Étiquette : jean-pierre andrevon

Zombies et Autres Infectés – Anthologie dirigée par Emmanuel Beiramar

zombiesRésumé : Ils sortent de leur tombe, se relèvent après un accident mortel. Les zombies sont dans les rues. Ils cognent à votre porte pour vous dévorer.
Un virus a transformé vos voisins en créatures enragées ou décérébrées. Si vous les croisez, prudence : certaines sont susceptibles de vous ignorer, mais d’autres pourraient vous arracher les entrailles.
Barricadez-vous. Ne répondez à aucun appel. Méfiez-vous de vos proches : ils pourraient convoiter vos biens ou, pire, avoir rejoint leurs rangs. Priez pour que vos réserves tiennent jusqu’à l’arrivée – peu probable – des secours.
En attendant, jetez-vous ces dix-sept nouvelles. Peut-être y trouverez-vous des idées pour survivre à cette apocalypse… ou devenir un meilleur mort-vivant.

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous devez savoir que j’apprécie énormément de lire un bon livre sur les zombies. Il est donc tout à fait logique que cette anthologie, complètement consacré à ce genre, se retrouve dans ma PAL. Surtout que ce recueil offrait un sommaire assez varié, mélange d’auteurs plus ou moins connus, et aussi, il faut bien avouer, une superbe couverture illustrée par Zariel ; de quoi me faire craquer facilement. À noter que ce recueil comporte 17 nouvelles.

Un Beau Mariage de Frédérique Lorient : Cette nouvelle nous entraine à la découverte d’une jeune fille qui décide de se marier et dont son père veut lui offrir un beau mariage, malgré le fait que le monde soit infecté de zombies. J’ai eu du mal à complètement accrocher à cette nouvelle, pas qu’elle soit mauvaise, mais elle est loin de laisser un souvenir impérissable. L’auteur cherche pourtant à offrir une histoire pleine de second degré sur une communauté qui veut retrouver une vie normale et propose une conclusion avec son coup de théâtre, mais voilà j’ai trouvé l’ensemble trop moyen et trop gentil pour me convaincre totalement.

Freaks de Cualli Carnago : L’auteur a décidé de construire sa nouvelle un peu comme un film d’horreur américain, type teen movie, avec comme toile de fond un campus américain. On se retrouve alors à suivre deux personnages. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussi, que ce soit à travers son rythme soutenu et efficace, comme dans sa construction à la fois fun, ironique et pleine d’action tout en n’oubliant pas non plus de poser des réflexions, certes classiques, mais intéressante et percutante sur l’adolescence et la mal-être qui l’entoure. Surtout le récit propose une conclusion que j’ai trouvé savoureuse et qui se laisse savourer et que je vous laisse découvrir.

Outlaw de Frédéric Czilinder : Cette nouvelle décide de traiter les zombies comme élément de distraction. En effet le monde a su finalement contenir l’invasion et a décidé de garder certains spécimens, les plus malléables, pour divertir les foules dans un parc d’attraction. Une nouvelle que j’ai trouvé fluide, entrainante et efficace, alignant de façon prenante les rebondissements et retournements de situations, même si l’ensemble se révèle linéaire et construit de façon classique. L’auteur décide de traiter l’ensemble un peu comme un western et du point de vue du zombie, ce qui apporte clairement un plus à l’ensemble. Un texte réussi et efficace.

Mille Canines de Sarah Dunkel : J’ai franchement accroché à cette nouvelle qui nous plonge dans la lente et inexorable folie de l’héroïne, face à l’horreur de ce monde qui s’est effondré face aux zombies et qui est pourtant vu par les autres comme une héroïne par ses actes et ses actions. Un texte court que j’ai trouvé poignant et fascinant grâce à la profondeur du personnage, ses émotions, mais aussi par ce parallèle entre ce qu’elle ressent et ce que les autres voient d’elle. Au final qui est vraiment le monstre? La plume de l’auteur se révèle immersive, étouffante, angoissante, réaliste et offre une conclusion cohérente et pleine de surprises.

Chaney de Julie Conseil : Cette nouvelle nous propose de traiter le thème du zombie avec une bonne dose d’humour. L’ensemble se révèle par conséquent clairement divertissant, nous proposant de découvrir une troupe de zombies assez différente de ce qu’on peut bien imaginer. Le texte se lit facilement, avec le sourire aux lèvres et le tout bien rythmé, construit un peu comme une fable pour petits et grands, un peu dans la tradition cartoon, et porté par une plume fluide. Un petit bonbon sucré aux milieux de nouvelles plus sombres, même si niveau zombies cela reste très (voir trop) gentil.

De Mortuis de Laurent Pendarias : Cette nouvelle nous propose de découvrir le siège de Pise, survenu en 1500, à travers plusieurs lettres envoyées qui vont dévoiler une vérité que personne ne connait tout en mettant en avant le philosophe Niccolo Machiavelli. J’avoue j’ai eu du mal à complètement accrocher à ce texte, je ne sais pas si c’est la construction de la narration avec ces lettres qui m’a rebuté, ou bien l’ensemble qui se révèle trop simpliste et linéaire, en tout cas ce texte est loin de m’avoir marqué. Dommage.

Du Debriefing Zombiesque en 7 Étapes de Fabien Clavel : Cette nouvelle décide de traiter du zombie d’un point de vue psychologique, mais le tout avec humour noir. En effet on suit ici un zombie qui se retrouve suivre plusieurs étapes de travail, avec un groupe de différents corps de métier, allant du psychologue au préfet, pour tenter de se réintégrer dans la société. À travers son regard on va alors découvrir un pays qui se délite lentement au fil des rencontres, suite à une catastrophe dont le gouvernement cherche au maximum à se dédouaner. Un texte que j’ai trouvé intelligent, mordant et ironique, où le zombie n’est pas clairement la cause des soucis, mais plus une façon de voir l’Humanité s’entredéchirer face à son aspect égoïste et cherchant à sauver ses propres avantages et qui offre une conclusion percutante.

Ces Jours qui se suivent … de Nassim Ben Allal : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’une petite famille où tout parait tranquille. Mais les choses sont parfois trompeuses. Une excellente nouvelle, qui joue clairement avec le lecteur pour mieux tenter de le surprendre au fil des pages. Alors bien entendu tous les retournements de situation que propose l’auteur ne marchent pas de la même façon, mais dans l’ensemble il offre un texte qui se révèle réussi, efficace et dont on tourne les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Le personnage principal possède quelque chose d’attachant et le tout est porté par un style entrainant.

L’Étiquette de Mathilde Gervaisot : Cette nouvelle nous plonge dans un monde où les zombies ont été jugulés et où certains ont même pu reprendre une vie normale, mais sous traitement et surveillance. En fait ici l’auteur traite principalement de la différence, et plus précisément de la différence vis-à-vis de la maladie. On y retrouve donc les aspects classiques de la vie face au virus, du rejet des autres, mais l’ensemble m’a paru manquer de force pour complètement toucher le lecteur. Pourtant, le personnage de Nora, contaminée, se révèle intéressante et un minimum attachante mais il manque un petit truc dans son lien avec les autres pour complètement accrocher. Un texte qui aurait peut-être mérité un peu plus de pages pour mieux développer certains aspects. Une nouvelle qui n’est, au final, pas mauvaise, bien porté par une plume simple et efficace, mais qui possède tout de même quelques défauts qui l’empêche de happer le lecteur.

Ceux Qu’on Caillasse de Vanessa Terral : Il est difficile de faire un court résumé de cette nouvelle sans trop en dévoiler, je vous laisse donc la découvrir, mais j’avoue en être ressorti assez perplexe. L’auteur démarre son texte pourtant de façon classique, nous dévoilant un héros qui tente de survivre dans ce monde post-apocalyptique rempli de zombies, puis au fur et à mesure on plonge dans un mélange de fantastique et de mystique se concluant dans un grand renouveau, jugement dernier, qui m’a laissé dubitatif et qui a fait que j’ai peu à peu décroché. Je pense ne pas être le public adéquat pour cette nouvelle. Tant pis.

Accro d’Alexandre Rathel : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’une jeune femme qui est devenue accro à l’élimination de zombies et qui cherche à en sortir, pour cela elle va alors décider de se lancer dans une thérapie de groupe. J’avoue que l’idée de départ est très intéressante et originale, l’auteur nous offre alors une histoire qui se révèle bien écrite et efficace, mais j’ai trouvé que certains points auraient mérité plus de développements. L’auteur donne l’impression de garder trop d’informations pour les révéler seulement à la fin, ce qui offre parfois certaines petites incohérences. Cela n’empêche pas ce texte d’offrir un moment de lecture très sympathique et à découvrir selon moi.

Catharsis 2.0 de Guillaume Guike Lemaître : À travers cette nouvelle l’auteur chercher à nous faire réfléchir, comme l’annonce clairement le titre, sur les pulsions humaines ainsi que  le désir un peu pervers d’admirer l’interdit et l’horreur, le tout avec des zombies et une arène qui fait penser à de la télé réalité. Le problème c’est que je ne suis jamais rentré dans ce texte, l’auteur cherche à poser sa réflexion de façon rapide et principalement en poussant l’horreur à son paroxysme pour choquer le lecteur, comme s’il cherchait à trop en faire, offrant au final un ensemble un peu irréaliste et pas du tout attachant ou captivant selon moi. Dommage.

Le Jugement de Gabriel Vidal : Cette nouvelle se révèle plus légère que les précédentes, nous proposant de découvrir un procès où une famille cherche à faire déshériter un des leurs qui est devenu un zombie intelligent. Le problème c’est que rien dans la loi ne prend en compte ce cas de figure. Alors sur le fond cette nouvelle pleine d’humour et de mordant à quelque chose d’intéressant, mais sur la forme je l’ai trouvé un peu bancal. Déjà il faut clairement accepter l’idée que certains zombies se révèlent intelligents sans aucune véritable explication et qu’ensuite le système judiciaire, malgré l’apocalypse, n’ait pas évolué d’un iota dans sa reconstruction. En fait je pense que c’est cela qui m’a gêné, il me manque un background un peu plus travaillé. Au final une nouvelle en demi-teinte qui possède tout de même des passages intéressants.

Zombie, Zombie, Zombie… Boom ! de Li-Cam : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien de ce qui parait être le dernier survivant sur terre, entouré de zombies. Un texte qui reprend un peu l’idée qu’avait offert Stephen King avec Cellulaire, où les humains étaient contaminé par leur téléphone, mais en le faisant évoluer pour le plaquer à notre époque avec une contamination par écran. On y retrouve alors clairement une critique sur notre société actuelle toujours plongée dans un écran que ce soit smartphone, tablette, ordi, TV ou autres, nous transformant en des monstres sans cervelle qui avalent les images sans jamais y réfléchir. L’ensemble manque peut-être de finesse, mais se révèle tout de même efficace et entrainant. Je regrette peut-être une fin un peu trop étrange et ouverte.

Darach de Valentin Vergès : Cette nouvelle nous propose un zombie d’un nouveau genre, le zombie écologique puisqu’ici les monstres sont crées par des arbres pour se défendre des attaques incessantes des hommes. On retrouve un texte qui offre une ambiance très sombre, bien porté par des descriptions efficaces, morbides et sanglantes ce qui offre à l’ensemble du récit un aspect visuel terriblement efficace et prenant. Mais voilà cet aspect visuel prend le pas sur les réflexions que cherche à mettre en avant l’auteur, ce qui fait qu’on tourne plus les pages pour le côté malsain que pour le reste, ce qui est quand même un peu dommage, même si rien de complètement gênant non plus.

Jusqu’à ce que la Mort de Benoît Giuseppin : Cette nouvelle se révèle très classique dans sa construction de récit de zombies, avec un univers infecté où tente de survivre le héros, mais la particularité vient du fait que le héros possède un jumeau siamois qui est devenu un zombie. L’ensemble aurait pu se révéler efficace et entrainant si seulement j’avais accroché au principe de base du frère sain accroché au frère contaminé. Je ne sais pas, il me parait impossible que l’un puisse avoir été contaminé sans que l’autre le soit, je me trompe peut-être, mais ça m’a bloqué tout du long. Dommage car j’ai trouvé que l’histoire, sans ce point bloquant, se révélait intéressante et bien écrite avec pas mal de bonnes surprises.

Moi, Zombie de Jean-Pierre Andrevon : Cette nouvelle propose de traiter le zombie de nouveau de façon humoristique, l’auteur ayant récupéré une expression bien connu, que je vous laisse découvrir, pour construire son récit. L’ensemble se révèle plutôt sympathique, avec quelques petites scénettes qui font sourire, mais se révèle au final, j’ai trouvé, très gentil. Un peu une conclusion en douceur pour ce dernier texte de l’anthologie, même si j’avoue j’attendais mieux.

En résumé : Au final cette anthologie a décidé de traiter, à travers ces 17 textes, des zombies de façon très large allant du zombie lent et grognant, au zombie intelligent, pouvant communiquer avec les autres et vivre, en passant par l’humour, ce qui offre donc une grande variété de textes. Cela permet clairement de viser large au niveau lectorat, mais fait aussi que tous les textes ne m’ont pas touché de la même façon, certains m’ont même laissé froid tandis que d’autre m’ont marqué. Dans l’ensemble on obtient quand même un recueil qui se révèle sympathique et divertissant à lire ; qui pourrait même permettre de faire un premier pas dans les différents mondes du zombie pour ceux qui cherchent à les découvrir.

 

Ma Note : 7/10

Demain le Monde – Jean-Pierre Andrevon

demain le mondeRésumé : « C’est un cercle vicieux. Toi, tu te trouves au centre de ce cercle, avec tes quatre milliards de frères qui seront bientôt, si vite, six milliards, tu es au centre de ce cercle debout dans ton jardin mouillé, les pieds dans les feuilles de l’automne pourrissant, et tu lèves la tête vers le ciel bouché, muet, inutile, et tu cries au-dedans de toi il n’y a rien à faire ? Et comme, malgré tout, la translucide main d’espérance s’accroche encore à toi, tu répètes et tu répètes encore et encore… il n’y a rien à faire ? »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Jean-Pierre Andrevon fait partie des auteurs SF connu et reconnu avec plus de 600 textes publiés depuis 1968. Ce recueil nous propose donc de découvrir 22 textes, considérés comme représentatifs de la carrière de cet auteur. De lui j’ai déjà lu deux romans qui m’avaient bien accrochés, mais aussi quelques nouvelles dont la dernière, dans le recueil des Utopiales 2013, m’avait plutôt laissé de marbre, étant une nouvelle des années 70 et paraissant dépassé au jour d’aujourd’hui. Je me demandais donc ce qu’allait bien pouvoir me proposer ce recueil. En tout cas concernant la couverture, illustrée par Caza, je la trouve vraiment magnifique et elle donne envie de se plonger dans ce livre.

La Réserve : Une nouvelle d’introduction au message fort, qui nous plonge dans un futur post-apocalyptique où les humains ne sont plus les êtres au top de la chaine alimentaire, ils ne sont plus que des animaux. Je n’en raconte pas trop pour pas trop gâcher la chute, mais c’est un texte percutant même si je trouve qu’il porte un peu son âge, étant le tout premier texte publié par l’auteur en 1968.

Un Nouveau Livre de la Jungle des Villes : Nouvelle en forme de conte initiatique où un enfant humain se retrouve élevé par des robots et rêve d’en devenir un aussi. L’auteur nous offre de nouveau un monde post-apo où les hommes, dans leurs envies de conquêtes, se sont quasiment annihilés et qui offre une réflexion intéressante sur l’identité et ce qui la façonne entre son ADN ou son éducation. Un texte qui est toujours d’actualité offrant aussi un léger message d’espoir à la fin.

Un Petit Saut dans le Passé : Un texte vraiment intéressant et poétique sur la possibilité de voyager dans le temps, plus principalement dans le passé. L’auteur traite ici de l’idée, classique, du paradoxe temporelle avec comme réflexion la généalogie et son origine qui parait être un thème important pour l’auteur. Problème, j’avais deviné la fin dès les premières pages ce qui fait que l’ensemble m’a paru trop prévisible.

L’Arme : Voilà un texte vraiment cynique et rempli d’humour noir qui nous présente une terre ou des extra-terrestres laissent, par hasard, une arme puissante qui sera alors découverte par un sans-abri. Un récit qui nous rappelle qu’un homme une arme à la main ne sait faire qu’une seule chose : détruire. Un texte court, sympathique à lire sans non plus se révéler révolutionnaire ; vite lu vite oublié.

L’Homme qui Fût Douze : Une nouvelle intrigante qui va nous plonger dans la colonisation d’une planète par un équipage humain et qui va, au fil de la mission, dégénérer et révéler ainsi tout le sens du titre. L’auteur nous offre des idées intéressantes sur l’immortalité par le renouvellement, la chirurgie ou encore l’écologie que l’homme ne peut s’empêcher de détruire, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu mal rythmé et possédant ce vernis suranné de ces nouvelles efficaces à une époque et qui ont un peu de mal aujourd’hui. Cette nouvelle reste sympathique et offre de bonnes réflexions.

La Bête des Étoiles et L’Empathe : L’auteur le dit clairement, pour cette nouvelle il s’est inspiré d’Alien, ce qui se ressent à travers cette chasse d’un ET meurtrier par un empathe. Une nouvelle aux réflexions intéressante de l’auteur sur l’environnement et l’impact de l’Homme sur la faune et la flore qui arrive toujours avec ses gros sabots, mais qui n’a pas réussi, tout du moins avec moi, à m’angoisser ou me faire frissonner.

Manuscrit d’un Roman de SF Trouvé dans une Poubelle : A travers cette nouvelle l’auteur a décidé de se lâcher, se moquant d’une certaine SF d’aventure en poussant l’absurde à son paroxysme dévoilant alors des humains lâches et faibles, et des femmes en tenues minimalistes. On accroche, ou pas, moi je suis resté de marbre à cette nouvelle. Dommage.

Le Château du Dragon : Cette nouvelle, mélange de Fantasy et de SF, nous offre ici une histoire d’aventures qui permet à l’auteur de prolonger son immersion dans l’univers gandaharien. Un texte qui se lit bien au rythme haletant et sans temps morts avec son lot d’action et de rebondissements nous présentant un monde où la République a mis à mal la Royauté et où des groupes de brigands, à la Robin des Bois, cherchent à remettre le Roi sur son trône. C’est très divertissant.

Régression : Dans cette nouvelle l’auteur traite de nouveau du paradoxe temporelle, une famille voulant fuir la seconde guerre mondiale décide de revenir dans le passé, mais la machine s’emballe. Une histoire qui nous offre le portrait d’un jeune homme traumatisé et humain qui va, avec sa famille, se rendre compte que tout retour est impossible et qui offre ainsi des réflexion intéressantes sur les relations humaines ainsi que sur la science et ses conséquences.

L’Anniversaire du Reich de Mille Ans : Ce texte, uchronique, nous présente un monde qui a vécu 1000 ans de Reich comme le rêvait Hitler, mais que se passe-t-il après? Un texte plutôt sympathique et agréable, même si je l’ai trouvé un peu long, qui nous montre un monde sans évolution qui va se retrouver perdu et qui nous rappelle qu’une seule idée, qu’une seule vision n’aboutit pas toujours à quelque chose.

La Porte au Fond du Parc entre le cèdre et les chênes : De nouveau l’auteur traite du paradoxe temporelle et nous offre ici un texte poétique sur la relation ponctuelle, au fil des ans, entre un voyageur du futur et une fille qu’il croise lors de ses voyages. La construction du récit offre son lot de rebondissements, mais cette nouvelle est trop redondante avec Un Petit Saut dans le Passé ce qui l’empêche de s’épanouir. Dommage.

Rien qu’un Peu de Cendre et une Ombre Portée sur un Mur : Un texte poignant et glacial sur une petite fille qui a le pouvoir particulier, en se concentrant, de faire disparaitre ce qui lui fait peur. Un texte fort avec toujours en toile de fond cette capacité bien humaine de faire la guerre, détruire et où le sacrifice d’une inconnue va tout changer. La conclusion est vraiment réussie.

… Il Revient au Galop : Une nouvelle intéressante sur un sujet qui est important pour l’auteur, l’écologie, et qu’on retrouve régulièrement dans ses textes. Un récit qui nous dévoile un monde subissant une pluie torrentielle qui ne s’arrête jamais et où on suit une humanité impuissante qui se débat vainement. Un texte fort qui fait clairement réfléchir et bien porté par des personnages intéressants, dommage que certains aspects, justement dû à une forte montée des eaux, ne soit pas traités du tout.

Salut, Wolinski ! : Cette nouvelle nous plonge dans un monde ou la Liberté est devenue le nouveau créneau, ou chacun fait ce tout qu’il veut. Le héros de cette histoire, qui n’est autre que l’auteur, a donc décidé de tuer les gens qu’ils n’aiment pas et il n’aime personne que ce soit les riches, les pauvres, les étrangers, les intellos… Un texte cynique, violent, sanglant qui possède un message fort, mais qui m’a moyennement accroché, cherchant trop le côté choc.

Tout à La Main : La fin du monde est survenue et seul survivant probable l’auteur qui se terre chez lui entouré de coulées de boues brûlantes. Le héros se remémore alors les femmes qu’il a connues et ce qu’il a manqué, une sorte d’ode à la femme mais version trash, car notre héros se souvient d’elles surtout à travers la baise. Un texte qui, comme le dit l’auteur dans son explication, a fait un choc à l’époque traitant de la baise et de la masturbation, mais qui aujourd’hui se révèle, pour moi, juste sympathique principalement devant cette routine et finalement cette légère folie du héros, seul survivant qui classe sa vie comme on classe une bibliothèque.

Halte à Broux : Ce texte traite de soldats qui ont décidé de se poser dans un village et qui vont finalement regouter à la vie et la routine. Une nouvelle intéressante qui traite de la guerre, mais aussi des manipulations lors de l’entrainement des armées pour éviter que nos héros réfléchissent de trop, car finalement la réflexion est le pire mal d’une guerre pour un militaire.

Comme un Rêve qui Revient : Cette nouvelle traite d’un autre sujet qui est cher à l’auteur : les Dinosaures. Imaginez qu’ils reviennent? Un texte qui rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, ce qu’il serait bon de ne pas oublier, surtout  si on remonte dans le temps,  qu’on n’est pas non plus l’espèce la plus haute dans la chaine alimentaire. Un texte efficace et surprenant.

Sur la Banquette Arrière : De nouveau l’auteur reprend le thème du paradoxe temporelle sur les origines et la généalogie déjà traité dans deux autres nouvelles précédemment ce qui donne, même si c’est traité de façon légèrement différente, de nouveau une impression de redondance surtout que ce texte me parait le moins bon des trois tout en étant situé à  la suite des deux autres.

Comme une Étoile Solitaire et Fugitive : Cette nouvelle m’a paru être le stéréotype des histoires d’une certaine catégorie de SF des années 80 et 90, entre catastrophe nucléaire qui aboutit à des mutations génétiques et bien entendu à son lot de pouvoir psi. Je ne sais pas pourquoi j’ai un peu de mal à accrocher à ce genre de récits. Heureusement le tout est sauvé par un style plutôt efficace et par un rêve d’étoiles vraiment intéressant.

En Route pour la Chaleur ! : Après un texte qui nous présentait une Nature reprenant ses droits en faisant chuter des trombes d’eau cette fois c’est le froid qui vient attaquer les hommes. L’auteur nous présente donc une humanité à bout qui va, au fil du temps, devenir de plus en plus violente, perdant ainsi ses normes éducatives, une sorte de retour à l’état sauvage. Une nouvelle sympathique mais qui parfois, selon moi, manquait d’informations sur certains points.

Épilogue Peut-être : Une nouvelle qui aurait pu servir de conclusion au récit où l’auteur nous présente la finalité de l’espèce humaine, de la Terre qui est en définitive, quoi qu’il arrive, de s’éteindre de se déchirer. Un texte intéressant, mais qui est, selon moi, un peu trop long.

Le Monde Enfin : Cette nouvelle nous fait suivre une vieil homme se déplaçant à cheval dans un monde où les hommes disparaissent et la nature reprend doucement ses droits. Un ultime voyage d’un vieillard vers son « cimetière des éléphants ». Sûrement la meilleure nouvelle du recueil selon moi, porté par des descriptions magnifiques d’une planète renaissante et qui offre une critique toujours aussi efficace et acerbe sur l’utilisation de la technologie par les hommes qui, au lieu de savoir profiter, en abusent. Une histoire qui prend son temps à travers ce vieillard qui profite de chaque instant. Un récit mélancolique et pourtant poignant et passionnant.

 

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, parfois crue et souvent captivante et prenante cherchant à faire passer son message de façon surprenante entre sexe, violence et apocalypse. Il réussit vraiment à happer le lecteur à travers la mise en place de son histoire, son univers et aussi dans ses descriptions, par contre j’ai trouvé qu’au niveau des dialogues il a un peu de mal se révélant souvent un peu plat servant plutôt de simple moyen d’informations. Les différents récits sont portés clairement par une imagination souvent débordantes et traitants de sujet qui, encore aujourd’hui, se révèlent d’actualité montrant clairement que l’auteur était parfois un peu visionnaire. Les explications de l’auteur en fin de texte apporte aussi une lumière intéressante sur chaque nouvelle. Dans l’ensemble un bon recueil représentatif des nouvelles de l’auteur même si c’est vrai certaines ne m’ont pas accrochées. Je regrette par contre cette impression de répétition donnant l’impression, parfois, de lire la même nouvelle plusieurs fois, mais de façon légèrement différente.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce recueil de 22 nouvelles de Jean-Pierre Andrevon qui présente un large panel de ce que peut proposer l’auteur au niveau de la SF. Des textes souvent forts, percutants qui traitent de sujets qui sont chers à l’auteur tel que l’écologie, les dinosaures ou encore la politique. Alors certes, toutes les nouvelles ne m’ont pas autant accrochées, mais dans l’ensemble je suis plutôt content de ma lecture. Je trouve juste dommage par contre la répétition de certaines idées, ce qui rend certaines nouvelles un peu trop redondantes. Une lecture efficace pour les lecteurs qui pourraient être intéressés par une SF engagée et percutante du début à la fin, même si parfois quelques textes ont mal vieillis selon moi, et un recueil intéressant pour qui veut découvrir l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : koré, …

Le Temps des Grandes Chasses – Jean-Pierre Andrevon

le temps des grandes chasses Résumé : Ils sont une centaine, vingt « mains », comme ils disent. Ils se nomment eux-même le Clan des « Hommes ». Ils vivent dans un pauvre village, isolé au sein d’une vaste forêt dont les dimensions sont celles du monde connu. Ils subsistent grâce à la cueillette, la pêche, la chasse. Mais qui sont-ils, en réalité ? Et où véritablement vivent-ils ? Il faudra que surviennent d’étranges envahisseurs vêtus de fer et chevauchant d’effrayants « oiseaux de métal » pour que Roll, jeune Chasseur devenu gibier, découvre enfin, après un long périple qui l’entraîne bien loin de son univers, la vérité sur le destin de son peuple.

Edition : Bragelonne ebook

 

Mon Avis : Il faut bien avouer je me suis laissé tenter par ce roman pour deux raisons, la première et que j’apprécie pour le moment ce que fait l’auteur et, n’ayant jamais été vraiment déçu, je souhaite découvrir un peu plus de sa bibliographie, la seconde est l’offre de Bragelonne qui proposait cet ebook pour seulement 99Cts. Ce roman va donc être un peu une découverte, vu que j’en ai jamais entendu parler, espérons donc que ce soit une bonne découverte.

Nous suivons à travers ce roman le destin de Roll, chasseur de sa tribu, sur une terre qui a fortement régressé pour une raison inconnue. Un jour d’étranges envahisseurs venus des étoiles vont venir les chasser. L’histoire, il faut bien l’avouer, n’a rien de vraiment original, reste déjà-vu mais l’auteur arrive vraiment à y insuffler un souffle qui donne à l’intrigue une certaine solidité et qui donne envie d’en savoir plus que ce soit sur Roll et son monde, mais aussi sur les envahisseurs humains. L’auteur n’est pas en reste, vis-à-vis de la critique de la société, principalement quand Roll va se retrouver sur la planète des envahisseurs, jouant sur le rapport sauvage/civilisé où le sauvage va apprendre, comprendre et apporter son point de vue. Un point de vue vraiment intéressant nous offrant une critique acerbe et efficace de notre société et nous montrant que finalement on change très peu.

Mais on ne peut pas le cacher au point de vue de l’histoire, sans s’ennuyer, on n’est jamais véritablement surpris non plus, on devine ce qui va arriver assez aisément, la faute justement à cette impression de déjà-lu qui persiste du début à la fin. Cela n’empêche pas au récit de posséder un rythme efficace mélangeant les scènes d’actions haletantes et prenantes avec des passages de réflexions et de critiques assez intéressants malgré quelquesfois un parti-pris un peu prononcé, mais voilà on n’est jamais non plus complètement embarqué par le récit. De plus l’auteur passe, à mon goût, un peu trop rapidement sur la fameuse évolution de la race humaine au cours des siècles, certes l’auteur cherche à se concentrer sur les personnages et leurs visions du monde, leurs antagonismes et leurs ressemblances, mais quelques pages supplémentaires n’aurait pas fait de mal selon moi.

Concernant l’univers je dois dire que je suis légèrement mitigé, autant j’ai adoré découvrir le monde de Roll un monde où la nature a son importance, une planète revenue aux origines où la chasse ne sert qu’à survivre etc… Un monde fascinant qui est finalement le nôtre après la grande catastrophe, on est surpris quand on rencontre les restes de notre civilisation, on réfléchit sur le devenir de notre planète. Puis arrive le monde des envahisseurs, un monde qui certes, offre a réfléchir, encore maintenant, que ce soit sur la pollution, la société et les castres ainsi que le besoin de divertissement et de se défouler, ou encore quand on fait le parallèle monde « sauvage » et monde « civilisé », mais voilà ce monde m’a paru vieillot pour un monde futuriste, on construit encore en béton, on roule en voiture sur autoroute et le tout possède un peu cet air vintage des années 80 ce qui m’a un peu dérangé et bloqué.

Concernant les personnages je dois dire que j’ai rapidement accroché à Roll, un personnage qui se révèle dense, passionnant et véritablement attachant et on suit son évolution avec un grand plaisir, malgré l’impression qui se développe au fil des pages que le héros une capacité à tout absorber sans jamais vraiment se révolter ou remettre en cause tout ce qu’on lui apprend. Concernant les personnages secondaires, ils remplissent parfaitement leurs rôles malgré le fait que certains, comme Reda, paraissent vraiment un peu trop stéréotypés. C’est vraiment intéressant de voir la différence entre les « sauvages » et les « civilisés » qui finalement ne sont pas si différents que ça. Par contre, je reprocherai juste à l’auteur d’offrir un peu trop de facilités de langage, surtout sur les « sauvages » qui paraissent, mis à part quelques exceptions, avoir un fond de connaissances et de définitions importantes.

L’auteur manie la langue française avec vraiment beaucoup d’efficacité offrant par moment à son texte des phases poétiques, principalement dans la découverte du monde de Roll et le retour à la nature. Le style de l’auteur ne manque pas non plus de densité, de rythme et arrive facilement à nous faire plonger dans son récit, cette aventure qui va mener Roll à travers l’univers. En fait au final après tout ce que je viens de dire je dois avouer que le gros problème de ce texte est d’être un texte des années 70 qui a par la forme un eu mal vieilli, mais qui possède un fond toujours aussi intéressant et intelligent et qui mérite sûrement d’être découvert.

En Résumé : J’ai passé un moment agréable avec ce roman qui, sans être exceptionnel, m’a offert un sympathique moment de lecture. L’histoire possède toujours son intelligence et donne à réfléchir sur le futur de l’humanité à travers une intrigue, certes linéaire et sans grande originalité, mais qui se révèle tout de même solide et haletante. L’univers m’a paru mitigé car autant j’ai apprécié de découvrir le monde de Roll sur les ruines de notre Terre autant le monde des envahisseurs m’a paru vraiment démodé, un peu année 80. Le personnage de Roll est vraiment intéressant à découvrir même si je trouve, selon moi, qu’il ne réagit pas toujours de façon qui me paraisse plausible face au changement. Les personnages secondaires sont intéressants malgré quelques stéréotypes. L’auteur manie avec brio la langue française avec un style qui se révèle dense et soigné. En fait finalement le gros problème de ce roman est d’avoir été écrit en 1973 et d’avoir vieilli par certains aspects.

 

Ma Note : 7/10

La Maison qui Glissait – Jean-Pierre Andrevon

la-maison-qui-glissait.jpgRésumé : Un immense fracas le réveille. Le tonnerre ? Peut-être… Le jour pointe, la chaleur est déjà étouffante dans l’appartement minuscule occupé par Pierre au 13e étage de sa tour de banlieue. Ensommeillé, il entrouvre le rideau de la fenêtre depuis son lit… et demeure pétrifié par le panorama qui se révèle à lui. Un brouillard poisseux bouche l’horizon, c’est à peine s’il distingue la silhouette de la tour des Tilleuls à quelques dizaines de mètres de là. Le brouillard, avec une telle canicule ?… Ainsi débute le cauchemar pour tous les résidents de cette barre HLM coupée du monde par un mur cotonneux qui semble abriter de terrifiantes créatures, une réclusion forcée qui va contraindre les habitants à s’organiser pour faire face à l’indicible et révéler la vraie nature de chacun. Car après tout, le pire n’est peut-être pas dans la brume…

Et d’ailleurs, d’où vient-elle, cette brume ?

Edition : LeBélial’

 

Lire la suite

© 2010 - 2019 Blog-o-Livre