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Piégés – Anne Fakhouri

piegesRésumé : Samuel et Darius apprennent que leur amie Joanna est retenue prisonnière dans une pension privée. Ils décident alors d’intégrer l’établissement, un étrange château coupé du monde, et y ressentent la présence de fantômes inquiétants…
Quelques mois après Hantés, les deux héros, liés par leurs pouvoirs et l’amitié, sont confrontés dans un lieu oppressant à une horde de fantômes.

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez ce blog régulièrement ce n’est donc  pas une surprise si ce roman a rapidement terminé entre mes mains. En effet depuis ma découverte du Clairvoyage je suis devenu un inconditionnel des écrits d’Anne Fakhouri qui ne m’ont jamais déçus. Autre point qui a joué en faveur de ce Piégés, il s’agit de la suite de Hantés, roman jeunesse qui m’avait offert un bon moment de lecture (ma chronique ici) à travers une histoire haletante et intelligente de fantômes et dont la suite ne pouvait que rapidement rejoindre ma PAL. Concernant la couverture je la trouve assez réussie, nous plongeant directement dans l’ambiance.

On retrouve donc nos deux héros, Samuel et Darius, quelques mois après les aventures de Hantés, qui commencent à développer leurs dons au fil de leurs rencontres, jusqu’au jour où ils apprennent que Joanna, la petite amie de Darius, se retrouve enfermée dans un orphelinat et qu’une menace pèse sur elle. Ils vont alors tout tenter pour l’aider? Ce qui est souvent intéressant avec une suite, c’est qu’elle peut se passer des aspects trop introductifs pour clairement se lancer dans le sujet, mais là la grande réussite de ce Piégés et d’arriver à happer dès la première page le lecteur qui connait déjà les héros, tout en ne perdant pas ceux qui les découvriraient à travers ce récit. En effet on peut très bien lire ce livre sans avoir lu le premier, même si ce serait dommage, manquant ainsi certains aspects. On se retrouve alors happé dans un récit qui va se révéler haletant et sans temps morts, nous plongeant dans une sombre affaire qui n’oublie pas non plus de se révéler intelligente, remontant jusqu’à la seconde guerre mondiale, nous nous proposant des réflexions sur de nombreux sujets comme la spoliation des juifs à l’époque ou encore, j’ai trouvé, sur l’adolescence. On est ainsi captivé de la première à la dernière page, ne sachant pas ou va nous mener l’auteur, mais avec l’envie d’en apprendre plus et de découvrir ce qui va arriver à nos héros.

L’univers développé au fil du récit continue à se densifier et vient apporter surtout un début logique et des règles, que ce soit aussi bien sur les dons que possèdent Samuel et Darius, qui prennent de l’ampleur à travers leurs expériences, comme sur les fantômes. Le premier tome servait ainsi de découverte, d’introduction, ce second tome permet plutôt de fixer un cadre à l’ensemble, mais, comme je l’ai déjà dit, sans jamais non plus trop à chercher à complexifier l’ensemble pour éviter de perdre le lecteur qui découvrirait le tout en route. Le fantastique vient ainsi se coller de façon cohérente et efficace sur l’histoire et offre ainsi des nouveautés qui se révèlent claires et de nouvelles possibilités, que ce soit à travers ce roman comme par la suite, si jamais d’autres romans sont prévus. À ce monde ésotérique des plus entrainant vient aussi s’y ajouter un internat qui offre sont lot de stress et d’angoisse, et un aspect historique juste ce qu’il faut de soigné pour offrir un univers complexe et efficace.

Concernant les personnages ils se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir et à suivre aux travers de leurs aventures, même si j’ai trouvé qu’ils stagnaient un peu niveau profondeur, ce qui sans trop déranger ma lecture m’a paru légèrement dommage. On découvre par contre de nouveaux protagonistes qui viennent compenser cette légère frustration et ainsi apporter énormément de rebondissements et d’émotions à l’ensemble. Chacun des personnages, mis à part peut-être un ou deux mais c’est souhaité,  arrive ainsi à nous toucher à sa façon, se révélant souvent juste dans sa construction, dans ses réflexions et dans sa façon de réagir. J’ai par contre eu un peu de mal avec le cœur d’artichaut d’un des héros, mais rien de non plus trop bloquant.

Puis arrive la conclusion où tout s’accélère, où les révélations viennent s’accumuler et où les nombreux rebondissements viennent nous surprendre, une conclusion explosive qui se révèle clairement efficace dont mon seul regret et que j’ai eu une légère impression de trop de révélations en trop peu de pages. Je sais qu’un roman jeunesse est formaté au niveau des pages, mais là quelques pages supplémentaires auraient, selon moi, permis à l’ensemble de se révéler encore un peu plus fluide. Je regrette aussi certains passages qui m’ont paru être traité de façon légèrement trop rapide et quelques erreurs. Mais bon au final rien de véritablement dérangeant tant l’ensemble m’a paru efficace et m’a offert un bon moment de lecture.  La plume de l’auteur se révèle entrainante, efficace et rythmée happant le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher à travers une histoire rythmé. La révélation finale vient ainsi nous rappeler de façon attendue mais efficace qu’une suite et possible, que je lirai avec grand plaisir si jamais elle était publiée.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce nouveau roman d’Anne Fakhouri, suite de Hantés, qui nous offre une histoire efficace, haletante et sans temps morts, sans non plus oublier de poser une intrigue intelligente et captivante. L’univers développé tout au long du récit continue à se densifier et offre ainsi de nouvelles révélations et de nouvelles règles, que ce soit aussi bien sur les dons des héros que sur les fantômes rencontrés, auquel s’ajoute aussi une légère pointe historique des plus intéressante. Nos deux héros principaux se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir à travers leurs péripéties, même si j’ai trouvé dommage une légère stagnation au niveau de leur profondeur par rapport au premier tome. Les nouveaux personnages rencontré apportent une certaine nouveauté et se révèlent soignés. Je regrette par contre une conclusion peut-être un peu trop chargé en révélation, quelques erreurs dommageables et certains aspects un peu trop faciles ou devinables, voir traité de façon rapide, mais rien de non plus gênant tant j’ai été happé dès la première par ce récit et par la plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi efficace et entrainante. La toute dernière révélation laisse présager une suite que je lirai avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup,

American Fays – Anne Fakhouri & Xavier Dollo

american faysRésumé : Ce Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.
Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.
Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’œil du cyclone !

Edition : Critic

 

Mon Avis : Depuis quelques années je dois bien admettre que je suis devenu un inconditionnel des écrits que ce soit d’Anne Fakhouri ou de Xavier Dollo. Par conséquent quand j’ai appris que ces deux auteurs allaient s’associer, qui plus est pour travailler dans l’univers de l’excellente nouvelle d’Anne Fakhouri, Du Rififi Entre les Oreilles, publiée dans l’anthologie des Imaginales Elfes et Assassins (ma chronique ici), je ne pouvais que trépigner d’impatience et d’envie. C’est donc sans surprise qu’une fois ce livre dans ma PAL, il n’y a pas traîné longtemps et a rapidement terminé sa course entre mes mains. Arrêtons-nous quand même pour parler de l’objet en lui-même qui se révèle superbe avec sa couverture rigide, dos toilé, ainsi que la magnifique illustration de Xavier Collette qui colle d’ailleurs magnifiquement bien avec le récit. Un objet collector.

American Fays nous plonge donc au milieu des années 20, à Chicago en pleine prohibition. Al Capone, obligé de se mettre au vert quelques temps, voit son influence baisser doucement sur la ville. C’est alors que des meurtres mystérieux et sanglants cherchent à le faire accuser. Il décide donc d’envoyer les No Ears Fours enquêter sur ces crimes et prouver son innocence. C’est donc une intrigue tournée vers le polar qui nous est proposé ici et, une chose est sûre, elle se révèle très réussie. Dès la première page on se retrouve véritablement emporté par les nombreuses aventures et péripéties que vont rencontrer nos héros. Le rythme est toujours tendu avec son lot d’action, de rebondissements, de surprises, où rien ne va se révéler facile. Le lecteur se retrouve à tourner les pages facilement et avec plaisir dans l’attente de la prochaine révélation. Surtout que les auteurs sont loin de nous offrir une intrigue toute tracée, multipliant les sous-intrigues, les zones d’ombres et les fausses pistes, permettant ainsi de jouer avec le lecteur, le tout de façon cohérente et réussie, gardant ainsi le meilleur pour la fin qui se révèle explosive. Une histoire que j’ai trouvée parfaitement maîtrisée du début à la fin, qui se lit facilement tant elle se révèle fluide et entrainante et qui ne manque pas de faire sourire nous offrant un humour efficace, plein d’ironie et percutant.

L’univers est une des grandes réussites du récit, nous replongeant dans un Chicago des années 20 plus vrai que nature et terriblement visuel, bien porté par des descriptions réussies. Tout rappel les films de gangsters de l’époque, jusqu’au moindre détail et on sent bien que les auteurs se sont clairement documentés sur le sujet. Une des grandes forces est aussi de ne pas tomber dans l’idéalisation de cette époque, en effet il n’est pas sans rappeler que cette période de prohibition fut aussi celle d’une forte intolérance, de rejet voir même de haine. On se retrouve donc ici avec une ville ambigüe, avec ses aspects fascinants, mais aussi ses zones d’ombres, son racisme, sa morale ambigu, son pouvoir au-dessus des lois ou bien encore la position de la femme qui est loin d’être idyllique. Un univers dense, cohérent et terriblement efficace, ne tombant jamais dans la caricature, évitant de trop en faire pour finalement mieux capter le lecteur, sachant lui dévoiler sa beauté et sa noirceur. Autre aspect intéressant ce sont les fays qui ont une grande importance dans ce monde. Liés à l’Histoire des États-Unis et à l’arrivée du Mayflower, elles ne sont pas ici par hasard et se révèlent clairement captivantes. On retrouve tout un panel de personnage féériques qui se glisse parfaitement dans celui des humains. Elles permettent aussi de mieux exacerber certaines réflexions, certaines idées de façon intéressante comme celle de l’utilisation des personnes considérées comme différentes en tant qu’outils. Ajouter à cela un vernis de Jazz qui apporte une petite touche musicale plus que bienvenue, quelques références intrigantes comme ce clin d’œil envers Lasser Détective des Dieux ou encore vers les contes et on se retrouve ainsi avec un univers captivant, palpable et qui donne envie d’être découvert.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment entrainants et passionnants à découvrir au fil des pages. Que ce soit Old Odd, chef de bande, ancien, qui ne cherche finalement qu’à pouvoir, d’une certaine façon, profiter pleinement de ses vieux jours, Jack l’assassin mystérieux et énigmatique mais qui cache bien son jeu et se révèle glaçant à souhait, mais aussi Bulldog gros bras un peu simplet qui se révèle plus profond que prévu et aussi touchant, ou bien encore Bix au destin tragique, lui qui voulait être jazzman mais qui est blanc, et se retrouve coincé à travailler pour la pègre, chacun des membres des No Ears Fours se révèlent humains loin de tout manichéisme avec leurs envies, leurs parts sombres et leurs émotions. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste avec une mention spéciale pour Jude qui ne cherche qu’à être heureuse et aimée dans une époque ou les femmes n’ont pas obligatoirement beaucoup de droits. Entre trahisons, amour, amitié et mensonges chaque personnage va devoir faire des choix. Le tout est porté par une gouaille qui apporte un véritable plus.

J’avais un peu peur de l’écriture à quatre mains, mais finalement la plume des auteurs n’est en rien dénaturé s’associant parfaitement pour se révéler entrainante, efficace et percutante bien porté par des personnages hauts en couleurs et des dialogues percutants et plein de mordants. Au final je ferai juste une petite remarque c’est concernant la conclusion qui, je trouve, s’essouffle légèrement devant le fait que de nombreux personnages apparaissent dans les dernières pages pour redistribuer les cartes et surtout ralentir encore les révélations finales. Rien de gênant tant l’ensemble est captivant et qu’on s’y plait dans cet univers, mais tout de même un chouïa frustrant. Au final cet American Fays est un excellent roman de Fantasy Urbaine, sans temps morts, avec une histoire complexe et dense et je reviendrai avec plaisir retrouver les No Ears Four si jamais les auteurs comptent un jour écrire une suite.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire très polar se révélant dense, entrainante au rythme tendu et sans temps morts. Le lecteur se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie tant l’ensemble est maîtrisé, offrant son lot de surprises et de retournements de situations. Je ferai juste une petite remarque concernant la conclusion qui, je trouve, utilise un peu trop l’apparition de personnages surprises, ralentissant ainsi les révélations, mais rien de non plus trop gênant et qui ne l’empêche pas de se révéler explosive. L’univers ne manque pas d’attrait se révélant clairement réussi, nous offrant un Chicago des années 20  entre ombre et lumière, loin de tout idéal et qui donne envie d’être découvert avec ses nombreuses références, la présence des fays, ou encore ce léger vernis Jazz qui lui offre ainsi une petite touche musicale. Un univers qui n’oublie pas non plus de mettre en avant de nombreuses réflexions intéressantes. Les personnages sont entrainants, denses et attachants, bien porté aussi par une gouaille des plus mordante. Le style à quatre mains se révèle être efficace et percutant, nous plongeant facilement das cette histoire. Un excellent roman de Fantasy Urbaine et je retrouverai avec plaisir les No Ears Fours si jamais les auteurs décident d’écrire une suite.

 

Ma Note : 8/10

Fugue en Ogre Mineur – Anthologie dirigée par Anne Fakhouri

fugue en ogre mineurRésumé : Où sont passés les ogres ?
Les forêts ont été déboisées. Les châteaux sont désormais hantés par les touristes. Les grottes par des joueurs de djembé…
C’est absolument faux. N’importe quel enfant vous le dira.
Certains ont squatté nos caves, y apparaissent et disparaissent. D’autres ont choisi de se lancer dans le prêt-à-porter grandes tailles. Les mauvaises langues disent qu’ils s’éclatent aux Etats-Unis. Quelques uns sont restés dans leur propre monde et envoient, de temps en temps, de terribles cauchemars à nos enfants.
Ils vivent à la frontière entre notre monde et le leur.

Edition : ActuSF

 

Mon Avis : Ce court recueil de nouvelles a un peu fini par hasard dans ma PAL. En effet à force de passer devant durant les festivals il m’a toujours intrigué et donné envie de le découvrir, sans que je ne franchisse jamais le pas. Il faut dire que la couverture, illustrée par Fabien Fernandez, ainsi que le sommaire composé uniquement d’auteurs féminins donnaient clairement envie d’en apprendre plus. Lors des dernières Imaginales j’ai donc fini par me laisser tenter et je l’ai fait rentrer dans ma bibliothèque. Le livre démarre sur une préface très intéressante nous expliquant que qui mieux qu’une femme peut parler d’un ogre ?, ainsi que les différentes facettes du monstre. Ce recueil est composé de cinq nouvelles.

L’Ogre de Ciment de Jeanne-A Debats : Cette nouvelle nous fait découvrir Yasmin qui, suit à un traumatisme violent, se retrouve à fuir à travers les souterrains de son quartier. Elle va alors croiser le chemin d’un ogre. Une nouvelle que j’ai trouvé réussie. Certes sur la forme elle se révèle classique et sans surprise, mais c’est sur le fond qu’elle arrive alors à surprendre en nous présentant deux personnages qui paraissent complètement opposés et qui pourtant ne le sont finalement peut-être pas tant que cela. Deux héros remplis de sentiments et d’émotions, solitaires, en pleine fuite en avant, qui dévoilent une vision d’un monde pas toujours rose et pourtant si réaliste où le monstre n’est pas toujours celui qu’on croit et où les hommes peuvent aussi être des ogres. Un texte à la fois poignant et efficace, à la plume entrainante, dont mon seul regret est peut-être une conclusion un peu trop convenue et pourtant logique.

La Chasse à L’Ogre de Stéphanie Gaillard : Cette nouvelle nous plonge dans le récit fait au roi Louis de la dernière chasse à l’ogre. On découvre ici un texte qui se révèle efficace et haletant, nous racontant de façon rythmé comment un groupe de chasseur a traqué et éliminé le dernier ogre. Un récit au rythme soutenu, rempli d’action et de rebondissements, qui se laisse lire avec plaisir mais qui, clairement, se révèle trop classique et sans véritables surprises. Même la tentative de réflexion sur le geste final par le héros manque de percutant. Attention le texte n’est pas mauvais, il se lit facilement et se révèle un agréable divertissement, mais il a du mal à véritablement marquer le lecteur selon moi. Je le rentre facilement dans les vite lu, apprécie et vite oublié.

Les Ogres font-ils de Bons Pères ? de Ida Mars : Cette nouvelle nous propose de découvrir un ogre qui part en chasse. On se rend alors compte qu’il ne chasse pas n’importe quel gibier, mais sa fille qui a décidé de s’enfuir. J’avoue que je ressors plutôt mitigé de ma lecture de cette nouvelle ; l’auteur prend le parti pris de mettre en avant l’humour et pourtant j’ai eu du mal à accrocher à ce type d’ironie que j’ai trouvé finalement mal amené, cherchant l’étonnement et la surprise du lecteur, mais qui est annoncé de façon trop brusque ce qui fait que l’ensemble tombe souvent à plat de mon côté. De plus le titre joue aussi dans le fait que certains rebondissements se révèlent trop faciles à deviner. Les idées sont pourtant bien là et ont du potentiel, mais je ne sais pas, j’ai trouvé que l’ensemble manquait un peu de liant. De plus certains des personnages m’ont paru sous-exploités, ce qui se révélait un peu confus. Un texte qui, selon moi, possède pas mal d’idées mais aurait peut-être mérité un traitement différent.

La Chair Choisie d’Audrey Guillotte : Cette nouvelle nous plonge dans la vie de Larve, jeune Ogresse, fille de Babau qui cherche à faire d’elle son héritière. Mais voilà elle se révèle loin d’être très futée. J’ai bien aimé ce texte, une certaine poésie se dégage le tout dans une ambiance qui se révèle sombre, violente et assez angoissante, mais le tout amené avec un certain humour noir qui ici a réussi à me happer. Une nouvelle dont, certes, on voit la conclusion arriver rapidement mais qui se révèle agréable, bien rythmé, nous dévoilant un univers où les ogres sont les maîtres et les humains sont en fait un troupeau. La relation entre Larve et Baubau, mélange de haine et d’amour, se révèle intéressante même si par moment un peu caricaturale. Surtout le danger ne vient pas toujours de là, ou de qui, l’on croit. Une découverte au final qui se révèle très sympathique.

Les Autres de Justine Niogret : Cette dernière nouvelle nous emmène dans le quotidien d’une jeune fille qui vit dans un orphelinat et se sent différente des autres. La force de cette nouvelle c’est son ambiance, qui monte lentement au fil des pages dans la noirceur, se révélant de plus en plus angoissante, pour finir dans une apothéose de violence et de sang que je vous laisse clairement découvrir. Une nouvelle très sombre qui remplit parfaitement le rôle recherché qui est de mettre mal à l’aise le lecteur, lui rappeler le côté monstrueux tout en tentant une réflexion, légère, sur le rejet des autres. Le problème vient qu’on retrouve ici un texte véritablement ouvert, sans véritables bases sur les personnages ou encore sur l’univers, ce qui est quand même frustrant à mon goût, car l’ensemble manque alors d’un peu de réponses.

 

Cette anthologie nous propose donc cinq nouvelles qui nous offrent cinq visions différentes et qui se révèle dans l’ensemble être au final une sympathique découverte. Ce qui est dommage c’est qu’il manque peut-être un texte qui se révèle porteur de l’ensemble, qui arrive clairement à se démarquer des autres et à marquer le lecteur. Cela ne m’a pas empêché non plus de passer un moment de lecture divertissant avec ce livre.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec cette anthologie qui nous propose de revisiter à travers cinq nouvelles le mythe original de l’ogre, qu’il soit aussi bien métaphorique que réel ; l’ogre pouvant être à la fois le monstre connu et reconnu, mais aussi celui qui se cache en chacun de nous. Chaque texte propose ainsi une variation et une vision intéressante du mythe, entre angoisse, horreur et humour, et même si tous les textes ne m’ont pas accroché de la même façon, dans l’ensemble ce court recueil reste plutôt agréable à découvrir même s’il manque tout de même d’éléments percutants et marquants pour passer de lecture distrayante à bonne lecture.

 

Ma Note : 6,5/10

Bardes et Sirènes – Anthologie 2014 des Imaginales dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

bardes et sirènesRésumé : Ensorceleuses précipitant les marins à leur perte, ou symboles d’un amour inaccessible, les sirènes fascinent autant que les abysses dont elles sont issues. Pour ces maîtresses du chant, la rencontre du barde est inévitable ; artisans des mots et de la musique, usés par la route et les tragédies, ils tissent eux même sur le cœur des hommes leurs propres enchantements… Toutes les nuances de la fantasy sont au rendez-vous de Bardes et Sirènes : des racines médiévales du genre à notre époque désenchantée, onze rencontres épiques, émouvantes, drôles ou cruelles vous attendent !

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Depuis 2011 environ j’ai l’habitude de craquer, assez facilement c’est vrai, pour l’anthologie des Imaginales. D’une cela me permet de faire le tour des auteurs présents (d’ailleurs dommage que tous les écrivains au sommaire ne soient pas toujours présents) et de deux elle permet de découvrir une variété de textes, souvent plaisants, sur un thème bien précis. Cette année le thème choisi m’a surpris, j’avoue, il s’agit de Bardes et Sirènes. J’avais donc hâte de découvrir ces différentes nouvelles. Comme l’année dernière cette lecture a bénéficié d’une LC avec Snow et Mariejuliet, aux emplois du temps de Ministres, mais qui c’est révélé très agréable avec de bonnes discussions. À noter que ce recueil comporte au sommaire 11 nouvelles, ainsi qu’un préface qui effectue un peu le bilan de l’anthologie depuis ses débuts ; un passage de flambeau pour les prochains anthologistes .

La Boite à Musique de Carina Rozenfeld : On se retrouve dans cette nouvelle à suivre un barde qui commence à se faire une réputation grâce principalement à sa boite à musique qui reproduit le chant d’une sirène. J’avoue que j’ai trouvé cette nouvelle assez sympathique, nous proposant un récit plutôt efficace et charmant, avec aussi quelques réflexions sur le besoin de l’homme de ne pas reconnaitre le bonheur là où il est, mais plutôt passer son temps à chercher la gloire et la reconnaissance. Dommage que l’ensemble soit peut-être un peu trop gentil, surtout pour la conclusion. Je trouve que cette nouvelle ouvre bien ce recueil, offrant un texte assez doux, agréable et calme.

Plaie Etoilée de Samantha Bailly : Ce texte nous fait découvrir un barde qui possède une drôle de plaie étoilée sur le front. Je suis plutôt mitigé sur ce texte, pourtant dans l’ensemble je l’ai apprécié, mais voilà pour moi il y avait énormément de potentiel que l’auteur ne fait finalement qu’esquisser, comme par exemple cette plaie sur le front ou encore les fameuses « histoires » misent en flacons, l’ensemble aurait pu apporter tellement plus que ça en est légèrement frustrant. Maintenant cela n’empêche pas ce texte de se révéler sympathique à lire, bien rythmé et quand même efficace, amenant le lecteur vers une conclusion certes sans surprise mais intéressante.

Tant que nous Demeurons Ensemble de Yann de Saint-Rat : Cette nouvelle se révèle assez intéressante sur certains points, nous faisant découvrir des sirènes guerrières qui kidnappent régulièrement des humains pour en faire des esclaves ou comme réserve de nourriture. J’avoue que l’idée de transformer les sirènes en monstre guerrier plutôt qu’en tentatrice par leurs charmes ou leurs voix m’a paru intéressant, faisant des humains du bétail apeuré, mais le reste se révèle très (trop) classique j’ai trouvé, avec une conclusion qu’on voit venir dès le début. Un texte tout de même agréable, mais qui, comme les précédents, a du mal à complètement m’emporter et à se dégager.

La Tête de Singe d’Estelle Faye : J’ai énormément apprécié cette nouvelle, sûrement selon moi une des meilleures du recueil, nous proposant de découvrir la fuite d’une jeune fille qui va faire face à de nombreux obstacles. La force du récit est, cette fois, de ne pas mettre le barde et la sirène au milieu de l’intrigue, mais comme simple élément d’évolution pour l’histoire. L’intrigue joue avec le lecteur, l’amenant vers des fausses pistes, des rencontres déroutantes, pour mieux rebondir et happer le lecteur. L’univers mis en place par son aspect mythologique est clairement dense et soigné, avec cette originalité sur les sirènes, et le tout est magnifiquement porté par une plume que j’ai trouvé superbe et sensuelle. Les personnages se révèlent intéressants et surprenants par bien des aspects. Certes l’ensemble reste, sur certains aspects, ouvert, mais je trouve que cela ajoute du charme au récit et à l’imagination. Une nouvelle réussie.

Au Bar des Sirènes de Frédéric Petitjean : J’avoue, je n’ai pas du tout accroché à ce texte. Il nous fait découvrir un barde solitaire dans un univers ou les êtres de légende disparaissent de plus en plus. Le début se révélait pourtant sympathique, proposant une vision du monde féérique pleine d’ironie et de perdition, mais l’ensemble se révèle très rapidement trop simpliste et surtout un peu trop guimauve et rose bonbon à mon goût. De plus j’avoue que certaines réactions de personnages m’ont paru des plus étonnantes et déroutantes. L’univers décrit par l’auteur m’a aussi paru un peu trop surfait, un peu trop cinéma hollywoodien je pense, ce qui n’est pas illogique vu que l’auteur a travaillé sur des séries américaines, mais qui ne m’a pas accroché plus que cela. Dommage.

La Mise en Pièces de Maïa Mazaurette : Comme souvent l’auteur nous propose une nouvelle qui se révèle efficace, entrainante, sanglante, sombre et pleine de surprises et de rebondissements. On suit ici un barde, amant d’une reine sanguinaire et décadente, qui lui conte une histoire sur les sirènes, mais qui est dans l’attente de quelque chose de bien particulier. La tension monte lentement au fil des pages, de l’attente du héros et des révélations qui se dévoilent, pour mieux captiver le lecteur, le dérouter, et même si la conclusion est devinable dans les grandes lignes ça ne l’empêche pas de se révéler percutante et surprenante. La caractérisation des personnages est bien réussie, qu’on les apprécie ou pas on tourne les pages avec envie de savoir ce qui va leurs arriver. Un texte que j’ai trouvé au final très réussi, bien porté par une plume vive et efficace.

Tant qu’il y Aura des Sirènes de Régis Goddyn : Cette nouvelle m’a un peu dérouté par certains aspects et, j’avoue, au final j’en ressors avec un sentiment mitigé même si plutôt positif. En fait j’ai trouvé que les idées sont là avec ce concept de nous présenter les sirènes comme en voie d’extinction dans un monde futuriste qui se délétère, mais voilà la présentation, sur trois lignes temporelles, m’a paru par moment trop brusques, manquant parfois de logique et le style ainsi que la narration m’ont paru par moment un peu trop hachés pour complètement m’accrocher. Au final un texte pas mauvais, plein de potentiel, mélange des genres, avec de bonnes idées et des réflexions intéressantes sur l’écologie, mais qui sur la forme m’a parue un peu trop bancal pour complètement me happer.

Le Chant des Autres de Mélanie Fazi : L’auteur, comme à son habitude, nous propose ici un texte que j’ai trouvé excellent et magnifique. Une nouvelle clairement originale, principalement par sa représentation du barde et de la sirène qui se révèle franchement surprenante, accrocheuse et passionnante dans un univers de fantasy urbaine qui se révèle passionnant et très intéressant à découvrir avec ses règles et ses limitations. Surtout une nouvelle poignante, touchante portée par des personnages qui se révèlent profondément humains avec leurs joies et leurs souffrances, souvent remplis de colère et de douleurs, qui doivent faire des choix. J’ai de nouveau été emporté par la plume poétique, pleine de finesse et sensible de l’auteur. Elle rentre clairement dans les meilleures nouvelles du recueil.

Le Chant du Solstice de Pierre Bordage : On retrouve ici une nouvelle que j’ai trouvé très intéressante, où on découvre un barde en manque d’inspiration, qui doit pourtant effectuer le grand chant du solstice. Mais tout va changer pour lui quand les villageois vont capturer une sirène. Un texte simple et qui se révèle efficace avec son lot de rebondissements et de retournements de situation qui font qu’on tourne les pages pour découvrir la suite même si dans l’ensemble il se révèle assez linéaire. La plume de l’auteur se révèle entrainante et efficace et les personnages offrent leur lots de surprises. Par contre, ce qui dessert un peu cette nouvelle c’est son positionnement dans l’anthologie, elle aurait gagné à être plus vers le début selon moi, et aussi, peut-être, un léger manque de profondeur dans l’ensemble.

Ci-gît mon Cœur d’Anne Fakhouri : Une nouvelle que j’ai trouvé réussie, qui nous propose de découvrir un barde qui par « chevalerie » va se retrouver à aider une sirène dont il est tombé amoureux. Mais tout n’est pas toujours ce que l’on croit. L’ensemble se révèle très bien rythmé, haletant, qui se lit assez facilement, rapidement et avec plaisir, qui happe doucement le lecteur au fil des pages pour lui donner l’envie d’en savoir plus aboutissant alors à une conclusion qui risque d’en surprendre plus d’un tant j’ai trouvé que la révélation finale était inattendue, décalée, cruelle et surtout terriblement efficace. L’ensemble se révèle maîtrisé et bien porté par une plume rythmée et haletante et où les personnages ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent être.

Le Guetteur de Nuages de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans un univers où les nuages sont des ennemis envahisseurs et où un barde utilise son chant pour les faire disparaitre. Mais un jour un nuage différent et beaucoup plus résistant apparait. Un texte qui m’a paru intéressant, vif et entrainant à travers cette possibilité, en méditation, de pénétrer dans les nuages et alors les faire résonner grâce au chant pour les dissoudre. L’idée de la sirène se révèle clairement originales et surprenante. Le texte possède aussi une certaine musicalité qui m’a bien accroché, ainsi qu’une légère dose d’ironie avec ce passage sur la sagesse des anciens et la fougue des plus jeunes. Là où j’ai un peu décroché c’est dans la conclusion, l’auteur ayant pris le parti pris d’offrir une sorte de happy-end, c’est un choix, mais je me dis qu’au vu du récit un final peut être un peu nuancé aurait apporté un plus à l’ensemble. Au final un texte agréable et efficace qui se lit bien.

 

Je dois bien avouer que j’ai trouvée cette cuvée 2014 un peu en dessous que celle des années précédentes. Il y a bien quelques textes qui sortent du lot mais les autres se révèlent soit simplement sympathiques sans être vraiment marquants, soit ne m’ont pas complètement accroché. Il faut aussi dire que le sujet était peut-être un peu particulier, pas obligatoirement le premier qu’on pense en parlant Imaginaire. Alors attention la lecture de ce recueil se révèle tout de même agréable et m’a aussi permis de découvrir de nouvelles plumes, juste que dans l’ensemble je l’ai trouvé un petit peu moins accrocheuse que les années précédentes.

En Résumé : J’avoue que j’avais hâte de voir ce que la cuvée 2014 allait bien proposer avec ce sujet sur Bardes et Sirènes, mais voilà, une fois la dernière nouvelle terminée je dois bien avouer que je l’ai trouvé légèrement en-dessous des années précédentes. Alors attention l’anthologie ne se révèle pas mauvaise pour autant et se révèle agréable à lire, avec quand même la présence de quelques textes qui sortent franchement du lot, mais le reste se révèle soit juste sympathique sans non plus être très marquant, soit ne m’ont pas complètement accroché malgré la variation d’idées sur le sujet. Cela vient peut-être aussi justement du choix du sujet. Cela ne m’empêchera de faire entrer dans ma PAL l’anthologie l’année prochaine.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Les avis de mes collègues de LC : Snow, Marijuliet.

Décade de L’Imaginaire 2014

decade de l'imaginaire 2014Edition : L’Atalante

 

 

 

 

 

Mon avis : Comme proposé l’an dernier (Ma chronique de la Décade 2013 ici) les éditions L’Atlante ont décidé de renouveler leur opération de décade de l’imaginaire. Il y a quelques semaines l’opération proposait donc ainsi de découvrir huit nouvelles gratuites d’auteurs différents et, après avoir mis en avant en 2013 l’imaginaire européen, cette année ce sont les femmes qui ont été misent à l’honneur.

Quand Arriva la Fin du Monde en Fin de Matinée d’Anne Larue : Cette nouvelle nous fait découvrir Jacqueline qui se retrouve seule sur terre suite à la fin du monde, avec pour seule compagnie un livre ; le journal de Virginia Woolf. Un très joli texte, simple dans son idée, qui nous fait découvrir une héroïne pragmatique au possible, qui ne panique pas face à la disparition des autres et se lance dans un programme de survie établi. Il se dégage quelque chose de poétique dans les journées qui défilent pour cette vieille dame, quelque chose de magique qui fait qu’on ne s’ennuie pas, le tout teinté d’humour et d’ironie face à la répartie de ce personnage au regard cynique. Ici l’apocalypse est à peine expliqué, mais ce n’est pas le plus important, car on se retrouve à suivre avec plaisir la nouvelle vie de Jacqueline et voir comment elle avance et évolue. On y retrouve aussi une réflexion plutôt intéressante sur l’humanité, sa grandeur, sa décadence mais aussi sur finalement sa petite place dans l’univers ainsi que sur les énergies, sur la communication, notre façon de vivre ou encore sur le pouvoir des livres, mais l’ensemble aurait peut-être pu être un peu plus poussé selon moi, ce qui est légèrement dommage. Au final une bonne petite nouvelle, agréable et efficace.

Le Miroir d’Électre de Jeanne-A Debats : Une nouvelle très intéressante qui décide de revisiter complètement le mythe d’Electre, déjà en le traitant de façon contemporaine, mais aussi finalement en offrant de jouer sur le destin. On se retrouve donc à suivre le quotidien de Violette, jeune fille, bibliothécaire à mi-temps, qui va régulièrement voir un psychanalyste la faute à un don étrange qui l’oblige presque à vivre recluse. Sa vie va changer après sa rencontre avec Adam. Une histoire que j’ai trouvé efficace, qui se lit bien, on se laisse entrainer par le destin et la vie de cette jeune fille, qui donne l’impression d’être déconnecté de tout, entre amour, famille et trahison. La plume de l’auteur se révèle fluide et entrainante ce qui fait qu’on tourne les pages facilement. Mais l’ensemble se révèle très dense et très riche en clin d’œil et référence, peut-être justement un peu trop dense car je ne suis pas sûr de toutes les avoir comprises. Cela n’empêche pas ce texte de se révéler agréable et d’offrir une variation intéressante sur le destin.

Burgundia Remanence de Danielle Martinigol : Une courte nouvelle qui nous plonge dans un univers futuriste où un couple passe leur voyage de noce dans une planète musée et découvre alors le vin; ainsi que le viticulteur Renay, ce qui va changer leur vie. Un texte sans prétention qui offre pour intérêt premier de traiter du vin, qui joue ici le rôle de perturbateur et d’ouverture vers un meilleur, le tout dans un univers de SF. Un récit qui parle aussi de l’obsolescence et de la façon dont on traite parfois ce qu’on prend pour des outils. Le soucis c’est que l’ensemble est trop rapide, se révèle assez linéaire et j’ai trouvé la conclusion convenue. Cela reste un texte plutôt sympathique qui rentre dans les vite lu, apprécié et vite oublié.

Homéostasie de Laurence Suhner : Cette nouvelle nous fait découvrir un monde futuriste où une neige noire tombe régulièrement sur Terre sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi. Ana, qui possède des pouvoir psy, va être embauché par un groupe de scientifique pour une mission capitale. Un texte qui se révèle très sombre, froid que ce soit dans son ambiance comme dans la présentation de son héroïne qui est cynique et totalement désabusé. Le monde en pleine agonie que nous dévoile l’auteur se révèle assez angoissant et pousse à réfléchir. On se laisse porter par le récit pour savoir où il nous emmène jusqu’à aboutir à cette conclusion inéluctable même si facilement devinable. Dans l’ensemble un texte très sympathique qui aurait quand même, selon moi, mérité d’être peut-être un peu densifié sur certains aspects un peu trop rapidement traité.

Vers les Airs de Camille Brissot : Cette nouvelle est un peu le prologue de Dresseur de Fantômes, le roman de l’auteur (que j’ai lu et chroniqué ici), elle nous fait ainsi découvrir, à travers la quête d’un homme à la recherche de son amour perdu, une planète en pleine apocalypse, confronté à elle-même dévoilant aussi bien le pire que le meilleur même si l’auteur reste un peu gentillette. Un textes où les émotions affluent et que j’ai trouvé plutôt agréable à lire et sympathique, même si l’ensemble est traité un peu trop rapidement à mon goût ce qui l’empêche de se révéler complètement poignant et dense, surtout sur la relation entre les deux héros. Quelques pages de plus auraient peut-être été un plus.

Du Rififi Entre les Oreilles d’Anne Fakhouri : Nouvelle précédemment lue dans l’anthologie des Imaginales 2013 Elfes et Assassins. Une seconde lecture n’a rien enlevé à ce texte bourré d’humour et terriblement efficace. Ma chronique de l’époque ici.

Horizon de Carina Rozenfeld : Ce texte se révèle être un peu la suite du roman Le Mystère Olphite (que j’ai lu et chroniqué ici), où dans un univers futuriste des hommes, les Olphites justement, seront capables de communiquer avec des météorites et les piloter. Deux météorites vont d’ailleurs prochainement se rejoindre, une colonisée qui va se séparer d’une partie de sa population pour coloniser la seconde, et ainsi voyager dans différentes directions de l’espace. Une nouvelle qui nous propose un univers riche, chatoyant et surtout original dans cette façon de communiquer avec les astéroïdes, de les imaginer comme être doué de conscience. Mais voilà deux choses me dérangent, première ce texte me fait penser plutôt à une introduction, l’auteur donnant l’impression qu’elle va revenir dans cet univers vu le cliffangher, et aussi, effet jeunesse probable, une trop grosse dose d’optimiste dans l’ensemble, mais pour ce point-là cela vient surtout de moi je pense. Une nouvelle toute de même agréable qui se lit facilement et qui donne envie de lire la suite, si jamais suite il y a.

Aknaktak de Sylvie Denis : Comme la nouvelle proposée l’an dernier de l’auteur, Aknaktak se situe dans l’univers de Haute École, et comme l’année dernière j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit qui nous plonge directement dans l’action et dans la trahison dont on a du mal à comprendre les tenants et les aboutissants. Mais contrairement au texte de 2013, celui-ci au fil des pages va finalement prendre son envol et se révéler plutôt indépendant ce qui fait que j’ai plus apprécié ce récit. En effet plus j’avançais dans le texte plus je me suis laissé porter par cette histoire de vengeance et de découverte d’une nouvelle population. L’ensemble se révèle fluide et efficace. Deux points m’ont quand même dérangé, premièrement j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages justement, je pense, parce qu’il me manquait le background pour clairement les comprendre, deuxièmement l’ensemble n’est en fait qu’une introduction qui appelle clairement une suite. En tout cas Haute-Ecole est dans ma PAL, j’espère donc mieux comprendre les nouvelles quand je le lirai.

En résumé : De nouveau l’Atalante nous propose une très belle initiative avec cette décade qui surtout nous permet de découvrir huit nouvelles, certes pas toutes au même niveau, mais qui dans l’ensemble se révèlent sympathique et agréable à découvrir. Cela permet aussi de mettre en avant plusieurs auteurs et me donne envie, pour certains dont j’ai quelques romans qui trainent dans ma PAL, à les découvrir plus en avant ou de lire leurs derniers écrits.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Vert, …

Hantés – Anne Fakhouri

hantesRésumé : Depuis la mort suspecte de Tug, son beau-père policier, Samuel peine à contenir les voix mystérieuses qui le harcèlent. Darius, son nouvel ami, souffre du même mal. Tous deux comprennent bientôt qu’ils disposent de pouvoirs complémentaires. À travers eux, des fantômes s’incarnent et réclament justice…

Edition : Rageot Thriller

 

Mon Avis : Je ne vais pas le cacher, mais je suis devenu un inconditionnel des écrits de Anne Fakhouri qui a toujours réussi à m’offrir des textes intéressants, variés et dont je n’ai jamais été vraiment déçu. Je me suis donc rapidement lancé dans la lecture du dernier roman en date de l’auteur, qui nous propose ici un thriller fantastique jeunesse, mais pas seulement. À noter que je trouve la couverture vraiment intéressante et elle colle vraiment bien à l’ambiance du livre.

Dès les premières pages on se retrouve vraiment happé par cette histoire où l’auteur vient mélanger habilement, et de façon captivante, les genres. Le livre oscille ainsi entre le thriller, avec Samuel qui cherche la vérité sur son beau-père, et l’aspect fantastique, car on se rend compte très vite que certains des héros sont différents. Les intrigues mises en place se révèlent complexes, pour un thriller jeunesse, mais surtout efficaces et sans temps mort. Le lecteur se retrouve à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur les évènements et les aventures des héros. Anne Fakhouri nous propose donc un récit prenant, où on ne s’ennuie jamais devant les rebondissements et les surprises qui ne manquent pas d’attraits, et où l’aspect fantastique vient se mêler efficacement à l’aspect policier pour ajouter une certaine tension à la lecture.

Mais voilà l’auteur ne cherche pas non plus qu’à nous offrir un récit rythmé et plein d’action, elle cherche aussi à faire réfléchir le lecteur et vient aborder des sujets graves, forts et peu mis en avant dans la littérature jeunesse, par exemple la guerre et le génocide au Rwanda, ainsi que les aspects concernant les enfants soldats abusés et manipulés par une guerre qui les dépasse. Une des grandes forces de l’auteur est de traiter ces sujets de façon nuancée et surtout accessible pour un large publique sans non plus dénaturer son message.

Alors, parfois certains axes de réflexions m’ont paru traités de façon un peu trop rudimentaires et simples à comprendre, mais au final le message passe toujours. L’auteur ne met pas non plus pour autant de côté les problématiques qui lui sont chères, avec des réflexions et un travail toujours intéressants et soignés sur la famille, les secrets, mais aussi sur l’amitié.  Mon seul léger regret est, au final, de ne pas avoir eu plus d’explications sur le fait que certains personnages soient « hantés », il y a assez d’explication pour en comprendre le principal, mais certaines des mes questions sont restées en suspens. Rien de bien gênant.

Concernant les personnages, ils se révèlent vraiment intéressants à suivre et le groupe de nos trois adolescents, lancé dans cette enquête, se révèle clairement passionnant à découvrir au fil des pages. Des personnages travaillés, loin des stéréotypes avec leurs envies et leurs blessures qui vont influencer leurs façons d’évoluer et d’avancer. On s’accroche à eux, on partage avec grand plaisir leurs aventures, on frissonne avec eux, entre Samuel qui vit avec sa souffrance, ou bien Darius le jeune Anglais rejeté, ou encore Johanna l’adolescente un peu excentrique, ils forment ainsi un trio complémentaire et vraiment efficace.

J’aurai pourtant aimé que certains personnages soient un peu plus travaillés, je pense par exemple à Johanna ou Moses. De plus certains aspects sur l’évolution de l’intrigue m’ont paru traités de façon parfois un peu facile, comme par exemple l’héroïne qui peut obtenir toutes les informations avec sa tablette numérique et dont le père est un peu espion, ce qui permet de débloquer très rapidement certaines situations très rapidement, mais bon pas de quoi non plus complètement bouder mon plaisir. Finalement cette facilité permet aussi de vraiment garder le lecteur sur un rythme tendu et accrocheur.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, rythmée et efficace et nous plonge facilement dans ce récit construit de façon efficace et captivant avec son lot de surprises, de révélations et de rebondissements. La conclusion se révèle tout aussi intéressante et même si, j’avoue, j’avais deviné le twist final, elle vient répondre à toutes les questions que le lecteur se posait. J’ai vraiment passé un bon moment avec ce court roman sans temps mort et passionnant, malgré parfois quelques facilités et si l’auteur décide d’écrire des suites je les lirai sans problème.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller fantastique jeunesse qui m’a offert une histoire, soignée, complexe pour le public visé et qui s’est révélée sans temps morts, avec son lot de surprises et de rebondissements. Mais l’auteur, en plus de nous offrir une histoire captivante, nous propose aussi des axes de réflexions intéressants que ce soit sur la guerre au Rwanda, les enfants soldats, la société ou encore la famille et les amis. Les personnages se révèlent attachants et le trio de héros accroche le lecteur à travers leurs aventures. Le style de l’auteur se révèle énergique, efficace et entraine facilement le lecteur. Alors, je ne vais pas le cacher, un ou deux points m’ont dérangés, j’aurai aimé en savoir plus sur la « hantise » des héros ou encore l’héroïne un peu geek qui trouve toutes les réponses ou encore certains aspects juste esquissés ou traités rapidement, mais rien de bien gênant. Dans tous les cas si l’auteur écrit, un jour, une suite je la lirai avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

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