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Terre de Héros Tome 3, Jusqu’à l’Âme – Richard Morgan

jusqu'a l'ameRésumé : Cap vers les lointaines îles du Nord, à la recherche de la légendaire cité d’An-Kirilnar, réputée pour flotter au-dessus des eaux. Mais cette quête impossible en vaut-elle la peine ? Est-elle digne des trois parias héroïques, Ringil, Egar et Archeth, bien décidés à se réapproprier leur destin ? Dans les îles grises et désolées, le mystère s’épaissit : on murmure que la tombe du changeling est partout et nulle part. Tout comme la fantomatique ville d’An-Kirilnar…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a maintenant quelques années, je me suis lancé dans cette trilogie de Fantasy. Richard Morgan n’est pas un inconnu car, avant de se lancer dans ce cycle, il a écrit la trilogie sur Takeshi Kovacs (qui devrait d’ailleurs être adapté à la TV) ainsi que Black Man, qui m’avaient offert de très bons moments de lecture. Son lancement dans la Fantasy avec  ce Terre de Héros, ne m’a pour l’instant pas autant convaincu. L’ensemble reste assez bon, mais je n’y retrouve pas le succès que je lui ai trouvé en SF tant l’auteur cherchait à trop en faire (ma chronique du Tome 1, du Tome 2). Concernant la couverture, toujours illustrée par Jon Sullivan, elle reste dans les mêmes tons que les précédentes et s’avère sympathique.

Ce troisième tome nous plonge ainsi quelques mois après la fin du précédent, nos héros s’étant lancé dans une grande quête pour trouver la tombe du Changeling ainsi que la cité Kiriath. Sauf que voilà, rien ne se passe comme prévues tant les reliques paraissent introuvables et les relations entre l’Empire et Le Ligue sont en train de se refroidir. Déjà, premier point, replonger dans cet univers longtemps après ma lecture des deux premiers tomes c’est finalement révélé assez facile. Ceci est en grande partie dû à la capacité de l’auteur a nous immerger aisément dans son récit, tout en offrant des rappels des tomes précédents qui sont les bienvenus et sont très bien amenés restant brefs et ne se révélant pas trop lourd ou trop long, surtout pour ceux qui liraient les trois romans à la suite. Ensuite, pour situer l’ensemble pour ceux qui n’auraient pas lu ce cycle, l’auteur nous propose un roman de Fantasy très sombre, violente, épique et dont l’auteur cherche à casser les codes pour proposer quelque chose de différent. Le cycle étant maintenant terminé on peut donc faire le bilan de cette envie de changement et, je dois bien avouer, j’ai trouvé cette trilogie plutôt bonne.

Alors clairement, elle n’est pas non plus parfaite possédant tout de même quelques défauts, comme la proportion de l’auteur dans les premiers tomes à trop vouloir en faire, à tomber dans quelques longueurs voir dans des scènes inutiles. Concernant ce troisième tome, je l’ai trouvé encore un chouïa plus abouti que le précédent tant il faut dire que toutes les pièces se mettent maintenant en place, les révélations se font et dévoilent le puzzle sur cet univers et les manipulations qui s’y organisent. La narration mise en place permet ainsi de suivre deux « quêtes » celle de Ringil, mais aussi celle de Egar le tueur de Dragon et Archeth permettant ainsi de croiser les récits évitant, je trouve, les « trous d’air ». De cette façon quand les passages sont plus explicatifs pour l’une, l’autre offre des moments plus nerveux, ce qui fait, je trouve, qu’on tourne assez facilement les pages pour en apprendre plus sans jamais s’ennuyer. Attention, ce roman n’est en rien non plus un récit totalement épique et bourré de combats, il sait prendre son temps quand il faut pour poser son intrigue, son  univers et ses héros, mais il possède un rythme que j’ai trouvé entraînant. L’auteur donne clairement l’impression sur sa trilogie de prendre les « clichés » de la Fantasy (dragons, sorciers, épées magiques, élus, …) et de vouloir leur offrir une voie complètement différente. J’avoue qu’il le réussie en grande partie, je ne dis pas qu’il nous offre que des idées révolutionnaires et originales, d’autres ont déjà offerts ce genre d’idées, mais voilà ce cycle est clairement différent de ce qui se fait, je trouve, en Fantasy actuellement. Je répète, il n’est pas le seul, ne vous lancez pas dans ce cycle en vous disant que ça va complètement bouleverser votre vision du genre non plus, mais avec tout de même de bonnes idées.

Pour l’univers on retrouve ce qui faisait la force des deux premiers tome, ce monde sombre, brutal, sauvage, violent, où il faut se battre pour gagner sa place. L’auteur continue aussi à tenter de nous offrir quelque-chose qui mélange les genres entre Fantasy, fantastique, SF, on découvre ainsi un monde qui surprend, dérange et ne se laisse pas appréhender si facilement, l’auteur s’amusant à nous en offrir les clés au compte goutte. Surtout que c’est dans ce troisième tome qu’il se dévoile enfin, qu’on en apprend alors plus sur les dieux de la cour sombre, sur la source, sur les Dwendas ou bien aussi sur les Kiriath qui ont perdu de leur superbe, se révélant eux aussi ambigu dans les choix qu’ils ont fait. Les terres grises deviennent aussi plus familières au fil des pages. Ce mélange est, pour moi, l’un des gros points fort du roman, lui permettant d’offrir quelque chose de captivant et, d’une certaine façon, accrocheur. Alors après il n’est pas l’univers le plus novateur qui soit dans le genre, même s’il possède de quelques concepts que j’ai trouvé originaux, mais voilà l’auteur nous propose tellement d’idées et les rend tellement percutantes que j’ai rapidement accroché. Le tout aboutissant à un final explosif, aux réponses surprenantes. Les enjeux politiques de chacun prennent aussi de l’ampleur, dévoilant des schémas complexes, denses et intrigants, où chacun possède sa propre vision et surtout ses propres convictions. Après on pourrait reprocher à l’auteur un aspect un peu minimaliste dans la « peinture » de son monde, le travail de description est assez minimaliste, posant le décor souvent sombre et angoissant, mais n’allant pas obligatoirement plus loin. Si vous aimez la Fantasy pour ses cartes et ses descriptions, ici vous risquez d’être déçu.

Concernant les personnages, on y retrouve là aussi la patte de l’auteur, principalement dans la construction de héros où y voit toujours autant cette grandeur et cette décadence. Chacun d’entre eux marque le lecteur par leurs ambivalences, leurs nostalgies, leurs mélancolies, leurs charismes, leurs forces, leurs faiblesses. Il est très difficile de les caractériser, tant ils savent à la fois s’imposer et se faire haïr par leurs actes, allant de l’héroïque aux actes les plus excessifs possibles, le tout poussé très loin. Que ce soit Ringil, notre héros blasé qui sait qu’il ne sera jamais rien d’autre qu’un guerrier, ne sachant rien faire d’autre et qui se plonge à corps et à cris dans cette quête où il est manipulé par tous, Egar le tueur de Dragon qui ne reconnait plus ce monde où les traditions et l’honneur se perd, ou bien encore Archeth, moitié Kiriath, abandonnée par eux qui se morfond sur elle-même mais qui va trouver ici une quête et une échappatoire. Chacun cherche la meilleure conclusion à son histoire et ils risquent de la trouver. Que ce soit les personnages principaux ou secondaires il est impossible de complètement les détester, tant on peut comprendre leurs motivations, ne tombant ainsi jamais dans le héros immaculé ou le méchant très méchant. Je suis par contre légèrement frustré que certains personnages découverts dans les tomes précédent ne soient que très peu présents dans ce dernier tome, ou que certains ne soient pas plus développés, mais bon rien de bien gênant.

Après avoir lu tout ça vous pourriez croire que ce roman est excellent, pourtant des points m’ont tout de même dérangé. Déjà, si vous avez lu mes chroniques des tomes précédents, vous savez que l’auteur cherchait par moment à trop en faire laissant de côté son intrigue pour le côté rude et percutant. Je ne sais pas si l’auteur s’en est rendu compte ou si c’était prévu comme cela initialement, mais ce troisième tome a l’effet inverse, l’auteur offre beaucoup trop de révélations sur son intrigue. J’ai eu parfois l’impression que cette densité offrait à l’ensemble un côté un peu brouillon et surtout certaines paraissent ne pas aboutir. Ce n’est pas bloquant mais une gestion des révélations sur la durée des trois tomes aurait franchement rendu l’ensemble plus fluide. Ensuite, comme je l’ai dit, l’auteur sépare son intrigue en deux qui forment deux « histoires » qui ne se rejoignent pas vraiment et même si les deux sont intéressantes j’ai trouvé que celle sur Ringil accroche plus et éclipse même parfois l’autre fil rouge. Surtout que la fin concernant Archetch reste très ouverte, c’est à chacun de se faire sa propre conclusion. J’adore les fins ouvertes, je considère qu’une conclusion ne peut jamais en être une, mais cela pourra en surprendre plus d’un. Autre point, le récit possède quelques longueurs qui se font ressentir et il use parfois de simplicité. Enfin, aspect qui se retrouve dans les trois tomes et dont je n’avais pas encore parlé, la proportion parfois un peu exagéré de l’auteur de tomber dans le « graveleux ». Je ne parle pas des scènes de sexe directes, dont l’auteur c’est un peu calmé ici, mais plus des dialogues ou les insultes qui fusent un peu trop facilement. Rien de non plus trop dérangeant je dirais, mais il faut le savoir. Je vais quand même m’arrêter là dans ma chronique, sinon on n’est pas sorti.

La plume de l’auteur est toujours aussi brutale, incisive, captivante et nous emporte aisément dans ce troisième tome. Alors je pense clairement que ma lecture des trois tomes sur plus de trois ans (j’avais relu le premier à la sortie du second), fait que j’ai pu passer à côté de certains points tant ce dernier tome vient remettre en perspective les deux premiers. Il faudrait sûrement un jour que je relise les trois d’affilés. Maintenant, concernant le cycle, est-ce que Richard Morgan a réussi son pari d’offrir quelque chose de différent? Je dirai oui et non, oui car les idées sont là, l’auteur les développe de façon très intéressantes et efficaces même si parfois mal amenés et que les personnages sont plus que convaincants dans leurs rôles désabusés, en partie non car l’auteur en fait trop, ayant sûrement cette idée en tête que la Fantasy est trop « gentille » et que donc il fallait aller à l’inverse, tombant un peu trop dans la facilité et le gratuit. Au final j’ai bien aimé ce troisième tome ainsi que le cycle dans son ensemble, mais selon moi il aurait pu être encore plus que cela.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce troisième qui, je trouve, est le plus abouti de la trilogie. On y retrouve cette intrigue sombre, violente, qui dévoile enfin toutes ses manipulations et ses trahisons et nous happe assez facilement. L’ensemble est bien porté par un rythme plutôt efficace qui, sans non plus se diriger vers l’action à tout va, offre quelques passages héroïques et flamboyants tout en développant une histoire pleine de surprises. L’auteur continue à développer son univers s’avérant toujours aussi noir et percutant et surtout mélange de genres qui le rend différent. Les personnages sont franchement fascinants à découvrir, loin de tout manichéismes, oscillant entre héros charismatiques et enfoirés de premières, bien porté par des personnages secondaires intéressants. Chacun cherche ainsi à se retrouver, se découvrir. Je regrette par contre que certains ne soient pas plus développés. Alors après tout n’est pas parfait, l’auteur en fait peut-être un peu trop dans les révélations ce qui rend parfois certains passages brouillons ou tombant à plat, les deux histoires n’ont pas, je trouve, le même impact sur le lecteur et en plus gardent une fin très ouverte qui pourrait en déranger plus d’un. De plus quelques longueurs se font ressentir et l’auteur abuse parfois un peu du langage familier. Rien de non plus complètement bloquant, mais qui empêche la lecture d’offrir tout son potentiel. La plume de l’auteur est incisive; fluide et prenante et happe assez facilement le lecteur. Au final un bon troisième tome qui vient clôturer ce cycle de façon efficace j’ai trouvé.

 

Ma Note : 7,5/10

Terre de Héros Tome 2, À Pierre Fendre – Richard Morgan

a-pierre-fendreRésumé :Ringil fuit son passé, la famille qui l’a renié, et les magnats du commerce d’esclaves qui veulent sa peau. Il n’a plus qu’un endroit où se réfugier : Yhelteth, coeur de l’empire du Sud. Il y trouve asile auprès d’Archeth, une ancienne soeur d’armes, désormais haute conseillère de l’empereur.

Mais celle-ci a ses propres problèmes, et Ringil se retrouve impliqué dans des allégeances douteuses. Personne ne le sait encore, mais la cité est sur le point d’exploser…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Après un premier tome qui se révélait sympathique, ne manquant pas de qualité et qui cherchait à sortir des classiques de la fantasy, mais dont l’auteur avait du mal à vraiment gérer le rythme et se laissait parfois aller un peu trop à la gratuité de violence et de sexe (ma chronique ici), j’avais envie de savoir ce que pouvait bien nous proposer l’auteur pour cette suite. Je trouve la couverture, illustrée par Jon Sullivan, sympathique et fidèle à l’univers. Par contre, à noter que le changement de traducteur n’a pas, selon moi, été bénéfique, certaines phrases manquant clairement de sens, ce qui est vraiment dommage.

On sent que l’auteur commence à prendre ces marques avec ce second tome, que ce soit avec la fantasy ou encore son histoire. En effet on sent que le déroulement de l’intrigue est mieux maîtrisé et moins volatile que dans le premier tome. L’histoire suit un véritable fil conducteur qui se révèle vraiment efficace et prenant, avec des axes de réflexions parfois intéressants sur la vengeance, soi-même ou encore l’esclavage. L’auteur continue aussi à apporter sa propre vision de la fantasy tout au long des pages, prenant les codes classiques du genre pour les remanier à sa sauce, voir les modifiants complètement, ce qui se révèle vraiment intéressant. Mais surtout l’auteur s’est enfin rendu compte que le sexe ou la violence gratuite desservait plus qu’autre chose son premier tome, ce qui n’empêche pas d’en retrouver dans ce second tome, mais pas de façon gratuite, elle apporte quelque chose au récit et à la compréhension des héros, à leurs changements et leurs évolutions.

Alors tout n’est pas encore non plus parfait dans ce second tome, déjà le début met peut-être un peu de temps pour se mettre en place, il faut dire qu’on retrouve nos personnages un an après la fin du premier tome, rien de dérangeant, mais surprenant. On se sent un peu perdu, surtout que l’auteur évite l’omniscience dans son récit pour garder quelques surprises sur les façons dont ont évolués les personnages durant cette année, ce qui est intéressant, mais fait qu’on met parfois un peu de temps à se resituer dans ce récit. De plus on sent tout de même que ce second tome est pour l’auteur un tome de transition, car même si l’intrigue se révèle plus dense, plus complexe et plus soignée que le premier tome l’auteur prend parfois un peu son temps et surtout offre plus de questions que de réponses. Et pourtant je me suis senti happé par ce second tome plus cohérent, offrant pas mal d’action, de stratégies et de trahisons, un tome sans temps morts qui aboutit à une conclusion vraiment surprenante et qui appelle à lire la suite.

L’univers mis en place par l’auteur parait, comme dans le premier tome, classique mais quand on creuse un peu on se rend rapidement compte qu’il ne manque, ni d’intérêt, ni d’originalité, on sent que l’auteur a vraiment voulu nous proposer quelque chose de différent de ce qu’on rencontre d’habitude en Fantasy. On retrouve vraiment une sorte de mélange de fantasy sombre, violente, noire, mais le tout est saupoudré de fantastique voir même de SF, que ce soit à travers les dwendas ou encore les lieux gris. Ce mélange peut aussi bien passionner le lecteur que complètement le dérouter, moi j’avoue j’ai vraiment accroché à ce monde. L’auteur continue aussi à nous présenter les dieux de la Cour Sombre, des dieux encore très mystérieux mais qui ne manquent pas d’intérêt, jouant avec les humains comme des poupées et qui soulèvent pas mal de questions dont j’espère trouver les réponses dans le troisième tome. Un univers toujours aussi sombre, violent et cynique que le premier tome, mais qui se révèle moins étouffant et angoissant que ce que proposait l’auteur dans le premier tome, on a plus envie de lâcher ce tome pour respirer, l’auteur a enfin réussi à trouver l’équilibre.

Les personnages ont eux aussi gagnés en densité et en complexité dans ce tome. Ce sont toujours des héros à la gloire passée, des héros qui avec l’âge s’épuisent mais surtout deviennent de plus en plus cyniques et posent un regard pas toujours très tendre sur le monde, l’humanité et son évolution, des hommes qui ne peuvent vivre sans la haine et la guerre. Rignil est vraiment le personnage qui pour moi a le plus changé dans ce tome, il est devenu plus sombre, plus acerbe, mais surtout il a vraiment gagné un charisme qui l’impose à chaque rencontre dans le roman. Archeth elle aussi se révèle intéressante à suivre, à découvrir au fil des pages, car autant Ringil et Egar apporte le côté guerrier, violent et sanglant, autant elle apporte plus le côté manipulation par sa présence à la cour de l’Empereur. Egar, notre troisième héros, se révèle sympa aussi à suivre mais, je trouve, a du mal à évoluer par rapporte au premier tome restant le guerrier bersek un peu rouillé mais classique. Mais un personnage que j’ai trouvé vraiment intéressant c’est Jhiral, l’Empereur, mélange entre intelligence et folie, qui se révèle vraiment intéressant à découvrir.

Le style de l’auteur est toujours aussi incisif, voilent et efficace, il arrive vraiment à nous emporter dans ce second tome, qui n’est pas encore parfait, mais se révèle vraiment plus dense, complexe et soigné que ce que pouvait proposer premier. Cela vient peut être du fait que l’auteur n’a plus besoin de nous présenter ces personnages et son univers, en tout cas un second tome qui nous offre une conclusion pleine d’intensité, de surprises et qui donne vraiment envie de lire le troisième tome. L’auteur a cette fois pleinement réussi à me convaincre, et même si je trouve qu’on n’est pas encore au niveau de ce que peut proposer l’auteur en SF, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture avec ce Tome.

En Résumé : Un second tome qui se révèle vraiment un cran au-dessus du premier et qui m’a fait passer un bon moment de lecture. L’intrigue de ce second tome évite de s’éparpiller dans plusieurs directions et se révèle vraiment dense et complexe, entrainant le lecteur sans temps mort dans une histoire vraiment captivante malgré un début un peu long à se mettre en place et quelques longueurs en milieu de récit. L’univers continue à se développer et à dévoiler son originalité mélange de Fantasy, Fantastique et SF. Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre et se révèle vraiment denses, complexes et travaillés. Des personnages cyniques, des héros à la gloire perdue qui posent un regard sur le monde vraiment intéressant. Le style de l’auteur se révèle toujours aussi incisif et prenant et nous plonge vraiment dans cette histoire efficace et pleine d’action. Dommage que ce soit un tome de transition ce qui se ressent parfois un peu tant les questions s’accumulent, mais rien de vraiment dérangeant, car je lirai le troisième tome avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Terre de Héros Tome 1, Rien Que L’Acier – Richard Morgan

rien que l'acierRésumé : Il y a dix ans, l’alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé les terribles Écailleux. Qui se souvient maintenant des héros de cette guerre ?
Ringil vit en exil, rejeté par sa famille. Mais pour sa cousine Shérin, vendue comme esclave, il décroche son épée et retourne sur les lieux d’un passé qu’il avait tout fait pour oublier.
Dame Archeth, dernière représentante d’un peuple disparu, est la conseillère d’un empereur décadent qu’elle abhorre. Elle seule soupçonne qu’une terrible menace point aux frontières de l’empire.
Egar le Tueur de Dragons est un nomade des steppes, revenu de la guerre auréolé de triomphe. Une gloire aujourd’hui bien émoussée dans un monde qu’Egar ne reconnaît plus.
Ces trois-là ont tout perdu. Sauf peut-être la bataille qui les attend, héroïque et désespérée…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Richard Morgan n’est plus vraiment à présenter, surtout si vous aimez la SF, auteur de la trilogie Takeshi kovacs ainsi que du roman Black Man voilà que l’auteur décide de se lancer dans une trilogie de fantasy dont voilà le premier tome, Rien Que L’Acier. Il s’agit pour moi d’une relecture, ayant déjà lu ce livre au moment de sa sortie, mais vu que la suite vient juste de paraitre il y a quelques mois j’ai décidé de relire ce premier tome. A noter que la couverture, illustrée par Jean-Sebastien Rossbach, colle bien à l’univers et se révèle vraiment sympathique.

Il faut bien l’avouer ce roman démarre fort, on rentre tout de suite dans l’action et dans la découverte d’un des personnages principaux, Ringil qui ne manque pas de cynisme. Pas de temps mort dans cette introduction pleine d’action. Puis petit à petit l’histoire se met en place, les personnages sont présentés et on se rend vite compte que l’auteur a décidé d’offrir quelque chose de différent en Fantasy, déjà deux des héros sont gays et on est loin des héros flamboyants, leurs heures de gloires sont passés et ils posent un regard différent sur le monde. Mais voilà il ne suffit pas de casser les codes de la Fantasy pour obtenir un excellent livre, car, même si l’histoire se révèle sympathique, l’auteur se perd parois un peu dans ses envies de changement, de bouleversement. L’histoire tient bien la route, se révèle sombre, sanglante, pleine d’action et efficace elle reste assez linéaire et la multiplication des personnages principaux, ce que n’a jamais fait l’auteur dans ses livres SF, empêche certains effets de surprises.

L’auteur possède pas mal d’idées intéressantes tout au long de son récit, mélangeant même parfois de façon surprenante et efficace SF et fantasy et donnant aussi, par moments, l’impression de coller à notre monde, mais voilà l’auteur a parfois du mal à les mettre à plat et les développer, autant certaines se révèlent vraiment intéressantes et prenantes autant d’autres paraissent trop fouillis et mal amenées pour être vraiment intéressantes. L’auteur nous, offre, comme à son habitude, une histoire assez crue, sombre, violente et pleine de sexe, mais parfois, surtout dans l’accumulation de scènes de cul, on a l’impression que l’auteur en fait trop, comme s’il faisait exprès de mettre du sexe pour montrer qu’il fait un livre différent des autres, en montrant que l’homosexualité existe, ce qui donne parfois l’impression que ces scènes sont gratuites et n’apportent rien de plus à l’histoire. De plus j’ai trouvé que par rapport à ses autres romans l’auteur offrait moins de réflexions, de questionnement qu’à son habitude ce que j’ai trouvé dommage.

Concernant l’univers il se révèle finalement très classique dans sa construction avec un monde qui se relève d’une guerre, mais l’auteur arrive à rendre son univers solide et efficace, nous présentant un univers sombre, glauque où seule la corruption, la violence, l’esclavage et le pouvoir sont rois. Même la magie n’a rien de lumineux ou magnifique. L’auteur traite aussi l’homosexualité de façon réaliste et réfléchie, surtout à une époque moyen-ageuse avec le rejet et la haine de gens envers ces pratiques. Les marches aldraines sont vraiment une idée intéressante et soulève des questions surprenantes. Mais voilà l’univers se révèle tellement sombre, tellement cynique qu’il en devient oppressant, on a parfois envie de lumière, de souffler, de respirer un peu de positif ce que l’auteur n’arrive pas vraiment à apporter à son récit.

Les personnages, comme je l’ai dit, se révèlent être des héros à la gloire passée, ils sont sortis meurtris de la guerre conte les lézards et pas que physiquement, mais aussi mentalement et moralement. Au fil des pages on les découvre et on se rend compte que les personnages se révèlent vraiment denses, travaillés et soignés. Des héros aux points de vue différents, qui évitent les clichés du genre et sont portés par des dialogues vraiment efficaces possédant une certaine mélancolie sur leurs vies. Ca ne les empêche pas d’être des guerriers, de se battre pour ce qui leurs parait juste. Les personnages secondaires sont aussi intéressants à découvrir, ne manquant pas de complexité. Mais voilà tout comme l’univers, les personnages principaux qui manquent parfois de chaleur ce qui fait que parfois on a du mal à s’accrocher à eux.

Le style de l’auteur se révèle incisif, sombre, simple et vraiment efficace ce qui fait qu’on entre assez facilement dans cette histoire pleine de sang, de sexe et de violence. Mais finalement malgré des idées différentes et que l’auteur cherche à sortir régulièrement des sentiers battus de la Fantasy, j’ai trouvé quand même l’intrigue assez classique, malgré toute l’énergie qu’insuffle l’auteur. Un premier tome qui ne manque pas de qualités, mais qui possède aussi ses défauts. J’ai trouvé cette lecture sympathique et je vais lire la suite pour savoir ce que peut bien nous proposer l’auteur, mais voilà, je ne vais pas le nier, j’attendais peut être un peu plus de cette entrée dans la Fantasy de l’auteur. Peut être que le second tome me fera voir les choses différemment.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec le premier tome de ce cycle de Fantasy de Richard Morgan. L’auteur nous offre une histoire pleine d’action, de violence et de sexe et cherche à sortir des sentiers battus de la Fantasy. Mais voilà l’auteur cherche tellement à offrir des idées différentes qu’au final il ne se rend parfois pas compte que son récit se révèle linéaire. De plus certaines idées sont mal gérées par l’auteur et il se laisse parfois aller à la gratuité surtout sur certaines scènes de sexe qui n’apportent rien. Ce qui n’empêche pas à l’histoire de posséder une énergie captivante. L’univers se révèle sombre, violent et cynique, mais voilà il l’est tellement qu’il en devient oppressant pour le lecteur. Même chose pour les personnages, certes ils sont denses, complexes et travaillés, mais ils se révèlent parfois tellement froids qu’on a du mal à s’attacher à eux. Le style de l’auteur est simple et incisif et ne manque pas de punch ce qui fait qu’on se laisse glisser à travers l’histoire. Un premier tome avec quelques bonnes idées et des défauts qui me donne quand même envie de lire la suite, mais dont j’attendais plus.

 

Ma Note : 7/10

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