Mois : mars 2012 (Page 1 of 3)

La Roue du Temps Préquelle, Nouveau Printemps – Robert Jordan

Résumé : Un enfant vient de naître sur les flancs du pic du Dragon. Pourrait-il être le sauveur annoncé par les prophéties ?
Moiraine Damodred et Siuan Sanche, deux jeunes Acceptées de la Tour Blanche, se lancent à sa recherche.
Venu à Tar Valon pour succomber héroïquement face aux terribles Aiels, Lan Mandragoran a la surprise de survivre… et de vaincre, puisque ses ennemis battent en retraite. Mais que faire d’un avenir, quand on  a cru devoir y renoncer ?
Après sa rencontre fortuite avec Moiraine, le guerrier n’aura plus à se poser la question.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Ah, La Roue du Temps, un des cycles de Fantasy les plus vendus dans le monde et pourtant tellement charcuté, comme souvent, en France. Alors quand Bragelonne a décidé de reprendre ce cycle et d’en respecter la tomaison originale j’ai décidé de me lancer dans ce cycle. Comme j’aime bien faire les choses dans l’ordre j’ai donc décidé de débuter par la préquelle. Concernant la couverture, illustrée par Lee Gibbons, je la trouve assez sobre, peut être même un peu trop justement. Par contre, je ne suis pas fan du matraquage de publicité sur l’intérieur des couvertures.

Ce tome sert en fait de mise au point par rapport au cycle La Roue du Temps, nous expliquant un peu plus les tenants et les aboutissants de cette fameuse prophétie de l’Enfant de Dragon. Dès les premières pages on se laisse facilement emporter par l’histoire, se retrouvant dans un monde vaste, magnifique, mais aussi très sombre. La guerre et la souffrance sont très présentes. L’auteur prend son temps pour nous dévoiler un univers vraiment fascinant à travers des descriptions soignées et denses de détails, offrant ainsi un côté concret, réel à ce monde. On a presque l’impression d’y être.  La politique, les cultures, la magie et les religions sont vraiment travaillés et efficaces, collant parfaitement à l’univers de l’auteur. On ne s’ennuie pas vraiment dans la découverte de ce livre.

Mais voilà, même si on ne s’ennuie pas vraiment on n’est jamais non plus complètement happé par l’histoire, comme si elle avait du mal à prendre de l’ampleur. L’intrigue, classique et efficacement mis en place par l’auteur, prend son temps pour se dévoiler, pour nous présenter les personnages, ainsi que les tenants et les aboutissants de chacun. On la suit avec plaisir mais on sent que cette préquelle sert plus d’explications à ceux qui veulent en savoir plus sur le cycle qu’autre chose. Attention pas que ce soit mauvais, c’est juste une histoire très sympathique au début un peu lent et à la fin un peu trop rapide qui offre surtout au lecteur la rencontre et le lien que va unir Moiraine et Lan. De plus on a l’impression que l’auteur ne pouvait pas trop développer cette histoire sans spoiler la suite de son oeuvre, elle manque donc légèrement de profondeur par moment.

Les personnages, par contre, ne manquent pas de profondeurs et de caractères. Ils sont parfaitement développés par l’auteur nous offrant des héros efficaces, prenants, avec leurs propres sentiments et leurs caractères les rendant vraiment attachants. Alors, bien sûr Moiraine m’a un peu énervée par moment avec son côté fille gâtée, noble et Aes Sedai, pendant que tout lui est du mais rien de bien méchant tant le personnages est intéressant à découvrir; c’est son caractère. Lan quand à lui est vraiment le héros, noble et fidèle aux traditions et se révèle plaisant à découvrir au fil des pages, même s’il est un peu stéréotypé. Siuan quant à elle est un personnage au caractère fort et bien trempé. A noter que les femmes sont quand même plus présente que les hommes dans ce livre ce qui change un peu des habitudes.

L’écriture de Robert Jordan est vraiment agréable, fluide et dense travaillant chaque point de détail efficacement et sans jamais ennuyer le lecteur. On a vraiment l’impression d’être emporté dans cet univers, d’être aux côtés des protagonistes. Les scènes décrites sont vives et efficaces. L’histoire au final se révèle être juste une sorte d’introduction au cycle, plaisante mais loin d’être excellente, due à une intrigue un peu lente à démarrer et conclue un peu trop vite. En tout cas la préquelle a tout de même parfaitement remplie son rôle, me donner envie de me plonger dans La Roue du Temps.

En Résumé : Une préquelle au cycle de La Roue du Temps qui se révèle sympathique à découvrir, nous plongeant dans un univers vraiment magnifique et soigné le tout porté par des personnages qui se révèlent denses, travaillés et attachants. L’histoire en elle même manque un peu de profondeur, lente à démarrer et qui se termine trop abruptement mais elle se révèle agréable et sert parfaitement de mise en bouche au cycle en lui même. En tout cas une fois la dernière page tournée j’avais envie de me lancer dans le premier tome du cycle de Robert Jordan.

 

Ma Note : 7/10

Mes Achats du Mois de Mars

Un mois de mars qui se révèle au final plutôt calme en achats. En effet ma PAL a augmenté seulement de 7 livres, mais bon il faut avouer que l’arrivée du Kindle a joué aussi sur mes dépenses.

Voilà pour mes achats du mois de Mars :

  • La Trilogie de l’Héritage Tome 3, Le Royaume des Dieux de N.K. Jemisin aux éditions Orbit. Après avoir été emporté par les deux premiers tomes je n’allais manque la sortie du troisième tome.
  • 1Q84 Livre 3 de Haruki Murakami aux éditions Belfond. J’arrive un peu après la bataille puisque j’ai déjà chroniqué ce livre.
  • La Roue du Temps Préquelle, Nouveau Printemps de Robert Jordan. J’avais très envie de me lancer dans ce cycle qui va enfin connaître sa fin en VO. Alors quand les éditions Bragelonne ont décidé de les publier en respectant les tomaisons je me suis laissé tenter.
  • Le Palais de Minuit de Carlos Ruiz Zafon aux éditions Robert Laffont. Après le sympathique Prince de la Brume, et n’ayant encore jamais été vraiment déçu par l’auteur, ce livre est donc venu rejoindre ma PAL.
  • Les Hauts Conteurs Tome 2, Roi Vampire de Patrick McSpare et Olivier Peru aux éditions Scrineo Jeunesse. Après un premier tome fort sympathique je me suis laissé tenter par la suite.
  • Mimosa de Vincent Gessler aux éditions L’Atalante. Le premier roman de Vincent Gessler m’avait offert un excellent moment de lecture. J’ai hâte de voir ce que va me proposer ce second roman.
  • Les Créateurs de Thomas Geha aux éditions Critic. Un recueil de nouvelles d’un auteur dont j’apprécie les livres, je n’allais pas manquer ça.
  • Kindle, oui je me suis enfin décidé par me laisser tenter par un reader. On verra bien au fil du temps le ressenti que je vais en avoir.

Voilà, comme je l’ai déjà dis un mi de mars au final assez calme en craquage livresque, mais en tout cas de quoi normalement passer de bon moment de lecture.

Mysterium – Robert Charles Wilson

Résumé : À Two Rivers, rien ne vient jamais troubler la petite vie paisible des habitants, jusqu’à ce qu’un laboratoire de recherches militaire s’installe sur les rives du lac Merced. Les spéculations les plus folles naissent alors, et la crainte d’un accident nucléaire hante tous les esprits. Aussi, lorsqu’un incendie se déclare sur le site, Dexter Graham envisage déjà le pire. Pourtant, son destin, ainsi que celui de Two Rivers dans sa totalité, vient de basculer d’une manière qui dépasse de très loin son imagination. En effet, la petite ville semble avoir été transportée… ailleurs.

Edition :Denoël

Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Robert Charles Wilson fait parti des auteurs que j’aime découvrir et lire les livres. Depuis ma lecture de Spin, mon premier livre de l’auteur, j’ai commencé à me pencher un peu plus sur la bibliographie de l’auteur et je dois dire que, pour le moment, je n’ai pas été déçu par les livres que j’ai lu. Alors quand Folio SF décide de republier l’un des premiers livres de l’auteur, et surtout son premier prix Philip K. Dick, je me suis rapidement laissé tenter. Puis je dois dire que je trouve l’illustration de couverture, réalisée par Bruno Wagner et yayashin, vraiment très réussie.

Imaginer une ville paisible, Two Rivers. Un jour un centre de recherche militaire vient se construire, la ville espérant ainsi des retombées économiques pour la ville. Mais une terrible explosion se produit dans ce centre et Two Rivers se trouve transporté dans un univers inconnu. L’intrigue se révèle bien construit, efficaces et prenante nous offrant, comme d’habitude avec l’auteur, des réflexions intéressantes sur la religion, soi même mais aussi sur d’autre sujets intéressants. On ne s’ennuie jamais vraiment dans ces 400 pages que ce soit par les interactions entre les deux mondes qui va tout bouleverser ou encore par l’évolution de l’intrigue autour du laboratoire, l’auteur maîtrise parfaitement son sujet et sait entrainer le lecteur dans son histoire.

Un univers vraiment passionnant où l’histoire n’a pas évolué de la même façon que chez nous, mais je dois bien avouer que, tout de même, j’en attendais quand même un peu plus. Que ce soit sur les habitants de ce monde parallèle, ses évolutions, sa culture l’auteur nous donne que le minimum pour ne pas être perdu alors que j’attendais plus d’informations. Comme à son habitude l’auteur, par contre, développe fortement l’aspect théologique, s’attardant même sur l’association de la religion dans la science et vice-versa le tout de façon très soignée et vraiment intéressante. La religion est d’ailleurs souvent l’un des aspects que l’auteur met en avant dans ses différents livres. Dommage que le reste de ce monde parallèle paraisse, je ne dirai pas vide, mais incomplet.

Les personnages sont, comme à l’habitude de l’auteur, proche de nous, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs sentiments et leurs émotions. Ils vont se retrouver confronter à des choix pas toujours faciles pour leurs survies et dont les choix auront des répercussions. Ils sont humains. Mais voilà lors de ma lecture j’avais plus eu l’impression d’être spectateur qu’acteur de l’histoire, je ne me sentais pas complètement plongé dans ces personnages, attaché à eux. C’est sûrement dû au fait que l’auteur s’attarde sur plusieurs personnages en même temps, se limitant ainsi dans la construction de chacun d’eux.

La plume de l’auteur est toujours autant captivante, soignée et prenante. On est vraiment happé dans l’histoire, dans ce nouveau monde qui va se révéler pas si différents du notre et qui commet, d’une certaine façon les mêmes erreurs. Les modifications qu’apporte un monde qui pénètre dans un autre. L’auteur nous offre d’excellentes réflexions comme à son habitude, principalement axé sur l’homme mais aussi sur la religion et la science que l’auteur s’amuse à égratigner de façon intéressante. La conclusion se révèle surprenante sur la révélation du transport de la ville. Mais voilà comme je l’ai dis il y a ce sentiment de manque d’information, comme si l’auteur allait trop vite. Il manque la complexité et la profondeur que j’ai trouvé dans ces autres livres. En gros un livre qui se lit vite, facilement et offre un bon moment.

En résumé : J’ai passé un bon moment avec ce livre nous offrant une histoire efficace et parfaitement maîtrisée par l’auteur du début à la fin, sans temps mort, le tout dans un univers vraiment intéressant mais que j’ai, par contre, trouvé trop peu développé par l’auteur. Les personnages sont humains, proche du lecteur et doivent faire face à des choix qui vont les révéler, mais voilà je les ai trouvés moins attachants, surement à cause du nombre important de personnages présentés. La plume de l’auteur est toujours aussi captivante et soignée nous offrant pas mal d’axe de réflexions intéressants sur l’Homme, la Science et la Religion.

 

Ma Note : 7,5/10

DMZ Tome 2, Le Corps d’un Journaliste – Brian Wood & Riccardo Burchielli

Résumé :  Embourbé dans des guerres à travers le monde qui mobilisent son armée et sa garde nationale, le gouvernement américain a commis l’erreur fatale de négliger la menace réelle que constituaient les milices anti-gouvernementales à l’intérieur des Etats-Unis. Comme un géant endormi, l’Amérique moyenne se soulève et, par la violence, se fraie un chemin d’un bout à l’autre du pays, déclenchant une seconde guerrecivile américaine qui s’arrête sur la ligne de front à Manhattan. Ou dans la DMZ, sigle désignant la zone démilitarisée.

Edition : Panini Comics

 

Mon Avis : Après un premier tome vraiment prenant nous offrant un point de vue intéressant sur la guerre et nous offrant pas mal de réflexions, j’avais vraiment hâte d’entamer ce tome 2, voir ce qu’il pouvait nous offrir et de retrouver ce Manhattan situé entre deux fronts où les habitants plus des victimes qu’autre chose de cette guerre, tout en espérant que l’intrigue n’allait pas s’essouffler. La couverture de ce second tome est toujours aussi « punchy » je trouve en tout cas.

On retrouve donc Matty qui après un premier tome mouvementé s’est intégré à la DMZ. Mais voilà il va se retrouver, par la force des choses, à devoir faire le lien entre les deux camps en présence, les USA et les Etats Libres. Ce second tome se révèle plus humain que le précédent, se penchant un peu plus sur certains des personnages dont Matty mais aussi de Zee. On en apprend plus sur chacun mais aussi sur ce que Manhattan et ses habitants ont vécus, situés entre deux camps forcer à choisir avec l’impossibilité de fuir, les gens se sont retrouver coincés dans une guerre qu’ils ne cautionnent pas. Un second tome vraiment efficace, humain et poignant.

Ce qui n’empêche pas ce second tome de se révéler rythmé et plein d’actions. Rien que les premières pages nous rappellent que la guerre et la violence est bien présente, et nous plongent directement dans l’ambiance. Le conflit nous est d’ailleurs parfaitement expliqué des deux camps et on découvre les manipulations de chacun pour tenter de faire mieux « voir » son parti. La guerre des images a de plus en plus d’importance. Mais voilà l’auteur ne s’arrête pas non plus qu’au conflit, il s’intéresse aussi à des refléxions sur la société mais aussi la culture. Et au milieu de tout ça se trouve Matty, protégé par son pass de Journaliste, une sorte de Saint Graal dans cette zone tant les images sont devenues importantes dans la société actuelle malgré toutes les déformations.

Comme je l’ai dis ce tome nous permet aussi d’en apprendre plus sur les personnages présents, sur leurs passés, leurs émotions et leurs envies ce qui les rend plus prenants et on s’attache plus facilement à eux, on comprend mieux ce qui les motive et pourquoi ils font ce qu’ils font. On découvre aussi avec effroi l’horreur qu’ont vécus et que vivent les habitants coincé sur l’île, sans possibilité de partir. Ce sont eux les victimes de ce conflit. L’auteur prend le parti de justement s’intéresser aux habitants, à ceux qu’on voit le moins dans un conflit, et j’ai trouvé ça vraiment intéressant, nous offrant souvent une critique et un contrepoint intéressant sur la guerre.

Concernant les graphismes il n’y a vraiment rien à redire, ils sont toujours aussi saisissants et intenses que ce soit par leurs traits tendus et nerveux ou par la colorisation qui se révèle vraiment efficaces. Les images nous parlent, nous imprègnent, nous font vraiment passer un message et des émotions. J’ai juste une remarque sur le dernier chapitre, celui sur Zee, le graphisme change. Je ne sais pas si c’est pour accentuer le côté flashback ou autres mais j’ai moins accroché; pas qu’ils soient mauvais, je les aie juste trouvés moins réussis. J’ai hâte de voir ce que va me proposer le troisième tome.

En Résumé : Voilà un second tome qui se révèle toujours aussi nerveux, prenant et captivant tout en se penchant un peu plus sur le côté humain que ce soit des personnages principaux mais aussi d’autre habitants. L’intrigue et les manipulations sont toujours aussi efficaces et tendus et nous proposent toujours une critique aussi acerbe sur la guerre. Les personnages sont vraiment attachants et les graphismes se révèlent toujours aussi prenants et réussis que le tome précédent. Seule le dernier chapitre, où les graphismes changent, m’a paru un tout petit peu moins réussi.

 

Ma Note : 8,5/10

Greg Mandel Tome 3, Nano – Peter F. Hamilton

Résumé : Julia Evans, milliardaire et directrice de la compagnie Event Horizon, fer de lance de la conquête spatiale, est dans le pétrin.
Avec son mari disparu et des concurrents qui affirment avoir acquis une technologie révolutionnaire, Julia remarque à peine la livraison anonyme d’une fleur. Celle-ci possède pourtant des gènes de millions d’années en avance sur l’ADN terrestre.
Un homme serait capable d’élucider ce mystère : Greg Mandel. Mais au cours de son enquête, les morts s’accumulent. L’avenir de l’humanité est en train de se jouer sur cette fleur qui commence à éclore…

Edition : Milady

 

Mon Avis : Voilà le troisième et dernier tome d’une trilogie que j’ai entamée il y a quelques temps déjà. Après un premier tome vraiment sympathique sans être exceptionnel (chronique ici) et un second tome que j’avais trouvé plutôt moyen (chronique ) j’avais hâte de lire le troisième pour me faire une idée sur le cycle dans sa globalité. Par contre, je ne le cacherai pas, si je n’avais pas entendu parler de Peter F. Hamilton je ne pense pas que les couvertures de ce cycle m’auraient accroché, je les trouve toujours trop tape à l’œil et hideuses.

La surprise de ce troisième tome vient du fait que l’auteur décide de ne plus se concentrer sur son aspect SF futuriste et Cyberpunk pour tendre vers des aspects qui lui tiendront à coeurs dans ses prochains livres, la conquête de l’espace et le côté un peu Space Opera. L’intrigue concernant cette fleur extraterrestre se révèle au final assez plaisante à suivre et surtout pleines de rebondissements, haletante et sans temps morts.

Le seul problème selon moi c’est qu’elle est un peu mal amenée, en effet Royan, le mari de Julia, disparu depuis 8 mois décide d’envoyer une fleur alien à sa femme pour qu’elle remonte un jeu de piste qu’il a laissé à son intention pour qu’elle le retrouve. Un jeu de piste qui va se révéler violent et sanglant. Alors je ne sais pas vous, mais si un jour je devais envoyer un message pour que quelqu’un cherche à me retrouver je pense que j’essayerai d’être clair et éviter ainsi de mettre la moitié de l’Europe à feu et à sang. Surtout que Royan ne subissait aucune véritable contrainte. Ah ces riches toujours à se créer des problèmes. Enfin une fois ce point mis de côté l’histoire reste agréable, trépidante, pleine d’actions et offrant quelques surprises, même si au final très linéaire.

Le monde mis en place par l’auteur gagne un peu plus en consistance que dans le second tome, principalement du point de vue des conséquences du réchauffement climatique mais aussi des conséquences qu’a eu la montée d’un pouvoir un peu trop « socialiste » et mal maîtrisée sur l’Angleterre, que j’ai trouvé assez intéressant. De plus l’auteur va enfin faire voyager un peu plus ses personnages France, Russie, espace etc… on découvre d’autres pays aussi touchés par les conséquences climatiques. Là où il y a un problème c’est que le roman a mal vieilli, l’auteur nous offrant un monde ou le capitalisme et la mondialisation à outrance est le meilleur modèle, s’offrant à peine 2-3 lignes de critiques sur ce modèle; alors quand on voit la situation actuelle en 2012, on a quand même du mal à adhérer complètement à cette partie de l’univers mis en place par l’auteur.

Les personnages ont vieilli, l’intrigue se déroulant environ 16 ans après les faits du tome 2, et surtout ont gagnés en maturité. Greg est moins baroudeur, il est marié et a 5 enfants, Julia fait moins victime de mode écervelée, ce qui est intéressant et les rends plus attachants. Par contre je reproche à l’auteur de démarrer toujours son livre de la même façon : Julia a un problème, elle appelle Greg à la rescousse, alors que celui-ci a décidé de prendre sa retraite, et il accepte sans vraiment sourciller. Surtout qu’en plus Greg donne l’impression de ne pas servir à grand chose avant la fin du livre, trop vieux pour se battre, pas vraiment de mensonges, juste ses capacités psi servent. Concernant les personnages secondaires je suis plus mitigés, on trouve des personnages vraiment intéressants mais d’autres sont trop caricaturaux.

La plume de l’auteur est toujours aussi dense et fluide, mais voilà elle possède encore quelques longueurs qui auraient pu passer à la trappe. Mais voilà on sent qu’il y a quelque chose d’accrocheur dans cette plume et ça se sent que cette trilogie est une première œuvre. De plus le fait de suivre plusieurs personnages fait que, parfois, on revit plusieurs fois certaines scènes sans que le nouveau point de vue apporte grand chose. La conclusion se révèle vraiment intéressante et par certains aspects surprenantes.

Là où par contre j’ai complètement décroché c’est concernant les pouvoir de Greg, dans les deux premiers tomes il était, en gros, un détecteur de mensonges infaillibles, mais rien de plus comme il le disait, là maintenant il fait apparaitre des illusions, enferme des gens dans des rêves en boucles etc… ce qui fait m’a paru un peu trop tiré par les cheveux. Au final une fois la dernière page tournée on a trouvé ça sympathique mais sans plus. Un livre vite lu, vite oublié qui ne pourra vous intéresser que si vous vous intéressez aux romans cyberpunk, et encore il y en a de meilleurs sur le marché. Il me reste plus qu’à me pencher sur les récits Space-Opera de l’auteur.

En Résumé : Un troisième tome qui se révèle un léger cran au-dessus du second mais qui a du mal à retrouver l’effet du premier, la faute à une intrigue mal amené, et surtout amené de la même façon que les deux premiers tomes, ajouté à cela des effets psi qui deviennent un peu trop tirés par les cheveux, un univers un peu vieillot et certains personnages secondaires trop caricaturaux. On se retrouve avec un livre vite lu, tout juste sympathique sur le coup, mais qui sera vite oublié.

 

Ma Note : 5,5/10

Avance Rapide – Michael Marshall

Résumé : Stark n’est pas un privé comme les autres. Il aime les chats et possède un goût inné pour choisir ses chemises. Plus encore, il a un don qu’il utilise dans les cas d’urgence. Un don tellement incroyable qu’il vaut mieux ne pas en parler. On le prendrait pour un fou.
C’est pourquoi, lorsqu’on lui demande de retrouver un haut-fonctionnaire qui a disparu, il ne s’attend qu’à une enquête banale… Mais voilà, l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît et la solution tend dangereusement vers le passé de Stark. Un passé qu’il avait oublié, mais qui, en revanche, se souvient bien de lui.
Dans un univers à venir complètement déjanté où les objets parlent, où rêve et réalité règlent leurs comptes à grands coups de poing, Stark est le seul qui peut faire la différence, car il n’y a pas de retour en arrière possible et le temps presse.
Avance rapide…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : J’ai entendu parler de Michael Marshall depuis qu’on m’a fortement conseillé de lire L’Homme qui Dessinait les Chats, mais voilà, dans ma grande complexité, ce livre traine toujours dans ma PAL et je ne l’ai pas encore lu. En fait plus on me dit de lire un livre moins j’en ai envie; peur de la déception tant j’ai entendu d’éloges. C’est donc pourquoi je me suis plutôt lancé dans la réédition de ce roman lors de l’opération Bragelonne à 10€. Opération vraiment intéressante pour découvrir des livres en grand format pour un prix raisonnable, de plus l’illustration de la couverture est vraiment jolie je trouve.

Décrire Avance Rapide n’est pas des plus facile tant l’œuvre est un patchwork entre polar noir, Science Fiction, roman d’Horreur le tout dans un monde complètement déjanté et loufoque, mais qui possède une logique plus que plausible. Situons déjà le roman : imaginez un Londres qui couvre plus de la moitié du pays, une ville divisée en quartiers qui sont devenus des Etats Libres et où chaque quartier à ses propres codes. Il existe même un quartier pour les chats.

Imaginez une technologie avancée où on peut s’amuser avec la gravité, ou les objets possèdent tous des IA, mais aussi des sentiments propres au point de se sentir persécuter ou déprimé et vous commencerez à toucher l’univers mis en place par l’auteur. Un monde qui se révèle vraiment fascinant, déconcertant et passionnant mais où il faut garder l’esprit ouvert. Un univers barré qui offre des situations vraiment tordantes, je m’y attendais pas à la lecture du quatrième de couverture, mais je dois dire que je ne suis pas déçu tant je me suis laissé emporter par l’exploration et la découverte de cet univers.

Dans cet univers vit Stark, une sorte de détective qui retrouve un peu tout ce qui est perdu. Il va se retrouver avec une histoire d’enlèvement sur le dos qui va l’emmener bien plus loin que prévu et qui pourrait avoir des répercussions avec son passé. Une intrigue qui se révèle vraiment surprenante, pleine de rebondissements et de surprises qui devraient en étonner plus d’un, mais c’est comme l’univers, il faut garder l’esprit ouvert pour naviguer dans cette histoire sous peine de se sentir perdu. Je ne dis pas que le livre est extrêmement complexe, mais si vous n’arrivez pas à imaginer un monde si déjanté et la possibilité que les rêves et la réalité puissent posséder un univers bien distinct alors vous n’accrocherez pas, selon moi, à ce livre.

Les personnages sont vraiment intéressants, denses et possèdent une force qui nous les rendent attachants et sympathiques du début à la fin. Stark est parfait dans son rôle de détective un peu à la manque, au passé pas toujours très glorieux et cynique à souhait. Gravite autour de lui des personnages secondaires vraiment intenses et une reproduction parfaite de ces différents quartiers. On les suit avec plaisir du début à la fin sans jamais s’ennuyer au point d’en redemander une fois la dernière page tournée. De plus l’auteur se penche suffisamment sur eux pour nous offrir des réflexions sur le côté social de ces quartiers, l’acceptation des autres, les codes figés etc…

L’auteur possède une plume vraiment efficace maniant avec perfections les codes de l’horreur, du polar, de la SF et nous faisant basculer avec une facilité déconcertante entre le monde onirique et le monde réel, le tout sans jamais perdre le lecteur. Le rythme se révèle intense et haletant du début à la fin. Je dois dire que j’ai trouvé à la lecture de ce livre une certaine bouffée d’air frais et de fun le tout porté par une histoire vraiment dense et excellente. L’auteur nous offre une conclusion vraiment surprenante et explosive dont le seul défaut est peut-être d’être trop abrupt, comme s’il manquait quelques pages et peut-être quelques légères longueurs sur la fin. Je suis aussi passé à côté de quelques jeux de mots sans vraiment les comprendre, mais là rien de bien méchant.

Autre point surprenant l’auteur utilise la narration à la première personne avec le point de vue de Stark, ce qui n’est pas nouveau, mais là cette narration donne l’impression plus de suivre Stark, il nous présente des informations, en garde certaines nous annonçant qu’il nous expliquera plus tard, il nous ment même parfois; en fait il se joue de nous selon ses envies. Personnellement j’ai adoré cette façon d’écrire mais ça risque d’en surprendre plus d’un.

En Résumé : J’ai été d’une certaine façon bluffé par ce roman qui m’a offert plus que ce que le quatrième de couverture me laissait envisager nous offrant une intrigue vraiment efficaces dans un univers complètement déjanté et un peu fou mais plausible. Les personnages se révèlent vraiment efficaces et prenants et le tout est porté par la plume de l’auteur qui est énergique et qui joue avec les genres entre SF, horreur et polar noir le tout avec grande facilité pour nous offrir cette histoire surprenante. Je regrette juste que la conclusion soit un peu trop abrupt et quelques légères longueurs sur la fin du roman, mais rien de grave. En tout cas si vous comptez lire ce livre vous allez être surpris, pensez à garder l’esprit ouvert.

 

Ma Note : 9/10

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