia et le projet d’Ithaen n’est toujours pas accepté par tout le monde. Les épines vont devoir donner le meilleur d’eux-mêmes pour sauver ce royaume naissant. Une fois la dernières page tournée, je dois bien admettre que je me retrouve dans le même cas de figure que lors de ma lecture de Notre-Dame des Loups. Le roman a des retours qui sont jusque maintenant plus que positif et pourtant de mon côté je suis passé en grande partie à côté de ce roman. L’auteur depuis quelques temps propose des histoires qui sont assez courtes et cherchent à mettre en avant un rythme effréné, de nombreux rebondissements ainsi qu’une tension qui doit pousser le lecteur à tourner les pages. Ce n’est nullement un défaut, juste un constat que je fais et qui a joué sur mon ressenti n’étant plus obligatoirement le public de ce genre de récit, appréciant plus les récits plus denses et complexes.

Pourtant, je ne suis jamais non plus complètement contre un roman page-turner, surtout qu’ici l’énergie que met l’auteur dans son récit se dégage clairement et donne envie d’y plonger. Je ne peux pas nier que je me suis retrouvé à tourner les pages avec un minimum de facilité, bien porté par un chapitrage court et percutant, offrant pleine de surprises et s’avérant sans temps morts. Mais voilà le nombre de personnages assez important que l’on croise, le fait que ce second tome soit clairement un tome de transition et le fait que j’ai eu l’impression que l’auteur ne rentrait jamais franchement en profondeur concernant les différentes idées qu’il proposait m’ont empêché d’entrer complètement dans ce roman. Tout m’a paru ainsi traité trop vite et trop en surface, alors que le récit ne manque pas obligatoirement d’intérêt ni d’idée. Même l’univers, que j’adore pourtant, m’a paru rester abstrait dans ce second tome. Je prends l’exemple de l’association des Elfes avec l’Empire Séide, qui est pourtant au centre de ce récit et qui selon moi manque quand même de complexité, surtout quand on sait la haine qui déchire ses deux peuples. Alors certes, l’auteur évite de rendre cette association beaucoup trop facile non plus, montrant une certaine tension, mais voilà l’évolution au fil des pages m’a paru trop superficielle et trop facilement accepté par les deux clans pour tout simplement répondre au besoin de l’intrigue.

Un autre point, par exemple, qui m’a légèrement frustré c’est tout ce qui tourne autour de Vermine et l’évolution de ses pouvoirs. Alors oui l’auteur évite de tomber dans le côté « apprentissage scolaire » que l’on retrouve dans de nombreux autres romans, sauf que voilà il le fait avec une ellipse que j’ai trouvé frustrante. C’est bien simple on n’apprendra rien de son apprentissage, offrant un chapitre où elle découvre son professeur et plus loin un second chapitre où elle quitte son professeur après avoir appris à un peu mieux maîtrisé ses pouvoirs. C’est frustrant, car le pouvoir de Vermine et sa relation avec ténèbres sont quand même au coeur de cette trilogie et même si on en apprend plus sur certains points qui ne manquent pas d’attraits, comme son origine, là j’ai trouvé qu’on passait à côté d’un passage qui aurait pu apporter aussi un plus principalement au niveau de la compréhension de la magie. C’est un peu le même soucis concernant les réflexions que cherche à amener l’auteur, comme par exemple les choix de vie de Merisia, ou bien encore la relation entre Vermine et Ithaen. Il y a un vrai potentiel pour nous faire réfléchir sur notre vision du monde, qui fait aussi écho à notre société, pourtant j’ai de ce point de vue là trouvé l’ensemble convenu, amené de façon un peu trop simpliste et parfois même vite expédié, offrant même dans certains passages des phrases toutes prêtes et passe partout. C’est dommage, car de mon côté j’ai trouvé que le message avait alors du mal à passer.

Les personnages m’ont eux aussi moins captivé dans ce tome que dans le tome précédent. Il faut dire aussi que le récit continue dans ce tome à offrir de nouveaux points de vues, ce qui n’aide pas à prendre le temps faire avancer ceux que l’on connait déjà, les faire évoluer. Un ou deux des nouveaux personnages m’ont même paru ne rien apporter dans ce tome et, même si je ne doute pas qu’ils auront de l’importance par la suite, je me demande s’ils méritaient d’être amené si tôt dans le récit, surtout au profit des héros principaux. C’est dommage car, autant ils avaient fait la force du premier tome, autant ici j’ai trouvé que les changements qu’ils subissent, leurs progressions dans la vie, m’ont paru hachés, précipités par un récit qui cherche peut-être à aller trop vite et se disperse dans de trop nombreuses perspectives. De plus, certains tombent un peu trop dans le personnage binaire, qu’évitait en grande partie le tome précédent. Après, je ne peux pas nier qu’il y a quelque chose qui se dégage de ce récit, principalement dans son dernier quart qui a enfin réussi à me happer un minimum. Je me suis laissé porter par ce que construit l’auteur pour aboutir à cette conclusion prenante, percutante et un minimum intéressante. L’auteur montre aussi que, même si le roman nous présente des adolescents, ils sont dans un univers qui ne fait pas de cadeaux, un monde en pleine guerre avec sa violence et ses morts.

Sauf que voilà cette scène finale m’a paru un peu trop courte, il y avait, je pense la possibilité d’offrir encore plus de tension, ou peut-être j’en espérais plus. De plus, le retournement de situation final, dont je ne dirai rien pour éviter de vous spoiler, m’a paru manqué d’impact et manqué de profondeur dans la façon dont il est amené. Mais voilà, on peut dire que ces dernières pages, même si elles ont quand même des défauts, ont réussi à me faire oublier une petite partie des défauts et je me demande si l’idée de construire cette histoire comme une trilogie était une bonne idée. Tout du moins de mon point de vue, car j’ai vu de nombreux retours plus que positifs concernant ce second tome. La plume de l’auteur est simple, vive et entraînante ce qui joue beaucoup sur le rythme du récit. Au final je dirai que j’avais tout simplement des attentes différentes de ce que propose ici l’auteur, espérant y retrouver la densité de La Geste, là où l’auteur m’a donné l’impression de proposer plus un divertissement sans temps morts. Je pense tout de même que je lirai la conclusion de cette trilogie, car je n’ai pas envie d’abandonner l’univers en plein milieu et j’ai envie d’en savoir plus sur une ou deux questions.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce second tome pas complètement convaincu, la faute à un tome de transition et à l’impression que tout va trop vite et part dans tous les sens. L’intrigue ne manque pas de s’avérer intéressante dans les grandes lignes, mais j’ai l’impression que chaque mouvement politique, chaque alliance ou mensonge sont traités de façon un peu facile, rapide et donne plus l’impression de se plier au besoin du fil rouge que l’inverse. L’univers donne l’impression, dans ce second tome, de souffrir du même soucis, une impression que le récit reste en surface là où parfois, comme la magie de Vermine, il y aurait eu moyen d’aller plus en profondeur. Concernant les personnages, qui étaient le point fort selon moi du premier, je suis un peu déçu, ce second tome proposant de nombreux points de vue qu’on en perd nos héros qui ont du mal à s’imposer et surtout à donner l’impression qu’ils évoluent autrement que de façon haché dû aux différentes ellipses temporelles. Alors après tout n’est pas mauvais, l’ensemble est énergique et l’accélération dans le dernier quart du roman fait que je me suis retrouvé un peu plus captivé par cette conclusion qui s’avère un minimum efficace. C’est vrai, certains retournements de situations dans cette fin m’ont paru manqué de force, mais voilà dans l’ensemble elle m’a fait oublier un peu mon ressenti jusque là. Tout est une questions d’attente, je pense que je n’avais pas les mêmes que celles que proposait ce livre, cherchant plus une certaine densité, là où le récit propose plus un page-turner sans temps morts. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante et même si ce tome n’a pas répondu à mes attentes je lirai, je pense, le dernier tome, car je n’ai pas envie d’abandonner La Geste en pleine milieu.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Boudicca, Le Comptoir de l’Ecureuil, Xapur, Au Pays des Cave Trolls, …

Le Royaume Rêvé Tome 1, Le Chant des Epines – Adrien Tomas

le-royaume-reve-t-le-chant-des-epinesRésumé : Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?
Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.
Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis : ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent régulièrement ce blog, vous avez dû vous rendre compte que j’ai lu tous les roman publiés d’Adrien Tomas. J’avais ainsi été rapidement emporté par ses deux romans se situant dans l’univers de six royaumes que sont La Geste du Sixième Royaume (chronique ici) et La Maison des Mages (chronique ), qui offraient une Fantasy solide, efficace et entrainante. J’avais un peu moins accroché à Notre-Dame des Loups (chronique ici) qui cherchait peut-être un peu trop à mon goût le côté divertissant au profit de l’intrigue. Par conséquent quand j’ai su que l’auteur revenait dans l’univers de la geste avec son dernier roman, j’ai su qu’il allait terminer rapidement dans ma PAL. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve réussie et efficace.

Pour ceux qui auraient lu les autres romans dans le même univers, il s’agit ici d’un préquel qui nous plonge dans les origines de l’humanité, quelques dizaines d’années après son émancipation des Elfes. On découvre ainsi Les Marches de Gel, contrée divisée entre plusieurs clans avides de pouvoir où les alliances se font et se défont trop rapidement. On suit ainsi plusieurs personnages, autour de la princesse Ithaen qui cherche à unir les peuples contre une menace plus grande. Clairement on se retrouve dans une Fantasy assez classique, avec une intrigue pleine de jeux de pouvoirs et de manipulations, où se mélange elfes, nains, mais aussi magie. Il s’agit clairement de la marque de fabrique d’Adrien Tomas, ce qui l’a fait connaître avec la réussite que l’on connait pour La Geste du Sixième Royaume et La Maison des Mages. Sauf qu’il sait aussi y apporter sa toucher personnelle pour rendre l’ensemble intéressant.

C’est d’ailleurs avec grand plaisir que j’ai replongé dans ce monde, qu’on retrouve et qu’on découvre plus vers ses « origines ». Un univers toujours aussi foisonnant et intéressant, que l’auteur continue à développer avec cette fois plus un travail d’explications sur des éléments des autres romans tout en gardant une certaine fraicheur, une certaine originalité et une certaine nouveauté. Il y a ainsi des nombreux clins d’oeil aux deux autres récits, mais cela n’empêche pas l’auteur d’offrir un monde cohérent, solide et qui ne manque pas d’attrait. Certes j’ai été un peu frustré de ne rester que dans une partie de ce vaste univers, mais je ne me doute pas que cela va changer par la suite. Au final j’ai replongé dans cet univers avec plaisir, un peu comme j’ai retrouvé un vieil ami pas vu depuis longtemps tout en y découvrant de nouvelles surprises.

Concernant les personnages il s’agit selon moi du point fort du roman. On sent bien que l’auteur a le chic pour brosser des héros loin des clichés, efficaces, attachants et captivants. Il nous offre ainsi ici un groupe d’adolescents diversifié et qui évite de tomber dans le côté un peu trop innocent et crédule qu’on retrouve parfois avec ce genre de héros. J’avoue avoir principalement accroché à Vermine qui sort vraiment du lot, certes pas son rôle d’héroïne principale, mais aussi par sa clairvoyance et sa relation avec Ténèbre qui intrigue et donne envie d’en apprendre plus. Merisia et Ithaen ne sont pas non plus en reste, proposant des héroïnes qui ne manquent pas de courage, mais vont devoir faire face à des choix qui vont les changer, les transformer, les plonger dans le monde des adultes. Les personnages masculins du groupe sont solides, mais m’ont un peu moins accrochés. Rien de bien méchant, cela vient surtout qu’ils m’ont paru un peu retrait et ils devraient prendre un peu plus d’ampleur par la suite. Concernant les personnages secondaires là aussi l’auteur nous offre un panel solide, avec quelques-uns qui se dégagent du lot comme la Locuste, protagoniste mystérieux qui joue sur plusieurs tableaux et dont on a encore un peu de mal à en deviner le dessin.

Comme je l’ai dit l’intrigue se construit sur un fond de complot, la princesse cherchant à unifier son royaume par tous les moyens. Mais voilà l’intérêt de ce tome vient, je trouve, dans la façon dont elle y arrive. Non pas à travers des batailles sanglantes, mais plus par une manipulation mise en place par ses parents avec des jeux d’otage et d’intégrations. Cela ne veut pas dire que ce roman ne possède pas de passages épiques, loin de là tant certaines scènes nerveuses se dégagent et offre son lot d’adrénaline. On se retrouve ainsi happé facilement par les péripéties des héros, mais aussi par le talent de conteur de l’auteur qui rend l’ensemble fluide et percutant. Mais voilà malgré toutes les qualités que j’ai cité, ce roman m’a paru avoir du mal à exploiter tout son potentiel, n’offrant qu’une lecture sympathique et divertissante alors qu’il pouvait faire plus à mon goût.

Le premier point qui m’a surpris, outre le fait qu’on sent parfois un peu trop le tome d’introduction, c’est un petit sentiment de facilité une fois la dernière page tournée. Tout se met en place trop simplement et de façon un peu trop balisé, ce qui joue forcément sur le sentiment de tension et d’incertitude qui est parfois recherché. Ensuite l’auteur, comme à son habitude, utilise une narration chorale, sautant d’un personnage à un autre. Sauf que voilà ici on n’est pas dans un one-shot, mais dans une trilogie et la narration montre ses limites en proposant des personnages qui n’ont que peu d’intérêt pour le moment et paraissent même un peu trop dissociés de l’intrigue. Ce sera gommé par la suite, je ne m’en doute pas ils vont prendre de l’importance, mais là j’ai trouvé cela légèrement frustrant. Alors au final cela n’empêche pas ce roman de se révéler intéressant, le tout porté par une plume entraînante et solide. Je lirai la suite avec plaisir, mais voilà je pense que ce premier tome, un peu plus étoffé, aurait pu être encore meilleur. A voir comment le tome deux va faire avancer tout cela.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman qui nous replonge dans le monde des Six Royaumes d’Adrien Tomas. On retrouve ainsi avec grand plaisir cet univers qui nous dévoile ici ses « origines », tout du moins humaines et permet aussi de le densifier un peu plus. Quelques clins d’oeil sont aussi glissés vers les autres tomes ce qui, je trouve, apporte un petit plus. Les personnages sont le grand point fort du récit tant l’auteur construit des héros attachants, soignés et évitant toutes caricatures. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste avec quelques protagonistes de l’ombre qui se dégagent vraiment. L’intrigue, sur fond de manipulation et de jeux de pouvoir, bien porté par le talent de conteur d’Adrien Tomas, une plume fluide et entraînante et quelques scènes épiques s’avère efficace. Sauf que voilà, je trouve que, pour moi, certains points empêchent ce roman de vraiment développer tous son potentiel. Une fois la dernière page tournée j’ai ressenti un léger sentiment de facilité dans la résolution des problèmes, ensuite la narration chorale, dans une trilogie, fait que certains personnages sont présentés mais ont encore un peu de mal à se rattacher à l’intrigue principale, ce qui est légèrement frustrant. Au final cela n’empêche pas ce premier tome de se révéler plus que divertissant et m’a donné envie de lire la suite pour voir comment vont  s’en sortir les héros.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ours inculte, Xapur, Ptitetrolle, Dup, Boudicca, Zina, …

Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Trolls & Légendes, l’Anthologie Officielle – Collectif

trolls & legendes 2015Résumé : Entre mythologie, humour et (en)quêtes, parcourez avec eux les sentiers qui mènent aux trolls, ces créatures de légende. Retournez dans le Paris délicieusement steampunk d’Ambremer avec Pierre Pevel ; embarquez pour l’Islande aux côtés de Claudine Glot et d’un chevalier en mal d’aventures ; tombez sous le charme d’un retable aux étranges pouvoirs avec Estelle Faye ou mettez fin à l’exploitation des nains de jardin dans le monde de la nuit parisienne en compagnie d’Adrien Tomas.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans j’ai participé au festival Trolls et Légendes et j’étais reparti avec l’anthologie, sur le thème du semi-homme, sous le bras qui sans se révéler mauvaise, ne m’avait que moyennement convaincu. Cette année je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller au festival, mais cela ne m’a pas empêché de me laisser tenter par cette anthologie qui a décidé de mettre à l’honneur le Troll. Quoi encore un livre sur les Trolls? vous vous dites. Bah oui mais c’est tellement mignon ces petites bêtes qu’on en redemande. Non?. Sinon plus sérieusement on note la couverture, illustrée par Magali Villeneuve & Alexandre Dainche, que je trouve vraiment superbe. Ce recueil nous propose ainsi de découvrir 10 nouvelles d’auteurs différents.

Sous les Ponts de Paris de Pierre Pevel : Cette nouvelle de l’auteur prend place dans une de ses univers déjà existant, Le Paris des Merveilles, que j’avoue ne pas avoir encore lu. Donc quoi de mieux que lire ce récit pour se faire un avis. Je dois bien avouer qu’au final il se révèle très sympathique, traitant d’une grève des Trolls parisiens ce qui va fortement influencer la circulation sur les ponts de la ville avec son lot de surprises et de rebondissements. Un texte efficace, fluide, avec une bonne dose d’humour agréable et des personnages efficaces qui offrent un plus à l’ensemble. Alors certes le format court offre quelques raccourcis légèrement frustrants, mais rien de dérangeant. En tout cas j’ai bien envie de découvrir ce Paris des Merveilles. Un texte qui démarre de façon agréable cette anthologie.

D’Azur au Troll d’Or de Claudine Glot : J’avoue que je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans cette nouvelle. Elle est spécialisée dans le mythe Arthurien et cela se ressent très rapidement dans le texte qu’elle nous propose, nous faisant découvrir un chevalier en quête de gloire et de combats épiques qui part donc à la recherche d’un Troll comme trophée, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Le début parait très classique, avec cette quête de reconnaissance, mais très rapidement l’auteur prend le contre-pied et nous offre une histoire que j’ai trouvé efficace et divertissante, sans non plus révolutionner le genre, montrant l’absurdité de certains combats nobles et en nous faisant réfléchir sur le fait que parfois une épée n’est pas toujours la solution à tous les problèmes.

La Montagne aux Trolls d’Estelle Faye : Un texte qui plonge plus dans le fantastique où l’on découvre une jeune conservatrice de musée qui va se trouver fasciner par un retable dans la vallée des Vosges. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussie, principalement pour son ambiance étrange et légèrement dérangeante qui monte lentement en tension au fil des pages et des révélations pour mieux happer le lecteur jusqu’à la fin. Un récit efficace et fluide qui offre une conclusion réussie et captivant.  On notera aussi un léger parallèle intéressant entre ville et campagne, certes classique, mais qui offre tout de même quelques réflexions.

Yamadut de Cassandra O’Donnell : Cette nouvelle prend place dans un des univers de l’auteur, celui de Rebecca Keane cycle d’urban fantasy, dont je n’ai rien lu. Concernant cette histoire on suit une chasseuse à la poursuite d’un Troll. Le texte cherche à se révéler nerveux, percutant et sans temps mort, certes il remplit plutôt bien ces aspects, mais j’avoue ne jamais avoir réussi à rentrer complètement dedans. La faute en revient d’abord un peu à l’héroïne qui dans ce texte parait tellement invincible, tant elle parait avoir de pouvoir ou de facilités, que le récit en perd de son intérêt, ensuite par le fait que cette nouvelle donne plus l’impression de lire un chapitre de son roman qu’un vrai texte indépendant. C’est dommage.

Seulement les Méchants de Jean-Luc Marcastel : Une nouvelle qui nous fait découvrir une enquête policière sur le meurtre horrible d’une jeune fille. Un texte plutôt bien écrit, qui offre un face-à-face qui ne manque pas d’attrait, mais qui m’a paru trop linéaire au point que j’avais deviné rapidement la conclusion. Cela n’empêche pas ce récit de se révéler sympathique et agréable à lire où l’auteur s’amuse par contre de façon intéressante, même si parfois un peu trop appuyée, sur la définition de monstre, mais qui, pour moi, au final, rentre plus dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Une Créature Extraordinaire de Magali Ségura : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin d’une jeune fille viking qui, après s’être engueulé avec sa mère décide de fuguer, mais va rencontrer un Troll, ce qui va changer sa vie. Un texte qui se révèle comme ça aux premiers abords classique, mais qui a vraiment réussi à me toucher par sa construction et sa plume, se révélant émouvant et soigné, principalement au niveau des relations familiales. La conclusion sonne juste et se révèle réussie. Une certaine mélancolie se dégage de ce texte, à travers la perte et la souffrance des uns et des autres, qui nous montre aussi que la communication n’est pas toujours facile. Un des meilleurs textes du recueil j’ai trouvé.

Le Troll de sa Vie d’Adrien Tomas : On replonge ici dans l’univers d’urban fantasy que construit l’auteur depuis peu et dont j’ai découvert une première nouvelle dans l’anthologie des Imaginales Trolls & Licornes. Cette nouvelle nous propose ainsi une nouvelle enquête de l’inspectrice Tia, qui est chargée de surveiller les méta-humains pour éviter tout débordement. Comme son précédent texte une nouvelle pas mauvaise, mais qui possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. Un univers intéressant, qui mérite d’être développé sur une format plus long, mais le format court et l’histoire un peu foutraque fait qu’il est un peu compliqué de s’attacher vraiment à l’héroïne et offre une conclusion beaucoup trop rapide et légèrement frustrante. A voir si l’auteur décide de construire son histoire dans un roman car il y a du potentiel.

Le Mythe de la Caverne de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous plonge au coeur d’un groupe de mercenaire, qui ont connu la guerre sainte et qui se retrouvent après des années pour chasser un Troll et surtout la récompense qui va avec. L’auteur nous offre ici un récit qui décide de démarrer de façon classique, mais pour mieux nous surprendre par la suite, offrant un contre-pied à certains codes d’honneurs qu’on retrouve dans les récits de chevalier. Un texte efficace, bien construit, avec une bonne dose de cynisme, d’absurde et d’humour noir, le tout dans une ambiance sombre, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Le Mal Caché de Patrick McSpare : Cette nouvelle va nous faire découvrir un homme qui découvre la mort de sa compagne par ce qui parait être des démons et va chercher à se venger. J’avoue n’être jamais vraiment rentrer dans ce récit, en premier lieu il m’a paru trop imbriqué dans l’univers de la série de l’auteur Les Héritiers de l’Aube pour être vraiment indépendant, ensuite j’ai trouvé que niveau information l’auteur en offrait beaucoup trop en peu de pages et enfin j’ai trouvé que le récit possédait trop de facilités pour vraiment réussi à m’embarquer vraiment. Dommage car le côté action est vraiment là.

Vieux Tacot de Megan Lindholm : Pour ceux qui ne le savent pas, Megan Lindholm et l’autre nom de plume de Robin Hobb. Sous le premier elle sort des écrits plus SF là où, sous le second, elle publie ses récits Fantasy. Ce Vieux Tacot nous propose donc une histoire de Science-Fiction futuriste où l’on suit une famille qui reçoit en héritage une voiture. Un texte qui se révèle bien sympathique, avec une belle ambiance nostalgique sur cette mère et ses deux enfants qui, à travers une voiture un peu « vieillotte » vont se trouver des points communs. Rien de non plus transcendant, mais une histoire qui se lit facilement et se révèle très divertissante. Là où par contre cette nouvelle surprend c’est le choix éditorial de la publier dans une anthologie qui n’a offert que des textes sur les Trolls là où Robin Hobb nous parle de tout autre chose, mais bon l’éditeur ne pouvait sûrement pas passer à côté de la présence de l’auteur au festival.

En Résumé : Cette anthologie du festival Trolls & Légendes s’est révélé finalement assez sympathique à découvrir, nous proposant 10 textes assez variés avec comme point central, excepté pour la nouvelle de Robin Hobb qui traite d’un tout autre sujet, le Troll. Entre humour, dérision, aspect épique ou encore ambiance angoissante le Troll nous dévoile ici ses multiples facettes. Alors certes je n’ai pas été conquis de la même façon par tous les textes, certains me laissant même de marbre, là où d’autres on se sont révélés très réussis et surprenants, mais dans l’ensemble cette anthologie se révèle divertissante et permet aussi par la même occasion de découvrir quelques auteurs de l’Imaginaire, leurs plumes et leurs univers.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Bibliocosme, La plume ou la vie, …

CRAAA

Challenge CRAAA 3ème lecture

Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture

Notre-Dame des Loups – Adrien Tomas

notre dames des loupsRésumé : 1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage.
Ils s’enfoncent, la peur au ventre mais déterminés, dans les gigantesques forêts que seuls les Indiens et les pionniers arpentent. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Elle a le son des chairs qui se déchirent et des os qui rompent, des incantations vaudou, des balles qui sifflent et des molosses qui aboient. Au loin, les premiers hurlements se font entendre. La chasse commence… Une chasse qui doit réussir quel qu’en soit le prix. Une chasse pour abattre leur plus terrible ennemie : Notre-Dame des Loups…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Après avoir lu les deux premiers romans de l’auteur, La Geste du Sixième Royaume (chronique ici) et La Maison des Mages (chronique ), qui m’avaient offerts de très bons moments de lecture avec une Fantasy solide et plus qu’efficace, j’avoue avoir attendu un peu avant de faire entrer ce Notre-Dame des Loups dans ma PAL, Adrien Tomas ayant décidé de changer complètement d’ambiance pour se plonger dans le mythe du loup-garou qui n’est pas obligatoirement celui qui m’accroche le plus. J’ai donc décidé d’attendre les premiers retours et, constatant qu’ils se révélaient tous globalement positifs, j’ai donc fait rapidement rentrer ce livre dans ma PAL. Concernant la couverture je la trouve en demi-teinte, je ne sais pas pourquoi je n’accroche pas complètement au rendu, même si elle se révèle efficace.

L’histoire se révèle finalement assez simple, on suit une chasse bien particulière, celle des Veneurs, dont la proie et l’un des derniers grands loup-garou qui a fuit l’Europe pour venir se réfugier dans le nouveau monde : l’Amérique. Annoncé comme cela j’avoue que cela avait de quoi me tenter, n’étant pas non plus sans me rappeler Bloodsilver de Wayne Barrow, mais qui traitait plus de la migration des vampires. Pourtant, je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée j’ai eu du mal à rentrer franchement dans ce roman. Il n’est pas complètement mauvais, mais de nombreux aspects ont fait que je me déconnectais régulièrement du récit, ne me sentant jamais complètement captivé. Commençons déjà par une des grosses qualités du roman, qu’on ne peut pas lui retirer, c’est son côté divertissant et sans temps morts, ce qui lui offre ainsi un rythme soutenu et efficace du début à la fin, offrant au lecteur de nombreuses surprises et nombreux rebondissements. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de facilité et l’envie d’en apprendre plus sur cette traque. Ajouter à cela une narration assez singulière et qui accroche bien, du moins au début, offrant ainsi à chaque paragraphe un nouveau narrateur différent, multipliant ainsi les points de vues, mais aussi les ressentis, les émotions et les idéologies ce qui permet d’offrir normalement plus de complexité.

L’univers n’est, en soit, pas mauvais, se révélant plutôt solide, l’auteur donnant même l’impression de s’offrir quelques nouvelles variations sur le mythe du loup-garou qui ne manquent pas d’intérêt et apporte ainsi un plus et une certaine originalité tout en se révélant cohérentes et bien amenées. Certes certaines idées brident parfois un peu trop le récit, mais rien de non plus trop gênant dans l’ensemble. Là où je me suis retrouvé plutôt mitigé c’est dans l’utilisation du nouveau monde, l’Amérique, pour décor de cette histoire. Franchement, mise à part la présence de colt, d’indiens et que c’est annoncé clairement dans le résumé et le récit, l’histoire aurait pu se passer dans un tout autre pays que cela n’aurait pas changé grand chose. Dommage pourtant, car les Etats-Unis comme image de fond aurait pu apporter, je pense, un peu plus à l’intrigue que ce soit dans le fond comme dans la forme. Je me suis donc ainsi retrouvé avec une impression amer d’un pays limite caricatural, comme si l’auteur, pris par le temps, avait limité ses recherches à quelques films de western au cinéma.

Concernant les personnages je dois bien avouer que là aussi je suis plutôt resté sur ma faim. Certains sortent vraiment un peu du lot, tandis que d’autres tombent dans la caricature et la simplicité ce qui, je trouve les desserts énormément. J’ai bien accroché à l’allemand, Würm, veneur de métier, forcé par le destin et sa famille, qui est venu effectuer sa dernière traque, ou encore Evangeline et sa meute, qui se révèle une héroïne originale dans sa construction, ses envies et qui se révèle pleine de surprise, même si un point me reste en travers, qui est cette idée qu’elle gère des chiens depuis plus de 10 ans et qu’elle est incapable de reconnaitre et de savoir quoi faire face à une chienne qui va mettre bas, j’avoue qu’il va falloir m’expliquer. Je reste par contre très circonspect devant le chef de la chasse, Jack, le salaud de base qui cache forcément un terrible secret, dont le seul argument durant tout le récit est de pointer un flingue sous le nez prêt à le décharger. Vous voulez discuter un avis, il menace, vous cherchez à argumenter, il menace, vous le contredisez, il vous menace et vous tire dessus alors que vous êtes cinq contre un, et tout le monde le suit malgré aussi une capacité à avoir des plans foireux. L’autre personnage auquel j’ai eu du mal à accrocher c’est l’indienne, Tauntok, qui, elle aussi, se révèle une caricature et manque clairement de charisme. Dommage.

Alors oui, je le sais bien , le but du récit n’est pas de nous offrir une intrigue profonde et intelligente, mais plus d’être considéré comme une traque furieuse dans une forêt glaciale, cherchant à mettre clairement en avant action, course poursuite et fusillade, mettant ainsi la réflexion du lecteur au repos pour lui offrir un récit court, nerveux et explosif. Mais voilà mon cerveau n’a jamais réussi à justement se déconnecter devant de nombreux points qui m’ont paru soit mal amenés, soit parfois improbables. De plus la narration multiple devient vite répétitive dans sa construction, perdant ainsi un peu de son côté surprenant. Peut-être qu’un peu plus de pages et de développement aurait permis de densifier l’ensemble. Arrive alors la conclusion, qui, j’avoue, ne manque pas de révélations et de surprises et aurait clairement pu se révéler excellente si la toute dernière révélation ne m’avait pas laissé perplexe, se révélant, pour moi de par mes connaissances, légèrement improbable et un peu facile, même si rien non plus de complètement bloquant. La plume de l’auteur dans tous les cas se révèlent efficace, entrainante, et rythmé, offrant un récit sous tension permanente. Dommage que j’ai jamais réussi à complètement être happé, car le récit ne manque pas de qualités, mais j’en ressors mitigé. Cela ne m’empêchera pas non plus de lire d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : Je ressors finalement plutôt mitigé de ma lecture, le roman n’est en soit pas mauvais et remplit plutôt bien le rôle de divertissement tendu et sans temps morts, mais voilà de nombreux points m’ont soit laissé perplexe, soit paru un peu trop simplistes, soit se révélaient improbables. L’idée de départ est intéressante avec cette migration des loups-garous vers l’Amérique et offrant des rebondissements et des retournements de situation efficaces. L’univers n’est pas mauvais offrant même quelques aspects originaux, je regrette juste que le background sur les États-Unis soit finalement si peu utilisé, ne servant que vaguement d’image de fond. J’ai trouvé les personnages mitigés, entre ceux qui m’ont accrochés par leur construction et leur nombreux mystères et ceux qui m’ont laissé de marbre tombant un peu trop dans la caricature et la simplicité. La conclusion par contre m’a bien plu, offrant de nombreuses surprises, même si la dernière révélation, au vu de mes connaissances, est légèrement improbable. Je dirais que quelques pages de plus aurait par contre permit de densifier l’ensemble, mais en contrepartie aurait peut-être baissé le rythme. La plume de l’auteur se révèle énergique, efficace et entrainante. En tout cas cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Lune, Boudicca, Ptitelfe, Aranae, karline05, Xapur, Zina, joyeux-drille, …