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Le Bâtard de Kosigan Tome 3, Le Marteau des Sorcières – Fabien Cerutti

Résumé : 1341, sur les traces de son passé, le Bâtard de Kosigan et sa compagnie s’enfoncent dans les profondeurs de l’Empire germanique au service d’un puissant seigneur du Rhin. Les mystères s’épaississent, mêlant complots, magie et religion, sur fond de chasse aux sorcières. Le chevalier devra naviguer avec prudence sur des eaux redoutables où l’Inquisition rôde et où il est parfois difficile de distinguer amis et ennemis. À quelques siècles d’intervalle, Kergaël de Kosigan tente d’élucider les interrogations soulevées par les écrits de son ancêtre. Mais remuer les secrets de l’Histoire s’avère périlleux et la vérité a toujours un prix.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans maintenant, je me suis lancé dans la découverte des aventures de ce Bâtard de Kosigan un peu sur un coup de tête. J’ai ainsi plongé dans un cycle dont les deux premiers tomes m’ont offert un bon moment de lecture, efficace et entraînant, avec son lot de mystères et de complots (ma chronique du Tome 1, Tome 2). D’ailleurs la fin du second tome, lassait quelques questions secondaires en suspend dont la suite devait nous dévoiler les réponses, que ce soit en partie sur le passé du Bâtard comme sur la ligne temporelle de 1899 et j’avais hâte de me plonger dans cette suite. Concernant la couverture, illustrée par Emile Denis, elle est dans la même lignée que les précédentes et s’avère sympathique.

Après l’indépendance de la Champagne, puis les prémices de la guerre de Cent ans, cette fois notre bâtard va aller visiter l’Empire Germanique, puisque lui et sa troupe ont été engagés par l’herzog Dagmar, le tout sur fond d’élection du nouvel empereur. Sauf que voilà, notre chevalier n’est pas là que pour simplement remplir sa mission et son compte en banque, il espère aussi en apprendre plus sur certains secrets qui le concerne. Plusieurs siècles plus tard, le descendant de Kosigan cherche toujours à en apprendre plus sur ses fameuses origines et aussi sur ce fameux passé ou la féérie est de mise, mais a complètement disparu depuis. Franchement, une fois la dernière page tournée je dois bien admettre que je continue à passer un bon moment avec les aventures trépidantes de ce héros, mais voilà pour autant ce tome m’a, d’une certaine façon, un petit peu plus frustré que les premiers. Alors clairement, on y retrouve les qualités et les défauts des autres tomes. L’auteur a ainsi toujours cette capacité à nous offrir une histoire et une intrigue qui se révèle fluide, sans temps, morts, terriblement efficace et entraînante. On a ainsi l’impression de plonger dans un récit très visuel, vivant, qui nous captive assez rapidement et dont on tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. Surtout que, comme les deux premiers, le récit ne manque pas de rebondissements, le tout porté par une narration qui nous immerge assez finalement dans ce récit, toujours porté par un chapitrage assez court et percutant.

Concernant l’intrigue en elle-même, le récit est toujours scindé en deux avec une partie de l’histoire au 14ème siècle concernant le bâtard et une autre sur deniers jours du 19ème siècle, début du 20ème siècle avec son descendant. Cette dernière, dans les tomes précédents, m’avait laissé un peu perplexe, car même si elle n’était pas en soit mauvaise, elle n’apportait pas toujours grand chose à l’ensemble. Sauf que voilà, dans ce troisième tome, elle va prendre enfin de l’importance, la vérité va finalement commencer à se dévoiler, des organisation secrètes vont se révéler. Notre héros, Kergaël, va alors avoir fort à faire pour essayer de comprendre le passé et déterminer comment cet aspect mystique et magique a bien pu disparaitre de tous les livres d’Histoire et en quoi son ancêtre est impliqué dans tout cela. Les luttes de pouvoir dans l’ombre prennent donc une plus grande importance et j’ai  ainsi beaucoup plus facilement accrocher à cette partie de l’intrigue qui se densifie et se complexifie de façon efficace, surprenante et captivante. On pourrait reprocher peut-être un ou deux hapitre qui tombent un peu dans le côté professoral et académique concernant l’histoire de la mainmise de la religion chrétienne, mais franchement rien de très dérangeant tant le voile de mystère se lève enfin et donne clairement envie d’en apprendre plus.

Le soucis c’est qu’à l’inverse, l’intrigue qui tourne autour du 14ème siècle de son côté perd un peu de ce qui faisait de son attrait dans les tomes précédents. En effet, comme tout bon vase communiquant, vu que le roman ne peut pas doubler son nombre de pages, quand une intrigue prend de plus en plus d’ampleur, l’autre voit son volume obligatoirement diminuer. A moins de trouver un juste milieu parfait, cela se ressent obligatoirement ce qui a pour conséquence ici, je trouve, de donner l’impression que l’intrigue du bâtard en Empire Germanique est, tout d’abord, une introduction et ensuite elle est traitée un chouïa rapidement. En effet il faut savoir que ce troisième tome appelle obligatoirement à lire le quatrième pour les deux intrigues, contrairement aux précédents qui voyaient le Chevalier de Kosigan et sa troupe de mercenaires à minima terminé leurs missions, même si certains fils rouges secondaires restaient ouverts. Attention je ne dis pas que cette partie de l’intrigue est mauvaise, non elle a de nombreux attraits et offre quelques mystères, mais voilà elle perd un peu de son énergie et surtout là où elle prenait le temps de se construire à chaque fois dans les deux premiers tomes, donne ici l’impression d’aller un peu vite pour compenser. C’est légèrement frustrant, même si on se laisse quand même porté par les aventures de nos héros.

Concernant l’univers il continue à se révéler solide et intéressant, avec ce mélange d’Histoire et de féérie. Cette idée que des êtres fantastiques auraient existé et auraient influencé notre Histoire avant d’être complètement effacé ne manque pas d’attrait. Surtout que Fabien Cerutti arrive à lier les deux avec facilité, sans jamais donner l’impression de complètement différer de l’Histoire. Un vrai travail d’orfèvre qui sonne juste et offre une image de fond captivante. Cette fois-ci on se penche un peu sur les sorcières et surtout sur le rôle de l’Inquisition et de son importance dans la chasse aux sorcières, avec tout ce que cela peut soulever comme réflexions. On découvre aussi un peu l’Empire Germanique, ses jeux de pouvoirs et son importance. Alors comme je l’ai dit, vu que l’intrigue sur le Bâtard est plus « courte » il est un peu tôt pour juger de ce qu’apporte ces deux éléments, mais en tout cas pour le moment ils sont plutôt bien introduits et soulèvent des questions qui demandent des réponses. Concernant les personnages, ils sont toujours aussi intéressants et efficaces à suivre. Le bâtard, même s’il a toujours ce côté tiré un peu des films d’espion de tombeur avec son lot de femme fatale, va devoir se surpasser, car sa mission est loin d’être gagnée et elle risque même de lui en couter beaucoup. Son descendant, Kergaël, même si par moments certaines transitions paraissent un peu facile, continue à nous captiver par une certaine fougue, une certaine folie. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et je ne doute pas que certains d’être eux devraient prendre de l’ampleur par la suite. L’ensemble est aussi porté par des dialogues énergiques et qui ne manquent pas non plus d’humour bienvenue qui offre un équilibre avec ce côté sombre historique.

Concernant la conclusion, et principalement le cliffhanger, elle est à la fois, pour moi, un point fort et un point, je ne dirai pas faible, mais peut-être frustrant. C’est bien simple le tome trois et quatre, qui va sortir prochainement, forment un tout. Par conséquent oui conclure sur une telle ouverture, pour peu qu’on se soit laissé porter par le récit, donne obligatoirement envie de lire la suite. Mais voilà, d’un autre côté on a l’impression d’un récit coupé en deux. Alors je deviens peut-être vieux, mais pour moi, de plus en plus, ce genre de fin me laisse perplexe. Je ne parle pas obligatoirement de cette série, dont d’ailleurs je trouve que justement Fabien Cerruti s’en sort plutôt bien en proposant quelque-chose d’intéressant avant de conclure, mais plutôt d’un effet que je vois de plus en plus dans des romans. Un peu comme si tout le récit était basé et construit simplement sur ce fameux cliffhanger, ce qui marche sûrement pour d’autres lecteurs, mais moi me laisse perplexe. De plus c’est un peu compliqué car il faut différencier le cliffhanger qui vient clôturer un tome d’une certaine façon logique et celui qui donne plus l’impression de dire « bah désolé j’ai pas pu finir mon récit, donc tiens, après une belle introduction, je te coupe dans ce moment Argh! pour te faire revenir » et tout dépend clairement de ce qui a été proposé avant. Je vais arrêter de digresser, cette réflexion s’avérant plus général et, comme je l’ai dit, ne concernant pas obligatoirement ce tome du bâtard qui propose plus que ce simple suspens, mais voilà comme dernièrement j’en lis de plus en plus, je me suis permis de faire un point, car cela peut jouer sur mon ressenti. Dans tous les cas, ce troisième tome s’avère sympathique à lire, bien porté par une plume vivante, efficace et entraînante et je lirai la suite avec plaisir pour enfin connaître la conclusion à certaines questions.

En Résumé : J’ai passé un  agréable moment avec ce troisième tome des aventures du Bâtard de Kosigan. On plonge ainsi toujours dans cette double intrigue qui voit cette fois-ci celle de Kergaël de Kosigan, au début du 20 ème siècle, prendre de l’ampleur et un peu damer le pion à l’intrigue du Chevalier. Elle se dévoile enfin et contrairement aux tomes précédents où je trouvais qu’elle n’apportait pas toujours énormément, devient ici plus captivante, malgré un ou deux chapitres au ton un peu trop académique. Mais cela a pour effet aussi d’éclipser un peu le fil rouge du Bâtard que j’ai trouvé un peu moins dense, un peu moins rythmé, légèrement introductif et traité sur certains points un peu rapidement, ce qui est légèrement frustrant. L’univers continue à s’avérer solide et efficace, nous amenant cette fois en plein Empire Germanique avec en toile de fond la montée de l’inquisition et toutes les questions que cela peut soulever. Les personnages sont toujours bien présents, avec ce bâtard, que je trouve toujours un peu trop James Bond tombeur de ces dames, entouré de femmes fatales mais qui va devoir faire très attention sous peine de perdre beaucoup. Kergaël de son côté s’avère tout aussi énergique et prenant. Un troisième tome bien porté par un chapitrage court et une narration fluide et vivante qui fait qu’on se laisse facilement porter jusqu’à cette conclusion cliffhanger. En effet le troisième et quatrième tome ne forment qu’une histoire, ce qui peut s’avérer un peu frustrant, surtout que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un procédé à la mode dernièrement, même si ici cela m’a moins dérangé que pour d’autres romans. Maintenant cela n’enlève rien aux qualités de ce tome, mais lui donne peut-être une légère impression de tome d’introduction. Le tout est porté par une plume vivante et entraînante qui fait qu’on plonge avec plaisir dans les aventures de nos héros et je lirai la suite avec un minimum de plaisir et d’envie d’avoir enfin des réponses aux questions qu’on se pose.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Dionysos, l’Ours Inculte, Célindanaé, Dup,

Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Le Bâtard de Kosigan Tome 2, Le Fou Prend le Roi – Fabien Cerutti

le batard de kosigan t2 le fou prend le roiRésumé : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.
Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille.
Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a quelques mois, je me suis laissé tenter par le premier tome de cette série sur Le Bâtard de Kosigan qui m’avait offert un bon moment de lecture à travers une intrigue vive, sans temps morts et efficace, proposant de nombreux mystères le tout dans un univers uchronique et Fantasy intéressant (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, lors des dernières Imaginales, je me suis rapidement laissé tenter par la suite, surtout que l’auteur a su titiller ma curiosité concernant ce deuxième tome. J’ai donc décidé de sortir ce livre de ma PAL et de voir ce qu’allait bien pouvoir nous offrir ces nouvelles aventures du Bâtard. A noter que ce livre peut être lu indépendamment du premier tome, même si ce serait dommage selon moi, loupant ainsi une ou deux références. Concernant la couverture, illustrée par Emile Denis, elle reste dans la même veine que le premier et se révèle toujours aussi sympathique.

Avec ce second tome, l’auteur continue à revisiter l’Histoire de France, car après avoir posé son intrigue sur l’indépendance de la Champagne, cette fois l’auteur nous fait revisiter les prémices de la guerre de Cent Ans et ce conflit pour le trône de France. Alors attention on parle bien d’Histoire Uchronique, que ce soit dans la présence de peuples féériques comme dans les changements historiques qui apparaissent, de nombreux changements sont présents. Si vous cherchez un roman pointilleux historiquement, il vaut mieux passer son chemin. En tout cas une chose est sune j’ai retrouvé avec plaisir les aventures et les péripéties de chevalier de Kosigan qui continuent à se révéler prenantes, sans temps morts, avec de l’action, des rebondissements et son lot de surprises. Dans tous les cas on ne s’ennuie jamais vraiment avec le Bâtard tant ses missions se révèlent semées d’embûches. Le chapitrage court joue aussi sur le fait qu’on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste un point, qui risque de faire tiquer ceux qui ont lu ma première chronique, c’est que le héros subit un peu trop les évènements, il m’a ainsi paru d’une certaine façon trop attentiste pour prendre finalement des décisions qui paraissent discutable, surtout vu l’intelligence qu’il a déployé dans le premier volume. Alors je sais, dans le premier tome j’avais dit l’inverse, le Bâtard s’en sortait trop bien, son plan paraissait trop parfait. Clairement ici l’auteur a décidé de montrer que le héros pouvait être mis à mal, qu’il pouvait ne pas contrôler toutes les situations, mais sur une ou deux situations on tombe dans l’effet inverse où on se demande s’il réfléchit vraiment à ce qu’il fait. Attention ce n’est en rien dérangeant tant l’auteur maîtrise de nouveau parfaitement le rythme de son récit pour nous happer et donner envie d’en apprendre plus.

Autre point qui m’a dérangé dans l’intrigue, c’est la partie qui se passe, toujours au travers d’une narration par correspondance, en 1899 qui, sans être non plus mauvaise ou inutile, loin de là, manque quand même de punch et surtout parait un peu tirer en longueur. Pas que je souhaite toutes les réponses d’un coup, mais voilà la première moitié de cette intrigue parait un peu répétitive, finalement ne tournant que sur les éléments du premier tome, n’apportant que peu de réponses. Comme si l’auteur essayait de garder le maximum d’informations pour les prochains tomes et en rajoutait. Pourtant, elle n’est pas non plus si inintéressante que cela, les questions qu’elle soulève ne manquent pas de titiller le lecteur, d’essayer de comprendre cette grande différence d’Histoire entre le 19ème et le 14ème siècle. Peut-être que plus condensé cela aurait permis de rendre l’ensemble encore un peu plus efficace. Mais bon rien de non plus trop bloquant.

Concernant l’univers, certes on perd un peu de l’aspect découverte du premier tome, mais l’auteur continue à nous dévoiler un univers qui se révèle solide, efficace, entrainant et prenant. L’auteur continue à parfaitement maîtriser son aspect Historique et surtout arrive à le revisiter et à le modifier de façon vraiment intéressante, logique et cohérente. L’ensemble est porté par un travail de fond et des descriptions qui font qu’on peut plonger dans ce monde, que ce soit dans ce moyen-âge âpre et violent comme à travers ce 19ème siècle plus technologique, avec facilité, sans jamais se sentir perdu ou même ne ressentir de longueurs. Les luttes de pouvoirs sont toujours aussi présentes et notre héros va se retrouver emporté dans des batailles qu’il ne maîtrise pas. Les passages en 1899 ne manquent pas non plus d’attraits, avec leurs machinations, leurs zones d’ombres et de révélations. Concernant l’aspect Fantasy, que ce soit à travers les êtres mystiques ou encore la magie, il reste toujours présent et apporte un véritable plus à l’ensemble, je trouve, surtout que plus on avance dans l’intrigue, plus on se rend compte qu’elle prend de plus en plus d’importance, que ce soit aussi bien dans la politique des nations, dans la vie du Bâtard, comme dans l’Histoire. Au final, un univers qui donne envie d’en apprendre plus, rien que pour savoir jusqu’où l’auteur va aller dans sa réécriture de l’Histoire.

Les personnages se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir au fil de l’histoire, même si j’avoue certains m’ont un peu dérangés. On est ainsi toujours autant captiver par le Bâtard de Kosigan qui se révèle un héros charismatique, dépaysant et à la répartie qui fuse. Il ne manque pas d’attrait et plus on avance dans les tomes, plus son passé se dévoile, certes parfois de façon peut-être un peu trop académique à travers des apartés, mais qui viennent densifier et complexifier un personnage vraiment intéressant à suivre. Il tombe d’ailleurs un peu moins, ici, dans le héros « James Bond » que je lui reprochais légèrement dans le premier tome, ce qui fait que je me suis un peu plus attaché à lui. Mon seul regret est que, vu qu’on se concentre principalement sur lui, il est parfois difficile de se passionner ou s’intéresser aux membres de son groupe. Par conséquent quand les choses se gâtent pour ses loups, je n’ai pas obligatoirement ressenti l’empathie nécessaire je pense. Concernant les personnages secondaires, ils ne sont pas mauvais, mais voilà, ont du mal à sortir du moule du simple protagoniste bon à apporter des réponses ou des révélations. Certains arrivent à sortir du lot, principalement vers la fin, mais voilà c’est parfois légèrement frustrant, même si rien de non plus bloquant. Je regrette par contre qu’Adélys de Quiéret, dont je ne dévoilerai rien, mais qui a son importance, manque quand même de profondeur. Elle a du potentiel. A voir maintenant par la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, vivante, prenante et arrive rapidement et facilement à emporter le lecteur dans son intrigue et dans l’univers qu’il construit. Certes ce second tome possède encore quelques défauts, mais j’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ces nouvelles aventures du Bâtard de Kosigan qui nous happe facilement, apportant quelques révélations et soulevant quelques mystères accrocheurs. Je lirai sans soucis le troisième tome quand il sera publié.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce second tome des aventures du Bâtard de Kosigan qui offre une histoire toujours aussi nerveuse, vivante, sans temps morts avec son lot de rebondissements et de surprises. L’intrigue comporte toujours son lot de manipulations et de jeux de pouvoir qui se révèlent attrayants. L’aspect historique uchronique ne manque pas d’intérêt et se révèle surtout cohérent et logique. Je reprocherai par un intérêt moindre sur la partie qui se déroule en 1899 donnant l’impression de tirer en longueur et aussi une capacité du héros, sur la période de 1340, à trop subir et parfois faire des choix très contestables alors que le premier tome montrait complètement l’inverse. L’univers s’avère toujours aussi solide et entrainant, l’aspect Fantasy y apporter un plus efficace et soulève aussi sont lot de questions, donnant envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages, je me suis accroché rapidement au héros qui est toujours aussi charismatique et entrainant, se complexifiant au fil des tomes. Je regretterai par contre des personnages secondaires qui ont un peu de mal à sortir du lot et le fait que le personnage d’Adélys manque légèrement de profondeur. La plume de l’auteur est simple, entrainante et vivante, happant finalement assez facilement le lecteur dans son intrigue. Au final un second tome qui, malgré quelques défauts, se révèle plus qu’efficace et je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : joyeux-drille, louve, Boudicca(Bibliocosme), …

Le Bâtard de Kosigan Tome 1, L’Ombre du Pouvoir – Fabien Cerutti

batard de kosiganRésumé : Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.
À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Ce livre m’a longtemps tenté au moment de sa sortie sans que je craque pour autant. Les premiers échos que j’ai eu au fil des mois se révélant plus que positifs, j’ai donc décidé lors des dernières Imaginales, et après discussion avec l’auteur, de le faire entrer dans ma PAL. Il faut dire que le mélange de Fantasy et d’histoire de France proposé par le quatrième de couverture avait de quoi se révéler tentant. Ajouter à cela une couverture, illustrée par Emile Denis , qui met directement dans l’ambiance et une sortie prochaine de la suite j’ai donc décidé de sortir ce livre de ma bibliothèque pour me faire mon avis.

On se retrouve ainsi à plonger dans une histoire qui oscille entre Fantasy, Historique et, d’une certaine façon, Uchronie où l’on suit deux lignes d’intrigues bien distinctes, celle de Pierre Cordwain de Kosigan en 1399 qui se retrouve en plein milieu d’une lutte de pouvoir et qui va y jouer un rôle important, et celle de son descendant en 1899 qui cherche à en apprendre plus sur son ancêtre. La majorité du récit se repose principalement sur l’intrigue en 1339 et offre une histoire qui va rapidement se révéler sans temps morts, où la mort, l’action et les péripéties rodent à chaque coin pour essayer de faire tomber le héros, ce bâtard. Il faut dire qu’il est loin d’être aimé, voir même haï par de nombreuses personnes et son métier de mercenaire ne le met pas toujours dans de bonnes positions, le plaçant régulièrement au milieu d’intrigues politiques, de trahisons et de manipulations. Clairement, on est loin des intrigues denses, complexes, qui s’enchevêtrent pour mieux trahir et surprendre, on est plus dans des intrigues, certes à tiroir, mais qui reposent surtout sur l’action, le rebondissement, le tout à un rythme entrainant et efficace avec un chapitrage assez court, et cela marche parfaitement bien. On se retrouve ainsi emporté dès les premières pages par les nombreuses péripéties et les nombreuses aventures que va rencontrer notre héros. L’auteur maitrise franchement le rythme de son récit, jonglant entre révélations et action et offre ainsi une histoire sans temps morts, dont on tourne les pages avec plaisir et entrain pour connaitre la suite.

Il faut aussi dire que l’univers historique mis en place par l’auteur joue énormément dans la réussite du livre et se révèle être l’un des gros points forts selon moi. On sent bien du début à la fin que l’auteur connait parfaitement son sujet, nous proposant une époque réaliste, dense et intéressante sans jamais non plus tomber dans des descriptions à rallonges. On plonge ainsi avec plaisir dans une France moyenâgeuse, dans une période de tension, remplie de chevalier, de tournois, de lutte de pouvoir dans un pays encore en mutation et de violence. Un univers âpre, sauvage, de sueur et de sang qui accroche bien sans non plus aller dans la surenchère. Un côté léger se dégage aussi de cette période, principalement face à l’insouciance du héros, ce qui lui évite de se révéler aussi trop sombre et étouffant. Le petit plus vient des modifications qu’apporte l’auteur, y ajoutant une pointe de Fantasy avec la présence de peuples féeriques, de magies et de plein d’autres choses que je vous laisse découvrir et qui je trouve s’intègre parfaitement à l’histoire. La période de 1899 est elle plus ciblée sur le progrès technologique, les jeux de pouvoir se révèlent souvent plus masqués, plus sournoises et ne manque pas d’accrocher aussi. Au final j’ai trouvé ici un univers original, possédant de nombreuses bonnes idées et références, et qui donne envie d’en apprendre plus dans les prochains tomes, histoire de mieux comprendre certaines zones qui restent encore mystérieuses.

Concernant les personnage je dois bien admettre que le Bâtard de Kosigan se révèle être un héros entrainant, qui nous emporte avec facilité et de façon dépaysante dans les nombreuses péripéties qu’il va rencontrer. On découvre ainsi un personnage haut en couleurs, méthodique, qui aime l’argent, les manipulations et les femmes. Il dévoile aussi au fil du récit un passé moins joyeux, plus compliqué qui possède encore de nombreuses questions sans réponse et offre au héros une aura plus intimiste. J’ai juste deux remarques à faire, d’une le Bâtard, pour moi, tombe parfois un peu dans la caricature de « James Bond » beau gosse, tombeur de toutes les femmes, à la répartie toujours facile sauf que je suis loin d’être un grand fan de ce genre de héros et qui je trouve a du mal à coller à un mercenaire tel qu’il est présenté ici, ensuite l’auteur se consacre tellement à son héros que les autres protagonistes ont du mal à vraiment se dégager, se révélant simplement pour la plupart des faire-valoir pour l’intrigue là où, je pense, certains auraient mérité d’être plus développé. Après rien de non plus gênant ou bloquant et cela ne gâche en rien l’histoire.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante, vivante et happe le lecteur assez facilement dans son univers et ses machinations. Deux points m’ont par contre laissé perplexe, le premier vient de la construction du récit, l’intrigue de 1399 se révélant sans temps morts, là ou celle de 1899 prend plus de temps à se construire, le soucis vient qu’en mélangeant les deux on a l’impression d’avancer rapidement dans l’une et de stagner dans l’autre. Cela ne gêne pas la lecture mais offre par moment un faux rythme légèrement frustrant. Ensuite l’autre point qui m’a surpris c’est la facilité dont l’intrigue se déroule, notre héros ne rencontre jamais de véritable problèmes, son plan marchant trop à la perfection et reposant aussi sur quelques facilités liées aux capacités du héros. C’est dommage car niveau suspens on se retrouve a ne plus vraiment s’inquiéter pour lui et son équipe tant on se rend compte qu’il ne va rien leur arriver de fâcheux. Au final ça n’empêche ce récit de se révéler efficace et offrir un bon moment de lecture, dévoilant une conclusion plutôt réussie avec de nombreux points en attente qui donnent envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir le Bâtard de Kosigan et son descendant dans deux intrigues qui paraissent s’entrecroiser. On plonge ainsi dans un récit rempli d’adrénaline, de rebondissements, d’action et de surprises qui happe facilement et rapidement le lecteur. L’univers développé tout au long du récit se révèle efficace, dense et complexe sans jamais non plus tomber dans des descriptions à rallonge et l’ajout de Fantasy à l’époque historique apporte un plus et se révèle original. Concernant les personnages, le Bâtard de Kosigan se révèle être un héros entrainant, efficace avec un passé sombre qui demande à en apprendre plus, mais je regratte qu’il tombe un peu dans la caricature du beau gosse tombeur de ses dames a qui tout réussi. Je trouve aussi qu’il prend trop de place dans le récit, ce qui fait que les autres personnages ont du mal à se sortir du simple rôle qui leur est attribué. La conclusion du récit se révèle réussi et laisse de nombreuses zones d’ombres en suspens ce qui appelle à lire la suite. Je regrette finalement que deux choses l’impression de faux-rythme qui apparait entre les deux intrigues principales et une impression de facilité dans l’intrigue de 1339 qui, à mon goût, se résout un peu trop facilement selon le plan établit et avec quelques légères facilités, mais rien de trop bloquant tant l’ensemble se révèle enlevé. La plume de l’auteur est entrainante, vivante et efficace et je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Louve, joyeux-drille, Thalia, Dionysos, …