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Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Blizzard Livre 2, Les Guerre Madrières – Pierre Gaulon

blizzard t2 les guerres des madrieresRésumé : Dans le premier tome de la saga de fantasy Blizzard, Le Secret des Esthètes, la révolte s’est propagée contre la tyrannie de l’Inquisiteur, des pentes montagneuses balayées par les vents glacés aux somptueuses galeries souterraines des Esthètes jusqu’à la capitale où se tient le Grand Tournoi. L’invasion des Erzats, le peuple mi-humain mi-animal irradié par la magie, menace de déclencher une nouvelle grande guerre. Au coeur des montagnes, Chasseur, le jeune leader des révoltés, embarque pour le plus dangereux des voyages : explorer la part sombre de sa mémoire. Qui est-il réellement ? Ravivera-t-il les récits des terribles premières grandes guerres ? Réussira-t-il à trouver l’enfer des mages où se terre l’ombre de son étrange maître, Blizzard ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Je m’étais laissé tenter en début d’année, par le premier tome de ce cycle par la faute à l’époque de la couverture et des premiers retours plus que positif que j’avais. J’avoue que je n’avais pas été totalement emballé pr le démarrage, mais l’ensemble possédait assez de potentiel pour me convaincre de laisser une chance à la suite (ma chronique ici). Et vu que j’ai décidé dans les prochains jours de me lancer dans une sorte de défi « lis des suites qui sont dans ta PAL », j’ai donc décidé de sortir ce tome 2. A noter la couverture que je trouve sympathique même si, pour moi, moins marquante que celle du premier tome.

Mais alors qu’en est-il de ce second tome. Bah !, je dois bien avouer que même si l’ensemble reste dans la même veine que le premier et se lit facilement, je ne suis toujours pas convaincu par l’ensemble et ressort même mitigé par ma lecture. On y retrouve clairement les défauts et les qualités du tome précédent, la nouveauté en moins. Au niveau de l’intrigue elle va se retrouver ainsi scinder en deux, une partie qui reprend la trame du premier tome concernant le tournoi, l’inquisiteur ses manipulations ainsi que la révolution qui gronde, et une seconde partie qui décide de nous offrir un flashback développant les guerres madrières contre les Erzats. Ce qu’on ne peut pas enlever au récit c’est que ça se lit vite et sans temps morts, surtout que là ou le premier tome, finalement, servait de base, cette suite permet d’offrir, principalement grâce à cette guerre, plus d’action et de rebondissements. Il faut aussi rappeler que l’auteur est aussi un écrivain de Thriller, ce qui se ressent dans le rythme et la tension qu’il cherche à mettre en place au fil des pages qui fait que le lecteur tourne les pages avec un minimum d’envie. Sauf que voilà, pour moi, le reste ne suit pas. J’en suis à la fin du second tome et j’ai l’impression d’avoir un récit qui, dans un premier temps, n’avance pas avec un flashback qui prend la moitié du roman ce qui me parait trop long pour ce qu’il apporte, et qui ensuite est trop banal, trop classique dans son développement alignant des scènes qui ont un air de déjà-vu et dont l’auteur a du mal à vraiment y insuffler son propre souffle.

Alors certains pourraient me dire que je suis un nostalgique de la Fantasy qui se perd dans de long développement offrant autant une aventure qu’un voyage, sauf que je ne serai qu’à moitié d’accord. Oui j’apprécie un roman qui prend son temps en travail de fond, mais je peux aussi savourer un roman qui va vite, du moment qu’il développe un minimum son récit ce qui ne m’a pas paru le cas. Attention je ne dis pas qu’il n’y a pas d’intrigue, mais déjà m’offrir ce qui parait tendre vers un combat face à un inquisiteur méchant car il est très, très méchant je trouve ça un peu trop caricatural et binaire pour vraiment m’emballer. Ensuite tout l’aspect météo et les conséquences sont occultées ou à peine esquisser et cette fameuse rébellion manque de finesse et de profondeur je trouve.  Au bout de deux tomes j’ai finalement le sentiment que rien n’est développé que ce soit dans l’univers construit, les personnages ou encore la complexité de l’intrigue, mais comment pourrait-il l’être devant la multiplication des personnages et des points de vues, ainsi qu’un chapitrage trop court qui ne tient parfois que sur une feuille recto-verso. Pourtant l’ensemble possède quand même quelques qualités, la capacité de l’auteur à maintenir une tension dans le récit y joue fortement, mais c’est trop peu pour me convaincre de continuer tant l’histoire parait convenue, déjà-vue et qu’elle manque de densité.

Concernant l’univers, je ne vais pas mentir, il est, on va dire, un minimum solide. Il ne possède pas de véritables incohérences qui pourrait le rendre ennuyeux ou mauvais, mais voilà le travail effectué dessus est minimaliste et se ressent encore plus dans ce second tome, une fois l’aspect nouveauté passé. J’espérais ainsi en apprendre plus que ce soit sur l’Inquisiteur, les chimères, la magie, le monde en lu-même, les Erzats, les Esthètes, ou encore les tenants et les aboutissants de la guerre qui se prépare et, même si on a quelques bouts de phrases explicatives, l’ensemble ma parait trop léger pour vraiment m’emporter. Alors après si la profondeur de l’univers n’est pas votre première attente, vous risquez de plus accrocher que moi, mais de mon côté c’est un peu pour ça que je lis de la Fantasy, pour découvrir de nouveaux univers, voir le travail d’imagination que peut proposer le récit, la cohérence et ici je me suis vraiment senti frustré, surtout qu’il y a un certain potentiel. Il faut aussi ajouter que, même si cette suite est plus nerveuse, on ressent quand même clairement le tome de transition où, à la fin de la lecture, on n’a pas vraiment eu l’impression de beaucoup avancer, voir même de stagner.

Concernant les personnages ils se retrouvent finalement à avoir les mêmes qualités et les mêmes défauts que l’oeuvre, certes ils se révèlent entrainant à travers leurs énergies et leurs aventures, mais ils manquent quand même grandement de profondeur. Certes le premier tome leur avait offert des bases plutôt solide, mais franchement cette suite aurait pu/dû amener quelques explications qui m’ont paru manquer. Alors on me dira bien que la fin offre la révélation sur Chasseur, sauf que franchement, on la voyait venir depuis la fin du premier tome, difficile donc dans ce cas de la considérer comme vraiment percutante ou intéressante surtout qu’elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Ce qui est dommage c’est que le flashback apporte aussi son lot de nouveaux personnages qui ne sont que peu esquissés, donc difficiles à vraiment s’intéresser ou s’attacher à eux, mais surtout réduit considérablement la présence de personnages dont j’attendais plus de développement tel que Blizzard, Chasseur ou encore Iak. Je reste aussi toujours mitigé concernant les personnages qui apparaissent en tant que narrateur le temps d’à peine un ou deux chapitres, je n’en vois que rarement l’utilité. Dommage.

Au final je pense que ce roman plaira à ceux qui cherchent une histoire nerveuse, simple, efficace et qui ne se prend pas la tête, privilégiant l’aventure, pour ma part j’ai trouvé que l’ensemble ne faisait que survoler l’ensemble, ce qui fait que je suis ressorti frustré de ma lecture. C’est dommage, car on ne peut pas enlever au roman certaines qualités comme un sens du rythme maîtrisé par l’auteur et aussi une plume vive, nerveuse et entrainante. Je vais donc m’arrêter là avec ce cycle.

En Résumé : Je dois bien avouer que je ressors mitigé de ma lecture de ce second tome du cycle Blizzard qui, je trouve, ne reste finalement qu’en surface de ce qu’il construit là où j’attendais plus. L’auteur scinde ainsi son récit en deux avec une partie sur le présent et le tournoi et un flashback sur les guerres Madrières, sauf qu’une fois terminée je n’ai pas eu l’impression d’avancer et surtout l’ensemble offre une impression de déjà-vu sans que l’auteur arrive à y insuffler un souffle. C’est dommage, car l’ensemble possède tout de même des qualités se révélant nerveux, bien porté par une plume entrainante et on tourne les pages assez facilement. En ce qui concernant l’univers je dois bien avouer que j’en attendais plus, j’ai eu l’impression que l’auteur ne faisait que l’effleurer pour ne se concentrer que sur son intrigue. Même chose pour les personnages, surtout que le flashback vient apporter de nouveaux personnages ce qui limite encore plus les héros principaux. On sent que l’auteur vient du Thriller ou tout doit aller plus vite, mais j’aurai aimé une image de fond et des protagonistes un peu plus épais et travaillés. Au final un deuxième tome dont je ressors mitigé et dont je ne lirai pas la suite.

 

Ma Note : 5/10

Blizzard Livre 1, Le Secret des Esthètes – Pierre Gaulon

blizzardRésumé : Dans le lointain Nord, tout autour d’une cahute, s’étendent à perte de vue forêts enneigées et pics glacés. Blizzard, l’un des rares magiciens survivant d’une guerre encore fraîche et son protégé Chasseur y vivent entre retraite et exil loin d’un royaume maintenant pacifié d’une main de fer par l’Inquisiteur. Jusqu’au jour où une redoutable phalange les attaque sans raison. Jusqu’au jour où la même troupe ravage entièrement le village de Iak, dresseur de tigre des glaces. Les voilà jetés sur les routes, consumés par le désir de vengeance et la volonté de comprendre. Leur périple les confrontera à des secrets qui ébranleront tout ce qu’ils croyaient savoir.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Ce roman n’a pas terminé sa course entre mes mains par hasard mais principalement la faute à une couverture que je trouve vraiment superbe avec son image et ses jeux de lumières, ainsi qu’un résumé que je trouvais assez accrocheur, même si plutôt classique sur le fond. Concernant Pierre Gaulon je dois bien avouer que je n’avais encore rien lu de lui étant plus un habitué, à ce que j’ai compris, du polar. Ce livre est d’ailleurs la première incursion de l’auteur dans le milieu de l’imaginaire. Les derniers échos que j’ai eu concernant ce livre se révélant en majorité plus que positifs j’ai donc rapidement décidé de me laisser tenter.

Toutefois une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que le récit ne fut pas obligatoirement à la hauteur de mes attentes. Il n’est pas mauvais non plus, mais est loin de s’être révélé marquant. Pourtant tout démarrait bien, offrant une première partie percutante, haletante, offrant de nombreuses révélations, le tout dans un univers glacial, hostile et sauvage qui avait de quoi nous happer rapidement. Certes, on ne comprend pas encore les tenants et les aboutissants, mais on se laisse aisément emporter, laissant entrevoir un potentiel plus qu’intéressant. Et pourtant plus j’avançais dans le récit, moins j’ai senti ce potentiel aboutir. Un des gros soucis qui fait, selon moi, que cette histoire a du mal à vraiment gagner en consistance, c’est que ce premier roman est trop court. Le livre fait moins de 300 pages et on sent que tout va alors trop vite, sans chercher à véritablement poser ou densifier son intrigue, ses personnages ou encore son background. Clairement ça se laisse lire, mais ça manque de profondeur et de complexité. Autre point qui m’a légèrement frustré, une légère impression de déjà-vu se dégage durant le récit. Certes l’auteur connait ses classiques, mais il a un peu de mal à y ajouter son propre cachet, sa propre vision, ce qui fait que quand on possède un certain bagage en Fantasy on se retrouve avec un léger sentiment de redondance avec d’autres œuvres, principalement sur l’influence du vieux sage protecteur ou encore sur la quête initiatique. Attention, tout n’est pas mauvais pour autant, l’histoire se laisse lire facilement et les nombreux rebondissements font qu’on ne s’ennuie jamais vraiment non plus.

Concernant l’univers, il se révèle plutôt agréable à découvrir, nous offrant un monde glacial, où la magie est de plus en plus éradiquée de la surface de la terre par l’Inquisiteur, gouverneur tyrannique d’un royaume qui s’enfonce dans la souffrance et la pauvreté. De nombreuses questions sont distillées au fil des pages comme l’importance de ces Esthètes ou encore ce peuple hybride qui laisse présager de nombreuses menaces. Mais voilà, de nouveau, le format très court du roman laisse un léger sentiment de frustration tant certains aspects paraissent minimalistes, voir manquer de profondeur. Ce n’est pas en soit mauvais, mais plutôt frustrant tant j’aurai aimé en savoir plus sur certains points comme concernant les jeux de pouvoir, l’Inquisiteur paraissant trop seul à mon goût, ou encore l’influence des modifications de saisons sur le peuple qui se révèle à peine esquissé alors qu’il me parait avoir quand même son importance. De plus un point m’a laissé perplexe, c’est concernant les Esthètes, ils ne m’ont pas paru à la hauteur de ce qui nous est présenté. Alors après il est encore trop tôt pour juger et il faudra attendre les prochains tomes, mais voilà je trouvais qu’ils manquaient quand même un peu de charisme. Reste aussi la dague, élément important de l’intrigue dont je ne vais pas trop parler pour ne pas spoiler, mais dont j’espère que l’auteur ne va pas trop plonger dans la simplicité transformant l’objet en élément imbattable et indestructible. À voir par la suite.

Concernant les personnages il y a du bon et du moins bons. Déjà il s’agit d’un récit choral qui suit ainsi plusieurs personnages importants qui s’entrecroisent ainsi au fil des pages. La caractérisation des personnages n’est pas mauvaise, chaque héros possédant ainsi une profondeur non négligeable permettant de mieux le comprendre lui, et les actes qu’il commet pour avancer et évoluer. Sauf que suivre plusieurs personnages dans un roman de moins de 300 pages a aussi son revers de la médaille, j’ai eu du mal à faire ressortir un personnage assez charismatique et attachant avec qui on puisse se reconnaitre complètement. De plus j’avoue que j’ai toujours un peu de mal avec ces chapitres uniques, qui nous font découvrir un personnage qui ne parait rien apporter, simplement pour nous dévoiler un morceau d’intrigue, c’est, selon moi, remplir des pages pour essayer de gagner du temps alors que ce roman n’en avait pas obligatoirement besoin. Ensuite, autre point où je m’avance peut-être un peu, c’est que les protagonistes ont du mal à sortir de leurs carcans de légères caricatures, car entre Chasseur le personnage qui a perdu la mémoire et qui pourrait être plus important que l’on croit, Blizzard le vieux sage sorcier figure protectrice ou bien encore le jeune Iak avide de vengeance aucun n’arrive jamais à posséder complètement son propre souffle.

Finalement, ce que l’on peut dire de ce premier tome c’est qu’il s’agit clairement d’un tome d’introduction, que j’ai trouvé un peu court et frustrant par certains points et certains aspects, mais qui se laisse lire assez facilement sans non plus se révéler ennuyeux, ni mauvais. L’auteur possède un assez bon sens du rythme pour ne pas perdre son lecteur, même si pour le moment l’intrigue reste encore un peu nébuleuse. Concernant la plume on sent que l’auteur aime les mots, mais voilà j’ai trouvé qu’il en faisant un peu trop dans la construction du récit, offrant par moment un style légèrement ampoulé et guindé ce qui est parfois dommage. Il y a donc clairement du potentiel dans ce premier tome, mais je pense qu’un travail de fond aurait permis de le rendre meilleur, ce qui ne m’empêchera pas de lire la suite en espérant en découvrir plus.

En Résumé : J’avoue que je ressors de ma lecture de ce roman avec le sentiment d’avoir passé un moment sympathique, mais un peu loin de mes attentes. Pourtant le démarrage se révélait plus que prometteur, offrant un récit enlevé, efficace et entrainant, mais voilà plus j’avançais dans ma lecture plus je me rendais compte que le format court (moins de 300 pages) l’empêchait de vraiment gagner en profondeur, et aussi que l’auteur avait un peu de mal à empêcher une légère impression de déjà-vu qui sourdait du récit. Ce n’est pas non plus mauvais pour autant, principalement grâce à une maitrise du récit efficace qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. L’univers développé se révèle sympathique et solide même si certains points comme les Esthètes ou la dague m’ont paru manquer de charisme ou manquent de tomber dans la facilité, même si rien de non plus trop bloquant pour le moment. Concernant les personnages ils se révèlent bien construit et travaillés, mais le fait de se trouver dans un roman choral avec plusieurs protagonistes à suivre fait qu’on a du mal à vraiment s’accrocher à eux. De plus il tombent par moments dans un léger aspect caricatural. Concernant la plume on sent que l’auteur cherche à offrir quelque chose de soigné mais tombe parfois dans un style un peu guindé. Au final un premier tome plutôt sympathique, avec du potentiel et dont je lirai la suite pour me faire un avis plus précis.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Ours inculte, Aranae, karline05, …

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