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Utopiales 2016, Anthologie – Collectif

Résumé : En 2016, les treize nouvelles de l’anthologie officielle des Utopiales s’interrogent sur la thématique de la machine.
Pèle-mêle, on y croise ainsi une vieille dame artificielle pas décidée à mourir, un diable lumineux gardant un terrible secret, un homme dont plus de 50 % du corps a été remplacé par des prothèses, une femme robot aux charmes ambigus…
… mais aussi un concert virtuel plus vrai que nature, des tofus permettant de voyager dans l’espace, une course-poursuite de magiciens, un étrange artefact martien, un gentleman aux manières trop parfaites, un jeu vidéo meurtrier, une montre à l’origine de curieux décalages temporels, des truites psalmodiant en choeur «Innsmouth» et même André Brahic et une licorne.
Treize textes pour s’émerveiller, s’interroger et se marrer franchement, portés par treize plumes incontournables de l’imaginaire actuel, francophone comme étranger.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : On ne change pas une tradition et, comme depuis maintenant quelques années, quand je participe à un festival je repars dans la majorité des cas avec l’anthologie associée. Concernant les Utopiales, c’est aussi pouvoir se lancer dans une lecture commune avec Marie-Juliet, mon acolyte de LC depuis quelques temps maintenant. Cette année le thème de l’anthologie est « La Machine », et le recueil est composé de treize nouvelles d’auteurs différents. Concernant la couverture, illustrée par Denis Bajram et reprenant l’affiche du festival, je la trouve très sympathique et efficace. Comme souvent on retrouve une préface efficace, qui nous offre de bonnes réflexions sur le thème du recueil et s’avère soignée, même si parfois pas facile d’accès.

La Vieille Dame de Simon Bréan : Cette nouvelle nous plonge dans un monde futuriste ou les IA ont, d’une certaine façon, pris le contrôle du bien-être de l’humanité. On se retrouve à suivre un homme, dont le métier est d’accompagner les IA « en fin de vie » dans leurs derniers instants. On découvre ainsi un texte qui se révèle efficace, bien porté par la tension qui se développe entre les deux protagonistes dans leur duel. Le texte offre aussi quelques réflexions intéressantes, qui ne manquent pas d’apporter un plus à l’ensemble et le tout est soutenu par une plume simple et entraînante. Au final une nouvelle solide, qui ouvre plutôt bien ce recueil des Utopiales.

Pour Hesperia et Pour la Gloire d’Ann Leckie : Cette nouvelle propose de découvrir la lettre d’un homme qui cherche à expliquer à un certain Mr Stephens les évènements étranges qui sont survenus chez lui. Franchement cette nouvelle est principalement un hommage à la SF pulp, un peu comme le proposait Brackett et Hamilton ou bien encore John Carter. Le soucis c’est que mis à part cette ambiance suranné intéressante, le reste ne suit pas. Le mystère n’a pas le temps d’exister qu’il est déjà résolu, la fin manque clairement de tension et d’intérêt et l’intrigue est traitée trop rapidement. Le tout m’a ainsi paru trop court, comme si le format nouvelle ne suffisait pas, ce qui est dommage. Reste une nouvelle qui se lit vite, mais qui s’oublie tout aussi vite je trouve. Après cette nouvelle a été initialement publié en VO pour un magazine dont le numéro proposait comme thème le cliché, ce qui lui correspond mieux et m’aurai moins dérangé que dans une anthologie tournant autour des machines

Deep Space Mine de Catherine Dufour : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur : Mémoires Mortes. On suit ainsi une jeune fille, dans un monde futuriste de plus en plus connecté, qui va mener l’enquête après la disparition de son frère. Mon ressenti concernant cette nouvelle est plutôt ambigu, autant les axes de réflexions présents sur l’adolescence et ce monde futuriste ne manquent pas d’attrait, le rythme est percutant et entraînant, et pourtant le côté un peu « trash » du style, quelques transitions étranges et certaines révélations un peu tiré par les cheveux ont fait que je n’ai jamais vraiment réussi à complètement entrer dans le récit. Cela vient clairement de moi, je lirai quand même le recueil de l’auteur pour me faire un avis plus tranché.

La Machine de l’Année de Raphaël Granier de Cassagnac : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme possédant plus de 50% de son corps greffé cybernétiquement. Une nouvelle que j’ai trouvé sympathique, plutôt efficace par sa narration alternant plusieurs époques, un peu comme un puzzle, et qui offre une réflexion, certes un peu convenu, mais intéressante, sur la notion d’Homme et de machine. Cette nouvelle s’intègre dans l’univers des romans de l’auteur, ce qui se fait parfois un peu ressentir, mais rien de trop dérangeant. Pas obligatoirement un grand texte, mais au final un récit divertissant.

Fin de Partie de Lev Grossman : Alors cette nouvelle est étrange, on se retrouve à suivre une jeune femme, magicienne, en mission d’entrainement. Pourquoi elle est étrange? Car on est clairement dans le genre de nouvelles tellement imbriquées dans un univers déjà existant, à travers les romans de l’auteur, que j’ai l’impression que si on ne les a jamais lus on a du mal à en comprendre l’utilité et à entrer dans le récit. Pourtant, le texte ne manque pas d’action, de rebondissements et se révèle sans temps mort, mais voilà une fois la dernière page tournée je suis beaucoup trop resté sur ma faim pour vraiment accrocher. C’est frustrant.

Le Diable d’Estelle Faye : Cette nouvelle est la première qui, je trouve, se détache  franchement de ce recueil. Elle nous plonge dans un futur post-apocalyptique où la technologie est interdite par la religion. Un texte, comme souvent avec l’auteur, qui s’avère sombre, poétique et humain. Gabriel, le personnage principal, a réussi à me happer rapidement que ce soit à travers sa complexité,  ses réflexions comme son évolution. L’auteur nous propose aussi de réfléchir sur de nombreux sujets comme la religion, l’importance de la technologie et ses conséquences ou bien encore sur nous-même. Un très bon texte, prenant et bien maîtrisé qui m’a captivé du début à la fin.

La Montre de Ménéas Marphil : On plonge avec cette nouvelle dans la ville de Montpellier, où des étudiants, fan de la série Fringe, décident de faire une blague à l’un de leur ami. Franchement l’idée de base n’est pas mauvaise et aurait pu se révéler sympathique, sauf que voilà je n’ai jamais clairement réussi à entrer dans ce récit. L’auteur en fait trop, principalement dans les explications, ce qui fait que j’ai trouvé cette nouvelle trop longue. De plus certains tics de langage est un style trop didactique à mon goût ont fait que je ne me suis pas obligatoirement senti le public cible pour cette nouvelle. Il faut dire aussi que je ne suis pas le genre de lecteur qui apprécie trop qu’on lui tienne la main, j’aime un peu de mystère et de découverte, hors là tout est aussi trop balisé pour moi je trouve.

Purple Brain d’Ugo Bellagamba : Cette nouvelle est plus, selon moi, une nouvelle hommage à André Brahic, scientifique reconnu qui a participé au festival et qui est décédén en 2016. Personnellement, concernant le texte, il n’est pas mauvais, se laisse lire et possède même une certaine poésie à travers certaines scènes dans l’espace. Mais voilà, pour moi ,il tombe justement un peu trop dans l’hommage, à travers un récit un peu trop simple et une conclusion convenue qui ne sert juste à mettre en avant con héros. Au final une nouvelle plutôt sympathique, qui se laisse lire, qui est loin de m’avoir marqué, mais qui devrait, je pense, toucher les lecteurs qui ont connu André Brahic.

Tokyodôme d’Olivier Paquet : Suite à la séparation d’un groupe de rock japonais, un de leur plus grand admirateur décide de créer virtuellement leur concert au Tokyodôme qui n’a jamais pu avoir lieu. Ce concert va alors rencontrer un succès inattendu et exceptionnel. J’ai trouvé cette nouvelle très réussie que ce soit dans le monde que développe l’auteur, comme dans la complexité des personnages présentés, mais aussi des réflexions présentées. Ce concert va ainsi profondément faire évoluer les membres de ce groupe et le tout est présenté de façon humaine et plus que convaincante. Il y a aussi tout du long ce travail sur la virtualité qui permet parfois de magnifier le réel et les questions que cela peut soulever. Au final une nouvelle réussie et prenante, qui m’a offert un très bon moment de lecture.

Modèle Mika de Paolo Bacigalupi : De nouveau une très bonne nouvelle avec ce texte qui nous plonge dans un avenir indéterminé, ou un policier voit débarquer une jeune femme qui vient se rendre pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Le problème c’est que la jeune femme est en fait un robot. Le récit est bien construit, maîtrisé et surprenant offrant un texte intéressant à découvre et intelligent. Certes la notion d’humanité de la machine a déjà été traité de nombreuses fois, mais cela n’empêche ce récit de le faire de façon solide et intéressante. J’aurai peut-être aimé qu’il soit un peu plus long, mais cela ne l’empêche pas de s’avérer très réussi avec des personnages efficaces et complexes et quelques surprises.

Un Gentleman de Gérard Klein : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur de 1968. On découvre ainsi un homme, grand gentleman, qui n’arrive pas à trouver l’amour de sa vie dans un futur où être un gentleman est devenu désuet. On est ici dans une nouvelle à chute qui se laisse lire, mais n’a rien de vraiment marquant. La chute est devinable très rapidement et l’ensemble est parfois un peu trop simpliste pour vraiment s’avérer percutant. Cela n’a pas empêché un débat entre Marie Juliet et moi concernant la conclusion, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la fin. Un texte que je classerai dans le vite lu, apprécié un minimum, mais rien de transcendant.

La Caverne aux Tofus de Jean Pettigrew : Alors ce texte est un peu étrange, on est clairement dans de la SF pleine d’humour et avec un côté absurde, sauf que j’avoue je suis resté hermétique à l’humour présenté. Il faut dire que l’auteur propose un monde où les règles et les lois scientifiques deviennent de plus en plus loufoque sans aucune véritable explication, ni tentative de cohérence, simplement pour faire de l’humour ce qui a du sûrement me bloquer. Je ne doute pas que cela fera rire d’autre lecteurs, mais j’avoue de mon côté je suis complètement passé à côté.

Le Truc qui Ressemble à une Machine de Karim Berrouka : De nouveau une nouvelle pleine d’humour où un homme récupère une drôle de machine. Un jour il va vouloir la tester et, à partir de là, les ennuis commencent. J’avoue j’ai plus accroché à ce genre d’humour, certes c’est barré mais l’ensemble ne donne pas l’impression de partir dans tous les sens. Une nouvelle plus que divertissante, qui m’a fait sourire, bien porté par des personnages loufoques et entraînants. Alors après c’est vrai que ce n’est pas le premier texte de l’auteur que je lis, loin de là, ce qui fait que certaines mécaniques, que ce soit dans la construction du récit ou des blagues, sont prévisibles, mais cela n’empêche pas l’ensemble de s’avérer plus que sympathique.

En Résumé : Je dois bien admettre que le cru 2016 de l’anthologie des Utopiales est loin de m’avoir vraiment captivé comme avait pu le faire celle de l’année dernière. Il y a bien trois textes qui sortent du lot, mais le reste oscille entre le moment de lecture plutôt sympathique et ceux qui ne m’ont pas accrochés. L’ensemble des nouvelles propose pourtant des récits variés avec beaucoup d’idées développées, même si toutes ne répondent pas pour moi à la thématique initiale, mais voilà il manquait un petit quelque-chose pour complètement m’emporter je pense. Au final un sentiment plutôt mitigé, même si l’ensemble se laisse tout de même lire facilement.

 

Ma Note : 5,5/10

 

L’avis de Marie Juliet.

 

Autres avis : Xapur, Au Pays des Cave Trolls,  …

Water Knife – Paolo Bacigalupi

water-knifeRésumé : Dans un futur proche, la guerre de l’eau fait rage autour du fleuve Colorado. Le Nevada, l’Arizona et la Californie sont prêts à tout pour l’or bleu, tous les coups sont permis. Détective, assassin et espion, Angel Velasquez « coupe » l’eau ou les jugulaires pour la Southern Nevada Water Authority et sa représentante, Catherine Case, assurant la survie des arcologies de Las Vegas. Envoyé à Phoenix pour tenter de comprendre des rumeurs faisant état de droits sur l’eau antédiluviens, à la recherche de réponses qui s’évaporent à mesure que la chaleur monte et que le paysage devient de plus en plus oppressant, Angel rencontre Lucy Monroe, une journaliste endurcie, et Maria Villarosa, une jeune migrante texane rêvant de fuir vers le nord. Bientôt les corps commencent à s’empiler et ils se découvrent pions d’un jeu bien plus important et corrompu qu’ils l’avaient imaginé. Quand l’eau est plus précieuse que l’or, une seule vérité régit le désert : quelqu’un doit saigner pour qu’un autre boive.

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Paolo Bacigalupi fait partie des auteurs que j’apprécie et dont j’attends avec un minimum d’envie les publications, proposant régulièrement des récits intelligents, qui ne laissent pas indifférents et s’avèrent percutants. Il m’avait d’ailleurs beaucoup marqué avec son premier roman La Fille Automate (ma chronique ici). Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir le nouveau roman de l’auteur, j’avoue m’être rapidement laissé tenter, surtout que le sujet m’intéresse énormément : la guerre de l’eau que j’ai découvert au lycée et qui me parait peu présenté. Je remercie donc les éditions Au Diable Vauvert pour la découverte de ce roman.

Il nous plonge ainsi dans un futur pas si lointain, dans l’ouest américain qui a vu ses régions profondément perturbés suite à la diminution des volumes d’eau disponibles. Cela a donc amené une grande bataille juridique, liés aux droits sur l’eau, amenant la disparition de certaines villes qui se retrouvent, par la force des évènements, impossible de fournir à sa population de l’eau potable et créant ainsi un nouvelle caste de migration et de pauvreté. Le Nevada grâce à une politique « agressive » démarrée très tôt, a une longueur d’avance sur ses voisins, proposant ainsi des complexes équipés en eau à des prix exorbitants. Alors quand d’anciens droits sur l’eau font leur apparition, cela va tout bouleverser. Avant de se lancer dans la critique du livre, je tenais juste à faire un point sur cette notion de droits sur l’eau. Si vous n’êtes pas intéressé, ou déjà au courant vous pouvez zapper le paragraphe suivant.

En effet dans l’ouest américain le droit sur l’eau est une notion un peu particulière. Déjà posons les bases, l’ouest américain est un climat semi-aride, ce qui signifie que contrairement à d’autres climats l’agriculture par exemple ne peut pas reposer sur les pluies, mais nécessite une irrigation conséquente. A partir de là est apparu une législation, clairement bancale, qui veut que pour toute utilisation, le premier utilisateur ayant acquis historiquement un droit sur l’eau ait la priorité sur les autres. Autrement dit si une personne possède un droit de, disons, 10 000 litres et vieux de 100 ans il sera servi prioritairement à un autre qui a un droit de 50 000 litre mais qui n’est vieux que de 95 ans (tout du moins c’est comme ça que je l’ai toujours compris), sauf en cas de non utilisation prolongée. En gros premier arrivé, premier servi. Il faut aussi prendre en compte qu’au début du 20ème siècle les 7 états de l’ouest ont signé un traité qui a défini le bassin versant du Colorado en deux niveaux et en a ensuite défini les débits alloués entre chaque Etats. En l’état c’est déjà complexe, alors vous imaginez les soucis que cela crée en période de sécheresse. Pire, en sachant que les volumes d’eau ont baissés dans les fleuves et les nappes phréatiques et que les Etats pompent de plus en plus, il n’est plus possible de servir tout le monde. Vu qu’on est aux US, il faut aussi considérer la capacité des propriétaires de ses droit a aller en justice pour les préserver, ce qui a amené certaines aberrations comme l’interdiction de certains Etats de récupérer l’eau de pluie. Il existe d’ailleurs une véritable juridiction sur l’eau. Alors maintenant imaginez si le réchauffement climatique continue les conséquences que cela peut avoir, surtout s’il devient alors possible de racheter les droits. N’hésitez pas à faire des recherches, de nombreux sites offrent sûrement de meilleures explications que moi.

Maintenant que je vous ai brossé le tableau et bien ennuyé avec toutes ces informations, on va peut-être parler du roman qui, clairement, s’avère excellent, que ce soit aussi bien dans son récit que dans les idées qu’il véhicule. L’intrigue est ainsi construite comme un thriller, où Angel est envoyé par sa patronne, Catherine Case, à Phoenix pour essayer de découvrir ce qui s’y passe. Il va alors plonger au milieu de difficultés avec son lot de décès et dans une ville au bord de l’explosion. L’ensemble se révèle ainsi haletant de la première à la dernière page, offrant un récit qui alterne efficacement rebondissements, surprises, scènes d’action, ainsi que de réflexions, de façon percutantes et captivantes. Paolo Bacigalupi nous propose clairement une histoire qui va marquer le lecteur, que ce soit aussi bien dans son univers présenté, ses personnages ou encore dans son récit. On se retrouve plonger limite dans un enfer, où la violence règne, où le pire de l’homme peut se dévoiler, surtout dès qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. Ne vous attendez surtout pas à une histoire joyeuse avec un happy-end, ce n’est clairement pas le but de l’auteur qui cherche ainsi un peu à nous secouer. L’ambiance est ainsi sombre, limite oppressante et angoissante et il n’y a pas vraiment de gentils qui gagnent à la fin, où tout le monde repartirait avec son eau sous le bras. Le récit développe ainsi une véritable guerre entre les états, à la limite de la légalité, parfois même dans l’ombre, qui se fout clairement de la population et de ses besoins. Un récit âpre, intense et qui pourtant m’a rapidement fasciné, au point que j’ai eu du mal à le lâcher.

Finalement la grande force du récit vient clairement de son univers, le futur qui nous est présenté, mais aussi des questions qu’il soulève obligatoirement du début à la fin. Il arrive franchement à créer une image de fond très vaste, tout en soignant le moindre détail pour rendre l’ensemble palpable, vivant et réaliste. C’est d’ailleurs cette crédibilité, qui se dégage de ce futur, qui rend ce récit et ce monde si percutant tant il m’a paru plus que plausible. L’auteur n’a finalement fait que se baser sur des hypothèses de plus en plus présentes, les a extrapolé, a ajouté à cela la complexité de l’ouest américain ce qui a le don d’interpeler. Il dépeint aussi une situation politique intéressante, démontrant l’explosion de l’unité des Etats, tout du moins de façon non-officielle, les Etats-Unis étant toujours debout pour le reste du monde. Les milices ont fait leurs apparitions pour protéger les « frontières » et ainsi limiter les flux de migrations qui découlent obligatoirement de cette guerre.

A travers le destin de trois héros, Paolo Bacigalupi va alors nous amener au plus près des conséquences de ce futur, que ce soit sur les dégradations des conditions de vies, le clivage de plus en plus important entre les plus riches et les plus pauvres et surtout le réveil brutal sur l’importance de l’eau dans la vie de chacun. L’aspect technologique n’est pas non plus en reste, pragmatiques et parfois terrifiant comme ce petit sac qui permet de recycler son urine et qui en devient une gourde pour boire. Mais surtout tout cela pousse à la réflexion, certes en premier lieu sur l’eau et son importance vitale, mais aussi sur l’humanité, sa façon à s’autodétruire pour garder des privilèges, sa capacité à se faire de l’argent sur tout, la notion de règle et d’absence de règle ou encore la notion de survie, le tout sans jamais tomber dans le reproche, laissant le lecteur se faire son propre avis. Je pense qu’on ne sort pas indifférent de cette lecture, qu’on l’ait apprécié ou pas. Au final un futur sombre, violent et légèrement angoissant qui s’avère marquant.

Les personnages ne sont pas non plus oubliés pour autant et l’auteur a toujours le chic pour nous proposer des héros qui ne tombent jamais dans la caricature, se situant toujours dans cette zone grise, ce qui finalement les rend profondément humains. On se retrouve ainsi rapidement happer par leurs aventures, leurs histoires, ainsi que leurs évolutions tant ils s’avèrent denses et travaillés. Que ce soit Angel ancien membre de gang, devenu le chien de garde d’une compagnie qui met la main sur le maximum de droits de l’eau possible, mais qui va, au fil des pages, s’avérer plus complexe que cela, montrant au final un homme qui s’est simplement adapté à son époque et cherche surtout à survire, ou bien encore Lucy la journaliste désabusée, avec ses principes, qui cherche encore la notion de justice et de bien dans ce monde, qui va se lancer à corps perdu dans cet enquête après la mort d’un être cher au point de tout perdre, ou encore Maria jeune migrante texane paumée qui tente de survivre dans les bas-fonds de la ville de Phoenix qui sont dirigés par les gangs, chacun d’entre eux vont ainsi s’avérer marquants. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, se révélant ambiguës et intéressants, chacun ayant leur propre façon de survivre.

Alors après, j’avoue, j’ai trouvé la conclusion peut-être légèrement trop rapide et reposant sur une « illumination » un peu facile, le roman m’a paru parfois un chouïa téléphoné dans certaines révélations et un ou deux passages sur la vie ou l’Homme m’ont paru un peu trop métaphysiques comme si l’auteur cherchait à trop en mettre en avant, mais franchement rien de dérangeant tant l’ensemble s’avère marquant et efficace aboutissant à une conclusion des plus percutantes. Un roman qui nous montre d’une certaine façon qu’attendre sans rien faire n’aboutira à rien de bon, qu’il faut peut-être se poser les bonnes questions dès maintenant et pourquoi pas réfléchir à ce qu’on peut faire. Le tout est aussi porté par une plume soignée, entraînante et captivante, qui nous plonge de nouveau rapidement et facilement dans ce récit sombre, intelligent et efficace. Je lirai en tout cas sans soucis d’autres écrits de l’auteur avec grand plaisir.

A noter que ce livre sortira le 27 octobre 2016.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un futur proche ou les conséquences du réchauffement climatique sur l’eau, ainsi que la législation spécifique sur l’eau dans l’ouest des USA a amené une crise qui tend doucement vers la guerre. L’auteur construit ainsi un thriller qui, en plus de s’avérer percutants et nerveux, va nous faire réfléchir sur de nombreux points, le tout dans une ambiance sombre et légèrement angoissante. L’univers est l’un des gros points forts du roman, premièrement par sa crédibilité, tant cet avenir parait plus que plausible,  et ensuite par toutes les extrapolations que fait l’auteur pour le construire que ce soit aussi bien politique, technologique ou encore humain. Mais surtout, comme je l’ai dit, ce roman nous offre de nombreuses réflexions marquantes, que ce soit sur notre vision de l’eau, sur l’Homme que ce soit sa capacité à s’autodétruire ou a se battre pour ses privilèges, sur notre société et son évolution ou encore sur la capacité de chacun à survivre, le tout sans jamais non plus s’imposer. Les personnages proposés ne manquent pas non plus d’attrait tant l’auteur arrivé à proposer des héros complexes, denses et travaillés qui ne tombent jamais dans la caricature, se révélant humains dans leurs histoires et leurs constructions. Les personnages secondaires s’avèrent eux aussi intéressant à découvrir. Alors certes la fin m’a paru légèrement trop rapide, j’ai trouvé certaines révélations une chouïa téléphonés, et l’auteur sur une ou deux points m’a paru un peu trop métaphysique, mais franchement rien de bloquant tant l’ensemble ne laisse pas indifférent et tant j’ai eu du mal à la cher ce roman. L’ensemble est bien porté par une plume soignée, percutante et entraînante, et je lirai sans soucis et avec plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Montag, …

Zombie Ball – Paolo Bacigalupi

zombie ballRésumé : Rabi, Miguel et Joe jouent près de l’abattoir de la ville. Il s’en dégage une terrible puanteur.
Les adolescents mènent l’enquête et découvrent que l’alimentation toxique des vaches les transforme en zombies ! Les Fast-Foods de la région regorgent de burgers contaminés…

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Paolo Bacigalupi fait partie des auteurs dont je suis la publication de ses écrits avec une grande attention. Il faut dire que les deux livres que j’ai lus de lui, La Fille Automate et La Fille Flûte et Autres Fragments de Futurs Brisés, m’ont offerts d’excellents moments offrant ainsi des histoires denses, réfléchies et efficaces. Donc quand j’ai vu que l’auteur proposait un nouveau récit, qui plus est sur les zombies, je n’ai pas mis longtemps avant de le faire rentrer dans ma PAL. Alors certes il s’agit d’un roman plus jeunesse et, vu que j’avais moins apprécié son Ferrailleurs des Mers, je savais qu’il serait différent de ses romans plus adultes, plus simple, mais je ne doutais pas de passer un moment fun. Il faut dire que la couverture joue beaucoup à cette impression.

On se retrouve donc à suivre Rabi, jeune américain d’origine indienne, qui, pour éviter d’être la risée de l’équipe de baseball, décide d’aller s’entrainer avec ses amis, Miguel et Joe, près de l’abattoir local. C’est là que les ennuis vont commencer pour eux et que les zombies vont apparaitre. L’auteur va alors, à partir de ce postulat de base simple, nous offrir une histoire qui se révèle vraiment divertissante, entrainante, fluide et efficace. Certes l’ensemble reste finalement assez linéaire, mais grâce à une intrigue solide et à une gestion du rythme réussie et sans temps morts, le lecteur se retrouve à tourner les pages avec plaisir et l’envie de savoir comment nos jeunes héros vont s’en sortir face à une telle crise. J’avais même, d’une certaine façon, l’impression de replonger dans certains de mes livres jeunesses d’aventures où une bande d’adolescent se retrouve à mener l’enquête, sauf qu’ici au lieu de résoudre un crime on se retrouve à tenter d’éviter une apocalypse zombies. La tension monte ainsi au fil des pages avec en point d’orgue une conclusion qui va se révéler des plus percutante, explosive et efficace où nos héros ne s’en sortent pas toujours gagnants. Je vous laisse découvrir pourquoi.

Mais voilà, au fil des pages on se rend aussi rapidement compte que l’auteur, comme à son habitude, nous propose bien plus qu’un simple roman divertissant et entrainant. Une certaine morale et un certain nombre de réflexions commencent à se dégager tout le long du récit. Que ce soit sur l’immigration, sur la société de surconsommation qui pousse à produire encore et toujours plus ou bien encore sur le pouvoir de l’argent, de nombreux axes forts sont développés. Le récit cherche d’ailleurs principalement à nous ouvrir les yeux sur la chaine alimentaire, la façon dont sont traités les animaux qu’on bourre de médicament pour les engraisser et qu’on parque par millier les unes collées aux autres avant de les tuer pour répondre à une demande exagérée, on est loin de l’époque ou les bêtes vivaient à l’air libre tranquillement. Mais surtout l’auteur arriver à garder une certaine alchimie dans son histoire, avec l’alternance de passages plein d’adrénalines et des passages plus réfléchis. Alors certes ces réflexions se révèlent efficaces, mais manque parfois selon moi de densité, l’auteur plongeant parfois un peu trop dans la caricature je trouve, que ce soit par exemple dans cette impression que les riches sont toujours mauvais, dans l’absence parfois aussi de contradiction ou bien encore dans la façon dont nos héros visualisent la société de façon un peu trop simpliste. Rien de bien dérangeant, surtout que le roman doit toucher un large public, mais parfois ça surprend.

L’aspect zombie se révèle solide, reprenant les bases classiques du mort-vivant affamé cherchant à se nourrir de cerveaux, le tout ponctué de nombreuses références un peu « geek » que ce soit sur des comics ou encore sur des jeux-vidéos. L’auteur nous offre aussi de nombreux moments plein d’humour que je vous laisse découvrir, mais la rencontre avec Bart n’a pas manqué de me faire sourire. Les personnages se révèlent eux aussi intéressants, soignés et attachants. Comment ne pas s’accrocher à ces trois jeunes héros qui décident de tout faire pour lutter contre un système qui va lobotomiser et zombifier les foules, que ce soit Miguel dont la famille fut expulsée par l’immigration et qui s’assombrit au fil des pages, Joe l’américain un peu timbré amoureux de comics, ou encore Rabi moitié américain et moitié indien qui est un peu le cerveau et le stratège de la bande. Trois caractères complètement différents, qui offrent une vision différente des évènements et qui s’associent parfaitement pour mener à bien leur quête et aussi découvrir que la vérité n’est pas toujours facile à démontrer. Les personnages secondaires répondent parfaitement aux attentes, qu’ils soient bons ou mauvais, dévoilant une société américaine pas toujours des plus reluisante, même si parfois ils tombent un peu dans la simplicité.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi entrainante, efficace et fluide, nous offrant ainsi un récit qui se révèle à la foi intelligent, barré et rempli d’aventures et d’action. Certes l’ensemble reste un peu élémentaire et sans surprise, mais franchement, j’ai été facilement happé par ce court roman que j’ai quasiment lu d’une traite. Il remplit donc ainsi parfaitement son rôle de divertissement efficace et percutant et continue à me faire penser tout le bien que je pense de l’auteur. J’ai d’ailleurs L’Alchimiste de Khain qui m’attend dans ma PAL et qui ne devrait pas tarder à terminer entre mes mains.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose une histoire de zombies qui se révèle solide, efficace, pleine d’humour, mais aussi proposant des réflexions intéressantes. J’avais un peu l’impression, à travers l’enquête de ces trois jeunes adolescents, de retrouver certaines de mes lectures d’aventures de jeunesse. Alors certes l’ensemble se révèle un peu linéaire, profite de quelques simplicités et l’ensemble tombe parfois légèrement dans la caricature, mais l’ensemble au final marche bien et je me suis laissé happé par l’intrigue, tournant les pages avec l’envie d’en apprendre plus. L’auteur nous offre des zombies qui sont loin d’être originaux, mais se révèlent solides et angoissants, tout en permettant à l’auteur de nous poser des questions que ce soit sur la chaine alimentaire ou encore par exemple sur l’immigration. Les personnages nous entraînent avec envie dans leurs aventures et se révèlent efficaces et attachants, même si certains personnages secondaires tombent un peu dans la simplicité. La plume de l’auteur est toujours aussi entrainante, efficace et fluide. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

AUtres avis : Nymeria, Cafe-Powell, Léa Touch Book,

zombies challenge

La Fille Flûte et Autres Fragments de Futurs Brisés – Paolo Bacigalupi

la fille flute et autres fragments de futurs brisésRésumé : Nominées ou lauréates des plus grands prix, ces dix nouvelles ont fait la notoriété de Paolo Bacigalupi et posé le saisissant univers post-pétrole de ses fictions ainsi que les thèmes sociaux, politiques et environnementaux chers à l’une des voix les plus puissantes de la science-fiction contemporaine.

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : De Paolo Bacigalupi j’ai lu La Fille Automate, qui m’avait fasciné par son intrigue dense et intelligente et par la galerie des personnages proposés qui se révélait riche et fascinante. J’ai aussi tenté ma chance avec le premier tome de son cycle jeunesse Ferrailleurs des Mers dont j’avais un peu moins apprécié la lecture, le trouvant sur certains aspects simplistes, sûrement la faute à mes attentes peut-être un peu trop élevées, même si efficace. C’est donc sans surprise que j’ai fait rentrer ce recueil de nouvelles dans ma PAL, m’attendant à retrouver ce qui m’avait fasciné dans La Fille Automate. Concernant la couverture je la trouve sobre et elle donne envie de découvrir ce livre. À noter que ce recueil comporte dix nouvelles de l’auteur.

La Fille-Flûte : Cette nouvelle nous plonge dans un futur où la féodalité a repris le dessus, mais au lieu des rois et des reines ce sont les célébrités et leurs fortunes qui dirigent les fiefs. Pour rester au sommet et continué à être adulées ces célébrités poussent donc à l’extrême toutes les modifications possibles, que ce soit par la chirurgie ou autre, et ainsi éviter de disparaitre. On découvre alors le destin de Lidia et ses sœurs, dont Madame Belari se sert pour essayer de devenir riche et s’émanciper. Une nouvelle que j’ai trouvé à la fois fascinante, tragique et angoissante par l’avenir que nous présente l’auteur. Les réflexions soulevées se révèlent clairement fascinante que ce soit sur l’amélioration de soi, le besoin d’être célèbre, le culte de l’unique et de la beauté, ou encore l’esclavage le tout de façon cohérente et intelligente. Les personnages se révèlent complexes et tous, d’une certaine façon, enfermés. Un excellent texte mélange de manipulation, de technologies, de trahisons, de jeux de pouvoirs et par moment de sensualité.

Peuple de Sable et de Poussière : Cette nouvelle nous dévoile un avenir où l’humanité survit dans un monde post-apocalyptique, où plus rien de biologiquement naturel ne survit vraiment. L’Homme s’est totalement adapté par la technologie et la biologie, se nourrissant de terre, de boue et se retrouvant quasiment immortel. Un groupe de personnes va alors croiser la route d’un vrai chien. Un texte sombre, très sombre, où l’humanité s’est adaptée à sa propre destruction, amenant doucement la planète vers la mort de son écosystème et sa diversité sans se soucier de rien tant elle est devenue immortelle, adaptable et insensible ; finalement inhumaine. La rencontre avec un animal véritable va alors amener son lot de réflexion sur la destruction de l’environnement ou encore sur les hommes qui ont poussé leurs insensibilités à l’extrême, devenant aussi, pour le coup, des sur-hommes. On obtient rien sans rien. La conclusion, que je vous laisse découvrir, se révèle glaçante et effroyable même si logique. Mon seul regret est une question qui me reste dans la tête concernant le travail des héros qui est juste développé pour intriguer, mais pas assez pour savoir ce qu’ils font, ni le but.

Du Dharma plein les Poches : Cette nouvelle nous plonge dans un univers futuriste ou Chengdu est limite devenue une ville biologique avec des gratte-ciels immenses et soit-disant vivant. Un jeune mendiant va alors se retrouver en possession de la personnalité du dernier Dalaï-Lama et au milieu d’un complot d’envergure. Un récit qui se révèle vraiment intéressant par tout l’univers que construit l’auteur, un background vraiment riche, dense et efficace, un peu cyberpunk, qui donne clairement envie d’en apprendre plus. L’auteur nous offre alors une histoire qui se révèle entrainante, haletante, pleine d’action , de rebondissements et d’explosions. Mais voilà j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même manquait d’intérêt et se révélait trop linéaire. De plus le fameux complot que nous dévoile l’auteur manque d’explications pour être compris et assimilé totalement. C’est joli, c’est captivant, mais ça manque de profondeur.

Le Pasho : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui, né dans une culture traditionnelle et pleine de règles, revient chez lui après avoir passé ses études dans une ville où la modernité et l’évolution sont de mises. Il va alors se heurter à son grand-père pur traditionaliste qui justement, à l’époque, a mené la guerre contre la ville et ses changements. Un texte assez subtil sur la possibilité ou non des traditions de survivre dans le monde moderne, face aux changements et aux évolutions. Est-ce que l’un est vraiment l’ennemi de l’autre? Un univers qui est à la fois futuriste et, finalement, contemporain qui se révèle captivant. Un texte qui nous dévoile aussi finalement deux extrêmes qui se rencontrent, ce qui ne donne jamais rien de bon. Mais voilà on a là un bon texte, mais qui m’a donné une impression de déjà-vu et qui manque parfois un peu d’empathie pour totalement m’accrocher. Rien de bien bloquant non plus.

L’Homme des Calories : Ce texte se situe clairement dans le même univers que La Fille Automate. Ici on suit les mésaventures d’un homme, contrebandier, qui remonte le fleuve pour allez récupérer un pirate génétique. On retrouve alors avec un certains plaisir ce monde sans pétrole, où les cultures sont devenues stériles menant sur un piédestal certaines entreprises qui font furieusement penser à Monsanto, et où l’électricité n’est plus si facile d’accès. Un univers toujours aussi riche et fascinant qui nous dévoile de nouveaux personnages intéressants, complexes et soignés. Les réflexions sur l’environnement, l’énergie et le pouvoir sont toujours présentes et toujours aussi efficaces. Un récit porté par une plume captivante et efficace qui se conclut de façon ouverte avec un peu d’espoir. Un texte réussi.

Le Chasseur de Tamaris : Cette nouvelle nous fait découvrir Lolo qui chasse le Tamaris, une plante envahissante et qui appauvrit les réserves d’eau, pour gagner sa vie. On découvre à nouveau dans ce récit un monde futuriste où l’environnement de l’homme commence à essouffler, ici l’eau par la sècheresse, et où se rend compte que finalement au lieu  d’essayer de trouver une solution il se renferme sur lui-même et devient égoïste avec ses ressources, voir même tente d’acquérir celle des autres. Mais voilà malgré ses réflexions toujours aussi intéressantes et efficaces concernant l’environnement, l’histoire de Lolo a eu vraiment du mal à m’accrocher ou à me fasciner et m’a paru clairement manquer de rythme. Au final je ressors donc avec un sentiment mitigé de ma lecture de ce texte.

Groupe d’Intervention : On découvre ici un texte vraiment sombre où l’homme est devenu immortel, prenant régulièrement un traitement pour le rester, mais doit par la même occasion renoncer à avoir des enfants pour éviter la surpopulation. Des groupes d’intervention ont donc été mis en place pour traquer ceux qui renient cette règle. L’auteur nous dévoile ici un univers à la fois lumineux, principalement par cette immortalité et tout ce qu’elle ouvre comme possibilité, mais aussi angoissant par ses femmes traquées pour leur désir d’avoir des enfants. Un avenir qui se révèle d’ailleurs aussi très intrigant par cette ville qui se fait avaler petit à petit par la forêt. Les réflexions apportés se révèlent intelligente et réfléchie avec d’ailleurs un dialogue final que j’ai trouvé réussie entre deux points de vues qui ne se comprendront jamais vraiment. J’ai juste deux petites remarques, j’ai trouvé que le récit manquait un petit peu de sentiment, l’ensemble se révélant un peu froid, et l’autre point vient que ces équipes ne paraissent traquer toujours que femmes et enfants, à croire qu’aucun couple ne reste ensemble, que les hommes ne sont que des donneurs.

Le Yellow Card : Cette nouvelle nous plonge dans ce qui parait aussi être le même univers que La Fille Automate, où on suit un vieil homme, ancien riche, qui a tout perdu, sa fortune, mais aussi sa famille, par la faute du nationalisme. Aujourd’hui il est considéré comme un immigré et ne doit pas sortir la nuit sous peine de se faire tabasser par les chemises blanches. Sûrement un des meilleurs texte du recueil que ce soit par son univers, dont j’ai déjà parlé, mais qui ici développe le soucis de l’immigration la faute à la montée des eaux, ou encore de la possibilité de trouver du travail pour survivre dans un monde surpeuplé, mais aussi par ses personnages qui se révèlent fascinants, démontrant que la roue du destin tourne, mais qu’il faut parfois aussi savoir la saisir. Mais à quel prix? La plume de l’auteur fascine d’une part par sa facilité à nous plonger dans son monde sombre et violent, et d’autre part dans la façon dont il maîtrise son récit dont la tension monte au fil des pages pour aboutir à cette conclusion terriblement efficace.

Plus Doux Encore : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui vient de tuer sa femme et qui se retrouve complètement perdu, imaginant le pire pour son avenir. Personnellement c’est la nouvelle dont j’ai le moins accroché du récit. La plume de l’auteur fonctionne toujours aussi bien, faisant que j’ai tourné les pages facilement, mais une fois fini j’avais envie de dire bof. Je me rends bien compte que l’auteur cherche à mettre en avant le fait que les hommes s’intéressent de moins en moins aux autres ce qui aboutit au fait que notre héros se retrouve de moins en moins inquiéter au fil des pages et peut alors tenter de monter un plan pour survivre, mais je ne sais pas j’ai jamais été embarqué que ce soit par les personnages ou par l’intrigue. Dommage.

La Pompe Six : Cette nouvelle je trouve, clôture de façon vraiment efficace et intéressante ce recueil. Elle nous plonge dans un univers ou l’humanité se laisse de plus en plus aller à l’indolence et la luxure, considérant l’ensemble de ce qui l’entoure comme acquis. On y suit le quotidien de Trav, manutentionnaire pour le réseau d’eau usé, qui va devoir faire face à une panne au niveau de la pompe six. La réflexion de l’auteur sur une société qui a atteint son paroxysme et qui s’effondre lentement devant la facilité, le plaisir facile et l’oubli se révèle bien construit. La tension monte lentement au fil des pages avec une révélation finale terriblement efficace. Un texte au final à la fois inquiétant et angoissant par la vision qu’il propose, traité de façon intéressante et avec humour où les personnages les plus intelligents ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

 

Ce qui fascine toujours avec les textes de l’auteur c’est sa capacité à créer des univers sombres, pourtant si cohérents et plausibles. On ne peut que se retrouver un minimum dans les nombreuses possibilités qu’il propose à travers ce recueil, même si tous les textes ne sont pas au même niveau. Juste un léger soucis, rien de bien grave, mais on se rend rapidement compte que l’auteur construit ses récits toujours un peu de la même façon, cela n’a rien de complètement gênant, mais parfois joue alors sur une absence de surprise de certains écrits. En tout cas voilà un recueil qui m’a offert une bonne lecture, le tout porté par une plume dense, soignée et vraiment entrainante. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil qui nous propose dix nouvelles sur des futurs sombres, souvent angoissants et prenants, où la technologie prend une place de plus en plus importante au point de parfois transformer complètement la vie des gens. Chaque nouvelle nous dévoile une humanité qui continue à avancer coûte que coûte que ce soit bon ou mauvais. Alors c’est vrai toutes les nouvelles ne sont pas au même niveau, une ne m’ayant même pas accroché du tout, mais franchement dans l’ensemble ce livre mérite plus que le coup d’œil sur toutes les potentialités qu’il dévoile. Aussi, quel plaisir de revenir à travers un ou deux textes dans l’univers de la fille automate. J’ai juste un léger regret, l’impression qu’un schéma répétitif se dégage dans la construction de chaque nouvelle, mais rien de bien gênant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi riche de détails, principalement dans la construction de son univers, et se révèle vraiment entrainante et percutante. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Plume, Gruz, …

Ferrailleurs des Mers, Tome 1 – Paolo Bacigalupi

ferrailleurs des mersRésumé : Fin du XXIe siècle, il n’y a plus de pétrole, la mondialisation est un vieux souvenir et la plupart des États-Unis un pays du tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres enfants et adolescents les carcasses de vieux pétroliers. Le précieux cuivre récupéré dans les câblages électriques au péril de leur vie leur permettent à peine de se nourrir.
Un jour, après une tempête dévastatrice, Nailer découvre un bateau ultramoderne qui s’est fracassé contre les rochers. Le bateau renferme une quantité phénoménale de matériaux rares, d’objets précieux, de produits luxueux… et une jeune fille en très mauvaise posture.
Nailer se retrouve face à un dilemme. D’un côté, pour récupérer une partie de ce trésor et en tirer de quoi vivre à l’aise parmi les siens, il doit sacrifier la jeune fille. De l’autre, l’inconnue est aussi belle que riche et lui promet une vie encore bien meilleure, faite d’aventures maritimes dont il rêve depuis longtemps…

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : J’ai découvert Paolo Bacigalupi il y a quelques mois avec ma lecture de son roman La Fille Automate qui m’avait conquis, offrant une histoire dense, complexe et vraiment passionnante (ma chronique ici). Lorsque j’ai appris que l’auteur sortait une nouvelle série de SF je n’ai pas mis longtemps à la faire rentrer dans ma PAL, malgré quelques légères réticences concernant le fait qu’il s’agit d’un roman plus Young-Adult. Il était d’ailleurs intéressant de voir comment l’auteur allait s’en sortir en ciblant un public plus jeune. En tout cas je dois avouer que je trouve la couverture vraiment réussie et qui colle à l’univers rouillé.

Je dois bien avouer une chose, on ne s’ennuie jamais vraiment dans ce roman qui offre un rythme vraiment prenant, accrocheur, haletant et plutôt efficace tout au long du roman. On retrouve clairement tous les éléments d’un bon livre d’aventures plaisant à lire avec son lot de rebondissements, d’action et d’adrénaline pour véritablement happer le lecteur, offrant une histoire de piraterie vraiment plaisante, qui rappelle un peu les romans jeunesses sans prise de tête, mais tout en offrant une intrigue très ancré dans un avenir futuriste sombre et inquiétant. Car oui, malgré le côté fun et efficace mis en avant, l’auteur nous offre aussi un aspect pessimiste où la survie passe par le travail, le sacrifice et où rien n’est jamais acquis. L’auteur offre aussi le classique voyage initiatique permettant de passer de l’enfance vers l’âge adulte, mais traité de façon réaliste avec parfois sa violence et sa souffrance.

L’univers mis en place par l’auteur ne manque pas de charme non plus, même s’il se révèle assez sombre et cynique. On se retrouve à la fin du 21ème siècle dans une Amérique ou les dissensions sociales sont au plus haut et où les plus pauvres doivent se tuer à la tâche pour simplement survivre. Une critique sociale qui se révèle classique, mais plutôt efficace même si parfois un peu stéréotypée. Les villes et les lieux mis en avant par l’auteur se révèlent vraiment intéressants à découvrir suite à différentes catastrophes naturelles. Des localités souvent au bord du gouffre où chacun rêve d’un monde meilleur. Surtout on ressent une certaine passion et un certain amour que l’auteur chercher à nous faire partager pour la mer, la voile, mais aussi cette envie de dépaysement et d’aventures.

Et pourtant je ressors de ma lecture avec un gros sentiment mitigé, en effet malgré tous les aspects positifs que je retrouve dans ce récit l’auteur est tombé, selon moi, dans certains aspects un peu trop « jeunesse », offrant une intrigue qui se révèle clairement balisé et surtout certaines perspectives qui me paraissent importantes sont à peine esquissés. Par exemple l’univers est devenu décadent devant l’absence de pétrole, mais on ne sait rien de la cause de cette disparition ni de ses véritables conséquences; ou encore le héros va rencontrer et sauver la fille d’un homme puissant qu’on tente de kidnapper pour mettre la pression sur l’entreprise familiale, mais rien vient expliciter le pourquoi, se contentant d’une phrase d’explication qui doit, bien entendu, répondre à tout. Comme si l’auteur avait énormément d’idées denses et complexes mais qu’il s’est senti un peu bloqué par l’aspect jeunesse et offre plus un récit enlevé qui joue sur l’action et les rebondissements mettant un peu de côté la finesse du background. Après cela vient peut être aussi de mes attentes, surtout après La Fille Automate.

Concernant les personnages ils ne sont pas mauvais, se révèlent vraiment plaisants à suivre tout au long de leurs aventures, nous présentant un monde, un régime social loin d’être féerique. Les personnages principaux se révèlent souvent complexes devant lutter contre leurs façons de voir le monde, mais voilà ils n’ont jamais réussi à complètement m’accrocher, à me faire ressentir leurs émotions, leurs souffrances et leurs désillusions ce qui est un peu dommage, comme si le rythme les empêchait de clairement se développer. Pourtant, il y a du potentiel surtout entre Nailer héros qui a perdu sa mère et qui vit avec un père violent, Nita fille riche qui découvre que la vie n’est pas toujours ce que l’on croit ou bien encore les amis de Nailer. Peut-être que l’auteur se garde un peu de marge de manœuvre pour les prochains tomes. Alors bien sûr, l’auteur tombe parfois un peu dans les classiques avec la bluette entre nos deux héros, mais il évite clairement de tomber dans la caricature offrant quelque chose de sensé.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple et efficace, nous emportant facilement dans un récit qui, à défaut d’être complètement abouti et réussi, se révèle plaisant et haletant malgré, je trouve, par moment, quelques répétitions. Au final un premier tome qui possède ses qualités et ses défauts, qui reste sympathique à lire, mais qui rentre plus, à mon goût, dans les livres « vite lus, vite oubliés ». Ce qui ne m’empêchera pas de lire la suite rien que pour voir vers où se dirige l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment avec ce roman jeunesse qui offre une histoire pleine d’aventures, de rebondissements et le tout sur un rythme tendu et haletant qui fait qu’on tourne les pages avec envie. L’univers mis en place par l’auteur se révèle intéressant, sombre et cynique et ne manque pas d’attrait. Mais voilà une fois la dernière page tournée j’avais l’impression que ce roman était juste esquissé, comme si l’auteur ne cherchait qu’à parler de piraterie alors qu’il donnait l’impression de souhaite construire un bakground dense derrière. Les personnages sont intéressants à découvrir et on suit leurs aventures avec plaisir, mais ils n’ont jamais réussi complètement à m’accrocher. La plume de l’auteur se révèle vraiment efficace et plaisante malgré quelques répétitions. Au final un roman sympathique, mais que je classe dans les livres « vite lus, vite oubliés ». Je lirai tout de même la suite pour voir ce que propose l’auteur.

 

Ma Note : 6,5/10

 Autres Avis : Lune, Xapur, Cornwall, Lhisbei, nymeria, …

La Fille Automate – Paolo Bacigalupi

la fille automateRésumé : La sublime Emiko n’est pas humaine. C’est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto.
Êtres sans âme pour certains, démons pour d’autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIe siècle d’après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dirigent le monde. Qu’arrive-t-il quand l’énergie devient monnaie ? Quand le bioterrorisme est outil de profit ? Et que les dérives génétiques font basculer le monde dans révolution posthumaine ?

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : J’avais envie de lire ce livre, depuis sa sortie en Anglais, dont l’histoire ainsi que la magnifique couverture en VO me donnait véritablement envie de découvrir ce roman. Mais voilà j’ai toujours une certaine appréhension à lire de la SF, surtout de la SF assez dense, en Anglais. Puis lors d’une discussion avec Lelf, j’ai découvert, un peu par hasard, honte à moi, que ce livre était sorti en VF. Il a donc rapidement fini dans ma PAL. Je dois dire que je trouve la couverture assez sympathique, mais je maintiens ma préférence pour l’illustration de couverture en VO.

J’ai été un peu surpris par le début de ma lecture qui se révélait un peu lent, mais aussi par le léger temps d’adaptation à un univers futuriste inconnu ainsi qu’au fait que l’auteur parsème son histoire de mots Thaï; et pourtant j’ai été emporté de la première à la dernière page de ce roman qui se révèle être une lecture fascinante et déconcertante. En effet le roman se révèle véritablement riche et efficace de bout en bout et surtout nous offre une histoire vraiment dense et intelligente qui pousse le lecteur à la réflexion sur l’avenir de notre planète. L’auteur joue habilement avec le lecteur, alternant les points de vues des personnages, mais jouant aussi avec le rythme entre développement de l’histoire et de l’univers et rebondissements qui font avancer l’histoire et entraine encore un peu plus le lecteur dans cette intrigue foisonnante et prenante.

L’univers développé par l’auteur est vraiment passionnant, mais aussi tellement réaliste et inquiétant qu’il force le lecteur à se poser des questions et à revoir notre vision de la planète. Un univers parfois déprimant ou le Pétrole a disparu, le charbon coûte tellement qu’on ne s’en sert presque plus et où la nourriture a connu énormément d’infections à cause des modifications des grands groupes qu’il est difficile de trouver de la nourriture saine. Mais voilà l’auteur ne prend jamais parti et offre au lecteur le choix de la réflexion, montrant que les manipulations peuvent aussi bien aider que détruire tout dépend de qui s’en sert et pour quelles raisons, même s’il nous montre clairement ce que peut créer des entreprises comme Monsanto. Un univers dense, palpitant qui est, pour moi la grande réussite de ce roman tant on peut s’identifier à cet avenir et à ses conséquences. La ville de Bangkok est le dernier bastion d’une certaine liberté génétique, une ville aux multiples facettes qui se révèle doucement au fil des pages.

Mais voilà ce roman n’est pas non plus qu’une grande quête génétique et biologique, il nous rappelle aussi que la nature humaine ne change pas malgré toutes les catastrophes qu’elle peut bien connaitre. Il nous montre que devant la peur on se tourne facilement vers la violence et il nous montre aussi qu’au fil du temps on oublie et on est facilement prêt à détruire de nouveau pour de l’argent. Il nous montre aussi de façon efficace cette soif de pouvoir et de vengeance que tous les personnages ont, mais de façon totalement différentes. C’est la diversité des personnages qui nous dévoilent pleinement cet univers et l’histoire, chaque personnage nous montre sa vision de ce monde et de ce qu’il est devenu et ce qu’il a été avant entre insouciance et folie. Finalement on fait toujours les mêmes erreurs.

D’ailleurs les différents personnages développés par l’auteur sont vraiment intéressants, possédants tous des personnalités propres avec leurs sentiments et leurs émotions. L’auteur nous offre vraiment une palette de personnages hétéroclites, tous différents les uns des autres et qui pourtant vont se croiser, se retrouver au fil des pages et changer la face de Bangkok et du monde par leurs actions. Les différents personnages se révèlent denses, et passionnants et l’auteur arrive à les faire évoluer au fil des pages de façon solide et efficace, la preuve en est avec Emiko qui parait au début du livre complètement effacée, éclipsée devant sa condition, mais qui au fil des pages va prendre de l’ampleur pour jouer un rôle important dans l’histoire. On se reconnait un peu dans tous les personnages d’une façon ou d’une autre.

Le style de l’auteur est agréable à découvrir au fil des pages même si par moment je l’ai trouvé peut être un peu trop simpliste et descriptif mais rien de bien méchant tant il arrive à nous emporter dans son histoire, à nous plonger dans son univers et à nous faire réfléchir au fil des pages. J’ai passé un excellent moment avec ce roman qui s’est révèlé intelligent, dense, travaillé et qui mérite vraiment d’être lu pour tous les amoureux de la SF et découvert pour tous les autres lecteurs selon moi. Un roman qui vous fera voir le monde de façon différente.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre qui se révèle vraiment dense et intelligent nous offrant une intrigue vraiment efficace et prenante malgré peut être un début un peu lent et surprenant, mais rien de bien grave tant j’ai été emporté par le roman. L’univers est une des grandes réussites de ce roman, un univers dense et surtout tellement réaliste qu’il pousse à la réflexion. Les personnages sont vraiment intéressants, travaillés et possèdent tous leurs personnalités propres, leurs défauts et leurs qualités. Des personnages totalement différents qui tentent de survivre dans ce monde et dont on se retrouve un peu dans chacun d’eux. Le style de l’auteur est agréable malgré peut être quelques passages un peu trop simples et descriptifs mais rien de bien méchant. Un excellent roman SF à découvrir selon moi.

 

Ma Note : 9/10

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