Mois : juillet 2013 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois de Juillet 2013

Alors comme vous devez le savoir, je me suis lancé comme défi de ne pas dépasser l’achat de trois livres par mois cet été, soit six livres au total pour Juillet et Août. Et je suis plutôt content de moi car pour le moment je suis dans les clous avec trois livres achetés (2 romans + 1 ebook) en Juillet.

Voilà donc ce qui rentre dans ma PAL pour ce mois de Juillet :

  • Parmi les Tombes de Tim Powers aux éditions Bragelonne. Je continue ma découverte de l’auteur avec son dernier roman paru en France.
  • Le Demi-Monde Tome 1, Hiver de Rod Rees aux éditions Nouveaux Millénaires. Plusieurs avis positifs ainsi qu’un quatrième de couverture accrocheur ont fait que je me suis laissé tenter.

Il faut ajouter à cela un ebook :

  • Les Démons de Paris de Jean-Philippe Depotte

Comme vous le constatez j’ai donc été très calme pour ce mois de Juillet et j’espère pouvoir en faire tout autant au mois d’Août. On verra cela dans un mois.

Anamnèse de Lady Star – L.L. Kloetzer

Résumé :Le Satori a balayé l’humanité.
Le plus grand crime jamais commis sur Terre. Un attentat. Une pandémie terrifiante, laissant un monde exsangue, transformé. L’arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables en ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.
Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque :  tant qu’elle vit, la connaissance menant à la bombe vit aussi. Elle a disparu, ne laissant aucune trace, pas l’ombre d’une ombre. Des hommes disent pourtant l’avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites… Ont-ils rêvé ?
Voici le récit d’une enquête, d’un jeu de pistes, de l’Asie à l’Europe, des terres dévastées jusqu’aux sociétés hyper-technologiques de l’après-catastrophe, mais aussi dans les archives digitales de notre futur. Avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Je dois bien avouer qu’après un excellent premier roman, Cleer, nous offrant une histoire fascinante, magique, pleine de poésie et nous proposant une immersion onirique et fantastique dans l’univers d’une multinationale possédant  son lot de surprises (Ma chronique de Cleer ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer les auteurs dans leur nouveau roman. De plus je trouve le concept de la couverture de ce livre vraiment envoutant et efficace, ce qui ajoute un certain attrait au livre.

Le premier chapitre de ce roman va pourtant légèrement me dérouter, pas que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, loin de là, juste que je ne comprenais pas bien où me menait clairement les auteurs. Puis plus j’avançais dans ce patchwork de témoignages, tous plus ou moins gravitant autour du Satori et de cette muse, plus je me suis senti fasciné par cette histoire et cela pour plusieurs raisons. La première vient déjà de cette traque de Lady Star qui se révèle passionnante  et impressionnante à travers les différents témoignages qui nous sont rapportés.

Rien n’est laissé au hasard, que ce soit dans l’évolution du récit comme dans la construction, et le tout possède une fluidité entrainante au fil des pages pour peu qu’on se laisse porter par le récit qui se révèle bien mené avec son lot de surprises et d’énigmes. Mais surtout on se trouve emporté par le personnage de Lady Star et ses multiples personnalités, chaque témoignage se rapporte à un moment ou à un autre à ce personnage qui se révèle d’une complexité et d’une densité dans sa construction parcellaire qu’on se retrouve fasciné à chaque nouvel élément, chaque bride d’information.

Ensuite ce qui m’a aussi passionné dans ce texte c’est sa construction qui est loin d’être linéaire à travers chacun de ces témoignages, en effet chaque passage, chaque déclaration se révèle être un morceau du puzzle, de l’intrigue, que le lecteur va devoir remettre en place. C’est en fait ce travail entre le l’écrivain et le lecteur qui m’a vraiment plu, le fait que le lecteur ne soit pas au final qu’un spectateur mais qu’il doit ainsi ajuster les différentes parties du casse tête pour bien tout comprendre, tout assimiler.

Ajouter à cela un travail des auteurs sur notre époque, un récit qui ouvre vraiment à réflexion sur énormément de sujets que ce soit la religion, le terrorisme, le pouvoir, les réseaux sociaux, le travail sur la mémoire ou encore sur le fait que pour se considérer « visible » on dépend des autres, de leurs regards, leurs envies , leurs fascinations. Mon seul petit regret dans l’histoire, et encore, c’est les passages un peu « zombie » que j’ai trouvé légèrement décalé dans cette histoire, mais rien de bien dérangeant au final.

Concernant l’univers mis en place par les auteurs il est tout aussi fascinant à découvrir et à imaginer. Mais voilà, il ne se laisse pas capter facilement vu qu’il se révèle être une évidence pour tous les personnages, que ce soit les points de vues sociaux, technologiques ou sur les évènements, il n’est donc pas explicité de façon méthodique et linéaire, mais plutôt morcelé, où le lecteur va devoir s’approprier à sa sauce cet univers. C’est à double tranchant soit le lecteur aime faire travailler son esprit et il se retrouve fasciné, soit il préfère se faire guider de façon claire et il risque de se sentir perdu dans ce roman. Dans tous les cas moi j’ai trouvé ce monde futuriste vraiment intéressant, dense, soigné et surtout qui laisse facilement libre court à l’imagination, à la fantaisie même si cela reste dans une certaine limite. Un univers pleinement SF avec ses êtres d’une autre planète et plus on avance dans le récit, plus les auteurs ouvrent les facettes de la possibilité d’autres mondes, mais je vous laisse découvrir.

Concernant les personnages comme je l’ai déjà dit Lady Star, même si elle est souvent au second plan, se révèle un personnage important et fascinant comme dans sa simple quête au final d’être vue, reconnue et à minima aimée. C’est une Elohim et elle a obligatoirement besoin des autres ce qui se ressent fortement à travers les différents témoignages. Mais voilà il n’y pas que Lady Star dans ce roman, tous les autres personnages qu’on retrouve dans ce roman se trouvent être soit passionnants, soit intéressants et tous se révèlent complexes et denses avec leurs souffrances, leurs besoins et leurs envies. Chaque personnage offre aussi un point de vue différent, une nouvelle approche de ce monde futuriste qu’on découvre, mais aussi de cette société qui survit du mieux qu’elle le peut suite à la catastrophe. Des personnages qu’on aime ou qu’on déteste, mais qui dans tous les cas ne laissent pas indifférent le lecteur.

La plume des auteurs se révèle vraiment dense, travaillée voir même limite sophistiquée, dans le bon sens du terme, mais possède aussi une certaine magie, une certaine poésie  dans la façon de mettre en avant son récit, de le présenter. Une plume plaisante mais qu’il faut, certes, parfois apprivoiser. Au final j’avoue que j’ai adoré la lecture de ce livre à travers cette fresque de témoignages qui nous font réfléchir sur énormément d’aspects avec en ligne de fond la traque d’un personnage emplie de mystère et de fascination. Un roman qui se savoure, lentement, au fil des pages et des témoignages; un roman qui se découvre. Mais voilà il faut aussi bien le mettre en avant ce livre n’est pas non plus un livre facile d’accès, chacun devra se faire son avis, car à travers ces pages il y a autant un travail d’écriture qu’un travail de lecture qui doit être réalisé pour visualiser au mieux cette fresque, cette intrigue. Moi je n’ai pas du tout été déçu de ma lecture et je lirai sans soucis les autres romans des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment avec ce roman qui nous plonge dans une histoire vraiment fascinante, une traque efficace à travers des témoignages qui dévoilent petit à petit une frise complexe et entrainante. Un roman ou la compréhension est acquise autant par le travail d’écriture que par le lecteur et son travail d’imagination, mais aussi concernant l’assemblage des éléments du puzzle de l’intrigue. L’univers développé par les auteurs se révèlent tout aussi fascinant, mais demande aussi un petit travail pour bien tout assimiler, tout imaginer vu qu’il est déjà connu pour les personnages. Les auteurs nous offrent aussi des axes de réflexions et de travail vraiment intéressante et sur énormément de sujets, le tout sans jamais se perdre, forcer la main au lecteur ou l’ennuyer. Les personnages se révèlent vraiment complexes, fascinants et passionnants à découvrir. Le tout est porté par une plume dense et pleine de magie et de poésie. Mon seul léger regret est la mise en avant d’un monde un peu « zombies » qui est légèrement en décalage par rapport à l’histoire selon moi, mais rien de bien gênant devant la qualité du livre.

 

Ma Note : 9/10

Il Etait une Fois en France Tome 2, Le Vol Noir des Corbeaux – Nury & Vallée

Résumé : Il Etait Une Fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le Roi de Paris, par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. Monsieur Joseph se confie sur son lit de mort aux côtés de Lucie Fer, celle qui fut sa plus fidèle compagne.
Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein cœur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, Joseph reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne.

Edition : Glénat

 

Mon Avis : Après un premier tome qui servait principalement d’introduction permettant ainsi la présentation des personnages, leurs nuances, leurs ambiguïtés ainsi que leurs histoires (ma chronique du Tome 1 ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer les auteurs, surtout que le sujet de Joseph Joanovici se révèle tout de même assez difficile et sensible.

Dans ce second tome on va rapidement entrer dans le vif du sujet, le héros tente de fuir la France occupée mais change d’avis, la peur de tout perdre, l’envie de ne pas tout recommencer et reconstruire dans un autre pays. Est-ce la vraie raison ou plutôt une envie de maintenir son royaume? L’histoire dans ce second volume gagne encore en intérêt, mais aussi en violence et en tension au fil des pages, car on se rend compte des actions que Joseph est « obligé » de faire, mais aussi des émotions qui le tiraillent, entre l’envie d’aider et le devoir de se sauver et sauver sa famille alors qu’il est Juif.

Toute l’histoire repose justement sur le charisme du personnage et la BD retranscrit parfaitement les choix, les errements et les envies du héros. On se rend bien compte qu’il est ambitieux, il ne cherche pas toujours qu’à sauver sa vie, il est aussi, d’une certaine façon, amoureux de son pouvoir et de l’argent. L’histoire d’un homme qu’on a vraiment du mal à véritablement juger pour l’instant, mais qui se révèle clairement contradictoire dans sa façon d’avancer.

Le contexte historique est vraiment bien retranscris même si le fait de se consacrer que sur Joseph limite la vision et les conséquences de la guerre sur un seul personnage et non dans son ensemble. On retrouve un Paris en pleine occupation, en pleine souffrance qui va transformer les uns et les autres de façon complètement différentes et surprenantes. La multitude de rencontre qu’effectue notre héros permet de rencontrer un vaste panel de personnages tout aussi hétéroclite et qui colle parfaitement à cette période sombre et violente. Des personnages vraiment humains, qui se retrouvent à faire des choix, à se laisser aller à de mauvaises décisions pas toujours pour de bonnes raisons. Il y a aussi la mise en avant de tout l’aspect familial du héros, comment peut-on annoncer faire tout ça pour une famille qu’il ne voit à peine? Un contexte vraiment dense et prenant.

Les graphismes se révèlent vraiment réalistes et collent vraiment bien à l’histoire et à l’univers mis en place par les auteurs. On sent la maîtrise des dessins qui se révèlent sans fausse notes et toujours au plus proche de la réalité. On ressent aussi l’ambiance de haine, de souffrance, de violence qui transpire à travers ce tome en pleine guerre. Une ambiance angoissante et qui accroche encore plus le lecteur, se demandant comment les personnages vont bien pouvoir s’en sortir. Les émotions des personnages sont fidèlement retransmises et se révèlent prenantes. Voilà donc un second tome vraiment efficace, qui continue à nous plonger un peu plus dans la vie d’un personnage ambigu et charismatique. Je lirai la suite avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé de nouveau un excellent moment de lecture avec ce second tome dont l’intrigue continue à se densifier et à monter doucement en tension et en violence au fils des pages. Le personnage de Joseph se révèle toujours aussi ambigu et il est vraiment difficile de se faire un jugement face à ses choix et ses décisions. Les personnages qui gravitent autour de lui sont humains et tout aussi intéressants à découvrir. L’univers de la seconde guerre mondiale, avec sa souffrance et l’occupation, se révèle bien retranscrite. Concernant les graphismes ils sont toujours aussi réalistes et captivant, nous plongeant facilement dans cette histoire, jouant parfaitement sur les émotions et l’ambiance mise en place. Je lirai la suite de ce cycle avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8,5/10

Jakabok : Le Démon de Gutenberg – Clive Barker

Résumé : Jakabok Botch habite le neuvième cercle de l’enfer, juste derrière le labyrinthe d’immondices sur lequel règne son père, Gatmuss : un démon toujours prêt à mettre une sévère correction à ceux qui ont la malchance de croiser son chemin. Dès qu’il a un moment de libre, Jakabok écrit, divague, invente des machines, parfois musicales, pour torturer son père. Des écrits qu’il cache dans sa chambre, jusqu’au jour où sa mère les trouve et y met le feu… Jusqu’au jour où Gatmuss le laisse rôtir, tête la première, dans le brasier de ses fanstasmes de vengeance. Atrocement brûlé, effrayé à l’idée d’être occis par son géniteur, Jakabok n’a plus d’autre choix : il lui faut fuir le neuvième cercle de l’enfer.
Un monde inconnu et un étrange compagnon de route l’attendent en haut

Edition : Denoël Lunes D’Encre

 

Mon Avis : Je suis un grand fan des différents écrits de Clive Barker,  principalement par son côté effrayant, sanglant, sans jamais trop tomber dans le gore ce qui fait qu’il est devenu, au fil du temps pour moi, une figure importante de la littérature d’horreur. Ce petit roman, environ 200 pages, me faisait de l’œil depuis un long moment déjà dans ma bibliothèque, comme j’avais une envie de frissonner dernièrement je me suis laissé tenter. De plus la couverture, illustrée par Eikasia, se révèle vraiment sympathique et met directement dans l’ambiance du récit.

Très vite on retrouve avec un plaisir pervers les écrits efficaces de l’auteur qui ne manquent pas de se révéler percutants à travers des descriptions toujours aussi glauques, sanglantes, très visuelles et qui plongent rapidement le lecteur dans cet univers démoniaque. Et pourtant, au final, je ressors déçu de ma lecture, un roman qui se révèle vraiment moyen et qui manque clairement d’accroche, de rythme et qui a eu beaucoup de mal à me captiver du début à la fin. Pourtant, j’avoue, il y a de bonnes idées tout de même dans ce roman, comme par exemple l’ironie et le cynisme présent à travers les personnages ou encore la différenciation entre les anges, les démons et les humains ainsi que leurs échelles de valeurs. L’approche du monde de l’écriture sous-jacente à cette histoire ne manque pas de charme non plus. Mais voilà, le reste ne suis pas vraiment.

L’histoire de la vie de Jakabok sur terre n’est pas si catastrophique que cela non plus, elle reste un minimum divertissante et plaisante avec son lot d’action, de souffrances, d’ironies et de tortures, mais voilà niveau rebondissements ou retournements de situations on repassera tant l’intrigue est sans véritables surprise. De plus ajouter à cela le fait que Jakabok coupe régulièrement son histoire pour parler directement au lecteur, ce qui est marrant au début, mais devient vite ennuyeux et répétitif tant l’auteur se permet cette fantaisie trop souvent, surtout dans un roman d’à peine un peu plus de 200 pages. À force d’entendre Jakabok communiquer avec nous, ce qui gâche clairement le rythme du récit, on a envie de secouer le livre pour tenter désespérément de le faire taire.  Au final l’histoire se révèle aussi très linéaire, s’offre des ellipse de quasiment 100 ans sans véritable raisons, ni explications, ce qui est vraiment dommage.

Concernant les personnages je dois dire qu’ils se révèlent sympathiques à suivre, surtout Jakabok et son côté très cynique, sauvage, démoniaque et irrévérencieux. Un personnage de démon truculent à la répartie efficace et aux idées vraiment intéressantes. Mais voilà les personnages qui gravitent autour de lui, malgré qu’ils ne soient pas complètement mauvais sont trop peu esquissés, voir superficiels pour que vraiment on s’intéresse à eux. On aurait clairement aimé en savoir plus sur certains, que ce soit sur leurs passés, leurs envies, savoir qu’est ce qui les a amenés à se retrouver dans de telles situations. On a plus l’impression de partager une tranche de la vie des personnages, mais qu’il nous manque le manuel pour bien comprendre leurs backgrounds.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide et se laisse lire avec un certain plaisir même si, comme je l’ai dit, on aurait aimé plus de rythme et de surprises. De plus j’ai trouvé que l’univers mis en avant par l’auteur manquait aussi de profondeur, on a bien des démons, des humains et des anges, on retrouve vaguement les luttes ancestrales qui se révèlent souvent nuancés, mais qui manquent aussi clairement de profondeur. De plus la vision des neufs cercles de l’enfer est à peine esquissé et parait gentillette.

Au final cette lecture s’est révélée très moyenne et m’a légèrement déçue pour un Barker, pourtant il y avait quelques bonnes idées, comme cette ode diabolique à l’écriture, l’imprimerie et l’influence du texte sur la vie des gens ou bien encore les passages de tortures, de violences et de souffrances qui possèdent toujours cette fascination perverse tant l’imagination de l’auteur est florissante sans non plus jamais tomber dans le gore, mais le tout est noyé dans un roman qui, soit aurait dû rester au stade de nouvelle, soit aurait mérité plus de profondeur et un gros travail sur le rythme. Par conséquent j’ai jamais vraiment réussi à rentrer dans ce récit. Dommage.

En Résumé : J’avoue que je ne ressors pas vraiment convaincu par ce roman de Clive Barker que pourtant j’apprécie comme auteur. L’histoire possédait de bonnes idées et la vie de Jakabok sur terre se révélait sympathique, mais voilà, le tout manque clairement de rythme, principalement par les différentes digressions du héros à l’encontre du lecteur. De plus je trouve que l’histoire manque parfois de profondeur. L’univers reste très classique avec sa lutte entre les anges et les démons avec les humains et leur morale douteuse au milieu. Le personnage de Jakabok est vraiment fascinant et on suit ses aventures avec plaisir, mais les autres qui gravitent autour de lui se révèlent fades et superficiels à côté. La plume de l’auteur se révèle fluide et un minimum entrainante, elle arrive toujours à fasciner le lecteur par sa liberté et ses scènes de souffrances. Dommage, j’attendais plus de cette lecture, ce qui m’empêchera pas de lire d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 4,5/10

Autres avis : Miss Spooky Muffin, …

Le Puits des Mémoires Tome 3, Les Terres de Cristal – Gabriel Katz

Résumé : Au cœur de Woltan, tandis que se lèvent les premières tempêtes de neige, Nils, Karib et Olen luttent encore pour survivre. La menace du complot pèse plus que jamais, dans cet immense royaume où les assassins règnent en maîtres. Loin, très loin au nord, s’étendent les Terres de Cristal, dont les glaces éternelles dissimulent un terrible secret.
Dans le luxe des palais où chacun pourrait être un traître, les fugitifs sans mémoire savent désormais qui ils sont. Mais le danger n’en est que plus grand, car la vérité se rapproche…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Après les deux premiers tomes de cette série de Fantasy qui se révélaient efficaces, captivants et qui offraient une intrigue solide et pleine de rebondissements avec sa bonne dose d’humour (chronique du Tome 1, Tome 2), ajouter à cela le cliffangher de la fin du second tome, vous comprendrez donc que j’avais vraiment hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer l’auteur pour conclure son cycle. La couverture, toujours illustrée par Miguel Coimbra, est magnifique, je trouve et colle parfaitement au titre du livre.

Finalement ce troisième et dernier tome de ce cycle va se révéler tout aussi maîtrisé au niveau de l’histoire que les tomes précédents. Après la révélation de la fin du tome, nos héros ne pouvaient faire autrement que de se lancer dans la quête de vérité ce qui offre donc au lecteur un récit au rythme efficace où se mélange de façon toujours aussi réussi les rebondissements et les retournements de situations.

Mais surtout ce qui rend cette intrigue efficace c’est la façon dont, justement, l’auteur traite de cette vengeance, la première moitié du roman servant principalement à répondre aux dernières interrogations sur l’identité de nos héros, la suite va se révéler vraiment intéressantes, l’auteur évitant ainsi la vengeance sanglante, « intime » et violente pour offrir une vengeance intelligente où les épées ne sont pas toujours le point de levier le plus efficace pour faire évoluer les choses. Le lecteur tourne les pages avec un certain plaisir pour connaitre la conclusion, le devenir des personnages même si finalement les grandes lignes sont déjà tracées et se révèlent sans véritablement grosses surprises.

Pourtant, je dois bien avouer que j’ai trouvé ce dernier tome un peu en-dessous du tome précédent, la faute peut être à une intrigue qui, malgré son côté toujours aussi efficace, se révèle moins flamboyante et surprenante que le précédent. Ou bien encore certains passages un peu gros et parfois un peu facile comme par exemple de ne jamais chercher à comprendre la première trahison d’un personnage et lui laisser toute confiance par la suite. Alors, rien de bien méchant, car cette conclusion ne manque pas de se révéler efficace et nous offre toutes les réponses, mais, voilà, ces petits points font que ce dernier volume m’a paru un peu moi entrainant que le précédent. Par contre, il se révèle être le plus sombre des trois, on entre dans les jeux de pouvoirs, des jeux sanglants et sans pitié, un côté sombre vraiment intéressant et qui apporte un plus à l’histoire même si, par conséquent, l’humour se ressent moins.

Concernant l’univers il reste toujours aussi solide et efficace même si j’émets toujours ces quelques légères remarques sur certains aspects comme par exemple les parchemins de soins qui me font trop penser à des jeux de rôle ou des jeux vidéos. Par contre, l’entrée dans les terres de cristal, ce désert glacé fait vraiment froid dans le dos avec ces tempêtes, son froid glacial et ces flocons de glace mortels selon le vent, une région froide qui se révèle angoissante mais intéressante à découvrir.

Concernant les personnages je dois dire que je reste toujours autant fasciné par Nils et Karib. Le premier par son flegme sans égal et son côté très cynique et surtout très efficace, que ce soit à travers les dialogues ou aussi par ses actions, le second car il se coule parfaitement dans ce rôle de personnage un peu bourgeois, amoureux de son confort, mais qui cherche au maximum à aider et à se venger. Par contre, j’avoue j’ai moins accroché dans ce tome à Olen qui change d’humeur comme de chemise et qui en devient légèrement lassant. Cela n’enlève rien à l’efficacité et au charme des personnages qui se révèlent vraiment attachants, parfois à l’opposé de ce qu’on attendait d’eux, surprenants et qui ne manquent pas de nous offrir de belles aventures. Voir les héros à travers le regard des autres suite aux changements opérés depuis la perte de leurs mémoires est aussi vraiment passionnant. J’espérais, j’avoue, revoir certains personnages des tomes précédents et je suis légèrement frustré que ce ne soit pas le cas, surtout que leurs histoires ne me paraissaient pas closes.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et va droit au but pour plonger facilement le lecteur dans son histoire, peut être un peu trop par moment d’ailleurs. Mais je reproche toujours un peu ce côté familier, que ce soit dans les dialogues ou l’écriture, je ne sais pas trop pourquoi cela m’a un peu plus dérangé dans ce tome, mais bon rien de trop dérangeant non plus. Finalement voilà une trilogie de Fantasy solide, efficace qui m’a fait passer de bons moments de lectures sans trop se prendre la tête et avec un peu d’humour. Il y a donc de grandes chances que je lise les prochains romans de l’auteur.

En Résumé : Même si j’ai trouvé ce troisième tome légèrement moins bon que le précédent, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture avec ce troisième et dernier tome de ce cycle. L’intrigue est toujours aussi efficace et captivante, même si je l’ai trouvée moins flamboyante que le tome 2 et un peu balisé par moment. L’univers est toujours aussi solide et sert parfaitement l’histoire. Les personnages sont toujours aussi attachants et passionnants même si j’avoue Olen m’a un peu énervé par moment devant toutes ces sautes d’humeur. La plume de l’auteur est toujours aussi simple et entrainante, mais je lui reproche toujours par moment son côté un peu trop familier. Le Puits des Mémoires offre un cycle de fantasy solide, efficace et je lirai avec grand plaisir les prochains écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Mandy88, Lanyla, Dup, Mariejuliet, Lelf, Sia, Licorne, …

Décade de L’Imaginaire

Résumé : Il y a quelques semaines la maison d’édition L’Atalante a proposé la Décade de l’Imaginaire. 10 jours de prix attractifs ainsi qu’une nouvelle offerte par jour. Le Thème de l’opération était l’imaginaire Européen.

 

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Dix nouvelles gratuites cela ne se refuse pas vraiment, elles ont donc rapidement rejoins ma PAL (je me répète mais une PAL ça n’existe pas vraiment en version électronique?) pour mon plus grand plaisir de lecteur de nouvelles. Surtout que ces nouvelles regroupent un grand nombre d’auteurs connus et dont j’avais envie d’en apprendre plus sur certains, donc quoi de mieux qu’une nouvelle pour s’en rendre compte.

L’Ouragan de Jean-Marc Ligny. Je n’avais encore jamais lu un texte de l’auteur malgré tous les bons échos que j’avais entendu, cette nouvelle m’a donc permis de corriger ce fait et de me faire un avis. Je dois dire que ce texte m’a bien accroché, une histoire poétique d’un couple sur fond de ravage climatique et environnemental cher à l’auteur si j’ai bien compris. Mais voilà, autant j’ai été fasciné par tout ce qui concerne le brackground de ce mon en pleine agonie, autant, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans la vie de ce couple ou le temps à créer une sorte de lassitude, de routine dans leur histoire. Ils m’ont paru un peu plat dans la première partie du texte. Au final un texte intéressant, percutant et intelligent, avec peut-être plus de pages je me serai probablement plus facilement attaché à ces personnages.

Le Peuple des Signeurs de Olivier Paquet. Je ne peux pas trop parler de cette nouvelle, vu qu’il s’agit d’un chapitre tiré du second tome du Melkine. Ayant déjà lu le roman, il m’est un peu difficile de parler de ce texte hors de tout le contexte du roman, mais selon moi il s’agit d’une nouvelle intéressante pour découvrir l’univers foisonnant des romans.

Raoul des Crapauds de Sylvie Denis. Bon, là, j’avoue, je suis resté assez imperméable à ce texte. Je dirais que ça ne vient ni de moi ni vraiment de l’auteur, mais du texte en lui-même qui est en fait une nouvelle fortement liée à un roman existant. J’ai clairement eu l’impression que, sans avoir lu le roman, il m’était impossible d’avoir toutes les clés pour bien comprendre cette nouvelle. Il manquait clairement d’informations, que ce soit sur le but du voyage des héros ou de l’école, mais aussi au niveau de la chute qui, je l’avoue, m’a frustré, car j’avais clairement l’impression qu’il devait y avoir une suite derrière, c’était pas possible autrement. Ce texte donne vraiment l’impression d’avoir été extrait d’un roman plus long.  Je pense que ce texte n’était pas le meilleur texte pour découvrir cette auteur, il faudra que je me rattrape un jour sur un de ses romans.

Drame de Troll de Terry Pratchett. L’auteur nous offre, comme à son habitude avec cette nouvelle, un texte rempli d’humour et d’ironie sur la condition des héros, mais aussi sur la vie, pas toujours facile et pas toujours rose, des Trolls. Un texte efficace et rafraichissant qui nous présente un héros qui se radoucit avec l’âge et dont chaque personnage a quelque chose à dire ou à se plaindre. L’intrigue reste très simple, mais l’auteur arrive facilement à en tirer énormément de choses, que ce soit par son aspect fantaisiste, plein de mélancolie, qui joue sur les traditions et sur le fait que, finalement, c’était peut-être mieux avant ou encore à travers un panel de personnage intéressant. Dommage que le texte soit si court.

Nouvelle Vie de Pierre Bordage. Voilà un texte intéressant de l’auteur qui développe, à travers un futur sombre, des sujets vraiment captivants tel que le monde de la recherche, la puissance des groupements pharmaceutiques, les problèmes d’une société de plus en plus endetté ou encore l’esclavage. Des sujets qui se révèlent très contemporains et nous rappelle d’une certaine façon notre société et ceux vers quoi elle tend. Mais voilà, j’ai trouvé les personnages un peu abstraits, s’il manquait un peu de profondeur et aussi un léger manque d’émotion, surtout vis-à-vis du twist final qui ne m’a marqué qu’à moitié. Peut-être que cette histoire aurait mérité un traitement plus long qu’une nouvelle. En tout cas ça reste un texte sympathique et qui fait réfléchir.

La Stratégie du Requin de Jean-Claude Dunyach. Ce texte fait partie de mes préférés concernant les nouvelles de la décade. Jean-Claude Dunyach fait partie de ses auteurs dont j’ai tellement entendu parler que j’ai un peu peur de me lancer. Ce texte m’a clairement fait changer d’avis, nous offrant une plongée dans un univers cyberpunk fascinant, dense et travaillé où l’auteur compare la plongée des hommes dans la dimension informatique à la plongée maritime. Un texte qui ne laisse rien au hasard entre manipulations, surprises et rebondissements. J’ai été happé par ce récit foisonnant d’idées et à la conclusion surprenante malgré, c’est vrai, il faut bien l’avouer, une narration un poil trop longue par moment. En tout cas je lirai d’autres œuvres de l’auteur sans soucis.

Fractal de Vincent Gessler. Une nouvelle vraiment intéressante que nous propose là l’auteur. On va suivre dans cette nouvelle la vengeance d’un homme qui a tout perdu, que ce soit sa famille ou sa vie jusqu’à avoir été abusé dans sa jeunesse. L’auteur foisonne d’idées, de rebondissements, mais aussi de réflexions que ce soit sur l’influence des laboratoires et des industries, de la religion ou encore concernant cet univers futuriste. Mais voilà le surplus d’idées nuit un peu, à mon avis, au récit, il donne l’impression à l’auteur de parfois partir dans tous les sens. Ajouter à cela le fait que toutes les souffrances du héros soient la faute, au final, d’une seule personne m’a paru un peu trop facile pour la construction de cette nouvelle. Mais ce texte reste agréable à lire avec une plume efficace et entrainante et des idées intéressantes.

La Sorcière Égarée de la Citadelle Silencieuse de Michael Moorcock. Avec cette nouvelle l’auteur cherche à nous offrir une histoire un peu western dans un univers de SF avec le héros solitaire qui doit aller sauver une jeune fille. Alors, je ne vais pas le cacher, l’histoire se révèle assez simple, mais pourtant efficace par son aspect sombre, pleine de rebondissements et le tout porté par une plume entrainante. L’autre nous offre un univers vraiment intéressant, apocalyptique, multi-planétaire avec aussi cette idée sur la disparition de l’eau. Dommage que sur la fin l’auteur manque de finesse parfois, principalement dans la ruse du héros pour s’en sortir lors de la bataille finale qui, clairement à mon goût, m’a paru tirée par les cheveux. Au final une nouvelle qui se laisse lire de façon agréable et se révèle sans temps morts.

L’Envol du Faucon Sagittal d’Andreas Esbach. Cette nouvelle se révèle être un joli conte initiatique avec comme trame le rêve du héros qui est d’aller toucher les étoiles. Un texte vraiment bien écrit, plein de poésie et de mélancolie ou le héros va tout donner pour réaliser son rêve. Autre intérêt du texte c’est le monde futuriste que nous dévoile l’auteur, un univers vraiment magique et magnifique qui donne clairement envie d’être visité, que ce soit pour sa faune, sa flore ou encore pour leur façon de vivre. Mon seul regret est que finalement ce texte soit clairement balisé, manquant de surprise et qu’il possède une légère naïveté à mon goût. Mais rien de bien gênant tant l’histoire emporte le lecteur vers ce rêve et ces étoiles.

Ce que Chuchotait l’Eau d’Anne Fakhouri. Je dois bien avouer que dès les premières lignes j’ai eu un peu peur avec ce texte tournant autour de la légende Arthurienne. Attention pas que je n’aime pas cette légende, juste, j’ai l’impression qu’on l’a tellement reprise qu’il est devenu très difficile de se renouveler. Et pourtant l’auteur a réussie à me convaincre, nous faisant découvrir un peu plus en avant Keu le frère nourricier du Roi, dont on découvrira la cause de son aigreur et de son arrogance, mais surtout en reprenant les classiques du genre pour mieux les détourner d’une certaine façon. Une fois ce texte lu on ne verra plus la reine Guenièvre ou encore la cour du roi de la même façon. Cela en surprendra plus d’un, mais moi j’ai aimé. Un texte qui va aussi mélanger magie et mystère de façon efficace et le tout toujours porté par une plume efficace et fluide. Je reprocherai juste un Deus Ex Machina qui m’a un peu surpris dans la conclusion.

En Résumé : Je trouve l’initiative de L’Atalante lors de cette décade de l’imaginaire vraiment intéressante, Offrir 10 nouvelles de différents auteurs permet de se rendre compte avec intérêt de ce qui se fait actuellement dans l’univers imaginaire européen. Au final j’ai passé un agréable moment de lecture à travers ces 10 nouvelles et même si elles ne sont pas toutes au même niveau j’ai envie d’en apprendre plus sur des auteurs que je n’ai encore jamais lu, mais aussi d’attendre avec encore plus d’impatience les prochaines sorties d’auteur que je connaissais déjà.

 

Challenge JLNN 8ème lecture

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