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Le Cycle des Xeelees Tome 2, Singularité – Stephen Baxter

singulariteRésumé : « Les Xeelees possédaient l’univers…
Quand les hommes avaient émergé du système solaire en se traînant à vitesse subluminique sur les premiers vaisseaux GUT, ils étaient entrés dans un environnement complexe peuplé de nombreuses races intelligentes dont chacune obéissait à ses propres impératifs et poursuivait ses propres buts. […] Moins de deux siècles après l’époque de Michael Poole, la Terre était conquise, puis transformée en camp de travail par les gestalts aquatiques que les humains avaient appelé les Squeems. [Mais] où que les hommes et les races qu’ils avaient rencontrées regardent, ils voyaient l’empreinte des Xeelees. Se tenant à l’écart de l’univers, ils évoquaient des dieux : indifférents à tout, concentrés sur leurs vastes œuvres et leurs mystérieux projets… »

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après avoir découvert le premier tome de ce cycle qui, malgré un aspect premier roman et quelques défauts, m’avait laissé un sentiment plutôt positif, dont les idées donnaient fortement envie de découvrir la suite (ma chronique ici), j’ai donc fait rentrer ce tome deux dans ma PAL. Un des points qui m’a fait aussi continuer ce cycle, c’est que chaque roman peut, sauf exception, être lu indépendamment des autres, l’auteur ne cherchant pas à construire une intrigue continue, mais plutôt à offrir plusieurs histoires qui forment une fresque. À noter de nouveau une magnifique couverture illustrée par Manchu.

Finalement j’ai bien fait de me laisser assez rapidement tenté par ce second tome, car une fois la dernière page tournée, je l’ai trouvé un ton au-dessus que Gravité et m’a offert un bon moment. L’auteur nous offre de nouveau un Space-Opera, mais qui cette fois prend place, non pas dans un anneau monde, mais dans l’univers de la Terre. À partir de là on va découvrir une humanité sous le joug des Qax, qui va tenter de se rebeller, offrant alors au lecteur une intrigue qui va s’étendre à travers l’espace et le temps, se révélant fascinante, flamboyantes et pleine d’aventures. Singularité se révèle alors, selon moi, plus maîtrisé, plus efficace et plus abouti que l’était Gravité. On obtient ainsi un récit moins stéréotypé et moins caricatural, même si classique dans ses grandes lignes, et plus entrainant, mélangeant habilement l’aspect scientifique avec rebondissements tout en y offrant aussi un souffle cosmique captivant, qui arrive à happer le lecteur facilement. Dès les premières pages on entre dans l’histoire, l’auteur évitant la longue introduction pour nous plonger dans cette lutte au rythme soutenu et qui possède son lot d’action et de révélations.

Concernant l’aspect scientifique il s’agit bien entendu de Hard-Science et, oui, il vaut mieux posséder un minimum de bagage et aimer la science, pour ne pas se perdre dans toutes ces explications. Entre Schrödinger, Wigner, les trous noirs, les singularités, les trous de vers, la matière exotique l’auteur travail sur énormément de théories pour construire son récit et, malgré une explication fluide et assez simplifié, se révèlent pas toujours facile d’accès. Personnellement, j’ai trouvé cet enchevêtrement de théories et d’explications assez fascinant, principalement dans la capacité à s’en servir pour construire, développer et densifier son intrigue au fil des pages. Surtout il expose des postulats qui se révèlent étourdissantes et pourtant réalistes, comme par exemple celle que propose les Amis de Wigner que je vous laisse découvrir, qui offre une réflexion assez surprenante sur l’univers.

L’univers qui est développé tout au long roman se révèle intéressant, mélangeant les époques, entre avenir, présent et futur nous offrant alors une humanité en constante évolution, connaissant des hauts et des bas entre domination et soumission. Elle va sans cesse réagir, mais pas toujours de la meilleure façon tombant parfois dans le fanatisme. On découvre aussi les fameux Xeelees, leurs influences sur toutes les espèces ainsi que leur fameux projet concernant cet univers. Mais aussi les Qax des êtres assez fascinants par leur existence biologique qui repose à travers les turbulences. L’aspect technologique est  soigné et efficace que ce soit aussi bien, par exemple, les vaisseaux humains qui reposent clairement sur la technologie, que les vaisseaux Qax qui, eux, reposent sur la biologie, un peu comme ce qu’avait déjà proposé l’auteur dans son premier tome. Il arrive aussi à nous intriguer avec cette technologie Xeelee qui parait tellement évolué et donne clairement envie d’en apprendre plus. Le tout est aussi porté par des descriptions dans l’espace qui se révèlent superbes.

Et pourtant ce roman possède encore quelques défauts qui font qu’on sent que l’auteur possède encore une marge de progression. Déjà j’ai eu l’impression d’un décalage entre l’ambition qu’il cherchait à proposer dans ce roman et ce que j’ai ressenti, l’ensemble possède encore certaines facilités et une impression que certains aspects auraient mérité plus de développement que ce qui nous est proposé. Ensuite concernant les explications scientifiques j’ai senti une certaine redondance dans la façon dont il amène l’ensemble ; c’est simple on a toujours deux ou plusieurs personnages , un qui connait la théorie et qui se met alors, tel un professeur, à tenter de l’expliquer aux autres. Une variation dans la présentation aurait peut-être apporté un plus, surtout que, parfois, cela offre des passages surprenants où, en plein milieu d’une scène mouvementée, un protagoniste se met alors à réciter une théorie scientifique plutôt que de penser à sauver sa peau.

Concernant les personnages j’avoue que je ressors légèrement mitigé de ma lecture. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà ils ont du mal à n’être plus que de simples pions qui permettent de faire avancer l’intrigue, l’histoire et amener des explications. Ils manquent clairement de caractère et de profondeur par moment. Le seul qui m’a paru sortir du lot c’est Jasoft Parz par sa capacité à toujours survivre quoi qu’il arrive, ce qui le rend assez ambigu dans sa façon de voir les choses, voir humain. Concernant le héros, Michael Poole, on sent bien le savant intelligent solitaire, humaniste, mais il a du mal à être plus que ce que propose son caractère scientifique. Pourtant l’auteur essaie bien de le rendre plus complexe, que ce soit par sa relation avec son père ou son amour perdu, mais, sans se révéler mauvais pour autant, il n’arrive jamais vraiment non plus à le rendre véritablement convaincant, complexe et attachant, n’offrant que le minimum. Ce qui ne l’empêche pas de se révéler entrainant dans ses actions et explications. Concernant les personnages plus secondaires ils remplissent efficacement leurs rôles, avec un intérêt particulier pour les Amis de Wigner, mélange de fanatisme glacial et d’intelligence au service du futur.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace, entrainante et surtout didactique lors des explications scientifiques, offrant ainsi un récit de Space-Opera efficace, complexe et vraiment intéressant que ce soit par le souffle qu’il offre comme les réflexions qu’il propose. Surtout il offre une conclusion qui se révèle majestueuse, offrant une frise de l’univers voulu par l’auteur que je vous laisse découvrir. Alors certes il y a encore, pour moi, des défauts dans ce second tome, mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce Singularité que j’ai trouvé meilleur que le tome précédent. Je lirai donc le troisième tome sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce second tome du cycle des Xeelees que j’ai trouvé un cran au-dessus que le précédent. L’histoire nous offre un Space-Opera qui s’étend à la fois dans le temps et l’espace, où l’humanité va tenter de quitter le joug des Qax et qui se révèle efficace, flamboyant avec de nombreux rebondissements. L’aspect scientifique peut, certes, paraitre complexe et demander un minimum de connaissances, mais se révèle fascinant par les possibilités qu’il développe. L’auteur offre aussi de nombreuses réflexions qui se révèlent intéressantes et efficaces. L’univers qu’on retrouve au fil des pages est vraiment fascinant, bien porté par les aspects technologiques et les descriptions. Je regrette par contre un certain décalage entre l’aspect ambitieux que cherche à mettre en place l’auteur, mais qui perd de sa force devant certaines facilités déconcertantes, de plus je trouve que les explications scientifiques sont présentées de façon un peu trop répétitives. Rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, ils remplissent parfaitement leurs rôles pour faire avancer l’histoire de façon efficace, mais manquent de profondeur et de sentiments pour se révéler complètement accrocheur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante et arrive à happer le lecteur dès les premières pages pour aboutir à une conclusion fascinante sur la frise qu’il construit. Au final un roman réussi, malgré quelques défauts, et je lirai le troisième tome sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Le Cycle des Xeelees Tome 1, Gravité – Stephen Baxter

cycle de xeelees 1 graviteRésumé : La Ceinture.
Un agrégat de matériaux archaïques peuplé de mineurs.
Rees est l’un d’eux, un rat de mine passant le plus clair de son temps sous cinq g à creuser le cœur de fer de l’étoile morte autour de laquelle la Ceinture gravite. Un travail harassant. Dangereux. Au bénéfice du Radeau, sorte de cité spatiale, siège du savoir scientifique dont tous dépendent pour leur approvisionnement. Il en va ainsi : la Ceinture est sous le joug du Radeau. Depuis des générations… Et la Ceinture gronde. Mais Rees se pose des questions qu’aucun autre ne se pose. D’où viennent les hommes ? Comment sont ils arrivés ici, dans la Nébuleuse ? Il existe des légendes. Qui parlent d’un Vaisseau. De son Équipage… De baleines volantes et des mythiques Osseux.
Rees ne sait pas grand-chose mais il a une certitude : la Nébuleuse se meurt…

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

Mon Avis : De Stephen Baxter je n’ai pas lu grand-chose mis à part quelques nouvelles ici ou là, et pourtant c’est un auteur de Science-Fiction que j’ai envie de découvrir depuis un long moment et dont j’entends beaucoup parler. La preuve, certains de ses romans parsèment ma PAL et ne demandent qu’à sortir. J’ai donc décidé de me lancer avec ce livre qui se révèle être le tout premier roman écrit de l’auteur (même si publié en France 17 ans après sa sortie en VO). Il faut dire aussi que la couverture, illustrée par Manchu, donne vraiment envie de lire ce livre.

Ce roman va nous plonger dans un anneau monde où les hommes, naufragés depuis des générations, survivent tant bien que mal en forant le cœur de l’étoile. On va suivre au travers de ce récit les aventures de Rees, héros qui se pose beaucoup de questions et se rend compte que son monde meurt. Un roman initiatique qui va se révéler très classique sur la forme avec ce personnage, sans aucune connaissance au début, et qui va au fil des ses voyages s’instruire et percer à jour le secret de son univers. En soit je dois bien avouer que l’histoire manque quand même, sur la forme, d’originalité, mais aussi de rebondissements. Elle n’est pas mauvaise en soi, mais m’a plus fait penser à un roman pour adolescent assez simple qui cherche à lui faire découvrir le Space Opera avec une assise scientifique efficace et non négligeable. On sent bien aussi, au fil des pages, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur dévoilant un certain manque de maîtrise dans l’enchainement des évènements et même dans certains dialogues.

L’intrigue se révèle pourtant entrainante, principalement à travers les différentes rencontres et découvertes que va faire le personnage principal ainsi que les différentes zones de l’anneau qu’il va découvrir. Le rythme se révèle enlevé et efficace, même si je reproche à l’auteur de vouloir par moment trop en faire dans le sensationnel. Au final une certaine simplicité se dégage de la façon dont est écrite l’histoire et c’est peut-être ça qui m’a dérangé, surtout après avoir tant entendu sur l’auteur et son côté hard science.  Mes attentes étaient peut être un peu trop élevé. De plus certaines scènes m’ont parues un peu trop irréalistes, je pense par exemple à la scène de sauvetage par la baleine. Pourtant, je suis loin d’avoir été complètement déçu par ce roman qui possède tout de même ses qualités et, une fois la dernière page tournée, s’est révélée plutôt sympathique malgré tout.

Car, ce qui fascine dans ce roman, c’est principalement son univers, cet anneau monde ou la gravité va se révéler être un élément primordial du décor. En effet elle va être le centre de l’histoire et va même déstabiliser par moment le lecteur de façon intéressante, tant les le tout parait différent tout en offrant une vision passionnante sur cette force naturelle. Imaginez-vous aussi voyager dans la nébuleuse sans appareil respiratoire, magnifique. De plus Baxter développe quelque chose qui se révèle vraiment fascinant à travers des idées originales, comme ces arbres permettant de naviguer ou encore certaines races extraterrestres, mais le tout possède une véritable cohérence et une certaine logique grâce aux explications avancées.

Il nous offre aussi un travail vraiment intéressant et toujours d’actualité sur les inégalités avec les mineurs qui s’acharnent à récupérer les métaux pour les habitants du radeau en échange de nourriture, même si parfois présenté de façon manichéenne. Au final on sent bien qu’il maîtrise complètement son univers arrivant à plonger le lecteur avec facilité à travers des explications scientifiques accessibles et loin d’être ardues.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment entrainants, nous emportant dans leurs aventures, mais j’ai trouvé qu’ils manquaient clairement de profondeur, parfois même de charisme et donnent une impression de déjà-vu par moment. Surtout ils se révèlent plus ballottés par les évènements que maître de ce qui leurs arrivent, comme s’ils avançaient par moment en attendant que la solution finale leur apparaisse comme par enchantement. Malgré tout certain plaisir nait à suivre l’interaction et l’avancée des ces protagonistes dans cet univers totalement nouveau, en effet c’est grâce à eux, et principalement Rees, qu’on va découvrir toute la grandeur et la magie de ce monde et tout comme lui on va se retrouver embarqué et émerveillé, même si par moment Rees parait quand même un peu naïf.

La plume de l’auteur n’est, certes, pas une des plus soignées que je connaisse, mais elle se révèle vraiment simple, entrainante et efficace. Surtout elle sert de façon réussie et compréhensible, par tous les différentes explications scientifiques, la construction de cet univers porté par la gravité. Au final je ressors tout de même avec un sentiment mitigé de ma lecture, j’avoue que j’en attendais plus dans la construction et la forme. Pourtant, pas mal d’éléments font que j’ai trouvé cette lecture et cette découverte sympathique me donnant envie de lire la suite du cycle voir, pourquoi pas aussi, d’autres romans de l’auteur. À voir si le second tome du cycle confirme les bonnes impressions que j’ai tout en gommant les imperfections.

En Résumé : Je ressors de ma lecture avec, j’avoue, un sentiment mitigé, mais plutôt positif, malgré certains points qui m’ont dérangé et dont j’attendais plus. L’intrigue se révèle vraiment entrainante et plutôt bien rythmée, mais la forme manque clairement d’originalité et de complexité. De plus on sent bien, dans la construction du récit et à travers les dialogues, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur, se révélant souvent assez simpliste. Et pourtant le roman m’a fasciné, principalement grâce à son univers, cet anneau monde à la gravité primordiale, qui se révèle fascinant à travers ses découvertes et ses rencontres. Les personnages nous happent dans leurs aventures, mais manquent parfois de profondeur et de charisme, se révélant même plus passifs qu’actifs. Je reproche aussi certaines scènes qui m’ont paru trop irréalistes, je pense principalement au sauvetage par la baleine. La plume de l’auteur se révèle simple, entrainante et porte parfaitement et de façon efficace le message scientifique mis en avant. Alors, certes je ne suis pas totalement convaincu, mais une lecture tout de même sympathique qui me donne envie de lire la suite pour me faire un avis plus complet.

 

Ma Note : 6,5/10

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