Tensorate Book 1, The Black Tides of Heaven – J.Y. Yang

Résumé : Mokoya and Akeha, the twin children of the Protector, were sold to the Grand Monastery as children. While Mokoya developed her strange prophetic gift, Akeha was always the one who could see the strings that moved adults to action. While his sister received visions of what would be, Akeha realized what could be. What’s more, he saw the sickness at the heart of his mother’s Protectorate.
A rebellion is growing. The Machinists discover new levers to move the world every day, while the Tensors fight to put them down and preserve the power of the state. Unwilling to continue to play a pawn in his mother’s twisted schemes, Akeha leaves the Tensorate behind and falls in with the rebels. But every step Akeha takes towards the Machinists is a step away from his sister Mokoya. Can Akeha find peace without shattering the bond he shares with his twin sister?

Edition : Tor

 

Mon Avis : Concernant cette première novella de la série Tensorate, j’en entends parler depuis fin 2017 soit au moment de sa publication. Les retours, majoritairement positifs, des lecteurs anglo-saxons m’avaient donné envie de la découvrir. J’étais aussi intrigué par l’univers esquissé dans le résumé. Pourtant, et malgré l’excellent retour d’Apophis à l’époque, j’ai laissé trainer les choses au point de ne jamais, à ce jour, le faire entrer dans ma PAL. Il m’a fallu attendre il y a peu et l’offre de l’éditeur Tor qui proposait l’ebook gratuitement pour qu’enfin je me décide de le découvrir et ainsi pouvoir me faire mon propre avis. Concernant la couverture, illustrée par Yuko Shimizu, je la trouve franchement très réussie et superbe.

Cette novella nous fait découvrir Sung, dirigeant du Grand Monastère, convoqué par la Protectrice, la dirigeante politique du pays, qui espère voir ainsi la dette entre eux être payée. En effet, en échange du soutien du monastère lors de révolutions la Protectrice devait lui envoyer un enfant en formation. Sauf qu’à la surprise de Sung, cette dernière ne va pas lui envoyer un de ses enfants déjà grands comme il l’espérait, car elle vient justement d’accoucher d’enfant jumeaux qu’elle accepte de laisser au Monastère : Mokoya et Akeha. Personne ne le sait encore mais ces enfants vont avoir un destin loin d’être paisible. Alors, je dois bien admettre une fois la dernière page tournée que j’ai passé un assez bon moment de lecture avec ce roman, mais qu’il lui a manqué un petit truc qui aurait pu le rendre encore meilleur. Concernant l’intrigue, on est dans du plutôt classique ; deux enfants qui vont devoir faire face à un monde où la violence règne, où leur mère, La Protectrice, parait être plus un tyran qu’une visionnaire. Pour autant l’histoire reste tout de même solide dans sa construction, avec une montée en tension au fil des pages et surtout des choix intéressants de chacun des deux héros qui vont, d’une certaine façon, tenter d’aller contre leur mère sans non plus le faire trop frontalement. Maintenant j’avoue que l’intrigue manque un peu de consistance et de complexité, elle sert finalement, selon moi, juste de décor à l’évolution des deux personnages. Après, par contre, je ne doute pas qu’elle prenne de l’ampleur dans les autres textes.

Le gros point fort du roman vient clairement, je trouve, de son univers, ou plutôt, j’y reviendrai, des idées et originalités qui sont apportées par J.Y. Yang. On se retrouve ainsi dans un monde aux consonances fortement asiatiques que ce soit dans sa représentation, son aspect culturel ou bien encore à travers certaines coutumes. Cela apporte, je trouve, un côté rafraichissant, car même si on en voit de plus en plus, ce genre de fantasy qui évite le côté médiéval européen reste quand même encore un peu à la marge. Je me suis ainsi retrouvé dépaysé à la découverte de ce monde, même si un peu frustré de son format court. La toile de fond s’avère pourtant solide et efficace. Là où le récit gagne encore un peu en intérêt c’est dans ce mélange de magie et de technologie. Alors certes, il est encore un peu binaire, principalement dans la confrontation où la magie paraît être majoritairement la force du pouvoir et la technologie la force des Machinistes ; les révolutionnaires. Pour autant ce mélange fonctionne très bien, évitant certains écueils ou certaines facilités, qu’on retrouve parfois dans d’autres romans et qui auraient pu être utilisés. Ainsi les deux ne sont que des outils, avec leurs avantages, leurs défauts, qui peuvent aussi bien servir à détruire, asservir, ou bien encore à tenter de libérer. Finalement, c’est ceux qui s’en servent qui définissent leurs utilités. Le côté original, je trouve, vient clairement de la magie et de cette idée de Slack, de ce que cela amène comme possibilités dans les manipulations qui peuvent être réalisées. En effet selon quel élément on manipule on n’a pas les mêmes actions possibles. J’attends de voir comment cela va se développer dans les autres livres.

Après, comme je l’ai dit, pour moi l’aspect le plus intéressant de ce roman vient clairement de cette idée sur les genres. En fait dans ce monde on ne nait pas genré, on grandit ainsi neutre et on choisit à un moment le genre que l’on souhaite devenir. Ou plutôt je dirais on grandit, et en se trouvant, se comprenant, on trouve son genre.  J’ai ainsi trouvé cette idée intéressante, surtout que J.Y. Yang les traite à travers l’histoire de ses bébés jumeaux de façon sensible, soignée et efficace. Ce traitement fait ainsi qu’en plus d’offrir une ouverture, une ode à la tolérance, il y a aussi un vrai apport à l’univers qui est proposé. Ainsi on est dans un univers où on peut évoluer, apprendre, étudier, se trouver un métier etc, sans que pour cela  le genre n’interfère. Maintenant un point m’a en partie dérange dans ma lecture, ce qui fait ce roman, même s’il reste plutôt bon, ne m’a pas non plus complètement emballé et il vient de la construction du récit. En effet on est dans une novella et le récit traite de plus de trente ans de la vie de nos héros ; pour mener à bien une telle « fresque » J.Y. Yang a donc choisi finalement de traiter de quatre passages de la vie des protagonistes principaux. Cela donne ainsi l’impression de ne suivre que des bouts de vies des personnages, mais aussi amène des ellipses temporelles qui m’ont paru très frustrantes.

Obligatoirement cela se ressent, je trouve, dans les personnages qui ont certains aspects de leurs vies, certains choix, certaines évolutions, très soignés et travaillés mais d’autres à peine esquissés. C’est assez frustrant, car on a l’impression d’une construction psychologique un peu bancale et surtout se ressent aussi sur les personnages secondaires qui ne sont finalement pas plus épais qu’une feuille de papier ce qui est quand même un peu dommage. Surtout quand on sait que le roman est un peu un récit d’apprentissage. Maintenant voilà, même si tout n’est pas parfait, j’ai quand même apprécié ma lecture de cette novella, bien porté par une plume simple, soignée et efficace qui réussit par moment à rendre des passages franchement intimes, poignants et touchants. Je lirai la seconde novella de cet univers avec plaisir, tout en sachant que trois textes ont déjà été publié et que normalement un quatrième est prévu pour 2019.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette novella qui, même si elle m’a frustré par certains points, offre des idées très intéressantes. On se retrouve ainsi ici à suivre le destin de jumeaux, enfants de la dirigeante de ce monde, La Protectrice, qui vont devoir trouver leurs voies. L’histoire s’avère plutôt classique dans sa construction, mais ne manque pas d’être solide. Je regretterai peut-être un peu le fait qu’elle ne soit qu’au second plan par moment, mais dans l’ensemble elle s’avère entrainante, montant en tension au fil des pages. Le gros point fort vient de l’univers, que ce soit dans sa construction asiatique, ce qui offre un côté rafraichissant et dépaysant, mais aussi dans son aspect magie et technologique qui, même s’il y a un côté binaire, ne manque pas d’attrait. J’ai trouvé d’ailleurs très intéressant cette idée de Slack qui est développée au niveau de la magie. Mais le gros point fort de ce récit vient, je trouve, de cette idée originale d’enfants qui naissent neutres et doivent évoluer, grandir, se découvrir avant de choisir leurs genres. En plus d’être un message de tolérance, d’ouverture et de faire réfléchir, il apporte aussi un vrai plus au récit. Je regrette par contre que le format novella, ajouté au fait que le récit couvre plus de trente années de la vie des héros, m’ait apporté un sentiment de frustration. En effet certains aspects des héros sont très poignants, touchants, mais d’autres m’ont paru traité de façon trop rapide ou trop simpliste par manque de densité. Cela amène aussi pour conséquence le fait que les personnages secondaires m’ont paru manquer de profondeur. Pour autant malgré ces points que je viens de soulever, j’ai apprécié ma lecture, bien porté par une plume efficace, entraînante et je lirai la suite avec plaisir pour voir ce que peut proposer J.Y. Yang.

 

Ma Note : 7/10

 

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  1. Il est dans ma PAL celui là, il faut juste que je trouve le temps de le lire…

    • Je connais ça, c’est justement par manque de temps que j’ai failli ne pas le lire heureusement que Tor l’a proposé pour me rappeler que je voulais découvrir ce livre.

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