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Les Annales du Disque-Monde Tome 5, Sourcellerie – Terry Pratchett

sourcellerieRésumé : La magie, c’est de la bouillie pour les chats. Voici la sourcellerie, la puissance thaumaturgique de l’Aube des Temps ! Elle pénètre le Disque-Monde par l’entremise du huitième fils d’un mage (défroqué, oui !).
Disons-le tout net : casse-cou.
Faudra-t-il compter sur Rincevent pour sauver les meubles ? Il a plus d’un tour dans son sac percé. Il a aussi une équipe de choc, avec le pusillanine Bagage ? tellement humain ! ? et le subtil bibliothécaire de l’université des mages – tellement simiesque !
Avec Nijel le Destructeur, jeune héros par correspondance, et Conina, la fille du plus célèbre Barbare, par qui tombent les coeurs et les coups. Et, en prime, un séjour inoubliable dans la cité d’Al Khali, sous la houlette du Sériph Créosote.

Edition : L’Atalante
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après pas mal de lectures qui se sont révélées soit assez denses, soit qui m’ont laissé perplexe, j’avais clairement envie d’un roman détente. À partir de là, quoi de mieux que de retourner dans l’univers loufoque de Terry Pratchett et s’offrir un bon petit divertissement. Justement le cinquième tome des Annales du Disque-Monde m’attendait dans ma PAL. Je dois bien avouer que les quatre premiers tomes ne m’ont pas déçu un seul instant, m’ayant bien fait marrer, je me lançais donc avec grand plaisir dans la lecture de ce Sourcellerie. Alors, petit rappel, il n’est pas obligatoire de lire ce cycle dans l’ordre, la majorité des romans, sauf exceptions, peuvent se lire indépendamment, mon esprit est juste un peu trop carré pour le comprendre. Concernant la couverture, toujours illustrée par Marc Simonetti, elle se révèle toujours aussi réussie, explosive et pleine d’humour.

On retrouve ici un héros déjà bien connu du cycle, et pas des moindres, puisqu’il s’agit du plus trouillard et le moins débrouillard de tout le disque : Rincevent. Et notre pauvre héros ne va pas avoir la vie facile, car la Sourcellerie est de retour. La plus puissante des magies, qui peut rivaliser avec les dieux, et va ramener les guerres thaumaturgiques avec toutes les conséquences horribles que cela peut signifier. Notre héros va alors braver froidement cette menace de la meilleure des manières, en s’enfuyant comme il sait si bien le faire. Une chose est sûre avec un roman du cycle, c’est que dès les premières pages on est emporté, happé, par cette avalanche d’aventures, d’action, de péripéties et d’humour ,qu’on a ainsi du mal à lâcher le livre. On se retrouve à tourner les pages dans l’attente d’en apprendre plus, de savoir à quel moment tout va basculer et on le fait avec envie et le sourire aux lèvres. Surtout que l’ensemble, malgré tous les genres qu’il propose, arrive à conserver un équilibre et une cohérence qui font qu’il ne perd jamais le lecteur bien porté aussi par de nombreux rebondissements et retournements de situations maîtrisées ainsi que quelques surprises de taille. En un mot comme en cent c’est toujours un véritable plaisir de retrouver les épopées et les délires du Disque-Monde.

Surtout qu’on va découvrir au fil des pages de nouveaux personnages bien trempés, entraînants, intéressants et toujours aussi loufoques. Outre Rincevent qui a toujours le don de se retrouver dans les pires situations possibles, on découvre ici Conina, la fille d’un célèbre Barbare, qui possède la violence et les quêtes dans le sang, mais qui rêve de devenir coiffeuse, Nijel barbare depuis trois jours qui a tout appris dans un livre ou encore Sériph calife despotique qui n’est finalement qu’un esthète amoureux de la poésie. Chacun apporte un aspect décalé à cette histoire, qui tend de plus en plus au fil de la lecture vers l’apocalypse. Ajouter à cela deux protagonistes habituels que sont le Bagage et l’inconditionnelle Mort, qui sont toujours aussi fascinants, et on obtient là une belle brochette de vainqueur qui ne manque pas de se révéler attachant. Surtout qu’ils sont loin d’être idiots et offrent même des réflexions vraiment intéressante sur la quête de pouvoir ou encore la position de la femme ou de la descendance. Mon seul regret vient de Thune qui m’a paru mal exploité, principalement dans sa dualité et les Chevaliers de l’Apocalypse qui, je ne sais pas trop pourquoi, m’ont trop rappelé ceux de De Bons Présages, mais rien de non plus bloquant ou frustrant.

L’univers du Disque-Monde se révèle toujours aussi intéressant et fascinant à retrouver. Il faut dire qu’il donne clairement l’impression de se renouveler en grande partie à chaque tome. Certes on y retrouve des lieux connus, comme des phares pour aiguiller le lecteur, mais à chaque nouvelle aventure il nous dévoile de nouvelles régions. Cette fois il nous propose de nous faire voyager et de nous faire découvrir Al Khali, capitale du Klatch, ville un peu miroir de Ankh-Morpork, qui se révèle vraiment captivante à découvrir, du moins du peu que l’auteur nous dévoile, que ce soit dans les lieux comme dans la culture. Autre point intéressant, les informations qui nous sont proposées dans ce tome concernant la Magie, cette puissance cachée qui se dévoile avec la Sourcellerie et toutes les conséquences que cela peut avoir pour le disque-monde en entier. On en apprend ainsi un peu plus sur son histoire et ce qui a amené la magie à être finalement devenu quelque chose d’un peu pépère. Finalement un univers qui dévoile toujours plus au fil des tomes et qui donne envie d’en apprendre toujours plus.

Je regretterai finalement que deux petites choses qui font que ce tome est légèrement moins bon que le précédent, un certain essoufflement vers le milieu de l’intrigue, beaucoup de fuite en avant et d’explosions, mais encore peu de réponses et l’auteur donne l’impression de traîner un peu, de tirer sur la corde histoire de nous garder le plus longtemps possible, ainsi que cette impression, déjà ressenti dans certains des autres aventures, d’une conclusion qui s’étire un peu trop, partant dans tous les sens et multipliant parfois trop les points de vues. Rien de non plus bloquant ou frustrant, n’empêchant pas ce livre de se révéler plus que plaisant, mais qui se ressent un peu tout de même.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi entraînante, efficace, créant avec facilité, cohérence et envie son propre univers loufoque qui déride sans soucis le lecteur. Surtout qu’il ne tombe jamais dans l’absurde, certes il possède sa propre logique souvent barré, qu’il est le seul a complètement maîtriser, mais il parait ne jamais se contredire, même vis-à-vis des autres tomes, ce qui offre ainsi des assises de plus en plus solide à un monde qui ne demande qu’à être de nouveau visité. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce nouvel opus des Annales du Disque-Monde et je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce cinquième tome du cycle des annales du Disque-Monde, qui nous propose une nouvelle aventure pleine de péripéties, d’action et d’humour avec l’apparition de la Sourcellerie, la plus grande magie qui existe, et toutes les conséquences que cela inclue. On retrouve avec plaisir Rincevent, toujours aussi fascinant et couard qui nous offre de bonnes tranches de rigolades accompagnées d’anciens personnages comme de nouveaux qui se révèlent intéressant. L’univers présenté au fil des tomes continue à se densifier pour notre plus grand plaisir et à dévoiler des lieux et des cultures toujours aussi captivantes et entraînantes. Seuls Thune et les Chevaliers de l’Apocalypse m’ont paru en retrait. Surtout l’auteur n’oublie pas d’y glisser quelques axes de réflexions qui ne manquent pas de piquer le lecteur. Je regretterai juste quelques légères longueurs vers le milieu du livre et une fin qui en fait peut-être un peu trop, accumulant les points de vues. La plume se révèle toujours aussi entraînante, fluide et efficace. Je lirai sans soucis et avec plaisir d’autres récits du Disque-Monde.

 

Ma Note : 7,5/10

La Longue Terre, Tome 1 – Terry Pratchett & Stephen Baxter

la longue terreRésumé : Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.
La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !
Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard. Quand deux grands noms de l’Imaginaire anglais tels que Terry Pratchett et Stephen Baxter s’associent pour écrire un roman, il y a de quoi me donner envie de le découvrir, même si c’est vrai avec tout de même une légère crainte, tant les deux auteurs n’ont pas obligatoirement le même registre. Puis pour des raisons obscures il s’est mis à trainer dans ma PAL, à se cacher et il a fallu attendre l’annonce des nominés pour le prix Julia Verlanger pour que je me décide à le découvrir. À noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique et intrigante.

L’histoire démarre sur une idée de base assez simple, loufoque et pourtant terriblement efficace. En effet on découvre qu’il est possible de voyager dans les univers parallèles, et cela avec un simple boitier électronique qu’on fabrique soi-même et qui utilise comme pile une pomme de terre. Bien des années après cette découverte, la Terre se retrouve en pleine mutation. Josué, passeur-né, est alors contacté par une Intelligence Artificielle, Lobsang, pour entreprendre un voyage aux confins des univers parallèles et ainsi essayer d’en apprendre plus d’un point de vue scientifique sur l’histoire de la Terre, son évolution, sa faune et sa flore. Sur le papier il y a donc de quoi me faire rêver, en effet on y retrouve la capacité de faire voyager le lecteur de Baxter, avec l’humour de Pratchett et cette idée de patate comme vecteur pour voyager. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, même si je ne me suis pas ennuyé et trouvé l’ensemble plaisant, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un tome d’introduction assez contemplatif.

Pour faire simple j’ai trouvé que ce premier tome manquait d’un peu de rythme et de surprises. Déjà le démarrage de l’histoire m’a paru un peu confus, donnant l’impression de partir dans tous les sens. Pour expliquer les avantages et les conséquences de ce voyage dans les univers parallèles les auteurs se sont mis à multiplier les points de vue, ce qui, je trouve, n’est jamais une bonne chose, surtout quand ces protagonistes n’apportent rien par la suite, tout du moins dans ce premier tome. Cela donne plutôt l’impression au récit de prendre son temps, voir aussi de se révéler un peu répétitif, même si c’est vrai, cela permet aussi de dévoiler une partie des nombreuses possibilités qui s’ouvre à l’humanité. Que ce soit pour son enrichissement personnel ou le développement à travers une communauté, l’Homme peut dévoiler le pire comme le meilleur. La suite se révèle plus intéressante, une fois le départ du voyage que vont effectuer nos héros aux travers des nombreuses Terres, l’ensemble gagne en intérêt et surtout permet aux auteurs de développer de nombreuses idées, que ce soit aussi sur les différentes transformations qu’a pu connaitre notre planète devant ces multiples possibilités, comme sur les nombreuses conséquences que cela va avoir sur notre société que ce soit à travers l’exode massif, la dévaluation des différents cours boursiers, ou bien encore la grogne et la dissension qui va apparaitre.

Ce qui rend d’ailleurs ce voyage un peu plus fascinant c’est justement l’aspect aventure et découverte qui s’en dégage. On a l’impression de visiter des centaines de mondes qui possèdent tous leurs propres faunes et leurs propres flores. L’imagination des auteurs parait alors sans limite devant les yeux et l’imagination du lecteur, le tout bien porté par des descriptions efficaces de monde sauvages et magnifiques. L’aspect technologique est aussi intéressant à découvrir et apporte un plus. C’est fluide, on tourne les pages avec un minimum de plaisir se mettant un peu dans la peau d’un explorateur qui se retrouve plonger à chaque fois dans nouveau monde. C’est d’ailleurs cette capacité de création et de foisonnement qui rend cette seconde partie du roman plaisante, plus en tout cas que la menace qui essaie de s’imposer alors, mais qui manque quand même de force. Le lecteur n’ayant jamais le sentiment d’être intimidé, dérangé, ce qui est quand même dommage. Mais voilà malgré ce côté plaisant et passionnant à découvrir je n’ai jamais été non plus emporté par le récit. Cela se lit facilement, c’est divertissant et sympathique, on retrouve quelques réflexions intéressantes et une fois dedans on tournes les pages avec plaisir, mais voilà j’aurai pu arrêter de lire ce livre pendant un moment que cela ne m’aurait pas dérangé plus que cela, ne ressentant jamais ce besoin de me replonger dedans pour en apprendre plus, d’être happé. Il y a bien une envie de complexifier le tout avec une sous-intrigue plus prenante sur des clivages politiques et sociologiques qui aboutissent à une conclusion explosive et surprenante, mais elle arrive sur le tard et manque encore un peu de mordant. On a l’impression que ce roman est plus un tome d’introduction, il vient simplement poser les éléments pour la suite. Par conséquent, sans être mauvais j’ai eu du mal à me sentir fasciné.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêt et remplissent parfaitement leurs rôles d’aventuriers, rendant vivant leurs expéditions. On les suit avec plaisir et un minimum d’envie d’en apprendre plus, que ce soit Josué héros taciturne et solitaire qu’on découvre au fil des pages et qui a l’air d’être la clé du voyage, ou encore Lobsang Intelligence Artificielle, qui se prend pour un homme ou bien qui est homme coincé dans un IA, et qui apporte une certaine dose de folie et de cynisme devant sa capacité à régir à certaines situations. Certains des personnages secondaires se révèlent aussi très intéressants, même s’il est encore un peu tôt pour en dire plus tant ils restent mystérieux et peu caractérisés dans ce tome. Mais voilà, tout comme l’intrigue, j’ai accroché aux personnages et à leurs façons d’avancer, d’évoluer, mais je n’ai jamais réussi à m’attacher complètement à eux. Il manquait toujours un petit quelque chose au niveau de l’émotion ou des différentes relations pour me les rendre touchants.

Le style du récit n’est pas mauvais, comme je l’ai déjà dit il se révèle fluide, entrainant et joue sur le fait qu’une fois dans le livre on tourne les pages assez facilement. Pourtant je suis quand même légèrement déçu. Je sais bien que quand on écrit un livre à quatre mains, ça modifie la façon d’écrire. Je ne m’attendais donc pas à retrouver totalement le côté poussé d’un point de vue scientifique que j’apprécie chez Baxter et l’humour décapant et mordant de Pratchett, mais j’espérais au moins un mariage des deux. Hors ici,  là où l’aspect scientifique reste agréable et bien amené, j’ai trouvé que l’humour était justement peu présent. Mis à part une ou deux scènes qui poussent à sourire et cette idée globale de pomme de terre, j’ai trouvé que ce qui faisait les qualités de Pratchett étaient étouffés. Dommage. Peut-être que ça changera par la suite. Au final donc ce roman n’a pas complètement rempli les attentes que j’en avais, mais se révèle tout de même sympathique à découvrir, laissant assez de réponses en suspens et un minimum d’intérêt pour que je me laisse tout de même tenter par la suite.

En Résumé : Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire fluide et un minimum entrainante, mais qui n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’histoire ne manque pourtant pas d’intérêt, malgré un début qui part un peu dans tous les sens ; principalement dans la phase d’exploration des différentes terres parallèles qui offre une imagination débordante. Mais l’ensemble fait un peu trop tome d’introduction, posant simplement les bases. Ça se lit facilement, mais il faut attendre la fin, et le début des dissensions, pour vraiment, je trouve, être happé. L’univers présenté est par contre un des gros points forts du récit, donnant au lecteur l’impression d’être un explorateur et permettant aux écrivains de développer des mondes chatoyants et captivants. Les personnages ne sont pas mauvais, se révèlent cohérents et logiques, mais il manque encore un je ne sais quoi du point de vue émotionnel pour complètement les rendre attachants. Certains des personnages secondaires offrent des potentialités que j’espère voir développer par la suite. La plume se révèle fluide, entrainant et assez efficace, mais voilà autant l’aspect aventure de Stephen Baxter est présent, autant le côté humoristique de Terry Pratchett ne se retrouve pas. C’est dommage, car quand j’ai vu le nom de l’auteur je pensais rigoler, hors j’ai à peine souri deux ou trois fois. En tout cas la conclusion ouvre assez de possibilité pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, Nelfe, Phooka, radicale, Hari Seldon, …

Les Annales du Disque-Monde Tome 4, Mortimer – Terry Pratchett

mortimerRésumé : Mortimer court à travers champs, agitant les bras et criant comme une truie qu’on égorge. Et non. Même les oiseaux n’y croient pas. « Il a du coeur », fait le père adossé contre un muret. « Dame,c’est le reste qui lui manque », répond l’oncle Hamesh. Mais à la foire à l’embauche, la Mort le remarque et l’emporte sur son cheval Bigadin. Il faut la comprendre : elle a décidé de faire sa vie. Avec un bon commis, elle pourrait partager le travail quotidien, ce qui lui laisserait des loisirs. Un grand destin attend donc Mortimer. Mais… est-ce bien raisonnable ?

Edition : L’Atalante
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Je continue mon agréable plongé dans la découverte d’un des cycles les plus loufoque et délirant de la Fantasy avec ce quatrième tome des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. Je n’ai pas non plus sorti ce tome par hasard, j’avais envie d’un peu de détente après mes dernières lectures. Alors, il s’agit bien du quatrième tome du cycle, mais je rappelle que, sauf exception comme les deux premiers tomes, chaque volume peut se lire séparément. Concernant les couvertures, illustrée par Marc Simonettti, je les trouve toujours aussi réussies et retranscrivent fidèlement l’esprit du récit.

Ah, quel plaisir d’ouvrir ce quatrième tome, déjà parce qu’on retrouve un personnage que j’adore et dont j’avais envie d’en apprendre plus, la Mort. Ensuite, parce que j’avais envie de rire et Pratchett fait partie des valeurs  sûres de ce côté-là. Imaginez que la Mort, nostalgique, décide de prendre un apprenti pour ainsi profiter de la vie; son choix se porte donc sur Mortimer garçon pas très futé. À partir de là on se retrouve emporté par des péripéties de plus en plus loufoques, efficaces et captivantes. Le lecteur tourne les pages avec plaisir; le sourire aux lèvres, porté aussi par une intrigue qui ne manque pas d’attrait, de cohérence, de charme. L’auteur soulève aussi avec mordant des questions philosophiques sur la vie, la mort, les princesses et autres, car oui la Mort se pose beaucoup de questions qu’elle partage avec philosophie et une dose efficace de cynisme et d’humour au lecteur.

Le tout est grandement porté par les passages où la Mort décide de découvrir ce que c’est d’être humain, des scènes vraiment délirantes nous le montrant allant à la pêche, jouant à des jeux d’argent, picolant dans un bar ou encore trouvant un job de cuisinier entouré de chats. Des passages truculents qui viennent efficacement contrebalancer une intrigue principale légèrement plus sérieuse, mais tout aussi intéressante. Par contre, je suis resté un peu circonspect devant la ligne d’intrigue principale qui m’a parue démarrer de façon un peu bancale, je parle de l’histoire sentimentale entre Morty et la princesse . Ce n’est en rien dérangeant tant on ne s’ennuie jamais, mais bon le coup du « un regard, un amour, une connerie » parait un peu facile et permet simplement de lancer l’intrigue.

L’univers mis en avant par l’auteur se révèle toujours aussi efficace, plein d’humour et de fantaisie. On découvre ainsi dans ce tome l’endroit où habite la Mort, un lieu en dehors du temps et de l’espace où tout est noir et où tout est une pale copie de la vie. Un lieu intéressant qui permet de découvrir une nouvelle facette de ce personnage. Justement concernant les personnages, ils se révèlent vraiment entrainants et surtout attachants. Comment ne pas se lier à cette Mort un peu dépressive qui cherche à changer de vie, voir même à découvrir tout simplement la vie. Comment ne pas apprécier Morty qui se retrouve balancer dans ce métier et qui va se retrouver coincé au milieu des soucis. Ajouter à cela la fille de la Mort (oui la mort a une fille, je vous laisse découvrir), Albert son assistant, la princesse ou même le retour de certaines têtes connues comme Rincevent ou Ook et vous obtenez un panel de personnage délirant et fascinant qui nous font passer un bon moment.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi entrainante, pleine de facéties et, après un troisième tome que j’avais trouvé moins drôle, retrouve l’humour des débuts. J’ai franchement bien rigolé avec ce tome. L’auteur arrive toujours aussi bien a placer les personnages dans des péripéties plus rocambolesques les unes des autres, tout en gardant une certaine cohérence, une certaine logique et un certain esprit scientifique (certes la science du disque-monde). Bien sûr certaines blagues et jeux de mots perdent de leur beauté avec la traduction, mais rien de bien méchant, car on a toujours le sourire aux lèvres et personne ne peut nier le travail fabuleux qu’effectue le traducteur sur cette série. Je reprocherai juste une conclusion qui s’étire un petit peu en longueur, mais bon rien de bien méchant Un quatrième tome qui se révèle efficace, drôle et plein de rebondissements et qui, surtout, permet de découvrir ce qui est, selon moi, le meilleur personnage de la série, la Mort.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman dans le cycle des annales du disque-monde. On retrouve une intrigue qui se révèle vraiment efficace, même si amenée de façon un peu trop rapide, qui surtout offre des moments remplis d’humour, de surprises et se lit sans temps morts. On se laisse entrainer avec grand plaisir par cette histoire délirante qui nous plonge de nouveau dans l’univers prenant et travaillé de l’auteur. Les personnages sont toujours aussi truculents, passionnants et attachants, et quel plaisir d’enfin découvrir un de mes personnages préférés, la Mort, et ses questions philosophiques. La plume de l’auteur est toujours aussi passionnante, entrainante, fluide et pleine de fantaisie qui entraine le lecteur à tourner les pages. La conclusion s’étire peut être un peu en longueur, mais franchement rien de gênant. Je continuerai sans soucis à lire d’autres romans du cycle.

 

Ma Note : 8/10

Autres avis : Olya, Tigger Lilly, Louve, Spocky, …

Les Annales du Disque-Monde Tome 3, La Huitième Fille – Terry Pratchett

la huitieme filleRésumé : Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde. La succession s’y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparaît que le huitième fils est cette fois… une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n’a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s’est accomplie au profit de la petite Eskarina…

Edition : L’Atalante

Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après la découverte, hilarante et passionnante, des deux premiers tomes de la série des Annales du Disque Monde (chronique du Tome 1 ici, du Tome 2 ) je continue ma plongée, que j’espère pleine d’humour, dans le troisième tome de ce cycle. Il faut bien avouer aussi que l’illustration de couverture, toujours réalisée par Marc Simonetti, est toujours aussi réussie et donne toujours autant envie de plonger dans cet univers complètement loufoque. A noter que ce troisième tome peut être lu indépendamment des deux premiers et nous propose de nouveaux personnages ainsi que de nouveaux lieux.

Et pourtant je dois bien avouer qu’une fois ce troisième tome refermé j’ai eu l’impression d’avoir moins été emporté que par les tomes précédents. Attention ce troisième tome est loin d’être catastrophique, mais il m’a moins fait marrer que les deux premiers, même si certains passages restent poilants. Cela vient peut être aussi de l’histoire, car l’auteur décide de traiter d’un sujet qui aujourd’hui encore a son importance, l’inégalité des sexes; pourquoi une fille ne pourrait-elle pas être mage alors que la magie n’est, soit disant, réservée qu’aux hommes. Mais voilà entre sérieux et humour l’auteur a parfois du mal à trouver le juste milieu de la critique cynique et burlesque, ce qui n’empêche pas certains passages d’être franchement épiques et poilants et aussi de tourner les pages avec un sourire aux lèvres. Mais voilà, une fois terminé on a l’impression d’un goût de trop peu, surtout comparé aux deux premiers tomes.

L’univers de ce disque de monde est toujours aussi passionnant à découvrir, avec cette fois une découverte plus en profondeur de ce qui est la magie, que ce soit par les mages ou encore par les sorcières. Des sorcières finalement très demandées pour tout ce qui peut être soucis de couple ou encore tous les soucis du quotidien, que l’auteur nous présente au vitriol et qui fait qu’on ne peut s’empêcher de sourire, voir de rire parfois, surtout par exemple devant la naïveté d’Eskarina sur cette profession. L’auteur nous fait aussi découvrir la vie à la campagne, cette différence entre ville et bourgade. Mais voilà l’auteur cherche aussi à nous présenter la magie, ces mécanismes et son existence ce qui fait que l’auteur essaye d’entrer dans des considérations parfois légèrement ronflantes et qui donne l’impression parfois de ne pas aboutir, ce qui fait qu’on s’y perd un peu

Concernant les personnages, il faut bien l’avouer, un personnage se détache vraiment du lot il s’agit de Mémé Ciredutemps, elle se détache d’ailleurs tellement du lot qu’elle éclipse facilement tous les autres et, mis à part Eskarina qui arrive tout de même à sortir du lot, on a un peu l’impression que les autres personnages se révèlent un peu fade. Mais rien de gênant tant Mémé, à elle seule, vaut vraiment le coup d’être découverte par son cynisme, sa vision du monde très pragmatique et délirante ou encore par sa verve et sa façon de regarder les gens qui ne manquent pas de faire rire le lecteur. Eskarina est aussi un personnage intéressant par sa candeur d’enfant ou encore sa naïveté qui amène pas mal de quiproquo qui ne manquent pas de faire sourire. Si on considère le Bourdon comme un personnage alors lui aussi mérite d’être découvert avec son caractère bien trempé et sa façon bien à lui de réagir aux évènements.

On retrouve avec plaisir le style de l’auteur, fluide et efficace, mais surtout cet humour anglais fait de jeux de mots, de situations burlesques où l’auteur s’amuse à placer nos héros dans les situations les plus improbables et les plus délirantes qu’il soit. Mais voilà ce troisième tome, malgré que l’histoire m’ait paru plus construite que les précédentes, m’a paru aussi un peu moins drôle et poilant que les précédents, comme si l’auteur avait un peu de mal à jongler entre histoire sérieuse et passages humoristiques. Ce qui n’empêche pas ce troisième tome de se révéler tout de même intéressant à découvrir et offre quelques passages des plus drôles. Au final un troisième tome qui, selon moi, est un ton en dessous que les deux précédents, mais se révèle tout de même sympathique et n’entache en rien mon envie de découvrir la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce troisième qui, certes se révèle un ton en dessous que les deux premiers, mais continue à faire sourire son lecteur si on aime l’humour anglais. L’histoire est plus construite que les précédents et parle d’un sujet encore d’actualité qui est l’égalité des sexes, ce qui n’empêche pas l’auteur de garder son humour et son cynisme même si j’ai trouvé que, dans ce tome, l’auteur avait parfois un peu de mal à trouver un juste équilibre. L’univers développé est toujours aussi intéressant à découvrir entre monde urbain et monde rural le tout agrémenté de sorcières et de mages, je reproche juste à l’auteur de se perdre un peu dans ses explications sur la magie. Le style de l’auteur est toujours aussi fluide et efficace et son humour très british continue à faire mouche et à me faire rigoler. Alors certes ce troisième tome m’a paru légèrement mois bon que les deux premiers, mais il reste plaisant à découvrir et je lirai les autres tomes avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7/10

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