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Retour Sur Titan – Stephen Baxter

Résumé : Année 3685. L’humanité a essaimé à travers le Système solaire et un nouvel âge d’or s’offre à elle. Une renaissance qui doit beaucoup à un homme, Michael Poole, ingénieur brillant dont les inventions ont joué un rôle crucial dans l’expansion humaine. Mais Poole voit plus grand. Plus loin. Or pour cela il lui faut des ressources à la mesure de sa démesure — une manne qu’il pourrait bien dénicher sur Titan, l’un des derniers lieux encore inexplorés du Système. Quitte à s’aventurer dans les entrailles glacées du satellite de Saturne… et y découvrir l’impensable.

 

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De Stephen Baxter, j’ai commencé à lire son cycle de Xeelees il y a plusieurs années, que j’espère reprendre prochainement (mais j’attends d’être un peu plus posé), le premier tome de son cycle écrit à quatre mains avec Terry Pratchett et son roman Anti-Glace. J’adore le côté très Hard-SF que construit l’auteur dans chacun de ses romans, mais d’un autre côté je trouve qu’il a aussi parfois un peu de mal à construire un récit et des personnages complexes. Pour autant il y a assez de qualité dans ses écrits pour continuer à me donner envie de le découvrir, même si le fameux Anti-Glace ou encore La Longue Terre m’ont légèrement plus frustré, qu’emporté. Ajouter à cela que je n’ai, à ce jour, quasiment pas manqué une seule publication de la collection Une Heure lumière, vu que je suis friand de ce genre de format, il ne pouvait que finir dans ma PAL. À noter la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, que je trouve vraiment superbe.

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La Longue Terre, Tome 1 – Terry Pratchett & Stephen Baxter

la longue terreRésumé : Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.
La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !
Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard. Quand deux grands noms de l’Imaginaire anglais tels que Terry Pratchett et Stephen Baxter s’associent pour écrire un roman, il y a de quoi me donner envie de le découvrir, même si c’est vrai avec tout de même une légère crainte, tant les deux auteurs n’ont pas obligatoirement le même registre. Puis pour des raisons obscures il s’est mis à trainer dans ma PAL, à se cacher et il a fallu attendre l’annonce des nominés pour le prix Julia Verlanger pour que je me décide à le découvrir. À noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique et intrigante.

L’histoire démarre sur une idée de base assez simple, loufoque et pourtant terriblement efficace. En effet on découvre qu’il est possible de voyager dans les univers parallèles, et cela avec un simple boitier électronique qu’on fabrique soi-même et qui utilise comme pile une pomme de terre. Bien des années après cette découverte, la Terre se retrouve en pleine mutation. Josué, passeur-né, est alors contacté par une Intelligence Artificielle, Lobsang, pour entreprendre un voyage aux confins des univers parallèles et ainsi essayer d’en apprendre plus d’un point de vue scientifique sur l’histoire de la Terre, son évolution, sa faune et sa flore. Sur le papier il y a donc de quoi me faire rêver, en effet on y retrouve la capacité de faire voyager le lecteur de Baxter, avec l’humour de Pratchett et cette idée de patate comme vecteur pour voyager. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, même si je ne me suis pas ennuyé et trouvé l’ensemble plaisant, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un tome d’introduction assez contemplatif.

Pour faire simple j’ai trouvé que ce premier tome manquait d’un peu de rythme et de surprises. Déjà le démarrage de l’histoire m’a paru un peu confus, donnant l’impression de partir dans tous les sens. Pour expliquer les avantages et les conséquences de ce voyage dans les univers parallèles les auteurs se sont mis à multiplier les points de vue, ce qui, je trouve, n’est jamais une bonne chose, surtout quand ces protagonistes n’apportent rien par la suite, tout du moins dans ce premier tome. Cela donne plutôt l’impression au récit de prendre son temps, voir aussi de se révéler un peu répétitif, même si c’est vrai, cela permet aussi de dévoiler une partie des nombreuses possibilités qui s’ouvre à l’humanité. Que ce soit pour son enrichissement personnel ou le développement à travers une communauté, l’Homme peut dévoiler le pire comme le meilleur. La suite se révèle plus intéressante, une fois le départ du voyage que vont effectuer nos héros aux travers des nombreuses Terres, l’ensemble gagne en intérêt et surtout permet aux auteurs de développer de nombreuses idées, que ce soit aussi sur les différentes transformations qu’a pu connaitre notre planète devant ces multiples possibilités, comme sur les nombreuses conséquences que cela va avoir sur notre société que ce soit à travers l’exode massif, la dévaluation des différents cours boursiers, ou bien encore la grogne et la dissension qui va apparaitre.

Ce qui rend d’ailleurs ce voyage un peu plus fascinant c’est justement l’aspect aventure et découverte qui s’en dégage. On a l’impression de visiter des centaines de mondes qui possèdent tous leurs propres faunes et leurs propres flores. L’imagination des auteurs parait alors sans limite devant les yeux et l’imagination du lecteur, le tout bien porté par des descriptions efficaces de monde sauvages et magnifiques. L’aspect technologique est aussi intéressant à découvrir et apporte un plus. C’est fluide, on tourne les pages avec un minimum de plaisir se mettant un peu dans la peau d’un explorateur qui se retrouve plonger à chaque fois dans nouveau monde. C’est d’ailleurs cette capacité de création et de foisonnement qui rend cette seconde partie du roman plaisante, plus en tout cas que la menace qui essaie de s’imposer alors, mais qui manque quand même de force. Le lecteur n’ayant jamais le sentiment d’être intimidé, dérangé, ce qui est quand même dommage. Mais voilà malgré ce côté plaisant et passionnant à découvrir je n’ai jamais été non plus emporté par le récit. Cela se lit facilement, c’est divertissant et sympathique, on retrouve quelques réflexions intéressantes et une fois dedans on tournes les pages avec plaisir, mais voilà j’aurai pu arrêter de lire ce livre pendant un moment que cela ne m’aurait pas dérangé plus que cela, ne ressentant jamais ce besoin de me replonger dedans pour en apprendre plus, d’être happé. Il y a bien une envie de complexifier le tout avec une sous-intrigue plus prenante sur des clivages politiques et sociologiques qui aboutissent à une conclusion explosive et surprenante, mais elle arrive sur le tard et manque encore un peu de mordant. On a l’impression que ce roman est plus un tome d’introduction, il vient simplement poser les éléments pour la suite. Par conséquent, sans être mauvais j’ai eu du mal à me sentir fasciné.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêt et remplissent parfaitement leurs rôles d’aventuriers, rendant vivant leurs expéditions. On les suit avec plaisir et un minimum d’envie d’en apprendre plus, que ce soit Josué héros taciturne et solitaire qu’on découvre au fil des pages et qui a l’air d’être la clé du voyage, ou encore Lobsang Intelligence Artificielle, qui se prend pour un homme ou bien qui est homme coincé dans un IA, et qui apporte une certaine dose de folie et de cynisme devant sa capacité à régir à certaines situations. Certains des personnages secondaires se révèlent aussi très intéressants, même s’il est encore un peu tôt pour en dire plus tant ils restent mystérieux et peu caractérisés dans ce tome. Mais voilà, tout comme l’intrigue, j’ai accroché aux personnages et à leurs façons d’avancer, d’évoluer, mais je n’ai jamais réussi à m’attacher complètement à eux. Il manquait toujours un petit quelque chose au niveau de l’émotion ou des différentes relations pour me les rendre touchants.

Le style du récit n’est pas mauvais, comme je l’ai déjà dit il se révèle fluide, entrainant et joue sur le fait qu’une fois dans le livre on tourne les pages assez facilement. Pourtant je suis quand même légèrement déçu. Je sais bien que quand on écrit un livre à quatre mains, ça modifie la façon d’écrire. Je ne m’attendais donc pas à retrouver totalement le côté poussé d’un point de vue scientifique que j’apprécie chez Baxter et l’humour décapant et mordant de Pratchett, mais j’espérais au moins un mariage des deux. Hors ici,  là où l’aspect scientifique reste agréable et bien amené, j’ai trouvé que l’humour était justement peu présent. Mis à part une ou deux scènes qui poussent à sourire et cette idée globale de pomme de terre, j’ai trouvé que ce qui faisait les qualités de Pratchett étaient étouffés. Dommage. Peut-être que ça changera par la suite. Au final donc ce roman n’a pas complètement rempli les attentes que j’en avais, mais se révèle tout de même sympathique à découvrir, laissant assez de réponses en suspens et un minimum d’intérêt pour que je me laisse tout de même tenter par la suite.

En Résumé : Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire fluide et un minimum entrainante, mais qui n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’histoire ne manque pourtant pas d’intérêt, malgré un début qui part un peu dans tous les sens ; principalement dans la phase d’exploration des différentes terres parallèles qui offre une imagination débordante. Mais l’ensemble fait un peu trop tome d’introduction, posant simplement les bases. Ça se lit facilement, mais il faut attendre la fin, et le début des dissensions, pour vraiment, je trouve, être happé. L’univers présenté est par contre un des gros points forts du récit, donnant au lecteur l’impression d’être un explorateur et permettant aux écrivains de développer des mondes chatoyants et captivants. Les personnages ne sont pas mauvais, se révèlent cohérents et logiques, mais il manque encore un je ne sais quoi du point de vue émotionnel pour complètement les rendre attachants. Certains des personnages secondaires offrent des potentialités que j’espère voir développer par la suite. La plume se révèle fluide, entrainant et assez efficace, mais voilà autant l’aspect aventure de Stephen Baxter est présent, autant le côté humoristique de Terry Pratchett ne se retrouve pas. C’est dommage, car quand j’ai vu le nom de l’auteur je pensais rigoler, hors j’ai à peine souri deux ou trois fois. En tout cas la conclusion ouvre assez de possibilité pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, Nelfe, Phooka, radicale, Hari Seldon, …

Anti-Glace – Stephen Baxter

anti-glaceRésumé : L’anti-glace est une matière au potentiel hautement énergétique. Inerte à basse température, elle atteint son rendement optimal sous l’effet de la chaleur. Depuis sa découverte par une expédition anglaise dans les neiges du pôle Sud, elle a donné à la Couronne britannique le leadership mondial en cette seconde moitié du XIXe siècle. Un leadership qui ne fait qu’exacerber les tensions entre le Royaume-Uni, la France et la Prusse…
Jeune diplomate en mal d’aventures, Ned Vicars est à Ostende dans le but de contempler l’avènement d’une de ces merveilles scientifiques qu’autorise l’anti-glace. Mais il se retrouve bientôt bloqué, lui et une poignée d’autres infortunés, à bord du Phaeton, engin prodigieux qui quitte l’atmosphère terrestre en direction de la Lune. L’équipée fantastique commence…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De Stephen Baxter je ne me suis, pour le moment, contenté de lire qu’une partie du cycle de Xeelees qui m’a offert un bon moment de lecture, Space-Opera efficace et soigné d’un point de vue scientifique. Les derniers tomes m’attendent d’ailleurs dans ma PAL. D’autres romans de l’auteur m’attendent aussi et, j’avoue, j’ai rapidement flashé et fait sortir de ma bibliothèque cet Anti-Glace, publié il y a peu chez Le Bélial’ et qui me donnait fortement envie par son résumé très Steampunk et surtout par sa couverture illustrée par Manchu & Philippe Gady, que je trouve sublime. Il est à noter que ce roman a été initialement publié en VO en 1993.

J’avais hâte de voir ce que pouvait bien proposer l’auteur, cette histoire se révélant différent du peu que j’ai lu pour le moment de lui, cherchant plus à nous offrir un récit hommage à des auteurs comme Jules Verne ou H.G. Wells et où le Steampunk prédomine. Pourtant, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je me suis bien amusé avec ce livre, mais qu’un sentiment d’insatisfaction persiste sur certains points que j’ai trouvé traité de façon un peu trop légères pour moi. Je m’explique. Concernant l’intrigue en elle-même se révèle plutôt plaisante, fun et se laisse lire assez facilement bien porté par les différentes aventures et péripéties que vont rencontrer nos héros même s’il faut bien l’avouer l’ensemble parait un peu irréel tant les différents passages manquent parfois de cohérence et surtout de réalisme. On a plus l’impression par moment que l’auteur a clairement voulu s’amuser avec ce récit, que construire une histoire cohérente et logique ce qui est, j’ai trouvé par moment, légèrement perturbant. J’ai trouvé aussi que le rythme, même s’il n’est pas ennuyeux, se révélait très haché. On se retrouve par certains passages clairement emporté par les rebondissements qui apparaissent, mais l’ensemble est contrebalancé par des passages, principalement des dialogues, beaucoup trop verbeux qui m’ont paru parfois traîner en longueur.

L’univers Stempunk qui est développé au fil des pages se révèle par contre intéressant et fascinant avec la découverte de cette anti-glace la fin du 19ème siècle qui alors, d’un point de vue technologique, se retrouve complètement bouleverser. Le monde découvre de nouvelles inventions avec la possibilité de se déplacer sur un monorail même à travers la mer, ou encore ce Prince Albert fascinant et gigantesque paquebot terrestre, image décadente d’une nation sans aucune limite, mais aussi encore par des inventions plus sombres et plus destructrices. L’ensemble donne franchement envie d’en découvrir plus. Ce mélange de cuivre, de tuyauteries et de vapeur arrive toujours autant à me passionner, l’auteur arrivant ici à le rendre réaliste et intéressant et surtout bien poser par des aspects et des théories scientifiques qu’il rend toujours aussi accessible, même si parfois un peu longuet. Une couche d’humour et d’ironie, parfois caricatural, vient également teinter cette histoire, on le sent bien autant dans les personnages que dans les différentes nations, leurs visions et leurs différences ce qui ajoute une touche divertissante et ne manque pas de faire sourire.

Ce livre n’est pas non plus qu’un simple récit d’aventure dans un monde revisité Steampunk, c’est aussi une uchronie ; l’Angleterre avec l’Anti-Glace ayant découvert aussi une arme de destruction massive qui vient la positionner en nouvelle nation forte du monde. Le parallèle avec les Etats-Unis suite à la seconde guerre mondiale et clairement établi. L’auteur cherche alors à faire réfléchir le lecteur sur l’impérialisme, la révolution, l’anarchisme, la guerre, le pouvoir et surtout sur les différences qui font que vouloir se positionner en gardien d’une paix mondiale parait utopique tant les visions des uns et des autres se révèlent différentes. Mais voilà j’ai trouvé par moment que l’ensemble était mal amené voir même parfois un peu trop caricaturale, comme si l’auteur cherchait à balancer ses axes de réflexions, mais sans les travailler ni les affiner. L’ensemble se révèle donc parfois trop bancal à mon goût. Puis arrive la conclusion et là, j’avoue, j’ai été happé par le livre, une conclusion amère au message sombre, efficace, pertinent et percutant qui ne laissera pas le lecteur indifférent. J’ai donc eu, avec ce roman, l’impression d’une histoire coupée en deux, une première partie où l’auteur s’amuse, et amuse le lecteur, à travers son hommage, sans chercher la logique, ce qui déroute, et une fin de récit beaucoup plus réussi et entrainante offrant des images fortes, réfléchies et poignantes.

Concernant les personnages je ressors aussi avec un avis un peu mitigé, j’ai trouvé les protagonistes secondaires convaincants et vivants, arrivant à faire avancer l’histoire et à apporter leurs touches au fil des pages, les rendant intéressant à découvrir. Là où j’ai bloqué c’est concernant le personnage principal, il s’agit d’un diplomate un peu simple que j’ai trouvé efficace au début, son côté un peu candide permettant d’appréhender ce monde de façon rafraichissante en le découvrant limite avec des yeux nouveaux, mais très vite l’auteur en abuse. De crédule son personnage devient beaucoup trop naïf pour finir limite tête à claques tant il donne l’impression d’être une coquille vide à qui on doit tout expliquer et apprendre. Et pourtant il arrive à ressortir quelque-chose d’attachant en lui, à travers son héroïsme forcé par les évènements et surtout les beaux yeux d’une française, il arrive même sur la fin à devenir un personnage consistant avec ses propres idées et références, mais que c’est long et parfois laborieux. Certes cela permet à l’auteur d’apporter sa touche scientifique, comme il l’a fait avec les deux premiers tomes de son cycle de Xeelees, proposant un dialogue entre une personne qui a la connaissance et une autre qui ne l’a pas, mais voilà quand la personne qui ne sait rien est toujours la même c’est frustrant voir répétitif.

La plume de l’auteur se révèle simple, entrainante et, même si je l’ai trouvé un tout petit peu moins entrainante que d’habitude, elle donne envie tout de même de tourner les pages pour découvrir la suite. Au final il faut donc bien avouer que ce roman de Stephen Baxter n’est sûrement pas son meilleur, mais il n’est pas non plus complètement mauvais pour autant. L’ensemble est clairement bancal, voir parfois irréel, j’en attendais peut-être aussi trop, mais cela ne l’empêche pas de se révéler plutôt divertissant avec des axes de réflexions plus ou moins passionnants et une conclusion qui se révèle, selon moi, réussie. Il ne me reste plus qu’à me replonger dans les autres écrits de lui qui sont dans ma PAL.

En Résumé : Je dois bien avouer que je ressors de cette lecture avec un sentiment plutôt ambigu, je me suis bien amusé avec ce livre, mais l’ensemble est loin d’être parfait. L’intrigue, qui rend hommage à des auteurs comme Verne ou Wells, se révèle pleine d’aventures et de péripéties intéressantes, mais elle m’a paru manquer par moment de logique et voit son rythme parfois plombé par certains dialogues trop verbeux et un peu long. L’univers Steampunk se révèle être très réussi, mélange de vapeur, de tuyauterie, de cuivre et d’inventions qui donnent envie d’en apprendre plus. L’uchronie, qui redéfinit le jeu des pouvoir en Europe avec l’Angleterre devenue une grande puissance grâce à cette arme qu’est l’anti-glace, offre des réflexions sur le pouvoir et la paix qui se révèlent intéressantes et parfois pertinentes, mais qui m’ont aussi paru mal amenés et lancé sans être totalement affinées. Concernant les héros de ce livre j’ai trouvé les personnages secondaires pertinents, efficaces et intéressant mais j’avoue avoir eu du mal avec le personnage principal qui malgré quelques aspects attachants se révèle beaucoup trop naïf et parfois tête à claques. Le style de l’auteur se révèle simple et entrainant. Au final ce n’est sûrement pas le meilleur livre de l’auteur, j’en attendais peut-être trop aussi, mais il se révèle divertissant.

 

Ma Note : 6,5/10

Le Cycle des Xeelees Tome 2, Singularité – Stephen Baxter

singulariteRésumé : « Les Xeelees possédaient l’univers…
Quand les hommes avaient émergé du système solaire en se traînant à vitesse subluminique sur les premiers vaisseaux GUT, ils étaient entrés dans un environnement complexe peuplé de nombreuses races intelligentes dont chacune obéissait à ses propres impératifs et poursuivait ses propres buts. […] Moins de deux siècles après l’époque de Michael Poole, la Terre était conquise, puis transformée en camp de travail par les gestalts aquatiques que les humains avaient appelé les Squeems. [Mais] où que les hommes et les races qu’ils avaient rencontrées regardent, ils voyaient l’empreinte des Xeelees. Se tenant à l’écart de l’univers, ils évoquaient des dieux : indifférents à tout, concentrés sur leurs vastes œuvres et leurs mystérieux projets… »

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après avoir découvert le premier tome de ce cycle qui, malgré un aspect premier roman et quelques défauts, m’avait laissé un sentiment plutôt positif, dont les idées donnaient fortement envie de découvrir la suite (ma chronique ici), j’ai donc fait rentrer ce tome deux dans ma PAL. Un des points qui m’a fait aussi continuer ce cycle, c’est que chaque roman peut, sauf exception, être lu indépendamment des autres, l’auteur ne cherchant pas à construire une intrigue continue, mais plutôt à offrir plusieurs histoires qui forment une fresque. À noter de nouveau une magnifique couverture illustrée par Manchu.

Finalement j’ai bien fait de me laisser assez rapidement tenté par ce second tome, car une fois la dernière page tournée, je l’ai trouvé un ton au-dessus que Gravité et m’a offert un bon moment. L’auteur nous offre de nouveau un Space-Opera, mais qui cette fois prend place, non pas dans un anneau monde, mais dans l’univers de la Terre. À partir de là on va découvrir une humanité sous le joug des Qax, qui va tenter de se rebeller, offrant alors au lecteur une intrigue qui va s’étendre à travers l’espace et le temps, se révélant fascinante, flamboyantes et pleine d’aventures. Singularité se révèle alors, selon moi, plus maîtrisé, plus efficace et plus abouti que l’était Gravité. On obtient ainsi un récit moins stéréotypé et moins caricatural, même si classique dans ses grandes lignes, et plus entrainant, mélangeant habilement l’aspect scientifique avec rebondissements tout en y offrant aussi un souffle cosmique captivant, qui arrive à happer le lecteur facilement. Dès les premières pages on entre dans l’histoire, l’auteur évitant la longue introduction pour nous plonger dans cette lutte au rythme soutenu et qui possède son lot d’action et de révélations.

Concernant l’aspect scientifique il s’agit bien entendu de Hard-Science et, oui, il vaut mieux posséder un minimum de bagage et aimer la science, pour ne pas se perdre dans toutes ces explications. Entre Schrödinger, Wigner, les trous noirs, les singularités, les trous de vers, la matière exotique l’auteur travail sur énormément de théories pour construire son récit et, malgré une explication fluide et assez simplifié, se révèlent pas toujours facile d’accès. Personnellement, j’ai trouvé cet enchevêtrement de théories et d’explications assez fascinant, principalement dans la capacité à s’en servir pour construire, développer et densifier son intrigue au fil des pages. Surtout il expose des postulats qui se révèlent étourdissantes et pourtant réalistes, comme par exemple celle que propose les Amis de Wigner que je vous laisse découvrir, qui offre une réflexion assez surprenante sur l’univers.

L’univers qui est développé tout au long roman se révèle intéressant, mélangeant les époques, entre avenir, présent et futur nous offrant alors une humanité en constante évolution, connaissant des hauts et des bas entre domination et soumission. Elle va sans cesse réagir, mais pas toujours de la meilleure façon tombant parfois dans le fanatisme. On découvre aussi les fameux Xeelees, leurs influences sur toutes les espèces ainsi que leur fameux projet concernant cet univers. Mais aussi les Qax des êtres assez fascinants par leur existence biologique qui repose à travers les turbulences. L’aspect technologique est  soigné et efficace que ce soit aussi bien, par exemple, les vaisseaux humains qui reposent clairement sur la technologie, que les vaisseaux Qax qui, eux, reposent sur la biologie, un peu comme ce qu’avait déjà proposé l’auteur dans son premier tome. Il arrive aussi à nous intriguer avec cette technologie Xeelee qui parait tellement évolué et donne clairement envie d’en apprendre plus. Le tout est aussi porté par des descriptions dans l’espace qui se révèlent superbes.

Et pourtant ce roman possède encore quelques défauts qui font qu’on sent que l’auteur possède encore une marge de progression. Déjà j’ai eu l’impression d’un décalage entre l’ambition qu’il cherchait à proposer dans ce roman et ce que j’ai ressenti, l’ensemble possède encore certaines facilités et une impression que certains aspects auraient mérité plus de développement que ce qui nous est proposé. Ensuite concernant les explications scientifiques j’ai senti une certaine redondance dans la façon dont il amène l’ensemble ; c’est simple on a toujours deux ou plusieurs personnages , un qui connait la théorie et qui se met alors, tel un professeur, à tenter de l’expliquer aux autres. Une variation dans la présentation aurait peut-être apporté un plus, surtout que, parfois, cela offre des passages surprenants où, en plein milieu d’une scène mouvementée, un protagoniste se met alors à réciter une théorie scientifique plutôt que de penser à sauver sa peau.

Concernant les personnages j’avoue que je ressors légèrement mitigé de ma lecture. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà ils ont du mal à n’être plus que de simples pions qui permettent de faire avancer l’intrigue, l’histoire et amener des explications. Ils manquent clairement de caractère et de profondeur par moment. Le seul qui m’a paru sortir du lot c’est Jasoft Parz par sa capacité à toujours survivre quoi qu’il arrive, ce qui le rend assez ambigu dans sa façon de voir les choses, voir humain. Concernant le héros, Michael Poole, on sent bien le savant intelligent solitaire, humaniste, mais il a du mal à être plus que ce que propose son caractère scientifique. Pourtant l’auteur essaie bien de le rendre plus complexe, que ce soit par sa relation avec son père ou son amour perdu, mais, sans se révéler mauvais pour autant, il n’arrive jamais vraiment non plus à le rendre véritablement convaincant, complexe et attachant, n’offrant que le minimum. Ce qui ne l’empêche pas de se révéler entrainant dans ses actions et explications. Concernant les personnages plus secondaires ils remplissent efficacement leurs rôles, avec un intérêt particulier pour les Amis de Wigner, mélange de fanatisme glacial et d’intelligence au service du futur.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace, entrainante et surtout didactique lors des explications scientifiques, offrant ainsi un récit de Space-Opera efficace, complexe et vraiment intéressant que ce soit par le souffle qu’il offre comme les réflexions qu’il propose. Surtout il offre une conclusion qui se révèle majestueuse, offrant une frise de l’univers voulu par l’auteur que je vous laisse découvrir. Alors certes il y a encore, pour moi, des défauts dans ce second tome, mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce Singularité que j’ai trouvé meilleur que le tome précédent. Je lirai donc le troisième tome sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce second tome du cycle des Xeelees que j’ai trouvé un cran au-dessus que le précédent. L’histoire nous offre un Space-Opera qui s’étend à la fois dans le temps et l’espace, où l’humanité va tenter de quitter le joug des Qax et qui se révèle efficace, flamboyant avec de nombreux rebondissements. L’aspect scientifique peut, certes, paraitre complexe et demander un minimum de connaissances, mais se révèle fascinant par les possibilités qu’il développe. L’auteur offre aussi de nombreuses réflexions qui se révèlent intéressantes et efficaces. L’univers qu’on retrouve au fil des pages est vraiment fascinant, bien porté par les aspects technologiques et les descriptions. Je regrette par contre un certain décalage entre l’aspect ambitieux que cherche à mettre en place l’auteur, mais qui perd de sa force devant certaines facilités déconcertantes, de plus je trouve que les explications scientifiques sont présentées de façon un peu trop répétitives. Rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, ils remplissent parfaitement leurs rôles pour faire avancer l’histoire de façon efficace, mais manquent de profondeur et de sentiments pour se révéler complètement accrocheur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante et arrive à happer le lecteur dès les premières pages pour aboutir à une conclusion fascinante sur la frise qu’il construit. Au final un roman réussi, malgré quelques défauts, et je lirai le troisième tome sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Le Cycle des Xeelees Tome 1, Gravité – Stephen Baxter

cycle de xeelees 1 graviteRésumé : La Ceinture.
Un agrégat de matériaux archaïques peuplé de mineurs.
Rees est l’un d’eux, un rat de mine passant le plus clair de son temps sous cinq g à creuser le cœur de fer de l’étoile morte autour de laquelle la Ceinture gravite. Un travail harassant. Dangereux. Au bénéfice du Radeau, sorte de cité spatiale, siège du savoir scientifique dont tous dépendent pour leur approvisionnement. Il en va ainsi : la Ceinture est sous le joug du Radeau. Depuis des générations… Et la Ceinture gronde. Mais Rees se pose des questions qu’aucun autre ne se pose. D’où viennent les hommes ? Comment sont ils arrivés ici, dans la Nébuleuse ? Il existe des légendes. Qui parlent d’un Vaisseau. De son Équipage… De baleines volantes et des mythiques Osseux.
Rees ne sait pas grand-chose mais il a une certitude : la Nébuleuse se meurt…

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

Mon Avis : De Stephen Baxter je n’ai pas lu grand-chose mis à part quelques nouvelles ici ou là, et pourtant c’est un auteur de Science-Fiction que j’ai envie de découvrir depuis un long moment et dont j’entends beaucoup parler. La preuve, certains de ses romans parsèment ma PAL et ne demandent qu’à sortir. J’ai donc décidé de me lancer avec ce livre qui se révèle être le tout premier roman écrit de l’auteur (même si publié en France 17 ans après sa sortie en VO). Il faut dire aussi que la couverture, illustrée par Manchu, donne vraiment envie de lire ce livre.

Ce roman va nous plonger dans un anneau monde où les hommes, naufragés depuis des générations, survivent tant bien que mal en forant le cœur de l’étoile. On va suivre au travers de ce récit les aventures de Rees, héros qui se pose beaucoup de questions et se rend compte que son monde meurt. Un roman initiatique qui va se révéler très classique sur la forme avec ce personnage, sans aucune connaissance au début, et qui va au fil des ses voyages s’instruire et percer à jour le secret de son univers. En soit je dois bien avouer que l’histoire manque quand même, sur la forme, d’originalité, mais aussi de rebondissements. Elle n’est pas mauvaise en soi, mais m’a plus fait penser à un roman pour adolescent assez simple qui cherche à lui faire découvrir le Space Opera avec une assise scientifique efficace et non négligeable. On sent bien aussi, au fil des pages, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur dévoilant un certain manque de maîtrise dans l’enchainement des évènements et même dans certains dialogues.

L’intrigue se révèle pourtant entrainante, principalement à travers les différentes rencontres et découvertes que va faire le personnage principal ainsi que les différentes zones de l’anneau qu’il va découvrir. Le rythme se révèle enlevé et efficace, même si je reproche à l’auteur de vouloir par moment trop en faire dans le sensationnel. Au final une certaine simplicité se dégage de la façon dont est écrite l’histoire et c’est peut-être ça qui m’a dérangé, surtout après avoir tant entendu sur l’auteur et son côté hard science.  Mes attentes étaient peut être un peu trop élevé. De plus certaines scènes m’ont parues un peu trop irréalistes, je pense par exemple à la scène de sauvetage par la baleine. Pourtant, je suis loin d’avoir été complètement déçu par ce roman qui possède tout de même ses qualités et, une fois la dernière page tournée, s’est révélée plutôt sympathique malgré tout.

Car, ce qui fascine dans ce roman, c’est principalement son univers, cet anneau monde ou la gravité va se révéler être un élément primordial du décor. En effet elle va être le centre de l’histoire et va même déstabiliser par moment le lecteur de façon intéressante, tant les le tout parait différent tout en offrant une vision passionnante sur cette force naturelle. Imaginez-vous aussi voyager dans la nébuleuse sans appareil respiratoire, magnifique. De plus Baxter développe quelque chose qui se révèle vraiment fascinant à travers des idées originales, comme ces arbres permettant de naviguer ou encore certaines races extraterrestres, mais le tout possède une véritable cohérence et une certaine logique grâce aux explications avancées.

Il nous offre aussi un travail vraiment intéressant et toujours d’actualité sur les inégalités avec les mineurs qui s’acharnent à récupérer les métaux pour les habitants du radeau en échange de nourriture, même si parfois présenté de façon manichéenne. Au final on sent bien qu’il maîtrise complètement son univers arrivant à plonger le lecteur avec facilité à travers des explications scientifiques accessibles et loin d’être ardues.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment entrainants, nous emportant dans leurs aventures, mais j’ai trouvé qu’ils manquaient clairement de profondeur, parfois même de charisme et donnent une impression de déjà-vu par moment. Surtout ils se révèlent plus ballottés par les évènements que maître de ce qui leurs arrivent, comme s’ils avançaient par moment en attendant que la solution finale leur apparaisse comme par enchantement. Malgré tout certain plaisir nait à suivre l’interaction et l’avancée des ces protagonistes dans cet univers totalement nouveau, en effet c’est grâce à eux, et principalement Rees, qu’on va découvrir toute la grandeur et la magie de ce monde et tout comme lui on va se retrouver embarqué et émerveillé, même si par moment Rees parait quand même un peu naïf.

La plume de l’auteur n’est, certes, pas une des plus soignées que je connaisse, mais elle se révèle vraiment simple, entrainante et efficace. Surtout elle sert de façon réussie et compréhensible, par tous les différentes explications scientifiques, la construction de cet univers porté par la gravité. Au final je ressors tout de même avec un sentiment mitigé de ma lecture, j’avoue que j’en attendais plus dans la construction et la forme. Pourtant, pas mal d’éléments font que j’ai trouvé cette lecture et cette découverte sympathique me donnant envie de lire la suite du cycle voir, pourquoi pas aussi, d’autres romans de l’auteur. À voir si le second tome du cycle confirme les bonnes impressions que j’ai tout en gommant les imperfections.

En Résumé : Je ressors de ma lecture avec, j’avoue, un sentiment mitigé, mais plutôt positif, malgré certains points qui m’ont dérangé et dont j’attendais plus. L’intrigue se révèle vraiment entrainante et plutôt bien rythmée, mais la forme manque clairement d’originalité et de complexité. De plus on sent bien, dans la construction du récit et à travers les dialogues, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur, se révélant souvent assez simpliste. Et pourtant le roman m’a fasciné, principalement grâce à son univers, cet anneau monde à la gravité primordiale, qui se révèle fascinant à travers ses découvertes et ses rencontres. Les personnages nous happent dans leurs aventures, mais manquent parfois de profondeur et de charisme, se révélant même plus passifs qu’actifs. Je reproche aussi certaines scènes qui m’ont paru trop irréalistes, je pense principalement au sauvetage par la baleine. La plume de l’auteur se révèle simple, entrainante et porte parfaitement et de façon efficace le message scientifique mis en avant. Alors, certes je ne suis pas totalement convaincu, mais une lecture tout de même sympathique qui me donne envie de lire la suite pour me faire un avis plus complet.

 

Ma Note : 6,5/10

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