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La Grande Route du Nord, Tome 2 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 2Résumé : Deux mois se sont écoulés depuis le meurtre d’un clone North à Newcastle. Son identité exacte demeure un mystère et toutes les hypothèses restent ouvertes. Sur place, l’inspecteur Sidney Hurst et son équipe soupçonnent la pègre locale. Et la lutte pour le contrôle du marché transstellaire du biocarburant pourrait bien provoquer des dissensions au sein du clan North.
Sur la planète St Libra, les « accidents » suspects s’accumulent pour l’expédition de l’ADH, partie à la recherche d’un potentiel assassin d’origine extraterrestre. Isolés en terrain hostile, coupés de leurs bases arrière, les survivants sont plus que jamais en situation critique. Une seule certitude : la clé de l’énigme réside dans le passé trouble de la mystérieuse Angela Tramelo, qui fait partie de la mission. Le dénouement de cette histoire sera… explosif !

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce récit qui, malgré un démarrage un peu long à mon goût, se révélait offrir une intrigue sympathique, efficace et fluide (ma chronique ici). L’éditeur ayant décidé de scinder ce roman en deux, j’ai donc fait rapidement entrer cette « suite » dans ma PAL, qui a finalement attendu plusieurs semaines avant que je l’en fasse sortir comme souvent quand un livre vient se perdre dans ma PAL. J’avoue que j’avais quand même hâte de savoir ce qu’allait proposer l’auteur pour conclure son récit. Concernant la couverture, illustrée par Fred Augis, je la trouve moins intéressante que la première, même si elle reste dans l’ensemble assez sympathique.

Le soucis qu’on peut imaginer quand on se lance dans un livre scindé en deux pour la VF, et que j’ai attendu quelques mois pour me lancer dans la suite, vient du fait de pouvoir rentrer dans l’histoire sans se sentir perdu ou avoir l’impression d’avoir oublié des points importants. Sauf que voilà, contrairement à mes craintes je me suis tout de suite retrouvé dans cette suite, certes il m’a fallu parfois faire cogiter mes neurones pour me souvenir de quelques informations, mais dans l’ensemble j’ai de nouveau été facilement plongé dans ce récit qui va se révéler tout du long fluide, entrainant, où le jeu de pistes de mensonges et de vérités continue à se développer à un rythme assez efficace. Que ce soit entre l’aspect policier, avec l’enquête de la mort d’un North, où l’expédition sur St Libra à la recherche d’une possible présence extraterrestre, mais qui va connaitre de nombreux soucis et de nombreux accidents, l’auteur sait bien tenir le lecteur en haleine, jouant avec les tensions, les révélations et les retournements de situations, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais vraiment dans ce second tome. Il faut aussi dire que l’ensemble commence à se décanter, les révélations se font la vérité se dévoile enfin au fil des pages. Sauf que voilà au final, malgré que l’ensemble se laisse lire facilement, je n’ai jamais non plus été complètement emballé par ce que nous propose l’auteur. Certes c’est divertissant, mais de nombreux points m’ont laissé perplexes, voir m’ont frustrés.

Déjà, pour ceux qui connaissent Peter F. Hamilton, il faut dire, du peu que j’ai lu de lui, qu’il n’est pas l’auteur de SF le plus fin et le plus complexe qui soit. Est-ce que c’est une mauvaise chose? non loin de là, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, une intrigue plutôt simple n’empêche pas d’aboutir à des romans efficaces, entrainants et percutants et de se lire avec grand plaisir. Sauf que voilà, pour cette Grande Route du Nord l’intrigue a la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Que ce soit dans ce jeu de tension entre l’existence ou pas de l’alien ou le fond de l’enquête, j’avoue que l’ensemble est un peu trop prévisible. Ensuite l’auteur a un peu de mal avec certains aspects logiques, que ce soit le militaire qui voit ses hommes décédés mystérieusement, qui demande de l’aide et qu’on lui refuse sans véritable raison cohérente, ou bien le hacker qui hack le hacker qui hack le hacker sans que personne ne se rend compte de rien alors que le tout nous est présenté comme extrêmement risqué, ou encore les grosses ficelles concernant les relations de quelques personnages, j’avoue que cela m’a laissé parfois perplexe. Enfin un dernier point qui m’a dérangé ce sont les longueurs, j’en avais déjà constaté dans le premier tome, mais j’ai trouvé que dans ce second tome il y en avait aussi pas mal, soit l’auteur se perd un peu dans ses descriptions offrant d’ailleurs de nombreuses répétitions, soit des passages m’ont paru très peu utiles, soit j’ai trouvé qu’il se perdait dans des flashbacks pas toujours intéressant. Cela n’empêche pas l’ensemble d’être divertissant, mais c’est dommage.

Surtout qu’on y retrouve clairement ce qui fait les qualités d’Hamilton dans ce roman, cet univers d’une grande densité et qui surtout lui permet de mettre en avant une grande imagination principalement d’un point de vue technologique, avec les trous de ver, le clonage, le maillage intelligent, la surveillance par caméra et autres qui collent parfaitement à l’ensemble. Il n’oublie pas non plus pour autant de développer l’image de fond en nous proposant un avenir ou la politique libérale, capitaliste, où les entreprises et la finance occupe une place importante, où la politique repose plus sur l’image que sur le fond. Alors certes c’est parfois pas d’une grande finesses, mais rien de dérangeant et surtout l’ensemble reste plausible. L’ensemble est bien porté par des descriptions simples et efficaces, même si parfois l’auteur se perd un peu trop en répétition, nous rappeler une dizaine de fois comment marche une technologie ne la rendra pas plus réel. Là où par contre je suis légèrement déçu, c’est dans la volonté de vouloir offrir à l’histoire une réflexion plus environnementale, pousser le lecteur à se poser des questions sur notre consumérisme, notre capacité à tout vouloir maintenant, à détruire pour notre propre évolution sans jamais se soucier de ce que l’on fait, sauf que là aussi l’ensemble est trop caricatural, trop simpliste et binaire pour complètement m’emballer. Je ne spoilerai pas la conclusion, mais de ce point de vue environnementale elle se révèle assez étrange. Dommage car sur ce point il y avait du potentiel.

Concernant les personnages on reste dans la continuité du tome précédent avec des personnages assez intéressants, soignés, dont on suit les péripéties avec un minimum de plaisir, mais dont, comme dans le premier tome, il manque un vrai personnage qui sorte du lot. Ils ne sont pas mauvais, on s’attache même avec certains d’entre eux, mais voilà il y a toujours un moment ou un autre où ils tombent un peu dans les stéréotypes, ce qui les dessert légèrement par moments. Par contre autant les personnages principaux, pas de soucis que ce soit Sid, Angela, Vance, malgré leurs défauts on voit ce qu’ils apportent au récit, autant certains personnages secondaires ne paraissent rien apporter, comme Saul, ou bien offre parfois des passages qui ont clairement du mal à se révéler crédible comme Ian. Alors rien de bien gênant, mais comme je l’ai dit cela offre un sentiment que l’auteur s’est trop laissé aller dans les détails et que là ou l’éditeur aurai dû faire quelques coupes il ne l’a pas fait.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et plonge finalement le lecteur assez facilement dans son intrigue. Il montre qu’il connait parfaitement les mécanismes pour offrir un récit qui, a défaut de vraiment emballer le lecteur la faute à ses quelques défauts, se révèle tout de même fluide et divertissant et se laisse lire avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de connaitre la fin. Concernant la fin d’ailleurs, je regretterai peut-être un peu le côté happy-end facile, mais rien de bloquant ou de dérangeant. Au final dans l’ensemble je ne pense pas que ce roman soit le meilleur de l’auteur, mais il reste divertissant et assez sympathique. J’ai encore d’autres romans de l’auteur qui m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : Ce second tome, malgré ses défaut, m’a offert une lecture qui s’est révélé tout de même divertissantes. L’auteur connait bien les mécanismes pour offrir une histoire qui se révèle fluide,entrainante et efficace. Alors certes j’ai trouvé l’intrigue par moment trop simpliste et prévisible, certains aspects m’ont paru mal traités voir ne rien apporter et quelques longueurs se font encore ressentir, mais voilà cela n’empêche pas le lecteur de tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. L’univers développé est toujours aussi dense, permettant à l’imagination de l’auteur de s’épanouir, collant parfaitement au récit. Je reprocherai juste l’aspect environnemental que cherche à mettre en avant l’auteur de se révéler trop simpliste et binaire pour réussir à me toucher. Concernant les personnages ils sont intéressants à découvrir, faisant vivre et avancer l’intrigue de façon efficace, même si certains personnages secondaires m’ont paru ne rien apporter, ou avoir certaines réactions un peu trop surprenantes pour se révéler cohérentes. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, fluide et efficace, aboutissant à une conclusion qui n’est pas mauvaise malgré un happy-end un peu facile et un aspect que j’ai trouvé étrange, mais bon rien de bloquant. Au final pas le meilleur de Peter F. Hamilton selon moi, mais qui se laisse lire. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Herbefol, …

La Grande Route du Nord, Tome 1 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 1Résumé : Newcastle-upon-Tyne, 2143. Ville rendue florissante par le portail transspatial donnant accès à la planète St Libra et à son précieux biocarburant, elle devient le lieu d’un meurtre brutal. La victime est un clone appartenant à la richissime famille North et la méthode employée ressemble étrangement à celle d’un massacre commis sur St Libra vingt ans plus tôt. Tandis que l’inspecteur Hurst mène son enquête, les autorités rouvrent le dossier Angela Tramelo, condamnée à perpétuité pour le premier crime. Selon elle, le véritable coupable serait d’origine extraterrestre. L’ Alliance pour la défense de l’humanité décide d’envoyer une mission scientifico-militaire à travers le portail.
Mais alors que l’expédition s’isole dans la jungle hostile, ses membres meurent les uns après les autres…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie de ces auteurs dont je découvre doucement la bibliographie. Certes cela n’a pas toujours été couronné de succès, les Greg Mandel 2 et 3 m’ayant laissé plus que perplexe, mais je dois bien admettre que l’auteur possède une sacrée imagination et offre des aventures qui se révèlent régulièrement efficaces. Pour le moment je ne me suis pas encore lancé dans un de ses grands cycles dont j’ai entendu beaucoup de bien, me contentant de one-shot, nouvelles, ou de « petites » séries. C’est donc sans surprise que j’ai sorti le premier tome de ce diptyque de ma PAL. D’ailleurs pour la petite histoire, ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais une fois traduit, devant plus de mille pages, l’éditeur à décidé de le couper en deux tomes. Je ne commenterai pas cette décision, elle a ses raisons et ses défauts, mais j’y reviendrai plus tard, car elle va avoir une influence selon moi. La couverture, illustrée par Fred Augis, se révèle très sympathique.

Ce roman nous plonge donc en 2143, à Newcastle-upon-Tyne, où l’assassinat d’un des clones North, l’une des familles les plus puissantes, va bouleverser ce qui devait n’être qu’une simple enquête de police. En effet le mode opératoire et l’arme utilisée n’est pas sans rappeler un autre massacre chez les North, vingt ans plus tôt sur la planète St Libra,  et qui a amené à la condamnation d’Angela Tramelo, qui a pourtant toujours clamé son innocence, accusant un coupable d’origine extra-terrestre. Le tout se situant sur fond d’invasion des Zanth, une race alien, sur différentes planètes colonisées par les humains. L’auteur nous propose alors une intrigue qui va se révéler complexe, mélange de différentes sous-intrigues qui ne paraissent pas toujours s’imbriquer au premier coup d’œil dans le puzzle qui se construit, mais qui, petit à petit au fil des pages, commence à dessiner une image beaucoup plus dense et sophistiqué qu’imaginé au départ. L’ensemble ne manque pas de jouer avec le lecteur, entre fausses pistes et révélations, on se retrouve un minimum emporté par cette histoire, espérant en apprendre plus sur les nombreux mystères qu’elle cache. De nombreuses questions sont posées qui viennent chatouiller le lecteur et lui donner envie d’en découvrir plus.

Une des grandes forces du récit vient principalement de l’univers que construit l’auteur. Il fait clairement penser à l’univers du Commonwealth développé dans d’autres récits, mais pourtant se révèle différent et parallèle par de nombreux aspects et de nombreuses évolutions. L’imagination de l’auteur se révèle débordante, voir même sans limite, que ce soit d’un point de vue des nombreuses technologies qu’il propose, comme par exemple le maillage qui permet de surveiller toute la ville par vidéo interfacée et qui n’est pas sans rappeler la folie de Londres à tout vouloir contrôler par caméra, mais aussi ses ie qui permettent de toujours rester connecter ou ses portails pour traverser les mondes ; ou bien encore à travers les descriptions qu’il nous offre et qui se révèlent toujours assez fascinantes et même souvent magnifiques, que ce soit devant les villes imposantes ou encore à travers les nouvelles planètes intrigantes avec leurs faunes et leurs flores qui sont uniques. Surtout l’ensemble reste facile d’accès et compréhensible pour toucher un maximum de lecteur. La vision du futur qui nous est offerte se révèle clairement intéressante et cohérente, exacerbant certains aspects politiques et financiers bien présents de nos jours avec ce côté très libéral, où les riches font tourner le monde en donnant l’impression d’avoir une conscience alors qu’ils pensent surtout à leurs fortunes. Pareil pour tout ce qui concerne la politique, l’ensemble est toujours aussi vicié par les pots de vin et l’incapacité à se mettre d’accord. Un avenir qui possède ses défauts et ses qualités, même si parfois, c’est vrai, l’auteur tombe un peu dans la caricature. Par contre je regrette que l’auteur se répète régulièrement au niveau des descriptions, on a l’impression d’avoir toujours le même ciel par exemple, mais bon rien de dérangeant.

Le principal soucis de ce récit vient finalement du fait qu’il prenne son temps pour installer son histoire. Franchement les 260 premières pages, sans se révéler non plus totalement mauvaises, auraient pu être facilement tronqués d’une partie rendant l’ensemble plus vivant. Il faut dire aussi qu’on se concentre principalement sur cette fameuse enquête de police, la partie sur Saint Libra à la recherche de ce possible alien ne débutant vraiment qu’en seconde partie. Pas que l’enquête soit désagréable, juste qu’on cherche à montrer que ce genre de travail ne se fait pas facilement, que ça prend du temps, relever tous les indices, les lier entre eux, respecter la procédure au maximum ou encore éliminer toutes les fausses pistes ; mais voilà il n’y avait pas que les héros qui se sentaient frustrés de ne pas avancer, le lecteur aussi le ressent parfois. Ensuite, l’auteur se laisse un peu aller aux répétitions et surtout au flashback. Dès que la tension grimpe, qu’une révélation va se faire, pour gagner du temps on nous offre un flashback, autant parfois cela apporte un plus, autant à d’autres moments j’ai eu du mal à accrocher. Justement, je reviens sur le découpage du livre, car un début trop lent et parfois long de 260 pages sur 1000 pages ça peut ne pas se ressentir une fois la dernière page tournée, la même chose sur un tome de 520 pages, soit près de la moitié du roman, ça peut amener certains lecteurs à ne pas se laisser tenter par la suite, malgré le fait que l’ensemble se laisse lire, se révèle divertissant et surtout annonce une suite qui parait plus soutenue. C’est dommage.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêts et d’attraits et se révèlent intéressants à suivre et à découvrir même si je trouve que dans ce premier tome il manque un minimum de personnages charismatiques ; un personnage qui pourrait nous happer, nous fasciner. L’auteur essaie bien de nous offrir Angela Tramelo, héroïne qui a passé vingt ans en prison pour un crime qu’elle n’aurait pas commis, libéré pour traquer le véritable assassin et qui a la vengeance cramponné au corps. Une sorte de femme fatale. Mais voilà pour une fille qui sort d’enfermement depuis vingt ans, je l’ai trouvé un peu trop gentillette, même si elle a le potentiel pour offrir plus par la suite et un background qui annonce un personnage plus complexe qu’on peut le croire. Le Policier Sid Hurst se révèle assez classique dans sa présentation et sa façon de voir les choses, mais offre un point de vue intéressant sur la façon de survivre dans ce futur qui n’est pas toujours si glorieux, où chacun cherche à se couvrir, où l’argent se révèle toujours le nerf de la guerre et où une telle enquête peut amener autant la gloire que la fin d’une carrière. Concernant les autres protagonistes, ils ne sont pas mauvais, mais certains tombent clairement dans la caricature. Je pense principalement à certains membres de l’ADH, organisation militaire.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante, nous plongeant efficacement, comme souvent, dans des univers chatoyants et offrant des idées efficaces. Alors, c’est vrai que la moitié de ce tome aurait mérité un travail éditorial différent, dont quelques coupes, mais dans l’ensemble ce premier volume se révèle tout de même sympathique, divertissant et se lit assez facilement pour me donner envie de lire la suite pour savoir ce que peut bien nous cacher l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une histoire aux multiples lignes d’intrigues qui, au fil des pages, dessinent une image complexe et efficace. On se laisse porter assez facilement par ce récit, mélange de policier et de Science-Fiction, qui nous plonge dans un univers efficace et bien porté par l’imagination fertile de l’auteur, que ce soit d’un point de vue technologique comme des descriptions des lieux et des planètes visitées. Je regrette par contre un démarrage un peu lent, et parfois un peu long, qui prend clairement son temps et aurait peut-être mérité un travail éditorial différent. Surtout que, selon moi, ces longueurs se font plus ressentir encore du fait que le livre ait été coupé en deux pour sa sortie en France ; à voir avec la lecture du tome 2. Concernant les personnages ils se révèlent agréables à suivre et à découvrir, mais il manque, je trouve, des personnages vraiment charismatiques, mais dont certains possèdent le potentiel pour le devenir. Concernant les personnages secondaires ils sont plutôt efficaces même si certains, principalement chez les militaires, tombent dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante malgré, c’est vrai, quelques répétitions et quelques longueurs. Au final un premier tome sympathique, sans non plus se révéler exceptionnel, mais qui me donne envie de lire la suite, malgré ce léger accroc au démarrage.

 

Ma Note : 7/10

Manhattan à L’Envers – Peter F. Hamilton

Manhattan à l'enversRésumé : Pourquoi une espèce extraterrestre supposée non intelligente s’est-elle attaquée aux colons humains sur Menard, l’un des mondes accueillant les citoyens du Commonwealth intersolaire ? Comment expliquer un acte de terrorisme futuriste, dont l’auteur possède un alibi insoupçonnable et qui cache des manipulations aussi bien politiques que philosophiques à l’échelle planétaire ? Peut-on gagner l’immortalité en voyageant dans le temps ?
Voici certaines des énigmes que devra résoudre Paula Myo, la célèbre enquêtrice génétiquement modifiée du Conseil intersolaire des crimes graves…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie des auteurs connus et reconnus dans le milieu de la SF pour ses histoires souvent remplies d’imaginations, reposants principalement sur le Space-Opera et son espace immense offrant des perspectives sans fins. Je n’ai donc pas mis longtemps à me laisser tenter par ce recueil de sept nouvelles qui devrait permettre de se lancer dans la découverte des univers de l’auteur avant de se lancer, qui sait, dans un de ses différents cycles. En tout cas la couverture, illustrée par Manchu, est, comme souvent avec cet illustrateur, magnifique.

En Regardant Pousser les Arbres : Cette nouvelle nous propose une histoire vraiment intéressante et surprenante qui m’a passionné. En effet notre héros va démarrer son enquête de meurtre en 1832 pour finalement ne trouver le coupable qu’en 2038. Un monde parallèle, mélange de passé et d’avenir, avec par exemple la possibilité de vivre éternellement, mais où la science continue à évoluer. C’est d’ailleurs cette évolution de la science qui va révéler des indices et faire avancer notre héros au cours des siècles. L’auteur nous offre par ce biais une réflexion vraiment intéressante sur l’Homme qui se repose un peu trop sur cette science froide sans prendre en compte les sentiments. Le seul problème est que dès le début le lecteur à deviner le coupable, ce qui rend certains passages d’interrogatoires et de face à face sans surprises.

Un Électorat qui Marche : Cette nouvelle nous dévoile une Angleterre au bord du gouffre, un pays qui a du mal à survivre économiquement et politiquement, jusqu’au jour ou un trou de vers pour un autre univers est ouvert offrant la possibilité de quitter ce monde pour reconstruire. On suit les aventures d’un couple divorcé, avec enfants, qui a une vision radicalement différente de l’avenir. Entre l’espoir d’un monde meilleur ou le combat pour améliorer notre planète, cette histoire ne manque pas de charme. Mais voilà j’ai trouvé que l’auteur restait trop en surface de sa réflexion et la conclusion m’a parue clairement trop facile.

Si du Premier Coup … : L’auteur décide de développer dans ce texte le paradoxe temporel. Je ne peux pas trop parler de l’intrigue sans dévoiler des éléments, ce qui serait dommage, mais elle se révèle vraiment intéressante, surprenante, juste beaucoup trop courte à mon goût. En effet l’histoire se révèle beaucoup trop dense et beaucoup de points auraient mérités d’être vraiment plus détaillés pour vraiment mieux apprécier ce texte et complètement accrocher le lecteur. On reste un peu sur notre fin avec beaucoup de questions en tête. Au final un récit agréable, certes trop court, mais efficace, sans temps morts et bien écrit avec son lot de surprises et de rebondissements.

Le Chaton Éternel : La plus courte des nouvelles du récit, mais une de celle qui se révèle la plus touchante et la plus marquante à mon goût. L’auteur nous offre ici une réflexion efficace et percutante sur l’évolution de l’enfance à l’âge adulte, avec le dur passage de l’adolescence, mais aussi des attentes des parents vis-à-vis des leurs enfants, de leurs envies. Une nouvelle courte, forte et efficace.

Le Piège à Démons : On retrouve à travers cette nouvelle un des personnages récurrent de l’auteur, Paula Mayo, être génétiquement modifié pour chercher toujours la vérité. Elle va se retrouver a enquêter sur un groupe nationaliste qui s’attaque à la plus jeune génération des grandes familles pour faire entendre ses revendications. Un texte enlevé, soutenu et sans temps mort qui nous entraine dans une enquête vraiment efficace et prenante, où tout n’est pas toujours ce que l’on croit. Surtout l’auteur nous propose une réflexion vraiment intéressante sur la personnalité, ce qui fait qu’on est Nous, entre le corps et l’esprit, mais aussi sur l’immortalité à travers le partage de l’esprit. Dommage que la présentation éclatée récit gâche un peu la force de la conclusion. De plus ce texte aurait mérité d’être plus long, par moment les indices donnant l’impression de se présenter trop facilement pour faire avancer l’histoire rapidement, ce qui frustre un peu.

Manhattan à l’Envers : Cette nouvelle nous propose de retrouver une nouvelle histoire de Paula Mayo. L’idée de départ se révèle intéressante, essayant de traiter de l’invasion de l’Homme, son intelligence et sa force, sur une planète où se trouve une espèce en développement intellectuel, essayant d’offrir ainsi par certains aspects une critique sur la colonisation, d’où le titre. Mais voilà j’ai trouvé le tout vraiment mal amené et m’a donné l’impression de voir le message complètement gâché. On retrouve la puissance de l’envahisseur, son intelligence qui la pousse à pomper les ressources de la planète sans se soucier de la faune et la flore puis … rien. Aucune véritable critique, tout le monde accepte ce fait comme si c’était presque logique. La conclusion cherche bien à prouver le contraire, mais démontre surtout la stupidité de cette faune en voie de développement plutôt qu’autre chose. Texte complètement manqué pour ma part, dommage.

Béni par un Ange : Une nouvelle surprenante et dérangeante qui nous raconte l’histoire d’un homme se prenant pour un ange, car ayant accepté certaines évolutions, qui cherche à convertir une région, qui continue à refuser ces changements, par la procréation. Au final j’ai trouvé ce texte sympathique, agréable à lire avec ses rebondissements et ses retournements de situations, mais qui m’a tout de même paru manquer d’émotion. De plus, sur certains aspects j’avais l’impression qu’il me manquait certaines clés.

 

La plume de l’auteur se révèle, tout au long des nouvelles, simple, efficace et surtout on sent bien que l’imagination de l’auteur se révèle débordante et intéressante. Mais surtout, ce que je me suis rendu compte au fil de ma lecture c’est que l’auteur, à mon goût, n’est pas adapté au format court. En effet on sent bien que la majorité des nouvelles manquent de développement et auraient sûrement mérité un développement plus long, parfois même un roman. On n’écrit pas une nouvelle comme un récit et là l’auteur, par moment, cherche tellement à faire concis qu’il limite parfois la complexité et le travail de certains points, ou fait avancer trop rapidement certaines enquêtes pour tenir le format court, ce qui est vraiment dommage. Au final un recueil plutôt moyen avec deux textes qui m’ont captivé, le reste se révélant juste sympathique voir oubliable. Cela n’enlève en rien les qualités de l’auteur à écrire des histoires pleines de créativité et de rythme, juste que ses qualités se ressentent plus à travers des romans ou des cycles.

En résumé : Je ressors de ma lecture de ce recueil de nouvelles de l’auteur avec un avis plutôt mitigé. On sent bien que l’auteur sait construire des histoires efficaces, rythmées et pleines de surprises, le tout porté par des univers futuristes à l’imagination débordante, mais le format court ne lui est pas favorable. En effet la majorité des textes de ce recueil mériteraient plus de développements et plus de surprises, certaines révélations ou découvertes étant beaucoup trop rapides pour éviter de trop rallonger l’histoire, ce qui frustre. Sur les sept nouvelles, En Regardant Pousser les Arbres et Le Chaton Éternel m’ont captivés, Manhattan à L’Envers ne m’a pas accroché du tout, l’auteur ayant selon moi mal fait passé son message et les autres se révèlent sympathiques, sans plus, tant elles méritent un traitement plus long. Cela n’enlève en rien les qualités de l’auteur, il est juste meilleur dans le format long genre roman et cycle.

 

Ma Note : 5,5/10

 

chalengeChallenge JLNN 16ème lecture

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