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Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

Résumé : Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Estelle Faye est une auteure que je suis régulièrement les nouvelles publications qui m’ont toujours fait passer de bons moments. Elle ne m’a jamais vraiment déçu, proposant des textes divers et variés dans les différents genres de l’imaginaire. Je n’allais donc pas passer à côté de son dernier roman. Par conséquent quand j’ai vu que le site de Book en Stock proposait un partenariat pour Le Mois De consacrée à l’auteur, j’ai décidé de tenter ma chance et eu la chance d’être sélectionné. Je les remercie ainsi que les les éditions Critic pour m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Marc Simonetti, je la trouve franchement magnifique. A noter qu’il s’agit d’un one-shot, donc pas de grands cycles en vues, même si l’auteur se laisse des clés pour, pourquoi pas, revenir dans l’univers.

On plonge ainsi ici dans un roman de Fantasy, à travers un monde où se mêle magie et apparition de nouvelles technologies comme la poudre, qui va nous dévoiler la destinée de plusieurs personnages qui vont mener à la chute des Seigneurs de Bohen. Oh non, ne vous inquiétez pas, je ne vous gâche pas le roman, loin de là, vu que cette chute est annoncée dès la première page. En effet l’auteur montre ici que la finalité n’est pas toujours le plus intéressant dans un roman, mais parfois le voyage réalisé pour y arriver. Je l’admets d’ailleurs, je me suis laissé facilement porter par ce roman qui m’a offert un excellent moment de lecture et qui a même réussi, d’une certaine façon, à dépasser mes attentes. En effet mes nombreuses discussions avec l’auteur et le quatrième de couverture me laissait à penser de la Fantasy épique pure et dure avec son côté classique. Pourtant, même là l’auteur est arrivé à y ajouter sa touche personnelle, son originalité pour finalement amener quelque-chose qui, sans non plus révolutionner les grandes lignes, se démarque facilement selon moi. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus et si je n’avais pas manqué de temps, je pense que j’aurai terminé ce roman bien plus tôt. Une histoire finalement épique, mais aussi intimiste, bien porté par une narration multiple qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et qui monte lentement en tension pour dévoiler la mort de l’Empire.

Déjà le premier point qui marque dans ce roman ce sont les personnages proposés tout du long. Estelle Faye ne cherche pas à nous offrir une palette de grands héros qui ont pour seul but de sauver le monde, ou le rendre meilleur comme peuvent le faire d’autres séries. Non, ici on découvre plus des personnages différents, qui sans s’en rendre compte, par leurs actes, leurs passions et leurs envies vont effectuer de petite variations dans la trame du pouvoir qui va ainsi petit à petit le mener à sa perte. On découvre ainsi un panel de personnage différents, loin des stéréotypes habituels, des rejetés, des incompris, des différents, tous d’une certaine façon un peu freaks, étranges, et pourtant si humains et touchants. C’est d’ailleurs cette différence qui fait qu’on s’attache à eux, on peut facilement se reconnaitre, tout du moins en partie, à travers eux. Ils n’ont pas obligatoirement de grands buts en tête et cherche simplement à avancer, voir à aider ceux qu’ils aiment tout simplement.

Car c’est aussi la grande force, je trouve, du récit, la passion qu’elle met en place, cet amour loin d’être guimauve entre les différents personnages qui va se révéler finalement en partie moteur du changement qu’il soit passionnel, fusionnel, platonique, amical ou familial. Le tout est amené de façon cohérente et logique, on ne tombe jamais dans le coup de foudre facile ou bien encore le rencontre téléphonée. Dans ce roman la vie est passion, émotion et elle mérite d’être vécue et qu’on se batte pour elle, pour faire plus que survivre, même si tout est loin d’être rose dans ce monde. C’est ainsi cette palette de personnage atypique qui fait qu’on se laisse porter à suivre leurs aventures et à vouloir en apprendre plus sur eux. Autour d’eux gravitent aussi des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus d’attraits, même si je suis déçu que certains ne soient pas plus approfondis tant ils paraissent intéressants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, nous proposant un empire au bord de l’explosion qui se dirige lentement vers sa fin, malgré le fait que l’Empereur tente son possible pour le sauver. Les pièces du puzzle, les manipulations se mettent lentement en place, dévoilant une main du destin implacable, mais qui ne tombe jamais dans cette impression de linéarité. On ne sent jamais non plus vraiment l’emprise de l’auteur sur le récit, tout paraissant au final d’une certaine cohérence, même si certains retournement, j’avoue, peuvent paraitre un peu brusque voir par moment légèrement prévisibles. Je pense ainsi au choix de Sorenz dans le dernier tiers qui, certes, possède une certaine logique mais m’a paru précipité et donne légèrement l’impression d’être là surtout pour faire avancer l’intrigue.

L’aspect mystique ne manque pas non plus d’attrait, dévoilant magie et bestiaire bien construits, efficaces et fascinants. Entre changeformes et autres monstres on est vraiment dépaysé par ce que propose l’auteur et l’ensemble se coule parfaitement dans ce monde et ce qu’elle construit. Le côté social ne manque pas non plus d’attrait où, certes la révolution pour la liberté n’ rien de neuf, mais le ton donné à ce combat offre quelque chose d’intéressant. Enfin une petite touche de technologie vient ajouter un plus à l’ensemble et le tout est porté par une ambiance sombre, qui nous rappelle de façon percutante que la mort n’est jamais loin. Alors certes, dit comme ça il pourrait paraitre un peu classique, et je ne le nie pas, mais c’est dans les petits détails, dans les petites touches qu’elle apporte que l’auteur arrive à le rendre vivant, c’est dans la profondeur de ce qu’elle construit qu’elle le rend efficace et donne envie d’y plonger encore et à nouveau.

Ainsi chaque destin va s’entrecroiser pour aboutir à une conclusion qui n’a rien d’explosive, mais qui ne manque pas de tension, de révélations, de choix et offre ainsi un final prenant et terriblement efficace. J’avoue certains points m’ont paru un peu traité rapidement, mais mon principal regret est finalement que le roman s’arrête. J’en voulais plus. Alors après on pourrait regretter quelques longueurs ici ou là, le fait que l’auteur finalement n’offre jamais vraiment le  point de vue de l’Empire, ou bien que certains aspects aillent trop vite vers la fin, mais franchement je ne fais que chipoter tant j’ai été happé par ce récit et que j’ai eu du mal à le lâcher à chaque fois que je devais le poser. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, poétique, avec par moment une pointe de sensualité qui a vraiment réussi à me plonger, m’immerger dans ce récit et les relations qui se font et se défont tout du long. Elle démontre ainsi qu’elle fait vraiment partie des auteurs à suivre, selon moi, dans le monde de l’imaginaire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un récit de Fantasy épique, mais aussi intimiste des plus réussis. Le récit est porté de façon efficace par une narration multiple qui fait qu’on est rapidement happé par l’histoire. La tension monte ainsi au fil des pages pour aboutir à une conclusion qui n’a certes rien d’explosif mais s’avère percutante et réussie. Le gros point fort du roman vient clairement de la galerie de personnages que nous brosse l’auteur qui sont loin des héros en quête pour changer le monde. Ce sont des personnages qui ont leurs histoires, leurs envies, leurs faiblesses, leurs émotions et c’est ce maelström qui va les faire avancer et qui va les amener à faire des choix. L’auteur montre que la passion, les émotions font que parfois il faut se battre pour vivre sa vie. Au final des protagonistes attachants, touchants et entraînants. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants et certains auraient même mérité d’être un peu plus approfondi. L’univers peut paraître classique dans les grandes lignes et ce qu’il propose, mais c’est dans les petits détails et la touche personnel qu’apporte Estelle Faye qu’il gagne, selon moi, en intérêt. On découvre ainsi un monde dense, captivant, dépaysant, qui donne envie d’en apprendre plus. Alors, on pourrait reprocher que certains points sont traités trop rapidement, que certaines longueurs se font ressentir ou encore qu’un point de vue de l’Empire aurait pu apporter un contrepoids intéressant, mais franchement je chipote tant j’ai été happé du début à la fin par ce roman. La plume est toujours aussi soignée, vivante, poétique et prenante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Antiqu’Idées – Anthologie 2016 des Imajn’ère

antiqu'ideesRésumé : Que pouvons-nous trouver comme idées neuves en refouillant l’Antiquité ? Revisiter un passé déjà connu, imaginer un futur plus rose ou tout simplement plonger dans l’Histoire antique pour le plaisir desyeux et des sens, voilà le programme d’Antiqu’idées. Quinze auteurs ont imaginé des histoires originales mettant en scène des éléments ou des personnages antiques, pour bousculer nos connaissances etrappeler que l’Histoire peut être vue autrement, voire même revécue.
De la Guerre de Troie à la Cimmérie, en passant par l’Égypte, Carthage et les confins bien connus de notre héritage gréco-latin, ces quinze nouvelles s’attachent à nous conter gaiement notre besoin decombat épique, de voyage au lointain et de quête de nos racines.

Edition : ImaJn’ère

 

Mon Avis : En 2015, on m’a proposé de découvrir l’anthologie du festival ImaJn’ère, Star Ouest, qui m’avait offert un assez sympathique moment de lecture, même si j’avoue le recueil manquait de textes marquants (ma chronique ici). Pour cette nouvelle édition 2016 du salon de l’Imaginaire et du Polar d’Angers, il m’a de nouveau été proposé de découvrir l’anthologie dont le thème était l’antiquité et j’avoue m’être assez facilement laissé tenter. Il faudrait par contre qu’un jour j’aille un jour faire un tour à ce festival, mais le manque de temps n’aide pas beaucoup. A noter que ce recueil comporte 15 nouvelles.

La Maison des Vignes d’Estelle Faye : On suit ici une jeune femme qui voit un de ses amis complètement changer et s’éloigner suite à sa mutation. L’auteur décide ici de travailler le mythe de Dionysos, déjà un peu présenté dans sa série La Voie des Oracles, et elle fait de façon très réussie offrant un texte efficace, captivante et plein d’émotions. La plume de l’auteur est toujours aussi prenante et envoûtante, plongeant facilement le lecteur dans ce récit étrange et surprenant. Mon seul regret est une fin que j’ai trouvé un peu convenu, mais rien de bien dérangeant.

Rivages d’Eva Simonin : Cette nouvelle nous fait suivre une jeune femme qui teste pour son entreprise une simulation de réalité virtuelle sur la guerre de Troie. Le texte en soit se lit facilement, il y a une certaine fluidité dans la construction et dans la plume, mais voilà il est loin de se révéler marquant. Il lui manque un petit quelque-chose je trouve qui le ferait gagner en intensité. De plus, il s’agit d’une nouvelle à chute et autant, j’avoue, je ne l’avais pas complètement venu venir, autant elle a eue du mal à vraiment me convaincre. Je ne vais pas spoiler la conclusion, ce serait dommage, mais j’ai lu d’autre nouvelles sur le même thèmes qui m’ont beaucoup plus touché, mon ressenti vient peut-être aussi de là.

Deux fois vainqueur traverser l’Achéron de Fabien Clavel : Cette nouvelle se présente sous la forme d’un poème qui revisite le mythe d’Orphée avec une petite touche de Fantastique vraiment intéressante. Un texte que j’ai trouvé réussi sur la forme, qui se laisse lire avec plaisir sur le fond, mais qui m’a paru un peu froid. Je ne sais pas, c’est peut-être moi, mais j’ai trouvé que ça manquait d’un peu d’émotions. Ce récit reste tout de même très sympathique à lire et à découvrir.

Le rêve du pont Milvius d’Olivier Boile : Cette nouvelle, je ne vais pas trop en dévoiler pour éviter de spoiler, mais il s’agit d’une uchronie dans la tradition de Philip K. Dick et de son Maître du Haut Château. Je dois bien avouer qu’il s’agit ici d’une belle réussite, que ce soit dans son background que dans son récit j’ai trouvé ce texte marquant et intelligent. Il nous offre aussi de nombreux axes de réflexions sur notre société avec cette idée, certes classique, du Et si…? Une excellente nouvelle qui, je pense mérite d’être découvert et m’a donné envie d’en découvrir plus sur l’auteur..

Ponce, Pilate, ponce ! de Justin Hurle : Cette nouvelle nous plonge dans l’humour et le burlesque, nous proposant de revisiter les dix plaies d’Egypte. Bon, j’avoue je suis passé à côté de ce texte. L’humour dépend vraiment de chacun et je pense ne pas être obligatoirement fait pour ce genre d’humour, tout du moins dans ce format de nouvelles. Sur l’ensemble le texte est pourtant fluide, entrainant et les idées sont là bien porté par une plume efficace, mais voilà je ne pense pas être le public adéquat.

Le tombeau de Calypso de Brice Tarvel : L’auteur nous propose ici de revisiter l’épisode de Calypso dans l’odyssée d’Ulysse. J’avoue cette nouvelle est loin de m’avoir marqué. L’histoire donne l’impression de partir dans tous les sens manquant d’explications, on ne sait pas trop ou l’auteur nous emmène malgré pourtant des personnages intéressants. Au final, je suis peut-être passé à côté de certains éléments de compréhension, mais pour ma part au final une nouvelle qui me laisse un sentiment plus que mitigé.

Chez Lucius, Dieux, Lares et Génies de Myrtille Bastard : Cette nouvelle nous fait suivre un reporter qui décide, dans un univers uchronique, de faire découvrir à son public une nouvelle échoppe qui annonce vendre des dieux, déesses et autres divinités. J’ai bien aimé cette nouvelle, l’idée de départ est vraiment intéressante et offre de nombreuses possibilités avec cet aspect de pouvoir acheter son embryon divin et le faire grandir. L’idée d’utiliser un membre de la presse offre aussi une bonne dose d’ironie ainsi que quelques réflexions intéressantes. Par contre, l’ensemble reste finalement assez linéaire, mais rien de non plus trop dérangeant. Une très bonne nouvelle, très intéressante.

Aheli ou la mémoire enfouie d’Isa3elle Arnoult : Une nouvelle assez surprenante, jouant sur plusieurs époques et dont il est difficile de la présenter sans trop en dévoiler. J’ai plutôt bien aimé cette nouvelle, écrite de façon efficace, mystérieuse et entraînante, jouant avec le lecteur pour mieux tenter de le surprendre sur la fin, même si certains points sont facilement devinables. Mon seul léger regret est que la nouvelle est très courte, ce qui fait que certains points sont à peine esquissés, mais rien de non plus trop gênant. Au final une nouvelle plus que sympathique, fluide et agréable.

Quid Novi Medice ? de Jean-Hugues Villacampa : Cette nouvelle tente de répondre à la question de savoir comment César a pu battre Vercingétorix malgré un rapport de force les déclarant perdant. L’idée de départ se révèle intéressante, de plus l’auteur l’amène de façon plutôt efficace et intéressante. Le texte ne révolutionne pas le genre, mais se révèle efficace, divertissante et facile à lire. Là où par contre je suis resté bloqué c’est sur le choix des noms des personnages, l’auteur paraît proposer une certaine ironie qui m’a laissé perplexe.

Carthage ! d’Arnaud Cuidet : Cette nouvelle nous offre une relecture de la bataille de Carthage entre les romains adeptes du dieu de la lumière et les adeptes de Baal, sauf que l’auteur plonge sont récit dans un univers différent mélange de technologies avancées et de bio-technologies. Clairement le texte en lui-même n’a rien de révolutionnaire, nous proposant une simple bataille, sauf que voilà il y a une certaine flamboyance qui se dégage de ce récit ainsi qu’un sentiment épique. Un texte qui en met plein les yeux et que j’ai trouvé divertissant et percutant.

Boadicée de Pierre-Marie Soncarrieu : Cette nouvelle nous fait découvrir un devin qui va lire l’avenir d’une futur reine. Le texte en soit ne manque pas d’attrait que ce soit dans les personnages qu’il développe, comme dans le traitement que propose l’auteur. On suit avec un minimum d’intérêt le destin de cette reine qui va être loin de se révéler idyllique et dont elle va devoir faire des choix pas toujours facile. Sauf que voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que les développements proposés vont trop vite et rendent ainsi la chute un peu convenu et trop rapide. Cela reste un texte agréable à lire, mais qui avait le potentiel pour être plus.

Discorde de Patrice Verry : L’auteur nous propose de revisiter le mythe de Pâris et de la fameuse pomme de la discorde. L’idée de départ est intéressante, mais voilà j’ai trouvé que le traitement du texte se révélait un peu simpliste et surtout beaucoup trop prévisible pour vraiment m’emballer. Je ne vais pas dire que le texte est mauvais, mais il rentre dans ma catégorie vite lu, un minimum apprécié et vite oublié.

Une histoire Tauride de Romuald Herbreteau : L’auteur propose avec cette nouvelle de se servir du lient de Tchernobyl pour amener le monde de Conan le Barbare dans notre univers. Franchement l’idée de départ est accrocheuse, j’aurais aimé apprécier ce texte, sauf que voilà j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop ce qui fait que le récit bascule trop rapidement d’un récit dense vers un récit trop lourd avec beaucoup trop d’idées qui se télescopent. Peut-être sur un format plus long ce texte aurait marché, en tout cas là je suis sorti de ma lecture avec un sentiment mitigé de trouver de bonnes idées, mais qui auraient mérité un autre traitement.

L’Immortel et l’Assassin de Jérôme Verschueren : Cette nouvelle nous propose de revisiter un des plus célèbres mythes du cinéma de science-fiction, tout en y ajoutant une pointe d’ironie et de Fantasy. Je dois bien avouer que ce texte se révèle plutôt amusant et divertissant. Il se lit d’ailleurs assez facilement, sauf que voilà il n’a rien de non plus très marquant à mon goût et manque peut-être aussi d’un peu d’originalité, ce qui est le soucis des reprises. L’idée de base n’est pourtant pas mauvaise, la chute se révèle surprenante, mais voilà je trouve qu’il manque un petit quelque chose pour vraiment élever ce texte.

Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse de Lionel Davoust : Cette nouvelle a déjà été publiée dans un autre recueil qui est dans ma PAL : Fragments d’une Fantasy Antique. Elle nous propose ainsi de découvrir une étude très intéressante qui revisite le mythe de Circée et lui offre de nouvelles applications. Une très bonne nouvelle qui nous offre quelque chose de différent, plein d’ironie et de second degré et que j’ai trouvé vraiment réussie et efficace. L’auteur construit son récit comme une étude scientifique rend l’ensemble plus concret et aussi un peu plus décalé. Un récit qui clôture de fort belle manière ce recueil et qui m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un moment de lecture assez sympathique avec ce recueil de nouvelles qui nous propose un panel de textes assez large revisitant l’antiquité. Alors certes, tout les textes ne sont pas au même niveau et certains m’ont laissé plus que perplexes voir je suis complètement passé à côté, mais ils sont contrebalancés par des textes que j’ai trouvé très réussi et qui méritent d’être découverts. Au final une anthologie 2016 agréable et plus que divertissante.

 

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Ours inculte, Apophis, Lorhkan, …

CRAAA

Challenge CRAAA 20ème lecture

La Voie des Oracles Tome 3, Aylus – Estelle Faye

la voie des oracles t3 aylusRésumé : Je ne révèlerai rien. Nah !

 

 

 

 

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il y a plusieurs mois, je me suis laissé tenté par ce cycle, conquis par les précédents écrits de l’auteur et avec l’envie de découvrir cette série typée un peu plus jeunes adultes de Fantasy, avec une pointe historique. Les deux premiers tomes m’ont clairement convaincu de la qualité de cette oeuvre, offrant une histoire maîtrisée, pleine de surprises et de rebondissements avec des personnages percutants (ma chronique du Tome 1, Tome 2). C’est donc sans surprise que, lors des dernières Imaginales, je me suis rapidement laissé tenter par ce dernier tome du cycle. A noter de nouveau une magnifique couverture, illustrée par Aurélien Police, qui dénote des tomes précédents par des couleurs plus sombres, mais il y a une raison pour cela et elle colle ainsi parfaitement au récit.

Alors je me lance dans cette chronique avec précaution. Je vais ainsi essayer de parler le moins possible de l’histoire, car tout comme vous avez dû remarquer que je n’ai pas copié le résumé de l’éditeur, je considère que parler de l’histoire dévoilerait trop l’intrigue et surtout les surprises que propose l’auteur. Surtout que le cliffangher du tome précédent offrait tellement de possibilités qu’il serait dommage que vous perdiez un peu du côté découverte, saisissant et étonnant de ce que propose ce troisième tome. Car oui, l’auteur m’a surpris, prenant à contre-pied les attentes que j’imaginais, quittant ainsi l’aspect fantasy historique pour y ajouter des éléments complètement différents qui m’ont ainsi rapidement captivé et offre ainsi quelque-chose de totalement différend. Je m’attendais aussi à un troisième tome plus nerveux dès la première page, sauf que voilà même si l’ensemble reste intense, le début part sur un tempo lent, histoire de bien poser les nombreux bouleversements, et qui va monter doucement en pression au fil des pages.

Ce démarrage à contre-courant aurait pu se révéler déroutant, mais finalement a très réussi rapidement à me happer. Les aventures de nos héros vont se révéler pleines de surprises, de dangers et vont les amener vers des voies nouvelles qu’ils n’avaient jamais exploités auparavant. La couche légèrement « SF » (à prendre avec des pincettes, ça reste un roman de Fantasy, mais pour éviter de nouveau de trop en dire je tergiverse) se révèle clairement fascinante, offrant ainsi une nouvelle vision de l’intrigue et des évènements, rebattant ainsi les cartes et changeant totalement les perspectives. On tourne ainsi les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus sur comment l’auteur va dénouer tout cela jusqu’à cette conclusion intense et surprenante. Alors ne fuyez pas, ce troisième tome ne déconstruit pas les précédents, il s’imbrique ainsi parfaitement dans la trilogie, prenant appui sur les deux premiers tomes pour continuer à construire un puzzle complexe et réussi.

L’univers développé tout au long du cycle se révèle toujours aussi intéressant, continuant à gagner en profondeur et en intérêt dans ce troisième tome. L’auteur  intègre ainsi encore de nouvelles mythologies dans son monde, qu’elles soient germaniques, celtes, romaines ou autres, tout en arrivant à rendre l’ensemble cohérent, soigné, passionnant et sans lourdeur ou longueur. Elle continue aussi à nous faire voyager le long de son récit, allant ainsi de Carthage à Rome, de la France à Brittania et d’autre lieux encore. Elle va nous faire découvrir du pays et des façons de vivre complètement différentes. Alors je regrette un peu que parfois certains aspects soient à peine effleurés, mais dans l’ensemble on est dépaysé par les nombreux lieux visités. Surtout que l’auteur arrive à les rendre palpable par des descriptions vivantes et efficaces. Les divinités qui prenaient de l’ampleur dans les tomes précédents, vont ici avoir une grande importance dans les jeux de pouvoir et les intrigues qui se déroulent ; toujours en guerre contre cette nouvelle religion qui les fait disparaître peu à peu. Au final un univers riche et dense, qui m’a rapidement captivé et donné envie d’en apprendre plus. De plus les réflexions soulevés se révèlent intéressantes et permet au lecteur de se poser quelques questions pertinentes.

Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre et à découvrir. Les modifications apportées par le cliffangher du tome précédent et les conséquences qu’il a eu leur offre aussi de nouvelles perspectives et permet de les considérer différemment. La notion de bon ou mauvais devient ainsi encore plus flou devant les choix et l’évolution de chacun devant les évènements. Surtout, ce qu’offre ce troisième tome, c’est véritablement un aspect émotif plus marquant, plus fort et légèrement plus poignant. En effet plus on avance au fil des pages, plus on sent les personnages à fleur de peau, humains, face à leurs envies et les contraintes de ce monde qui les oblige parfois à réagir de façon inattendus. C’est la grande force, je trouve de ce troisième tome, le fait que j’ai été accroché par ces héros attachants. Autre point intéressant les évolutions de chacun, de se rendre compte comment chacun fait face à ces nombreux changements, avec en point pivot cette Oracle Brulée qui se révèle  finalement le personnage le plus complexe et  intéressant du récit, devant faire face à des choix qui vont la transformer, la bouleverser. Je regretterai peut-être juste le fait que certains personnages un peu secondaires auraient mérité d’être plus développés, mais bon rien de bien bloquant.

Alors après, j’avoue certains points m’ont tout de même légèrement dérangés. Il s’agit d’un cycle pour jeunes adultes et adolescents, ce qui fait qu’il doit trouver un juste milieu entre la densité de l’oeuvre qui est construite et l’accessibilité du contexte et du récit à un public plus large, ce qui fait que j’ai trouvé certains passages ou certaines constructions légèrement simplistes. Certaines facilités se font aussi ressentir au niveau de quelques transitions. Alors après rien de non plus gênant tant la qualité est au rendez-vous et ce sont plus des réflexions qui viennent de mon côté lecteur de Fantasy très dense. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi fluide, entraînante et soignée, nous plongeant assez facilement dans son histoire. Au final un troisième tome de très bonne facture qui vient clôturer de façon surprenante et efficace ce cycle.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le troisième et dernier tome de cette série qui nous propose une intrigue complètement différente. Je ne dévoilerai rien pour ne pas spoiler, mais l’histoire m’a surpris, rebattant les cartes misent en place dans les deux premiers tomes tout en s’imbriquant parfaitement dans la série. Un troisième tome qui m’a rapidement happé et qui offre de nombreuses surprises et de nombreux rebondissements. L’univers continue à se densifier au fil des pages, que ce soit dans les mythologies présentées, comme dans son aspect voyage qui nous fait découvrir, avec plaisir, de nombreux lieux. Les dieux deviennent une pièce important du récit. Je regretterai peut-être que certains aspects ne soient pas plus développés. Les personnages, suite aux modifications apporté par les conséquences du cliffangher du tome précédent, se révèlent franchement intéressant à suivre et permet de les voir différemment. Ils se révèlent aussi plus touchant. Je regretterai par contre que certains personnages secondaires manquent un peu de profondeur, que certains aspects soient un peu simplistes et quelques légères facilités, mais franchement rien de dérangeant tant ce troisième tome conclut parfaitement et avec réussite ce cycle je trouve. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi fluide, entraînante et soignée et je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis :

Trolls & Légendes, l’Anthologie Officielle – Collectif

trolls & legendes 2015Résumé : Entre mythologie, humour et (en)quêtes, parcourez avec eux les sentiers qui mènent aux trolls, ces créatures de légende. Retournez dans le Paris délicieusement steampunk d’Ambremer avec Pierre Pevel ; embarquez pour l’Islande aux côtés de Claudine Glot et d’un chevalier en mal d’aventures ; tombez sous le charme d’un retable aux étranges pouvoirs avec Estelle Faye ou mettez fin à l’exploitation des nains de jardin dans le monde de la nuit parisienne en compagnie d’Adrien Tomas.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans j’ai participé au festival Trolls et Légendes et j’étais reparti avec l’anthologie, sur le thème du semi-homme, sous le bras qui sans se révéler mauvaise, ne m’avait que moyennement convaincu. Cette année je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller au festival, mais cela ne m’a pas empêché de me laisser tenter par cette anthologie qui a décidé de mettre à l’honneur le Troll. Quoi encore un livre sur les Trolls? vous vous dites. Bah oui mais c’est tellement mignon ces petites bêtes qu’on en redemande. Non?. Sinon plus sérieusement on note la couverture, illustrée par Magali Villeneuve & Alexandre Dainche, que je trouve vraiment superbe. Ce recueil nous propose ainsi de découvrir 10 nouvelles d’auteurs différents.

Sous les Ponts de Paris de Pierre Pevel : Cette nouvelle de l’auteur prend place dans une de ses univers déjà existant, Le Paris des Merveilles, que j’avoue ne pas avoir encore lu. Donc quoi de mieux que lire ce récit pour se faire un avis. Je dois bien avouer qu’au final il se révèle très sympathique, traitant d’une grève des Trolls parisiens ce qui va fortement influencer la circulation sur les ponts de la ville avec son lot de surprises et de rebondissements. Un texte efficace, fluide, avec une bonne dose d’humour agréable et des personnages efficaces qui offrent un plus à l’ensemble. Alors certes le format court offre quelques raccourcis légèrement frustrants, mais rien de dérangeant. En tout cas j’ai bien envie de découvrir ce Paris des Merveilles. Un texte qui démarre de façon agréable cette anthologie.

D’Azur au Troll d’Or de Claudine Glot : J’avoue que je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans cette nouvelle. Elle est spécialisée dans le mythe Arthurien et cela se ressent très rapidement dans le texte qu’elle nous propose, nous faisant découvrir un chevalier en quête de gloire et de combats épiques qui part donc à la recherche d’un Troll comme trophée, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Le début parait très classique, avec cette quête de reconnaissance, mais très rapidement l’auteur prend le contre-pied et nous offre une histoire que j’ai trouvé efficace et divertissante, sans non plus révolutionner le genre, montrant l’absurdité de certains combats nobles et en nous faisant réfléchir sur le fait que parfois une épée n’est pas toujours la solution à tous les problèmes.

La Montagne aux Trolls d’Estelle Faye : Un texte qui plonge plus dans le fantastique où l’on découvre une jeune conservatrice de musée qui va se trouver fasciner par un retable dans la vallée des Vosges. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussie, principalement pour son ambiance étrange et légèrement dérangeante qui monte lentement en tension au fil des pages et des révélations pour mieux happer le lecteur jusqu’à la fin. Un récit efficace et fluide qui offre une conclusion réussie et captivant.  On notera aussi un léger parallèle intéressant entre ville et campagne, certes classique, mais qui offre tout de même quelques réflexions.

Yamadut de Cassandra O’Donnell : Cette nouvelle prend place dans un des univers de l’auteur, celui de Rebecca Keane cycle d’urban fantasy, dont je n’ai rien lu. Concernant cette histoire on suit une chasseuse à la poursuite d’un Troll. Le texte cherche à se révéler nerveux, percutant et sans temps mort, certes il remplit plutôt bien ces aspects, mais j’avoue ne jamais avoir réussi à rentrer complètement dedans. La faute en revient d’abord un peu à l’héroïne qui dans ce texte parait tellement invincible, tant elle parait avoir de pouvoir ou de facilités, que le récit en perd de son intérêt, ensuite par le fait que cette nouvelle donne plus l’impression de lire un chapitre de son roman qu’un vrai texte indépendant. C’est dommage.

Seulement les Méchants de Jean-Luc Marcastel : Une nouvelle qui nous fait découvrir une enquête policière sur le meurtre horrible d’une jeune fille. Un texte plutôt bien écrit, qui offre un face-à-face qui ne manque pas d’attrait, mais qui m’a paru trop linéaire au point que j’avais deviné rapidement la conclusion. Cela n’empêche pas ce récit de se révéler sympathique et agréable à lire où l’auteur s’amuse par contre de façon intéressante, même si parfois un peu trop appuyée, sur la définition de monstre, mais qui, pour moi, au final, rentre plus dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Une Créature Extraordinaire de Magali Ségura : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin d’une jeune fille viking qui, après s’être engueulé avec sa mère décide de fuguer, mais va rencontrer un Troll, ce qui va changer sa vie. Un texte qui se révèle comme ça aux premiers abords classique, mais qui a vraiment réussi à me toucher par sa construction et sa plume, se révélant émouvant et soigné, principalement au niveau des relations familiales. La conclusion sonne juste et se révèle réussie. Une certaine mélancolie se dégage de ce texte, à travers la perte et la souffrance des uns et des autres, qui nous montre aussi que la communication n’est pas toujours facile. Un des meilleurs textes du recueil j’ai trouvé.

Le Troll de sa Vie d’Adrien Tomas : On replonge ici dans l’univers d’urban fantasy que construit l’auteur depuis peu et dont j’ai découvert une première nouvelle dans l’anthologie des Imaginales Trolls & Licornes. Cette nouvelle nous propose ainsi une nouvelle enquête de l’inspectrice Tia, qui est chargée de surveiller les méta-humains pour éviter tout débordement. Comme son précédent texte une nouvelle pas mauvaise, mais qui possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. Un univers intéressant, qui mérite d’être développé sur une format plus long, mais le format court et l’histoire un peu foutraque fait qu’il est un peu compliqué de s’attacher vraiment à l’héroïne et offre une conclusion beaucoup trop rapide et légèrement frustrante. A voir si l’auteur décide de construire son histoire dans un roman car il y a du potentiel.

Le Mythe de la Caverne de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous plonge au coeur d’un groupe de mercenaire, qui ont connu la guerre sainte et qui se retrouvent après des années pour chasser un Troll et surtout la récompense qui va avec. L’auteur nous offre ici un récit qui décide de démarrer de façon classique, mais pour mieux nous surprendre par la suite, offrant un contre-pied à certains codes d’honneurs qu’on retrouve dans les récits de chevalier. Un texte efficace, bien construit, avec une bonne dose de cynisme, d’absurde et d’humour noir, le tout dans une ambiance sombre, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Le Mal Caché de Patrick McSpare : Cette nouvelle va nous faire découvrir un homme qui découvre la mort de sa compagne par ce qui parait être des démons et va chercher à se venger. J’avoue n’être jamais vraiment rentrer dans ce récit, en premier lieu il m’a paru trop imbriqué dans l’univers de la série de l’auteur Les Héritiers de l’Aube pour être vraiment indépendant, ensuite j’ai trouvé que niveau information l’auteur en offrait beaucoup trop en peu de pages et enfin j’ai trouvé que le récit possédait trop de facilités pour vraiment réussi à m’embarquer vraiment. Dommage car le côté action est vraiment là.

Vieux Tacot de Megan Lindholm : Pour ceux qui ne le savent pas, Megan Lindholm et l’autre nom de plume de Robin Hobb. Sous le premier elle sort des écrits plus SF là où, sous le second, elle publie ses récits Fantasy. Ce Vieux Tacot nous propose donc une histoire de Science-Fiction futuriste où l’on suit une famille qui reçoit en héritage une voiture. Un texte qui se révèle bien sympathique, avec une belle ambiance nostalgique sur cette mère et ses deux enfants qui, à travers une voiture un peu « vieillotte » vont se trouver des points communs. Rien de non plus transcendant, mais une histoire qui se lit facilement et se révèle très divertissante. Là où par contre cette nouvelle surprend c’est le choix éditorial de la publier dans une anthologie qui n’a offert que des textes sur les Trolls là où Robin Hobb nous parle de tout autre chose, mais bon l’éditeur ne pouvait sûrement pas passer à côté de la présence de l’auteur au festival.

En Résumé : Cette anthologie du festival Trolls & Légendes s’est révélé finalement assez sympathique à découvrir, nous proposant 10 textes assez variés avec comme point central, excepté pour la nouvelle de Robin Hobb qui traite d’un tout autre sujet, le Troll. Entre humour, dérision, aspect épique ou encore ambiance angoissante le Troll nous dévoile ici ses multiples facettes. Alors certes je n’ai pas été conquis de la même façon par tous les textes, certains me laissant même de marbre, là où d’autres on se sont révélés très réussis et surprenants, mais dans l’ensemble cette anthologie se révèle divertissante et permet aussi par la même occasion de découvrir quelques auteurs de l’Imaginaire, leurs plumes et leurs univers.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Bibliocosme, La plume ou la vie, …

CRAAA

Challenge CRAAA 3ème lecture

Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture