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Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 4, De Bois & De Ruines – Raphaël Albert

Résumé : Perdu dans les brumes de l’opium du lotus et du souvenir, Sylvo Sylvain pensait que tout était fini. Il se trompait.
Dans un Panam dévasté par la guerre civile, Pix et Le Bras viennent le tirer de la fumerie où il s’était réfugié car la nouvelle Médiane, celle qui lui est si précieuse, celle qui pourrait sauver la Forêt, a été enlevée. Toujours-Verte a un besoin vital de lui.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de six ans maintenant, je découvrais un peu par hasard le premier tome de cette série. En effet j’avais été convaincu de me laisser tenter par ce cycle grâce ma rencontre avec l’auteur aux Imaginales, mais aussi par l’illustration de couverture de ce Rue Farfadet qui attirait le regard. Je suis bien content de m’être laissé tenter car, depuis, aucun des trois tomes publiés ne m’a déçu, m’offrant toujours de bons moments de lecture (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand j’ai vu que le quatrième et dernier tome de cette série allait être publié et qu’on m’a proposé de le découvrir, je n’ai pas hésité longtemps avant de me laisser tenter. Concernant la couverture, elle change d’illustrateur, cette dernière étant d’Emile Denis là où les trois premières étaient d’Aurélien Police, et même si je la trouve très sympathique elle ne retrouve pas ce côté éthéré et onirique que proposaient les premières. Par contre il risque d’avoir quelques spoilers sur les premiers tomes dans ma chronique.

On plonge dans ce roman quelques semaines à la suite de la fin du second tome, retrouvant Sylvo à Panam. Pour rappel la fin du volume deux nous abandonnait dans la capitale en pleine révolution, Sylvo bouleversé par les derniers évènements, les morts et la révélation sur son passé allait s’enfermer dans une fumerie d’Opium pour plonger dans ses souvenirs et oublier, le troisième tome étant un flashback entier sur son passé. Sauf que la vie ne s’arrête pas, Pixel, son précieux compagnon, va ici le sortir de sa fumerie pour une mission importante qu’il ne peut refuser. Quel plaisir de retrouver Sylvo et ses compagnons dont ce dernier tome m’a offert un très bon moment de lecture. Alors soyons clairs, l’intrigue n’a rien de franchement révolutionnaire dans son fil rouge, une nouvelle enquête qui va emmener nos héros de péripéties en péripéties jusqu’à sa résolution. Pourtant, cela n’empêche pas pour autant de la rendre solide et prenante déjà, dans un premier temps, par la quête de rédemption du héros, mais aussi par les nombreux rebondissements et les nombreuses surprises qu’offre l’auteur dans ce dernier tome. On retrouve ainsi avec plaisir notre détective sylvain et son équipe de choc dans ce qui pourrait être leur dernière grande aventure.

Sauf que voilà ce fil rouge et autant policier que Fantasy, le récit est autant construit, je trouve, comme un polar que comme une quête de Fantasy ce qui, d’une certaine façon je trouve, le rend très intéressants. C’est ce jeu sur les genres qui a fait que je me suis retrouvé à tourner les pages avec envie. Il arrive clairement à donner une patte différente à ce qui est classique. On est clairement dans la quête du héros sauf qu’ici pas obligatoirement de monde à sauver, pas de lutte entre le bien et le mal, juste un besoin de pardon. Par contre, c’est vrai, cette construction rend le tout peut-être un peu linéaire, mais cela n’empêche pas autant l’intrigue de s’avérer accrocheuse. Il faut dire que l’ensemble s’avère maîtrisé et toujours aussi sombre et percutant ce qui fait qu’on se laisse ainsi porter par le récit avec l’envie de savoir comment ils vont s’en sortir. C’est d’ailleurs, pour moi, ce côté sombre voir mélancolique associé à un rythme incisif, vivant et des dialogues dynamiques, plein d’humour et hauts en couleurs qui offre un vrai plus à cette série. Alors certes, on pourrait trouver que l’auteur en fait un peu trop au niveau des incidents qui jalonnent le chemin de nos héros, mais franchement rien de très bloquant ou dérangeant je trouve.

Le premier gros point fort de ce récit vient clairement de l’univers qui nous est proposé. On plonge toujours avec grand plaisir dans ce Panam varié, avec de fortes pointes de Steampunk qui ne laisse pas indifférent. Il faut aussi dire que l’imagination débordante de l’auteur et son travail de description très soigné et dense font qu’il devient rapidement captivant et se révèle très visuel et prenant. Surtout que Panam a bien changé, la révolution en cours laisse des traces sur la ville, la vie et des perturbations aussi bien humaines, magiques et mystiques vont rendre cette Panam limite hostile. Elle qui était si accueillante connait des heures sombres, des bouleversements aussi bien humains que politiques et s’offre même une légère réflexion sociale et sur le changement. On y retrouve aussi toujours cette grande diversité qui la caractérise tant, avec ses nombreux peuples, féériques ou non, dont la cohabitation va être mise à mal par les bouleversements politiques et les privations. Ce quatrième et dernier tome va d’ailleurs nous offrir de nouvelles créatures fantastiques, mais je ne dévoilerai rien pour ne pas vous spoiler. C’est un Panam en pleine survie que l’on découvre, plus sombre, plus violent qui colle parfaitement à la quête du héros de rédemption et d’espoir. On y retrouve aussi toujours régulièrement les clins d’oeil, des références que l’auteur place dans son récit comme dans le noms de rues ou de lieux que l’on croise et qui ne manquent pas de faire sourire. L’aspect magique ne manque pas non plus d’attrait dans sa variété, même si je regretterai peut-être certaines facilités dans son utilisation qui fait parfois un peu penser au Jeu de rôle.

Les personnages sont, pour moi, l’autre point fort du roman, principalement son héros Sylvo Sylvain. Il faut dire que Raphaël Albert nous brosse un héros principal très complexe, loin d’être parfait et dont le troisième tome a dévoilé certains de ses terribles secrets qu’on ne lui pardonnera jamais vraiment, mais qui ne l’empêche pas de se révéler attachant et touchant. C’est vraiment un personnage compliqué à décrire, car il y a un vrai travail mené sur lui et ce quatrième tome arrivait justement après l’impardonnable, notre héros devait se battre pour une rédemption, ou tout du moins montrer qu’il est plus que ce terrible crime. Je dois bien admettre qu’il s’en sort justement bien, évitant d’aller dans un extrême ou dans l’autre, comme vouloir diminuer ce secret, ou de vouloir lui offrir le pardon. Il nous montre ainsi un personnage principal qui, quoiqu’il fasse, aura toujours ce poids, certes mérité, sur les épaules, mais qu’il ne doit pas pour autant arrêter de vivre. Il nous montre un personnage qui ne retrouvera jamais sa vie d’avant, ce qui en est impossible, mais qui doit pourtant avancer et apprendre. L’auteur a franchement réussi à trouver ce juste milieu, cette justesse dans le ton qui fait que le lecteur ne peut pardonner cette faute, mais que Sylvo reste pourtant humain, sympathique et qu’à défaut de lui pardonner l’impossible, il mérite une chance et donne envie de le suivre. Après le soucis d’un personnage aussi « prenant » et développé c’est que les personnages secondaires ont un peu de mal à s’imposer. Cela ne les empêche pas de se révéler intéressants, principalement face à l’évolution de leurs relations en conséquence des derniers évènements et des dernières révélations, mais voilà on aurait aimé parfois qu’ils soient encore plus denses.

Alors après on pourrait reprocher à ce tome de remettre l’action et le côté policier en avant parfois un peu au profit de l’émotion, principalement face à certains personnages secondaires. J’ai aussi noté quelques longueurs, parfois au niveau du travail descriptif des personnages, mais franchement rien de très dérangeant tant j’ai apprécié ce cycle et que cette conclusion que nous propose ce dernier tome s’avère efficace et marquant. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi efficace, dense et soignée et elle nous happe à nouveau assez rapidement et facilement dans son univers pour ne plus nous lâcher. Par contre, même si l’auteur fait des rappels, si comme moi vous avez suivi les publications grand format il va parfois faire travailler votre mémoire et même si la mienne est plutôt efficace il m’a fallu parfois la faire travailler fortement pour me rappeler de certains points. Au final même si ce dernier tome a quelques défauts, c’est un adieu efficace et plein d’émotion avec Sylvo, avec un léger sentiment de mélancolie et qui m’a offert un très bon moment. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce quatrième et dernier tome de ce cycle qui nous propose un récit qui, certes, reprend les codes du polar et de la Fantasy classique, mais qui s’avère solide et efficace, l’auteur arrivant clairement à y apporter sa patte. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. L’univers est très réussi et captivant à découvrir, ce Panam mélange de Steampunk, où on retrouve un grande diversité d’être fantastiques qui se côtoient. Sauf que dans ce quatrième tome la belle Panam est au plus mal, la révolution est arrivée et des perturbations, aussi bien humaines, magiques et mystiques la rendent hostile. Une Panam sombre, violente et hasardeuse, en plein jeu de pouvoir et de trahison, mais qui fascine toujours autant, porté par la quête de rédemption du héros et d’espoir. Les personnages sont l’autre gros point fort de ce tome, principalement le héros principal qu’est Sylvo, dont on a appris depuis ses terribles secrets et que j’attendais de voir comment il allait évoluer. L’auteur s’en sort très bien évitant de tomber dans la rédemption facile, ou la souffrance inutile et répétitive. Sylvo est toujours ce héros complexe, humain et même s’il est difficile de le pardonner, à l’imaginer retrouver sa vie d’avant, il reste touchant et montre que malgré tout il doit avancer. On ne change pas le passé, on ne fait que tenter de corriger les erreurs commises. Alors certes, on pourrait reprocher certaines longueurs ici ou là, un aspect magique parfois un peu facile, le fait que les personnages secondaires sont parfois en retrait et que le retour au côté polar et action diminue légèrement le côté émotion, mais franchement j’ai passé un très bon moment avec ce tome offrant un adieu émouvant et efficace avec Sylvo. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, dense et soigne et je pense que si vous avez aimé les trois premiers tome vous devriez apprécier cette conclusion. Du moins je l’espère. En tout cas de mon côté je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note :  8/10

Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture

Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 3, Confessions d’un Elfe Fumeur de Lotus – Raphaël Albert

confessions d'un elfe fumeur de lotusRésumé : À Panam, le Paris à la fois steampunk et fantasy imaginé par Raphaël Albert, Sylvo Sylvain, le fameux elfe détective privé, est en proie au spleen. Dans une fumerie de lotus, hébété, allongé sur une natte usée, de pipe en pipe, il se perd dans les souvenirs de son enfance…
La Grande Forêt des Elfes se déploie, cruelle et merveilleuse et, dans la fumée épaisse du lotus, l’existence féérique de son peuple reprend vie. L’avenir, croyait Sylvo à cette époque, était tracé comme la hampe d’une flèche : il serait le prochain champion de la Grande Forêt.
Mais le sort prendra une toute autre tournure. Face à son destin, Sylvo deviendra son pire ennemi…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : La sortie de ce troisième tome je l’attendais avec impatience depuis maintenant un peu plus de deux ans. Il faut dire que les deux premiers tomes m’avaient offert de très bons moments de lecture, pleins de rebondissements et de surprises avec des personnages hauts en couleurs et complexes (ma chronique Tome 1, Tome 2). J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait proposer la suite, surtout qu’elle s’annonçait complètement différente. Donc, quand j’ai vu qu’il était disponible en avant première aux Imaginales, il a tout naturellement rapidement rejoint ma PAL. À noter aussi la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve vraiment magnifique avec son côté un peu éthérée.

Alors attention, comme je l’ai dit, ce troisième tome est complètement différent des deux précédents, point d’intrigue policière ou d’enquête, on laisse aussi de côté Panam et ses intrigues. En effet ce tome va se révéler beaucoup plus intimiste et va surtout nous permettre de découvrir le passé du héros principal, de savoir enfin ce qui l’a poussé à quitter sa forêt et aussi d’en apprendre plus sur sa fameuse relation avec Fraxinelle.  Donc ici pas vraiment d’action effrénée, ni de rythme trépidant, mais plutôt une histoire plus calme, plus personnelle, plus profonde, un kaléidoscope de souvenirs que nous livre le héros sur sa vie au travers de ses rêves opiacés présenté un peu comme un conte. Ce qui n’empêche pas ce tome de se révéler vraiment fascinant, magique et entrainant. Je me suis vraiment retrouvé emporter par la vie de Sylvo, que j’ai eu du mal à lâcher le livre, tournant les pages pour essayer de mieux le comprendre, le découvrir.

C’est surtout la capacité de l’auteur à nous immerger dans la vie de l’elfe que j’ai trouvé fascinante . On le découvre de la naissance, jusqu’au moment où il quitte la forêt découvrant ainsi les grands moments de sa vie, ses joies, ses pertes, ses amours, ses rencontres, tout ce qui a fait qu’il est Sylvo. Une certaine innocence se dégage de cette histoire qui, au fil des pages, va commencer à dévoiler les blessures et les faiblesses du héros, ses incertitudes, ses peurs, mais aussi ses convictions, ses plaisirs et ses envies ainsi que ce qui va l’amener à trahir et à se trahir lui-même. On découvre un héros profondément attaché à la forêt, à ses traditions et à sa survie dans un monde en perdition et qui va, pas les épreuves qu’il va rencontrer se mettre à douter. L’ensemble se révèle vraiment cohérent et possède une certaine magie et aussi une certaine mélancolie, surtout que le lecteur sait qu’à un moment tout va basculer. Le héros s’offre aussi quelques apartés sur sa vie qui se déroule devant ses yeux où on y retrouve un peu le cynisme désabusé du personnage qu’on a connu dans les deux premiers tomes se jugeant lui-même. L’auteur nous offre donc une histoire qui se révèle profondément humaine, pleine de sentiments et d’émotions, mais aussi de fêlures et de douleurs, un voyage initiatique dans le passé et la vie du héros dont le lecteur en sort à la fois emporté et sensibilisé.

Autres aspect vraiment fascinant c’est l’univers que tisse l’auteur, nous dévoilant le monde des elfes. Alors certes dans l’ensemble on retrouve ce qu’on connait déjà sur eux et leurs traditions, mais il arrive vraiment à rendre l’ensemble fascinant, logique et entrainant. On découvre ainsi un peuple profondément lié à la nature et à tout ce qui l’entoure, lié par la naissance, mais aussi par un aspect musical que j’ai trouvé vraiment original et intéressant. C’est une véritable ode à la nature, à sa beauté, à sa fraicheur et sa vitalité que nous offre l’auteur et dont le lecteur, s’il se laisse aller, se trouve touché, absorbé.  On découvre une forêt qui vie en autarcie mais qui, pour continuer à vivre en paix, doit payer un tribut tous les dix ans aux humains. Mais voilà on se rend compte aussi que les naissances diminuent au sein de la communauté, que les Humains empiètent un peu plus chaque jour et que la forêt perd doucement de son rythme face aux attaques. On se rend compte aussi que les Elfes ont des ennemis bien plus puissants que sont les ombres, même si je trouve qu’ils sont peut-être sous-utilisés ici. On apprend aussi que la haine entre les humains et les elfes est très présente et repose principalement sur des incompréhensions et une guerre ancienne. C’est ainsi avec fascination que l’auteur dévoile tout un peuple à travers sa vie, ses mœurs, ses traditions, ses mythes. Un univers à la fois mystérieux, féérique et magique qui m’a vraiment emporté tout au long du récit et qui m’a donné envie d’en découvrir plus, d’y habiter.

Concernant les personnages, je ne reviendrais pas sur Sylvo, auquel je me suis vraiment lié du début à la fin, qui se révèle dense et complexe. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, ils se révèlent eux aussi soignés et vraiment efficaces. Chaque personnage à son importance, influençant la vie du héros, lui offrant des moments de joie ou de peine et ayant une grande importance dans la façon dont il évolue et va évoluer. Mais surtout on en apprend plus sur des personnages qu’on a déjà soit croisé, soit entendu les noms, on découvre ainsi le lien entre le détective avec Pixel  ou encore Mélios, mais surtout Fraxinelle, protagoniste haut combien importante dans sa vie et dans sa déchéance. J’ai juste trouvé qu’il y avait par moment beaucoup de personnages, il était parfois légèrement difficile de s’y retrouver, mais rien de non plus vraiment gênant.

Puis arrive cette conclusion, cette terrible révélation que le lecteur attendait, cette action inavouable et inexcusable qu’a réalisé l’elfe et qu’on espérait pouvoir lui pardonner cette faiblesse, mais voilà l’auteur a bien fait les choses de telle sorte que même si on accroche énormément au personnage, on l’apprécie, cette faute est impardonnable et que, d’une certaine façon, il mérite son rejet. Au final il rend ainsi Sylvo humain, avec ses faiblesses, et c’est à lui de montrer qu’il mérite d’être pardonné par ses futurs actes, ce qui me donne encore plus envie de lire la suite.

Concernant la plume de l’auteur j’avoue qu’il nous offre ici une autre facette de son écriture avec un récit beaucoup plus posé, plus poétique, humain et enchanteur avec ses personnages ambigus et ses zones d’ombres, tout en plongeant le lecteur dans un univers à la fois féérique et sublime. Au final un tome, certes différent, à un rythme plus lent et plus posé, mais qui se révèle fascinant, nostalgique et entrainant nous dévoilant le passé tant attendu de Sylvo. Je lirai le quatrième et dernier tome avec grand plaisir pour retrouve aussi Panam et tout ce qui reste en suspend.

Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui se révèle différent des précédents, l’aspect enquêtes laissant la place à une histoire plus intimiste et mélancolique, dévoilant la vie de Sylvo de sa naissance jusqu’au moment de sa fuite de la forêt. L’histoire se déroule donc à un rythme plus lent, mais se révèle vraiment attachante, poignante et empreinte d’émotion où on découvre un héros avec ses forces et ses faiblesses, jusqu’à cette conclusion où il commet la faute impardonnable qui l’a poussé à l’exil. l’univers construit par l’auteur se révèle vraiment riche, luxuriant et fascinant, offrant une véritable ode à la nature, tout en nous dévoilant une société elfique, certes par certains aspects classique, mais vraiment solide, complexe et soignée. Concernant les personnages qui gravitent autour de Sylvo ils se révèlent vraiment intéressants, attachants et travaillés et on en découvre plus sur Pixel, Mélios et Fraxinelle ; même si par moment on s’y perd un peu devant tous ses protagonistes. La plume de l’auteur s’adapte au récit, se révélant conteuse, pleine de poésie et de richesse et happe le lecteur pour ne plus le lâcher. Je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8,5/10

Un An dans les Airs – Raphaël Albert & Jeanne-A Debats & Raphaël Granier de Cassagnac & Johan Heliot & Nicolas Fructus

un an dans les airsRésumé : Avec Un an dans les airs, découvrez en exclusivité mondiale l’unique voyage extraordinaire entrepris par Jules Verne lui-même! Dans Un an dans les airs, vous rencontrerez les véritables Capitaine Nemo, Phileas Fogg et autres Robur le Conquérant. Dans un périple à vous couper le souffle. vous survolerez la jungle africaine, l’Antarctique, les Indes et les Amériques ; vous franchirez l’Himalaya! Et ceci à bord de la plus incroyable des machines volantes jamais conçue!

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Après avoir sorti Kadath de ma PAL, je profite aussi de cette période de vacances pour sortir un autre Livre Objet que je considère comme intransportable, sous peine d’avoir peur de l’abîmer, et qu’il vaut donc mieux lire chez soi bien au chaud ; il s’agit de Un An dans les Airs. Surtout que lorsque j’ai acheté ce livre, lors des dernières Imaginales, je n’ai pas mis longtemps à me décider tant le quatrième de couverture de l’histoire m’avait accroché et la couverture du livre se révélait magnifique et j’avais donc hâte de le découvrir.

Ce livre va nous plonger, à travers les carnets de bord de nos quatre héros que sont Jules Verne, Félix Nadar, Julie Servadac et Philippe Daryl, dans une expédition des plus fantastique, puisqu’ils vont se retrouver à vivre pendant une année dans une cité dans les airs, Célesterre, porté par des ballons. L’intrigue qui se dessine au fil des différentes lettres et écrits des personnages se révèle vraiment entrainante, efficace et possède aussi son lot de surprises et d’aventures. On ne s’ennuie jamais dans cette histoire qui mélange de façon vraiment soignée et captivante le côté découverte, que ce soit des personnages comme de la ville, ses inventions et ses habitants, mais aussi son lot de machinations, de rebondissements, de manipulations et de trahisons. Le lecteur tourne vraiment les pages avec plaisir devant la densité, mais aussi la beauté de ce livre, son côté énergique, vivant et aussi devant le travail de réflexion sur cette cité utopique ; son but recherché et la folie humaine qui y couve toujours.

Ce qui fascine dans ce livre graphique c’est le travail vraiment dense et prenant concernant cette cité fascinante et entrainante, déjà du point de vue de l’histoire qui nous dévoile une ville volante vraiment captivante qu’on découvre au fur et à mesure, mais aussi clairement du point de vue des illustrations. Comme à son habitude Nicolas Fructus nous offre un travail vraiment remarquable et splendide, plus lumineux que celui de Kadath, et possédant aussi un côté steampunk et historique vraiment passionnant. Les inventions misent en avant se révèlent elles aussi vraiment intéressantes à découvrir, entre l’utilisation de l’électricité par la foudre ou encore par exemple le train périmétrique elles possèdent toutes ce charme un peu désuet, tout en offrant une avance technologique pour le récit vraiment séduisante. C’est d’ailleurs ce mélange d’imagination, de rêve et d’invention qui fait que l’ensemble colle parfaitement à ce que proposait Jules Verne dans ses récits. Ajouter à cela une découverte du monde pleine de surprises et d’aventures et un contexte historique soigné qui ajoute une dimension supplémentaire, on se retrouve à vraiment vouloir plonger dans cet univers et découvrir cette cité resplendissante.

Concernant les personnages je dois dire qu’ils sont vraiment intéressants et fascinants à suivre dans leurs péripéties. Surtout on sent bien que chaque auteur colle parfaitement au rôle qu’il s’est donné, nous offrant ainsi une représentation des personnages qui se révèle vraiment dense et soignée et surtout chaque interaction se révèle fluide et cohérente. Une fois la dernière page tournée je me suis rendu compte que chaque auteur, à travers mes connaissances de leur style, collaient parfaitement à leurs personnages et je n’aurai vu personne d’autre, selon moi, pour jouer leurs rôles. Autre point vraiment intéressant c’est aussi la rencontre au fur et à mesure des pages d’autres personnages secondaires connus, qui ont fortement influencé cette ville aérienne, tel que par exemple Nikola Tesla, ce qui apporte son lot de surprise et ajoute aussi, d’une certaine façon un peu de mystère dans la vie reconnue de ces protagonistes.

Par contre j’avoue ne pas avoir complètement accroché aux interventions de Philippe Daryl, qui sert d’une certaine façon de liant entre chaque histoire, reprenant les notes de chacun et les commentant, mais qui tombe parfois un peu trop dans le catalogage des références entre les personnes rencontrées dans la cité et les œuvres de Jules Verne et des autres, ce qui casse parfois légèrement le rythme à mon goût. Rien non plus de complètement gênant tant le lecteur est happé par ce récit et ses rebondissements.

On sent aussi tout au long de ce livre un véritable respect de Jules Verne ainsi que de son œuvre, que ce soit à travers l’imagination débordante, la recherche d’un bonheur parfait, l’Homme et sa quête de pouvoir et de puissance ainsi que son égoïsme ou encore sur la partage. On retrouve aussi avec plaisir ce côté rempli d’aventures qui se révèle fun et sans temps morts, le tout avec des personnages hauts en couleurs et des idées vraiment intéressantes. Le lecteur prend vraiment du plaisir à tourner ses pages et à plonger dans cette histoire et cette ville. Au final une lecture  qui se révèle prenante, réussie et passionnante avec des graphismes vraiment sublimes et saisissants dont le prix peut, certes, décourager certains (environ 36€), mais qui, selon moi, mérite vraiment d’être découverte. J’ai d’ailleurs maintenant franchement envie de me replonger dans l’œuvre de Jules Verne. Vous êtes prévenu.

En Résumé : Un An dans les Airs se révèle être un livre vraiment magnifique et immersif qui nous plonge, d’une part, dans une histoire qui se révèle palpitante, pleine d’aventures et de surprises avec aussi son lot de réflexions vraiment intéressante ; et d’autre part dans la découverte d’une cité dans les airs utopique qui se révèle vraiment saisissante et fascinante. Les graphismes de Nicolas Fructus se révèlent toujours aussi magnifiques et  offrent une représentation vraiment sublime de cette histoire, de ces lieux et des personnages. Les héros se révèlent vraiment soignés, complexes et surtout la plume des auteurs qui les représente colle parfaitement. On sent aussi au fil des pages tout le respect pour l’univers et l’œuvre de Jules Verne. Mon seul regret vient des interventions de Philippe Daryl qui tombent parfois légèrement dans le catalogage à mon goût, mais franchement rien de dérangeant. Attention une fois la dernière page tournée on a envie de replonger dans les livres de Verne.

 

Ma Note : 9/10

 

Autres avis : Lune, …

Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 2, Avant le Déluge – Raphaël Albert

avant le delugeRésumé : Panam, dans les années 1880.
La ville est la capitale d’un vaste royaume où les humains côtoient des nains, ores, lutins et autres peuples fantastiques. Des motos à vapeur y doublent coches et centaures taxis. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Sylvo Silvain, un elfe exilé de sa lointaine forêt y a jeté l’ancre et ouvert une agence de détective privé. Le voilà enfin les poches pleines, à la tête d’une équipe haute en couleur.
Les affaires tournent et l’argent fait des petits ! Nonobstant, son ami l’ambitieux journaliste Jacques Londres disparaît dans des conditions louches. Aidé de ses comparses, Sylvo se lance à sa recherche. Cette fois, le tragique et la Grande Faucheuse s’invitent.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Souvenez-vous il y a quelques mois je lisais Rue Farfadet, le premier tome des aventures de Sylvo Sylvain le détective privé elfe et je passais un bon moment de lecture avec une histoire fun, pleine de rebondissements et de personnages hauts en couleurs (retrouvez ma chronique du tome 1 ici). C’est donc avec grand plaisir que je me suis lancé dans cette suite. Je dois avouer que je trouve la couverture, illustrée par Aurélien Police, encore plus réussi que celle du premier tome.

Depuis la résolution de l’enquête du premier tome Sylvo et son acolyte Pixel sont devenus des héros de Panam mais surtout ils sont devenus riches. Tout cela fait que leur agence de détective a pris son envol et les clients se bousculent presque. Un jour Jacques Londres disparait et Sylvo va se retrouver, bon gré malgré, à enquêter. Je dois dire que l’intrigue de ce second tome me parait plus dense et mieux maitrisé par l’auteur du début à la fin. On enchaîne les rebondissements, les révélations et les scènes nerveuses et pleines d’actions avec grand plaisir.

En plus de l’enquête policière, qui se révèle sombre, prenante et efficace, où une conspiration se trame depuis des années, l’auteur s’attarde aussi sur les personnages qui vont eux aussi aligner les problèmes. Nos héros vont être à rude épreuve du début à la fin de ce tome pour essayer de démêler tout cela, d’ailleurs tout ne va pas se passer comme prévu pour eux. De plus l’auteur s’amuse tout au long de son oeuvre à ajouter les clin d’oeils à d’autres références littéraire et historiques tel que Arsène Lutin qui ressemble fortement a Arsène Lupin, Djeeb, les bottes de 7 lieues ou encore le tueur de la Chapelle.

L’univers crée par l’auteur est toujours aussi dense, travaillé et original nous offrant un Panam Stempunk des plus intéressant et surtout très hétéroclites nous offrant elfes, nains, lutins, farfadets etc… Un Panam qui possède sa propre histoire parfaitement construite par l’auteur, une ville qui a sa vie propre et qui donnerait presque envie d’être découverte rien que par son côté pittoresque, son mélange de technologie et de magie mais aussi sa culture et ses légendes.

Les personnages gagnent en profondeur dans ce tome et se révèle plus prenant et passionnant que précédemment. On en apprend plus sur leurs passés et même si parfois l’auteur s’amuse à prendre son temps, comme les flash-back sur Sylvo par exemple, ça n’empêche pas que les personnages soient attachant et captivants. Même les personnages secondaire ne sont pas oublié et se révèlent travaillés et soignés, même si certains auraient, pour moi, mérité plus d’attention comme Mary. En tout cas les personnages se révèlent haut en couleurs et les dialogues entre Sylvo et Pixel se révèlent cyniques et plein d’humour et de fraicheur.

La plume de l’auteur s’affirme dans ce second tome, elle est vraiment fluide, efficace et prenante. On ne s’ennuie pas un seul instant durant la lecture de ce livre ou se mélange enquête bien huilé et dense mais aussi une certaine fraicheur et pleine d’humour et de jeux de mots qui dans la majorité des cas marchent plutôt bien même si certains ont manqué le coche pour ma part. Alors bien sûr tout n’est pas parfait, j’ai trouvé certaines longueurs ici ou là, de plus certaines révélations me paraissaient un peu rapides et certains passages auraient mérités plus de développement mais rien de bien grave. Et puis arrive cette conclusion, prenante et haletante qui me donne envie de lire la suite.

En résumé : Voilà un second tome des aventures de Sylvo Sylvain qui se révèle un cran au dessus du premier. L’intrigue est vraiment plus soignée et plus dense tandis que les personnages gagnent en profondeur et se révèlent passionnant. L’univers mis en place par l’auteur est toujours aussi original et attachant. La plume de l’auteur s’affirme dans ce second tome et même si il reste encore quelques longueurs ou des scènes qui auraient, selon moi, mérité plus de développement j’ai passé un bon moment avec ce livre.

 

Ma Note : 8/10

Les Extraordianaire & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome1, Rue Farfadet – Raphaël Albert

rue farfadetRésumé : Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames…

Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Voilà un livre dont j’avais entendu pas mal de bons échos, avant de rencontrer l’auteur aux Imaginales. Souvenez vous, Rapahaël Albert l’auteur qui tentait de se faire passer pour Eric Holstein pour éviter de rencontrer ses fans puis qui, quelques minutes après, offrait une gaufre au chocolat pour tout livre acheté. En tout cas je dois dire que je trouve la couverture, illustrée par Adrien Police, vraiment très réussie et fidèle à l’image que je me faisais du roman une fois la dernière page tournée.

Sylvo est un des rare elfes de Panam et surtout, il est détective privé. Rien de bien méchant, principalement des histoires d’adultères. Mais voilà un jour il va se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, et à partir de ce moment là il va se retrouver dans une histoire qu’il ne maîtrise pas. L’intrigue mélange policier avec la fantasy de façon vraiment surprenante et agréable. On ne s’ennuie pas vraiment du début à la fin de se livre, même si j’avoue que l’intrigue est un peu trop linéaire. Mais l’auteur nous fait voyager et manie bien les rebondissements pour surprendre et ne pas ennuyer le lecteur. On tourne les pages de ce roman avec facilité, pris par cette histoire simple mais efficace.

L’univers crée par l’auteur est vraiment intéressant et travaillé. Ce panam du 19éme siècle très steampunk où vivent en cohabitation différents peuples très fantasy tel que des nains, des gobelins, des trolls etc… De plus l’auteur nous présente un Paris imaginaire proche de celui qu’on connaît, cohérent et très réussi offrant au lecteur cette impression de redécouvrir une ville qu’il connaît peut être déjà. La ville de Panam est un peu un personnage supplémentaire dans le livre, vivant et attachante. L’atmosphère de la ville est sombre, poisseuse, qui représente un panam industrielle en pleine révolution et en parfaite adéquation avec l’intrigue. De plus la culture et les mythes sont travaillés et annoncent des choses intéressantes pour la suite.

Les personnages sont vraiment intéressants, construits et pour la plupart désabusés par la vie à Panam. Mais on ne peut pas vraiment quitter panam cette ville est magique et puis surtout pour aller où? Par contre j’ai trouvé la représentation des personnages un peu trop classique, rien de bien méchant mais leurs apparences fait qu’on les reconnait rapidement. Sylvo est vraiment attachant par son côté désabusé, cynique, mollasson mais qui pourtant au fond à un grand cœur qui fuit son passé et ses secrets. Pixel aussi est un personnage vraiment attachant pas son côté vivant, sûr de lui et sa repartie cinglante et son humour rafraichissant dans cette histoire. Un duo qui ne laisse pas indifférent surtout lors de dialogues de hautes voltiges et qui marche très bien

La plume de l’auteur est vraiment fluide et se laisse suivre avec facilité et remplit son histoire jeux de mots, et de calembours qui font sourire voir rire par moment. Les dialogues sont vraiment percutants et souvent cyniques. Alors bien sur comme je l’ai dis le roman est loin d’être parfait l’enquête est linéaire et peut être un peu trop simple, la représentation des personnages un peu classique et certaines réactions un peu stéréotypées mais au final on trouve avec ce livre un premier tome vraiment agréable à lire avec un univers construit et cohérent et je vais donc me laisser tenter rapidement par le tome2.

En Résumé : Voilà un roman, mélange de fantasy et de polar sombre qui se laisse lire facilement grâce à une intrigue plutôt maîtrisée même si elle est linéaire et plutôt simple, mais aussi grâce à des personnages construits, attachants et efficaces et grâce à une plume vraiment fluide et agréable. Alors après certains réactions sont trop classiques et on aurait aimé un intrigue un peu plus alambiqué mais pourtant la magie fonctionne et on se laisse emporter par les enquêtes de Sylvo. Je lirai le tome 2 avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10