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Remembrance of Earth’s Past Book 1, The Three-Body Problem – Cixin Liu

Résumé : 1967: Ye Wenjie witnesses Red Guards beat her father to death during China’s Cultural Revolution. This singular event will shape not only the rest of her life but also the future of mankind.
Four decades later, Beijing police ask nanotech engineer Wang Miao to infiltrate a secretive cabal of scientists after a spate of inexplicable suicides. Wang’s investigation will lead him to a mysterious online game and immerse him in a virtual world ruled by the intractable and unpredicatable interaction of its three suns.
This is the Three-Body Problem and it is the key to everything: the key to the scientists’ deaths, the key to a conspiracy that spans light-years and the key to the extinction-level threat humanity now faces.

Edition : Tor Books
Poche : Head of Zeus

 

Mon Avis : Bon, je me lance dans la dernière ligne droite de mon mini-challenge concernant les roman nominés aux Hugo Awards. En effet il ne me reste plus qu’à chroniquer la trilogie de Cixin Liu et de faire un article qui expliquera mon vote et je serai libéré (non je ne chanterai pas ^^). Alors je sais que le gagnant du meilleur roman a déjà été dévoilé, que j’espérais pouvoir boucler toutes mes chroniques avant, mais bon je vais essayer de tout finaliser d’ici à 15 jours quand même. À noter que j’ai bien lu The Three Body Problem en Anglais (traduit par Ken Liu) mais que ce roman est disponible en France sous le titre Le Problème à Trois Corps aux éditions Actes Sud (traduit par Gwennaël Gaffric). Concernant l’illustration de la couverture je la trouve réussie et prenante.

Ce roman nous plonge dès la première page en pleine Révolution Culturelle, en 1967, où l’on suit le lynchage de Ye Zhetai, professeur de physique, par ses étudiants ainsi que de sa femme et une de ses filles qui ont rejoint les Gardes rouges. On va alors suivre le destin de son autre fille, Ye Wenjie, qui va t’enter de s’exiler pour sauver sa vie, mais qui va être rattrapée par son passé et la lâcheté de certains. Elle va être sauvée et trouvé refuge dans un projet militaire top secret : « Red Coast Base ». En parallèle on va découvrir, en 2007, Wang Miao expert en nanomatériaux qui va voir sa vie basculer le jour ou apparait un compte à rebours qui va lui faire découvrir le jeu vidéo The Three Body Problem qui simule la vie sur une planète qui possède des ères stables et des ères chaotiques. Une fois la dernière page de ce livre tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman. Alors, on est clairement, selon moi, dans un roman de Hard SF, mais que l’auteur construit comme un jeu de piste, un peu comme un récit policier, levant les mystères et offrant des révélations de façon maîtrisée et efficace, tout en offrant de nombreuses réflexions. Alors le démarrage pourra peut-être s’avérer un peu lent pour certains, mais il a son importance.

Rien que les premiers chapitres suffisent, je trouve, à rendre ce roman intéressant, nous plongeant avec effroi et de façon percutante et glaciale au milieu de la Révolution Culturelle chinoise. J’en avais bien sûr déjà entendu parler, mais là je trouve qu’on est pris par cette période à la fois sombre et sanglante. On y découvre aussi une idéologie politique et un jeu de manipulation du pouvoir, qui n’est pas sans en rappeler d’autres et qui continue aussi à faire écho avec notre société actuelle, certes tout de même dans une moindre mesure. Enfin je l’espère. Le roman nous offre aussi une vision de la Chine, pays que finalement je ne connais qu’à travers ce qu’on m’en dit ainsi que par les médias. On découvre ainsi un pays qui s’isole complètement lors de cette révolution, qui rejette tout ce qui peut venir du mode capitaliste et de l’ennemi, où toutes les connaissances considérées comme venant de l’Est ou qui sont contre le socialisme chinois sont bannies et punies. C’est un pays qui va devoir attendre les années 70-80 pour commencer à s’ouvrir à nouveau. La partie contemporaine nous dévoile ainsi une Chine qui oscille entre tradition et modernité, à la recherche d’une nouvelle identité culturelle et scientifique. Cela ne veut pas dire que le pays est devenu un paradis, loin de là, mais on découvre une Chine en pleine évolution, en plein changement, mais qui reste aussi par certains aspects très traditionnel, limite parfois désuet. On oscille ainsi entre ville très développées et des villages ruraux qui ne possèdent pas grand-chose.

On plonge aussi ici dans un roman de science-fiction qui met clairement le mot science en avant, qui tend même vers le Hard Science, sans non plus se révéler trop ardu ou trop compliqué. Cixin Liu propose ainsi de nombreux concepts scientifiques existants captivants à découvrir et rigoureux, même dans le monde virtuel étrange que l’on découvre ; le problème à trois corps étant lui-même un problème mathématique connu. Le gros point fort, je trouve, vient de la façon dont l’auteur arrive à les intégrer dans son récit, à les rendre compréhensible et accessible au plus grand nombre, sans non plus tomber dans des notions trop complexes ou trop lourdes, surtout que l’ensemble est contrebalancé par le rythme lié à l’enquête, aux nombreux mystères qu’on découvre et aux trahisons qui se dévoilent. La simulation du Problème à Trois Corps offre aussi un plus au récit je trouve, avec tout ce travail sur cette planète virtuelle, la survie, l’aspect scientifique et économique qui change et offre un point de vue complètement différent. Un travail scientifique plein d’imagination et d’émerveillement qui s’avère accrocheur et prenant. Enfin l’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir des réflexions et des questionnements moraux efficaces et intéressants. Outre par la découverte de la Chine et des conséquences de la Révolution Culturelle, dont j’ai déjà parlé, il nous fait réfléchir aussi comme par exemple sur la notion de science et de religion, sur la notion d’humanité et ce côté sans avenir que l’on voit de plus en plus s’imposer, ou bien encore sur la notion de choix.

Concernant les personnages, je dois bien admettre qu’il s’agit peut-être, pour moi, du point faible du roman. Déjà mis à part les deux héros que sont Ye Wenjie et Yang Miao, qui s’avèrent être des protagonistes denses, complexes et travaillés dans leurs histoires et leurs passés, les autres personnages que l’on découvre manquent quand même un peu de profondeur. Ça ne veut pas dire qu’ils « sonnent » creux pour autant, mais voilà on sent qu’ils ne sont présent que pour permettre à un moment ou un autre à faire avancer l’intrigue et qu’au-delà de cela il est compliqué de les faire exister. Shi Qiang sort bien du lot, offrant un point de vue moins scientifique et plus terre-à-terre intéressant, mais son sixième sens qui tend régulièrement vers le Deus Ex Machina m’a un peu frustré. Ce n’est en rien complètement bloquant, on se laisse quand même porté par leurs aventures, mais voilà c’est un peu dommage. Autre point frustrant l’aspect émotionnel des différents personnages qui est assez limité. J’avais l’impression de lire un roman de SF de l’époque des Asimov ou Heinlein, où la science et l’intrigue sont clairement le point d’orgue du récit, hors c’est dommage car on a du mal alors à s’attacher complètement aux différents héros. Il y a bien quelques scènes plus profondes comme ce qui tourne autour du suicide de la fille de Ye Wenjie, mais elles sont trop rares pour faire disparaitre cette petite distance entre le lecteur et le personnage.

L’ensemble est porté par une plume que j’ai trouvé efficace, entraînante et soignée qui a fait que je me suis retrouvé plongé facilement dans ce roman que j’ai eu du mal à le lâcher. Si le côté un peu hard science vous dérange alors il vaudrait peut-être mieux passer votre chemin par contre. Alors certes tout n’est pas parfait, des défauts se font parfois ressentir et on est clairement dans un tome d’introduction où la révélation finale réussie, surprenante et captivante offre clairement l’ouverture pour la suite, mais j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce récit qui nous offre, je trouve, un grand roman de SF qui marque. Je lirai la suite avec grand plaisir en espérant qu’elle soit du même niveau.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre un récit de Hard SF abordable, efficace, prenant et offrant quelques réflexions intéressantes. On alterne ainsi entre la Chine en pleine révolution culturelle et une Chine contemporaine qui nous fait découvrir un peu l’évolution de ce pays, comment elle s’est refermée sur elle-même dans le sang et s’ouvre difficilement depuis quelques années, oscillant entre modernité et tradition. On y apprend aussi plus sur la culture de ce pays ainsi que tout ce qui concerne l’aspect social. Cixin Liu nous offre alors une enquête efficace, pleine de mystère et qui se situe dans le milieu de la science. On est ainsi dans un récit de Hard Science, mais qui reste tout de même assez facilement compréhensible et abordable tant il intègre parfaitement ses explications au récit sans jamais l’alourdir. Les nombreux concepts scientifiques sont réalistes et permettent à l’auteur d’apporter son imagination et une bonne dose d’émerveillement au récit. Concernant les personnages je suis un peu plus circonspect, les deux héros sont complexes et travaillés, mais les personnages qui gravitent autour manquent quand même de profondeur. De plus il manque un aspect émotionnel, je trouve, qui les aurait rendu attachants. Un peu comme les romans d’il y a quelques années qui mettaient plus en avant l’intrigue et le côté scientifique que l’attachement aux héros. La plume de l’auteur est soignée, entraînante et efficace et je me suis laissé porter facilement par l’histoire. Certes on est clairement dans un tome d’introduction, mais une très bonne introduction. La conclusion est percutante, efficace et je lirai la suite sans soucis

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lutin82, Apophis, Lune, Xapur, Lorhkan, Yogo, RSF Blog, …

Terra Ignota Book 1, Too Like The Lightning – Ada Palmer

Résumé : Mycroft Canner is a convict. For his crimes he is required, as is the custom of the 25th century, to wander the world being as useful as he can to all he meets. Carlyle Foster is a sensayer–a spiritual counselor in a world that has outlawed the public practice of religion, but which also knows that the inner lives of humans cannot be wished away.
The world into which Mycroft and Carlyle have been born is as strange to our 21st-century eyes as ours would be to a native of the 1500s. It is a hard-won utopia built on technologically-generated abundance, and also on complex and mandatory systems of labeling all public writing and speech. What seem to us normal gender distinctions are now distinctly taboo in most social situations. And most of the world’s population is affiliated with globe-girdling clans of the like-minded, whose endless economic and cultural competition is carefully managed by central planners of inestimable subtlety. To us it seems like a mad combination of heaven and hell. To them, it seems like normal life.
And in this world, Mycroft and Carlyle have stumbled on the wild card that may destabilize the system: the boy Bridger, who can effortlessly make his wishes come true. Who can, it would seem, bring inanimate objects to life…

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : On continue dans les chroniques de mes lectures de romans liés à mon challenge personnel qui m’a ainsi permis de voter pour le prix Hugo du meilleur roman de l’année. Il s’agit, si je ne me trompe pas, du premier roman classé dans la catégorie Imaginaire de l’auteur, qui a plutôt publié avant cela des travaux historiques sur la renaissance C’est donc une totale découverte pour moi. Concernant l’illustration de couverture, je la trouve clairement réussie et elle donne envie de plonger dans le livre.

Ce roman nous plonge dans un avenir lointain, le récit se situant en 2424, où l’on se retrouve à suivre Mycroft Canner, un célèbre criminel qui pour expier sa faute doit de proposer ses services à quiconque qui le demande en échange de sa nourriture. Cela l’a amené à aider Bridger, un jeune garçon qui a le pouvoir de donner littéralement vie à ce qu’il souhaite. Sauf que voilà le vol d’une liste, qui pourrait remettre en cause le système politique en place, va aussi amener Mycroft à mener l’enquête ce qui va amener de nombreux bouleversements. Franchement, je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre, même si certains points m’ont tout de même légèrement dérangé. L’intrigue s’avère entraînante, offrant de nombreux mystères ainsi que sont lot de révélations, de rebondissements et de surprises.

Déjà il faut le savoir, Ada Plamer nous propose un roman qui brise d’une certaine façon le quatrième mur, puisqu’il s’agit de Mycroft, le héros, qui nous écrit  l’histoire, il sait qu’il va être lu et par conséquent il interagit avec le lecteur en lui parlant, lui expliquant son procédé d’écriture et son époque. Cela peut surprendre, mais j’ai trouvé que cela offrait aussi une narration plus prenante, premièrement par le fait que le récit n’étant pas omniscient on est obligé de croire ce qui nous est raconté. Ensuite, il est clairement précisé que ce récit a été validé par les sept, ce qui rajoute encore une couche de doute et de réflexion. La narration offre ainsi quelque chose d’intéressant, à la fois confidente, complice avec nous, mais plus on avance plus les secrets sont révélés plus on commence alors à se questionner aussi bien sur le narrateur, sur l’univers développé, mais aussi par les nombreux changements survenus dans ce futur. Je prends comme exemple l’utilisation des pronoms genrés qui ne sont plus utilisés en 2424, mais que pourtant le narrateur pour éviter de nous perdre, essaie d’utiliser.

C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman pour moi, l’univers. Ada Palmer nous propose un futur complètement différent, original et qui pourtant y trouve ses racines dans notre présent. On y retrouve ainsi une union européene, un roi d’Espagne, etc …. et pourtant tout est divergent, le pouvoir n’appartient plus aux différents pays, mais plutôt à différents groupes ou factions, qu’ils soient classiques comme l’union Européenne, où bien encore certaines familles influentes, mais aussi surprenantes comme cette nation basée sur le volontariat. Chaque zone de pouvoir à ses règles, ses lois, sa propre vision du monde et de l’avenir et pourtant cela ne les empêche pas de cohabiter d’une façon pacifique qui se base sur les échanges. On sent clairement que tout cela n’est pas arrivé facilement, il a fallu de nombreux évènements catastrophiques obscurs et de nombreuses guerres pour qu’un tel avenir puisse prendre forme. Le récit donne aussi l’impression de plonger dans une Utopie tant le taux de criminalité parait extrêmement faible et les délits graves quasiment disparu, sauf que plus on avance plus on se rend compte que cette Utopie a ses failles et caches des secrets. On plonge dans un univers complexe, dense qu’on sent que l’auteur travaille depuis un certains temps et qu’elle a réussi à lui donner vie et à le rendre cohérent.

Il m’est d’ailleurs compliqué de parler de cet univers sans trop en dire et sans non plu trope vous perdre dans une chronique qui deviendrait rapidement trop longue. Pourtant il s’agit d’un univers qui donne envie d’en apprendre plus, ne jouant pas sur le surplus d’information pour noyer le lecteur, mais en montrant clairement les choses au fur et à mesure des évènements. Certes au début on peut se sentir un peu perdu dans ce monde, mais plus on le découvre, plus on le comprend plus, je trouve, qu’on se laisse porter par lui. Il donne clairement envie d’en apprendre plus, surtout qu’il est loin de s’être complètement dévoilé et garde encore de nombreux mystères à offrir. On se rend aussi compte que malgré cette croyance de perfection et d’idéal cet avenir montre aussi une certaine ambiguïté, un visage caché moins parfait, plus pervers qui offre une complexité supplémentaire à l’ensemble.

Même les religions ont changé, on le voit clairement avec le fait que les religions sont maintenant interdites et que tout ce qui concerne l’aspect spirituel passe par les Sensayer. Dieu est ainsi mis de côté pour un travail plus psychologique et métaphysique des questions d’ordres morales et spirituelles. Les technologies aussi ont avancé, ont changés et même elles restent classiques pour un lecteur habitué, elles paraîtront peut-être parfois un peu obscur pour quelqu’un qui voudrait se lancer dans la SF avec ce roman. Enfin je trouve, comme dans d’autres romans nominés cette année aux Hugo, que l’univers mélange les genre avec cet aspect futuriste que ce soit dans la technologie, la société ou encore la politique, mais en parallèle il y a de la magie avec Bridger.

Autre point intéressant du roman vient des nombreuses réflexions et questions, justement philosophiques, que soulève Ada Palmer tout du long. De nombreux philosophes sont ainsi cités, en grande majorité français d’ailleurs, comme Diderot, Sade ou bien encore Voltaire. Cela peut clairement en déranger certains, les points étant fortement débattus, mais j’ai trouvé cela très intéressant et surtout s’intègre parfaitement dans le récit et la narration. Il y a aussi de nombreuses autres réflexions, que ce soit sur la censure, la sexualité l’importance de la technologie dans notre vie, la façon dont on traite les prisonniers, l’avenir de notre planète, mais aussi la notion de genre qui est très présente. En effet comme je l’ai dit la narration nous montre que dans le futur les pronoms genrés n’existent plus, pourtant le narrateur fait l’effort d’en utiliser, mais au fur et à mesure qu’on avance dans le récit on se rend compte qu’il mélange les genres souvent en fonction des situations. Cela perturbe, dérange même parfois dans la fluidité, mais montre clairement, je trouve, que cela importe peu sur le charisme et l’important de tel protagoniste. Que je le prenne pour un garçon ou une fille cela ne le rend pas moins intéressant à suivre et à découvrir. Alors parfois, c’est vrai, elle en fait peut-être un peu trop, mais bon rien de bien dérangeant. L’auteur nous offre aussi une réflexion intéressante sur la notion de groupe, de famille avec les Bash’ qui ne reposent pas obligatoirement sur la notion de lien génétique, mais plus sur des choix et des acceptations.

Concernant les personnages, j’avoue, ils ont clairement un côté étrange. Tous autant qu’ils sont, ils sont loin de rentrer dans les normes que l’on connait et pourtant avec moi cela a fonctionné. Je me suis ainsi facilement laissé porter par eux, par leurs évolutions au fil des pages. Plus on les découvre, plus, je trouve, ils surprennent dans leurs actes, leurs envies ou encore leurs motivations. Certains donnent aussi l’impression de dégager une certaine folie qui peut bloquer, mais qui est contrebalancé par la capacité de l’auteur à les rendre intéressants et charismatiques. Le personnage le plus ambigu, c’est Mycroft le narrateur. Il arrive clairement à allier le héros attachant et entraînant, avec le héros plus sombre et dérangé. Plus on le découvre au fil du récit plus on se rend compte qu’il est loin d’être le chevalier blanc et qu’il possède une part sombre, voir même très sombre. Pourtant, je me suis laissé porté par lui, par son histoire, par l’envie de le comprendre, de comprendre ses motivations et de voir ce qu’il cherche à obtenir. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, offrant des protagonistes solides, voir mystérieux qui donne envie d’en apprendre plus sur eux par la suite comme J.E.D.D. Mason.

Alors après, malgré toutes les qualités que possède ce livre, certains points m’ont quand même légèrement dérangé. J’ai trouvé le démarrage du roman peut-être un peu trop dense, il donne énormément d’informations et présente pas mal de personnages en peu de pages, ce qui fait qu’il y a énormément à assimiler. Parfois je me suis ainsi senti légèrement perdu. Ensuite j’ai trouvé que l’auteur en faisait parfois un peu trop, cherchant un peu trop à travailler la construction au profit du rythme et de l’émotion. J’ai aussi trouvé les passages où Mycroft fait parler le lecteur frustrants, car finalement pas en accord avec mon questionnement justement. Que le narrateur parle au lecteur cela apporte un plus ici, que le narrateur fasse parler le lecteur c’est à double tranchant et ça ne marche pas toujours. Enfin Ada Palmer, dans son univers futuriste, ramène le Latin comme langue vivante. Pourquoi-pas ! L’idée n’est pas mauvaise, par contre un chapitre entier où tous les dialogues sont en latin (traduit en anglais entre parenthèse à côté) j’ai trouvé cela un peu lourd, voir un peu trop théâtral. Après rien de non plus bloquant tant je me suis laissé porter par l’intrigue et l’univers. La plume est dense, soignée, entraînante et je lirai la suite qui est sortie il y a quelques mois sans soucis et avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un avenir lointain complètement différent, étrange, original et entraînant. On sent ainsi clairement que l’auteur maîtrise son univers, qui s’avère du dense, complexe et captivant. Que ce soit à travers l’aspect politique, l’aspect social, les religions, ou encore les langues beaucoup de choses ont changés, et pourtant l’ensemble reste lié à notre présent ce qui rend l’ensemble encore plus prenant. Elle nous offre aussi de nombreuses réflexions, ainsi qu’un travail philosophique un minimum soigné qui en dérangera peut-être certains mais qui, j’ai trouvé, s’intégrait parfaitement bien dans le récit. Elle questionne ainsi le lecteur sur la sexualité, la famille, la notion de genre, la politique etc… L’intrigue est efficace, bien porté par révélation et rebondissements, offrant de nombreux mystères et donnant envie d’en apprendre plus. Les personnages sont vraiment intéressants à découvrir, s’avérant étranges, entraînants et prenants. Mycroft sort vraiment du lot, tant on s’attache un minimum à lui, mais plus on le découvre plus on se rend compte qu’il se révèle ambigu. Alors après tout n’est pas parfait le démarrage m’a paru trop dense, j’ai trouvé que par moment l’auteur en faisait un peu trop, ensuite le narrateur brise le quatrième mur et parle au lecteur sauf que quand il fait parler le lecteur je n’ai pas toujours accroché, enfin les dialogues en latins traduit m’ont paru un peu lourds et théâtraux. La plume de l’auteur est entraînante, dense et soignée et je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 8/10

The Machineries of Empire Book 1, Ninefox Gambit – Yoon Ha Lee

Résumé : Captain Kel Cheris of the hexarchate is disgraced for using unconventional methods in a battle against heretics. Kel Command gives her the opportunity to redeem herself by retaking the Fortress of Scattered Needles, a star fortress that has recently been captured by heretics. Cheris’s career isn’t the only thing at stake. If the fortress falls, the hexarchate itself might be next.
Cheris’s best hope is to ally with the undead tactician Shuos Jedao. The good news is that Jedao has never lost a battle, and he may be the only one who can figure out how to successfully besiege the fortress.
The bad news is that Jedao went mad in his first life and massacred two armies, one of them his own. As the siege wears on, Cheris must decide how far she can trust Jedao–because she might be his next victim.

Edition : Solaris

 

Mon Avis :  Je suis toujours plongé dans mes chroniques des livres lus dans le cadre de mon mini challenge qui m’a permis de voter pour le meilleur roman nominé aux Hugo Awards. Cette fois je me lance dans le premier roman de Yoon Ha Lee, auteur que je ne connaissais pas du tout avant de me plonger dans ce livre, malgré plusieurs nouvelles publiées dans différents magazines anglophones. Concernant l’illustration de couverture, je la trouve plutôt jolie et elle met directement dans l’ambiance. Il est à noter que ce roman a déjà gagné le prix locus du premier roman.

Alors autant être clair dès le départ, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman, pourtant je dois bien admettre que les deux, trois premiers chapitres ont failli avoir de raison de moi. Attention, je ne veux pas dire par là qu’ils soient mauvais ou bien mal écrits, loin de là, mais l’histoire nous plonge directement dans son univers sans nous donner aucune explication. C’est bien simple le premier chapitre est à lui seul représentatif du sentiment déstabilisant que j’ai ressenti à travers ses règles, ses lois scientifiques, ses clans et sa technologie. Pourtant, j’ai décidé de laisser une chance à ce récit et j’ai bien fait, car peu à peu les choses se dessinent, l’intrigue prend forme, une logique se dessine et le lecteur trouve ses marques avec l’univers. Finalement, ce que je prenais pour un point bloquant, dévoile ses atouts, se basant sur le fait qu’on ne plonge pas toujours dans un nouveau lieu guide et clé en main. Il faut parfois un temps d’adaptation. J’avoue le fait de ne pas trop me tenir la main et me pousser à faire mes propres déductions et mes propres analyses pour comprendre cet univers ont aussi joué fortement dans le côté captivant et entraînant du roman, surtout que l’auteur le fait de façon maîtrisé, sans jamais chercher à embrouiller le lecteur plus qu’il l’est déjà.

Mais qu’à-t-il de si étrange cet univers ? Déjà sur le fond il peut paraître classique, on est ainsi dans un monde gouverné par l’Hexarcate, qui cache de nombreux jeux de pouvoirs et qui doit aussi faire face à des hérétiques rebelles. La forteresse de Scattered Needles est d’ailleurs tombée récemment aux mains des rebelles et, pour la récupérer, l’Hexarcate envoie la capitaine Kel Cheris la reconquérir. Jusque-là tout va bien, maintenant imaginer un univers où les lois, l’ensemble des règles qui le définisse ne sont pas immuables, mais sont plutôt basés sur les mathématiques, la cohérence des schémas et aussi les croyances. Imaginez un monde où tant que l’orthodoxie de l’Hexarcate est présente et accepté par la majorité, les technologies fonctionnent, mais où dès que l’hétérodoxie rebelle prend le dessus alors tout est bouleversé. Imaginez un univers où la science et les technologies sont basées sur la manipulation des nombres et l’observation d’un calendrier. La puissance repose ainsi clairement sur l’acceptation et la croyance de tous. On plonge ainsi clairement, selon moi, dans un univers de science-fantasy où la magie est mathématique. Fun et original je trouve, mais qui pourrait peut-être en bloquer plus d’un.

Alors attention, même si je parle de mathématiques, on n’est pas obligatoirement dans de la hard SF, l’ensemble restant ainsi expliqué de façon très simple, claire, succincte, accessible et qui surtout ne tombe jamais dans le côté lourd ou dans l’envie de trop en faire. Cela rend ainsi l’univers assez facilement accessible je trouve, une fois qu’on en a compris les bases, et on se retrouve assez rapidement emporté et fasciné dans la façon dont l’auteur « s’amuse » avec, mais aussi dans l’attente de voir ce qu’il va nous proposer par la suite. L’autre point fort et qu’il rend la logique de son univers sans chercher à expliquer en profondeur le pourquoi comme le système de calendrier ou encore certaines technologies. Il arrive à rendre ses idées réelles et cohérentes dans son univers pour qu’on les accepte sans qu’on cherche à en disséquer leurs existences ce qui démontre une maîtrise du récit qui fait qu’on se laisse facilement emporter. L’aspect politique s’avère aussi captivant à suivre, complexe, avec de nombreux jeux de pouvoirs que ce soit aussi bien en interne de l’hexarcate qu’en externe avec cette guerre contre les hérétiques. Après on est clairement dans un roman de SF militaire, qui est construit de façon un peu classique et même si certains passages sont un peu linéaire, Yoon Ha Lee nous offre rebondissements et surprises de façon maîtrisée et percutante. Un véritable jeu d’échec s’installe où il n’est pas toujours facile de connaître les véritables motivations de tous. Je me suis ainsi retrouvé à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus.

Pour mener cette guerre Cheris va demander à ce que soit ressuscité le célèbre général Shuos Jedao qui est connu pour être un génie et n’avoir jamais perdu une bataille, mais aussi pour être un meurtrier de masse ayant permis la mort de deux armées dont la sienne. Sauf qu’on est dans un monde où on ne ramène pas les morts à la vie, on implante plutôt l’esprit de Jedao dans la tête de Cheris. Et là aussi l’idée fonctionne très bien. Pourtant les deux personnages sont finalement assez classiques, Cheris surdouée mais humaine qui doit tout faire pour aider le pouvoir tout en sachant qu’elle peut tout perdre, Jedao héros cynique, mystérieux et froid possédant un passé lourd et ombrageux, pourtant l’auteur arrive à les rendre passionnants non pas à travers ce qu’ils sont, mais dans la façon dont il construit leurs relations, dont il fait avancer leurs interactions et les fait évoluer. On est ainsi happé par leurs différences, par la façon dont ils vont la gérer, mais aussi par les révélations qu’ils vont devoir faire pour mieux se comprendre. On s’attache à Cheris qui se retrouve coincé dans un étau de complots, sans alliés ne pouvant se fier à un traitre comme Jedao, et qui va se retrouver à devoir faire des choix parfois drastiques et sombres pour tenter de continuer à survivre. Une relation à la fois complémentaire et pourtant si différente de deux héros aux points de vues proches mais aux méthodes opposés. De cette relation va aussi voir apparaître les prémices du fil rouge du cycle dont je ne dis rien, mais que je vous laisse découvrir. Concernant les personnages secondaires ils se révèlent eux aussi intéressants que ce soit dans leurs relations avec le pouvoir, leurs croyances, leurs envies, même si je trouve que certains auraient quand même mérité d’être plus développés.

Alors après c’est vrai que certains passages m’ont paru un peu linéaires et certaines transitions un peu convenues, mais franchement rien de bien dérangeant tant j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman, bien porté par une plume efficace, vive et entraînante qui fait que, malgré un démarrage laborieux une fois rentré dans le récit j’ai eu du mal à le lâcher. Je lirai sans soucis la suite qui m’attends d’ailleurs dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce récit qui nous offre un récit de SF militariste que j’ai trouvé efficace, percutante, prenante et originale, malgré c’est vrai 2 ou 3 premiers chapitres un peu laborieux. Il faut dire que le roman nous plonge directement dans son univers étrange sans nous préparer. Mais voilà au final ce que j’ai trouvé dérangeant devenait de plus en plus un point fort du récit, amenant un aspect découverte différent, me laissant faire mes propres explorations. L’univers présenté peut paraitre étranger et perturbant, se reposant sur les mathématiques, les croyances et un calendrier millimétré, mais que j’ai trouvé originale et captivant. Ainsi toute modification dans l’orthodoxie existante amène ses bouleversements dans les lois de ce monde, ce qui permet clairement à l’auteur de « s’amuser ». J’ai trouvé cela fun et original, même si je ne doute pas que certains pourront être bloqués. L’ensemble est aussi finalement bien amené, offrant une construction cohérente et logique sans trop se perdre dans les détails et les explications. Les personnages peuvent paraitre classiques aux premiers abords, mais c’est surtout dans leurs interactions, leurs appréhensions et leurs évolutions qu’ils vont peu à peu nous happer dans leurs aventures. Les personnages secondaires ne manquent pas d’attraits, même si je trouve que certains auraient mérité d’être plus développés.  Après certains passages m’ont paru un peu linéaires et certaines transitions un peu convenues, mais franchement rien de dérangeant. La plume est efficace, entraînante et vive et je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

The Broken Earth Book 2, The Obelisk Gate – N.K. Jemisin

Résumé : THIS IS THE WAY THE WORLD ENDS… FOR THE LAST TIME.
The season of endings grows darker as civilization fades into the long cold night. Alabaster Tenring – madman, world-crusher, savior – has returned with a mission: to train his successor, Essun, and thus seal the fate of the Stillness forever.
It continues with a lost daughter, found by the enemy.
It continues with the obelisks, and an ancient mystery converging on answers at last.
The Stillness is the wall which stands against the flow of tradition, the spark of hope long buried under the thickening ashfall. And it will not be broken.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Après The Fifth Season, premier tome du cycle, qui m’avait offert un excellent moment de lecture (ma chronique ici), je me suis rapidement lancé dans la lecture de cette suite, The Obelisk Gate qui est nominée aux Hugo Awards de cette année. J’avoue que j’avais hâte de savoir ce qu’allait proposer l’auteur dans ce second tome. Concernant l’illustration de couverture elle est dans la même lignée que le premier tome et je la trouve sympathique. Alors par contre, je vous préviens tout de suite, je pense que je vais devoir spoiler le premier tome donc évitez peut-être de vous lancer dans la lecture de cette chronique avant d’avoir lu le précédent roman.

On avait quitté à la fin du premier tome Essun qui, a défaut d’avoir pu retrouver sa fille et se venger de son mari, avait été accueilli au sein d’une communauté qui cherche à vivre de façon égalitaire avec les orogènes. Elle y avait aussi retrouvé Albaster, très mal en point, qui lui avoue que c’est lui qui a lancé la dernière grande catastrophe qui a plongé la terre dans cette nouvelle saison apocalyptique et qui lui demande de poursuivre son œuvre qui aurait un but plus grand. Alors que dire de ce second tome. Il ne manque clairement pas de qualités et se révèle encore plus dense, je trouve, que le premier tome à travers les nouveaux personnages présentés ou bien encore dans les développements de l’intrigue. Pourtant, je dois bien admettre que j’ai trouvé ce second tome un chouïa moins prenant que le précédent, souffrant très légèrement de la malédiction du second tome qui fait qu’il m’a paru un peu trop attentiste à certains moments histoire de garder encore plus de mystères pour la suite. Cela n’empêche pas pour autant l’intrigue de gagner en intérêt et en complexité, principalement avec le développement de personnages secondaires absents du premier tome comme Schaffa ou encore Nassun la fille d’Essun.

Concernant l’univers, même s’il perd un peu de son aspect nouveauté, il reste franchement captivant à découvrir et surtout il gagne encore un peu en densité dans cette suite tout en offrant quelques révélations sur les buts de certains camps. Je trouve que ce tome joue aussi plus sur les genre, donnant l’impression que ce monde à l’agonie pourrait être un avenir possible du nôtre. L’insouciance de l’Homme aurait-elle amené peu à peu le monde à sa perte, rien n’est clairement défini, l’auteur restant exprès dans le flou, mais en tout cas ce doute questionne le lecteur, comme par exemple sur l’idée de ce que nous faisons de notre planète. On en apprend aussi un peu plus sur la conséquence de ces instabilités géologiques, sur les obélisques, mais aussi sur les orogènes, les Stone Eaters et leur importance. Les pions se mettent en place et Essun va devoir faire un choix, entre devoir apprendre le maximum d’Alabaster pour tenter un dernier geste de folie et de génie ou bien simplement retrouver sa fille dans une quête de pardon et de vengeance.

L’univers présenté s’avère aussi encore un peu plus sombre. Il faut dire qu’il va entrer dans une ère obscure, une des plus longues saisons ou l’humanité n’est pas sûre de s’en sortir au vu des dernières prévisions. Cela exacerbe obligatoirement les tensions, mettant hors-jeu toutes les règles qui existaient et offraient un vernis de moral, pour ne se concentrer que sur la survie. Les communautés doivent donc se souder, mais ne peut empêcher les guerres d’autres communautés jalouses ou moins préparés, les pillages et le conflit liés aux dernières ressources. Mais même en interne des tensions ne peuvent qu’apparaitre, il faut que tout le monde œuvre pour la survie de la communauté sinon des choix devront être fait. La politique évolue donc vers quelque-chose de plus centré sur les congrégations et aussi plus directe, plus vraiment de lois, mais des choix à prendre et parfois rapidement. C’est ce que va découvrir Essun qui va surtout devoir faire face à de nombreux péripéties et parfois devoir entrer en conflit pour mieux avancer même si elle ne souhaiterait finalement que vivre une vie paisible.

Le récit nous pousse ainsi à nous questionner, nous offrant des réponses à des actes et des actions menés par certains tout en nous faisant réfléchir sur les choix que l’on aurai pu faire à leur place. Il nous questionne aussi, d’une certaine façon, sur quels sont nos réponses à une planète qu’on laisse s’éteindre de plus en plus vite, d’année en année et dont on préfère peut-être croire des faits alternatifs. Tout du moins c’est ce que m’a fait ressentir ce roman. Mais la réflexion principale vient clairement de cette notion de discrimination des orogènes, qu’on ressent principalement au niveau de la narration qui tourne autour de Nassun et surtout de sa relation étrange avec son père qui la pousse à changer, à abandonner sa différence, ce qu’elle est, pour le simple fait de la rendre comme les autres et ainsi pouvoir l’aimer à nouveau. C’est abject, mais pourtant ça sonne tellement juste et on peut y trouver de nombreux parallèles avec notre société. Alors oui, l’auteur nous propose un récit plein de réflexions, engagé, mais elle le fait de façon raisonnée et intelligente ce qui rend l’ensemble encore plus saisissant à mon avis.

Concernant les personnages, ils s’avèrent toujours aussi denses et intéressants à découvrir et surtout ils doivent évoluer, faire des choix devant un monde en plein bouleversement. J’avais un peu peur que des nouveaux protagonistes principaux viennent diluer l’intérêt du récit et pourtant, même si le démarrage casse un peu le rythme je trouve, ils viennent s’insérer de façon plus qu’efficace dans le récit. Schaffa et Nassun viennent ainsi offrir une nouvelle vision de l’intrigue, de ce monde et, en plus de s’avérer être des personnages intrigants, entrainants et soignés, ils apportent ainsi quelque chose de neuf, de différent. Essun, elle, nous happe facilement par les changements auxquels elle va devoir faire face, elle va devoir apprendre rapidement et surtout s’imposer dans ses actes. Sa relation avec Albaster est toujours aussi intense et percutante. Mais surtout ce qui se démarque c’est la diversité des personnages présentés, chacun d’entre eux ayant une personnalité et une vie propres. L’intrigue voit aussi les fils rouges s’éclaircir, les « clans » se dessinent peu à peu et les objectifs des uns et des autres deviennent ainsi plus claires. Les pièces se mettent doucement en place et on a l’impression de voir commencer à se dessiner les choses, même si de nombreux mystères restent encore voilés.

Alors après, comme je l’ai dit, on sent un peu que ce roman est un second tome, comme par exemple dans le rythme qui se veut par moment légèrement attentiste, ainsi que dans certaines révélations qui prennent un peu trop leur temps je trouve. Il n’y a rien de franchement bloquant là-dedans, mais cela m’a donné l’impression d’un second tome un petit peu moins prenant que le premier. J’ai tout de même passé un très bon moment de lecture avec ce roman, toujours porté par une plume efficace, soignée et entrainante. A noter aussi que la narration à la seconde personne prend tout son sens dans ce second tome. Je pense me lancer rapidement dans le troisième tome qui devrait sortir en VO le 15 août 2017.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec la suite de ce cycle, malgré le fait que je l’ai trouvé un peu moins prenant que le premier. Oh rien de très dérangeant, mais il subit un peu la malédiction du tome deux, avec sur certains aspects un sentiment attentiste peut-être un chouïa trop poussé. Cela n’empêche pas pour autant l’univers de gagner en densité et intérêts, les fils rouges commencent à se révéler, les camps à se dévoiler ainsi que les buts de chacun. Le monde dévoilé continue à jouer, je trouve, avec les genres et les lecteurs , mais surtout il continue à nous faire réfléchir sur de nombreux points que ce soit dans la façon dont nous voyons notre terre, mais aussi sur le rejet des différences principalement à travers la narration sur Nassun qui ne laisse pas indifférente. Concernant les personnages ils continuent à se développer à se densifier et l’arrivée des nouveaux protagonistes principaux vient apporter quelque-chose de neuf. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et leur diversité vient aussi apporter un plus à l’ensemble. Les héros vont devoir faire des choix dures, dans un univers sombre et sans pitié et on se retrouve facilement happé par ce récit. Au final même si sur certains aspects le côté attentiste se fait ressentir, ce second tome m’a tout de même fait passé un très bon moment de lecture bien porté par une plume efficace, soignée et entraînante. Je lirai la suite, qui sortira en VO le 15 août 2017, avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

The Broken Earth Book 1, The Fifth Season – N.K. Jemisin

Résumé : This is the way the world ends…for the last time.
A season of endings has begun.
It starts with the great red rift across the heart of the world’s sole continent, spewing ash that blots out the sun.
It starts with death, with a murdered son and a missing daughter.
It starts with betrayal, and long dormant wounds rising up to fester.
This is the Stillness, a land long familiar with catastrophe, where the power of the earth is wielded as a weapon. And where there is no mercy.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Je continue de me lancer dans les chroniques des lectures liées aux Hugo Awards, de cette année pour lesquels j’ai voté pour la catégorie meilleur roman. Cette fois je me lance dans la nouvelle trilogie de N.K Jemisin : The Broken Earth. L’auteur ne m’est pas inconnue (contrairement aux autres auteurs nominés dont je n’avais encore rien lu), puisque je m’était laissé emporté dans sa Trilogie de l’Héritage (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3) qui m’avait offert un excellent moment de lecture. Concernant l’illustration de la couverture je la trouve très sympathique. À noter que ce roman à gagné par le prix Hugo 2016 du meilleur roman.

Ce roman nous plonge sur une terre instable, traversée régulièrement par des mouvement géologiques plus ou moins importants et mortels. Des villes entières peuvent ainsi disparaitre. Les Hommes tentent d’y survivre comme ils peuvent, dans l’attente d’une nouvelle grande catastrophe qui remettra tout en cause et ouvrira une nouvelle saison. On se retrouve ainsi à suivre trois fils de narration, à travers trois femmes : Essun, Damaya et Syenite qui sont toutes le trois des orogènes. Les orogènes sont des gens capables de manipuler les forces géologiques, mais voilà ils sont loin d’être appréciés. Je dois admettre qu’une fois la dernière page tournée j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce premier tome. N.K. Jemisin nous offre une introduction captivante à son nouveau cycle, que ce soit dans l’univers qu’elle construit, dans les personnages que l’on découvre, mais aussi dans les nombreuses questions qu’elle soulève. Pour moi ce roman est à la fois percutant, sombre, fort, touchant et intelligent, tout en se révélant juste et maîtrisé. L’auteur nous offre aussi un travail sur la narration assez étrange, puisque celle qui concerne Essun est à la deuxième personne, qui pourra peut-être en déranger certains, mais que j’ai trouvé pourtant prenante. D’ailleurs je me demande comment va s’en sortir le traducteur avec le choix entre le tu et le vous.

Concernant l’univers qui est présenté, l’auteur, je trouve, nous propose quelque-chose d’original, où la magie est aussi liée aux « catastrophes » de ce monde et où tout repose sur la géologie et les mouvements tectoniques. Franchement je trouve l’idée de base intéressante et l’auteur la développe de façon clairement efficace, soignée et prenante. De plus cette magie repose sur des explications simples et très didactiques, sans jamais en faire de trop ou se révéler trop lourdes. Alors, mes cours de géologie remontent à trop loin pour que je propose une comparaison scientifique, mais en tout cas l’ensemble se fond parfaitement dans l’univers qui est construit et parait logique et cohérent. L’aspect politique et social s’avère aussi intéressants à découvrir, où l’on découvre un monde perpétuellement en survie, où l’on peut disparaitre à tout moment par une catastrophe inattendue. Cela donne l’impression d’être sur un monde en fin de vie où la terre, la nature est devenue le plus grand ennemi de tous. D’ailleurs le fait que Father Earth soit aussi au centre de leur culture n’est pas anodin.

Cela a ainsi fortement impacté l’aspect aussi bien sociologique et politique de ce monde, il a ainsi fallu s’adapter à la dangerosité de ce monde ce qui a obligatoirement amené une certaine disparité entre les zones sûres des zones à risques. Les villes sont ainsi autonomes les unes des autres, pour éviter tout danger de dépendance, tout en maintenant des liens commerciaux. Pourtant cela n’empêche pas un ordre plus grand d’exister comme cette loi en cas de saison qui montre clairement qu’au moindre danger on devient égoïste. Fermeture des villes avec interdiction de sortir, encore moins d’entrer sauf si vous apportez un plus à la communauté, obligation à tous d’œuvrer pour la communauté. On découvre ainsi un monde âpre, violent voir sauvage, qui ne laisse pas insensible et nous pousse à nous poser des questions sur la façon dont nous réagirions dans la même situation. Mais le plus fascinant vient des règles qui sont ancrées depuis la naissance, qui ne sont jamais remises en cause, acceptées comme des vérités alors que l’on découvre peu à peu au fil du récit qu’elles ont connu de nombreux changement et de nombreuses variations qui ont été oubliées et effacées. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la notion d’histoire, l’importance des écrits et aussi de les remettre en cause si nécessaire pour se faire son propre avis. En effet pourquoi le faire quand tout est écrit et que, de toute façon, les chances de survivre ne sont pas très grandes.

Cela se ressent ainsi principalement sur tout ce qui concerne les orogènes qui sont clairement considérés comme des monstres par l’ensemble de la population alors qu’ils ont le pouvoir de tous les sauver, mais aussi d’un autre côté de les détruire. A partir de là ils deviennent des rejetés et sont soit tués dans la plus grande impunité, soit envoyés au Fulcrum qui se sert d’eux. On le voit ainsi à travers les trois portraits que nous développe et qu’entrecroise l’auteur. On rencontre ainsi la jeune Damaya qui a subi la haine de sa famille depuis qu’elle a découvert qu’elle était orogène et est envoyée au Fulcrum. Elle espère y trouver une vie plus saine, une famille, mais va se rendre compte que dans un tel monde la souffrance règne. On suit aussi Syenite qui est envoyée en mission avec l’un des plus puissant orogène, Alabaster, mais à qui on ordonne aussi de coucher avec lui pour permettre la naissance de nouveau orogènes puissants. Enfin on découvre Essun qui a découvert que son mari a assassiné son fils lorsqu’il a constaté que celui-ci était orogène et qui se lance à sa poursuite pour sauver sa fille et se venger. Trois portraits de femmes franchement charismatiques, denses, qui ne m’ont pas laissés indifférent se révélant humains, avec leurs forces et leurs faiblesses et devant composer avec un monde qui ne les accepte pas et qui ne manque pas de leur faire savoir. Des femmes qui doivent se défendre, se battre régulièrement pour avoir le droit d’exister. Mais aussi des orogènes qui n’ont d’autres choix que de se soumettre à des règles qui ne sont pas faites pour eux, mais pour le bien des autres. Et au milieu de tout cela, on trouve les Gardiens que je vous laisse découvrir.

Comme je l’ai dit ce roman nous offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit sur la survie, l’amour, la sexualité, notre vision du monde ou bien encore sur l’endoctrinement et notre capacité à trouver la vérité, une vérité qui nous convient. C’est, je trouve, un roman qui ne laisse pas indifférent, et s’avère percutant et travaillé dans les questions qu’il soulève. Une certaine tension se met ainsi en place qui monte au fil des pages, nous happe pour aboutir à une conclusion qui s’avère percutante et pleines de surprises. Le rythme mis en place ne cherche ainsi pas le sensationnel et l’explosif à chaque page, mais ne manque pas d’offrir un récit maîtrisés entre construction d’univers, de personnages et ses rebondissements, ses révélations offrant ainsi de nombreux mystères à peine dévoilés qui nous poussent à vouloir lire la suite. Alors c’est vrai, parfois l’auteur tire peut-être un peu trop en longueur un ou deux passages, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur est soignée, efficace et nous plonge facilement dans ce premier tome qui offre, je trouve, une introduction excellente et intelligente qui me donne franchement envie de lire la suite.

À noter que ce roman sera publié en VF le 6 septembre 2017 aux éditions J’ai Lu Nouveaux Millénaires sous le titre La Cinquième Saison.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre un premier tome intelligent, percutant efficace et qui ne manque pas d’originalité. Déjà l’univers nous plonge sur une terre instable où des mouvements géologiques occasionnent des catastrophes plus ou moins graves. L’humanité se retrouve ainsi continuellement à s’adapter, avec peu de chances de survies. Au milieu de tout cela se trouve les orogènes, magiciens qui peuvent influencer ces mouvements géologiques. Un univers original, qui ne manque pas d’attrait et que l’auteur développe de façon efficace, captivante et maîtrisée. Mais surtout cet univers ne laisse pas indifférent que ce soit dans la façon dont il a évolué, dans son aspect politique comme dans son aspect social. On se retrouve ainsi à réfléchir et à se poser des questions comme par exemple sur les règles, leurs survies ou encore sur les orogènes considérés comme des monstres pour mieux les maîtriser. Cela se ressent dans le destin des trois femmes que l’on suit tout du long, où l’on découvre des héroïnes fortes, charismatiques, humaines avec leurs forces et leurs faiblesses qui doivent faire face à un monde qui ne les comprendre, ne cherche pas à les comprendre et ne les accepte pas. Le récit nous fait aussi réfléchir sur de nombreux sujets comme la notion de choix, l’amour, la sexualité, le rejet de ce qui est différent et d’autres encore et surtout le fait de façon efficace et percutante. La plume de l’auteur est soignée, efficace et même si un ou deux passages m’ont paru un peu long elle nous happe très facilement dans son récit. Une excellente introduction qui donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

All The Birds in the Sky – Charlie Jane Anders

Résumé : Childhood friends Patricia Delfine and Laurence Armstead didn’t expect to see each other again, after parting ways under mysterious circumstances during high school. After all, the development of magical powers and the invention of a two-second time machine could hardly fail to alarm one’s peers and families.
But now they’re both adults, living in the hipster mecca of San Francisco, and the planet is falling apart around them. Laurence is an engineering genius who’s working with a group that aims to avert catastrophic breakdown through technological intervention into the changing global climate. Patricia is a graduate of Eltisley Maze, the hidden academy for the world’s magically gifted, and works with a small band of other magicians to secretly repair the world’s ever-growing ailments. Little do they realize that something bigger than either of them, something begun years ago in their youth, is determined to bring them together–to either save the world, or plunge it into a new dark ages.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : On continue dans mon challenge de lectures concernant le prix Hugo 2017 avec le roman de Charlie Jane Anders. L’auteur est peut être connu de certains, étant la fondatrice du site io9 où elle a longtemps oeuvrer avant de le quitter il y a quelques années de cela pour se consacrer à l’écriture. Elle a aussi gagné le prix Hugo en 2012 pour sa novellette Six Months, Three Days. All The Birds in the Sky est son premier roman et il fait clairement parti des grands favoris pour le prix Hugo, ayant déjà gagné le Crawford award le Nebula Award et le Locus Award. Concernant l’illustration de la couverture, je la trouve très sympathique et efficace.

On plonge ici avec ce récit dans un avenir lointain et indéterminé, où l’on va suivre le destin de Patricia, qui va se découvrir des talents de magicienne et aussi de Laurence qui, lui va se découvrir des talents d’ingénieur et d’inventeur hors du commun. Le récit va ainsi nous proposer dans un premier temps de suivre leurs relations au collège, puis de les retrouver dans une seconde partie dix ans plus tard. Alors j’avoue, une fois la dernière page tournée, il va m’être difficile de vous proposer une chronique. Pas tant car il est mauvais, loin de là vu que j’ai passé un très bon moment avec ce livre, mais qu’il va m’être difficile de le conseiller, vu qu’on est dans le genre de récit qui captive comme il peut aussi bien ennuyer certains. Pour moi tout repose clairement sur deux éléments. Le premier concerne les deux héros, leurs relations et la façon dont elle évolue. Tout ce que construit l’auteur, tout ce monde étrange, toutes ces lignes d’intrigues reposent, cette empathie clairement sur le fait qu’on se laisse emporter ou non par ses personnages. Comme moi s’ils vous touchent, alors je pense que vous devriez apprécier ce roman, ils vous laissent de marbre alors vous allez vite décrocher. Ensuite le second point, vient de cet aspect étrange qui se dégage du roman, de tout ce côté bizarre, insolite qui apporte un vrai plus et une originalité à l’histoire, mais pourrait en bloquer certains.

Comme je l’ai dit, l’univers qui nous est offert tout du long ne manque pas de se révéler barré, différent et d’une certaine façon unique. Imaginez un futur où la magie est présente, où un gamin peut créer une machine à avancer de deux secondes dans le temps, ou bien coder un superordinateur. Imaginez un futur où il existerait une école de magie, où un ordre d’assassin veille, ou la planète terre se meurt et des projets scientifiques sont lancés pour essayer de sauver l’humanité avec toutes les questions qu’ils peuvent soulever. Vous allez me dire étrange, bigarré, déroutant voir insolite, bah j’avoue que oui, mais la grande force de l’auteur est d’arriver clairement à rendre l’ensemble cohérent, vivant et surtout logique dans ce qu’elle construit. Pourtant, on pourrait croire, au vu des « ingrédients » que la recette ne prendrait pas, mais voilà étonnamment ça fonctionne à tel point que je me suis retrouvé à accepter ces choses sans jamais trouver cela impossible, incohérent ou qu’elle cherchait à trop en faire. Limite je me suis imaginé vivre dans un tel futur.

Elle a franchement réussi à trouver le juste milieu pour donner vie à son univers, le rendre coloré et attirant me poussant ainsi à avoir envie d’en apprendre plus, à le découvrir. Surtout qu’il reste au final proche de nous avec des gens qui vivent leurs vies, tombent amoureux, travaillent, profitent des réseaux sociaux, font des soirées et vivent une vie tout ce qu’il y a de plus normale. L’auteur nous montre aussi en fond une Terre à l’agonie, où le virage écologique n’a pas été pris et cherche à nous faire réfléchir, certes pas toujours obligatoirement avec finesse, mais de façon plutôt efficace. Surtout cela pose la question de savoir jusqu’à quel point on est parfois prêt à aller. Enfin l’autre point fort vient du mélange des genres qui se marie ici, pour moi, très bien que ce soit son côté science-fiction ou encore son côté magique, fantastique. On découvre tout du long un patchwork qui ne manque pas de captiver et de s’avérer surprenant et envoutant selon moi.

L’autre point qui m’a happé dans ce récit vient, comme je l’ai dit, de la construction des deux héros que nous propose l’auteur. Elle a réussi à toucher juste avec chacun d’entre eux, à les rendre humains, touchants et surtout complexes. Elle nous propose ainsi des personnages que j’ai trouvé d’une grande finesse, qui m’ont marqué à travers leurs histoires et leurs évolutions. Surtout que rien n’est facile pour eux, comme toute personne un peu différente. Ils vont avoir une enfance difficile dans un monde qu’ils ne comprennent pas vraiment, qui ne les satisfait pas, mais qui surtout ne les comprends pas. Les passages adultes vont aussi montrer que même si ils ont trouvé leurs vocations, rien n’est facile et des choix doivent être pris. Alors après, c’est vrai, certains passages m’ont paru un peu exagéré voir traité de façon un peu simpliste, mais dans l’ensemble nos deux héros sont clairement le moteur du récit qui fait qu’on se retrouve à suivre leurs aventures avec plaisir. Je me suis aussi retrouvé en partie dans chacun d’entre eux. Par contre, comme souvent quand les personnages principaux se dégagent, les protagonistes secondaires se retrouvent éclipsés. Pour ce roman c’est aussi le cas et c’est parfois frustrant tant certains manquent de profondeur et ne paraissent être là que pour donner le change ou faire évoluer l’intrigue. C’est dommage, car un ou deux personnages plus denses en plus de nos héros aurait offert plus de diversité.

La narration est intéressante, elle donne l’impression de démarrer comme un roman YA avec ses deux héros dont on imagine très bien leurs évolutions et leurs interactions, mais peu à peu un fil rouge va se dessiner. Surtout les éléments vont commencer à s’imbriquer et des informations que l’on considéré comme non essentielle ou déjà traité reviennent de façon surprenante au premier plan pour nous proposer une histoire plus dense. On se retrouve ainsi à tourner les pages facilement avec envie d’en apprendre plus. Le roman offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit justement sur la différence, l’acceptation des autres, les choix que l’on fait, l’amitié, l’amour ou bien encore sur la possibilité de concilier « magie » et science, d’amener à réfléchir non pas à une évolution porté sur le conflit, mais plutôt sur l’acceptation des différences. C’est vrai parfois elle sont traitées de façon un peu faciles voir même rapides, mais dans l’ensemble elles fonctionnent plutôt bien.

Alors après, tout n’est pas parfait non plus dans ce roman. Je regretterai par exemple par moment la présence de Deus Ex Machina ainsi qu’une ou deux ellipses un peu frustrantes, même si rien de non plus trop bloquant. Par contre, autant la première partie sur la jeunesse des héros m’a paru maîtrisé et intense, autant la seconde qui vient dix ans après m’a paru légèrement rapide, donnant l’impression que plus le récit avançait, plus l’auteur se précipitait. On a un peu l’impression qu’il fallait soit terminer le roman rapidement, soit qu’elle paraissait limité en pages pour conclure, ce qui est franchement dommage, car même si ça n’empêche pas ce roman de s’avérer plus qu’intéressant à découvrir et m’a offert un très bon moment, il aurait pu être encore meilleur selon moi avec quelques pages en plus. Enfin comme je l’ai dit, on est là dans un roman quitte ou double, soit vous accrochez à ce qui fait ses différences et son originalité et vous risquez de vous laisser porter, soit vous passez à côté, surtout que la plume de l’auteur s’avère assez simple, ne cherchant pas le poétique mais plus à créer des situations qui touchent le lecteur. En tout cas ça a bien marché avec moi.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un univers étrange ou la magie existe, où il est possible d’inventer un superordinateur et une machine à voyager de deux secondes dans le futur. On se retrouve à suivre le destin de Patricia, une jeune fille qui se découvre magicienne, et Laurence jeune ingénieur surdoué. C’est un roman étrange car il m’est difficile à conseiller tant il peut captiver autant que laisser de marbre. L’univers construit par l’auteur est captivant sans sa proximité avec le nôtre et surtout dans ce côté réaliste et logique qui fait que je ne me suis jamais senti dérouté ou perdu. Les deux héros sont fascinants à découvrir, s’avérant humains, complexe et touchants et surtout évoluant, devant faire face à des choix au fil des pages. Je regretterai par contre que les personnages secondaires soit à l’inverse si peu développé, un ou deux plus présent auraient apporté un intérêt supplémentaire au récit. L’intrigue démarre un peu comme un YA, mais très vite gagne en profondeur et le moindre détail a son importance. Il nous fait aussi réfléchir sur notre avenir, sur nous-même, l’amitié, l’amour, les relations, la façon dont on gère notre planète ou encore sur notre capacité à accepter les différences. Après tout n’est pas parfait, certains deux ex machina se font ressentir, la seconde partie se révèle traité un peu trop rapidement à mon goût et, comme je l’ai dit, c’est un roman à double tranchant on se laisse emporter ou pas. La plume de l’auteur est simple, mais arrive vraiment à rendre le roman profond et vivant. De mon côté j’ai accroché en tout cas.

 

Ma Note : 7,5/10