The Interdependency Book 1, The Collapsing Empire – John Scalzi

Résumé : Our universe is ruled by physics and faster than light travel is not possible — until the discovery of The Flow, an extra-dimensional field we can access at certain points in space-time that transport us to other worlds, around other stars.
Humanity flows away from Earth, into space, and in time forgets our home world and creates a new empire, the Interdependency, whose ethos requires that no one human outpost can survive without the others. It’s a hedge against interstellar war — and a system of control for the rulers of the empire.
The Flow is eternal — but it is not static. Just as a river changes course, The Flow changes as well, cutting off worlds from the rest of humanity. When it’s discovered that The Flow is moving, possibly cutting off all human worlds from faster than light travel forever, three individuals — a scientist, a starship captain and the Empress of the Interdependency — are in a race against time to discover what, if anything, can be salvaged from an interstellar empire on the brink of collapse.

Edition : Tor

 

Mon Avis : Je pense que l’on pourrait qualifier l’année 2018 sur le blog d’année John Scalzi. Fin de l’année dernière je n’avais encore rien lu de l’auteur, aujourd’hui j’en suis à mon troisième livre lu. Alors il est à noter que cette lecture entre plus dans mon challenge personnel concernant la lecture de l’ensemble des romans nominés aux Hugo Awards. Si cette nouvelle série de l’auteur n’avait pas été sélectionnée, je pense que j’aurai d’abord terminé ma découverte du cycle du Vieil Homme et la Guerre, dont le premier tome m’avait bien accroché (ma chronique ici), et puis parce que j’aime bien terminer la série d’un auteur avant d’en commencer une autre. Concernant la couverture, illustrée par Nicolas « Sparth » Bouvier, je la trouve très sympathique et qui colle bien à l’univers de l’auteur. Il est aussi à noter qu’en plus d’être nominé au Hugo Awards ce livre a gagné il y a peu le prix Locus 2018 dans la catégorie roman de science-fiction.

Ce roman nous plonge dans un avenir lointain qui a vu l’humanité s’essaimer dans l’univers. Ne pouvant dépasser la vitesse de la lumière, elle s’est répandue grâce au Flow, des trous de ver qui permettent de faire en quelques mois un voyage de plusieurs années. Sauf que le Flow peut dans de très rares cas varier son cours, ce qui a fait que le chemin vers la Terre s’est perdu depuis longtemps. Aujourd’hui plusieurs planètes reliée par le flow ont fondé un empire qui survit grâce, principalement aux échanges entre les planètes. En effet seule la planète End permet de vivre à sa surface. Sauf que voilà, une étude scientifique le démontre, le Flow s’effondre, l’empire va perdre ses « autoroutes » ce qui pourrait amener la mort de millions de personnes. Ah John Scalzi, j’ai bien aimé son roman Le Vieil Homme et la Guerre, qui offrait une SF militaire fun, efficace, et imaginative. En me lançant à la lecture de ce livre j’espérais retrouver ce côté là, et j’avoue c’est légèrement le cas avec un récit qui ne manque pas de punch. Oui, on tourne les pages facilement. Pourtant, au final, je n’ai jamais réussi à franchement entrer dans ce récit, disons que je dirai que je n’étais clairement pas le public cible. Premier soucis, pour moi, l’auteur abandonne la vision militaire de son autre série pour un aspect plus politique avec son lot de jeux de pouvoir. Sauf que voilà, il construit sa vision de la politique un peu comme il construit ses autres récit, de façon percutante, sans temps morts, un peu comme un éléphant dans un jeu de quille, là où cela aurait mérité un peu plus de finesse. Alors oui, si vous cherchez de la SF entraînante, incisive et qui va très vite, c’est le genre de roman que vous pourriez accrocher, pour ma part j’ai besoin d’un peu de logique et pas simplement un livre qui cherche à m’en mettre plein la vue. J’ai aussi que moyennement accroché à l’humour de l’auteur qui, parfois fait mouche, mais globalement m’a paru lourd.

C’est bien simple,  quand j’ai terminé ma lecture de ce roman je me suis demandé s’il ne me manquait pas la moitié du livre, où si je ne lisais pas un très long synopsis tant il n’y a quasiment aucune tentative de densifier un peu ce qui est construit. Alors oui, en série TV ou en film cela pourrait sûrement offrir quelque-chose d’efficace, en tant que roman, cela ne m’a pas accroché. Je ne demande pas non plus un pavé d’intrigues politiques complexes et tortueuses, mais là, franchement, cela m’a paru inconsistant, plat et fade. Si on prend pour exemple l’univers, franchement mis à part le Flow et des tentatives vaguement pseudo-rationnelles de vouloir m’expliquer les lois scientifiques de ce monde, il m’a paru aussi épais qu’une feuille de papier, ce qui est bien dommage et rapidement frustrant. D’ailleurs, si je reviens sur les explications scientifiques, elles m’ont paru lourdes tant elle repose sur des systèmes narratifs qui ne m’ont pas paru fluide. En effet, soit le narrateur s’arrête en plein récit et dit clairement « bon là je vais vous faire un petit point science pour vous expliquer », soit il se sert d’un élément bien pratique, une sorte de chambre des souvenirs où tous les esprits des anciens empereurs ont été téléchargés. Je dis bien pratique car elle permet à l’auteur d’oublier cette règle du « montre, ne dit pas » en offrant à chaque besoin d’un peu d’explication des dialogues qui sont là pour boucher les « trous » du lecteur et surtout éviter de prendre du temps. C’est frustrant, car cela enlève tout travail imaginatif et rend finalement la toile de fond assez creuse. Surtout que bon il y aurait de quoi développer, surtout dans un univers ou finalement les voyages prennent à nouveau des mois avec tout ce que cela peut occasionner.

Concernant l’aspect politique ou encore social, là aussi j’ai trouvé que l’auteur ratait le coche et ne m’a pas convaincu. Il propose un monde ou les planètes ne peuvent pas vivre sans les unes et les autres, mais l’ensemble n’est jamais un tant soit peu développé. On ne visite finalement que deux planètes, mais surtout elles ne sont à peine qu’esquissé, juste histoire de dire qu’elles existent. Le système politique repose sur une notion d’empire, ce qui m’a plutôt surpris quand j’ai vu l’idée se développer, mais pourquoi pas. Sauf que voilà on a beau suivre la nouvelle Impératrice de ce monde, pourtant je n’ai jamais eu l’impression de comprendre comment marchait ce système politique tant l’auteur ne cherche jamais à le développer. En fait il fallait un système, il en a mis un. Attention je ne souhaitais pas non plus une construction complexe à nombreuses ramifications, mais il y a un monde entre cela et ici une impératrice qui parait brasser du vent et tenter durant tout le livre de refuser un mariage politique qui ne lui convient pas. C’est le seul point politique développé. Concernant les réflexions, je ne vais pas dire que John Scalzi est du genre à questionner de façon complexe et intelligente, Le Vieil Homme et la Guerre faisait réfléchir par des arguments certes légèrement gros, mais qui collaient au récit s’avéraient percutants dans l’intrigue. Ici on a juste l’impression que l’auteur vient caser ses idées du moment et, vu que l’ensemble autour n’a que peu de profondeur, elles ne réussissent jamais à vraiment fonctionner.

En ce qui concerne les intrigues et sous-intrigues, franchement par moment j’ai eu l’impression de lire un Young Adult grossier, chaque péripétie annoncée se révélant résolue le chapitre suivant, mais de façon parfois totalement illogique. Franchement, celle de la fin avec une héroïne accusée de meurtre m’a paru tellement mal amenée, mal présentée et tellement mal conclue à mon goût la faute à une évolution trop grossière et simpliste. Puis j’en ai aussi un peu marre de ces tropes usées jusque la moelle où, par exemple, quand tu veux entrer dans un endroit secret où voir quelqu’un d’important tu hurles et tu sors des aberrations au gardien du genre « si vous ne me laissez pas passer vous serez viré c’est à vous de voir » qui bien entendu te laisse entrer sans prendre la peine de vérifier. Je cite celui-là, mais il y en a deux ou trois du même genre. Attention je pense que cela peut fonctionner, dans certains cas, pas quand tu entres dans la maison d’un des conseillers les plus influents du pays et pas présenté de la façon dont le fait l’auteur.

Autre point qui m’a bloqué : Le Flow. Il s’effondre et durant tout le roman on nous annonce que seuls deux scientifiques s’en sont rendu compte. D’une, imaginer que le flow s’effondre et s’entendre dire que l’empereur a décidé d’envoyer un gars faire des calculs à l’autre bout de l’univers alors que cela pourrait occasionner la mort de l’Empire me dérange. Désolé. Sans dire qu’il faut hurler sur tous les toits cette idée n’est nullement cohérente ni scientifique. De deux, il faut arrêter avec le scientifique perdu qui fait tout, tout seul dans son coin avec son cerveau sa feuille de papier et son crayon, surtout qu’on ne nous explique jamais vraiment comme il peut faire une telle constatation sans que personne d’autre ne le constate. C’est à croire qu’il n’y a que deux scientifiques sur l’ensemble des 48 planètes. On est aussi dans un avenir ou on voyage dans l’espace existe, où certaines technologies paraissent évoluées et où, pourtant, les scientifiques paraissent tout faire à la main sans aucun ordinateur pour contrôler les données. D’ailleurs en parlant de technologie, je trouve que l’auteur manque d’imagination, il nous décrit finalement notre monde avec juste deux ou trois idées futuristes. Enfin il faut dire vu la facilité dont on peut « hacker », ce qui facilite bien l’intrigue, oui il vaut mieux ne pas avoir de technologies trop puissantes.

Concernant les personnages, on suit trois héros différents Marce, Cardenia, et Kiva et franchement, aucun n’a réussi à me captiver. Il y a bien Cardenia qui m’a paru un peu complexe et intéressante dans sa construction, mais voilà pour une Impératrice elle paraît quand même (désolé) un peu cruche et attentiste. Alors après, à sa décharge, elle n’était pas prévue à ce rôle, ça devait être son frère. Sauf que, si on est logique, normalement les familles royales préparaient l’ensemble de leurs enfants à pouvoir régner. Elle n’est pas aidée non plus par l’auteur qui gère mal son ellipse de neuf mois donnant l’impression que l’héroïne n’évolue pas et parait toujours aussi innocente et inutile dans le système. Concernant Marce je n’ai pas grand chose à dire sur lui, il m’a paru fade et parait tellement attendre que les choses se passent qu’il ne m’a pas accroché. Concernant Kiva, la fille d’une famille noble et influente, je ne dirai pas que l’héroïne est inintéressante, mais sa construction la dessert, pour ma part, plus qu’autre chose. John Scalzi a voulu faire d’elle le genre d’héroïne un peu cool, un peu badass, qui dit fuck à chaque phrase qu’elle prononce. Ce genre de personnage peut marcher, d’autres romans ou films me viennent en tête, sauf que là l’auteur n’a pas trouvé la bonne formule. Kiva m’a ainsi donnée l’impression d’être une mauvaise caricature d’une jeune de banlieue qui considère que Fuck est un mot génial et tellement cool. Concernant les antagonistes, je ne dirai pas grand-chose, juste que quand je considère mes ratons et leurs plans machiavéliques comme plus intelligents que les machinations des méchants ce n’est jamais bon.

Je vais m’arrêter là, je pense que vous avez compris que je n’ai pas accroché à ce roman. Certes il possède une énergie et un côté percutant, mais je pense tout simplement que je ne suis pas le genre de lecteur que cherche à attirer ce livre. Après mon passage sur Goodreads je me suis rendu compte que ce roman a clairement trouvé son public, ceux qui cherchent une SF entraînante, qui va vite et en met plein les yeux sans se prendre la tête, ou bien ceux qui seraient peut-être peu adepte de lire de la SF (c’est fou le nombre de retours que j’ai vu passer disant que les trous de vers c’était quand même tellement original). Pour ma part l’ensemble m’a plutôt paru écrit trop rapidement, manquant aussi de consistance, d’un minimum de profondeur et de construction. D’ailleurs je me suis même demandé si le contrat de l’auteur, signé il y a un peu plus de deux ans, annonçant qu’il allait sortir 13 livres avant 2026 ou 2027 ne jouait pas sur l’écriture de ce dernier avec des deadline très courtes. Après je peux me tromper, ce n’est qu’une réflexion personnelle. En tout cas pour ma part je ne lirai pas la suite de cette série.

En Résumé : J’avoue je suis passé à côté de ce roman dont je n’étais tout simplement le public cible. John Scalzi offre ici un roman qui va vite, très vite, qui se veut incisif, entraînant et sans temps mort. Sauf qu’il ne m’a jamais paru un tant soit peu profond ou travaillé contrairement à son autre cycle (Le Vieil Homme et la Mer) qui arrivait à offrir un cycle percutant, mais avec un minimum de densité et de solidité. Concernant l’univers, mis à part cette idée de Flow qui s’avère un peu développée, le reste m’a paru aussi épais qu’une feuille de papier alors qu’il y avait tellement plus à proposer. Concernant l’aspect politique et social là aussi l’auteur ne propose pas grand-chose à se mettre sous la dent tant ces points ne paraissent pas intéresser l’auteur et reposent même sur une construction régulièrement frustrante. L’aspect scientifique est juste une caricature du monde scientifique avec un mec perdu sur sa planète qui fait ses petits calculs sans aucune vérification de quiconque. D’un point de vue technologique on n’a pas vraiment l’impression d’avoir évoluer sauf concernant les vaisseaux spatiaux. Les personnages ne m’ont jamais clairement accrochés, sur les trois héros Cardenia arrive un peu à s’avérer un minimum complexe, là ou Marce m’a paru fade et où Kiva est une mauvaise caricature et balance du « fuck » à chaque ligne de dialogue sans que cela la rende vraiment cool. Concernant les antagonistes, quand je considère que mes ratons ont des plans mieux réfléchis qu’eux ce n’est jamais bon. Les intrigues et sous-intrigues m’ont paru traités trop facilement, rapidement et avec tellement de simplicités que je n’ai jamais vraiment réussi à accrocher aux différents fils rouge. Au final je n’ai pas accroché à ce nouveau cycle de l’auteur, surtout que j’ai aussi trouvé qu’il en faisait trop au niveau de l’humour que je trouve lourd. Je ne lirai pas la suite pour ma part, même si je me doute que ce livre trouver son public au vu des retour sur Goodreads et autres blog.

 

Ma Note : 4/10

 

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  1. Le contraire de toi pour ma part!
    J’ai adoré même s’il n’est pas sans défaut (dont quelques réserves sur les personnages). ceci dit, c’est un tome introductif, alors j’en attends plus du prochain (Prix Locus).

    • Je comprends, pour ma part j’ai eu l’impression d’une introduction vite expédiée avec de nombreuses facilités. Concernant le prix il faut dire que j’ai l’impression que les prix ont évolué vers un côté distrayant, pop-corn qui n’est pas obligatoirement la majorité de lecture que je recherche, même si parfois j’en lis. Après ce n’est qu’un avis, je ne remet pas en cause ces Prix, c’est le public qui décide.

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