Mois : mai 2011 (Page 1 of 3)

Là Où Vont Nos Pères – Shaun Tan

Résumé : Pourquoi tant d’hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l’avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l’histoire de tous les immigrés, tous les réfugies, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage…

 

Edition : Dargaud

 

Mon Avis : Je me suis lancé dans la découverte de cet auteur après avoir visité le blog de Miss Spooky Muffin. Shaun Tan étant l’un de ses auteurs préférés et elle a réussi à me lancer dans la découverte de ces Bandes Dessinées. De plus je dois dire que je trouve la couverture vraiment très réussie, surprenante et qui attire le regard. A noter que cet album a gagné le fauve d’or Angoulème 2008 qui récompense le meilleur album.

Cet album raconte l’histoire d’un homme qui va fuir son pays envahi pour essayer de trouver un endroit meilleur où vivre avec sa femme et sa fille. Il va devoir s’adapter à ce nouveau pays, à leurs coutumes, leurs façons de vivre et leur langage. Cet album est une sorte d’hommage mais aussi un travail de mémoire et de souvenirs de l’auteur à tous ces immigrés, ces réfugiés, à tous ceux qui se sentent étrangers … Le père de Shaun Tan a lui même été obligé de s’exiler.

Première chose qui surprend quand on ouvre ce livre c’est qu’il s’agit d’un album muet, pas de dialogues du début à la fin et je dois dire que c’est une réussite. Etant immigrants il est normalement peu probable de connaître la langue du pays d’accueil et donc l’absence de paroles, remplacer par le langage des gestes et du corps ajoute énormément à cette impression de débarquer, et de découverte de ce pays. C’est cette incompréhension qui nous rend vraiment proche des personnages. L’histoire en elle même est vraiment riche et captivante et même après plusieurs lectures on continue à découvrir cet album.

L’auteur va aborder dans ce livre plusieurs sujets dont le déracinement, la pauvreté, les difficultés d’intégration, la solitude ou encore les problèmes d’administration, mais voilà l’auteur ne le fait pas de façon direct, il n’impose pas au lecteur ces images mais il le fait plus de façon représentative par des allégories que le lecteur découvre seul au fur et à mesure de sa lecture. D’ailleurs les image sont vraiment superbes dans ce livre, on a l’impression des fois de parcourir un album de vieilles photos tellement les personnages sont réalistes. Et la ville est, je trouve, sublime et surtout déconcertante par ces symboles et ces éléments complètement différents de notre monde.

L’autre grande force de cet album sont les émotions transmises par les personnages qui paraissent tellement réalistes, prenantes et sincères. Le personnages principal arrive à transmettre aux lecteurs ses sentiments que ce soit la solitude, la plongée dans une ville inconnue, le sentiment de dépareiller dans cette ville mais aussi finalement l’espoir de s’en sortir, de pouvoir réussir et vivre une vie meilleure. Je dois dire que ce livre fut pour moi une grande réussite et une très belle découverte je remercie donc Miss Spooky Muffin pour la découverte de cet album.

En Résumé : Cette Bande Dessinée ne se lit pas, non, on voyage à travers les pages de ce livre, on vit et ressent les sentiments portés par les images que ce soit le déracinement, la solitude mais aussi l’espoir. J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre, les dessins de l’auteur sont sublimes avec un trait saisissant et une retranscription des émotions intenses, mais aussi un trait onirique et magique principalement dans la découverte de la ville. Cet album mérite d’être découvert selon moi.

 

Ma Note : 9/10

En Mémoire de la Forêt – Charles T. Powers

Résumé : En Pologne, quelques années après la chute du communisme. Lorsqu’on retrouve le cadavre d’un homme dans la forêt qui entoure le petit bourg de Jadowia, Leszek, un ami de la famille du disparu, décide de faire la lumière sur cette affaire. Il comprend vite que cet assassinat est lié à l’histoire trouble du village. Mais dans cette petite communauté soudée par le silence, beaucoup ont intérêt à avoir la mémoire courte et sont prêts à tout pour ne pas réveiller les fantômes du passé. L’ère communiste a en effet laissé derrière elle bien des séquelles et personne n’a rien à gagner à évoquer cette période où la dénonciation était encouragée, la paranoïa et la corruption omniprésentes, les comportements souvent veules. Sans parler de secrets plus profondément enfouis encore, datant de la Seconde Guerre mondiale, lors de la disparition brutale des Juifs établis à Jadowia depuis plusieurs générations. Leszek va devoir mettre sa vie en jeu pour venir à bout de cette chape de silence, et faire surgir une vérité bien plus inattendue encore que tout ce qu’il avait imaginé.

Edition : Sonatine

 

Mon Avis : J’ai la chance de découvrir ce livre en avant-première, en effet ce roman ne sera mis en vente que courant août. Ce livre a d’ailleurs été lu dans le cadre de l’opération littéraire Libfly/Furet du Nord et je remercie donc les éditions Sonatine, Libfly et la librairie Furet du Nord pour la découverte de ce livre. Je dois dire que je trouve la couverture, illustrée par Rémi Pépin, vraiment jolie et sobre. A noter qu’il s’agit du seul roman de l’auteur qui est décédé après avoir remis son manuscrit.

Le communisme vient de s’effondrer et dans un petit village on vient de retrouver le corps d’un jeune homme, Tomek, assassiné. Leszek, qui était son meilleur ami, va décider de mener son enquête, mais voilà la Pologne, depuis la guerre, a beaucoup de secrets. Il ne s’agit pas ici d’un thriller classique sur la résolution d’un meurtre mais plus d’un état des lieux d’un pays ravagé par la
seconde guerre mondiale et par le communisme où les secrets et la corruption dominent. Mais aussi un pays qui se cherche dans cette période de changement et de soit disant liberté. Ce livre nous conte, à travers la ligne conductrice de l’assassinant de Tomek, la vie de simples habitants d’un village qui cherche à s’en sortir, à survivre, loin des personnage des thrillers habituels.

Ce livre parle de l’oubli, en effet il est si simple d’oublier le meurtre de Tomek une fois enterré, comme il est si simple d’oublier les actions qu’on a commis soit durant la guerre soit durant la période ou le communisme était au pouvoir ou encore oublier qu’un jour des juifs ont vécu dans le village. Il est si simple d’oublier tout ça pour apaiser sa conscience et c’est un peu ce que nous rappelle l’auteur. On est loin ici des thrillers remplis d’action et d’adrénaline et pourtant on se laisse facilement emporter par l’histoire qu’on a du mal à lâcher le livre tellement on se passionne pour ces hommes et ces femmes et aussi pour ce pays qui a tellement souffert.

Les personnages sont vraiment tous denses, bien construits et attachants. Chacun d’eux à sa propre personnalité, ses propres secrets et ses propres envies, mais surtout ils sont loin d’être des
héros, ce sont des gens communs comme des fermiers, des employés, etc… Le fait de rendre les gens proche de nous apporte beaucoup à l’histoire, on se sent plus près d’eux et par moment on peut les comprendre et comprendre leurs actions à défaut de les accepter.

L’auteur a du énormément se renseigner pour mettre en place son livre, et situer son intrigue en Pologne est vraiment une réussite, pays ayant été souvent envahi par les allemands ou les russes, un pays persécuté, mais aussi le pays ou se situait le plus grand nombre de camps d’extermination de la seconde guerre mondiale. Un pays blessé qui a du mal à se relever et la chute du communisme ne va pas l’aider, l’économie va se retrouver au plus bas et les différents trafics s’accentuent. Situer l’intrigue du roman dans ce petit village est une bonne idée et il devient ainsi le
microcosme d’un pays bouleversé.

La plume de l’auteur est vraiment complexe, subtile, intrigante et passionnante. On se retrouve facilement captivé par cette histoire et ces personnages. L’auteur joue même sur la forêt qui entoure ce village, elle devient la gardienne des secrets de chacun. Tout ce qui se passe dans la forêt est caché aux autres, secret, voir oublié. Mais voilà c’est un peu de la forêt que va venir ce travail de mémoire et de souvenir. Si j’ai juste un reproche à faire à ce livre c’est sa fin un peu trop opttimiste. Mais bon rien de dérangeant. Un excellent livre qui nous offre un travail de mémoire sur des sombres périodes et qui nous rappelle que tenter d’oublier ne résout jamais rien.

En Résumé : Si vous aimez les thrillers plein d’adrénaline et de tension passez votre chemin , ce livre ouvre plus un étant des lieux sur un pays blessé par la guerre et le communisme ou chacun possède ses secrets et ses complots. Une intrigue toute en finesse et passionnante avec des personnages proches de nous et attachants et une plume vraiment efficace, dense et subtile. Un livre qui, selon moi, mérite d’être découvert. Mon seul petit reproche serait concernant la fin un peu trop optimiste.

 

Ma Note : 9/10

 

Le Joueur de Cartes – Daniel Henocq

Résumé : Édimbourg, hiver 1899. L’un des plus rigoureux que la capitale écossaise ait connu depuis longtemps. Un navire de commerce, un mystérieux brick vient de mouiller l’ancre en plein milieu du port de Leith. Fait étrange, aucun membre d’équipage ne participe à la manoeuvre. Arthur Conan Doyle, auteur du célèbre Sherlock Holmes, est dépêché à bord par l’amirauté en tant que médecin et expert en maladie infectieuse. Une fois sur le navire, ce qu’il découvre dépasse son entendement. Allongé sur sa couchette, au seuil de la mort, le capitaine Artimus Fletcher lui confie un terrible secret. À aucun moment il ne devra ôter la bâche qui recouvre l’objet entreposé dans les cales, et en aucun cas tourner la clé qui met en route cette mécanique. Contre l’avis du docteur, l’encombrant paquet est transféré dans une annexe du musée d’Édimbourg. Pour Sophie McLaughlin, fille du conservateur, c’est l’occasion rêvée pour mettre un terme à la longue monotonie des jours d’hiver. Mais sera-t-elle prête à plonger dans un univers où l’imaginaire règne en maître ?

Edition : Volpilière

 

Mon Avis : Ce qui m’a fait  me pencher sur ce livre c’est le quatrième de couverture mélangeant Ecosse avec Sir Arthur Conan Doyle, mais aussi la comparaison avec des univers comme Alice aux Pays des Merveilles ou encore le Magicien d’Oz. Alors quand Babelio a proposé ce livre lors de son dernier Masse Critique j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai été sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Volpilère pour la découverte de ce livre. Je trouve la couverture, illustrée par Margaux Kindhauser (son blog), vraiment sympathique et colle très bien à l’ambiance Jeunesse du livre.

Un bateau vient d’accoster dans le port de Leith et il porte le drapeau jaune signifiant qu’une maladie sévit à son bord. Le docteur Sir Arthur Conan Doyle est dépêché à son bord pour déterminer la cause de ce mal. Mais voilà le bateau transporte un drôle d’objet qui cache un terrible secret dont il ne vaudrait mieux pas découvrir. Ce qui ne va pas empêcher à la jeune Sophie de mener à bien son enquête et va se retrouver coincée dans un univers totalement inconnu.

Comme annoncé  par le quatrième de couverture ce livre rend hommage à Alice aux Pays des merveilles ou encore le Magicien d’Oz ou même par certains aspects vers Disney. L’auteur a pioché à droite et à gauche des idées qu’il a rajouté aux siennes pour ce livre ce qui, à défaut d’offrir une histoire originale, l’auteur n’arrivant pas à se libérer de son hommage, nous offre une intrigue plutôt solide et efficace, mais qui donne une impression déjà-vu si on est un adepte des lectures de l’imaginaire. Malgré tout la lecture est plaisante et on tourne les pages avec facilement à la découverte de ce monde magique et de ses habitants.

Concernant les personnages ils sont tous soignés, attachants et j’ai trouvé l’idée plaisante d’y ajouter  un personnage connu comme Arthur Conan Doyle. Par contre concernant Sophie, l’héroïne, il s’agit d’une véritable enfant gâtée qui n’en fait qu’à sa tête et dont la curiosité ne va que lui créer plus de problèmes qu’en résoudre et ce la du début à la fin du livre, même si on se rend rapidement compte qu’elle cache certaines blessures. De plus ce genre de livre initiatique est là pour apprendre quelque chose à son héroïne, à la faire grandir, ici rien ne prouve à la fin que Sophie à bien compris la leçon. Dommage.

Concernant le plume de l’auteur, je dois dire qu’elle est vraiment fluide et efficace offrant au lecteur des rencontres incongrues et magiques avec des dialogues percutants, dans un univers ou la beauté côtoie la folie. Par contre j’ai trouvé que la fin était un peu trop rapide et abrupte et aurait mérité quelques pages de plus pour nous expliquer les conséquences de ce voyage sur son héroïne. De plus un sentiment d’incomplet transparait dans ma lecture, comme si l’auteur avait fait des coupes.

Un livre qui, selon moi, devrait faire le plaisir des plus jeunes qui cherchent à se plonger dans le monde de l’imaginaire. Concernant les plus grands ce livre offre une lecture plutôt sympathique mais loin d’être exceptionnelle.

En Résumé : Voilà un livre qui devrait plaire aux plus jeunes qui voudraient se lancer dans la découverte des mondes de l’imaginaire. Pour les autres ce livre offre un moment de lecture plutôt sympathique mais sans être vraiment original. Les personnages sont plutôt sympathiques, même si l’héroïne est un peu trop capricieuse du début à la fin. Le style de l’auteur est vraiment efficace et fluide et se lit facilement, dommage que la fin soit si rapide.

 

Ma Note : 6,5/10

Notre Dame Aux Ecailles – Mélanie Fazi

Résumé : Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ? Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains marins ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli… Mais attention : de ces
voyages-là, on ne rentre pas indemne.

Edition : Bragelonne

Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Je dois dire que je suis tombé sous le charme de la plume de Mélanie Fazi depuis ma lecture de son roman Arlis Des Forains (Critique ici) et il me tardait de replonger dans son univers. Je me suis donc laissé facilement tentée par Notre Dame Aux Ecailles une fois devant mes yeux. Je dois aussi avouer que la couverture y a joué un petit rôle aussi car je la trouve très jolie, en tout cas plus belle que celle de l’édition poche. Ce livre est en fait un recueil de 12 Nouvelles.

La Cité Travestie : L’auteur nous offre ici une vision de la ville de Venise comme les touristes ne la verront jamais, une ville qui a une histoire trouble et qui va réclamer son dû à Giordiano qui lui a volé des soupirs. Une description de Venise Sombre et pourtant poétique qui nous fait voyager. Mais voilà malgré la qualité de la nouvelle je trouve que c’est la moins intéressante du recueil.

En Forme de Dragon : Cette nouvelle nous offre une plongée dans le monde artistique, sur la musique et la peur de la perte de créativité. L’idée que la musique se dévoile lentement, couche après couche, et qu’à partir de cette musique on en ressort une image, un dessin m’a beaucoup plu. L’auteur traite parfaitement bien cette nouvelle avec le regard d’enfant de Faustine.

Langage de le Peau : Nouvelle toute en sensualité et en découverte des sens, ce désir sur un coup de tête. La plume de l’auteur joue parfaitement son rôle arrivant à me faire sentir tous les parfums et ressentir les émotions que vivait l’héroïne.

Le Train de Nuit : Cette nouvelle traite de l’envie d’oublier, l’envie de se poser et dormir pour ne plus rien ressentir pendant un long moment, mais l’auteur la traite ici avec une pointe de fantastique et je dois dire que je suis tombé sous le charme de ce train de nuit, ce train ou se retrouve les gens perdu qui n’arrivent plus à se situer, à se retrouver.

Les Cinq Soirs du Lion : Cette nouvelle traite des choses sombres, qui nous dégoutes, qui sommeillent en nous et qu’on essaye de refouler. Une nouvelle touchante mais qui fait un peu froid dans le dos ou l’héroïne révèle ses pires moment de sa vie et grâce à ses souvenir va en tirer une force.

La Danse au Bord du Fleuve : Cette nouvelle traite des relations, de la routine dans un couple mais il s’agit aussi d’une nouvelle sensuelle et fragile sur la personnification d’éléments du décor, en l’occurrence ici un fleuve. Une histoire d’amour entre un fleuve et Alma qui va trouver son paroxysme. Mais l’auteur traite aussi de notre côté sombre, celui qui refuse de nous faire agir.

Villa Rosalie : J’ai bien aimé cette nouvelle, bouffée d’air frais, traitant du thème de la maison hantée mais avec originalité où on se laisse guider par l’auteur pour y découvrir ce patchwork de pièces qui ont toutes leurs identités propres. Une véritable visite poétique.

Le Noeud Cajun : Une nouvelle vraiment sombre et angoissante qui traite de la folie et de la paranoïa d’un homme qui va tomber au plus bas et va douter même de sa bien aimée. Une nouvelle qui ne laisse pas indifférente et qui fait froid dans le dos.

Notre-Dame-Aux-Ecailles : La nouvelle qui donne son titre au recueil, elle traite de la maladie avec retenue et poésie de ce mal qu’on souhaiterait se débarrasser. Mais elle traite aussi d’une certaine façon du regard des autres sur soi une fois qu’on leur dit la vérité. Une nouvelle emplie de poésie, de charme et de tact.

Mardi Gras : Cette nouvelle se situe à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina et montre a quel point on peut oublier, ou bien ne pas voir ce qui ce qui est arrivé. On oublie vite les pires catastrophes, mais surtout on ne fait jamais le lien avec le fait que des personnes ont péri, des personnes qui avaient une vie. Une très belle nouvelle qui m’a touché.

Noces d’Ecume : Cette nouvelle traite du thème de l’océan, cet espace immense et encore indompté qui recèle de grands trésors mais aussi des êtres qu’il ne faut pas déranger. Mais elle traîte aussi de l’amour de l’océan, du sacrifice que font les personnes en couple avec quelqu’un de fasiné par cette grande étendue d’eau et surtout du combat quotidien.

Fantômes d’Epingles : Cette nouvelle m’a beaucoup plu, traitant de la mort et comment on y fait face. Comment on cherche à étouffer notre chagrin et notre peine pour ne pas y penser, ne pas se dire que finalement la mort est toujours là, près de nous. Une très jolie nouvelle à la fois magique et poétique.

 

J’ai beaucoup apprécié ma lecture de ce recueil de nouvelles, Melanie Fazi à une plume bien à elle qui arrive à nous faire rêver nous plongeant dans des ambiances captivantes, parfois angoissantes. Parfois l’auteur se laisse légèrement emporté et en fait un peu trop dans sa description, mais rien de bien dérangeant. Chaque nouvelle est originale et traite d’un sujet qui devrait en toucher plus d’un. Alors bien sur il s’agit d’un recueil, certaines nouvelles devraient toucher plus que d’autres mais dans l’ensemble ce fut, pour moi, un très bon moment de lecture. La présentation des nouvelles est bien faite, on rentre de plus en plus dans le domaine du fantastique et du mystère.

En Résumé : Voila un recueil de nouvelles vraiment originale et travaillé qui nous plonge dans un univers captivant et parfois angoissant et sombre et dont je suis ressortie de ma lecture captivé. Mélanie Fazi a une plus vraiment magnifique qui ne m’a pas laissé indifférent et qui arrive à me faire rêver et me transporter. Parfois l’auteur en fait un peu trop, mais franchement pas de quoi déranger la lecture.

 

Ma Note : 8,5/10

Les Voies de L’ombre Tome1, Prédation – Jérome Camut & Nathalie Hug

Résumé : Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé.
Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile…
Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis? Pour quelle mise à mort aberrante ?

Edition : Télémaque

Poche : Le Livre de Poche

 

Mon Avis : Je me suis penché sur ce livre après en avoir entendu beaucoup de bien. De plus, j’ai rencontré les auteurs lors de L’Eté du Livre à Metz et après une discussion plus que convaincante avec eux je me suis donc laissé tenter par ce premier tome des voies de l’ombre. D’ailleurs je remercie les auteurs pour la petite dédicace. Maintenant il ne me restait plus qu’à plonger dans ce thriller écrit à quatre mains, et c’est ce que j’ai fais avec plaisir.

Un cadavre est découvert nu dans une friche industrielle le bras arraché et possédant un étrange tatouage chinois sur le torse. Très vite d’autres personnes sont retrouvées mortes avec le même tatouage. L’inspecteur Baudenuit, qui enquête sur cette étrange série de meurtre, va vite se rendre compte, grâce à son instinct, qu’il est tombé dans une affaire bien plus complexe que prévu. On rentre avec ce livre dans le glauque, dans le sombre, la part la plus machiavélique de l’homme. Il s’agit d’un roman sanglant, tout en gardant une part de psychologie sur les personnages intéressante, principalement entre Kurtz et ses « esclaves ». Je dois bien avouer que c’est efficace.

L’écriture à quatre mains est une réussite je trouve, les auteurs ont crée une intrigue vraiment bien travaillée et haletante du début à la fin. Les pages se tournent avec envie devant les rebondissements ingénieux et les retournements de situations captivants. Un livre prenant qui offre même une réflexion sur la nature de l’homme et sa possibilité d’être « retravaillé » psychologiquement pour sombrer petit à petit. On a du mal à lâcher ce roman.

Concernant les personnages ils sont plutôt bien travaillés, convaincants et attachants, principalement les personnages principaux Kurtz, Baudenuit et Andreas. En effet certains personnages secondaires manquent de profondeurs mais rien de bien grave. Par contre je regrette le stéréotype concernant l’inspecteur Baudenuit qui est un policier solitaire, toujours amoureux de son ex qui l’a laissé tomber à cause de son travail et qui est devenu alcoolique. Ca gâche un peu le personnage qui est pourtant intéressant.

La plume des auteurs est vraiment efficace et maîtrisée rendant la lecture fluide et palpitante grâce aux rebondissements maîtrisés et au chapitrage court qui accentue cette sensation. De plus les auteur ont réussi a rendre leur histoire bien sombre et sordide qui est colle parfaitement à ce thriller. La conclusion devrait en surprendre plus d’un même si, petit hic, elle ouvre à la lecture du second tome. Alors bien sur le roman n’est pas exempt de défauts, j’ai eu du mal à accrocher au périple des enfants qui, à 10 ans, arrivent à faire ce qu’ils ont fait, de plus certains rebondissements m’ont paru limpides plusieurs pages avant. Enfin je trouve qu’à certains moments les auteurs se sont laissés aller à la facilité. Mais franchement pas de quoi trop gâcher la lecture de ce polar glauque, suffocant et efficace et je lirai la suite avec plaisir.

En Résumé : Voilà un thriller qui va au plus profond de l’âme humaine pour en extirper ce qui est sombre, pervers. Un roman, écrit à quatre mains, qui m’a offert un bon moment de lecture avec une intrigue maîtrisée et passionnante qui accroche le lecteur du début à la fin, des personnages vraiment efficaces et captivants et un style fluide et palpitant. Je reprocherai juste certaines facilités, le personnage du flic un peu trop stéréotypé et je dois avouer que j’ai eu du mal a accrocher au périple des enfants qui m’a paru un peu trop irréel. Mais pas de quoi bouder ce bon moment de lecture et je lirai le second tome avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Elantris – Brandon Sanderson

Résumé : Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…

Edition : Orbit (2 Tomes)

Poche : Livre de Poche

 

Mon Avis : Après avoir passer un excellent moment avec la trilogie Fils-Des-Brumes de Brandon Sanderson (Tome1, Tome2, Tome3), je cherchais à me lancer depuis un petit moment dans son premier roman Elantris. Orbit ayant décidé de couper le livre en deux tomes j’ai décidé d’attendre un peu avant de me lancer et donc, quand j’ai vu que le Livre de Poche corrigeait cette erreur et sortait le livre en un seul volume comme l’original je me suis laissé tenter. Je trouve la couverture, illustrée par Stephan Martinière, assez sympathique.

Elantris fut longtemps considéré comme la cité des dieux, une cité merveilleuse où les habitants pouvaient réaliser de grandes choses. Une fois touché par le Shaod on devenait un habitant d’Elantris. Mais voilà un jour tout a changé et le Shaod n’est plus devenu une bénédiction mais une malédiction et Elantris est tombée il y a 10 ans pour devenir une prison pour ses nouveaux maudits. Depuis la chute d’Elantris le Fjorden cherche à imposer sa vision politique et religieuse aux autres pays et seul l’Arélon et le Téod résiste encore.

L’auteur a décider de partir à contre pied des intrigues classiques de Fantasy en évitant les prophéties ou les héros dont la quête va sauver le monde. Il nous offre une intrigue politico-religieuse complexe et bien construite ou vont se débattre les différents personnages pour essayer de s’imposer et d’imposer leurs points de vues. Les rebondissements et retournements de situations sont pour la plupart vraiment bien amenés et surprenants et je dois dire qu’on ne s’ennuie pas vraiment durant ces presque 800 pages.

La narration de ce livre nous permet de suivre trois protagonistes différents et dans les différents camps offrant les différents points de vues et permet ainsi de comprendre les raisons de chacun. Mais voilà ce procédé d’alterner entre les trois personnages rend par certains moments l’histoire trop linéaire. Les personnages sont vraiment denses, développés et attachants mais je dois dire que j’ai trouvé l’histoire d’amour un peu trop du style « hollywoodien ». Le personnage le plus intéressant est, selon moi, Hraten, ce prêtre venu convertir les gens à sa religion, il est un peu le méchant de l’histoire mais on se rend vite compte qu’il est beaucoup plus complexe que cela.

L’univers mis en place est vraiment bien construit et très sympathique, surtout principalement en ce qui concerne Elantris cette ville autrefois sublime. La magie Elantrienne est vraiment intéressante et originale selon moi et les cultures et religions sont très bien développées par l’auteur pour nous offrir un monde solide et vraiment efficace.

La plume de l’auteur est vraiment efficace et simple mais surtout se permet une lecture fluide avec même quelques moments ironiques et mordants. De plus l’auteur à toujours le chic pour nous offrir une conclusion qui ne dépend pas totalement d’un combat final mais de toutes les décisions prises du début à la fin. Un livre qui se lit bien mais qui n’est quand même pas exempts de quelques défauts comme par exemple quelques petites longueurs, l’auteur s’obligeant à alterner entre ses trois personnages il y a des moments ou quelques chapitres n’apportent pas vraiment à l’histoire. De plus j’ai trouvé par moment que les dialogues étaient un peu trop simplistes. Mais rien qui n’empêche de trouver ce livre vraiment sympathique à lire, même si pas au même niveau que sa trilogie Fils-Des-Brumes. Il s’agit tout de même du tout premier roman de l’auteur.

En Résumé : Voilà un livre qui m’a offert un bon moment de lecture avec une intrigue politico-religieuse vraiment complexe et bien construite, des personnages vraiment denses et attachants et une plume toujours aussi fluide et efficace. Alors bien sur ce livre n’atteint pas le niveau de Fils-Des-Brumes principalement à cause d’une histoire d’amour trop « hollywoodienne » à mon goût, quelques petites longueurs et aussi certains dialogues un peu trop simpliste; mais il s’agit tout de même d’un livre qui offre une lecture très agréable dans un univers solide et original.

 

Ma Note : 8/10

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