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Des Sorciers et des Hommes – Thomas Geha

Résumé : Sur la Grande Île de Colme, quand on sait mettre toute morale de côté, la vie offre de nombreuses opportunités. Boire, voler, rudoyer ou tuer, tel est le quotidien de Hent Guer, un guerrier redoutable, et de Pic Caram, un Sorcier aux Rubans. Tous deux écument routes et cités, à la recherche de proies faciles.
Toutefois, leurs plans se trouvent contrariés lorsqu’un matin de gueule de bois, Hent constate, impuissant, la disparition de Pic. Sur la Grande Île de Colme comme ailleurs, les talents d’un sorcier aux rubans attirent bien des convoitises ! Pour le guerrier, pas question d’abandonner son partenaire de crime : spolier son prochain est beaucoup plus drôle avec l’aide d’un sorcier à la morale légère.
Voici donc le récit des aventures de Hent Guer et Pic Caram, et les mésaventures de ceux qui ont la malchance de croiser leur route !

Edition : Critic

 

Mon Avis : Si vous suivez le blog depuis ses débuts, vous ne devez pas être sans savoir que je suis un fan des écrits que propose Thomas Geha. Alors il ne propose peut-être pas la Fantasy la plus révolutionnaire qui soit, mais pour autant elle ne manque jamais de s’avérer divertissante, entraînante avec toujours une petite touche personnelle efficace qui est apportée par l’auteur. Par conséquent quand j’ai vu qu’il allait publier un nouveau livre, un recueil de nouvelles Fix-Up pour être exact, j’ai su qu’il allait finir très rapidement dans ma PAL. Concernant la couverture, illustrée par Xavier Collette, je la trouve très réussie et efficace. Alors vu qu’il s’agit d’un recueil Fix-Up (plusieurs nouvelles qui se rejoignent pour former une trame cohérente) j’ai décidé de proposer une chronique globale plutôt que texte par texte.

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Bardes et Sirènes – Anthologie 2014 des Imaginales dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

bardes et sirènesRésumé : Ensorceleuses précipitant les marins à leur perte, ou symboles d’un amour inaccessible, les sirènes fascinent autant que les abysses dont elles sont issues. Pour ces maîtresses du chant, la rencontre du barde est inévitable ; artisans des mots et de la musique, usés par la route et les tragédies, ils tissent eux même sur le cœur des hommes leurs propres enchantements… Toutes les nuances de la fantasy sont au rendez-vous de Bardes et Sirènes : des racines médiévales du genre à notre époque désenchantée, onze rencontres épiques, émouvantes, drôles ou cruelles vous attendent !

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Depuis 2011 environ j’ai l’habitude de craquer, assez facilement c’est vrai, pour l’anthologie des Imaginales. D’une cela me permet de faire le tour des auteurs présents (d’ailleurs dommage que tous les écrivains au sommaire ne soient pas toujours présents) et de deux elle permet de découvrir une variété de textes, souvent plaisants, sur un thème bien précis. Cette année le thème choisi m’a surpris, j’avoue, il s’agit de Bardes et Sirènes. J’avais donc hâte de découvrir ces différentes nouvelles. Comme l’année dernière cette lecture a bénéficié d’une LC avec Snow et Mariejuliet, aux emplois du temps de Ministres, mais qui c’est révélé très agréable avec de bonnes discussions. À noter que ce recueil comporte au sommaire 11 nouvelles, ainsi qu’un préface qui effectue un peu le bilan de l’anthologie depuis ses débuts ; un passage de flambeau pour les prochains anthologistes .

La Boite à Musique de Carina Rozenfeld : On se retrouve dans cette nouvelle à suivre un barde qui commence à se faire une réputation grâce principalement à sa boite à musique qui reproduit le chant d’une sirène. J’avoue que j’ai trouvé cette nouvelle assez sympathique, nous proposant un récit plutôt efficace et charmant, avec aussi quelques réflexions sur le besoin de l’homme de ne pas reconnaitre le bonheur là où il est, mais plutôt passer son temps à chercher la gloire et la reconnaissance. Dommage que l’ensemble soit peut-être un peu trop gentil, surtout pour la conclusion. Je trouve que cette nouvelle ouvre bien ce recueil, offrant un texte assez doux, agréable et calme.

Plaie Etoilée de Samantha Bailly : Ce texte nous fait découvrir un barde qui possède une drôle de plaie étoilée sur le front. Je suis plutôt mitigé sur ce texte, pourtant dans l’ensemble je l’ai apprécié, mais voilà pour moi il y avait énormément de potentiel que l’auteur ne fait finalement qu’esquisser, comme par exemple cette plaie sur le front ou encore les fameuses « histoires » misent en flacons, l’ensemble aurait pu apporter tellement plus que ça en est légèrement frustrant. Maintenant cela n’empêche pas ce texte de se révéler sympathique à lire, bien rythmé et quand même efficace, amenant le lecteur vers une conclusion certes sans surprise mais intéressante.

Tant que nous Demeurons Ensemble de Yann de Saint-Rat : Cette nouvelle se révèle assez intéressante sur certains points, nous faisant découvrir des sirènes guerrières qui kidnappent régulièrement des humains pour en faire des esclaves ou comme réserve de nourriture. J’avoue que l’idée de transformer les sirènes en monstre guerrier plutôt qu’en tentatrice par leurs charmes ou leurs voix m’a paru intéressant, faisant des humains du bétail apeuré, mais le reste se révèle très (trop) classique j’ai trouvé, avec une conclusion qu’on voit venir dès le début. Un texte tout de même agréable, mais qui, comme les précédents, a du mal à complètement m’emporter et à se dégager.

La Tête de Singe d’Estelle Faye : J’ai énormément apprécié cette nouvelle, sûrement selon moi une des meilleures du recueil, nous proposant de découvrir la fuite d’une jeune fille qui va faire face à de nombreux obstacles. La force du récit est, cette fois, de ne pas mettre le barde et la sirène au milieu de l’intrigue, mais comme simple élément d’évolution pour l’histoire. L’intrigue joue avec le lecteur, l’amenant vers des fausses pistes, des rencontres déroutantes, pour mieux rebondir et happer le lecteur. L’univers mis en place par son aspect mythologique est clairement dense et soigné, avec cette originalité sur les sirènes, et le tout est magnifiquement porté par une plume que j’ai trouvé superbe et sensuelle. Les personnages se révèlent intéressants et surprenants par bien des aspects. Certes l’ensemble reste, sur certains aspects, ouvert, mais je trouve que cela ajoute du charme au récit et à l’imagination. Une nouvelle réussie.

Au Bar des Sirènes de Frédéric Petitjean : J’avoue, je n’ai pas du tout accroché à ce texte. Il nous fait découvrir un barde solitaire dans un univers ou les êtres de légende disparaissent de plus en plus. Le début se révélait pourtant sympathique, proposant une vision du monde féérique pleine d’ironie et de perdition, mais l’ensemble se révèle très rapidement trop simpliste et surtout un peu trop guimauve et rose bonbon à mon goût. De plus j’avoue que certaines réactions de personnages m’ont paru des plus étonnantes et déroutantes. L’univers décrit par l’auteur m’a aussi paru un peu trop surfait, un peu trop cinéma hollywoodien je pense, ce qui n’est pas illogique vu que l’auteur a travaillé sur des séries américaines, mais qui ne m’a pas accroché plus que cela. Dommage.

La Mise en Pièces de Maïa Mazaurette : Comme souvent l’auteur nous propose une nouvelle qui se révèle efficace, entrainante, sanglante, sombre et pleine de surprises et de rebondissements. On suit ici un barde, amant d’une reine sanguinaire et décadente, qui lui conte une histoire sur les sirènes, mais qui est dans l’attente de quelque chose de bien particulier. La tension monte lentement au fil des pages, de l’attente du héros et des révélations qui se dévoilent, pour mieux captiver le lecteur, le dérouter, et même si la conclusion est devinable dans les grandes lignes ça ne l’empêche pas de se révéler percutante et surprenante. La caractérisation des personnages est bien réussie, qu’on les apprécie ou pas on tourne les pages avec envie de savoir ce qui va leurs arriver. Un texte que j’ai trouvé au final très réussi, bien porté par une plume vive et efficace.

Tant qu’il y Aura des Sirènes de Régis Goddyn : Cette nouvelle m’a un peu dérouté par certains aspects et, j’avoue, au final j’en ressors avec un sentiment mitigé même si plutôt positif. En fait j’ai trouvé que les idées sont là avec ce concept de nous présenter les sirènes comme en voie d’extinction dans un monde futuriste qui se délétère, mais voilà la présentation, sur trois lignes temporelles, m’a paru par moment trop brusques, manquant parfois de logique et le style ainsi que la narration m’ont paru par moment un peu trop hachés pour complètement m’accrocher. Au final un texte pas mauvais, plein de potentiel, mélange des genres, avec de bonnes idées et des réflexions intéressantes sur l’écologie, mais qui sur la forme m’a parue un peu trop bancal pour complètement me happer.

Le Chant des Autres de Mélanie Fazi : L’auteur, comme à son habitude, nous propose ici un texte que j’ai trouvé excellent et magnifique. Une nouvelle clairement originale, principalement par sa représentation du barde et de la sirène qui se révèle franchement surprenante, accrocheuse et passionnante dans un univers de fantasy urbaine qui se révèle passionnant et très intéressant à découvrir avec ses règles et ses limitations. Surtout une nouvelle poignante, touchante portée par des personnages qui se révèlent profondément humains avec leurs joies et leurs souffrances, souvent remplis de colère et de douleurs, qui doivent faire des choix. J’ai de nouveau été emporté par la plume poétique, pleine de finesse et sensible de l’auteur. Elle rentre clairement dans les meilleures nouvelles du recueil.

Le Chant du Solstice de Pierre Bordage : On retrouve ici une nouvelle que j’ai trouvé très intéressante, où on découvre un barde en manque d’inspiration, qui doit pourtant effectuer le grand chant du solstice. Mais tout va changer pour lui quand les villageois vont capturer une sirène. Un texte simple et qui se révèle efficace avec son lot de rebondissements et de retournements de situation qui font qu’on tourne les pages pour découvrir la suite même si dans l’ensemble il se révèle assez linéaire. La plume de l’auteur se révèle entrainante et efficace et les personnages offrent leur lots de surprises. Par contre, ce qui dessert un peu cette nouvelle c’est son positionnement dans l’anthologie, elle aurait gagné à être plus vers le début selon moi, et aussi, peut-être, un léger manque de profondeur dans l’ensemble.

Ci-gît mon Cœur d’Anne Fakhouri : Une nouvelle que j’ai trouvé réussie, qui nous propose de découvrir un barde qui par « chevalerie » va se retrouver à aider une sirène dont il est tombé amoureux. Mais tout n’est pas toujours ce que l’on croit. L’ensemble se révèle très bien rythmé, haletant, qui se lit assez facilement, rapidement et avec plaisir, qui happe doucement le lecteur au fil des pages pour lui donner l’envie d’en savoir plus aboutissant alors à une conclusion qui risque d’en surprendre plus d’un tant j’ai trouvé que la révélation finale était inattendue, décalée, cruelle et surtout terriblement efficace. L’ensemble se révèle maîtrisé et bien porté par une plume rythmée et haletante et où les personnages ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent être.

Le Guetteur de Nuages de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans un univers où les nuages sont des ennemis envahisseurs et où un barde utilise son chant pour les faire disparaitre. Mais un jour un nuage différent et beaucoup plus résistant apparait. Un texte qui m’a paru intéressant, vif et entrainant à travers cette possibilité, en méditation, de pénétrer dans les nuages et alors les faire résonner grâce au chant pour les dissoudre. L’idée de la sirène se révèle clairement originales et surprenante. Le texte possède aussi une certaine musicalité qui m’a bien accroché, ainsi qu’une légère dose d’ironie avec ce passage sur la sagesse des anciens et la fougue des plus jeunes. Là où j’ai un peu décroché c’est dans la conclusion, l’auteur ayant pris le parti pris d’offrir une sorte de happy-end, c’est un choix, mais je me dis qu’au vu du récit un final peut être un peu nuancé aurait apporté un plus à l’ensemble. Au final un texte agréable et efficace qui se lit bien.

 

Je dois bien avouer que j’ai trouvée cette cuvée 2014 un peu en dessous que celle des années précédentes. Il y a bien quelques textes qui sortent du lot mais les autres se révèlent soit simplement sympathiques sans être vraiment marquants, soit ne m’ont pas complètement accroché. Il faut aussi dire que le sujet était peut-être un peu particulier, pas obligatoirement le premier qu’on pense en parlant Imaginaire. Alors attention la lecture de ce recueil se révèle tout de même agréable et m’a aussi permis de découvrir de nouvelles plumes, juste que dans l’ensemble je l’ai trouvé un petit peu moins accrocheuse que les années précédentes.

En Résumé : J’avoue que j’avais hâte de voir ce que la cuvée 2014 allait bien proposer avec ce sujet sur Bardes et Sirènes, mais voilà, une fois la dernière nouvelle terminée je dois bien avouer que je l’ai trouvé légèrement en-dessous des années précédentes. Alors attention l’anthologie ne se révèle pas mauvaise pour autant et se révèle agréable à lire, avec quand même la présence de quelques textes qui sortent franchement du lot, mais le reste se révèle soit juste sympathique sans non plus être très marquant, soit ne m’ont pas complètement accroché malgré la variation d’idées sur le sujet. Cela vient peut-être aussi justement du choix du sujet. Cela ne m’empêchera de faire entrer dans ma PAL l’anthologie l’année prochaine.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Les avis de mes collègues de LC : Snow, Marijuliet.

Cent Visages – Thomas Geha

cent visagesRésumé : 2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous avez dû vous rendre compte que j’apprécie énormément les écrits de Thoma Geha qui a toujours su m’emporter par des récit entrainants, efficaces et souvent sans temps morts. Ce n’est donc pas une surprise si le dernier roman de l’auteur a rejoint ma PAL il y a peu, surtout que le quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire haletante et pleine de péripéties, tout en espérant que l’aspect jeunesse ne soit pas trop bloquant. À noter une couverture assez intrigante avec ce visage masqué qui donne envie d’en apprendre un peu plus. Pour information concernant le blog il s’agit de mon 600ème article et, pour être précis, ma 530ème chronique.

Thomas Geha nous plonge ici dans un roman jeunesse mélange, de Thriller et de Science-Fiction, qui nous fait suivre la course poursuite de Grégor, jeune réfrac, rejeté par la société, après avoir croisé le chemin du plus grand criminel : Cent Visages. À partir de là tout va s’enchaîner et la vie du héros va se retrouver complètement chambouler. Une chose est sûr c’est que dès la première page le lecteur se retrouve complètement happé, embarqué, captivé et se met à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. En effet l’auteur nous offre une histoire qui se révèle explosive, haletante, sans temps morts où il maîtrise à la perfection l’art de la surprise et du rebondissement pour ne jamais ennuyer où perdre le lecteur. Entre survie, complots, jeux de pouvoir et courses-poursuites explosives, on sent bien qu’il contrôle parfaitement son intrigue, jouant aussi avec le lecteur à travers des fausses pistes ou des retournements de situations qui viennent remettre en cause sa vision de l’histoire. Rien n’est laissé au hasard.

Concernant l’univers, l’auteur nous offre clairement un monde futuriste loin d’être rose et pourtant terriblement réaliste, surtout avec un fort aspect social qui devrait faire réfléchir plus d’un lecteur. Entre le rejet de certaines minorités, l’obligation d’accepter la biométrie sous peine d’être banni ou bien encore l’importance du vote, l’auteur brasse énormément d’idées de façon efficace, facile d’accès et qui font forcément un rappel à notre monde actuel. Un univers choc et vraiment efficace où les dérives politiques ont créé un clivage entre les populations les plus aisées qui continuent à s’enrichir et les autres complètement à la marge et invisibles qui doivent subir sans que jamais personne ne s’interroge vu que, légalement, ils n’existent pas. L’ensemble est aussi bien porté par l’aspect futuriste qui nous offre énormément de nouvelles inventions technologiques tel que les ordinateurs holographiques, les nanotechnologies, les clés usb à reconnaissances tactiles etc… Un univers qui possède une certaine densité et une certaine richesse même si, roman court oblige, j’aurai aimé en apprendre plus sur certains aspects, principalement politiques, dont le sujet est parfois juste survolé; des questions restant en suspend. Je reprocherai par contre peut-être juste certaines technologies un peu trop « pratiques » et qui aident un peu trop parfaitement nos héros.

Concernant les personnages l’auteur nous offre un panel de protagonistes qui sont loin d’être caricaturaux, se révélant même régulièrement complexes. Ils se révèlent tous soignés et travaillés et surtout nous entraînent de façon prenante et visuelles dans leurs péripéties. Entre Grégor qui ne cherchait qu’à survivre tranquillement avec sa mère adoptive et qui va se retrouver mêler à quelque chose qui le dépasse complètement, mais qui, pourtant, va tout faire pour s’en sortir, ou encore Koudelc pour qui la vengeance contre Cent Visages est son seul objectif et elle fera tout pour l’obtenir ou bien aussi Cent Visages, justement, criminel énigmatique qui porte un masque et dont les actions amènent énormément de questions. À noter d’ailleurs le jeu de mot qu’on retrouve de temps en temps justement sur « cent » (« sans ») visages qui est lié aussi, selon moi, une réflexion sur l’identité de chacun. Les différents personnages sont loin d’être manichéens mettant parfois facilement en avant leurs envies personnelles et leurs jeux de pouvoirs sans se soucier de la situation et des autres, ce qui les rend intéressants et surtout légèrement complexes à juger.

Alors après, j’avoue, j’ai trouvé quelques défauts ici ou là. Si on oublie le côté jeunesse qui fait que certaines révélations se révèlent trop simplistes et certaines rencontres un peu trop faciles, j’avoue j’ai surtout quelques regrets concernant la conclusion. Elle se révèle trop rapide, avec son Deus Ex Machina un peu trop flagrant et aussi peut-être un peu trop bavarde à mon goût. Attention, elle n’est pas non plus mauvaise, collant parfaitement à cet aspect nerveux et entrainant présent depuis le début du livre, mais voilà une fois la dernière page tournée j’étais tout de même légèrement frustré, car j’attendais peut-être un peu plus. Malgré cela j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et ne suis pas déçu de ce roman.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, fluide et dynamique venant vraiment happer le lecteur pour ne plus le lâcher. Surtout, comme je l’ai dit, il plonge littéralement jeunes et moins jeunes dans un univers qui ne peut que faire réfléchir et réagir, tout en maintenant en alerte le lecteur à coup d’explosion et de scènes d’action. Au final j’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman, malgré certes une conclusion qui ne m’a pas totalement accrochée, et c’est de nouveau sans soucis et avec grand plaisir que je me lancerai dans la lecture d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire haletante, sans temps morts et rempli d’explosion et de courses-poursuites. L’auteur maîtrise parfaitement bien ses surprises et ses rebondissements ce qui fait que le lecteur se retrouve rapidement happé par le livre pour ne plus le lâcher. Mais surtout l’auteur nous offre aussi un univers SF vraiment efficace et qui pousse énormément à la réflexion, aussi bien les jeunes que les moins jeunes, que ce soit sur l’identité, la politique, le rejet des autres, le clivage des communautés etc… Un univers choc vraiment réussi même si certaines inventions favorisent un peu trop nos héros je trouve. Concernant les personnages ils se révèlent vraiment complexes, soignés et surtout évitent tout manichéisme mettant en avant des héros face à des décisions compliquées et pas toujours à l’avantage de la situation, ce qui les rend vraiment intéressants. Mon seul regret concernant ce récit vient de la conclusion que je trouve un peu trop rapide, bavarde et repose sur un Deus Ex Machina un peu trop flagrant. Mais franchement rien de non plus gênant tant j’ai été pris par le récit bien porté par une plume simple, dynamique et entrainante. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Phooka, etc…

Réalité 5.0 – Collectif

realite 5.0Résumé :  Cinq textes, comme autant d’éclats qui reflètent chacun une vision singulière. Qu’ils soient débutants ou confirmés, cinq auteurs se sont prêtés au jeu de l’écriture autour du thème de la réalité. D’un Paris futuriste sous un Dôme, à un environnement virtuel, d’une station touristique – où la réalité augmentée est prédominante, à une attaque de mannequins en plastique jusqu’au dialogue entre un sexbot et son propriétaire… autant de version d’une réalité, d’échos des possibles.

Edition : Goater

 

Mon Avis : La première chose qui a fait que mon intérêt s’est porté vers cette anthologie ce sont les deux têtes d’affiches que sont Aliette de Bodard et Thomas Geha ; tous deux m’ayant déjà convaincu avec leurs autres écrits. La nouvelle de Aliette de Bodard ayant, en plus gagné, le prix Locus et Nebula a aussi clairement jouer sur mon envie de découvrir ce recueil, espérant par la même occasion, pourquoi pas, découvrir de nouveaux auteurs. Ce recueil comporte donc cinq nouvelles de science-fiction écrites par cinq auteurs différents sur le thème de la réalité.

Ma Douce Colombine de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme qui a toujours vécu dans la richesse et qui a toujours profité des bonnes choses, mais en n’ayant connu aucun véritable contact humain. Un texte vraiment intéressant, qui nous offre le portrait d’un personnage, pacha, que son éducation a rendu totalement solitaire, égoïste et vivant sa vie complètement par procuration, le plus souvent de façon virtuel. Un homme détaché de tout et de tout le monde dont la vie va un jour basculé. Une quête du bonheur tout en cherchant à comprendre le bonheur. Un récit humain plein de surprise qui nous rappelle que les technologies ne font pas tout dans la vie et que, parfois, de véritable émotions, factices ou pas, manipulés ou pas, peuvent changer la vie d’un homme.

Les Passerelles d’Elena Avidja : Ce texte nous plonge dans un Paris post-apocalyptique dont une partie de la population s’est retrouvé forcée à vivre sous un dôme pour éviter les radiations qui ont transformées la population extérieure en mutants. Un texte construit de façon intéressante et captivante, offrant plusieurs points de vue qui nous montrent que la vérité n’est pas toujours ce que l’on croit. Une histoire efficace sur  les inégalités toujours présentes, sur les manipulations, mais aussi sur la façon de chacun de survivre et s’adapter dans ce monde. Un univers totalitaire ou la réalité et la vérité sont cachées derrières des mensonges et du cinéma qui, parfois, rappelle clairement notre réalité. Dommage que le récit manque un peu d’émotion, à mon goût, la faute justement à cette multiplication des points de vues dans un texte court ce qui limite l’aspect sentiments.

Immersion de Aliette de Bodard : Cette nouvelle nous plonge à l’intérieur de la station Longevity où la vie est autant réelle que semi-virtuelle grâce à une technologie galactique. Un texte que j’ai trouvé vraiment intelligent et intéressant, principalement dans les problématiques avancées, que ce soit l’acceptation de soi et des autres ou encore les améliorations qu’on cherche à amener sur soi pour aboutir à une perfection aussi bien intellectuelle que physique, qui sont aussi des sujets d’actualités et qui se révèlent traités ici de façon efficace. L’auteur utilise d’ailleurs un jeu de narration réussi entre une présentation à la troisième personne classique et une autre à la deuxième personne plus détachée jouant ainsi fortement sur l’influence de cette technologie normative. Un texte qui m’a vraiment bien accroché dont mon seul regret vient de l’univers qui aurait mérité d’être plus développé à mon goût, mais rien de bien gênant.

Plastique de Sébastien Degorce : Une nouvelle qui nous plonge dans un Paris où une épidémie fait des ravages, obligeant la ville à se retrouver couper en deux, cloisonnant ainsi les malades sous surveillance. On se retrouve alors à suivre un couple d’activiste le jour d’une élection. Un texte vraiment sympathique qui nous offre des réflexions intéressantes sur le pouvoir politique, son image, son importance et son influence ou encore sur la contestation. L’auteur nous offre même une scène haletante qui fait clairement penser à Doctor Who et où on se pose clairement la question de qui est en plastique et qui ne l’est pas, le tout pour aboutir à une conclusion choc et surprenante. Mais voilà selon moi ce texte aurait gagné à être un peu densifié, certains passages se révélant trop rapides et les dialogues m’ont paru parfois un peu plat. Dans l’ensemble tout de même une découverte agréable.

Une Petite Mayonnaise de Pur Plaisir de Jean-Marc Agrati : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme vivant chez lui avec une sexbot, une IA et passant son temps à espionner le voisinage qui respecte de moins en moins la loi. Alors, je l’avoue, je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, mais cela vient clairement de mes attentes personnelles. J’en vois pourtant bien les idées, nous présentant une société qui se révèle de plus en plus délétère, où le respect des lois et des autres a complètement disparu, cherchant ainsi à faire réfléchir le lecteur, mais voilà l’auteur utilise une plume assez trash qui a est le genre d’aspect qui a du mal à vraiment m’accrocher. Le côté électrochoc me rentrant dedans, par la violence et la vulgarité, pour me faire visualiser une idée plutôt que d’essayer de me la faire comprendre et accepter ne marche pas avec moi, ce qui a donc fait que je ne suis jamais rentré dans cette nouvelle. Dommage, même si je ne doute pas que sur d’autres lecteurs cette présentation aura plus d’effet.

 

Finalement, je suis bien content de m’être laissé tenter par ce recueil de nouvelles qui m’a offert cinq textes complètement différents en nous présentant des points de vue complètement différents et, souvent, efficaces sur ce qu’est la réalité et ce qu’on est capable d’en faire ou encore de s’en cacher. Même si tous les textes ne sont pas au même niveau, ce recueil m’a aussi permis de découvrir de nouveaux auteurs intéressants.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui nous propose de plonger le lecteur dans cinq récits présentant clairement une vision de la réalité complètement différente, souvent intéressantes et palpitantes. Alors, certes tous les textes ne sont pas au même niveau, mais dans l’ensemble ils se révèlent captivants, réfléchis, souvent bien traités avec de bonnes idées et des histoires intéressantes. Je suis bien content de m’être laissé tenter par ce livre qui m’a permis aussi de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas.

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune,…

Sous L’Ombre des Etoiles – Thomas Geha

sous l'ombre des etoilesRésumé : La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer…
Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement alors vous savez que j’apprécie beaucoup ce que propose Thomas Geha dans ces romans. On retrouve toujours une histoire divertissante, efficace, simple et haletante où le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment. Ce n’est donc pas une surprise si ce livre a rejoint ma PAL lors du dernier festival de l’imaginaire de Sèvre, qui plus est dédicacé. Ce roman nous plonge de nouveau dans un univers, l’univers planète Pirate, que l’auteur développe depuis quelques temps et qu’on retrouve dans La Guerre des Chiffonneurs (chronique ici) ainsi que dans sa nouvelle Tiges (chronique ). Chaque histoire peut être lue indépendamment des autres. À noter que je trouve la couverture, illustrée par Juan, vraiment sympathique.

J’ai été très agréablement surpris par ce roman, je pensais repartir dans une histoire, un peu western de l’espace, au rythme haletant et effréné que connait si bien l’auteur, alors qu’au final on se retrouve dans une histoire un peu plus calme, plus réfléchie, mais pourtant qui se révèle toujours aussi divertissante et captivante. En effet il s’agit plus ici d’un roman sur l’homme, la naissance, ou plutôt la renaissance du héros qui se retrouve sur une planète totalement inconnue et aux repères complètement déboussolés. Il va donc devoir complètement se réadapter, évoluer et accepter qu’il n’existe pas toujours de méchants simplement, souvent, des incompréhensions. Le roman est ainsi séparé en deux parties avec une première phase nous faisant découvrir de façon prenante, efficace et passionnante notre héros, sa façon de s’adapter et le monde qui l’entoure puis une seconde partie plus tranchante, plus intense et plus percutante sur les différents combats que va devoir livrer notre héros contre lui-même et aussi contre l’hostilité de certaines espèces. Le lecteur se retrouve vraiment pris par ce récit, à la fois fort et intimiste, tournant les pages avec envie et beaucoup de plaisir pour en découvrir plus.

Mais voilà l’auteur nous offre aussi une histoire intelligente, avec des idées vraiment intéressantes et humaines, comme par exemple sur l’acceptation des autres et leurs différences, le racisme, l’amitié, la famille ou encore des aspects plus généraux tel que la gestion des peuples ou encore le besoin d’essayer de vivre en harmonie et non en lutte pour le pouvoir et la puissance. Alors certes, le tout se révèle amené de façon simple, mais est vraiment efficace, sans jamais s’imposer et surtout prenante pour le lecteur qui, finalement, se retrouve à réfléchir au message transmis. Alors bon, c’est vrai, une ou deux fois j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher au message parfois trop optimisme à mon goût, mais c’est mon côté cynique qui ressort, rien à voir avec le lire.

Concernant l’univers il se révèle vraiment fascinant, complexe et il donne vraiment envie d’être découvert. L’auteur ne laisse rien au hasard, développant un monde complètement différent du nôtre, exotique et attachant à travers une faune et une flore des plus intéressante, faste et dépaysante. Une planète, certes qui se révèle dangereuse par bien des aspects, mais qui ne manque ni de charme ni de beauté. L’aspect vie nomade que découvre notre héros possède lui aussi pas mal d’attrait et permet ainsi de découvrir pleinement Seinbeck. L’auteur nous offre aussi un bakground solide sur les différents peuples qui composent cette planète, leurs évolutions et aussi leurs vies dans ces conditions même si j’aurai peut-être aimé plus de développement sur l’histoire de la planète. L’aspect politique ne manque pas d’attrait, mais vu que le roman est assez court fait que le tout ne reste pour le moment qu’esquissé. La technologie possède aussi son importance, même si une ou deux fois elle permet de se sortir peut-être un peu trop facilement de certaines situations, mais rien de dérangeant.

Les personnages présentés  se révèlent vraiment intéressants à découvrir tout au long de l’histoire. C’est surtout la vision que Kee a d’eux qui les rendent vraiment attachants et passionnant à suivre au fil des pages. On se retrouve avec des personnages clairement humains avec leurs émotions, leurs sentiments, leurs sensibilités et leurs envies de vivre de façon simple et normale. Les relations qu’ils partagent avec les différents protagonistes se révèlent vraiment efficaces et soignées et, même si on aimerai en savoir plus sur certains, ils nous happent clairement dans leurs nouvelles vies pleines de promesses, d’espoirs mais aussi de survie. Mon seul véritable regret est une certaine absence de nuances au niveau des personnalités qui fait qu’on repère sans trop de surprises les méchants des gentils et même si le roman essaye d’aller au-delà de cet aspect bien ou mal on n’est jamais vraiment surpris par certaines actions.

La plume de l’auteur a, je trouve à travers ce livre, gagné en poésie, en émotion et en complexité. Thomas Geha avait déjà fait preuve de ses qualités, mais plus à travers ses nouvelles que ses romans qui, eux, ont toujours plus mis en avant le côté divertissant et sans temps morts. Ici il garde toujours cet aspect divertissant et prenant, mais amène quelque chose aussi d’un peu plus profond et réfléchi que ce soit dans la présentation de son histoire ou encore à travers les rencontres et les descriptions.

Alors malgré toutes les qualités de ce roman je dois dire que quelques points m’ont quand même dérangé, déjà le côté court du livre, comme je l’ai dit, empêche clairement l’auteur de développer certains aspects que ce soit d’intrigue, comme par exemple ce mystérieux poing de verre, ou encore de développement et de rythme, les choses changeant ou se résolvant parfois un peu trop vite. De plus on ne peut enlever un aspect un peu linéaire à l’histoire. Mais malgré c’est quelques défauts ce roman m’a fait passer un bon moment de lecture et je lirai d’autres romans de l’auteur, qu’ils soient dans cet univers ou pas, sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire, certes un peu moins rythmé que La Guerre des Chiffonneurs, mais toujours aussi divertissante et que j’ai trouvé réfléchie et soignée. L’univers est vraiment exotique et passionnant à découvrir malgré ses dangers. Les personnages se révèlent attachants et humains et on accroche facilement à eux à travers le regard de Kee malgré le fait que certains auraient peut-être mérité plus de profondeurs. Par contre je regrette que le format court du livre fasse que certains aspects ne restent qu’esquissés laissant des questions en suspend et certains changement m’ont paru trop rapides. Je trouve aussi que l’histoire est un peu trop linéaire. Rien de non plus trop dérangeant, tant le tout se révèle efficace. De plus je trouve que la plume se révèle vraiment entrainante et, selon moi, gagne en poésie et en complexité. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup, Lune, Lorhkan, Spocky, Sylphe, DarkHawk, Cornwall, etc..

Alone Contre Alone – Thomas Geha

alone contre aloneRésumé : Pépé, Grise et leurs amis coulent des jours heureux sur une île paradisiaque quand un mystérieux commando débarque pour les éliminer. Obligés de se séparer, nos alones vont devoir reprendre la route. Et bientôt, Pépé découvre que s’il veut sauver ceux qu’il aime, il doit affronter un impitoyable ennemi dans un ultime duel… ALONE CONTRE ALONE!

 

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je m’étais lancé dans la lecture de A Comme Alone, le premier tome de ce diptyque et j’avais passé un très bon moment de lecture avec un livre fun, efficace et haletant le tout sans temps mort (ma chronique ici). Il n’a donc pas fallu longtemps avant que je me décide à me lancer dans la lecture de la suite en espérant retrouver tous les ingrédients qui avaient fait la réussite du premier tome. Je trouve la couverture, illustrée par Fran, toujours aussi sympathique malgré toujours ce léger manque de punch, mettant plus en avant le côté apocalypse.

On retrouve avec plaisir, dès les premières pages, les héros qui nous avaient accrochés dans le premier tome. On continue aussi à retrouver cette ambiance de film post apocalyptique des années 80 à la Mad Max qui colle parfaitement à l’histoire. Et pourtant très vite j’ai eu un doute, Grise se faisant de nouveau capturer j’ai eu peur d’une redite du premier livre, mais, je me suis rapidement rendu compte que je me trompais, l’auteur balayant mes doutes au fil des pages qui défilent. L’intrigue va cette fois nous plonger dans une histoire beaucoup plus complexe, plus grande et plus dense, concernant le devenir de l’humanité et de son évolution ce qui n’a pas manqué de m’accrocher, me faisant tourner les pages avec facilité. Surtout que ce roman, tout comme le volume précédent, ne manque pas d’actions, de rebondissements et de surprises qui font qu’on se laisse porter par l’histoire.

Car oui finalement, comme le premier tome, il s’agit d’un court roman, malgré le fait qu’il soit tout de même plus long que A Comme Alone, ce qui fait que certains aspects m’ont paru passer rapidement et manquer d’explications. J’aurai aimé, par exemple, en savoir plus sur cette catastrophe qui a amené le monde vers cette apocalypse ou encore sur cette mère sacrée qui a mis au monde les jumeaux, mais après tout, au final, on s’en fout car si je me suis mis à lire ce livre je savais très bien à quoi m’attendre et ce que je cherchais, l’intensité, l’action, un livre qui déménage et là-dessus le roman remplit parfaitement son rôle. Ce qui n’empêche pas non plus l’auteur d’effleurer tout de même quelques axes de réflexions intéressants au travers des pages, comme par exemple concernant la gestion du monde ou bien encore sur l’environnement.

On retrouve de nouveau cette France post-apocalyptique toujours aussi dangereuse, mais en pleine évolution. L’Univers développé par l’auteur continue à prendre de l’ampleur et on sent bien l’imagination débordante qu’il a envie de faire partager avec ces lecteurs même si, j’avoue, je n’ai pas accroché à tous les points comme par exemple le Lapin Blanc. Ce qui n’empêche pas au roman de recéler de très bonnes idées comme les mutants et les pouvoirs spéciaux qui se révèlent vraiment intéressant sans offrir non plus de trop grosses facilités à nos héros. Le fait de se promener en France ajoute aussi une certaine nostalgie et surtout une certaine compréhension au lecteur qui peut se situer plus facilement. Par contre, je reprocherai à l’auteur quelques aspects qui m’ont un peu dérangé comme ce fameux code de l’honneur Alone largement obsolète dans cet univers et surtout beaucoup trop mis en avant ou encore certaines facilités qui accélèrent un peu trop le récit comme les nano-robots.

Les personnages ne manquent pas de punch, de réparties et de cynisme et se révèlent toujours aussi attachants et passionnants à suivre tout au long du roman. Pépé, malgré son côté un peu à la dure et dégagé des problèmes du monde, se révèle toujours aussi attachant. Grise est un personnage agréable, mais sa propension à se faire kidnapper gâche un peu son côté femme forte et dure. Les nouveaux personnages apportent leur lots de surprise et d’intérêts, mais ce qui est vraiment intéressant c’est de retrouver des personnages secondaires du premier tome et de les voir se densifier dans ce tome, comme par exemple le Corbeau. Au final une brochette de personnages cyniques, captivants et vraiment efficaces même si parfois on aimerait juste en savoir un peu plus sur certains.

Le style de l’auteur se révèle toujours aussi incisif et prenant ce qui fait qu’on tourne les pages avec facilité pour se plonger dans cette nouvelle aventure de Pépé. Un roman qui, sans révolutionner le genre de la SF, remplit parfaitement son rôle de pure divertissement efficace, malgré le fait que je l’ai trouvé légèrement moins intense que le premier, la faute peut être que ce soit une suite ce qui fait qu’il n’y a plus l’aspect « nouveauté » et aussi par deux trois points qui sont tombés à plats durant ma lecture comme le Lapin Blanc ou cette surdose d’honneur à la Japonaise qui m’a paru incongru dans cet univers. Maintenant reste à savoir si un jour un troisième tome sera écrit, car je le lirai sûrement avec plaisir tant pour le moment cette série se révèle haletante et divertissante.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment avec le second tome de cette série grâce à une intrigue plus complexe et moins personnelle que le premier ou notre Pépé va se retrouver, bien malgré lui, au milieu d’une grande crise. Une intrigue vraiment haletante et divertissante qui remplit parfaitement son rôle de faire tourner les pages au lecteur même s’il reste ce léger sentiment de manquer parfois d’informations tant l’auteur va vite sur certains passages. L’univers mis en place et toujours aussi efficace et l’auteur lâche complètement son imagination avec, je l’avoue, plus ou moins de réussite. Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre, les nouveaux personnages se révèlent intéressants et le développement de personnages secondaires du premier tome à peine effleurés est agréable. Le style de l’auteur est toujours aussi agréable et incisif et colle parfaitement à ce livre qui se révèle être un pur divertissement réussi. Une suite qui se révèle peut être un chouïa moins bon que le premier, peut être par le fait qu’on a perdu l’aspect découverte et par un ou deux points qui ne m’ont pas accrochés plus que cela, mais rien de bien gênant.

 

Ma Note : 7,5/10

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