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Récits en meute ! (2)

Deuxième chronique de ce genre, où je continue à vous parler des nouvelles que je lis à droite, à gauche.

Warm Up de V.E. Schwab : Cette nouvelle nous fait suivre un homme qui est mort et qui a été ranimé, mais en possession de mystérieux pouvoirs. Depuis il a tout perdu et ne quitte plus son domicile. Il va alors trouver la force de sortir de chez lui. Une nouvelle intéressante, se révélant sombre et percutante qui joue beaucoup sur l’ambiance mise en place au fil des pages. L’auteur nous présente ainsi la possession de pouvoir comme quelque chose de sombre, de compliqué et qui apporte énormément de bouleversements, ce qui donne je trouve une touche intéressante et un minimum intelligente à son récit. La chute, surprenante et incisive s’avère franchement efficace et donne envie de découvrir le cycle dans lequel repose cette nouvelle.

C’est d’ailleurs peut-être le principal soucis de cette nouvelle, elle sert clairement d’introduction au cycle de l’auteur. Elle ne m’a pas paru complètement indépendante, puisque j’ai eu l’impression qu’il faut lire après le premier tome pour en découvrir plus sur cet univers sombre et les personnages croisés. Je regretterai aussi que certains aspects manquent parfois de profondeur. Au final une nouvelle divertissante, bien porté par une plume percutante, qui m’a donné un minimum envie de découvrir le cycle de l’auteur.

Ma Note : 6,5/10
Vous pouvez découvrir cette nouvelle en VO ici.

The Way of Walls and Words de Sabrina Vorvoulias : Cette nouvelle nous plonge dans la Nouvelle-Espagne et nous fait découvrir une étrange amitié entre Anica, jeune fille incarcérée par l’inquisition pour sa foi juive, et Bienvenuda une jeune fille Nahua convertie de force à la foi, mais qui pratique la magie de son peuple en cachette. On découvre ici une nouvelle que j’ai trouvée vraiment intéressante par ses sujets traités, que ce soit sur la religion, l’acceptation des autres et de leurs différences ou bien encore la notion d’amitié. Un texte intelligent, ouvert, qui ne cherche pas à imposer son point de vue, mais laisse le lecteur se poser les questions. Une histoire à la fois mélancolique et dure, qui ne m’a pas laissé indifférent, bien porté par des héroïnes  humaines et touchantes qui continuent à chercher la beauté dans ce monde.

Le côté fantastique apporte aussi un vrai plus au récit, principalement dans sa conclusion. Je regretterai peut-être juste un léger sentiment de trop peu, trop vite, au niveau de la force du lien qui va naître entre les deux jeunes filles. Elles arrivent à nous toucher par leurs histoires, leurs différences, leurs envies de liberté et leur amitié qui s’affranchit de tout cela, mais l’ensemble paraît traité de façon un peu trop rapide. Après cela reste une nouvelle, mais voilà peut-être que quelques lignes en plus aurait pu apporter un plus. Rien de non plus trop bloquant. La plume de l’auteur s’avère soignée, entraînante et efficace et nous plonge facilement dans son récit.

Ma Note : 7,5/10
Vous pouvez découvrir cette nouvelle en VO ici.

Le Terminateur de Laurence Suhner : Cette nouvelle, je l’ai lu au moment de l’annonce de la découverte des planètes du système Trappist-1 où trois d’entre elles pourraient être potentiellement habitables (même si les dernières études remettent un peu en cause cette théorie). L’auteur nous emmène donc dans un futur lointain, où l’une des planètes a été colonisé et où une jeune femme qui a une tâche personnelle à réaliser admire l’horizon. J’ai trouvé cette nouvelle très sympathique, qui repose clairement sur son côté contemplatif, offrant une vision assez intense et superbe de cette planète, bien amené aussi par des explications scientifiques soignées, sans se révéler non plus trop complexes ou trop lourdes. L’ensemble est bien porté par des descriptions qui offrent une vision, certes personnelle à l’auteur de cette planète, mais qui donne envie d’en apprendre plus, tout en nous rappelant l’importance de rêver, de garder espoir.

Alors après comme je l’ai dit l’histoire est très contemplative, associé à une nouvelle qui se veut aussi très courte (trois pages word), j’avoue qu’une fois terminée je suis quand même resté un peu sur ma faim. J’aurai aimé plonger un peu plus dans le monde que nous présente l’auteur. Cela n’enlève rien des qualités que j’ai soulevé précédemment, le tout soutenu par une plume efficace et entrainante. Au final une nouvelle sympathique.

Ma Note : 7/10
Vous pouvez découvrir cette nouvelle .

From the Editorial Page of the Falchester Weekly Review de Marie Brennan : Cette nouvelle se situe dans l’univers du cycle de Lady Trent et plus précisément entre le tome 3 et le tome 4. Vu que je viens de terminer le troisième tome, je me suis donc laissé facilement tenter, même si je ne pense pas qu’il soit obligatoire d’avoir lu les trois tomes pour la découvrir. On passera à côté de certaines références, mais rien de bloquant. Il s’agit ainsi d’une courte nouvelle qui nous fait découvrir un échange de lettres dans une revue scientifique entre l’héroïne Isabelle Camherst et Benjamin Talbot qui aurait découvert un légendaire cockatrice. Cet échange de lettres va rapidement dégénérer Mr. talbot prenant de haut Isabella, mettant en avant dans son argumentaire qu’elle est une femme. On y retrouve ainsi le travail réalisé par l’auteur depuis le début de son cycle concernant la position de la femme et la lutte régulière de l’héroïne pour se faire reconnaitre en tant que scientifique dans une société aux idées figées. C’est à la fois un texte intelligent et fun qui nous est proposé, qui se lit finalement assez facilement et avec plaisir.

Maintenant il s’agit clairement d’une nouvelle qui ravira, comme moi, les fan du cycle de Lady Trent. Je ne pense pas qu’il intéressera ceux qui sont passés à côté du roman pour relancer leur intérêt, ou bien ceux qui souhaiteraient découvrir le cycle. Moi j’ai trouvé ce court récit plutôt sympathique et un minimum divertissant, même si elle entre dans le vite lu, apprécié mais pas obligatoirement des plus marquant.

Ma Note : 6,5/10
Vous pouvez découvrir cette nouvelle en VO ici.

 

Les Enfantômes – Joëlle Wintrebert

Résumé : Avec Les Enfantômes, Joëlle Wintrebert (Les Olympiades truquées, Pollen, La Créode) s’aventure sur les terres du fantastique, sans pour autant délaisser la science-fiction. Les enfants qu’elle met en scène se battent à leur manière pour s’affranchir d’une vie qu’ils n’ont pas choisie : ainsi la fille-lune s’échappe de la ville sous-marine où on la retient prisonnière, la jeune migrante triomphe d’un enchantement qui la condamnait, le garçon malade s’évade dans le miroir qui lui rend sa force et ses jambes, la petite tisseuse verrouille la cruauté de son patron dans une tapisserie… Et souvent l’espoir jaillit de la rencontre avec l’autre, qu’il soit baladour, chimère, zorro des réseaux ou même, un autre enfant.

Edition : ActuSF

 

Mon Avis : Joëlle Wintrebert, j’avoue que je connais plus son travail de traductrice, c’est elle qui a réalisé la traduction de Blitz et All Clear de Connie Willis, que son travail d’auteur. Quand on m’a proposé de découvrir un recueil de l’auteur reprenant quelques-unes de ses nouvelles, je n’ai pas hésité longtemps avant de me laisser tenter. Concernant la couverture, illustrée par Philippe Caza, je la trouve réussie et sympathique. Il est à noter que ce recueil de nouvelles est disponible que en numérique, en effet la maison d’édition ActuSF a décidé de publier tous les mois des livres 100% numériques. Ce livre comporte ainsi douze nouvelles.

Les enfantômes : Une nouvelle très courte, d’à peine quelques pages, qui est loin d’être la plus marquante, mais qui se lit vite, facilement et met en place les grands axes des textes de l’auteur que sont les enfants. Quelques idées sont aussi soulevées concernant la guerre et la position des enfants face à cette tragédie. Cela fait réfléchir et s’avère fluide et vivant, mais aurait mérité plus de profondeur à mon goût.

L’oeil rouge du coutelier : Une nouvelle fantastique qui va lier une jeune fille avec d’étrange pouvoir et un couteau au rubis envoutant. J’avoue j’ai trouvé ce texte très agréable à lire et à découvrir. La plume de l’auteur, envoutante et captivante, marche à la perfection ici happant rapidement le lecteur. L’intrigue, certes linéaire, est mené sur un rythme efficace, montant en tension au fil des pages. On y trouve aussi des notions, présentes dans la plupart des textes, sur la jeunesse, mais aussi ici sur le vide, la fin. Un bon texte, intrigant et entraînant.

Le miroir magique : Cette nouvelle nous parle de la grave maladie d’un enfant et d’un miroir magique. Un très joli conte, qui traite, je trouve, de façon efficace et touchante de la maladie et de tout ce que cela entraîne. Le côté fantastique apporte un plus au récit qui développe une conclusion touchante, à la fois triste et pleine d’espoir. Certains passages sont peut-être traités trop rapidement, mais rien de trop bloquant.

Bébé tigre : Cette nouvelle traite de façon concise et, certes, un peu courte du travail des enfants à travers une jeune fille prodige dans le tissage de tapis vendu à un tisserand loin d’être un ange. Une histoire plutôt sympathique, courte et percutante, qui manque quand même de profondeur pour franchement se révéler marquant. Un texte que je classerai vite lu, apprécié, mais vite oublié, même si quelques idées sortent du lot.

Le ciboire : On entre ici dans la nouvelle fantastique légèrement teinté d’angoisse. On suit ainsi un frère et une soeur qui vadrouille à travers la région et qui vont découvrir une chapelle abandonnée. Entre conte et récit sombre, le texte se révèle plus que plaisant et entraînant, même si de nouveau je trouve que certains aspects sont traités un peu trop rapidement. J’ai bien aimé la chute qui a pris à contre-pied, je trouve, un des éléments fantastiques.

La voix du sang : Voilà une des nouvelles dont j’ai le moins accroché dans ce recueil. Elle traite de l’histoire d’un enfant qui, martyrisé par son père, cherche à se venger pour vivre paisiblement avec sa mère. J’en ai vu les idées, mais voilà j’y ai retrouvé les défauts des autres textes mais accentués. Elle manquait de profondeur, de complexité pour ma part et de plus la chute, qui se veut percutante, n’a pas réussi à me toucher. Clairement, je suis passé à côté de ce récit.

Victoire : De nouveau on plonge avec ce récit dans le fantastique légèrement angoissant, mais avec peut-être un peu moins de réussite à mon goût que Le Ciboire. On découvre ainsi Victoire, une vieille dame qui sent sa fin proche et part à la recherche d’une « héritière ». Le texte n’est pas mauvais, plutôt bien écrit et fluide, mais voilà le côté déjà-vu fait que l’ensemble est un peu prévisible. De plus, un personnage tombe un peu dans la caricature je trouve, comme si le texte avait mal vieilli. Rien de bien méchant non plus, offrant tout de même une sympathique lecture.

Les enfants du vent : Une courte nouvelle qui nous présente un peuple sédentaire qui va voir passer, comme c’est le cas à fréquence régulière, un peuple nomade. Cette nouvelle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, se révélant trop courte selon moi, manquant de profondeur et surtout proposant une fin que j’ai trouvé abrupte. La nouvelle n’est pas mauvaise en soit, mais ne correspond pas aux attentes que je pouvais avoir une fois celle-ci terminée.

L’enfant du lignage : On suit dans cette nouvelle Niall, jeune garçon qui va découvrir qu’on lui a menti depuis tout petit sur sa vie, le tout dans un monde qui a connu une grande tragédie. Un texte que j’ai trouvé très efficace et intéressant dans les idées soulevées, que ce soit dans les notions d’écologie, d’acceptations des autres  ou bien encore sur la société décrite. La tension monte lentement au fil des pages pour aboutir à une conclusion explosive dont mon seul léger regret est qu’elle m’a paru un peu trop ouvert et avec un petit happy-end un peu facile. Pourtant j’accroche souvent ben aux conclusions ouvertes.

L’oasis : Cette nouvelle nous fait découvrir Khadija qui va devoir faire face à une épidémie qui menace d’emporter sa mère. Un texte pas mauvais, qui soulève quelques questions sur le côté scientifique et la capacité des hommes à corrompre leurs expériences. Certes le questionnement est légèrement binaire, mais plutôt intéressant. L’intrigue, sans révolutionner le genre, fonctionne plutôt bien. Mon seul regret vient de la fin qui est beaucoup trop rapide, reposant sur des deus ex machina faciles et qui offre une conclusion en happy end qui en fait un peu trop.

La fille lune : La fille lune est une histoire d’amour interdite sur fond de science-fiction. Un texte plutôt sympathique et agréable, bien porté je trouve par les deux héros, mais qui de nouveau manque un peu de complexité pour clairement dévoiler son potentiel ainsi que son univers à mon goût. Comme si l’auteur avait peur de développer  un peu plus la toile de fond qu’elle propose et de s’y perdre. Reste une lecture agréable et divertissante.

Le don des chimères : La nouvelle la plus longue du récit et aussi une des plus intéressantes, même si on y retrouve certains des défauts habituels que j’ai noté dans les différentes nouvelles. Un texte intéressant, qui nous présente un avenir proche qui a réussi à, d’une certaine façon, évoluer dans le bon sens. Des découvertes ont permis d’éviter certaines crises, mais les grands groupes restent toujours au pouvoir. Un récit qui offre ainsi un minimum de réflexion, tout en proposant une ligne d’intrigue efficace et surprenante. Alors après je regretterai à nouveau un manque de profondeur sur certains points, des transitions émotionnelles un peu frustre et une fin qui cherche un peu trop la fin heureuse, mais rien de non plus trop dérangeant.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui offre un ensemble de textes aux idées intéressantes, portés par une plume que j’ai trouvée soignée et par moment envoutante. On sent aussi clairement l’envie de l’auteur de mettre en avant comme héros l’enfant dans son innocence, sa découverte de la vie mais aussi et surtout dans ses nuances, ses souffrances, et ses contraintes qu’il peut se voir imposer. On découvre ainsi des personnages complexes et souvent denses, intéressants à découvrir dans leurs actes et leurs envies. Après, tout n’est pas non plus parfait et on retrouve souvent dans ces textes les même défauts, ou tout du moins des éléments qui ne répondaient pas à mes attentes. J’ai ainsi trouvé que par moment l’auteur n’allait pas toujours assez en profondeur de ce qu’elle met en place, souvent dans la création de ses univers qui ne sont finalement là que pour soutenir ses idées. Le rythme est parfois trop rapide et saccadé principalement vers la fin comme si l’auteur se limitait en pages. Parfois cela manque aussi de complexité ; je ne cherche pas toujours de la SF dure ou du fantastique pointu, mais par exemple énoncer de nombreuses technologies ou évolutions sans jamais les expliciter et les rendre cohérentes à l’univers construit m’a un peu frustré. Enfin, dernier point qui est peut-être aussi clairement personnel, mais offrir des conclusions ou tout s’arrange parfaitement à la fin avec embrassades et cotillons m’a paru parfois trop facile. Attention au final j’ai plutôt apprécié ce recueil qui se lit facilement et ne manque de divertir un minimum, j’avais juste peut-être plus d’attentes.

 

Ma Note : 7/10

Fleurs au Creux des Ruines – Chloé Chevalier

fleurs-au-creux-des-ruinesRésumé : Près des forêts anciennes où chassent les premiers hommes, dans le roc des montagnes, on creuse les fondations des royaumes à venir. On y rêve de concorde, d’arts et d’amour, on y bâtit palais, ponts et destinées. Les siècles passent.
Ores vient la fin des temps, le sol tremble, la mer boue, et s’écroulent les cités qu’on croyait éternelles, en une pluie de poussière plus sombre que le jour. Mais des cendres renaît l’espoir, et s’amorce un nouveau cycle. Fleurs au creux des ruines nous conte l’histoire du Demi-Loup.

Edition : Hélios

 

Mon Avis : Chloé Chevalier m’avait agréablement surpris avec les deux premiers tomes de son cycle sur Le Demi-Loup qui m’offraient de très bons moments de lectures, proposant un Fantasy dense, poétique et franchement efficace (Chronique du Tome 1, Tome 2). Par conséquent je n’ai pas attendu longtemps avant de faire rentrer dans ma PAL et me lancer dans la lecture de ce petit recueil de nouvelles qui a pour but densifier l’univers proposé par l’auteur. Il permet aussi de patienter avant la sortie du troisième tome dont la publication est normalement prévue courant de l’année 2017 (j’ai lu un prévisionnel pour Automne 2017 pour être plus précis, mais rien de validé je crois). Concernant la couverture, toujours illustrée par Melchior Ascaride, je la trouve comme toujours très réussie. A noter que ce livre contient quatre nouvelles.

Notre Première Graine : Cette première nouvelle nous propose ainsi de découvrir la base du royaume de Demi-Loup où on y découvre, à travers le journal intime d’un souverain, un peuple qui est en guerre, envahi par le roi Aldemar. Un texte vraiment puissant et intéressant à découvrir, se révélant à la fois humain, que ce soit dans ce qu’on découvre à travers notre héros dans son rôle avec son peuple et sa fille, mais aussi dans son côté politique. Un récit qui nous rappelle finalement que c’est le vainqueur qui écrit l’histoire, faisant toujours la part belle à des « héros » qui ne le sont pas toujours et oubliant par moment ceux qui ont tout perdu. Un texte que j’ai trouvé percutant et assez poignant pour me happer. Le meilleur texte du recueil selon moi.

L’Art ou la Viande : Ce texte nous propose de suivre une correspondance croisée entre deux amoureux transis qui se retrouvent séparé par des choix de vies qui auraient dû, à la fin, aboutir à leur mariage. Sauf que ce sera loin d’être le cas. Avec cette nouvelle on rentre dans le principal soucis que j’ai rencontré avec ce recueil. Les nouvelles, décortiqués et dans les grandes lignes, sont intéressantes et à fort potentiel, mais voilà elles sont beaucoup trop courte et offrent beaucoup trop de détails en trop peu de pages à mon goût pour vraiment s’imposer. Cette nouvelle en est le parfait exemple car, entre les explications sur l’armée et les serves, l’aspect émotion qui doit apparaitre entre ses personnages qui vont s’éloigner ou encore le jeu politique que met en place l’auteur (et qui offre une résonance intéressante et cynique avec le cycle Véridienne), il y en a beaucoup trop en pas assez de pages. Cela a pour effet que l’histoire d’amour de nos héros et le drame qui se met en place n’accroche jamais vraiment, paraissant même convenu et qu’un certains nombres d’informations paraissent développés de façon trop succinctes et rapides pour vraiment marquer. Dommage, car l’aspect social du pays parait vraiment intéressant à développer dans cette nouvelle.

Lors Chantèrent les Bêtes : A travers cette nouvelle l’auteur tente de nous proposer un texte présenté un peu comme une archive qu’on viendrait de déterrer ; un journal intime dont des morceaux de textes se sont perdus et qui viennent nous conter une terrible apocalypse qu’a connu le royaume. En effet de forts tremblements de terre surviennent, lié à l’éruption d’un volcan, qui va complètement bouleverser la géographie et amener son lot de catastrophes et de morts. Un texte que j’ai trouvé très sympathique à découvrir, dont ce sentiment de fin du monde se fait clairement ressentir, ainsi que la détresse qui peut s’en dégager dans la quête du personnage principal. Sauf que voilà, de nouveau j’ai trouvé le récit trop court ce qui fait que l’ensemble manque de force et, de plus, je trouvais que l’ensemble manquait de développement dans l’Histoire. On a ainsi un peu de mal à vraiment intégrer ce récit dans le Demi-Loup et dans la chronologie que cherche à construire l’auteur dans ce recueil.

La Tour sous le Gris : Ce récit se situe chronologiquement des années après la grande catastrophe présentée par la nouvelle précédente. Plus classique dans sa construction, elle se révèle par contre intéressante dans ses personnages et les pierres qu’ils viennent mettre en place dans ce renouveau du Royaume. Une certaine tension se dégage et un sentiment de reconstruction apparaît de façon intéressante dans sa conclusion. Le côté survivant est ainsi bien amené, intéressant dans sa construction et apporte un vrai plus au récit. Une dernière nouvelle que j’ai trouvé plutôt efficace et qui vient clôturer de façon intéressante ce recueil.

 

En Résumé : Au final un recueil qui me laisse un léger sentiment mitigé, car même si l’ensemble reste tout de même assez sympathique je ne ressors pas entièrement captivé par ma lecture. Je ne remets pas en cause la capacité de conteuse de l’auteur qui est présente à travers ces quatre textes, sa capacité à trouver des idées intéressantes, le tout porté par une plume plus qu’efficace avec une certaine poésie qui s’en dégage. Mais voilà je pense que j’avais des attentes un peu trop grandes que ce qui est proposé dans ce (trop) court recueil qui parait ainsi ne faire que survoler les idées ce qui fait que j’ai trouvé que l’image de fond que cherchait à mettre en avant l’auteur manquait de densité. Attention, je n’attendais pas à ce que l’auteur se lance dans des annexes du genre de celle de Tolkien et son univers, mais voilà une fois la dernière page tournée de ce petit livre, j’ai eu l’impression d’une mise en bouche beaucoup trop rapide pour complètement me happer. Par contre il pourrait servir, pour ceux qui ne connaîtraient pas l’univers, à se faire un avis. Cela ne m’empêche pas pour autant d’attendre le troisième tome du cycle avec impatience.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Just A World, Phooka, Boudicca, Cédric Jeanneret, Bouch’, …

Récits en meute ! (1)

Bon, nouvelle chronique que je lance. A voir si je la tiendrai sur la durée et si vous, lecteurs de ce blog, êtes intéressé. En effet depuis quelques semaines maintenant, je me suis mis à lire des nouvelles, voir des novella, qui sont disponible sur le net, que ce soit par des éditeurs, des magazines ou d’autres sites.  Vu qu’écrire un article complet sur une nouvelle me paraissait exagéré j’ai donc décidé de créer une chronique qui regrouperait ce genre de lecture. Je pense aussi y inclure les textes achetés à l’unité qu’il m’arrive de me procurer. N’hésitez pas à me faire des retours sur l’intérêt que vous portez à ce genre d’articles.

the lithany of earth

The Litany of Earth de Ruthanna Emrys : Cette nouvelle est un peu particulière puisqu’il s’agit d’un hommage à la mythologie Lovecraft, reprenant les mythes et l’univers des grands anciens. On y suit Aphra Marsh, de la famille des Marsh bien connue de ceux qui suivent l’auteur, qui après l’intervention de l’état à Innsmouth, a fui pendant plusieurs années. Revenue à San Francisco elle cherche à retrouve une vie paisible, mais le FBI la contacte. Au final je dois bien admettre que j’ai bien aimé cette nouvelle. L’auteur a déjà pris le parti de se placer de l’autre côté, en nous proposant une héroïne qui ne se retrouve pas par hasard mêlée aux grand anciens, mais dont la famille faisait partie de ceux qui lui vouait un culte. Cela lui permet clairement de travailler un autre point de vue qui, certes, jouera peut-être un peu moins sur la peur et l’angoisse, mais offre ainsi un travail plus intimiste sur l’héroïne et ce qu’elle  a perdue, le tout dans une ambiance étrange qui colle bien au récit.

L’univers se révèle solide, cela fait longtemps que je n’ai pas lu de Lovecraft, mais je n’ai pas noté d’éléments qui m’ont fortement troublé ou dérangé dans la mythologie. L’ensemble reste cohérent et ajoute une ambiance un peu sombre, mystérieuse à ce récit et à cette héroïne. Car finalement oui, le point fort, je trouve, c’est Aphra Marsh, sa vision du monde suite à son enfance, sa façon de gérer les évènements, soulevant ainsi quelques petites questions sur le rôle de l’état dans la liberté des autres. On découvre ainsi un personnage sensible, humain, captivant, mais qui possède une certaine force de caractère. Après, le récit ne peut éviter la comparaison avec ceux de Lovecraft et même si j’ai bien aimé ce texte et qu’il se lit très facilement, il ne m’a pas autant marqué. Maintenant le texte est assez court, ce qui fait que, selon moi, la fin est un peu précipitée, malgré un dernier paragraphe touchant et intéressant. L’auteur a prévue d’écrire d’autres récits avec cette héroïne et je me laisserai sûrement tenté principalement par son traitement différent du sujet, son héroïne et pour voir ce qu’elle va proposer.

 

Ma Note : 7/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

Ratspeak de Sarah Porter : Cette nouvelle nous fait découvrir Van, qui rêve d’apprendre le langage des rats. Après être intervenu pour sauver l’un d’entre eux, il va demander a ce que son rêve se réalise. Sauf que voilà, les rats ne sont pas des plus intéressés par cette idée, mais ils ont une dette envers le jeune homme. Il s’agit ici d’une nouvelle à chute, qui cherche à construire au fil du récit une ambiance dérangeante entre ces rats qui ne veulent pas que leur langage, et par la même occasion leurs secrets, soient dévoilés, et ce jeune homme qui rêve de devenir un rat, quitter ce monde qui ne le comprend pas vraiment et inversement. Une sorte de lutte psychologique va ainsi s’instaurer entre les deux camps. L’auteur cherche clairement le divertissement, l’ensemble se lisant assez facilement et rapidement, sans trop d’anicroches.

Sauf que voilà, même si la nouvelle reste assez sympathique, le côté très court de celle-ci l’empêche de vraiment pouvoir offrir plus. Le héros manque un peu de profondeur, que ce soit sur son sentiment de rejet comme ce qui tourne autour de sa famille, et les évènements son traités trop rapidement pour bien réussir à mettre en avant cette ambiance légèrement angoissante et dérangeante que cherche l’auteur. Les personnages secondaires sont juste là pour tenter de travailler le climax sans vraiment captivé. Les questions soulevées sur l’importance du langage manquent un peu de densité aussi. Au final je classe ce récit dans le vite lu, un minimum apprécié, mais vite oublié.

 

Ma Note : 6/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

The Weight of Memories de Cixin Liu (traduit par Ken Liu) : Il s’agit ici d’une très courte nouvelle qui nous propose de réfléchir sur l’idée de réveiller la mémoire de ces ancêtres à un foetus. La construction du récit repose ainsi, dans un futur lointain, sur un dialogue entre la mère, le foetus et le docteur qui a permis ce prodige. Un texte qui repose sur une idée vraiment très intéressante et qui n’était pas sans me rappeler l’enfant génie d’une nouvelle de Egan (Eugène si je ne me trompe pas), mais proposant un traitement complètement différent. De nombreuses réflexions sont ainsi soulevées, que ce soit sur l’aspect scientifique, sur la mémoire, sur les conséquences d’une telle expérience, ou bien encore sur cette question : si on implante la mémoire d’une personne dans une autre est-elle toujours la même personne ? Je dois bien avouer que l’ensemble s’avère franchement percutant, intelligent et ne laisse pas indifférent le lecteur. J’ai posé ce texte avec encore pleine de questions et de thèmes qui se bousculaient dans ma tête.

L’aspect scientifique est minimisé au possible, évitant ainsi de tomber dans le hard science pour un si court texte, et permet à un large public de le lire, mais possède aussi l’effet inverse de se demander si une telle expérience est réalisable ou pas et de remettre ainsi en question sa véracité. Mais là c’est mon côté scientifique qui parle. Là où par contre je suis resté plus circonspect c’est sur la construction de récit, sous forme de dialogue, qui n’a pas complètement réussi à m’embarquer. J’ai eu l’impression que le récit manquait d’une certaine empathie, d’un peu d’émotion pour encore mieux porter ses idées et ses personnages. C’est un choix de l’auteur pour rendre son texte plus percutant, mais qui m’a un peu dérouté. Cela n’empêche pas cette nouvelle de se révéler très intéressante sur le fond et me donne envie de lire The Three-Body Problem qui est dans ma PAL.

 

Ma Note : 7/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

 

Memories of my Mother de Ken Liu :  On plonge ici dans une très courte nouvelle où, une jeune maman atteinte d’une maladie incurable, pour pouvoir voir sa fille grandir, décide d’aller régulièrement dans l’espace. Elle se sert des lois de la physique, de la relativité, pour ralentir le temps et ainsi revenir la voir régulièrement. Sauf que quand sa fille gagne des années de vie, elle ne vieillit que de quelques mois. L’auteur nous propose ici un thème fort et traité de façon vraiment intelligente. Une relation mère/fille fascinante par son côté étrange, la fille vieillissant plus vite que la mère, mais qui est se révèle finalement naturelle, surprenante, efficace et pas si différente des relations classiques. L’auteur nous dresse en quelques mots des personnages attachants et humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, mais c’est surtout un sentiment d’amour qui se dégage, je trouve, de ce texte. Cet amour filial qui brave le temps et l’espace, mais qui possède toujours ses hauts et ses bas. Une nouvelle réussie, d’une grande qualité, avec une conclusion intime et touchante. J’ai d’autres récits de Ken Liu dans ma PAL ils ne vont pas faire long feu.

 

Ma Note : 8/10
Vous pouvez lire cette nouvelle en VO ici.

Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Dangerous Women, Part 2 – Anthologie dirigée par George R.R. Martin & Gardner Dozois

Dangerous WomenRésumé : All new and original to this anthology, the twenty-one stories in Dangerous Women include work by twelve New York Times bestsellers, and seven stories set in the authors’ bestselling continuities-including a new « Outlander » story by Diana Gabaldon, a tale of Harry Dresden’s world by Jim Butcher, a story from Lev Grossman set in the world of The Magicians, and a 35,000-word novella by George R. R. Martin about the Dance of the Dragons, the vast civil war that tore Westeros apart nearly two centuries before the events of A Game of Thrones.
Also included are original stories by Brandon Sanderson, Joe Abercrombie, Sherrilyn Kenyon, Lawrence Block, Carrie Vaughn, S. M. Stirling, Sharon Kay Penman, and more.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : Après vous avoir fait découvrir mon avis sur les onze premiers textes de cette anthologie (ma chronique ici), je vous propose maintenant de nous lancer dans la découverte des dix dernières nouvelles.

The Girl in the Mirror de Lev Grossman : Cette nouvelle se situe dans l’univers des Magiciens, dont j’ai pas mal entendu parlé, publié en VF, mais qui ne m’a pas encore convaincu de lui laisser une chance. J’espérais que cette nouvelle jouerait le rôle de déclencheur, et il a presque failli réussir. En effet le démarrage de cette nouvelle se révèle vraiment intéressante par son ton, le style de l’auteur qui se révèle efficace et percutant, proposant de nombreuses références à la Harry Potter, tout en les prenant à contre-pied ainsi qu’une intrigue plutôt intéressante et pleine d’humour. L’héroïne que l’on suit possède un petit quelque chose d’attrayant qui donne envie d’en apprendre plus sur elle. Sauf que voilà l’ensemble se révèle clairement linéaire et surtout la conclusion tombe à plat et m’a légèrement déçu. Dommage, car il y a du potentiel.

Second Arabesque, Very Slowly de Nancy Kress : De Nancy Kress j’ai lu quelques nouvelles et novella qui m’ont plus ou moins convaincu. Je me lançais donc dans ce texte avec réserve, ne sachant pas à quoi m’attendre. Et finalement je ressors plus qu’agréablement surpris et convaincu. L’auteur nous plonge dans un univers futuriste, où suite à un évènement les femmes fécondes se font de plus en plus rare. Le reste de l’humanité se déplace alors en pack et possède une philosophie qui va clairement à l’essentiel et à la survie, avec des castes. Un avenir fascinant et dérangeant où la sauvagerie reste présente. Sauf que voilà lors d’un arrêt près d’un Opéra, la notion de beauté va bouleverser le pack que l’on suit et notre héroïne. Un récit qui se révèle réussi, que ce soit au niveau de son univers, ou vient se mélanger fin du monde, violence et beauté du ballet. Les personnages ne manquent pas non plus d’attraits, se révélant humains, complexes et intéressants, où même les plus discrets surprennent. Les réflexions soulevées ainsi que les intrigues secondaires s’avèrent aussi entraînantes et ne laissent pas indifférent. Un très bon moment de lecture à la conclusion plus que percutante.

City Lazarus de Diana Rowland : Cette nouvelle nous plonge dans la ville de La Nouvelle d’Orléans où l’on suit un flic désabusé et pourri, qui va faire une rencontre qui va l’amener à changer. J’avoue j’ai bien aimé cette nouvelle, sur l’intrigue elle ne paraît pas révolutionner le genre et reste facilement prévisible, mais elle possède une ambiance efficace, des rebondissements et s’avère bien écrite pour captiver assez rapidement. La Nouvelle Orléans est une ville toujours autant énigmatique, qui donne envie d’en apprendre plus, qui se relève toujours fascinante malgré tout ce qu’elle a subi, même si elle possède une sacrée zone d’ombre et de violence. Les personnages, même s’ils sont un peu caricaturaux, ne manquent pas d’attraits et donnent envie de suivre leurs aventures. Mon seul petit regret et que le twist final est prévisible dès le début. Au final une nouvelle sympathique et divertissante, qui offre un agréable moment de lecture, même si loin de s’avérer la plus marquante.

Virgins de Diana Gabaldon : Cette nouvelle se situe dans l’univers d’Outlander que je ne lis pas et dont je ne suis pas non plus la série TV. Elle se situe, si j’ai bien compris les explications de la Marmotte, avant le premier tome et l’on suit Jaime et Ian à Bordeaux. Je dois bien avouer que ce texte est bien écrit, qu’il possède un travail historique soigné et des personnages convaincants, touchants et entraînants. L’auteur s’adapte même au niveau de l’accent Ecossais (je me demande d’ailleurs ce que cela doit donner en VF), qui montre bien le soin qu’elle porte à l’ensemble. La relation entre Jamie et Ian s’avère intéressante, offrant même quelques scènes pleine d’ironie et d’humour. Mais voilà l’intrigue manque franchement de force à mon goût pour vraiment marquer. Peut-être que les fans de la série seront plus happés, mais moi je la classe dans le vite lu, apprécié et vite oublié.

Hell Hath No Fury de Sherrilynn Kenyon : Alors je n’ai jamais rien lu de l’auteur qui, si j’ai bien compris, est une habituée de la romance paranormale. On plonge ici avec une équipe de jeunes qui décident d’aller en expédition dans une région maudite. Bon autant être clair, je n’ai pas aimé cette nouvelle, pas parce-qu’il s’agit d’une romance fantastique, mais parce que l’intrigue est cousue de fil blanc, les personnages sont plats et manque d’intérêts et les rebondissements sont prévisibles au possible avec une conclusion trop rapide qui parait un peu bâclée. On évitera aussi de parler de la morale qui est juste enfantine au possible. Je ne sais pas ce que vaut l’auteur dans un format plus long, mais cette nouvelle ne m’a pas vraiment donné envie de la découvrir. De plus, ce texte tombe dans de nombreux clichés sexiste, ce qui est franchement dommage pour une anthologie sur les femmes dangereuses.  Après je suis peut-être passé à côté de quelque-chose aussi.

Pronouncing Doom de S.M. Stirling : On plonge ici dans un monde post-apocalyptique où plus aucune technologie ne parait fonctionner, on ne sait pas trop pourquoi, et où l’humanité a dû s’adapter et s’est tournée vers des croyances et une justice différente. On va suivre ici le procès d’un homme qui a agressé sexuellement une jeune femme dans un village. L’intérêt de ce texte vient des questions qu’il soulève que ce soit sur la notion de justice, de culpabilité, de présomption d’innocence ou bien encore de morale. Cette justice dérange d’un côté, mais offre ainsi de nombreuses réflexions au lecteur qui font aussi écho à notre société. Sauf que voilà de l’autre côté j’ai trouvé que tout ce que construit l’auteur sur le monde post-apo ou encore sur l’idée de religion et de mythe se révèlent un peu lourd, n’apportant pas non plus grand-chose à l’intrigue et donnant plus l’impression de remplir les pages. De plus, la morale sur laquelle se basent le récit m’a par très US m’a paru s’être imposé trop rapidement et facilement. Dommage, car il y avait du potentiel pour tellement plus. Au final une nouvelle tout de même sympathique.

Name the Beast de Sam Sykes : Une mère et sa fille vont en forêt apprendre à cette dernière à traquer et tuer la Bête. D’un autre côté on suit une famille. Une nouvelle que j’ai trouvée très réussie, qui joue parfaitement sur deux lignes d’intrigues différentes et sur les ellipses pour amener le lecteur de façon surprenante à une conclusion liant les deux récit qui se révèlent marquante, troublante et percutante. L’auteur en quelques mots brosse des personnages captivants et intéressants et offre un aspect émotionnel efficace et touchant. Une nouvelle plus que réussie, jouant avec le lecteur sur un rythme lent, l’angoisse montant au fil des pages et happant très rapidement.

Caretakers de Pat Cadigan : Cette nouvelle nous propose un récit contemporain où l’on suit deux sœurs dont l’une d’elle, après avoir regardée une émission sur les tueuses en séries et s’être rendu compte qu’elles travaillaient souvent dans le social, devient volontaire dans le centre où est traité leur mère. Une histoire somme toute très sympathique, mais qui manque d’un petit quelque-chose pour s’avérer marquante. J’avoue ainsi m’être assez rapidement attaché à ses deux sœurs et aux problèmes qu’elles rencontrent. L’auteur nous offre aussi quelques réflexions sur les centres de traitement et sur la maladie d’Alzheimer qui, certes, se révèlent moins percutante que celles de Hobb, mais ne manquent pas de faire réfléchir. Dommage que l’ensemble soit un peu convenu, ce qui fait que l’ensemble m’a paru manquer d’un peu de peps avec une fin facilement devinable. Au final une nouvelle qui m’a tout de même offert un agréable moment de lecture.

Lies My Mother Told Me de Caroline Spector : Cette nouvelle se situe dans l’univers Wild Card, dont j’ai le premier recueil dans ma PAL qu’il faudrait que je fasse sortir un de ces jours. L’auteur nous propose une nouvelle de super-héros, où l’on suit la superhéroïne Bubbles à la Nouvelle Orléans dont on va chercher à manipuler. J’ai trouvé la nouvelle réussie dans son genre, ne cherchant pas obligatoire à révolutionner le genre et possédant un côté très comics, mais s’avérant prenante avec une bonne dose d’humour et une ambiance sombre et violente qui lui colle bien. Les personnages se révèlent efficaces et possèdent ce qu’il faut d’émotion pour s’avérer attachants. L’univers de super-héros se révèle un peu binaire, mais au fil des pages parait plus complexe qu’on peut le penser. L’auteur construit ainsi un récit solide et prenant qui me donne envie d’en découvrir plus.

The Princess and the Queen de George R.R. Martin : On termine avec le gros morceau de cette anthologie, la nouvelle de George R.R. Martin dans l’univers du Trône de Fer se situant 200 ans avant le début du cycle. Les dragons sont toujours présents et les Targaryan règnent sur Westeros. A la mort du Roi une guerre va alors éclater pour le trône. L’auteur présente ainsi son texte comme une chronique historique, ce qui pourra en surprendre plus d’un, offrant une narration assez détachée et distante, mais permet d’ajouter une pierre supplémentaire à son univers. Je dois bien avouer que ce texte pourra surprendre de par sa densité, en effet il y a énormément de personnages, d’informations et il n’est pas facile de s’y retrouver. De mon côté j’ai trouvé ce texte clairement réussi, nous offrant vraiment une part historique passionnante de Westeros, avec de nombreux passages fascinants et épiques. La guerre du trône n’est pas sans rappeler certaines ayant existé, et le jeu d’alliance et de trahison se révèle fascinant. La plume de l’auteur, que je ne connaissais pas en VO, est entraînante et efficace. Au final une nouvelle efficace, qui certes déroute par sa multitude de personnages et son côté un peu austère, mais qui m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette anthologie qui nous propose 21 nouvelles de genres différents, allant du polar à l’imaginaire, sur le thème des femmes dangereuses. Alors certes, tous les textes ne sont pas au même niveau et je suis passé à côté de quelques uns, ce qui n’a rien de surprenant avec 21 auteurs différents, mais dans l’ensemble j’ai plus qu’apprécié ces récits. Certains sortent même vraiment du lot, offrant des intrigues et des héroïnes vraiment fascinantes. Concernant le thème, il m’a paru par moment pas toujours respecté, je cherche encore pour certains la Dangerous Women, mais rien de vraiment dérangeant ou bloquant. La variété des univers présentée permet aussi à des lecteurs différents de s’y retrouver et, qui sait, permet ainsi de découvrir de nouveaux auteurs (je lorgnerai bien vers certaines auteures historiques). Au final une anthologie qui, je pense, mérite d’être découverte.

 

Ma Note : 8/10