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Remembrance of Earth’s Past Book 3, Death’s End – Cixin Liu

Résumé : Half a century after the Doomsday Battle, the uneasy balance of Dark Forest Deterrence keeps the Trisolaran invaders at bay.
Earth enjoys unprecedented hilosorosperity due to the infusion of Trisolaran knowledge and, with human science advancing and the Trisolarans adopting Earth culture, it seems that the two civilizations can co-exist peacefully as equals without the terrible threat of mutually assured annihilation. But peace has made humanity complacent.
Cheng Xin, an aerospace engineer from the 21st century, awakens from hibernation in this new age. She brings knowledge of a long-forgotten program dating from the start of the Trisolar Crisis, and her presence may upset the delicate balance between two worlds. Will humanity reach for the stars or die in its cradle?

Edition : Tor Books
Poche : Head of Zeus

 

Mon Avis : Voici donc ma dernière chronique concernant le mini challenge que je me suis lancé, celui de lire tous les romans nominé aux Hugo Awards pour pouvoir voter en connaissance de cause. Il me restera plus qu’un article récapitulatif à faire sur qui j’ai voté et pourquoi et ce sera bon. Cette dernière chronique sera donc, fort logiquement, sur le dernier tome de la trilogie de Cixin Liu dont, après deux premiers volumes plus que réussis, intelligents et efficaces (ma chronique du Tome 1, Tome 2), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait conclure. Concernant l’illustration de couverture je la trouve très réussie. Par contre, comme ma chronique précédente, je risque de Spoiler les tomes précédents donc c’est à vos risques et périls.

Suite à la paix négociée grâce à un coup de poker par Luo Ji entre la Terre et les Trisloariens, l’humanité connait une avancée technologique spectaculaire et vit dans la sérénité. Certes, cette paix est fragile et repose simplement sur le fait que si la Terre est attaquée elle dévoilera les coordonnées des Trisolariens dans tous l’univers, mais l’avenir n’a jamais été aussi radieux. C’est à cette époque que Chen Xi va se réveiller, elle qui a été hibernée à l’époque de la grande crise et qui va se retrouver au centre de l’avenir de la planète. Bon je dois bien avouer que, même si ce troisième offre pour moi une fin solide au cycle, il est quand même clairement en-dessous des tomes précédents. On y retrouve ainsi les défauts que j’avais soulevé dans les tomes précédents et que j’ai trouvé encore accentué, mais aussi d’autres points qui m’ont laissé perplexe. Cela ne l’empêche pas pour autant de garder les qualités qui faisaient la réussite des précédents volumes et de s’avérer sympathique à lire et à découvrir.

Il faut dire aussi que l’auteur continue à nous offrir une histoire qui ne manque pas d’imagination et qui offre de nombreuses idées et de réflexions qui ne manquent pas de marquer le lecteur je trouve. Concernant l’intrigue, j’ai trouvé que ce tome dévoilait plutôt une histoire de l’humanité, une vision plus globale et large de la vie de notre planète et de l’avenir possible. On découvre ainsi cette évolution à travers les yeux de l’héroïne qui va traverser les âges sur plusieurs milliers d’années. L’intrigue paraît ainsi moins « prenante » que les livres précédents du cycle, n’offrant pas obligatoirement de mystères comme le premier tome, où de duel comme le second, mais cela ne l’empêche d’avoir tout de même quelques jeux de pouvoirs que ce soit entre humains, mais aussi avec les Trisolariens et d’autres encore, ainsi que quelques scènes tendues et efficaces. Il y a aussi un vrai travail de l’auteur à montrer une évolution de notre planète, nos mentalités et notre vision au fil des années, des péripéties, des souffrances, des guerres etc… Par contre, et cela risque peut-être d’en bloquer certains, mais j’ai trouvé le rythme de ce tome lent, parfois même un peu trop.

Comme je l’ai dit, le gros pont fort de ce tome vient encore des nombreuses idées que développe l’auteur au fil des pages. Il offre ainsi une imagination que je trouve débordante, le tout toujours porté par des concepts scientifiques intéressants et soignés, même si là on entre clairement dans le spéculatif au sens large tant on va loin dans l’avenir. Ce sont toutes les idées développées qui m’ont porté tout du long de cette trilogie et qui ont fait que je me suis encore laissé porter par ce troisième tome. C’est foisonnant, fascinant et surtout offre une vision possible de l’avenir dense, plausible et intéressante. Que ce soit aussi bien sur les notions scientifiques comme par exemple les dimensions, la vitesse de la lumière, les technologies d’armement ou de protection, mais aussi des réflexions plus philosophiques comme la notion de fin, de mort, de paix, la notion de coopération et de doute, de sacrifice ou bien encore de peur et des actes que l’on peut réaliser sous l’emprise de celle-ci, j’ai plongé avec intérêt dans ce récit. Il y a aussi un vrai travail tout du long sur la notion de coopération pour briser la crainte et la peur de ce qui est considéré comme différent et par conséquent risqué. Mais il y a aussi une certaine beauté, je trouve dans ce cycle, une notion d’espoir même si tout est sombre, une envie de lever les yeux au ciel et d’admirer la beauté que peut aussi nous réserver les étoiles et au-delà.

Je me suis aussi laissé émerveiller par l’image de fond qui est développé au long du récit, les différents paysages croisés, les différentes villes ou encore la vie dans l’espace qu’on voit se développer par la suite. Le tout est porté par des descriptions vivantes et visuelles qui donneraient presque envie de vivre là-bas, à une telle époque, dans ce futur, de le découvrir. L’aspect conte, dont je ne dirai rien pour ne pas trop en dévoiler, apporte aussi un vrai plus au récit. Et pourtant ce qui est une grande qualité du roman devient aussi par moment un défaut je trouve. Oui, les lieux visités sont magnifiques et visuellement attirants, sauf que l’auteur en fait parfois trop dans les descriptions. Il passe parfois des pages entières à nous présenter les évolutions architecturales et technologiques ce qui a, selon moi, pour effet de créer des longueurs dans le récit. Franchement ce roman avec 50 ou 100 pages de moins, je pense, qu’il aurait été encore plus prenant. Ensuite, certes, comme je l’ai dit, l’auteur fourmille d’idées sauf que là aussi il en fait de trop à mon goût. Certes développer son récit plus plusieurs milliers d’années ne peut qu’obliger beaucoup d’opinions et de théories, mais voilà il y en a trop. J’ai même eu l’impression qu’il y en avait plus dans ce troisième tome que dans les deux premiers, ce qui rend l’ensemble trop dense et surtout complexe à maîtriser par l’auteur. On a l’impression de se perdre un peu, ne comprenant pas exactement où tel concept cherche à nous emmener pour parfois se rendre compte qu’il est juste là simplement, car il est possible et plausible. Ce n’est pas en soit bloquant, mais voilà parfois ça se révèle frustrant et j’ai eu parfois envie de dire à mon exemplaire de synthétiser (je vous rassure il ne m’a pas répondu).

Concernant les personnages, de nouveau, ce n’est pas le point fort du récit, ni même du cycle d’ailleurs. Il faut aussi dire que l’auteur considère ces personnages comme des « outils » qui vont lui permettre de faire avancer son récit et développer ses concepts ainsi que ses réflexions. Alors c’est vrai, certains héros sortaient du lot dans les deux premiers tomes Yan Miao, Luo Ji, Ye Wenjie, je me suis même attaché à certains dans le second tome, mais là je dois bien avouer que dans ce troisième tome ils ont eu beaucoup de mal à être plus que de simples outils. Pire j’ai même eu envie régulièrement de secouer Cheng Xin tant elle arrivait à me frustrer. Après tout n’est pas non plus de sa faute à elle, mais plus de l’Humanité et des gens autour d’elle qui lui remettent régulièrement entre les mains le sort de l’univers entier, alors qu’on sait très bien qu’elle va prendre le plus « mauvais » choix. Je mets mauvais entre  »  » car tout est question de logique et de moral, je n’en dis pas plus pour ne pas vous en révéler et vous laisse découvrir, mais voilà quand on lui présente X fois un problème et qu’elle prend X fois la même solution, il ne faut pas s’étonner. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont eux aussi facilement oubliables je trouve, mis à part peut-être Luo Ji qui refait quelques apparitions et que je trouve toujours aussi intéressant. Par contre, j’avoue que certaines évolutions psychologiques m’ont laissé perplexe comme cette idée que le seul but de l’héroïne est de trouver l’amour ou bien encore sur la notion de genre qui donne l’impression d’être figé. C’est très léger, mais je trouve ça dommage pour un roman qui va si loin dans l’avenir de rester figé sur certaines mentalités.

Attention, ma critique peut paraitre en demi-teinte, mais j’ai quand même passé un moment de lecture agréable et sympathique avec ce troisième tome. Il possède une bonne partie des ingrédients de ce que je cherche un peu dans un roman SF, c’est à dire un récit qui nous fait réfléchir, offre une vision plausible d’une avenir et qu’il me happe un minimum. Certes, certains défauts se font clairement ressentir et ce troisième tome est clairement un ton en-dessous du précédent, ce qui est quand même un peu dommage pour une conclusion, mais je ne suis pas déçu pour autant de l’avoir lu, offrant tout de même une fin solide à cette trilogie. La plume de l’auteur est toujours simple et efficace, même si certains dialogues s’avèrent un peu plats. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur. Je crois d’ailleurs que j’ai un recueil de nouvelles où il est présent dans ma bibliothèque.

En Résumé : J’ai trouvé ce troisième et dernier tome de ce cycle un niveau en dessous des précédents, mais cela ne l’empêche pas d’être sympathique à lire et d’offrir une fin que j’ai trouvé solide. La grande force de ce récit, mais aussi de ce cycle, vient de la vision de l’avenir que construit l’auteur, qui s’avère plausible et entraînante, mais aussi des idées qu’il soulève et véhicule tout du long. On sent ainsi une imagination débordante que ce soit aussi concernant les lieux visités, les technologies et idées qui reposent toujours sur des concepts scientifiques présentés de façon compréhensibles et aussi des réflexions morales soignées et intéressantes. Le soucis vient que ce troisième tome m’a paru trop dense, que ce soit dans les descriptions ce qui provoque des longueurs, mais aussi dans les idées. L’auteur donne l’impression de se lâcher complètement dans les notions qu’il développe ce qui provoque une certaine confusion. Alors rien de trop gênant, mais qui s’avère un peu frustrant et donne l’impression que le livre aurait pu être plus prenant avec 50 voir 100 pages de moins. Concernant les personnages, rien de nouveau ils restent des outils pour l’intrigue, mais autant dans les autres tomes j’arrive à accrocher à certains, autant là, même s’ils restent entraînants, il ne m’ont pas touché du tout. Par moment j’ai même eu envie de secouer l’héroïne, pas tant par son caractère qui est ce qu’il est, mais par la capacité des autres à se reposer sur elle alors qu’elle prendra toujours ce que je considère comme la mauvaise décision dans une telle période. Après ce roman a quand même remplit son rôle de me dépayser, de m’offrir un avenir plausible, logique et intéressant qui fourmille d’idées, certes il est un peu moins prenant et efficace que les précédents, mais je l’ai quand même lu avec un minimum de plaisir, le tout porté par une plume simple. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

Remembrance of Earth’s Past Book 2, The Dark Forest – Cixin Liu

Résumé : Earth is reeling from the revelation of a coming alien invasion — four centuries in the future. The aliens’ human collaborators have been defeated but the presence of the sophons, the subatomic particles that allow Trisolaris instant access to all human information, means that Earth’s defense plans are exposed to the enemy. Only the human mind remains a secret.
This is the motivation for the Wallfacer Project, a daring plan that grants four men enormous resources to design secret strategies hidden through deceit and misdirection from Earth and Trisolaris alike. Three of the Wallfacers are influential statesmen and scientists but the fourth is a total unknown. Luo Ji, an unambitious Chinese astronomer and sociologist, is baffled by his new status.

Edition : Tor Books
Poche : Head of Zeus

 

Mon Avis : On touche au but de mon mini challenge concernant les Hugo Awards 2017. En effet il ne me reste plus que deux chroniques à vous proposer, les deux derniers tomes du cycle de Cixin Liun. Après un premier tome qui m’avait offert un très bon moment de lecture, offrant une intrigue efficace et des aspects SF intelligents (ma chronique ici), je me suis plongé avec grand plaisir dans ce second tome en me demandant ce qu’allait bien pouvoir proposer l’auteur. Concernant la couverture, je la trouve très réussie et efficace. J’ai lu ce roman en Anglais traduit du Chinois par Joel Martinsen. Par contre, je ne peux pas chroniquer ce second tome sans spoiler le premier (qui d’après ce que j’ai cru comprendre était déjà dévoilé dans le résumé du premier tome en VF donc ne lisez pas le résumé du Problème à Trois Corps), par conséquent ne lisez pas cette chronique si vous n’avez pas lu le premier tome.

On plonge dans ce roman quelques années après la révélation de la fin du tome précédant, nous apprenant qu’un invasion alien était encours. Les Trisolariens ont ainsi fait infiltrer notre planète par les Sophons, nous espionnant et nous empêchant certaines avancés scientifique, pour leur permettre d’envahir la Terre d’ici 400 ans le temps de faire le voyage. Pour contrer cela le projet Wallfacer est mis en place, se reposant sur l’esprit et le secret, et quatre personnes sont choisies pour essayer de trouver une solution. Luo Ji fait parti de ses hommes et il se demande bien pourquoi, vu qu’il n’a rien d’un grand stratège, ni d’un politicien, ni d’un génie. J’avoue une fois la dernière page tournée j’ai passé de nouveau un très bon moment de lecture avec ce second tome. L’intrigue se déroule sur plus de 200 ans et offre un véritable jeu « du chat et de la souris » entre l’Humanité et les Trisolariens. Cette narration sur le long terme est possible grâce au fait que les héros sont régulièrement en hibernation. On plonge ainsi ici dans un roman très sombre, l’annonce de cette invasion va amener de nombreux questionnements, de nombreuses peurs concernant l’avenir et de ce qu’on va y trouver, mais offre aussi des comportements complètement différents selon chacun. Le pire c’est qu’il s’agit d’une peur lente et insidieuse, 400 ans à attendre, ce qui, je trouve, est bien retranscrit dans le roman avec cette lente montée en tension. On ressent ainsi clairement ces changements de visions et d’actes en fonction des dernières révélations et des dernières prouesses technologiques, oscillant régulièrement entre défaitisme et espoir.

L’auteur nous propose ici une narration assez déstructurée où l’on se retrouve à suivre différents héros, que ce soit les « élus » du projet Wallfacer, mais aussi le militaire Zhang Baihai, ce qui offre un développement du récit assez lent, jouant sur les mystères, mais qui pour moi est plutôt maîtrisé et vaut le coup quand les révélations et les surprises commencent à se dévoiler. Certes certains trouveront le démarrage peut-être trop lent. Je pense aussi que quelques pages en moins aurait pu être intéressant, mais cela n’empêche pas cette construction de s’avérer efficace, jouant pleinement sur les tensions et se révélant percutante et entraînante à travers des rebondissements et des révélations captivantes. Mais le roman est aussi très intéressant et passionnant dans les idées qu’il développe. Alors certes, certaines ont déjà été traitées dans d’autres romans, mais cela n’empêche pas l’auteur de nous offrir des réflexions solides, cohérentes et construites efficacement. Que ce soit sur la notion de politique qui va énormément évoluer sur toute la durée du roman, la notion d’économie et d’environnement, mais aussi sur l’aspect technologique et architectural, ou bien encore sur des questions plus intimes comme par exemple jusqu’où est-ont prêt à aller pour gagner, jusqu’où peut-on pousser notre moral, j’ai trouvé ce second tome encore plus intéressant. Il y a un vrai travail de fond sur ce qu’est possible de faire l’Homme en bien comme en mal. L’auteur s’offre même une explication sur le paradoxe de Fermi qui ne laisse pas indifférente et que j’ai trouvé plausible et efficace, même s’il y a de quoi débattre. L’évolution de l’humanité est aussi très intéressante, la façon dont elle va devoir avancer face à cette menace et comment elle va réagir m’a paru logique, sensée et même si elle est parfois amenée de façon succincte et rapide elle ne manque pas d’attrait.

Le fait de pouvoir développer son roman sur plus de 200 ans permet ainsi à l’auteur de nous offrir une vision futuriste intéressante, solide et que j’ai trouvé efficace. Alors certes, il ne révolutionne pas non plus pour autant tout l’aspect technologique, et ce n’est franchement pas ce que je lui demande, mais il nous offre une vision franchement fascinante et impressionnante, donnant envie d’en apprendre plus, d’en découvre plus. C’est d’ailleurs très intéressant la façon dont l’auteur montre le côté rassurant, sûre de la technologie, alors que ce n’est pas toujours le cas et à quel point on peut en dernier recours devenir fanatique. C’est un futur qui offre de nombreuses possibilités et dont l’immensité développée dans ce tome offre un vrai plus à l’ensemble. L’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir un récit où la science est aussi mise en avant. On entre avec ce tome dans un aspect scientifique plus spéculatif que le premier tome, permettant à Cixin Liu de montrer un travail d’imagination qui s’avère au fil des pages  très prenant, soigné, prenant et très visuel, porté par des descriptions qui font que les concepts scientifiques sur lesquels ils reposent deviennent accessibles. Comme pour le premier tome, certes on est dans de la Hard Science, mais qu’on pourrait qualifier d’abordable, du moins je l’espère ayant un petit bagage scientifique derrière moi, il n’est pas toujours facile de pouvoir faire ce genre de constatation. Bon après si vous n’accrochez pas à ce genre de travail scientifique, je ne suis pas sûr que vous accrochiez plus à ce cycle.

Concernant les personnages j’avoue que les héros principaux m’ont plus accroché dans l’ensemble, principalement d’un point de vue émotionnel, que ceux du premier tome. Certes on a toujours l’impression qu’il y a un léger filtre entre eux et le lecteur, mais cela se ressent moins que le précédent. Cela vient du fait que j’ai trouvé Luo Ji plus intéressant à suivre et qui surtout s’avère plus important, à mon avis, que Yang Miao. Il offre ainsi une évolution plus intéressante, car ses actes ont une répercussion visible sur l’avenir de la Terre. On peut ne pas l’apprécier, principalement dans ses choix en début de roman, mais on le comprend. Il offre aussi un aspect émotionnel plus prenant, principalement dans sa quête de lien au début du récit. Je suis par contre un peu déçu qu’on n’ait plus une héroïne comme Ye Wenjie qui offrait un vrai plus au premier tome. J’ai trouvé l’évolution de Shi Qiang très intéressante et, même s’il a toujours un peu ce sixième sens trop parfait du premier tome, il offre un personnage qui ne manque pas d’attrait. J’ai aussi bien accroché avec le personnage de Zhang Baihai, même s’il faut attendre avant de le comprendre complètement. En revanche à nouveaux l’auteur offre à ce tome le même défaut que dans le premier, les personnages secondaires n’ont d’intérêt que pour l’intrigue et se révèlent même parfois facilement oubliables alors qu’ils auraient pu offrir plus. C’est  dommage, comme par exemple Zhuang Yan. Outre le fait qu’elle apparait un peu facilement, elle ne donne l’impression d’être présente que pour faire évoluer Luo Ji ce qui est regrettable, car je pense qu’elle aurait pu offrir tellement plus, surtout quand on peut voir l’intensité et la profondeur que Cixin Liu peut proposer a certains passages, comme par exemple dans l’espace.

Après tout n’est pas non plus parfait dans ce roman, certaines longueurs se font ressentir ici ou là et par moment l’auteur a du mal à s’arrêter, ce qui rend certains passages un peu trop verbeux je trouve. Ensuite, le fait d’écrire un roman sur plus de 200 ans offre parfois des ellipses temporelles qui se révèlent légèrement frustrantes. Enfin, et je ne saurais dire si c’est dû à la traduction où à l’auteur, mais j’ai trouvé la plume un chouïa moins prenante, la faute par exemple à certains dialogues qui m’ont donné l’impression d’être un peu insipides. Après, malgré ces défauts, cela n’enlève en rien des qualités de ce second tome qui offre un récit efficace et intelligent sur l’Humanité et la façon dont elle peut gérer la catastrophe qui arrive. J’ai passé un très bon moment avec ce livre que j’ai trouvé tout aussi prenant que le précédent, il était donc logique que je me lance dans sa suite avec grand plaisir.

Il est à noter que ce second tome sera publié en VF chez Actes Sud sous le titre La Forêt Sombre en Octobre 2017.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le second tome de cette trilogie qui, après les révélations de la fin du premier tome, offre un récit efficace et très intéressant sur la notion de peur et de premier contact. La narration déstructurée permet clairement à l’auteur de jouer avec le lecteur, offrant certes un rythme assez lent, mais qui est plutôt bien maîtrisé, montant en tension au fil des pages pour offrir un dernier tiers intense et pleine de surprises. Le fait de construire sur plus de 200 ans permet ainsi à Cixin Liu de développer un avenir intéressant à découvrir et assez envoutant et dépaysant. L’auteur se repose toujours sur des concepts scientifiques et spécule dessus pour nous offrir une imagination débordante et pleine d’idées, tout en restant sur un récit de Hard SF abordable. Le point fort du roman vient clairement des idées qu’il soulève et des réflexions qu’il propose que ce soit sur le futur, sur l’aspect politique et économique, sur ce que l’homme est capable de faire ou bien encore sur la notion de technologie. Concernant les personnages j’ai bien accroché aux héros que sont Luo Ji, Shi Qiang ou bien encore Zhang Baihai, de plus ils m’ont paru légèrement plus prenant et attachant émotionnellement que dans le tome précédent. En revanche l’auteur n’arrive toujours pas à offrir de personnages secondaires franchement intéressants, on sent qu’ils ne sont que là pour faire avancer l’intrigue. Après je regretterai aussi certaines longueurs ainsi que parfois un côté un peu verbeux, ensuite certaines ellipses temporelles frustrantes et enfin un style qui m’a paru par moment légèrement moins accrocheur. Cela n’enlève en rien les qualités de ce roman intelligent et que j’ai trouvé prenant.

 

Ma Note :8/10

Remembrance of Earth’s Past Book 1, The Three-Body Problem – Cixin Liu

Résumé : 1967: Ye Wenjie witnesses Red Guards beat her father to death during China’s Cultural Revolution. This singular event will shape not only the rest of her life but also the future of mankind.
Four decades later, Beijing police ask nanotech engineer Wang Miao to infiltrate a secretive cabal of scientists after a spate of inexplicable suicides. Wang’s investigation will lead him to a mysterious online game and immerse him in a virtual world ruled by the intractable and unpredicatable interaction of its three suns.
This is the Three-Body Problem and it is the key to everything: the key to the scientists’ deaths, the key to a conspiracy that spans light-years and the key to the extinction-level threat humanity now faces.

Edition : Tor Books
Poche : Head of Zeus

 

Mon Avis : Bon, je me lance dans la dernière ligne droite de mon mini-challenge concernant les roman nominés aux Hugo Awards. En effet il ne me reste plus qu’à chroniquer la trilogie de Cixin Liu et de faire un article qui expliquera mon vote et je serai libéré (non je ne chanterai pas ^^). Alors je sais que le gagnant du meilleur roman a déjà été dévoilé, que j’espérais pouvoir boucler toutes mes chroniques avant, mais bon je vais essayer de tout finaliser d’ici à 15 jours quand même. À noter que j’ai bien lu The Three Body Problem en Anglais (traduit par Ken Liu) mais que ce roman est disponible en France sous le titre Le Problème à Trois Corps aux éditions Actes Sud (traduit par Gwennaël Gaffric). Concernant l’illustration de la couverture je la trouve réussie et prenante.

Ce roman nous plonge dès la première page en pleine Révolution Culturelle, en 1967, où l’on suit le lynchage de Ye Zhetai, professeur de physique, par ses étudiants ainsi que de sa femme et une de ses filles qui ont rejoint les Gardes rouges. On va alors suivre le destin de son autre fille, Ye Wenjie, qui va t’enter de s’exiler pour sauver sa vie, mais qui va être rattrapée par son passé et la lâcheté de certains. Elle va être sauvée et trouvé refuge dans un projet militaire top secret : « Red Coast Base ». En parallèle on va découvrir, en 2007, Wang Miao expert en nanomatériaux qui va voir sa vie basculer le jour ou apparait un compte à rebours qui va lui faire découvrir le jeu vidéo The Three Body Problem qui simule la vie sur une planète qui possède des ères stables et des ères chaotiques. Une fois la dernière page de ce livre tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman. Alors, on est clairement, selon moi, dans un roman de Hard SF, mais que l’auteur construit comme un jeu de piste, un peu comme un récit policier, levant les mystères et offrant des révélations de façon maîtrisée et efficace, tout en offrant de nombreuses réflexions. Alors le démarrage pourra peut-être s’avérer un peu lent pour certains, mais il a son importance.

Rien que les premiers chapitres suffisent, je trouve, à rendre ce roman intéressant, nous plongeant avec effroi et de façon percutante et glaciale au milieu de la Révolution Culturelle chinoise. J’en avais bien sûr déjà entendu parler, mais là je trouve qu’on est pris par cette période à la fois sombre et sanglante. On y découvre aussi une idéologie politique et un jeu de manipulation du pouvoir, qui n’est pas sans en rappeler d’autres et qui continue aussi à faire écho avec notre société actuelle, certes tout de même dans une moindre mesure. Enfin je l’espère. Le roman nous offre aussi une vision de la Chine, pays que finalement je ne connais qu’à travers ce qu’on m’en dit ainsi que par les médias. On découvre ainsi un pays qui s’isole complètement lors de cette révolution, qui rejette tout ce qui peut venir du mode capitaliste et de l’ennemi, où toutes les connaissances considérées comme venant de l’Est ou qui sont contre le socialisme chinois sont bannies et punies. C’est un pays qui va devoir attendre les années 70-80 pour commencer à s’ouvrir à nouveau. La partie contemporaine nous dévoile ainsi une Chine qui oscille entre tradition et modernité, à la recherche d’une nouvelle identité culturelle et scientifique. Cela ne veut pas dire que le pays est devenu un paradis, loin de là, mais on découvre une Chine en pleine évolution, en plein changement, mais qui reste aussi par certains aspects très traditionnel, limite parfois désuet. On oscille ainsi entre ville très développées et des villages ruraux qui ne possèdent pas grand-chose.

On plonge aussi ici dans un roman de science-fiction qui met clairement le mot science en avant, qui tend même vers le Hard Science, sans non plus se révéler trop ardu ou trop compliqué. Cixin Liu propose ainsi de nombreux concepts scientifiques existants captivants à découvrir et rigoureux, même dans le monde virtuel étrange que l’on découvre ; le problème à trois corps étant lui-même un problème mathématique connu. Le gros point fort, je trouve, vient de la façon dont l’auteur arrive à les intégrer dans son récit, à les rendre compréhensible et accessible au plus grand nombre, sans non plus tomber dans des notions trop complexes ou trop lourdes, surtout que l’ensemble est contrebalancé par le rythme lié à l’enquête, aux nombreux mystères qu’on découvre et aux trahisons qui se dévoilent. La simulation du Problème à Trois Corps offre aussi un plus au récit je trouve, avec tout ce travail sur cette planète virtuelle, la survie, l’aspect scientifique et économique qui change et offre un point de vue complètement différent. Un travail scientifique plein d’imagination et d’émerveillement qui s’avère accrocheur et prenant. Enfin l’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir des réflexions et des questionnements moraux efficaces et intéressants. Outre par la découverte de la Chine et des conséquences de la Révolution Culturelle, dont j’ai déjà parlé, il nous fait réfléchir aussi comme par exemple sur la notion de science et de religion, sur la notion d’humanité et ce côté sans avenir que l’on voit de plus en plus s’imposer, ou bien encore sur la notion de choix.

Concernant les personnages, je dois bien admettre qu’il s’agit peut-être, pour moi, du point faible du roman. Déjà mis à part les deux héros que sont Ye Wenjie et Yang Miao, qui s’avèrent être des protagonistes denses, complexes et travaillés dans leurs histoires et leurs passés, les autres personnages que l’on découvre manquent quand même un peu de profondeur. Ça ne veut pas dire qu’ils « sonnent » creux pour autant, mais voilà on sent qu’ils ne sont présent que pour permettre à un moment ou un autre à faire avancer l’intrigue et qu’au-delà de cela il est compliqué de les faire exister. Shi Qiang sort bien du lot, offrant un point de vue moins scientifique et plus terre-à-terre intéressant, mais son sixième sens qui tend régulièrement vers le Deus Ex Machina m’a un peu frustré. Ce n’est en rien complètement bloquant, on se laisse quand même porté par leurs aventures, mais voilà c’est un peu dommage. Autre point frustrant l’aspect émotionnel des différents personnages qui est assez limité. J’avais l’impression de lire un roman de SF de l’époque des Asimov ou Heinlein, où la science et l’intrigue sont clairement le point d’orgue du récit, hors c’est dommage car on a du mal alors à s’attacher complètement aux différents héros. Il y a bien quelques scènes plus profondes comme ce qui tourne autour du suicide de la fille de Ye Wenjie, mais elles sont trop rares pour faire disparaitre cette petite distance entre le lecteur et le personnage.

L’ensemble est porté par une plume que j’ai trouvé efficace, entraînante et soignée qui a fait que je me suis retrouvé plongé facilement dans ce roman que j’ai eu du mal à le lâcher. Si le côté un peu hard science vous dérange alors il vaudrait peut-être mieux passer votre chemin par contre. Alors certes tout n’est pas parfait, des défauts se font parfois ressentir et on est clairement dans un tome d’introduction où la révélation finale réussie, surprenante et captivante offre clairement l’ouverture pour la suite, mais j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce récit qui nous offre, je trouve, un grand roman de SF qui marque. Je lirai la suite avec grand plaisir en espérant qu’elle soit du même niveau.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre un récit de Hard SF abordable, efficace, prenant et offrant quelques réflexions intéressantes. On alterne ainsi entre la Chine en pleine révolution culturelle et une Chine contemporaine qui nous fait découvrir un peu l’évolution de ce pays, comment elle s’est refermée sur elle-même dans le sang et s’ouvre difficilement depuis quelques années, oscillant entre modernité et tradition. On y apprend aussi plus sur la culture de ce pays ainsi que tout ce qui concerne l’aspect social. Cixin Liu nous offre alors une enquête efficace, pleine de mystère et qui se situe dans le milieu de la science. On est ainsi dans un récit de Hard Science, mais qui reste tout de même assez facilement compréhensible et abordable tant il intègre parfaitement ses explications au récit sans jamais l’alourdir. Les nombreux concepts scientifiques sont réalistes et permettent à l’auteur d’apporter son imagination et une bonne dose d’émerveillement au récit. Concernant les personnages je suis un peu plus circonspect, les deux héros sont complexes et travaillés, mais les personnages qui gravitent autour manquent quand même de profondeur. De plus il manque un aspect émotionnel, je trouve, qui les aurait rendu attachants. Un peu comme les romans d’il y a quelques années qui mettaient plus en avant l’intrigue et le côté scientifique que l’attachement aux héros. La plume de l’auteur est soignée, entraînante et efficace et je me suis laissé porter facilement par l’histoire. Certes on est clairement dans un tome d’introduction, mais une très bonne introduction. La conclusion est percutante, efficace et je lirai la suite sans soucis

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lutin82, Apophis, Lune, Xapur, Lorhkan, Yogo, RSF Blog, …

Récits en meute ! (1)

Bon, nouvelle chronique que je lance. A voir si je la tiendrai sur la durée et si vous, lecteurs de ce blog, êtes intéressé. En effet depuis quelques semaines maintenant, je me suis mis à lire des nouvelles, voir des novella, qui sont disponible sur le net, que ce soit par des éditeurs, des magazines ou d’autres sites.  Vu qu’écrire un article complet sur une nouvelle me paraissait exagéré j’ai donc décidé de créer une chronique qui regrouperait ce genre de lecture. Je pense aussi y inclure les textes achetés à l’unité qu’il m’arrive de me procurer. N’hésitez pas à me faire des retours sur l’intérêt que vous portez à ce genre d’articles.

the lithany of earth

The Litany of Earth de Ruthanna Emrys : Cette nouvelle est un peu particulière puisqu’il s’agit d’un hommage à la mythologie Lovecraft, reprenant les mythes et l’univers des grands anciens. On y suit Aphra Marsh, de la famille des Marsh bien connue de ceux qui suivent l’auteur, qui après l’intervention de l’état à Innsmouth, a fui pendant plusieurs années. Revenue à San Francisco elle cherche à retrouve une vie paisible, mais le FBI la contacte. Au final je dois bien admettre que j’ai bien aimé cette nouvelle. L’auteur a déjà pris le parti de se placer de l’autre côté, en nous proposant une héroïne qui ne se retrouve pas par hasard mêlée aux grand anciens, mais dont la famille faisait partie de ceux qui lui vouait un culte. Cela lui permet clairement de travailler un autre point de vue qui, certes, jouera peut-être un peu moins sur la peur et l’angoisse, mais offre ainsi un travail plus intimiste sur l’héroïne et ce qu’elle  a perdue, le tout dans une ambiance étrange qui colle bien au récit.

L’univers se révèle solide, cela fait longtemps que je n’ai pas lu de Lovecraft, mais je n’ai pas noté d’éléments qui m’ont fortement troublé ou dérangé dans la mythologie. L’ensemble reste cohérent et ajoute une ambiance un peu sombre, mystérieuse à ce récit et à cette héroïne. Car finalement oui, le point fort, je trouve, c’est Aphra Marsh, sa vision du monde suite à son enfance, sa façon de gérer les évènements, soulevant ainsi quelques petites questions sur le rôle de l’état dans la liberté des autres. On découvre ainsi un personnage sensible, humain, captivant, mais qui possède une certaine force de caractère. Après, le récit ne peut éviter la comparaison avec ceux de Lovecraft et même si j’ai bien aimé ce texte et qu’il se lit très facilement, il ne m’a pas autant marqué. Maintenant le texte est assez court, ce qui fait que, selon moi, la fin est un peu précipitée, malgré un dernier paragraphe touchant et intéressant. L’auteur a prévue d’écrire d’autres récits avec cette héroïne et je me laisserai sûrement tenté principalement par son traitement différent du sujet, son héroïne et pour voir ce qu’elle va proposer.

 

Ma Note : 7/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

Ratspeak de Sarah Porter : Cette nouvelle nous fait découvrir Van, qui rêve d’apprendre le langage des rats. Après être intervenu pour sauver l’un d’entre eux, il va demander a ce que son rêve se réalise. Sauf que voilà, les rats ne sont pas des plus intéressés par cette idée, mais ils ont une dette envers le jeune homme. Il s’agit ici d’une nouvelle à chute, qui cherche à construire au fil du récit une ambiance dérangeante entre ces rats qui ne veulent pas que leur langage, et par la même occasion leurs secrets, soient dévoilés, et ce jeune homme qui rêve de devenir un rat, quitter ce monde qui ne le comprend pas vraiment et inversement. Une sorte de lutte psychologique va ainsi s’instaurer entre les deux camps. L’auteur cherche clairement le divertissement, l’ensemble se lisant assez facilement et rapidement, sans trop d’anicroches.

Sauf que voilà, même si la nouvelle reste assez sympathique, le côté très court de celle-ci l’empêche de vraiment pouvoir offrir plus. Le héros manque un peu de profondeur, que ce soit sur son sentiment de rejet comme ce qui tourne autour de sa famille, et les évènements son traités trop rapidement pour bien réussir à mettre en avant cette ambiance légèrement angoissante et dérangeante que cherche l’auteur. Les personnages secondaires sont juste là pour tenter de travailler le climax sans vraiment captivé. Les questions soulevées sur l’importance du langage manquent un peu de densité aussi. Au final je classe ce récit dans le vite lu, un minimum apprécié, mais vite oublié.

 

Ma Note : 6/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

The Weight of Memories de Cixin Liu (traduit par Ken Liu) : Il s’agit ici d’une très courte nouvelle qui nous propose de réfléchir sur l’idée de réveiller la mémoire de ces ancêtres à un foetus. La construction du récit repose ainsi, dans un futur lointain, sur un dialogue entre la mère, le foetus et le docteur qui a permis ce prodige. Un texte qui repose sur une idée vraiment très intéressante et qui n’était pas sans me rappeler l’enfant génie d’une nouvelle de Egan (Eugène si je ne me trompe pas), mais proposant un traitement complètement différent. De nombreuses réflexions sont ainsi soulevées, que ce soit sur l’aspect scientifique, sur la mémoire, sur les conséquences d’une telle expérience, ou bien encore sur cette question : si on implante la mémoire d’une personne dans une autre est-elle toujours la même personne ? Je dois bien avouer que l’ensemble s’avère franchement percutant, intelligent et ne laisse pas indifférent le lecteur. J’ai posé ce texte avec encore pleine de questions et de thèmes qui se bousculaient dans ma tête.

L’aspect scientifique est minimisé au possible, évitant ainsi de tomber dans le hard science pour un si court texte, et permet à un large public de le lire, mais possède aussi l’effet inverse de se demander si une telle expérience est réalisable ou pas et de remettre ainsi en question sa véracité. Mais là c’est mon côté scientifique qui parle. Là où par contre je suis resté plus circonspect c’est sur la construction de récit, sous forme de dialogue, qui n’a pas complètement réussi à m’embarquer. J’ai eu l’impression que le récit manquait d’une certaine empathie, d’un peu d’émotion pour encore mieux porter ses idées et ses personnages. C’est un choix de l’auteur pour rendre son texte plus percutant, mais qui m’a un peu dérouté. Cela n’empêche pas cette nouvelle de se révéler très intéressante sur le fond et me donne envie de lire The Three-Body Problem qui est dans ma PAL.

 

Ma Note : 7/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

Memories of my Mother de Ken Liu :  On plonge ici dans une très courte nouvelle où, une jeune maman atteinte d’une maladie incurable, pour pouvoir voir sa fille grandir, décide d’aller régulièrement dans l’espace. Elle se sert des lois de la physique, de la relativité, pour ralentir le temps et ainsi revenir la voir régulièrement. Sauf que quand sa fille gagne des années de vie, elle ne vieillit que de quelques mois. L’auteur nous propose ici un thème fort et traité de façon vraiment intelligente. Une relation mère/fille fascinante par son côté étrange, la fille vieillissant plus vite que la mère, mais qui est se révèle finalement naturelle, surprenante, efficace et pas si différente des relations classiques. L’auteur nous dresse en quelques mots des personnages attachants et humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, mais c’est surtout un sentiment d’amour qui se dégage, je trouve, de ce texte. Cet amour filial qui brave le temps et l’espace, mais qui possède toujours ses hauts et ses bas. Une nouvelle réussie, d’une grande qualité, avec une conclusion intime et touchante. J’ai d’autres récits de Ken Liu dans ma PAL ils ne vont pas faire long feu.

 

Ma Note : 8/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.