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Utopiales 2016, Anthologie – Collectif

Résumé : En 2016, les treize nouvelles de l’anthologie officielle des Utopiales s’interrogent sur la thématique de la machine.
Pèle-mêle, on y croise ainsi une vieille dame artificielle pas décidée à mourir, un diable lumineux gardant un terrible secret, un homme dont plus de 50 % du corps a été remplacé par des prothèses, une femme robot aux charmes ambigus…
… mais aussi un concert virtuel plus vrai que nature, des tofus permettant de voyager dans l’espace, une course-poursuite de magiciens, un étrange artefact martien, un gentleman aux manières trop parfaites, un jeu vidéo meurtrier, une montre à l’origine de curieux décalages temporels, des truites psalmodiant en choeur «Innsmouth» et même André Brahic et une licorne.
Treize textes pour s’émerveiller, s’interroger et se marrer franchement, portés par treize plumes incontournables de l’imaginaire actuel, francophone comme étranger.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : On ne change pas une tradition et, comme depuis maintenant quelques années, quand je participe à un festival je repars dans la majorité des cas avec l’anthologie associée. Concernant les Utopiales, c’est aussi pouvoir se lancer dans une lecture commune avec Marie-Juliet, mon acolyte de LC depuis quelques temps maintenant. Cette année le thème de l’anthologie est « La Machine », et le recueil est composé de treize nouvelles d’auteurs différents. Concernant la couverture, illustrée par Denis Bajram et reprenant l’affiche du festival, je la trouve très sympathique et efficace. Comme souvent on retrouve une préface efficace, qui nous offre de bonnes réflexions sur le thème du recueil et s’avère soignée, même si parfois pas facile d’accès.

La Vieille Dame de Simon Bréan : Cette nouvelle nous plonge dans un monde futuriste ou les IA ont, d’une certaine façon, pris le contrôle du bien-être de l’humanité. On se retrouve à suivre un homme, dont le métier est d’accompagner les IA « en fin de vie » dans leurs derniers instants. On découvre ainsi un texte qui se révèle efficace, bien porté par la tension qui se développe entre les deux protagonistes dans leur duel. Le texte offre aussi quelques réflexions intéressantes, qui ne manquent pas d’apporter un plus à l’ensemble et le tout est soutenu par une plume simple et entraînante. Au final une nouvelle solide, qui ouvre plutôt bien ce recueil des Utopiales.

Pour Hesperia et Pour la Gloire d’Ann Leckie : Cette nouvelle propose de découvrir la lettre d’un homme qui cherche à expliquer à un certain Mr Stephens les évènements étranges qui sont survenus chez lui. Franchement cette nouvelle est principalement un hommage à la SF pulp, un peu comme le proposait Brackett et Hamilton ou bien encore John Carter. Le soucis c’est que mis à part cette ambiance suranné intéressante, le reste ne suit pas. Le mystère n’a pas le temps d’exister qu’il est déjà résolu, la fin manque clairement de tension et d’intérêt et l’intrigue est traitée trop rapidement. Le tout m’a ainsi paru trop court, comme si le format nouvelle ne suffisait pas, ce qui est dommage. Reste une nouvelle qui se lit vite, mais qui s’oublie tout aussi vite je trouve. Après cette nouvelle a été initialement publié en VO pour un magazine dont le numéro proposait comme thème le cliché, ce qui lui correspond mieux et m’aurai moins dérangé que dans une anthologie tournant autour des machines

Deep Space Mine de Catherine Dufour : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur : Mémoires Mortes. On suit ainsi une jeune fille, dans un monde futuriste de plus en plus connecté, qui va mener l’enquête après la disparition de son frère. Mon ressenti concernant cette nouvelle est plutôt ambigu, autant les axes de réflexions présents sur l’adolescence et ce monde futuriste ne manquent pas d’attrait, le rythme est percutant et entraînant, et pourtant le côté un peu « trash » du style, quelques transitions étranges et certaines révélations un peu tiré par les cheveux ont fait que je n’ai jamais vraiment réussi à complètement entrer dans le récit. Cela vient clairement de moi, je lirai quand même le recueil de l’auteur pour me faire un avis plus tranché.

La Machine de l’Année de Raphaël Granier de Cassagnac : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme possédant plus de 50% de son corps greffé cybernétiquement. Une nouvelle que j’ai trouvé sympathique, plutôt efficace par sa narration alternant plusieurs époques, un peu comme un puzzle, et qui offre une réflexion, certes un peu convenu, mais intéressante, sur la notion d’Homme et de machine. Cette nouvelle s’intègre dans l’univers des romans de l’auteur, ce qui se fait parfois un peu ressentir, mais rien de trop dérangeant. Pas obligatoirement un grand texte, mais au final un récit divertissant.

Fin de Partie de Lev Grossman : Alors cette nouvelle est étrange, on se retrouve à suivre une jeune femme, magicienne, en mission d’entrainement. Pourquoi elle est étrange? Car on est clairement dans le genre de nouvelles tellement imbriquées dans un univers déjà existant, à travers les romans de l’auteur, que j’ai l’impression que si on ne les a jamais lus on a du mal à en comprendre l’utilité et à entrer dans le récit. Pourtant, le texte ne manque pas d’action, de rebondissements et se révèle sans temps mort, mais voilà une fois la dernière page tournée je suis beaucoup trop resté sur ma faim pour vraiment accrocher. C’est frustrant.

Le Diable d’Estelle Faye : Cette nouvelle est la première qui, je trouve, se détache  franchement de ce recueil. Elle nous plonge dans un futur post-apocalyptique où la technologie est interdite par la religion. Un texte, comme souvent avec l’auteur, qui s’avère sombre, poétique et humain. Gabriel, le personnage principal, a réussi à me happer rapidement que ce soit à travers sa complexité,  ses réflexions comme son évolution. L’auteur nous propose aussi de réfléchir sur de nombreux sujets comme la religion, l’importance de la technologie et ses conséquences ou bien encore sur nous-même. Un très bon texte, prenant et bien maîtrisé qui m’a captivé du début à la fin.

La Montre de Ménéas Marphil : On plonge avec cette nouvelle dans la ville de Montpellier, où des étudiants, fan de la série Fringe, décident de faire une blague à l’un de leur ami. Franchement l’idée de base n’est pas mauvaise et aurait pu se révéler sympathique, sauf que voilà je n’ai jamais clairement réussi à entrer dans ce récit. L’auteur en fait trop, principalement dans les explications, ce qui fait que j’ai trouvé cette nouvelle trop longue. De plus certains tics de langage est un style trop didactique à mon goût ont fait que je ne me suis pas obligatoirement senti le public cible pour cette nouvelle. Il faut dire aussi que je ne suis pas le genre de lecteur qui apprécie trop qu’on lui tienne la main, j’aime un peu de mystère et de découverte, hors là tout est aussi trop balisé pour moi je trouve.

Purple Brain d’Ugo Bellagamba : Cette nouvelle est plus, selon moi, une nouvelle hommage à André Brahic, scientifique reconnu qui a participé au festival et qui est décédén en 2016. Personnellement, concernant le texte, il n’est pas mauvais, se laisse lire et possède même une certaine poésie à travers certaines scènes dans l’espace. Mais voilà, pour moi ,il tombe justement un peu trop dans l’hommage, à travers un récit un peu trop simple et une conclusion convenue qui ne sert juste à mettre en avant con héros. Au final une nouvelle plutôt sympathique, qui se laisse lire, qui est loin de m’avoir marqué, mais qui devrait, je pense, toucher les lecteurs qui ont connu André Brahic.

Tokyodôme d’Olivier Paquet : Suite à la séparation d’un groupe de rock japonais, un de leur plus grand admirateur décide de créer virtuellement leur concert au Tokyodôme qui n’a jamais pu avoir lieu. Ce concert va alors rencontrer un succès inattendu et exceptionnel. J’ai trouvé cette nouvelle très réussie que ce soit dans le monde que développe l’auteur, comme dans la complexité des personnages présentés, mais aussi des réflexions présentées. Ce concert va ainsi profondément faire évoluer les membres de ce groupe et le tout est présenté de façon humaine et plus que convaincante. Il y a aussi tout du long ce travail sur la virtualité qui permet parfois de magnifier le réel et les questions que cela peut soulever. Au final une nouvelle réussie et prenante, qui m’a offert un très bon moment de lecture.

Modèle Mika de Paolo Bacigalupi : De nouveau une très bonne nouvelle avec ce texte qui nous plonge dans un avenir indéterminé, ou un policier voit débarquer une jeune femme qui vient se rendre pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Le problème c’est que la jeune femme est en fait un robot. Le récit est bien construit, maîtrisé et surprenant offrant un texte intéressant à découvre et intelligent. Certes la notion d’humanité de la machine a déjà été traité de nombreuses fois, mais cela n’empêche ce récit de le faire de façon solide et intéressante. J’aurai peut-être aimé qu’il soit un peu plus long, mais cela ne l’empêche pas de s’avérer très réussi avec des personnages efficaces et complexes et quelques surprises.

Un Gentleman de Gérard Klein : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur de 1968. On découvre ainsi un homme, grand gentleman, qui n’arrive pas à trouver l’amour de sa vie dans un futur où être un gentleman est devenu désuet. On est ici dans une nouvelle à chute qui se laisse lire, mais n’a rien de vraiment marquant. La chute est devinable très rapidement et l’ensemble est parfois un peu trop simpliste pour vraiment s’avérer percutant. Cela n’a pas empêché un débat entre Marie Juliet et moi concernant la conclusion, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la fin. Un texte que je classerai dans le vite lu, apprécié un minimum, mais rien de transcendant.

La Caverne aux Tofus de Jean Pettigrew : Alors ce texte est un peu étrange, on est clairement dans de la SF pleine d’humour et avec un côté absurde, sauf que j’avoue je suis resté hermétique à l’humour présenté. Il faut dire que l’auteur propose un monde où les règles et les lois scientifiques deviennent de plus en plus loufoque sans aucune véritable explication, ni tentative de cohérence, simplement pour faire de l’humour ce qui a du sûrement me bloquer. Je ne doute pas que cela fera rire d’autre lecteurs, mais j’avoue de mon côté je suis complètement passé à côté.

Le Truc qui Ressemble à une Machine de Karim Berrouka : De nouveau une nouvelle pleine d’humour où un homme récupère une drôle de machine. Un jour il va vouloir la tester et, à partir de là, les ennuis commencent. J’avoue j’ai plus accroché à ce genre d’humour, certes c’est barré mais l’ensemble ne donne pas l’impression de partir dans tous les sens. Une nouvelle plus que divertissante, qui m’a fait sourire, bien porté par des personnages loufoques et entraînants. Alors après c’est vrai que ce n’est pas le premier texte de l’auteur que je lis, loin de là, ce qui fait que certaines mécaniques, que ce soit dans la construction du récit ou des blagues, sont prévisibles, mais cela n’empêche pas l’ensemble de s’avérer plus que sympathique.

En Résumé : Je dois bien admettre que le cru 2016 de l’anthologie des Utopiales est loin de m’avoir vraiment captivé comme avait pu le faire celle de l’année dernière. Il y a bien trois textes qui sortent du lot, mais le reste oscille entre le moment de lecture plutôt sympathique et ceux qui ne m’ont pas accrochés. L’ensemble des nouvelles propose pourtant des récits variés avec beaucoup d’idées développées, même si toutes ne répondent pas pour moi à la thématique initiale, mais voilà il manquait un petit quelque-chose pour complètement m’emporter je pense. Au final un sentiment plutôt mitigé, même si l’ensemble se laisse tout de même lire facilement.

 

Ma Note : 5,5/10

 

L’avis de Marie Juliet.

 

Autres avis : Xapur, Au Pays des Cave Trolls,  …

Les Chroniques du Radch Tome 3, La Miséricorde de L’Ancillaire – Ann Leckie

les-chroniques-du-radch-t3-la-misericorde-de-lancillaireRésumé : À peine revenue, la paix fragile est menacée sur la station Athoek, mise en péril par la découverte d’un individu qui ne devrait même pas exister — un ancillaire d’un vaisseau censé avoir disparu de l’espace du Radch depuis des millénaires — , mais aussi par l’arrivée d’un nouveau traducteur des étranges Presgers, et surtout par celle, imminente et lourdement armée, d’Anaander Mianaai, l’autorité suprême de l’empire en guerre contre elle-même, qui pourrait bien entraîner le Radch tout entier dans une guerre civile comme il n’en a jamais connu.

Edition : J’ai Lu Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : Il y a un an maintenant, je me suis lancé dans le premier tome de ce cycle de Science-Fiction multi-primé, proposant une histoire de vengeance et d’Intelligence Artificielle très sympathique (ma chronique ici). Le second tome, dans un autre genre, m’avait offert aussi un très agréable moment de lecture, offrant plus de jeux de pouvoirs et de manipulations (ma chronique ). Alors certes, même si les deux premiers tomes n’avaient pas révolutionné le genre, un décalage se faisant aussi ressentir entre la qualité de l’oeuvre et la multitude de prix reçu, j’avais tout de même bien accroché à ce cycle au point de rapidement me laisser tenter par le troisième et dernier tome. Concernant la couverture, elle reste dans les mêmes tons que les tomes précédents et je la trouve sympathique.

Alors, je vais commencer cette chronique par un constat, un coup de gueule peut-être aussi, j’aimerai revenir sur le travail d’édition du livre, ou plus précisément la traduction. Je considère mon blog un peu comme un partage, pourquoi pas aussi parfois une aide à la découverte pour ceux qui passent. Je ne dis pas que mes chroniques ont une influence dans l’achat ou non d’un livre, mais je pense qu’elle peut apporter quelque-fois une petite aide à la décision. Tout du moins je l’espère. Sauf que là je me retrouve bien embêté, car je considère que le cycle du Radch est une lecture sympathique et pourrait plaire à certains lecteurs, même si loin d’être parfaite, mais que la traduction ainsi le travail d’édition et de relecture font que ce troisième tome fut, d’une certaine façon, le plus laborieux à lire. Phrases sans sujet ou bien coupé en deux avec un point au milieu, répétitions ou bien encore des passages qui manquent de fluidité tout à l’air de montrer un projet a deadline serré qu’il a fallu rendre dans les temps. Certes, pour avoir fait des recherches, en VO ce type de passages passent beaucoup mieux, le français étant moins elliptique il va alors demander une syntaxe différente. Pourtant je ne suis absolument pas à cheval sur ce genre de points, mais là j’ai été obligé parfois de relire certains passages pour les comprendre ce qui est dommage et hache le rythme. Je ne reviens pas par contre sur les pronoms, il fallait de toute façon faire un choix. Mais fermons la parenthèse et parlons du livre.

Ce troisième nous tome nous plonge ainsi directement après la fin du précédent, la station Athoek, après de nombreux jeux de pouvoirs, connait une période un peu plus calme. Brecq est loin d’en avoir pour autant terminer, une partie de la Maître du Radch, Anaander Mianaai, souhaite la voir morte et de nombreux mystères entourent encore la porte fantôme. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai trouvé ce troisième tome sympathique et plus que divertissant, même si je reviendrais sur certains points qui m’ont un peu dérangé. Déjà commençons par un point, est-ce que l’auteur arrive à conclure son cycle concernant tout ce qu’elle a ouvert? Oui et non. Oui l’auteur répond clairement à toutes les questions qu’elle a soulevée, l’importance des Presger, la guerre qui se déclare dans le Radch ou bien encore ce qui gravite autour de la Justice de Toren, mais elle n’offre pas une réponse définitive. Loin de là. J’avoue j’aime bien ce genre d’idée, comme quoi la fin n’est finalement jamais la fin, que le voyage continue par le lecteur, prenant ainsi plus d’importance dans les réflexions qu’il soulève que dans les réponses qu’il apporte. Puis bon, une guerre ne pouvait clairement pas démarrer et s’achever en trois tomes. Maintenant cela possède aussi un côté frustrant, car certaines questions soulevées restent sur certains points trop ouvertes. Un peu comme s’il s’agissait d’une simple introduction. De plus, la conclusion amène aussi de nouvelles questions. Cela pourrait d’ailleurs en bloquer certains, car il faut apprécier les fins ouvertes qui laissent la part belle à l’imagination du lecteur sur comment peuvent évoluer les choses. Moi, d’une certaine façon j’y ai trouvé mon compte, même si je ne le nie pas j’ai tout de même été légèrement frustré de ne pas avoir certaines réponses.

L’univers développé dans ce troisième tome gagne, je trouve, en profondeur et sans non plus révolutionner le genre s’avère toujours aussi solide. Les relations avec les autres races, comme les Presgers, prennent un peu plus d’ampleur et le traité dont on parle depuis le premier tome se dévoile offrant une complexité supplémentaire. Cela offre ainsi une vision politique un peu plus étoffée où le Radch n’est pas obligatoirement la plus grande puissance qui soit face à certaines autres « races », Presger en tête. Cela vient aussi ajouter une certain densité dans l’aspect politique et géopolitique du récit. L’auteur continue aussi à développer sa ligne sur les IA, soulevant ainsi, selon moi, de façon solide la notion d’identité, d’existence et ce qui fait la frontière entre machine et conscient. Certes c’est du classique, mais j’ai trouvé que l’auteur s’en sortait bien et y apportait une petite touche personnelle en y ajoutant aussi, en fond, cette question de genre. Ce sont finalement les grandes questions du roman, et même si l’auteur n’offre peut-être pas la même puissance de réflexion que d’autres, elle s’en sort plutôt bien. Elle se permet aussi de traiter la différence de façon solide, montrant que malgré l’impression d’un empire uni sous une seule bannière, cela ne s’est pas fait sans contrainte et « l’assimilation » est loin d’être parfaites ; tout le monde n’étant pas Radchaï aux yeux de tous. Le côté civilisation en prend donc un coup et n’est pas non plus par moment sans rappeler notre société. Alors c’est vrai, parfois l’ensemble est un peu stéréotypé ou légèrement simpliste, mais rien de bien dérangeant. Là où par contre je trouve ce monde intéressant, c’est que l’auteur nous offre vraiment un traitement humain, même si sur certains aspects ça se retourne contre le récit, mais j’y reviendrai.

Concernant le rythme, cette trilogie ne cherche clairement pas à nous offrir une histoire nerveuse et sans temps morts, prenant plutôt son temps pour bien poser les différents messages qui sont passés ainsi que l’univers et les personnages. Cela n’a pas empêché les deux premiers tomes d’avoir un côté nerveux et aventureux. Concernant ce troisième tome, je l’ai d’ailleurs trouvé un peu plus nerveux que les précédents, le conflit étant maintenant lancé, ce qui rend plutôt fluide si on excepte les soucis de traduction qui hache un peu la lecture je trouve et certaines répétitions ici ou là. Concernant les personnages ils s’avèrent intéressant à découvrir, principalement dans leurs doutes, leurs envies, leurs visions. C’est un peu, je trouve, ce qui fait qu’on se laisse porter par le récit, et l’un des points forts du récit, ce panel large de personnages ayant des personnalités hétéroclites et s’avérant profondément humains. Que ce soit Brecq dans sa quête mais aussi dans la vision qu’il a du monde, Seivarden qui doit se réhabituer à cette nouvelle vie avec ses doutes et ses faiblesses, ou encore certains personnages assez « croustillants » comme le traducteur Presger un peu dérangé et effrayant. L’auteur offre ainsi une certaine diversité, montrant que tout le monde est différent et tout le monde a ses propres problèmes et ses propres façon d’évoluer et d’avancer. Sauf que voilà, je l’ai dit, le côté humain mis en avant a aussi ici ses défauts, en effet l’auteur donne parfois l’impression de s’attarder sur des informations que j’ai trouvé très secondaires. L’exemple le plus frappant vient de l’accrochage entre Seivarden et Ekalu qui prend une certaine ampleur pas toujours utile au récit. Certes, cela montre la complexité des relations, mais cela méritait-il d’être autant développé? Je ne suis pas sûr. De plus il est traité de façon trop analytique là où une touche émotionnelle aurait peut-être rendu l’accrochage plus intéressant.

Je regretterai aussi certaines facilités dans la conclusion mise en place par l’auteur. Une impression que tout se goupille un peu trop parfaitement, ainsi que des plans de dernières minutes qui réussissent un peu trop simplement et tombent à point nommer, même si j’ai trouvé la fin intéressante dans son idée de tout miser sur la discussion et la négociation. Par contre la fin s’avère intéressante dans ce qu’elle ouvre, mais je ne dirai rien pour ne pas spoiler. La plume de l’auteur s’avère toujours simple, efficace et assez entrainante et, même si j’ai trouvé ce troisième tome un chouïa en dessous des précédents, il s’avère très sympathique à découvrir et à lire. Toutes les questions n’ont pas obligatoirement de réponses, mais dans l’ensemble je trouve que cette trilogie se conclut pas trop mal, même si c’est vrai elle est loin d’être le cycle marquant qu’on espérait en voyant les nombreux prix remportés. J’ai cru comprendre que l’auteur allait continuer à écrire dans le même univers, à voir, je me laisserai sûrement tenter.

En Résumé :J’ai passé un sympathique moment de lecture avec le troisième et dernier tome de ce cycle. Les intrigues misent en place gagnent en profondeur et légèrement en intensité et l’ensemble des réponses soulevées trouvent une fin intéressante, même si de nombreux point restent ouverts. L’auteur considère ainsi que le voyage a plus d’importance et qu’il est impossible d’offrir toutes les réponses, laissant le lecteur se faire son propre avis, ce qui pourrait en déranger certains. L’univers mis en place continu à se développer, à se densifier et même s’il ne révolutionne en rien le genre il s’avère solide et surtout met en avant l’humain. Car oui la grande force du récit vient ainsi de ses personnages, de leurs diversités, chacun d’entre eux s’avérant unique dans ses envies, ses évolutions, ses doutes, offrant ainsi une vraie profondeur à chaque protagoniste. Je regretterai juste peut-être certaines évolutions de relations trop analytiques et un peu longue mais franchement rien de gênant. Les questions soulevés par l’auteur se révèlent intéressante, tournant principalement sur l’identité, la notion de personne. Je noterai par contre aussi certaines facilités ou simplicités ainsi quelques répétitions, mais pour moi le principal soucis vient du travail d’édition et de la traduction. En effet elle rend la lecture hachée et il m’est difficile de conseiller ce livre, alors que je l’ai trouvé très sympathique, sauf si vous le lisez en VO.

 

Ma Note : 7/10 (6/10 si je prends en compte la traduction)

 

Autres avis : Lutin82, Apophis, …

Les Chroniques du Radch Tome 2, L’Epée de l’Ancillaire – Ann Leckie

les chroniques du radch 2 l'epee de l'ancillaireRésumé : Breq, la soldat qui fut jadis un vaisseau spatial, sert à présent celle qu’elle avait juré de détruire, la Maître de l’empire radchaaï. Cette dernière a placé un navire et un équipage sous ses ordres, et lui a confié la seule mission qu’elle pouvait accepter : protéger, sur la Station Athoek, la famille de la lieutenant Awn, celle-là même que Breq a froidement assassinée vingt ans plus tôt. La tâche va rapidement se révéler plus compliquée que prévu : intrigues politiques, tensions sociales, violences de toutes sortes… La situation sur Athoek est explosive. Et la présence d’une traître dans les rangs radchaaïs fausse encore un peu plus la donne.

Edition : Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de cette série qui m’avait offert un moment de lecture plus qu’intéressant. Certes au vu des nombreux prix qu’il avait glané il était loin de la claque attendue, mais il offrait un très agréable divertissement dans le genre space-opera militaire empli de trahisons. C’est donc sans surprise que je me suis laissé tenter par cette suite, me demandant comment l’auteur allait faire évoluer son complot. Concernant la couverture, illustrée par Sébastien Hue, je la trouve vraiment réussie. Par contre, comme le premier tome, je reviens sur la traduction. Alors je ne parlerai toujours pas sur ce qui concerne la traduction sur le genre, il fallait faire un choix, mais cela n’empêche pas que j’ai trouvé certains passage mal traduits, voir traduits trop littéralement ce qui a eu parfois pour effet de hacher ma lecture, ce que j’ai trouvé frustrant. Ma chronique risque par contre de spoiler le tome précédent, je préfère prévenir.

Le premier tome nous avait présenté une histoire de vengeance, qui ne s’était pas obligatoirement terminé comme l’espérait notre héros, ayant dû faire face au conflit d’un IA. Cette suite se révèle ainsi plus classique et nous plonge directement après la fin du tome un, Breq étant devenu capitaine de flotte et se retrouve envoyé sur la station Athoeck où il va alors se retrouver plonger au milieu d’étranges jeux de pouvoir. Une fois la dernière page tournée l’intrigue, sans révolutionner le genre, s’est révélée vraiment intéressante et a réussie à me captiver. Alors certes le démarrage m’a paru un peu lent, l’auteur tirant un peu trop sur les descriptions, ou encore sur certaines fioritures un peu secondaires comme par exemple le service à thé. J’en comprends clairement l’aspect importance social dans un tel univers, mais parfois c’est un peu trop et même répétitif. Attention, le démarrage n’est pas non plus en soit mauvais, mais il m’a fallu attendre le premier quart du roman pour vraiment que je me sente plonger pleinement dans cette histoire. On découvre alors une intrigue qui va s’amuser à jouer avec le lecteur, où les jeux de pouvoir vont ainsi mettre Brecq à rude épreuve. Le tout est porté sur un rythme lent, où chaque pièce du puzzle se dévoile de façon posé, jouant avec le lecteur, pour mieux le surprendre à travers manipulations et trahisons. Par conséquent si vous cherchez un récit tendu, frénétique avec son lot d’action et de batailles je ne pense pas que ce roman vous comblera.

Le récit monte ainsi en tension tout du jusqu’au dernier quart ou là j’ai eu du mal alors à lâcher le roman, histoire d’en apprendre plus sur ces différentes lignes d’intrigues et de traitrises qui s’entrecroisent. Alors après, je ne vais pas le nier, ce tome reste aussi un tome de transition pour ce qui concerne l’intrigue principale lancé au premier tome, amenant quelques nouveaux indices et mettant en place de nouveaux personnages, mais la développant peu et il va falloir attendre le troisième pour vraiment voir ce fil rouge principal bouger. Cela ne m’a pas dérangé dans ma lecture mais pourrait, je pense, en bloquer certains. Ce second volume continue aussi à développer des lignes de réflexions intéressantes, certaines classiques comme concernant les classes sociales même dans un monde en paix, le traitement de l’esclavage, d’autres déjà développé depuis le premier tome et qui continue à se révéler percutants comme tout ce qui tourne autour du genre où chaque personnage est présenté avec le pronom « elle » qui, je trouve, offre une vision complètement différente et joue obligatoirement sur l’imagination du lecteur.

L’univers développé tout au long des pages n’a rien de vraiment révolutionnaire, mais se révèle très solide. Que ce soit vis-à-vis des vaisseaux, des IA et de leurs développements, voir même des ancillaires l’auteur connait ses classiques, mais sait les réutiliser pour offrir quelque chose d’efficace et d’un minimum soigné pour intéresser le lecteur. L’aspect technologie que révèle aussi accrocheur. Alors comme je l’ai dit, parfois elle s’intéresse peut-être un peu trop aux détails, voulant sûrement offrir un certain cachet à son récit, mais dans l’ensemble j’ai trouvé l’univers intéressant. Le côté social gagne aussi en développement, déjà dans le premier tome on découvrait que le Radch malgré ce qu’il laisse paraitre est loin d’être le peuple magnanime et civilisé que l’on connait, mais ici le récit montre aussi que malgré la paix et que tout le monde doit être considéré comme citoyen du Radch il y a obligatoirement des différenciations de statuts et aussi de privilèges. On est loin de la capacité pour tous à pouvoir avancer et évoluer s’il en possède les compétences. L’ensemble est amené avec assez de finesse pour ne pas se révéler trop lourd, même si parfois c’est un peu caricatural.

Concernant les personnages j’avoue qu’ils sont intéressants à suivre, que ce soit dans leurs manipulations comme dans leurs évolutions. Breq offre toujours un point de vue intéressant, principalement grâce à sa différence par rapport aux autres, même si je trouve que parfois d’un point de vue émotionnel l’ensemble reste un peu distant. C’est dû à la différence de Breq mais c’est parfois dommage. Concernant les personnages qui gravitent autour Seivarden est un peu en retrait par rapport au premier tome, tandis que de nouveaux personnages apparaissent avec plus ou moins d’intérêt. Je pense principalement à Tirsawat qui offre un personnage complexe, ou encore les différents humains qui tentent de reproduire les ancillaires (les karls, les bos, …) qui soulèvent de nombreuses questions. Même si certains personnages secondaires ont du mal à s’imposer, l’ensemble des protagonistes offrent ainsi des points de vues prenant à découvrir principalement dans leurs réactions et leurs évolutions.

La plume de l’auteur se révèle finalement simple, entraînante et plutôt efficace, même si parfois j’ai eu l’impression qu’elle perdait un peu le lecteur dans les nombreux points de vues liés au héros principal. Au final ce second tome s’est de nouveau révélé être une lecture plus que plaisante, même si c’est vrai que l’intrigue principal n’a pas avancée énormément, cette intrigue secondaire m’a permis de mieux cerner l’univers du Radch et s’est révélé offrir un moment de lecture plus qu’agréable sans non plus révolutionner le genre. Je lirai le troisième et dernier tome histoire de découvrir comment l’histoire va se clôturer.

En Résumé : J’ai passé un très sympathique moment de lecture avec le second tome de cette trilogie qui nous offre une intrigue qui, certes, met un peu de temps à démarrer, mais offre un jeu de pouvoirs et de manipulations intéressant à découvrir. Le tout se développe sur un rythme posé, dévoilant les différentes pièces du puzzle lentement pour mieux surprendre, mais si vous cherchez un récit plein d’action et de batailles alors passez votre chemin. Certes l’intrigue principal, suite au tome 1 n’avance pas énormément et trouvera ces réponses dans le dernier tome, ce qui pourrait en bloquer certains, mais cela ne m’a pas empêché d’accrocher, le tension montant au fil des pages pour aboutir a un dernier quart captivant. L’univers, sans se révéler révolutionnaire, se révèle plus que solide dans son aspect social, politique et technologique pour offrir une image de fond intéressante. Il soulève aussi de nombreuses questions que ce soit sur les classes sociales ou encore sur la « genrification » de la société. Les personnages se révèlent intéressants à suivre et à voir évoluer, même si certains personnages secondaires s’avèrent un peu caricaturaux.  La plume de l’auteur est simple, entrainante et efficace, même si parfois j’ai eu l’impression qu’elle perdait un peu le lecteur dans les différents points de vues liés a la particularité de Breq. Au final un second tome plus que sympathique, qui certes n’est toujours pas la claque annoncée par ses nombreux pris, mais que j’ai trouvé intéressant et m’a donné envie de lire la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

Les Chroniques du Radch Tome 1, La Justice de L’Ancillaire – Ann Leckie

la justice de l'ancillaireRésumé : Rien ne peut arrêter l’expansion radchaaï. Chaque annexion fournit des armées supplémentaires, les ancillaires, des captifs à la conscience détruite changés en troupes de choc, des marionnettes animées par l’intelligence artificielle des vaisseaux de guerre de l’empire. L’un de ces vaisseaux, le Justice de Toren, a été détruit, victime d’un complot au plus haut niveau du pouvoir. Mais son IA est parvenue à s’échapper et à s’incarner dans le seul ancillaire rescapé du massacre. Dix-neuf ans plus tard, sa vengeance est sur le point de s’accomplir…

Edition : J’ai Lu Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : Cette trilogie, j’en entends énormément parler depuis sa sortie aux USA, dont j’ai survolé de nombreux retour en VO qui se révélaient en majorité tous positifs. De plus, il est a noté que ce livre s’est offert de nombreuses récompenses dont le prestigieux prix Hugo, même si j’en reparlerai. C’est donc sans surprises que quand j’ai appris que ce roman allait être publié en français, je n’ai pas mis longtemps à le faire entrer dans ma PAL et à me lancer dans sa lecture. À noter la couverture que je trouve assez réussie. Par contre, je me permets une petite digression rapide sur la traduction, je ne reviens pas sur le chois par rapport au pronom, il fallait en faire un, mais certains passages m’ont légèrement paru manquer de fluidité, comme si le traducteur avait manqué de temps.

On se retrouve ainsi à suivre Breq, perdue sur une planète glaciale, à la recherche d’une personne bien précise dans sa quête. On va alors découvrir au fil des pages que Breq est en fait le Justice de Toren, Intelligence Artificielle d’un vaisseau militaire, trahi et détruit et dont Breq en est la dernière incarnation qui cherche à se venger. Annoncé comme cela l’intrigue n’a rien de vraiment révolutionnaire et je dois bien l’avouer que c’est le cas, mais pour autant ce livre est loin d’être mauvais et j’avoue avoir été rapidement embarqué dans cette quête de vengeance. Car même si le récit n’est pas des plus original, cela ne l’empêche pas de posséder de bonnes idées et surtout de se révéler fluide, efficace et entrainant. L’auteur joue ainsi sur deux fils de narration, la première celle de Breq dans sa quête de vengeance et la seconde celle du Justice de Toren, ce qui a amené ce complot et sa destruction, on monte ainsi lentement en tension au fil des pages, des rebondissements et des révélations et j’avoue m’être laissé de plus en plus happer par le puzzle qui commence à se dévoiler. Attention, on n’est pas non plus dans le roman effréné rempli d’explosion et d’action, l’auteur construit son récit lentement, avec des passages nerveux et d’autres plus réfléchis, qui je trouve marche bien. Entre complot, machination et trahisons l’ensemble se révèle clairement efficace et captivant. Alors certes, c’est vrai, un certain essoufflement se ressent dans une partie du dernier tiers du récit, et certains passages paraissent un peu trop verbeux, mais dans l’ensemble j’ai trouvé le récit efficace et plus que divertissant.

Concernant l’univers, je dois bien avouer que l’élément important et original vient principalement de la société du Radch, et principalement de leur utilisation du pronom. En effet pour le radchaaï le seul genre qui existe est le genre féminin, ce qui fait que chaque personnage est présenté comme « elle », sauf quand ils vont d’en d’autres cultures pour éviter des impairs. J’ai trouvé que cela offrait quelque chose d’assez surprenant et efficace, car on ne se réfère ainsi plus au genre ;  chaque personnage peut être ainsi interpréter par le lecteur comme un homme ou une femme. Chacun se retrouve ainsi à se faire sa propre opinion, et surtout j’ai trouvé que cela pouvait amener, pour peut qu’on se laisse prendre par ce choix, à des réflexions sur la position du genre en général, mais aussi dans les écrits face à nos attentes. Concernant le reste de l’univers construit par l’auteur il apparait assez classique dans sa présentation, avec ce peuple colonialiste qui a besoin de s’étendre pour vivre sous peine de s’effondrer sur lui-même, ces nombreuses technologies futuristes que ce soit dans les vaisseaux, les voyages dans l’espace ou encore sur les Intelligences Artificielles, mais se révèle finalement, je trouve, solide même s’il me parait encore au stade embryonnaire et devrait prendre encore plus d’ampleur par la suite principalement sur ce conflit avec les extra-terrestres. L’aspect politique ne manque pas de faux-semblants et de manipulations, même si certains aspects sont devinables, et je l’ai trouvé attrayant et prenant. En tout cas un univers qui me donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages il faut bien avouer qu’au début, avec le jeu sur les pronoms, on a du mal parfois à se lier complètement à eux, car on a un peu de mal à les définir comme on peut le faire d’habitude, à les visualiser, mais finalement très vite on se rend vite compte que les frontières disparaissent et on se laisse alors porter par les protagonistes. Que ce soit Breq dans sa quête de vengeance, IA qui va se révéler finalement « humaine » dans ses choix et ses réactions, mais aussi Seivarden, jeune capitaine qui se réveille après près de mille ans en cryogénisation et qui a perdu tous ses repères et doit se réadapter à ce monde. Chaque personnage se révèle ainsi intéressant à suivre et à découvrir, certes il arrive que certains choix paraissent douter et certaines évolutions un peu faciles, mais franchement pour un premier roman je n’ai rien trouvé de trop dérangeant. Concernant les personnages secondaires, il y a du bon et du un peu moins bon selon moi. Je reproche à certains de n’être là que pour faire avancer l’intrigue, ce qui est légèrement dommage.

Alors, finalement, quelle est le principal reproche qu’on pourrait faire à ce livre? C’est bien simple c’est sa liste de prix longue comme un bras. Je m’explique. Comme beaucoup, je pense, quand on choisit un livre primé on s’attend soit à un livre d’ambiance intense, soit à une énorme originalité, ou pourquoi pas aussi une « claque », sauf que voilà La Justice de l’Ancillaire n’est finalement qu’un livre de Space-Opera militaire plutôt classiques avec quelques bonnes idées, mais rien de non plus franchement révolutionnaire. Attention ce n’est pas une critique, j’ai apprécié cette lecture. Faut-il pour autant bouder ce roman? Je répondrai non, tout dépend de vos attentes. Si vous cherchez le dernier livre révolutionnaire, passez votre chemin, si vous cherchez par contre une lecture SF plus que divertissante et efficace, alors laissez-vous tenter et faites-vous votre avis. Dans tous les cas ne vous faites pas avoir par la cette liste de prix gagnée par ce livre.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante, malgré parfois quelques légers soucis de fluidité. Au fil des pages j’ai de plus en plus été pris par ce récit, malgré un léger essoufflement dans le dernier tiers, et je lirai sans soucis la suite des Chroniques du Radch pour savoir ce que va bien pouvoir proposer l’auteur par la suite.

En Résumé : J’ai passé un très agréable moment de lecture avec ce premier tome de cette trilogie qui nous offre une histoire de vengeance efficace et entrainante, qui monte doucement en tension et a réussi à me happer de plus en plus au fil des pages. Certes un léger essoufflement se ressent dans le dernier tiers et certains dialogues paraissent un peu trop verbeux, mais rien de non plus bloquant. La grande originalité de l’univers vient de la fonction du genre qui se perd pour le radchaaï où le seul genre qui existe est le genre féminin, cela peut dérouter, mais qui, je trouve pourtant, offre quelque chose au récit dans notre approche des héros comme dans les réflexions que cela ouvre. Le reste de l’univers se révèle certes classique, mais solide et efficace. Concernant les personnage le jeu sur les genres fait que j’ai pris un peu de temps à complètement m’accrocher à eux, mais une fois cette barrière tombée je me suis lié à eux et à leurs aventures avec plaisir. Je reprocherai juste certains protagonistes secondaires qui ne sont là que pour faire avancer l’intrigue. Le principal soucis de ce livre, je pense, vient de sa liste de prix assez impressionnante, ce qui peut amener certaines attentes assez importantes, mais qui ne trouvent pas obligatoirement de réponse lors de la lecture. Alors attention ce livre est bon dans le genre Space-Opera militaire avec complots et trahisons, mais si vous cherchez la claque de l’année ou le roman original du moment vous risque peut-être d’être déçu. À vous de voir. La plume de l’auteur se révèle fluide, simple et efficace et je lirai sans soucis la suite de cette trilogie.

 

Ma Note : 7,5/10

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