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Satinka – Sylvie Miller

Résumé : Jenny Boyd, serveuse dans un saloon de Colfax, petite ville blottie dans les contreforts de la Sierra Nevada, délaisse ses études au grand désarroi de sa mère. Elle est bien plus fascinée, depuis l’enfance, par la grande ligne de chemin de fer transcontinentale, construite au dix-neuvième siècle. La nuit, les trains sifflants hantent ses rêves, des rêves si crédibles quelle finit par les croire réels !
Alors, quand Jenny est prise de violentes visions, elle s’escrime à comprendre les forces qui la tourmentent. Aidée par son ami d’enfance, elle devra remonter le temps et affronter d’implacables adversaires…

Edition : Critic

 

Mon Avis : J’avoue, je ne me suis pas lancé dans la lecture de ce roman par hasard. Je connaissais déjà les écrits de Sylvie Miller principalement à travers sa collaboration avec Philippe Ward sur la série Lasser, Détective des Dieux. Il était donc logique que, lorsque j’ai appris qu’elle publiait ce qui, si je ne me trompe pas, est son premier roman solo, je le fasse très rapidement entrer dans ma PAL. Surtout que le livre traite d’une part d’histoire que je connais peu : la construction de la ligne de chemin de fer transcontinentale. J’étais ainsi très intéressé de savoir comment l’autrice allait traité le sujet. Alors comme souvent, c’est vrai, il a trainé un peu dans ma PAL, il faut dire que dernièrement j’ai plus de facilité à sortir ma liseuse que des livres papier. En ce qui concerne la couverture, illustrée par Xavier Collette, elle est vraiment très jolie. Il est à noter que ce récit a gagné le prix Bob Morane 2018 du roman français.

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Lasser dans les Arènes du Temps – Sylvie Miller & Philippe Ward

lasser dans les arenes du tempsRésumé : 1937, Le Caire. Ils sont fous, ces Romains ! Quand la déesse Isis lui ordonne de partir à Pompéi récupérer une statue volée, Lasser se demande dans quel pétrin il va bien pouvoir se fourrer. Son instinct ne le trompe pas : là-bas, il doit tour à tour frayer avec la Mafia, travailler pour Jupiter, affronter la colère d’un volcan et… devenir l’assistant de Fazimel.
L’affaire se complique encore lorsque, par accident, Lasser est propulsé dans les arènes du temps, là où les dieux eux-mêmes n’osent pas mettre les pieds.
Tentatives de meurtre, complots en tous genres, poursuites échevelées, ces aventures vont faire émerger de nouvelles facettes des deux détectives.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Le voilà, le quatrième tome du cycle des aventures du détective Lasser dont, je dois bien avouer, les trois premiers (chronique Tome 1, Tome 2, Tome 3) m’ont offert un bon moment de lecture efficace, sans temps mort et avec des personnages passionnants. C’était donc avec impatience que j’attendais cette suite, surtout qu’un des personnages devait se dévoiler. Par conséquent c’est sans surprise qu’il a rapidement rejoint ma pal, et tout aussi rapidement sauté entre mes mains. Concernant la couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, je la trouve vraiment réussie.

Après l’Égypte, après la Grèce, cette fois notre héros va devoir aller en Italie pour enquêter avec sa fidèle assistante Fazimel sur la disparition d’une statue d’Isis. L’histoire se révèle scindée en deux parties, deux enquêtes qui vont finalement se croiser, se lier et apporter leurs lots de révélations et de rebondissements. L’une des grandes questions que je me posais avec ce quatrième tome c’était de savoir si on allait tomber dans une routine, ce qui est un risque avec les longs cycles, et je dois bien avouer que, même si les intrigues sont un peu construites de la même façon dans les grandes lignes, les auteurs arrivent vraiment à se renouveler, à apporter de nouveaux éléments captivants et ainsi à happer le lecteur dans leur récit. Déjà le grand changement, Fazimel prend énormément d’importance dans ce tome, mais surtout en devient aussi une narratrice. On alterne ainsi tout le long du livre entre Lasser et elle, ce qui apporte un véritable plus à l’ensemble, permettant d’offrir des points de vues et des tempéraments différents et contribue grandement au renouvellement de l’intérêt du lecteur, car il fallait bien l’avouer Fazimel ne manquait pas de mystères dans les tomes précédents.

On note aussi dans ce tome une ambiance plus sombre encore que les précédents, certes les cotés léger et amusant est toujours présent, mais on sent que ce tome prend un cap plus grave, plus sérieux, que ce soit face à l’insensibilité des dieux, comme parfois dans les choix que vont rencontrer nos héros ou encore dans l’image de fond. Les enquêtes vont se révéler aussi plus « compliquées », par là j’entends qu’elles reposent moins sur la facilité du héros à rencontrer toujours la bonne personne au bon moment, offrant ainsi plus de difficulté et plus de complexité. Les auteurs savent aussi clairement jouer de surprises en révélations pour faire que le lecteur se retrouve à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus, happé par une tension qui monte lentement au fil des pages.

L’univers développé n’est pas non plus en reste et gagne énormément en densité dans ce tome. Surtout, il développe enfin son aspect uchronique, nous dévoilant ainsi plusieurs points de divergence par rapport à notre histoire, aboutissant finalement à la présence de ces différents dieux, offrant ainsi un aperçu qui donne envie d’en apprendre plus dans les prochains volumes. La mythologie continue à gagner en complexité, avec l’apparition cette fois des dieux romains, mais surtout les conflits entrent les dieux et la politique qui tourne autour qui gagne en profondeur, en intérêt et aussi en noirceur. Comme le tome précédent, le fait d’aller en Italie permet de faire varier les lieux visités et découverts, et ainsi d’offrir un nouveau dépaysement au lecteur. En effet que ce soit Rome ou Pompéi chaque lieu apporte son lot d’histoire et de culture revisitées avec panache par les auteurs, sans non plus que cela se révèle imposant ou ennuyeux. Mais le gros intérêt de ce tome vient, sans trop en parler pour éviter de spoiler, de l’hommage qui est fait à des auteurs comme Poul Anderson ou encore H.G. Wells, voir même tout ce qui peut graviter autour du « temps », c’est cette notion qui est véritablement la pierre angulaire, selon moi, de la suite de la série au niveau d’un possible fil rouge et qui vient rebattre les cartes et la vision que l’on avait jusque là de tout cela. On sent bien aussi que les auteurs ne se laissent pas non plus partir dans tous les sens, que de nombreuses recherches ont été menées principalement sur les technologies de l’époque ou encore, comme depuis le début, sur les voitures avec une course-poursuite grandiose à l’Italienne. Oscillant ainsi entre fantasy et science-fiction l’univers prend de plus en plus d’importance et donne clairement envie d’en apprendre plus.

On l’attendait depuis quelques tomes maintenant ; ça y est, Fazimel prend enfin un rôle plus important dans l’intrigue et surtout on en apprend plus sur elle et son passé. Mais parlons d’abord un peu de Lasser, on l’avait laissé à la fin du tome précédent pas totalement remis de trahisons qui l’avaient profondément touché émotionnellement et on se rend compte que dans ce tome il évolue, il va changer. Certes il est toujours ce détective touche à tout, rentre dedans et à la finesse « légendaire », mais il devient plus nuancé et surtout le fait d’avoir le point de vue de son assistante permet aussi de le rendre encore plus humain par certains aspects. Concernant Fazimel, elle se révèle finalement une héroïne à l’opposée de Lasser, plus en réflexion et en nuance, même si elle peut aussi avoir ses « coups de folies ». Son passé qui nous est dévoilé offre, pour peu qu’on y accroche, un nouvel intérêt pour l’héroïne et surtout de nombreuses questions concernant la suite des évènements. Dans tous les cas elle s’impose par ce tome comme un personnage d’importance et se révèle vraiment passionnante à découvrir selon moi. En ce qui concerne les personnages secondaires, le fait de migrer en Italie fait qu’on ne retrouve plus les protagonistes secondaires habituels, renouvelant ainsi un peu les contacts de nos héros et je dois bien avouer que ceux qu’on découvre au cours de ce quatrième tome se révèlent vraiment solides et attrayants à découvrir.

Je reprocherai juste une enquête en première partie peut-être un peu trop « simple », même si ce n’est rien de dérangeant tant elle permet d’introduire la seconde partie qui se révèle intense, ainsi qu’une certaine redondance dans les passages qui suivent Lasser dans la seconde partie. Rien de non plus trop bloquant en tout cas tant j’ai été captivé. La plume à quatre mains fonctionne toujours aussi bien, se révélant fluide, entrainante, efficace et prenante, nous plongeant avec grand plaisir dans les nouvelles aventures de Lasser. Au final un quatrième tome qui quitte la routine des trois premiers pour mieux nous surprendre et qui m’a offert un très bon moment de lecture. Je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce quatrième tome des aventures de Lasser qui propose quelque chose de différent des tomes précédents, mettant aussi en avant le personnage de Fazimel. J’avais un peu peur de tomber dans une routine, mais finalement les auteurs ont réussi à offrir quelque chose de complètement différent, plus dense, plus complexe et plus sombre tout en gardant cette légèreté et en offrant un récit efficace et sans temps mort. L’univers est l’un des gros points forts, mélangeant Fantasy et Science-Fiction habilement, offrant de nombreux hommages et nous faisant découvrir l’Italie. Un univers qui donne envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages on en apprend enfin plus sur la mystérieuse Fazimel, pour le plus grand plaisir du lecteur, tandis que Lasser évolue, change face à certaines révélations et conséquences. Je pourrai reprocher une première enquête un peu simple, et une certaine redondance dans les voyages de Lasser dans la seconde partie, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai été happé. La plume des auteurs est toujours aussi fluide, entrainante et efficace et je lirai sans soucis et avec grand plaisir la suite.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), temps-des-livres, …

Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture

Bardes et Sirènes – Anthologie 2014 des Imaginales dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

bardes et sirènesRésumé : Ensorceleuses précipitant les marins à leur perte, ou symboles d’un amour inaccessible, les sirènes fascinent autant que les abysses dont elles sont issues. Pour ces maîtresses du chant, la rencontre du barde est inévitable ; artisans des mots et de la musique, usés par la route et les tragédies, ils tissent eux même sur le cœur des hommes leurs propres enchantements… Toutes les nuances de la fantasy sont au rendez-vous de Bardes et Sirènes : des racines médiévales du genre à notre époque désenchantée, onze rencontres épiques, émouvantes, drôles ou cruelles vous attendent !

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Depuis 2011 environ j’ai l’habitude de craquer, assez facilement c’est vrai, pour l’anthologie des Imaginales. D’une cela me permet de faire le tour des auteurs présents (d’ailleurs dommage que tous les écrivains au sommaire ne soient pas toujours présents) et de deux elle permet de découvrir une variété de textes, souvent plaisants, sur un thème bien précis. Cette année le thème choisi m’a surpris, j’avoue, il s’agit de Bardes et Sirènes. J’avais donc hâte de découvrir ces différentes nouvelles. Comme l’année dernière cette lecture a bénéficié d’une LC avec Snow et Mariejuliet, aux emplois du temps de Ministres, mais qui c’est révélé très agréable avec de bonnes discussions. À noter que ce recueil comporte au sommaire 11 nouvelles, ainsi qu’un préface qui effectue un peu le bilan de l’anthologie depuis ses débuts ; un passage de flambeau pour les prochains anthologistes .

La Boite à Musique de Carina Rozenfeld : On se retrouve dans cette nouvelle à suivre un barde qui commence à se faire une réputation grâce principalement à sa boite à musique qui reproduit le chant d’une sirène. J’avoue que j’ai trouvé cette nouvelle assez sympathique, nous proposant un récit plutôt efficace et charmant, avec aussi quelques réflexions sur le besoin de l’homme de ne pas reconnaitre le bonheur là où il est, mais plutôt passer son temps à chercher la gloire et la reconnaissance. Dommage que l’ensemble soit peut-être un peu trop gentil, surtout pour la conclusion. Je trouve que cette nouvelle ouvre bien ce recueil, offrant un texte assez doux, agréable et calme.

Plaie Etoilée de Samantha Bailly : Ce texte nous fait découvrir un barde qui possède une drôle de plaie étoilée sur le front. Je suis plutôt mitigé sur ce texte, pourtant dans l’ensemble je l’ai apprécié, mais voilà pour moi il y avait énormément de potentiel que l’auteur ne fait finalement qu’esquisser, comme par exemple cette plaie sur le front ou encore les fameuses « histoires » misent en flacons, l’ensemble aurait pu apporter tellement plus que ça en est légèrement frustrant. Maintenant cela n’empêche pas ce texte de se révéler sympathique à lire, bien rythmé et quand même efficace, amenant le lecteur vers une conclusion certes sans surprise mais intéressante.

Tant que nous Demeurons Ensemble de Yann de Saint-Rat : Cette nouvelle se révèle assez intéressante sur certains points, nous faisant découvrir des sirènes guerrières qui kidnappent régulièrement des humains pour en faire des esclaves ou comme réserve de nourriture. J’avoue que l’idée de transformer les sirènes en monstre guerrier plutôt qu’en tentatrice par leurs charmes ou leurs voix m’a paru intéressant, faisant des humains du bétail apeuré, mais le reste se révèle très (trop) classique j’ai trouvé, avec une conclusion qu’on voit venir dès le début. Un texte tout de même agréable, mais qui, comme les précédents, a du mal à complètement m’emporter et à se dégager.

La Tête de Singe d’Estelle Faye : J’ai énormément apprécié cette nouvelle, sûrement selon moi une des meilleures du recueil, nous proposant de découvrir la fuite d’une jeune fille qui va faire face à de nombreux obstacles. La force du récit est, cette fois, de ne pas mettre le barde et la sirène au milieu de l’intrigue, mais comme simple élément d’évolution pour l’histoire. L’intrigue joue avec le lecteur, l’amenant vers des fausses pistes, des rencontres déroutantes, pour mieux rebondir et happer le lecteur. L’univers mis en place par son aspect mythologique est clairement dense et soigné, avec cette originalité sur les sirènes, et le tout est magnifiquement porté par une plume que j’ai trouvé superbe et sensuelle. Les personnages se révèlent intéressants et surprenants par bien des aspects. Certes l’ensemble reste, sur certains aspects, ouvert, mais je trouve que cela ajoute du charme au récit et à l’imagination. Une nouvelle réussie.

Au Bar des Sirènes de Frédéric Petitjean : J’avoue, je n’ai pas du tout accroché à ce texte. Il nous fait découvrir un barde solitaire dans un univers ou les êtres de légende disparaissent de plus en plus. Le début se révélait pourtant sympathique, proposant une vision du monde féérique pleine d’ironie et de perdition, mais l’ensemble se révèle très rapidement trop simpliste et surtout un peu trop guimauve et rose bonbon à mon goût. De plus j’avoue que certaines réactions de personnages m’ont paru des plus étonnantes et déroutantes. L’univers décrit par l’auteur m’a aussi paru un peu trop surfait, un peu trop cinéma hollywoodien je pense, ce qui n’est pas illogique vu que l’auteur a travaillé sur des séries américaines, mais qui ne m’a pas accroché plus que cela. Dommage.

La Mise en Pièces de Maïa Mazaurette : Comme souvent l’auteur nous propose une nouvelle qui se révèle efficace, entrainante, sanglante, sombre et pleine de surprises et de rebondissements. On suit ici un barde, amant d’une reine sanguinaire et décadente, qui lui conte une histoire sur les sirènes, mais qui est dans l’attente de quelque chose de bien particulier. La tension monte lentement au fil des pages, de l’attente du héros et des révélations qui se dévoilent, pour mieux captiver le lecteur, le dérouter, et même si la conclusion est devinable dans les grandes lignes ça ne l’empêche pas de se révéler percutante et surprenante. La caractérisation des personnages est bien réussie, qu’on les apprécie ou pas on tourne les pages avec envie de savoir ce qui va leurs arriver. Un texte que j’ai trouvé au final très réussi, bien porté par une plume vive et efficace.

Tant qu’il y Aura des Sirènes de Régis Goddyn : Cette nouvelle m’a un peu dérouté par certains aspects et, j’avoue, au final j’en ressors avec un sentiment mitigé même si plutôt positif. En fait j’ai trouvé que les idées sont là avec ce concept de nous présenter les sirènes comme en voie d’extinction dans un monde futuriste qui se délétère, mais voilà la présentation, sur trois lignes temporelles, m’a paru par moment trop brusques, manquant parfois de logique et le style ainsi que la narration m’ont paru par moment un peu trop hachés pour complètement m’accrocher. Au final un texte pas mauvais, plein de potentiel, mélange des genres, avec de bonnes idées et des réflexions intéressantes sur l’écologie, mais qui sur la forme m’a parue un peu trop bancal pour complètement me happer.

Le Chant des Autres de Mélanie Fazi : L’auteur, comme à son habitude, nous propose ici un texte que j’ai trouvé excellent et magnifique. Une nouvelle clairement originale, principalement par sa représentation du barde et de la sirène qui se révèle franchement surprenante, accrocheuse et passionnante dans un univers de fantasy urbaine qui se révèle passionnant et très intéressant à découvrir avec ses règles et ses limitations. Surtout une nouvelle poignante, touchante portée par des personnages qui se révèlent profondément humains avec leurs joies et leurs souffrances, souvent remplis de colère et de douleurs, qui doivent faire des choix. J’ai de nouveau été emporté par la plume poétique, pleine de finesse et sensible de l’auteur. Elle rentre clairement dans les meilleures nouvelles du recueil.

Le Chant du Solstice de Pierre Bordage : On retrouve ici une nouvelle que j’ai trouvé très intéressante, où on découvre un barde en manque d’inspiration, qui doit pourtant effectuer le grand chant du solstice. Mais tout va changer pour lui quand les villageois vont capturer une sirène. Un texte simple et qui se révèle efficace avec son lot de rebondissements et de retournements de situation qui font qu’on tourne les pages pour découvrir la suite même si dans l’ensemble il se révèle assez linéaire. La plume de l’auteur se révèle entrainante et efficace et les personnages offrent leur lots de surprises. Par contre, ce qui dessert un peu cette nouvelle c’est son positionnement dans l’anthologie, elle aurait gagné à être plus vers le début selon moi, et aussi, peut-être, un léger manque de profondeur dans l’ensemble.

Ci-gît mon Cœur d’Anne Fakhouri : Une nouvelle que j’ai trouvé réussie, qui nous propose de découvrir un barde qui par « chevalerie » va se retrouver à aider une sirène dont il est tombé amoureux. Mais tout n’est pas toujours ce que l’on croit. L’ensemble se révèle très bien rythmé, haletant, qui se lit assez facilement, rapidement et avec plaisir, qui happe doucement le lecteur au fil des pages pour lui donner l’envie d’en savoir plus aboutissant alors à une conclusion qui risque d’en surprendre plus d’un tant j’ai trouvé que la révélation finale était inattendue, décalée, cruelle et surtout terriblement efficace. L’ensemble se révèle maîtrisé et bien porté par une plume rythmée et haletante et où les personnages ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent être.

Le Guetteur de Nuages de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans un univers où les nuages sont des ennemis envahisseurs et où un barde utilise son chant pour les faire disparaitre. Mais un jour un nuage différent et beaucoup plus résistant apparait. Un texte qui m’a paru intéressant, vif et entrainant à travers cette possibilité, en méditation, de pénétrer dans les nuages et alors les faire résonner grâce au chant pour les dissoudre. L’idée de la sirène se révèle clairement originales et surprenante. Le texte possède aussi une certaine musicalité qui m’a bien accroché, ainsi qu’une légère dose d’ironie avec ce passage sur la sagesse des anciens et la fougue des plus jeunes. Là où j’ai un peu décroché c’est dans la conclusion, l’auteur ayant pris le parti pris d’offrir une sorte de happy-end, c’est un choix, mais je me dis qu’au vu du récit un final peut être un peu nuancé aurait apporté un plus à l’ensemble. Au final un texte agréable et efficace qui se lit bien.

 

Je dois bien avouer que j’ai trouvée cette cuvée 2014 un peu en dessous que celle des années précédentes. Il y a bien quelques textes qui sortent du lot mais les autres se révèlent soit simplement sympathiques sans être vraiment marquants, soit ne m’ont pas complètement accroché. Il faut aussi dire que le sujet était peut-être un peu particulier, pas obligatoirement le premier qu’on pense en parlant Imaginaire. Alors attention la lecture de ce recueil se révèle tout de même agréable et m’a aussi permis de découvrir de nouvelles plumes, juste que dans l’ensemble je l’ai trouvé un petit peu moins accrocheuse que les années précédentes.

En Résumé : J’avoue que j’avais hâte de voir ce que la cuvée 2014 allait bien proposer avec ce sujet sur Bardes et Sirènes, mais voilà, une fois la dernière nouvelle terminée je dois bien avouer que je l’ai trouvé légèrement en-dessous des années précédentes. Alors attention l’anthologie ne se révèle pas mauvaise pour autant et se révèle agréable à lire, avec quand même la présence de quelques textes qui sortent franchement du lot, mais le reste se révèle soit juste sympathique sans non plus être très marquant, soit ne m’ont pas complètement accroché malgré la variation d’idées sur le sujet. Cela vient peut-être aussi justement du choix du sujet. Cela ne m’empêchera de faire entrer dans ma PAL l’anthologie l’année prochaine.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Les avis de mes collègues de LC : Snow, Marijuliet.

Lasser, Mystère en Atlantide – Sylvie Miller & Philippe Ward

lasser mystère en atlantideRésumé : 1936, Le Caire. « Nom de Zeus ! » C’est ce que pourrait s’écrier Jean-Philippe lasser lorsque le roi des dieux grecs vient l’engager pour retrouver l’Atlantide. Mais comment localiser un continent disparu depuis trois mille ans ? Les dieux eux-mêmes ignorent son emplacement !
Troquant sa panoplie de détective contre celle d’aventurier, Lasser se lance dans cette quête impossible. Dans son périple l’accompagnent un mystérieux professeur d’archéologie, un djinn malicieux et un chat… qui déteste autant l’eau que lui. Ensemble, ils vont voyager hors de l’Égypte, à travers la Mare Nostrum, et même au-delà…
Entre découvertes, tempêtes, émotions fortes et révélations, le détective découvrira que l’amitié peut prendre d’autres dimensions.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Après deux premiers tomes qui m’avaient offert une lecture vraiment agréable et divertissante avec des histoires pleines d’action, mélangeant humanité et divinité de façon humoristique, le tout sans temps morts (ma chronique du Tome 1, Tome 2), j’avais hâte de découvrir la suite. Certes ce n’est pas le cycle le plus dense et le plus exceptionnel qui soit, mais ça se lit tellement bien et on s’attache tellement aux personnages que ce troisième tome n’a pas mis longtemps pour finir entre mes mains, qui plus est dédicacé à Zone Franche. Concernant la couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, elle est vraiment sympathique, mais je la trouve un léger ton en dessous des précédentes.

Ce tome va mener notre héros dans une nouvelle enquête, et pas n’importe laquelle, car il s’agit pour lui de retrouver l’Atlantide. Rien que ça. Alors certes autant le dire tout de suite, l’intrigue en elle-même ne révolutionnera pas le genre, l’Atlantide ayant déjà été traité de toutes les façons possibles et inimaginables, mais cela n’empêche finalement pas l’histoire de se révéler toujours aussi entrainante, efficace et bien construite. On se laisse de nouveau facilement porter par les aventures de nos héros pleines d’entrains, de rebondissements et qui fait que le lecteur tourne les pages très facilement et le tout sans trop se prendre la tête. Le rythme est entrainant et parfaitement maîtrisé par les auteurs. Le récit va aussi se révéler plus sombre, plus rude, qui va pousser nos héros parfois à faire des choix pas toujours faciles et on va aussi les retrouver dans des situations qui ne vont pas toujours les laisser indemnes. L’humour est aussi une des composantes qui fait que la lecture est plaisante, le mélange action-humour rendant l’ensemble vraiment vif et incisif.

L’autre aspect intéressant c’est que les auteurs font justement évoluer leurs histoires, ils cherchent ainsi à éviter les répétitions, par exemple dans ce tome ils ont décidé de laisser un peu de côté les dieux Égyptiens pour mettre plus en avant les dieux Grecs, Zeus étant le commanditaire de l’enquête de Lasser. L’univers développé offre donc alors de nouveaux développement, notre héros devant voyager dans toutes la Mare Nostrum (qui est le bassin méditerranéen) et plus principalement la Grèce, la Crète et les îles autour, ce qui dépayse grandement le lecteur devant ces nouveaux lieux et ces nouveaux paysages souvent ensoleillés et magnifiques. On découvre aussi de nouveaux dieux et demi-dieux ainsi que le minotaures, aspect vraiment intéressant et qui permet de densifier un peu plus la mythologie déjà existante, surtout que les auteurs ne laissent rien au hasard et on sent bien derrière que des recherches ont été effectuées. D’ailleurs pas que sur les dieux, ils aiment aussi toujours autant les voitures. Mon seul léger regret est peut-être qu’on découvre l’Atlantide trop peu de temps malgré tout son potentiel, mais bon là je chipote.

Alors après, bien entendu, on retrouve aussi un peu, ce que je considère comme, les mêmes défauts que les tomes précédents, car vu que le récit privilégie le rythme tendu et sans temps morts, certains rebondissements se révèlent un peu rapides et parfois même sans véritables surprises ; le lecteur les devinant quelques pages avant. Par contre, cette fois les personnages rencontrés par Lasser au cours de son enquête se révèlent légèrement plus nuancés, on devine quand même assez rapidement de quels côtés ils sont, mais quelques trahisons vont venir gêner notre héros. Mais voilà malgré ces quelques points ce tome se lit avec toujours autant de plaisir, facilement et remplit parfaitement son rôle de page-turner divertissant et plus qu’agréable. Un récit à lire, pourquoi pas, entre deux romans denses permettant ainsi de s’amuser sans se prendre la tête. Sur ce point-là le pari est parfaitement réussi.

Concernant les personnages ils se révèlent toujours aussi intéressants à suivre et surtout notre héros continue d’évoluer. Certes Lasser est toujours le détective, looser, bien porté par ses amis et efficace quand il faut, mais il devient aussi de plus en plus humain au fil des tomes, surtout depuis sa rencontre avec Médée dans le tome précédent qui l’a bouleversé. Dans ce tome il est un peu en transition, tentant d’avancer en oubliant, tout sachant qu’il a finalement changé et la conclusion ne va pas le laisser indemne. Les autres personnages sont toujours aussi efficaces que ce soit le chat Ouabbou, même s’il agit moins, le djinn Amr ou bien de nouveaux protagonistes qui viennent apporter du punch tel que Gabian. Les dieux sont toujours aussi captivants à découvrir par leur représentation ; imbus des humains et pourtant finalement si proche d’eux. Des êtres puissants qui n’hésitent pas à se servir de leurs pouvoirs et qui pourtant ne peuvent pas vivre sans les hommes. Je regrette juste que Fazimel se retrouve légèrement en retrait dans ce tome et de ne pas avoir croisé Seth. D’ailleurs parlant de Fazimel, elle continue à m’intriguer et j’espère en apprendre plus sur elle prochainement.

La plume des auteurs se révèlent toujours aussi vive, entrainante et captivante, nous plongeant dans un monde coloré, détaillé et soigné à travers des descriptions accrocheuses et où rien n’est laissé au hasard. Ils gèrent leur histoire de façon efficace, sachant jouer de façon intelligente avec les rebondissements et les surprises. Le mélange entre aventure, action, mythologie et humour se révèle toujours aussi réussi et prenant. Un troisième tome qui confirme tout le bien que je pensais de ce cycle, faisant passer au lecteur un bon moment divertissant malgré quelques faiblesses et quelques facilités. Je lirai le quatrième tome avec plaisir pour retrouver nos héros et leurs aventures.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce troisième tome qui offre une intrigue toujours aussi efficace, sans temps morts et pleine de rebondissements et de surprises. Les auteurs arrivent à se renouveler au fil des tomes, cette fois en mettant un peu de côté les dieux Égyptiens pour mettre en avant les dieux Grecs ce qui permet ainsi de densifier cet univers toujours aussi intéressant, soigné et qui donne envie d’être découvert. Dommage par contre qu’on ne découvre que si peu de temps la cité de l’Atlantide. Les personnages sont toujours aussi attachants et efficaces, même si je suis légèrement frustré que Fazimel et Seth soient en retrait de cette histoire, mais rien de bien gênant et, qui plus est, compensé par de nouveaux personnages secondaires surprenants. La plume des auteurs est toujours aussi vive et entrainante plongeant avec facilité le lecteur dans cette histoire. Je regrette juste de nouveau certaines facilités dans la résolution de rebondissements qu’on voit parfois arriver rapidement et certaines grosses ficelles facilement devinables, mais rien de non plus bloquant tant l’histoire se révèle divertissante et sans prise de tête. Un page-turner très efficace. Je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Lasser, Mariage à L’Egyptienne – Sylvie Miller & Philippe Ward

Lasser-mariage-a-l-egyptienne Résumé : 1935, Le Caire. Enfin ! Jean-Philippe Lasser vient de décrocher le jackpot, l’affaire qui lui vaudra la Une des journaux… ou la rubrique nécrologique.
Le mariage inédit qui doit rapprocher dieux grecs et égyptiens risque de prendre une fâcheuse tournure : la future mariée a disparu ! Fugue ? Enlèvement ? Complot ? Si la promise ne réapparaît pas très vite, le vin de noces pourrait bien tourner au vinaigre. Armé de son intuition et de son pur malt, Lasser plonge au coeur des intrigues divines, où mensonge et trahison sont la règle. Le compte à rebours est lancé : le détective des dieux n’a pas le droit à l’erreur, et encore moins de tomber amoureux…

Edition : Critic

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que le premier tome des aventures de Lasser, détective privé, m’avait convaincu en offrant une histoire fun, sans temps morts, pleine d’humour et avec des personnages hauts en couleurs malgré quelques facilités et simplicités (ma chronique ici). J’avais donc hâte de savoir ce que pouvait proposer les auteurs avec ce second tome. Par conséquent, lors du festival Trolls & Légendes, je n’ai pas attendu longtemps avant de repartir avec mon exemplaire de ce Mariage à L’Egyptienne. À noter que je trouve la couverture, toujours illustrée par Ronan Toulhoat, vraiment réussie.

Changement de style avec ce roman, car Lasser n’aura pas plusieurs petites enquêtes, mais une seule, et quelle enquête, car il va devoir retrouver la future femme de Horus. De nouveau on rentre
facilement, dès les premières pages, dans cette histoire qui récupère les qualités que possédait le premier tome, c’est-à-dire une histoire vive, efficace où le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment et prends du bon temps le tout possédant un humour efficace et plein de fraicheur. Pourtant, cette intrigue va se révéler, un peu plus sombre que les précédentes et va amener notre enquêteur préféré dans des situations toutes plus inextricables les unes que les autres, le pousser dans ses derniers retranchements. C’est donc avec grand plaisir qu’on se laisse emporter par cette histoire et cette enquête unique, le lecteur ne s’ennuyant jamais vraiment devant les rebondissements et les retournements de situation parfaitement maîtrisés et tourne les pages avec un plaisir certain.

L’univers mis en place par les auteurs est toujours aussi intéressant, l’idée de placer les dieux aux côtés des hommes avec tous les avantages et les conséquences que ça peut avoir, mais aussi de la traiter un peu à la façon Jet Set apporte clairement son lot de surprise et de situations cocasses qui font que le lecteur ne manque jamais de s’ennuyer à travers ce ton léger et plaisant. L’univers des années 30 colle parfaitement bien avec ces dieux qui se la jouent parfois un peu mafieux, mais aussi du point de vue de la construction de l’histoire avec l’archétype du détective privé qui doit mener l’enquête. Les auteurs continuent aussi à développer les mythologies, car, en plus des divinités égyptiennes, on retrouve aussi des divinités grecques et gauloises, ce qui permet ainsi d’agrandir et d’approfondir un peu plus l’univers. Notre héros va aussi quitter le Caire et ses environs et commence donc à découvrir un peu plus de ce monde, un monde mélange de magie et normalité, et qui se révèle vraiment convivial et intéressant.

Mais voilà, comme je l’ai dit, j’ai retrouvé le même plaisir à lire ce livre que le premier tome, mais j’y ai aussi retrouvé quand même certains des défauts qui marquaient le volume précédent. Certains rebondissements sont, à mon avis, résolus trop rapidement, chaque chapitre ayant quasiment son problème et sa résolution dans la foulée, ce qui est dommage. De plus Lasser arrive toujours à trouver la bonne personne qui débloque la solution en quelques pages, que ce soit un ami ou l’ami d’un ami ils apportent toujours la réponse au problème mais surtout ils viennent l’aider de bon coeur sans parfois même le connaitre ou remettre en cause ses motivations. Ce qui n’empêche clairement pas ce livre d’apporter son lot de surprises et de sensations fortes avec un rythme soutenu tout du long, mais voilà le fait de résoudre tout trop rapidement, et parfois avec simplicité, provoque une légère frustration du lecteur. Un roman qui, en tout cas, remplit bien son rôle de divertissement.

Concernant les personnages, on s’accroche toujours aussi rapidement à eux et on retrouve avec plaisir tous les personnages rencontrés dans le premier tome ainsi que des nouveaux qui se révèlent toujours aussi truculents et efficaces. Lasser entre parfaitement dans l’archétype du détective efficace, mais un peu looser qui ne cherche qu’à profiter pleinement de la vie sans soucier des autres, même si parfois il tombe un peu trop dans la caricature. Fazimel est toujours aussi efficace et, clairement, on a envie d’en savoir plus sur elle, car elle a l’air d’être bien plus qu’une simple réceptionniste. On retrouve aussi avec grand plaisir le chat Ouabbou qui vient apporter à notre enquêteur sa dose d’efficacité, de logique et d’humour. Ajouter à cela un panel de
personnages secondaires tous plus efficaces les uns que les autres, ce qui rend chaque personnage intéressant à découvrir, même ces dieux imbu de leurs personnes. Par contre, je n’ai pas accroché plus que cela sur la relation entre Lasser et Médée, car, malgré le côté sulfureux de l’héroïne qui colle parfaitement à l’univers, je suis resté assez distant vis-à-vis de ses sentiments qu’on essaye de nous vendre, l’impression que cette relation se basait plus sur le côté physique et charnel sans sentiments que sur un amour cohérent.

La plume des auteurs est toujours aussi vive, efficace et prenante tout au long de ce roman ce qui fait qu’on se laisse donc facilement emporter dans ces aventures. Le mélange entre humour, action et univers des années 30 se marie parfaitement et offre une aventure efficace et des plus divertissante. J’attendais beaucoup de ce roman qui offrait une enquête unique, et je dois dire que j’y ai retrouvé le même plaisir de lecture et le même divertissement que le premier tome, même si on y retrouve aussi les mêmes défauts et les mêmes facilités. Dans tous les cas je lirai le troisième tome des aventures de Lasser avec un grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce second tome des aventures de Lasser qui nous offrait sa première grosse enquête au héros. L’histoire se révèle toujours aussi efficace, vive et captivante et on tourne les pages avec plaisir même si les rebondissements sont parfois traités avec un peu de trop de facilité et que le héros tombe toujours sur la bonne personne au bon moment, ce qui est légèrement dommage. L’univers mis en avant est toujours aussi vaste et intéressant à découvrir et les personnages sont toujours aussi attachants et soigné apportant leurs lots de caractères différents. Par contre, j’avoue, je suis resté de marbre concernant la relation ambigu entre Lasser et Médée. Concernant la plume des auteurs elle est toujours aussi vive, efficace et captivante et nous plonge facilement dans l’histoire. Au final un second tome plus qu’efficace, qui se lit avec toujours autant de plaisir malgré parfois sa simplicité et ses facilités et je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

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