Étiquette : fantastique (Page 1 sur 17)

Contes du Soleil Noir : Audit – Alex Jestaire

Résumé : Cinq consultants en management, capables d’user des pouvoirs du Soleil Noir, se rendent en Angleterre pour procéder à la liquidation d’une entreprise. Mais ils ne se doutent pas que l’issue de l’audit pourrait être mortelle.

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Audit est le quatrième conte du cycle d’Alex Jestaire qui tourne autour du Soleil Noir, et j’avoue je me demandais quelle direction allait donner l’auteur à sa série. Je me suis assez facilement laissé tenter par ce livre, surtout qu’il s’agit de contes qui, au final, se lisent assez rapidement et aussi parce-que Crash et Invisible m’avaient offert un bon moment de lecture (ma chronique ici et ). Arbre m’ayant lui laissé une impression plus mitigé dû au fait que j’ai eu du mal à entrer dedans (ma chronique ici), mais pas au point de me bloquer. Concernant la couverture, illustrée par Olivier Fontvieille, je la trouve très sympathique et qui colle parfaitement au récit pour moi et les illustrations intérieures apportent toujours, je trouve, un plus principalement au niveau de l’ambiance.

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Au Service Surnaturel de sa Majesté Tome 2, Agent Double – Daniel O’Malley

Résumé : Quand, après des années de combats acharnés , deux organisations secrètes et rivales sont contraintes d’allier leurs forces, une seule personne semble en mesure de les aider à conclure cette paix nécessaire : Myfanwy Thomas, la très fantasque héroïne de The Rook.
D’un côté, la Checquy, organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique.
De l’autre, les Greffeurs, une société de peu recommandables alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques en tous genres. Sans compter les mystérieux Antagonistes, qui tentent par tous les moyens de faire échouer les négociations.

Edition : Super 8

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans maintenant je découvrais The Rook, le premier tome de cette série, qui proposait un récit de Fantasy Urbaine assez déjanté, efficace et sans temps mort, bien porté par le personnage de Myfanwy très charismatique et entraînant (ma chronique ici). Il était donc logique que je me laisse rapidement tenter par cette suite, tout en me demandant comment l’auteur allait gérer les questions en suspend du premier tome. Concernant l’illustration de la couverture elle est dans le même style que celle du premier tome et je la trouve très sympathique.

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Pornarina – Raphaël Eymery

Résumé : Depuis des décennies, Pornarina ensanglante secrètement l’Europe. Les rares à connaître son existence – les pornarinologues – l’ont surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval. Elle serait coupable de dizaines d’homicides.
À plus de quatre-vingt-dix ans, le Dr Blažek est un tératologue renommé. Il vit dans un château fort avec sa fille adoptive : Antonie, vingt-quatre ans. La jeune contorsionniste assiste le docteur dans sa traque obsessionnelle de Pornarina, mais s’éloigne bientôt de son père adoptif, rebutée par l’esprit communément pervers des pornarinologues.
Trouvera-t-elle son salut dans la mystérieuse figure de la-prostituée-à-tête-de-cheval?

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce roman, en premier lieu par sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement superbe offrant une impression étrange et dérangeante qui donne clairement envie de découvrir le récit. Ensuite je dois bien admettre que je me laisse assez facilement convaincre par les livres de la collection de Lunes d’Encre de chez Denoël qui, même si parfois je suis passé à côté de certains, propose une belle sélection de livre qui s’avère plus qu’intéressante. Enfin le côté fantastique sombre a toujours le don de m’attirer et de me donner envie de plonger dedans, c’était donc sans surprises que ce roman ait terminé rapidement dans ma PAL.

On découvre ainsi dès les premières pages le Dr Blažek, sommité dans l’étude des anomalies et des monstres. Il est lui-même le seul enfant de sœurs siamoise et a été bercé depuis son enfance dans ce milieu. Depuis quelques années, il s’est lancé dans la plus grande quête de sa vie : retrouver Pornarina, la prostituée à tête de cheval qui tue ses proies en les émasculant. Pour l’aider il peut compter sur Antonie, une jeune contorsionniste qu’il a adopté et élevé comme sa fille, mais aussi pour en faire son bras droit, son arme dans sa quête. Alors de mon côté, je dois bien admettre que je n’ai pas franchement accroché à ce roman. Il y a bien quelque-chose d’intéressant, d’unique qui s’en dégage, un travail sur le freak et l’étrange, avec en fond des idées qui ne manquent pas d’être un minimum intéressante, mais voilà au final je n’ai jamais complètement réussi à entrer dans ce roman. Je pense qu’on est clairement dans le roman qui va diviser le lecteur, soit on accroche et on se laisse porter par ce qui est construit, soit comme moi on n’arrive jamais à entrer dedans et on tourne les pages en espérant un sursaut qui fera qu’on va être happé, mais qui ne viendra jamais. C’est assez étrange, car pourtant je pensais être le public de ce genre de roman au vue des références proposés, j’espérais accrocher, mais je pense que je n’avais pas les mêmes attentes que ce qui est proposé dans Pornarina.

A travers ce livre l’auteur nous montre pourtant sa passion pour le côté sombre et étrange que ce soit dans les références qu’on retrouve à droite à gauche comme à Hannibal Lecter, Dracula, Frankenstein ou encore une Famille Adams mais le côté comédie en moins, et d’autres encore. Il montre clairement qu’il aime l’imaginaire et cherche ici au fil des pages à lui rendre hommage, mais principalement à l’imaginaire Freaks et gothique. Il y a aussi ce côté un peu étrange, mystique liée à cette quête de Pornarina, ce côté sombre et sanglant qui est clairement mis en avant, mais aussi cette impression d’un monde en train de changer. Au fil des pages on se rend compte d’une sorte de fin, de justement la disparition de ce côté fantastique dévoré par un monde plus scientifique, plus terre à terre. On le voit au niveau de la société de Pornarinologue qui voit son milieu changer, avec l’arrivée de chercheurs plus jeune, mais aussi plus concrets, moins rêveurs. On est aussi clairement dans le roman initiatique, à travers le portrait d’Antonie dont l’enquête va complètement bouleverser sa vie. Elle va ainsi devoir évoluer faire des choix qui vont peu à peu la faire grandir. Elle va ainsi devoir quitter le cocon qu’était sa vie avec le Dr Blažek, devenir son arme, et par la même occasion se rendre compte de l’horreur du monde. Elle qui a pourtant toujours vécu autour d’étrangetés va se rendre compte que cela ne l’avait pas préparé à ce qui peut se cacher en chaque personne.

Il y a aussi plusieurs réflexions intéressantes qui sont soulevées dans ce roman. Que ce soit sur la notion de sexisme, sur la position de la femme qu’on découvre à travers Antonie seule héroïne du roman, de la notion de quête et d’obsession sur la notion de folie, de famille, d’amour, ou bien encore sur la notion de sexualité. L’auteur brasse ainsi de nombreuses questions, certaines de façon assez pertinentes et d’autres qui viennent se noyer dans une impression confuse de trop vouloir en faire. Alors après tous ces arguments, vous devez vous demander ce que j’ai trouvé comme défaut à ce roman. Le premier vient clairement de l’ambiance, oui l’auteur est un féru du gothique, de l’étrange, du bizarre et du morbide sauf que, mis à part quelques passages, je n’ai jamais clairement ressenti cette ambiance. J’ai un peu l’impression d’avoir le même soucis avec les films d’horreur qui considèrent que pour faire peur doivent aller de plus en plus dans le visuel voir même offrir des litres de sang, alors que non parfois des non-dits ou un travail sur le ressenti et les sentiments s’avèrent, pour ma part, plus prenant et plus stressant. C’est pareil ici, l’auteur offre des scènes très visuelles, mais qui, pour ma part, n’ont paru être que de simples images dans laquelle il manque un souffle de vie et c’est dommage car cela m’aurai permis d’entrer un peu plus dans ce récit. Ensuite autre point, je n’ai jamais réussi à m’attacher aux personnages que ce soit aussi bien par le côté émotionnel que par leurs quêtes et leurs questionnements. Pourtant il y avait le potentiel pour et Antonie ne laisse pas indifférent, mais voilà il manquait un je ne sais quoi qui me les aurait rendus plus marquant.

Un autre point vient clairement de l’intrigue qui n’a jamais réussi à m’entraîner, à me captiver. Il faut dire que d’intrigue il n’y a en n’a pas franchement, certes dans le premier tiers on a l’impression de plonger dans un Thriller avec la quête de Pornarina, mais très vite on se rend que non elle n’est que secondaire, voir même quasi inutile. Pornarina n’est finalement juste là que pour amener les personnages que l’on croise tout du long à dévoiler le pire d’eux-mêmes. Ils donnent ainsi l’impression, à travers cette quête, à se dévoiler complètement et à obliger Antonie à devoir trouver sa voie. Après, comme je l’ai dit, on se retrouve alors plus dans un roman initiatique, sauf que même-là j’ai eu du mal à complètement entrer dedans, l’auteur en faisant trop à mon goût avec des scènes qui apportent peu, ce qui fait que le récit s’essouffle au fil des pages, n’arrivant jamais franchement à trouver cette tension qui aurait pu m’accrocher. On avance ainsi jusqu’à aboutir à une conclusion qui s’avère logique et colle bien au récit, mais m’a juste fait dire « Bon, bah voilà fini ».

Enfin la plume de l’auteur m’a laissé sur un sentiment mitigé, oui je reconnais que Raphaël Eymery aime jouer avec les mots, travaillant son texte. Il le démontre d’ailleurs clairement dans certaines fulgurances, certains passages qui ne laissent pas indifférent, mais qui aussi par moment tombent dans le catalogage qui m’ont complètement déconnecté du récit. Tout cela fait que finalement je ne ressors pas complètement convaincu par ce Pornarina.  Peut-être que sur un format novella, plus court et plus incisif, j’aurai pu accrocher. Après, je le dis et je le répète, on est clairement dans un roman à double tranchant, vous pourriez très bien vous retrouver complètement happé par ce roman comme j’ai cru le voir par d’autres lecteurs, ça se joue parfois à quelques détails je reconnais clairement le travail de l’auteur sur son œuvre et son originalité.

En Résumé : J’avoue, je ressors de ma lecture de ce Pornarina avec le sentiment de n’avoir jamais réussi complètement à entrer dedans et à apprécier ma lecture. Pourtant, le roman ne manque pas d’attrait, j’en reconnais ainsi l’originalité proposé par l’auteur, ainsi que sa passion pour le côté étrange, dérangeant, bizarre sanglant et l’hommage qu’il rend à ce genre de récits fantastique. On est dans un récit qui nous montre que le monde change, que l’étrange et le mystique font de plus en plus place au terre à terre. On est clairement dans un roman initiatique où l’héroïne, Antonie, va se rendre compte que le monde est loin d’être idyllique et que, poussé par lui, elle va devoir faire des choix et évoluer, oublier la jeune fille enfermée dans son cocon pour s’imposer. Le roman ne manque pas non plus d’idées, que ce soit sur la position de la femme, le sexisme, l’obsession, la sexualité, qui ne laissent pas indifférent, même si parfois elles sont menées de façon trop confuse je trouve. Sauf que voilà, pour moi, j’ai trouvé que ce récit manquait d’ambiance. Certes visuellement il est étrange et dérangeant, mais il manque à ces images un peu de vie pour qu’elles deviennent plus que de simples images qui marqueront peut-être certains, mais qui de mon côté m’ont laissé de marbre. Ensuite je n’ai jamais réussi à m’accrocher aux personnages, à me laisser porter par eux. Ils leurs manquaient un petit je ne sais quoi. Autre point, l’intrigue démarre bien, mais peu à peu s’essouffle dans des scènes qui paraissent trop longues et ne pas toujours apporter au récit. Enfin, même si je reconnais le travail de plume de Raphaël Eymery, et sa façon de jouer avec les mots, il tombe parfois dans le catalogage qui me déconnectait complètement. C’est dommage, mais maintenant on est dans un livre à double tranchant vous pourriez très bien vous retrouver complètement happé par ce roman, comme j’ai vu chez d’autres lecteurs, pour ma part je suis passé à côté.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Nicolas Winter, Marie-Juliet, Samuel Ziterman, …

Les Enfants de Peakwood – Rod Marty

Résumé : Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ?
D’où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d’autres commencent-ils à agir étrangement ?
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n’aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler…
Félicitations, la mort vous offre une seconde chance…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Je continue de sortir mes romans acheté aux Imaginales de 2016 de ma bibliothèque, car après Le Jeu du Démiurge j’ai décidé cette fois de me laisser tenter par le premier roman de Rod Marty. Il faut dire qu’il n’avait pas rejoint ma PAL par hasard, j’avais eu de nombreux échos plus que positif concernant ce livre, puis un récit de genre fantastique angoissant, je ne pouvais pas passer à côté. J’avais donc profité des Imaginales pour repartir avec mon livre dédicacé sous le bras qui, comme souvent, a décidé de trainer un peu dans ma PAL. Vu que l’auteur vient de sortir un nouveau roman, j’ai donc décidé de me faire un avis. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve superbe et prenante, nous plongeant assez facilement je trouve dans l’ambiance du livre.

Le récit nous entraîne dans une petite ville américaine, Peakwood, qui va connaitre un terrible accident de voiture entre un bus scolaire et une voiture. Le docteur Littlefeather, devant cette tragédie et surtout la mort de sa fille, décide d’appeler son père, un Shaman, pour pratiquer un rituel interdit et ainsi les ramener à la vie. Sauf que la mort n’aime pas se faire voler et va se rappeler à la ville quelques années plus tard. Alors, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que même si l’ensemble n’est pas mauvais et se lit plutôt facilement, il ne m’a pas non plus emporté comme je l’espérais. Je ne sais pas si ce sont les nombreux échos plus que positifs qui ont influencé mes attentes, car même si l’ensemble se lit sans prise de tête et finalement offre ce que je pourrais appeler une « lecture de plage » un minimum entraînante, il n’a pas non plus réussi à me marquer ou même à se démarquer. On sent ainsi clairement que l’auteur est un habitué d’une culture fantastique de films d’horreur et d’angoisse. Il arrive ainsi au final à bien retranscrire cette ambiance un peu stressante, le soucis c’est que de mon côté j’en ai vu aussi énormément, ce qui fait qu’une impression de déjà-vu est bien resté présente durant toute ma lecture.

L’aspect fantastique que construit l’auteur n’a pourtant rien de clairement mauvais, il arrive clairement à rendre cette ambiance légèrement angoissante qui monte en tension au fil des pages, le tout parsemé de scènes plus sanglantes, percutantes et angoissantes qui viennent donner un petit coup de fouet au lecteur et à l’intrigue. Le fil rouge du récit, sans se révéler non plus extrêmement originale, s’avère assez solide pour qu’on se retrouve à tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de savoir comment tout cela va  se terminer. Alors certes, elle prend peut-être un peu trop son temps pour démarrer, un peu comme si l’auteur cherchait à retarder le plus possible ses premières surprises ce qui donne une impression de remplissage, mais voilà une fois lancé on se laisse alors un minimum porté par les révélations proposées. L’auteur tente d’ailleurs aussi par moment quelque chose d’un peu différent, à travers certaines scènes « classiques » qu’il travaille un peu à sa sauce cherchant ainsi une certaine originalité qui, je l’avoue, apporte parfois une certaine fraicheur à l’ensemble du récit. Le côté fantastique, ainsi que tout ce qui tourne autour de la magie Shaman reste un peu trop en surface je trouve, même si cela colle bien au récit et ne dérange en rien la lecture, mais ça m’a légèrement frustré, car finalement on se retrouve un peu avec des explications et une magie un peu « simpliste » je trouve.

Concernant les personnages, je ressors un peu plus mitigé. Déjà le premier point qui m’a laissé perplexe, c’est la multitude de personnages présenté dans ce roman, ce qui fait qu’on saute de l’un à l’autre sans jamais avoir le temps de franchement s’intéresser à chacun et, qui plus est, provoque des ellipses parfois frustrantes. Cela n’empêche pas pour autant certains de sortir du lot, arrivant à toucher le lecteur et à faire qu’on s’intéresse à leurs péripéties, je pense principalement à Tom, jeune héros qui a grandi trop vite et a du mal à joindre les deux bouts au lycée, mais aussi Nora jeune pom-pom girl qui cherche à réussir. Mais voilà j’ai trouvé que cette narration aurait eu plus du succès en film que dans un roman. Enfin le dernier point qui m’a légèrement frustré, c’est que finalement, une grande majorité des personnages que l’on croise tombent un peu trop dans la caricature, que ce soit justement la pom-pom girl loin d’être idiote, le héros surdoué mais incompris, le lycéen agressif champion de foot dont finalement on apprend qu’il est régulièrement violenté par son père, c’est clairement du déjà-vu. Une grande partie d’entre eux n’arrivent jamais non plus à se sortir de ce carcan pour venir nous marquer et nous surprendre. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont complètement mauvais, ou fade, non, ils sont tout de même un minimum travaillés et s’avèrent un minimum complexes, mais voilà je pense que j’aurai plus accroché à eux s’ils étaient moins nombreux et encore densifié.

Le dernier quart du récit se révèle tout de même plus réussi, plus prenant et haletant, la tension est à son comble et les révélations et les scènes plus percutantes font qu’on se plonge un peu plus dans ce récit avec toujours cette ambiance légèrement angoissante et sanglante. Par contre, j’ai trouvé que le récit se révélait au final assez linéaire, en plus du fait que ce soit sans surprise comme je l’ai déjà dit. Il a ainsi du mal à clairement se sortir du chemin déjà tracé ce qui est légèrement dommage car empêche toute véritable surprise. La plume de l’auteur s’avère simple, énergique et très visuelle ce qui aide à entrer dans ce récit. Je ressors de ma lecture de ce roman avec un sentiment mitigé, certes il se lit avec un minimum de plaisir, mais il n’arrive pas, je trouve, à sortir du cadre stéréotypé qu’il s’est construit pour vraiment s’avérer marquant. J’ai plus eu l’impression d’un petit page turner vite lu, un minimum apprécié, mais qui ne restera pas dans les mémoires, je trouve. Après, le fait d’avoir beaucoup lu et vu de films dans le même genre à aussi forcément jouer sur mon ressenti et cette impression de déjà-vu.

En Résumé : Une fois la dernière page tournée, je dois dire que même si ce roman se laisse lire et s’avère divertissant, il n’a pas non plus complètement répondu aux attentes que je pouvais avoir. L’auteur parait avoir ainsi été bercé dans les films et récit d’horreurs pour en connaitre les codes. Le soucis c’est qu’il ne cherche jamais vraiment à les casser. Hors moi aussi j’ai été baigné par ce genre de récit et de film dans mon adolescence, ce qui fait que le récit manqua quand même de surprise. J’ai aussi trouvé le démarrage un peu lent, comme si le récit cherchait trop à prendre son temps, malgré un premier chapitre percutant. L’aspect fantastique n’est pas mauvais, avec cette ambiance angoissante et stressante qui se développe, je regretterai juste un côté magie un peu trop simpliste. Concernant les personnages je trouvais qu’il y en avait de trop, ce qui ne sert pas toujours le récit et qu’ils tombaient parfois dans la caricature. Cela n’empêche pas pour autant certains d’entre eux de sortir du lot et de donner envie au lecteur de suivre leurs aventures. J’ai aussi trouvé que l’ensemble s’avérait un peu trop linéaire ce qui est légèrement dommage. Le dernier quart, par contre, s’avère un peu plus réussi la tension atteignant son paroxysme bien porté par l’ambiance fantastique et des scènes percutantes. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entraînante et fait que le lecteur a un minimum envie de tourner les pages et d’en apprendre plus. Au final un page turner pas déplaisant, qui se laisse lire, mais qui n’est pas non plus ce que j’espérais je pense.

 

Ma Note : 6/10

Contes du Soleil Noir : Invisible – Alex Jestaire

Résumé : À la dérive dans les rues de Bruxelles, un SDF prend conscience qu’il est en train de devenir invisible aux yeux des passants – réellement invisible. Facétieux, il tire parti de cette nouvelle donne en se jouant des barmen, des touristes, des policiers et des femmes…

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Alex Jestiare nous livre avec Invisible le troisième conte de son cycle qui tourne autour des Contes du Soleil Noir. Après Crash, qui m’avait offert un sympathique moment de lecture et des réflexions intéressantes (ma chronique ici), puis Arbre qui m’avait laissé sur ma faim devant une certaine incompréhension du côté mystique et de la conclusion (ma chronique ), je me demandais bien ce qu’allait pouvoir proposer l’auteur dans ce troisième tome. Concernant la couverture, illustrée par Olivier Fontvieille, je la trouve moins intéressante que celles des autres tomes. Le personnage version kaléidoscope me fascine moins je trouve. Le livre est toujours porté par des illustrations internes de Pablo Melchor qui apportent un petit plus à l’ambiance du récit.

Ce récit reprend un peu le même genre de construction que Crash, le Geek nous présentant ainsi Joffrey, un SDF qui vit dans les rues de Bruxelles avec son chien et qui tente de survivre. Le genre d’individu que personne ne remarque jamais ; cela en devient d’ailleurs à un tel point que quand il se réveille il est devenu invisible. Il a beau tout tenter pour se faire voir et entendre, personne ne le remarque. Il se rend rapidement compte de l’intérêt de ce pouvoir, des avantages qu’il offre et des nombreuses « blagues » qu’il va pouvoir faire. Sauf que très vite Joffrey va découvrir que ce don est finalement une malédiction. Ce court roman se révèle finalement plus classique, la notion d’invisibilité d’un point de vue sociale ayant déjà été traité plusieurs fois, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur s’en sortait plutôt bien. Le traitement légèrement angoissant, avec ce côté un peu misérabiliste qui, sans tomber dans la caricature, fait réfléchir et offre un certain intérêt au récit, font que j’ai trouvé que ce tome offrait un moment de lecture plus que sympathique et divertissant.

L’auteur reprend ici, comme je l’ai dit, le même type de construction que Crash, se concentrant plus sur une seule ligne d’intrigue, celle de Joffrey, ce qui permet ainsi à l’auteur d’offrir un héros très intéressant à découvrir. Alors pas tant dans ce qu’il montre obligatoirement, que dans ce qui est sous-entendu et les non-dits. La plume est toujours aussi incisive dans la construction de ce personnage, paumé, abandonné du système, qui a bien tenté pendant de trouver sa voie, pour mieux retomber dans la rue. Il est un peu le soucis d’un système d’élite qui ne s’intéresse pas, et ne veut surtout pas s’y intéresser, aux personnes qui ne n’arrivent pas à s’y intégrer. Mais surtout ce qui marque c’est cette lente compréhension du « don » que reçoit notre héros. Cette lente transition entre un pouvoir qui peut lui permettre de réaliser ce qu’il a envie, jusqu’à plonger au fur et à mesure dans une solitude encore plus angoissante, douloureuse et dérangeante. On découvre ainsi au départ un Joffrey tragi-comique, parfois jusqu’à l’absurde idiot, qui va peu à peu se rendre compte du manque des autres. Il découvre alors que la vie sans contact, sans rencontre, sans discussion n’est finalement qu’horreur et angoisse. Autant on peut ne pas être accroché par le personnage en lui-même, tant parfois j’ai trouvé que l’auteur en faisait un peu trop, mais sa descente aux « enfers » ne manque pas de faire réfléchir et de soulever de nombreuses questions et parfois même de toucher le lecteur.

Les réflexions que soulève l’auteur sont d’ailleurs un des axes principaux des différents contes qu’il propose. Il cherche ainsi clairement à offrir un conte social, à nous présenter une vision du monde sombre, angoissante, ou finalement notre société se dirigerait vers sa fin, le tout de façon cohérente et efficace. On se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit concernant les laissé pour compte, ces SDF qui n’intéressent personne, sur la technologie et la manière dont elle est présente en permanence dans nos vies et enregistre tout ou bien aussi d’un point de vue social. On se met ainsi d’un certaine façon à se poser des questions sur notre société, cette façon qu’elle a d’isoler finalement chacun d’entre nous, de nous rendre indifférent à ce qui peut se passer autour de nous. Les axes de réflexions sont durs, percutants, mais ne sont jamais non plus imposés ; chacun se faisant son propre avis. Alors parfois, c’est vrai, ils se révèle traités de façon un peu facile voir simpliste. Il faut dire que le format est assez court, ce qui joue forcément, mais c’est quand même un peu dommage. J’ai par contre bien accroché à la conclusion de ce récit, teinté de fantastique, qui reste ouverte et colle bien au récit.

Concernant notre narrateur, le Geek, j’ai trouvé les passages le concernant mieux maîtrisé que dans Crash, même si par moment il continue à en faire un peu trop. Les passages où on le suit m’ont paru plus fluides et plus intéressants dans ce tome. Il continue par contre a en faire légèrement trop sur la véracité de son récit, cherchant à faire germer le doute dans la tête du lecteur, mais je ne trouve pas que cela apporte grand-chose, même si ça ne dérange pas non plus de trop la lecture. La plume de l’auteur est toujours aussi vive, incisive, percutante et efficace ce qui rend ainsi cette histoire encore plus saisissant. Je vais ainsi me laisser tenter par le quatrième tomes de ces contes qui devrait sortir dans quelques mois, histoire de voir ce que va proposer l’auteur.

En Résumé :  J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce troisième conte du soleil noir. On découvre ainsi ici Joffrey, un SDF qui va se rendre compte qu’il est devenu invisible. Il va alors décider de profiter de ce don, mais va se rendre rapidement compte qu’il en devient une malédiction. On plonge ainsi dans un récit dont l’angoisse va monter lentement au fil des pages, dévoilant une certaine solitude qui entoure notre héros, accentué par son nouveau « pouvoir ». L’auteur ne cherche pas l’horreur de son récit, mais plus le questionnement qui se dégage devant ce récit troublant. On se retrouve ainsi à se poser des questions sur notre société, la technologie, mais aussi principalement d’un point de vue social, sur ces laissés pour compte, ces abandonnés sur lesquels on ferme les yeux. Surtout les réflexions ne sont jamais imposées ou forcé, chacun se fait ainsi on propre avis. Alors c’est vrai, parfois elles sont quand même amenées de façon un peu simpliste et facile, mais rien de non plus trop bloquant. Les passages sur le Geek m’ont paru plus intéressant que dans Crash, même s’il continue à en faire un peu trop sur la véracité de son récit, cherchant trop à instiller le doute, mais bon rien de gênant. La plume est toujours incisive, efficace et percutante et je pense que je vais me laisser tenter par le quatrième conte prévu dans quelques mois.

 

Ma Note : 7/10

Contes du Soleil Noir : Arbre – Alex Jestaire

Résumé : Une journaliste use du pouvoir du Soleil Noir pour obtenir le matériau de ses articles, tandis qu’en Inde, l’ascension d’un Soleil Noir au-dessus d’un arbre sacré connecte un couple d’éleveurs, un riche philanthrope et un temple hindouiste.

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Après avoir découvert le premier conte de cette série, Crash, qui sans non plus se révéler exceptionnelle, s’avérait sympathique à découvrir avec quelques axes de réflexions intéressants (ma chronique ici), je me suis donc lancé dans la lecture d’un second Conte du Soleil Noir : Arbre. J’étais intrigué de savoir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer l’auteur. Je ne reviendrai pas trop sur les références cités, j’en ai déjà dit assez lors de ma précédente chronique, juste que je confirme qu’elles me paraissent trop « lourdes » à porter pour cette série je trouve. Concernant la couverture, illustrée par Olivier Fontvieille, je la trouve plutôt réussie et les illustration intérieures de Pablo Melchor offrent toujours une ambiance légèrement angoissante.

On retrouve ainsi le Geek, notre guide de ses différents contes, qui après l’histoire de Malika vient ici nous présenter deux lignes d’intrigues. La première concerne Janaan, jeune indienne qui officie à Londres en tant que journaliste et qui possède le pouvoir en parlant, grâce au soleil noir, d’imposer sa volonté aux autres. Comme personne ne lui résiste, elle arrive ainsi à récolter toutes les informations qu’elle le souhaite, même les plus sensibles. Elle va ainsi se retrouver à enquêter auprès de la jeunesse aristocratique anglaise la plus riche, mais aussi la plus décadente. Sauf que rien ne va franchement se passer comme elle l’espérait. La seconde intrigue nous emmène en Inde, où un sage va tenter, suite à d’étranges phénomènes qu’il ressent, d’en découvrir la cause. Alors j’avoue ce second conte est moins, l’on va dire, ésotérique que le premier, le fantastique est clairement annoncé ici et pourtant j’ai moins accroché. Certains points et certaines transitions m’ont ainsi laissé plus que perplexe j’avoue.

Alors, il y a quand même des points intéressants dans ce court roman. Le récit se révèle plus énergique que Crash, peut être aussi moins introspectif aussi dans le piège que cherche à tendre Janaan, mais qui va finalement se retourner contre elle où de chasseuse elle va en devenir la proie. On est ainsi porté par un rythme plus tendu. L’héroïne offre aussi une approche différente que celle de Malika du précédent tome. Toutes les deux « étrangères », elles offrent pourtant des trajectoires diamétralement opposées qui font obligatoirement réfléchir. L’ambiance est aussi saisissante, que ce soit dans le côté angoissant que développe l’auteur autour du récit proposé ici, mais du sentiment d’impuissance qui est ressenti lorsque le piège se referme sur Janaan. On y retrouve aussi cette lucidité dans la plume qui se veut sobre, simple et pourtant tellement incisive. Autre point qui ne laisse pas indifférent c’est finalement la représentation de cette société, que ce soit Janaan qui abuse de son pouvoir pour ses simples envies personnels de réussite, ou bien les personnes qui vont la piéger et qui sont loin d’être des saints.

L’auteur nous offre aussi, même si j’ai trouvé cela moins marquant que dans Crash, de nombreux points de réflexions. En effet on y découvre ainsi une bourgeoisie Anglaise totalement déconnectée, qui se plonge dans la dépravation, les drogues et les fêtes pour son simple plaisir. On y voit aussi apparaitre une différence de classes accentuées où seuls les sélectionnés sont acceptés, que va être obligée de découvrir Janaan par la force des choses, allant jusqu’à en apercevoir les désirs les plus pervers et aberrants. On en vient à se poser des questions sur les envies humaines les plus sombres, Ce vernis de morale qui s’effrite, mais aussi sur l’inhibition qu’apporte l’argent et le pouvoir. Certes c’est du déjà vu, mais pourtant cela fonctionne ici plutôt bien, porté grâce à cette ambiance étrange et dérangeante. Obligatoirement, si on extrapole et qu’on sort du premier degré du récit, on pense aussi se questionner sur la violence présente dans notre société, à cette impuissance que l’on ressent qu’elle soit aussi bien physique, morale que même plus globale.

Sauf que voilà une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, principalement dans le dernier tiers quand les deux lignes d’intrigues se rejoignent. Il faut dire que toute la partie Indienne n’a pas totalement réussi à me happer, se perdant dans des notions mystiques que j’ai eu du mal à comprendre et à appréhender. Par conséquent quand on arrive dans le dernier tiers où tout se relie, je me suis senti un peu perdu. Certes c’est étonnant, surprenant, mais énormément de questions restent ouvertes, trop même pour moi qui pourtant aime ce genre de conclusion. J’en ai compris le côté un peu philosophique sur Janaan qui va découvrir son côté sombre, l’appréhender et s’en relever, mais de mon côté ça s’arrête là, ce qui est quand même frustrant. Alors après quelques recherches j’ai vu que l’auteur a construit ces contes sous la forme de 30 textes qui pourraient se répondre, on pourrait donc trouver nos réponses dans un autre livre de l’auteur, mais je trouve cela quand même un peu dommage. Je suis peut-être aussi passé à côté, n’ayant que peu de connaissances que le côté mystique indien que met en avant l’auteur. La plume de l’auteur est par contre toujours aussi fluide, entraînante et efficace et je lirai le troisième conte histoire de me faire un avis plus complet.

En Résumé : Je suis sorti de ma lecture de ce court roman Arbre, deuxième récit des contes du Soleil noir, avec un sentiment mitigé. J’avoue avoir bien accroché à la partie sur Janaan qui cherche à tendre un piège, mais qui va finalement se refermer sur elle. On ressent l’angoisse et ce léger sentiment d’horreur que met en avant l’auteur, ainsi que les réflexions qu’il soulève. On se trouve ainsi à se poser des questions sur la violence dans notre société, notre sentiment d’impuissance générale face à une population déconnectée, ou bien encore sur cette part sombre qui se cache en chacun d’entre nous et qui peut surgir. Le soucis c’est que je suis complètement passé à côté de toute la mythologie Indienne qu’on découvre dans la seconde ligne d’intrigue, ce qui fait que quand les deux se rejoignent dans la conclusion je ne suis pas sûr d’avoir tout compris ce qui est quand même un peu dommage. Certes cela peut venir clairement de moi, mais voilà cela a forcément jouer sur mon ressenti. La plume de l’auteur est fluide, vive et efficace et je lirai le troisième tome histoire de me faire un avis plus complet.

 

Ma Note : 6/10

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