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Faux-Semblance – Olivier Paquet

Résumé : Nous recherchons les correspondances entre les univers…
Quatre zones de conflit. Entre humains et extraterrestres ; entre mémoire et oubli ; entre adultes et enfants ; entre nature déchaînée et ce qu’il reste de la civilisation. Sous les cieux étrangers de galaxies lointaines, sur des champs de bataille envahis de cadavres, ou bien face à la vague qui a tout balayé, il faut imaginer de nouvelles façons d’aller plus loin. Même s’il faut achever de détruire pour renaître.
Les personnages d’Olivier Paquet ne renoncent jamais. Ce sont avant tout des survivants, des héros abîmés qui tentent de redonner du sens à leur vie. Grâce à la catastrophe qui les a laissés nus, ils redécouvrent ce qu’ils sont. Et ils trouvent la force de tendre la main vers l’autre, l’étranger, pour ouvrir ensemble des portes.

Jean-Claude Dunyach

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent mon blog depuis longtemps, vous devez savoir que je suis un admirateur des différentes publications d’Olivier Paquet. Depuis ma découverte de ses écrits avec Les Loups de Prague, je ne suis jamais passé à côté d’une de ses publications et je n’ai jamais non plus été déçu, car il offre à chaque fois des récits de Science-Fiction humains, prenants et efficaces. Il était donc normal, lors des dernières Utopiales, que je reparte avec ce nouveau recueil de nouvelles. Après, comme souvent avec une PAL ingérable, j’ai mis un peu de temps avant de laisser une chance à ce Faux-Semblance, mais il y a quelques jours j’ai décidé de le sortir de ma bibliothèque. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve franchement très réussie. Ce recueil comporte ainsi quatre nouvelles, trois qui avaient déjà été publiées et une inédite et je vais faire un retour sur chacune d’entre elles.

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Utopiales 2016, Anthologie – Collectif

Résumé : En 2016, les treize nouvelles de l’anthologie officielle des Utopiales s’interrogent sur la thématique de la machine.
Pèle-mêle, on y croise ainsi une vieille dame artificielle pas décidée à mourir, un diable lumineux gardant un terrible secret, un homme dont plus de 50 % du corps a été remplacé par des prothèses, une femme robot aux charmes ambigus…
… mais aussi un concert virtuel plus vrai que nature, des tofus permettant de voyager dans l’espace, une course-poursuite de magiciens, un étrange artefact martien, un gentleman aux manières trop parfaites, un jeu vidéo meurtrier, une montre à l’origine de curieux décalages temporels, des truites psalmodiant en choeur «Innsmouth» et même André Brahic et une licorne.
Treize textes pour s’émerveiller, s’interroger et se marrer franchement, portés par treize plumes incontournables de l’imaginaire actuel, francophone comme étranger.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : On ne change pas une tradition et, comme depuis maintenant quelques années, quand je participe à un festival je repars dans la majorité des cas avec l’anthologie associée. Concernant les Utopiales, c’est aussi pouvoir se lancer dans une lecture commune avec Marie-Juliet, mon acolyte de LC depuis quelques temps maintenant. Cette année le thème de l’anthologie est « La Machine », et le recueil est composé de treize nouvelles d’auteurs différents. Concernant la couverture, illustrée par Denis Bajram et reprenant l’affiche du festival, je la trouve très sympathique et efficace. Comme souvent on retrouve une préface efficace, qui nous offre de bonnes réflexions sur le thème du recueil et s’avère soignée, même si parfois pas facile d’accès.

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Jardin D’Hiver – Olivier Paquet

jardin d'hiverRésumé : Dans le contexte du réchauffement climatique, un conflit est né en Europe entre des ingénieurs réunis sous la bannière du Consortium et des groupes écoterroristes de la Coop. Cette guerre dure depuis près de 20 ans, suite à un incident appelé « le crime du siècle ». Chaque camp a développé ses propres armes : des animaux-robots pour les ingénieurs, des plantes mécanisées pour les écologistes.
La Tchaïka, que pilote Natalia, abrite une bande de cosaques qui récupèrent des pièces détachées après les combats et dont la philosophie se résume à cette maxime : « Nous sommes des contrebandiers, des gens qui refusent d’appartenir à un camp au nom de notre choix d’emmerder le monde. »
Un soir, sur un champ de bataille, ils tombent sur un inconnu amnésique au comportement étrange. Cette découverte leur fera traverser l’Europe à la recherche du passé de l’homme qu’ils ont accueilli et des germes du futur.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent ce blog, ils savent qu’Olivier Paquet fait parti des auteurs dont je suis les sorties littéraires avec attention. En effet ces précédents romans m’ont toujours fait passer de bons moments de lecture, offrant des récits intelligents, poétiques et efficaces. C’est donc sans surprise que, quand son dernier roman a été publié, ait rejoint rapidement ma PAL avec l’envie de découvrir ce qu’il allait bien pouvoir offrir. A noter aussi la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement magnifique.

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Structura Maxima – Olivier Paquet

structura maximaRésumé : La structure est un univers vertigineux de poutrelles et de niveaux, où s’est développée une civilisation dont les racines se perdent dans la nuit des temps et qui a atteint son point de rupture. Entre la Vapeur, la communauté qui produit l’électricité à partir du magma, et les Poutrelles qui, au nom de leur dieu, interdisent l’ouverture du dôme recouvrant la cité, la guerre se prépare.
Dans cette atmosphère étouffante, Victor Mégare et son fils Jehan cherchent un destin différent. Victimes de la Vapeur et des Poutrelles, ils explorent les origines de cet antagonisme. Que protègent les Poutrelles derrière leurs interdits divins ? Quel but cherche à atteindre la Vapeur en encourageant la Structure tout entière à bouleverser les anciens équilibres ? Et où se trouvent les réponses ? Entre l’ombre et la lumière, dans la vapeur des chaudières et le gigantisme des poutrelles, ou bien derrière le décor, de l’autre côté de la paroi du dôme ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Structura Maxima est le tout premier roman de l’auteur publié initialement aux éditions Flammarion il y a une dizaine d’années, qui bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition chez L’Atalante. Il s’agit d’ailleurs du seul roman que je n’avais pas encore lu de l’auteur, je suis donc content de cette réédition, puisqu’elle m’a permis de pouvoir le faire entrer dans ma PAL et ainsi de pouvoir me faire mon avis. Il s’agit d’un roman qui peut être lu de façon indépendante, mais qui, d’une façon ténue, se situe aussi dans le même univers que la trilogie du Melkine ou encore du livre Les Loups de Prague. Concernant la couverture, illustrée par Raphaël Defossez, je la trouve réussie et qui colle plutôt bien à l’univers.

 On se retrouve ainsi plongé au fil du récit dans un monde complètement fermé par un dôme, la structure, mais où la révolution et le changement gronde entre les Vapeuriers et les Poutrelliers. Au milieu de cette guerre qui s’annonce va se croiser ainsi le destin de plusieurs personnages. La première chose qui m’a marqué dans la lecture de ce roman c’est l’univers que construit l’auteur au fil des pages. Une cité aux fortes tendances industrielles, remplie de métal, de vapeur, de puissance, d’huile mais qui possède aussi un aspect clairement fascinant, tout en verticalité, en hauteur, en évasion, ces cheminements de niveau en niveau par poutrelles ou par ascenseur qui offre ainsi au lecteur une cité tout à fait fascinante à découvrir. Attention ici je ne parle pas de Steampunk ou autres, non un simple futur qui a évolué pour aboutir à cet équilibre entre technologie et espoir.

Au milieu de tout cela viennent se positionner deux factions complémentaires pour la survie de tous et pourtant de plus en plus antagonistes dans leurs besoins d’avancer, de changer. Entre la Vapeur, qui correspond aux scientifiques, aux ingénieurs, aux terres-à-terres, qui nous font découvrir de façon prenante et captivante le coeur de la machine, son battement de vie journalier, sa puissance et  les Poutrelles qui eux nous font nous élever, nous font rêver, découvrir un brin de folie, mais aussi de mystère, fortement teinté de poésie et de mysticisme, le torchon brûle. On sent d’ailleurs que l’ensemble se révèle clairement maîtrisé, que ce soit dans la partie technique, comme dans la partie politique, tant l’ensemble parait cohérent, palpable et n’est pas non plus sans rappeler certains aspects encore bien présents de nos jours. Une légère touche « manga » vient aussi colorer ce monde, que ce soit à travers la cité, pour laquelle la référence dans le quatrième de couverture au Château dans le Ciel n’est pas usurpée, mais aussi sur d’autres aspects, ce qui apporte, je trouve, un véritable plus à l’ensemble. En tout cas un univers captivant qui donne envie de plonger dedans et d’en apprendre plus, d’en découvrir plus. L’intrigue, construite sur un rythme lent, se révèle de plus en plus prenante dans ses machinations et ses jeux de pouvoirs, pour monter lentement en tension au fil des pages et des révélations.

Mais voilà ce roman n’est pas que la découverte d’une simple cité, aussi fascinante soit-elle, l’auteur cherche aussi à nous faire réfléchir, principalement sur notre besoin d’avancer, d’évoluer. Ainsi on dévoile au fil des pages deux identités qui sont figées dans une routine et commencent peu à peu à mourir dans un monde figé, clos par la structure avec ses contraintes et dont le seul changement parait être la guerre. Pourtant une troisième voie est toujours possible. On se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur le point de vue de l’identité, de la façon dont une simple idéologie, un langage, peut gripper le rouage, mais aussi sur la définition du bonheur, de l’absence de recul qui fait que parfois on ne se rend pas compte de ce que l’on possède. Après tout la structure est-elle si horrible que cela? Le développement de la civilisation doit-il se faire dans le mouvement et la violence? C’est ce que le lecteur va découvrir au fil des pages,  à travers de nombreux secrets qui vont se révéler, aboutissant à une conclusion intéressante dans le message qu’elle partage, avec une touche de mélancolie et de mystère qui, je trouve, colle parfaitement au récit.

Concernant les personnages l’auteur nous dévoile au fil des pages une palette de personnalités assez larges, qui ne manquent pas d’intérêts, se révélant complexes, allant du héros blessé qui s’enfonce dans la souffrance et l’auto-destruction, en passant par le jeune adulte insouciant, avide de changement ou encore des personnages féminins à la fois tendres et dures, qui vont fortement changer le héros principal. Ils se révèlent tous attachants et  nous plongent assez facilement, que ce soit dans leurs réflexions, comme dans leurs aventures, possédant chacun d’entre eux leurs émotions, leurs envies, leurs défaites, leurs qualités et leurs défauts, les rendant ainsi profondément humains. Sauf que voilà, je ne vais pas le nier, ils se révèlent tout de même un peu trop prévisibles, que ce soit dans leurs façon d’avancer comme dans leurs réactions. Cela ne dérange en rien la lecture tant le but du roman n’est pas là, mais peut légèrement frustrer par moment. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, apportant leurs propres voix à l’ensemble, leurs propres visions, leurs propres folies et leurs propres besoins.

Mes seuls regrets concernant ce roman viennent en premier lieu que sur la fin l’ensemble semble s’accélérer un peu trop rapidement, apportant ainsi quelques facilités et quelques révélations un peu trop rapides pour franchement se révéler efficaces. Ensuite, l’histoire parait peut-être par moment un peu trop linéaire dans son ensemble, certes il sert parfaitement le message que cherche à faire passer l’auteur, mais un peu plus de surprises aurait pu apporter un plus. Enfin, la conclusion sur cette guerre, sans la révéler, m’a paru légèrement facile, même si c’est vrai elle possède aussi une force qui la rend intéressante. Au final rien de non plus très dérangeant, et qui n’enlève ou ne gâche en rien les qualités de cette histoire qui à la fois nous rappelle l’importance de rêver et du changement, mais qui nous fait aussi réfléchir sur l’importance des idées et la façon dont on s’en sert. Le tout est aussi porté par une plume qui se révèle soignée, efficace, dense, malgré parfois quelques dialogues un peu surjoués, et qui a réussi à me happer dès les premières pages.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle fluide, certes à un rythme assez lent, mais qui nous dévoile un univers futuriste fascinant, empli de métal, de vapeur, de hauteurs et de rêve qui fait qu’on se retrouve rapidement happé par ce que nous propose l’auteur. Mais voilà il s’agit ici bien plus que la découverte d’une cité, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous faire réfléchir que ce soit sur l’immobilisme, le besoin de changement, d’évoluer, mais aussi sur la puissance d’une idéologie, la façon dont elle peut tout faire gripper, mais aussi sur la définition du bonheur. Les personnages qu’on découvre au fil du récit se révèlent complexes, attachants, denses et surtout humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dont mon seul reproche vient du fait qu’ils sont peut-être un peu trop prévisibles. Concernant les personnages secondaires ils apportent eux aussi leurs propres voix au récit. Je regretterai finalement que la conclusion se révèle un peu trop rapide et parfois légèrement facile dans sa résolution, mais aussi l’ensemble parait légèrement linéaire. Rien de non plus gênant, tant le message fonctionne bien et l’ensemble se révèle fluide, bien porté par une plume soignée et dense, malgré c’est vrai quelques dialogues un peu surjoués. Je lirai sans souci les prochains écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture

Bleu Argent – Olivier Paquet

bleu argentRésumé : Dans un futur où l’espèce humaine a gagné l’espace, chaque planète abrite une colonie dans la culture est censée se perpétuer au fil des siècles. Mais certains jeunes esprits ne peuvent s’en satisfaire…
C’est un monde isolé, un monde de contes, deux anneaux emmêlés en suspension dans l’espace : Poéia.
C’est un monde de mystères, de cette navette nommée Bleu Argent qui tourne depuis un siècle autour de l’étoile centrale, jusqu’à ces habitants qui choisissent de partir sans donner de raisons.
C’est un monde de lumières, celles qui brille dans les yeux de Lyzia, impatiente de devenir Conteuse, ou dans les rêves de son ami Joris quand il imagine voyager au milieu des étoiles.
C’est l’histoire de la rencontre entre deux légendes, celle qui habite Origine, la station à l’intérieur des anneaux, et celle du Melkine, un navire-université mythique.

Edition : L’Atalante Young Adult

 

Mon Avis : Il y a environ deux ans je me lançais dans le premier tome de la trilogie sur le Melkine d’Olivier Paquet, un cycle qui m’a offert un très bon moment de lecture avec une histoire à la fois sombre, dure, intelligente, mais aussi pleine d’espoir et touchante (Chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand j’ai vu que l’auteur avait décidé de revenir dans cet univers avec ce roman, annoncé aussi un peu plus jeunesse, je n’ai pas mis longtemps avant de l’avoir entre les mains. J’ai l’impression de me répéter, mais je trouve la couverture, illustrée par Manchu, magnifique.

Ce roman nous propose de découvrir Joris et Lyzia deux adolescents qui vivent sur Poéia et cherchent à profiter des derniers instants qu’ils peuvent avoir ensemble avant de devoir se séparer pour vivre leurs rêves. Mais rien ne va se passer comme prévu et ils vont devoir faire face à de nombreux bouleversements. L’auteur construit alors une histoire qui, dès les premiers chapitres, se révèle solide et efficace. Le lecteur se laisse clairement emporter face aux nombreuses péripéties et révélations que vont rencontrer nos héros. L’intrigue se construit d’abord lentement, telle un conte, travaillant le fond pour immerger son public avant d’accélérer le rythme au fil des pages pour aboutir à un final qui se révèle sans temps mort et explosif. Mais voilà ce qui importe surtout ici c’est surtout le chemin qui va se dévoiler. On savoure chaque instant passé avec ces héros, chaque lieu qu’ils nous font voir, chaque découverte et chaque réflexion.

Car oui, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir un texte qui se révèle intelligent, proposant ainsi plus qu’un récit divertissant, tout en offrant de l’espoir et du rêve au lecteur. Il nous propose ainsi des axes de réflexions soignés sur la vérité, la connaissance, la curiosité qui pousse parfois les gens à remettre en cause certains aspects, à vouloir évoluer, changer ce qui est figé et démodé , à réfléchir sur leur condition et tenter de mieux comprendre qui ils sont. Il nous offre aussi une explication, ou plutôt une interprétation, de l’histoire très intéressante et efficace sur l’Expansion, comment les Hommes, face à leurs folies destructrices, se sont lancés dans la conquête des étoiles. Mais comme je l’ai dit il nous propose aussi un texte plein d’ambition et de rêve, principalement cristallisés par nos deux héros ; Joris dont l’objectif est de voyager et vivre des histoires dans les étoiles à travers le Melkine et Lydia qui, elle, cherche à devenir conteuse, à se servir de sa voix et de son imagination pour faire vivre des histoires aux autres. Derrière ce livre se cache au final un récit rempli d’optimisme, qui nous rappelle que malgré toutes les incertitudes, tous les doutes ou encore les mensonges il ne faut jamais abandonner son rêve, car qui sait il se réalisera peut-être et le tout de façon touchante et sensible.

Ce qu’il y a de bien avec l’univers qui nous est proposé c’est qu’il permet, à travers les différents romans, de découvrir de nombreuses planètes toutes différentes les unes des autres, possédant leurs propres coutumes et originalités. Poéia n’échappe pas à la règle et on découvre un monde fascinant, déjà par son aspect à travers un double anneau monde rempli de mystères et de surprises qui donne envie d’être découvert, même si je trouve que l’aspect des anneaux emmêlés aurait pu être traité encore plus en profondeur. Mais là c’est plus mon côté lecteur de SF qui parle. En tout cas il s’agit d’une planète intrigante, où les contes sont au coeur de la politique ce qui offre d’ailleurs une narration où ceux-ci viennent s’insérer dans l’intrigue, ce qui, je trouve, apporte un véritable plus à l’ensemble, tout en restant fluide et cohérent. Des petites perles disséminées au milieu des pages qui se savourent avec plaisir. Mais voilà c’est aussi un monde qui n’est pas non plus que lumière, il possède aussi ses parts d’ombre et cache, comme souvent dans l’Expansion, un terrible secret ainsi que son lot de manipulations.

Concernant les personnages j’ai trouvé Lyzia et Joris profondément attachants au fil des pages, principalement à travers leur relation, qu’ils savent impossible sur la durée, suivant deux trajets différents, mais qui pourtant sont liés comme les deux doigts de la main. Une relation émouvante entre dits et non-dits de ces deux adolescents qui, au fil des pages, deviennent de plus en plus adultes, devant faire des choix et accepter. Le personnage de Virgile se révèle aussi intéressant, il remplit parfaitement son rôle de changement, de boussole qui servira à guider nos deux ado au fil de leurs aventures, un héros intelligent même s’il reste par moment un peu trop mystérieux. Concernant les autres protagonistes ils sont plus esquissés, juste ce qu’il faut pour apporter les révélations nécessaires pour faire avancer intrigue et personnages, sans non plus se révéler ennuyeux, même si j’avoue j’aurai peut-être apprécié qu’un de ces personnages soit un peu plus développé. Mais je chipote un peu, ils remplissent parfaitement leurs rôles.

Alors après, cela reste un roman qui doit aussi bien toucher les jeunes et les moins jeunes, ce qui fait que j’ai trouvé parfois que certaines révélations s’obtenaient un peu trop rapidement, mais rien de non plus bien gênant. Par contre, j’ai trouvé que la conclusion était peut-être traitée un peu trop rapidement, cette découverte finale m’a parue être acquis finalement assez facilement. Mais cela n’enlève en rien les qualités de ce livre, venant seulement de mon esprit qui aime bien, je pense, complexifier les choses.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entrainante et poétique au fil des pages, plongeant efficacement le lecteur dans l’histoire. Au final un bon roman qui peut être lu par les adolescents comme par les adultes, qui nous parle d’enfance, de magie, de conte, de rêves et d’étoiles, qui nous offre aussi des réflexions intéressantes sur la vérité et une  jolie dose d’optimisme et d’espoir, nous montrant que même si parfois tout va trop vite, que rien n’est facile il faut peut-être prendre le temps de lever les yeux au ciel pour y voir les étoiles ou bien regarder en soi pour y trouver cette petite étincelle de magie. Vous l’aurez remarqué c’est un livre qui m’a touché malgré quelques petits défauts. En tout cas je lirai sans souci d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, en plus de nous proposer une histoire efficace et entrainante, ne manque pas d’offrir des réflexions intéressantes sur l’évolution, la curiosité, la vérité ou la connaissance tout en y ajoutant une bonne dose de rêves, d’étoiles et d’espoir. La planète de Poéia se révèle fascinante et intrigante, reposant sur ses deux anneaux emmêlés en suspension et où le conte possède une place importante. Les personnages se révèlent attachants et touchants, principalement Joris et Lyzia, et nous entrainent facilement dans leurs aventures. J’aurai peut-être aimé qu’un des personnages secondaires soit un peu plus développé, mais rien de bien gênant. Par contre j’ai trouvé la conclusion traitée peut-être un peu trop rapidement, mais cela ne diminue pas les qualités du récit. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée et poétique offrant ici une narration alternée, entre histoire et contes, réussie et passionnante. Au final un très bon récit pour jeunes et moins jeunes et je lirai avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

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