Mois : août 2013 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois de Août 2013

Ce mois-ci était le dernier mois de mon défi de n’acheter que six livres pendant l’été. En juillet j’avais acheté trois livres, je devais donc en acheter tout autant ce mois-ci. Finalement, j’en ai acheté quatre, mais l’un de mes achats est une version limitée d’un livre que j’avais déjà. Après vérification j’ai donc rempli mon défi, pourtant ma PAL ne baisse pas tant que cela pour autant.

Découvrons maintenant quels livres on rejoint ma bibliothèque :

  • Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski aux éditions Les Moutons Électriques. Une version collector magnifique d’un excellent roman de fantasy que j’ai adoré.
  • Confession d’un Automate Mangeur d’Opium de Fabrice Colin & Mathieu Gaborit aux éditions Bragelonne. Seul roman du mois du cuivre que je n’avais pas encore acheté. Maintenant c’est fait.
  • Mordred de Justine Niogret aux éditions Mnémos. J’aime beaucoup les romans que propose Justine Niogret, je n’allais donc pas manquer la sortie de son dernier livre.
  • Les Soldats de la Mer de Yves & Ada Rémy aux éditions Dystopia. J’ai découvert les auteurs par ma lecture du recueil Le Prophète et le Vizir, j’ai donc décidé de découvrir d’autres écrits d’eux.

 

De bonnes lectures en perspectives. Au final un mois d’août donc assez calme, en espérant que je ne me lâche pas trop à la rentrée de Septembre.

Le Mythe d’Er ou le Dernier Voyage d’Alexandre le Grand – Javier Negrete

Résumé : « Tu deviendras un homme et ton seigneur un dieu », tel est l’oracle que son défunt père a transmis à Euctémon. Si le premier volet de la prédiction lui demeure obscur (n’est-il pas déjà un homme ?), le second lui paraît évident. Car Euctémon est le médecin personnel d’Alexandre le Grand, roi de Macédoine et conquérant de la moitié du monde. Alexandre qu’il a sauvé de la mort à Babylone, qui a conduit ses armées vers l’Occident, qui vient de s’emparer de Rome et s’apprête à l’expédition la plus extraordinaire qui soit : la découverte des régions hyperboréennes, la quête du temple du Destin mentionné par Platon à la fin de La République, où séjournent les Moires qui président aux destinées humaines.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Il y a un an environ je découvrais mon premier roman de Javier Negrete, aussi sur Alexandre le Grand, qui offrait une uchronie vraiment passionnante sur une possible guerre entre Alexandre et les Romains (ma chronique ici). Lors des dernières Utopiales, et suite à ma rencontre avec l’auteur, je suis reparti avec ce court roman sous le bras, toujours se situant dans l’antiquité et se consacrant de nouveau à Alexandre le Grand.

L’auteur reprend ici les bases de ce qui m’avait déjà plu dans son précédent roman, un mélange d’uchronie et d’histoire nous offrant une nouvelle vision de ce qu’aurait pu être la vie d’Alexandre. Mais ici, au lieu de mesurer deux géants qu’étaient Alexandre et la grande Rome, on part justement de la destruction de Rome pour le dernier voyage de conquête du roi de Macédoine; la conquête des régions du Nord. C’est justement ce voyage qui passionne le lecteur, cette invasion vers le pôle nord de nos héros pour obtenir des réponses,  autant mystiques que personnelles, qui fait qu’on se laisse emporter par ce récit. De plus l’auteur, certes, nous fais découvrir de nouveaux lieux, mais n’oublie pas aussi qu’il s’agit d’une campagne guerrière, ce qui ajoute une tension supplémentaire au récit et ajoute à l’envie de tourner les pages pour en apprendre plus. Les batailles ajoutent une dose épique à ce court roman, ce qui lui offre donc un rythme plaisant, maîtrisé et vraiment efficace.

L’auteur développe efficacement et de façon cohérente l’aspect historique, ce qui ajoute aussi une facette vraiment intéressante au récit. En effet on sent parfaitement bien que l’auteur connait son sujet, que ce soit sur l’antiquité, mais aussi sur tout ce qui concerne Alexandre ou encore les mœurs et les coutumes de l’époque. On a vraiment l’impression, que si Alexandre avait survécu, cette campagne et cette quête de divinité auraient pu exister. L’auteur nous offre aussi une vision des peuples du nord, barbares, classique, mais vraiment efficace, même si peu développé, avec ce côté sauvage de guerrier sans peur et intelligent. L’auteur ne laisse pas pour autant de côté tout ce qui concerna la magie et la mythologie de la religion grecque de l’époque, amenant doucement, de façon utile et surprenante, des points mystiques et surnaturels qui apportent quelques surprises intéressantes.

Un des points vraiment captivant de ce roman c’est que l’auteur a vraiment réussi à développer le côté humain de ces deux personnages principaux que sont Alexandre et Euctémon. Chacun d’eux possède des forces et des faiblesses et évoluent de façon intrigante au fil de cette courte histoire. Ils ne laissent jamais indifférent le lecteur que ce soit par leurs charismes, leurs remises en question ou leurs envies. Entre Alexandre, personnage imposant qui tend vers le divin, mais qui doit cacher ses doutes, ses rêves et Euctémon personnage plus réservé, mais tout aussi captivant qui se retrouve coincé entre ses forces et ses faiblesses et qui va devoir faire des choix on se retrouve fasciné. Le problème vient que les personnages secondaires sont pas ou peu développés, ils permettent bien de faire avancer l’intrigue, mais certains auraient mérité un travail plus important à mon goût. Le format du livre, assez court, ne le permettait peut-être pas ce qui est un peu dommage.

La plume de l’auteur se révèle vraiment soignée, captivante et travaillée nous plongeant facilement dans cette période antique au côté d’un personnage tel qu’Alexandre dont l’auteur arrive à le rendre autant Divin qu’Humain. Une écriture fluide et prenante qui fait qu’on se laisse aller à lire ce roman rapidement sans jamais vraiment s’ennuyer. Mais voilà, l’aspect au final qui dérange le plus c’est sa taille, il est tellement court (environ 180 pages) que des points se révèlent juste assez développés pour les besoins de l’intrigue principale. On aurait aimé en savoir plus sur certains sujets secondaires qui méritaient  d’être plus travaillés. Par contre la conclusion se révèle vraiment surprenante et efficace, avec un twist que je n’avais pas complètement vu venir. Dans tous les cas je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce court roman qui nous offre une histoire et un voyage vraiment efficace et prenant, tout en n’oubliant pas l’aspect guerrier d’une campagne militaire avec ses batailles et ses escarmouches. Le lecteur tourne les pages avec plaisir pour essayer de dévoiler les mystères de l’intrigue, le tout étant porté par une plume soignée et captivante. On sent toujours autant que l’auteur connait son sujet et qu’il s’est vraiment renseigné pour plonger le lecteur dans l’antiquité. L’uchronie se révèle vraiment crédible et intéressante et les personnages principaux attachants, dommage que les personnages secondaires soient trop peu esquissés. La conclusion est vraiment surprenante et passionnante. Au final dommage que le roman soit si court car il y avait de la place pour développer par mal d’autres points, ce qui frustre par moment le lecteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Transition – Iain M. Banks

Résumé : La Terre, aujourd’hui. Un monde entre euphorie et tragédie, figé dans l’ombre du terrorisme et menacé par une crise financière globale. Les hommes connaissent ce monde. Mais peu savent qu’il existe une multitude d’univers parallèles, et une organisation puissante dotée d’agents capables de voyager à travers les mondes. Cette organisation s’appelle le Concern. Elle prétend guider et aider la Terre. À n’importe quel prix.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Après m’être lancé pour la première fois dans la lecture des romans de Iain M. banks,  principalement par mon incursion dans le cycle de la Culture avec le diptyque Les Enfers Virtuels (Chronique Tome 1, Tome 2) qui m’a offert un très bon moment de lecture, j’ai fait entrer d’autres roman dans ma PAL pour continuer ainsi à découvrir ce que pouvait proposer l’auteur, dont Transition. À noter que ce roman ne fait pas partie justement du cycle de La Culture. Je trouve la couverture plutôt sympathique même si vraiment très soft.

Je dois dire que je ne ressors pas totalement convaincu de cette lecture, pourtant je trouve que ce roman offre tout de même énormément de potentiel. Déjà le sujet avait tout pour me plaire, je suis toujours accroché par les romans concernant les multiples univers, la possibilité de se laisser voguer par son imagination et ainsi imaginer une multitude de terres possibles. Pourtant ce roman ne développe jamais vraiment les univers, il y a bien quelques aspects ici ou là, mais rien de vraiment flagrant ou qui laisserait libre court à la créativité du lecteur ce qui est un peu dommage.

Pourtant le roman démarrait bien, principalement dans sa construction qui se révélait d’une certaine façon attrayante, offrant une narration éclatée entre plusieurs personnages, tous tournants avec plus ou moins d’importance autour du concern cette organisation qui voyage à travers les mondes et qui tente de l’influencer et jouant sur les interactions possibles et probables de chacun. Cette façon de présenter joue clairement sur l’inconnu, on a du mal à voir les tenants et les aboutissant de chacun dans l’intrigue de façon maîtrisé, l’auteur dévoilant ponctuellement ses révélations et happant le lecteur pour lui faire tourner les pages à essayer de dévoiler les secrets et visualiser la conclusion. Chaque indice, chaque phrase va avoir une importance capitale à un moment ou un autre. Mais voilà très vite cette présentation va se révéler confuse, n’ayant aucune ligne temporelle véritable il est parfois aussi difficile de bien comprendre où veut en venir l’auteur ce qui est légèrement frustrant.

L’intrigue en elle-même se révèle être un Thriller politique classique avec deux factions au sein du concern qui luttent entre elles. Malgré son côté un peu déjà vue elle se révèle traitée de façon vraiment efficace et, surtout, Iain M. Banks met clairement en avant le secret s’amusant avec le lecteur à travers la maîtrise de ses révélations et le tout à travers un rythme haletant. Peut être même d’ailleurs un peu trop. En effet le tout donne l’impression d’aller parfois trop vite ne laissant pas le temps à certaines réflexions et à certains fils d’intrigue de vraiment se développer, comme si l’auteur était parfois pressé de terminer l’écriture de son livre. Ce qui est dommage car il offre des axes de réflexion qui aurait pu vraiment y gagner en intérêt tel que l’argent, le capitalisme, la bourse  ou encore le pouvoir.

Concernant les personnages là aussi je suis plutôt mitigé, ils ne sont pas mauvais et possèdent chacun leurs différences et leurs complexités, pourtant tous ne m’ont pas accrochés. Certains m’ont paru  vraiment intéressants, mais une fois la dernière page tournée n’offrait quasiment rien à l’histoire. Je pense par exemple à Adrien, le trader, qui est un personnage fascinant pour peu d’apport à l’histoire principale. J’ai, par contre, vraiment apprécié le triangle d’intrigues et de complots efficace qui se lie entre Mme d’Ortolan, Mme Mulverhill et Temudjin qui se révèle vraiment bien mené et passionnant. J’ai aussi bien accroché au personnage du Philosophe qui ne manque pas d’attrait malgré peut être un côté un peu classique. Par contre, j’avoue, j’ai eu un peu de mal avec le patient dont on a du mal à voir complètement l’intérêt. L’auteur s’attarde régulièrement sur lui construisant des lignes d’intrigues secondaire qui tournent autour de ce héros, mais donne l’impression au final de laisser la moitié de côté.

La plume de l’auteur se révèle vraiment fluide, travaillée, soignée et surtout reste accessible malgré des fois la complexité des sujets traités et des points, parfois philosophiques, abordés. Elle permet vraiment au lecteur de se laisser entrainer facilement dans cette histoire. Concernant la conclusion j’avoue je suis aussi un peu mitigé aussi, tout arrive vite, très vite et pas mal de situations sont débloqués un peu trop facilement par des aspects non abordés et qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. Je pense principalement à l’apparition d’un personnage, caché jusque là, qui possède des pouvoirs inconnus, mais qui tombent parfaitement bien à ce moment de l’histoire. Heureusement la fin est compensée par un rythme vif et entrainant qui fait qu’on se laisse tout de même emporter. Au final je ne sors pas complètement convaincu de cette lecture, je me suis laissé happer tout du long avec des sujets intéressants, même si parfois abordés de façon trop rapides, mais une fois la conclusion et la dernière page tournée un sentiment de brouillon est restée. Cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : Je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé, pourtant tout démarrait bien la narration éclatée, pleine de secrets et de manipulations, se révélait astucieuse et l’auteur offrait de nombreuses bonnes idées, mais plus j’avançais plus un sentiment brouillon persistait, comme si l’auteur s’était senti obligé de terminer d’écrire rapidement son livre. L’univers développé reste assez minimaliste là où j’attendais justement de multiples univers. Certains personnages se révèlent intéressants, mais apportent au final qu’un infime partie à l’intrigue et on se demande pourquoi les développer autant, tandis que d’autres, principaux, ont du mal à complètement accrocher le lecteur. Le rythme du roman vif et entrainant permet au lecteur de rapidement entrer dans l’histoire, mais parfois fait qu’on passe trop rapidement sur certains axes de réflexions, de plus la conclusion parait précipitée. La plume de l’auteur se révèle fluide et travaillée. Au final j’ai l’impression d’avoir eu un livre avec fort potentiel, de très bonnes idées, mais traité parfois de façon trop rapide ou de façon confuse.

 

Ma Note : 6/10

Les Damnés de L’Asphalte – Laurent Whale

Résumé :Quinze ans ont passé depuis l’invasion venue du Nord, mais le monde ne s’est pas amélioré, bien au contraire… La misère et la famine règnent sur un pays ravagé. Villes fantômes, bandes organisées, soldats de fortune et sectes d’illuminés en tout genre se partagent la route du Sud. Il faudrait être fou pour l’emprunter. Fou… ou déterminé.
Lorsque son frère est porté disparu, Miki, le jeune mécano, se met en tête de rallier la péninsule ibérique. À ses côtés, Toni, le pilote, et Cheyenne, le hors-murs, reprennent du service ! Commence pour eux un périple à travers un pays en proie aux flammes et au chaos.
Et, alors que les survivants se disputent les miettes de la civilisation, une menace resurgit des abysses du monde d’avant. Un cauchemar sans nom qui pourrait bien barrer la route aux damnés de l’asphalte…

Edition : Critic

 

Mon Avis : Lors des dernières Imaginales je suis tombé sur ce roman, je ne savais pas que l’auteur avait décidé d’écrire une suite au livre Les Étoiles s’en Balancent et je me suis donc retrouvé rapidement intrigué par ce roman. Je suis donc reparti, après discussion avec l’auteur concernant le premier tome, avec les deux romans sous le coude. Juste le temps de relire le premier tome (ma chronique ici) et me voilà lancé dans cette suite. En tout cas je trouve la couverture, encore illustrée par Ronan Toulhoat, toujours aussi magnifique et qui colle bien au récit.

L’auteur nous offre une histoire qui se déroule 15 ans après le premier tome, Tom Costa a disparu avec son frère et Miki monte l’expédition de la dernière chance pour les retrouver. L’auteur repart sur les mêmes bases que le roman précédent, nous offrant une histoire pleine d’aventure, sans temps mort, remplie de rebondissements et de retournements de situations. Si le lecteur cherche l’action, l’adrénaline et les fusillades il risque de ne pas s’ennuyer, surtout que l’auteur continue aussi à offrir une histoire un minimum intelligente principalement à travers l’univers qu’il présente et qui s’effondre de plus en plus au fil des jours ainsi que les rencontre que vont faire nos héros. Dans ce roman l’auteur nous offre aussi une histoire plus sombre, pleine d’espoir brisé, de souffrance et de défaitisme qui vient se coller parfaitement au monde présenté, même les personnages n’y coupent pas et doivent régulièrement se remettre en question au fil de leur quête et de leur avancée.

L’univers présenté par l’auteur, justement, a énormément évolué depuis les 15 ans qui le sépare du tome précédent. Il se révèle beaucoup plus noir, un monde sans cohésion ou la seule unité possible revient soit à des petites communautés de survivants, soit s’obtient par la force. La technologie est de plus en plus oubliée et l’humanité régresse sauf exception. Par contre, ce qu’on perd par rapport au livre précédent, c’est tout cet aspect sur le monde de l’aviation, on se retrouve ainsi dans un monde post-apo plus classique. Rien de bien méchant là-dedans, car l’auteur s’en sort plutôt bien nous offrant un monde cohérent, efficace, un minimum original et entrainant tout en nous dévoilant ce que l’humanité pourrait devenir si elle se retrouvait livrer à elle-même. A noter que cette fois le roman fait quitter la France à nos personnages pour nous les envoyer en Espagne. J’ai juste un petit reproche concernant les Rugoso, j’avoue ne pas avoir complètement accroché à cet aspect.

Pourtant, je dois bien avouer j’ai trouvé ce roman un léger ton en dessous du précédent. Le premier point qui m’a dérangé c’est cet aspect de décalage entre les personnages et le monde où ils vivent, on a l’impression que leurs émotions sont exacerbées, comme s’il n’avait jamais vécu à cette époque et qu’ils découvraient tout. Des personnages un peu trop « pur » pour le monde où ils vivent. Ensuite la quête de nos héros parait, par moments, tourner en rond du style on avance, on rencontre un obstacle, on l’élimine en se demandant dans quel monde on vit et on continue à avancer ce qui crée quelques fois un léger sentiment de lassitude. Il y a aussi l’aspect logistique, c’est un petit point certes, mais il m’a légèrement dérangé, les personnages n’arrêtent pas de dire qu’ils doivent économiser les munitions, pourtant ils tirent à tout va et vident chargeur sur chargeur sans jamais se retrouver en pénurie. Enfin vient aussi l’aspect chance, je crois que les héros sont des tireurs d’élite, plus de 99% de leur tirs font mouches. Au final rien de complètement gênant là dedans, le roman remplissant toujours son rôle de divertissement et de lecture agréable et sympathique, mais ça surprend.

Concernant les personnages on retrouve une partie des personnages du tome précédent ainsi que de nouveaux protagonistes rencontrés parfois au fil de l’aventure. L’auteur nous offre des personnages intéressants, qui se glissent parfaitement bien dans cette histoire et donnent envie de suivre leurs aventures même si parfois les liens se font un peu trop facilement. Je reprocherai juste à certains anciens personnages d’avoir peu évolué depuis 15 ans, rien de bien gênant. Par contre ici on change de narrateur, on passe de Tony à Miki, ce qui est une bonne idée, car Miki ayant une vision plus sombre et moins  optimiste de la vie il colle plus facilement à ce récit, même si je lui reproche d’avoir un peu trop un avis sur tout sans jamais chercher à développer ni à comprendre ce qui a pu amener à cette décision ou à cette situation.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi vive, incisive et entrainante ce qui colle parfaitement à ce récit de SF post-apo rempli d’aventures et de péripéties et qui offre au final un roman vraiment divertissant et sans temps morts. La conclusion, par contre, m’a parue trop rapide et surtout un peu trop facile par moment à nos héros. Au final un roman un ton en dessous du précédent mais qui, pour moi, se laisse lire et se révèle vraiment divertissant et intéressant à découvrir. Par contre, le tout dernier chapitre, désolé, il m’a fait penser au Roi Lion.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce livre même si je l’ai trouvé un ton en dessous du précédent. L’histoire se révèle plus sombre, plus violente offrant toujours au lecteur une intrigue efficace et intéressante qui fait qu’on tourne les pages avec plaisir pour connaitre la fin. L’univers est aussi plus noire, l’humanité régresse, mais j’ai trouvé dommage que l’auteur met complètement de côté tout l’aspect aviation développé dans le roman précédent. De plus j’ai moyennement accroché au Rugoso. Les personnages sont intéressants et happe facilement le lecteur dans les aventures je reproche juste certains anciens personnages de ne pas avoir trop évolué. La plume est toujours aussi incisive et efficace. Je regrette tout de même un décalage entre les personnages et l’univers, un problème de logistique avec les armes et aussi un aspect légèrement répétitif dans la construction de l’intrigue par moment. Une suite agréable qui offre un roman de post-apo qui se laisse lire avec un minimum plaisir sans trop se prendre la tête.

 

Ma Note : 7/10

Les Etoiles s’en Balancent – Laurent Whale

Résumé : Dans une France plongée dans la violence, la famine et la misère, Tom Costa fait ce qu’il doit pour survivre ; à bord de son petit avion, il chine et glane sa subsistance. Et, dès qu’il peut, il fonce la retrouver, elle, San, sa douce, sa lionne. Mais bientôt, venu du Nord, un péril bien plus grand que les hordes de chiens sauvages ou les hors-murs le guette : une invasion a commencé, et les Villes-Etats tombent les unes après les autres… Pour contrer cette menace, le vagabond du ciel va devoir former une escadrille de choc. Il pourra compter sur une poignée de têtes brûlées, parmi lesquelles Miki, le petit mécano, et Cheyenne, l’insoumis. Ensemble, ils devront tout mettre en oeuvre pour sauver leurs miches et ce qu’il leur reste de toit… tandis qu’au-dessus d’eux, les étoiles s’en balancent !

Edition : Critic

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog depuis le début, vous devez savoir que j’ai déjà lu et chroniqué ce roman (ma chronique ici). Alors pourquoi le relire et surtout le chroniquer à nouveau, me direz-vous? Tout simplement car lors de ma rencontre avec l’auteur aux dernières Imaginales on a discuté des différences entre l’édition rivière blanche (que j’ai lu) et l’édition Critic, il m’a expliqué qu’il avait effectué pas mal de modifications et qu’il est préférable de relire l’édition Critic avant de se lancer dans la lecture de la suite. En tout cas je trouve la couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, vraiment magnifique. Je ne fais et ne pense rarement faire de nouvelles critiques de livres déjà chroniqué, mais là j’ai fait une exception justement car l’histoire à subie des changements.

On se retrouve ici dans un roman de Science-Fiction et surtout d’aventures qui se lit avec plaisir sans trop se prendre la tête, tout en offrant tout de même un récit intelligent. En effet on tourne les pages avec grand plaisir pour suivre cette histoire dont l’auteur maîtrise efficacement les rebondissements, les retournements de situations et les surprises, le tout rempli d’action et d’adrénaline qui offrent un rythme haletant. Surtout l’auteur vient nous offrir une intrigue vraiment intéressante et un minimum travaillée à travers cette histoire de survie du héros dans un monde de plus en plus proche du gouffre. Le mélange fonctionne vraiment bien, comparé à la précédente version on y gagne même en fluidité et la conclusion évite clairement l’accumulation de rebondissement; ce que je reprochais à l’édition Rivière Blanche. Par contre, certains m’ont tout de même parus un peu trop « improbable », je pense principalement à la révélation sur le Khan.

L’univers futuriste présenté par l’auteur se révèle vraiment efficace, sombre, violent et intéressant, se basant sur l’implosion des gouvernements amenant le retour des communes où chaque ville possède son propre gouvernement, pas toujours démocratique. Ce qui ressort principalement, et ressortait déjà dans la précédente version, c’est le travail de l’auteur sur le milieu aérien et les avions. Il arrive vraiment à nous faire partager cette passion et cet amour de l’air et du vol sans non plus ennuyer ou bien tomber dans le côté trop technique et ardu. Limite ça donne envie de voler.

Ce qui est aussi intéressant c’est tout cet aspect mis en avant sur l’adaptation de l’homme pour survivre dans un monde où la technologie se meurt doucement mais sûrement et où la violence reprend ses droits pour survivre. L’homme va donc se retrouver à mélanger reste de science et techniques de base pour ne pas mourir. Mon reproche est que tout repose trop souvent sur une seule personne qui a les connaissances et aussi un certain parti pris de l’auteur sur certains aspects.

Autre point qui ressort fortement dans ce récit, mais qui se révèle à double tranchant, c’est toujours cette optimisme qu’on retrouve tout au long du roman. Autant cette bonne ambiance se révèle communicative et apporte le sourire, autant à force elle en devient aussi un peu lassante tant on se demande comment on peut toujours être aussi positif avec tout ce qui tombe sur la tête des personnages. Autre point qui m’a dérangé c’est aussi cette sorte de « fusion » qui apparait à travers le groupe d’amis qui se forme au cours du roman. Cela me surprend toujours cet aspect où un gars rencontré il y a quelques semaines va limite mourir pour vous simplement parce que, bon, vous êtes amis. Alors, rien de bien gênant non plus, mais voilà ça surprend.

Concernant les personnages ils se révèlent intéressants à suivre tout au long du récit. Ils ne manquent pas de charisme et possèdent un niveau de profondeur intéressant qui font qu’on s’accroche assez bien à eux. Bien sûr certains personnages secondaires paraissent un peu caricaturaux et manquent parfois de surprises tant on devine leurs façon de penser, mais au final chaque personnage colle vraiment parfaitement à cette histoire d’aventures et surtout pleines de divertissement. Le personnage principal, Tom Costa, qui est aussi le narrateur, se révèle lui vraiment intéressant à suivre, nuancé et plein d’humour on s’accroche rapidement à lui. Je lui reproche juste de rentrer un peu dans le héros invincible qui à force de recevoir des coups on se demande comment il peut encore être debout.

La plume de l’auteur se révèle vraiment, vive, incisive et colle parfaitement à cette histoire sans temps mort. Tout n’est certes pas parfait dans ce roman, mais il offre vraiment un moment de lecture divertissant et plein d’entrain. Par contre pour moi, comme dans la première version, le dernier chapitre est de trop; mais bon il ne s’agit que de mon avis. Un roman au final plaisant à lire pour toute personne qui cherche une lecture sans trop de prise de tête, vive, mais tout en gardant un côté intelligent et construit. Je lirai sans soucis la suite qui est justement déjà dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire vraiment divertissante, sans temps mort, pleine d’action et de suspens. L’univers se révèle intéressant et repose sur un postulat de départ efficace et captivant, mais ce qui fascine c’est cette passion que partage l’auteur sur le monde aérien. Les personnages sont intéressants, efficaces, surtout Tom Costa le narrateur qui se révèle attachant. Dommage que certains personnages secondaires tombent un peu dans le classique. La plume de l’auteur se révèle vive, entrainante et incisive et emporte le lecteur. Je trouve juste dommage cette chape d’optimisme qui recouvre tout le roman, ou bien cette amitié indéfectible  qui fait qu’on est prêt à suivre jusqu’à la mort un gars qu’on connait à peine. De plus le dernier chapitre est de trop à mon goût. Mais au final ce roman remplit pleinement son rôle de divertissement fougueux et plein de rebondissement et je lirai la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

Ainsi Naissent les Fantômes – Lisa Tuttle

Résumé : « En 2004, j’ouvrais mon recueil Serpentine sur cette dédicace : À Lisa Tuttle, dont les livres m’ont appris que les plus effrayants des fantômes sont ceux qu’on porte en soi. Ils étaient toujours là, ces fantômes : entre les pages des textes que je découvrais en cherchant la matière qui composerait ce recueil. »
Mélanie Fazi

Edition : Dystopia

 

Mon avis : La première fois que j’ai entendu parler de Lisa Tuttle c’est justement par la dédicace de Mélanie Fazi dans son recueil Serpentine, mais je n’ai jamais eu la chance de pouvoir lire un texte de cette auteur. Il a fallu attendre que la maison d’édition Dystopia publie un recueil de nouvelles pour qu’enfin je franchisse le pas et que je fasse entrer ce livre dans ma PAL. Surtout qu’il faut aussi admettre que la couverture, illustrée par Stéphane Perger, est vraiment magnifique, je trouve, et donne encore plus envie de faire entrer ce livre dans sa bibliothèque. On retrouve dans ce livre six nouvelles.

Rêves Captifs : Ce texte, qui vient ouvrir le recueil, met tout de suite dans l’ambiance. Il s’agit d’un texte, fort, percutant et surprenant qui vient nous conter la vie d’une jeune fille qui a été séquestrée et qui a réussi à s’évader de façon surprenante. L’auteur fait monter lentement la tension au fil des pages, joue avec le lecteur et arrive à nous plonger efficacement dans l’histoire de cette fillette ce qui fait qu’on s’accroche vraiment à elle, à ses espoirs, ses envies et dont la conclusion vient nous percuter, nous ramener sur terre avec force. Une conclusion bouleversante, perturbante, mais parfaitement maîtrisée et qui montre directement au lecteur à quoi il doit s’attendre à travers ce recueil. Pour les contes de fées faut aller voir ailleurs. Un texte sombre, accrocheur et qui piège efficacement le lecteur dans sa toile.

L’Heure en Plus : Cette nouvelle part d’un postulat que tout le monde rêve d’avoir, une heure en plus dans une journée sans que cela ne lui coute rien. Ici la nouvelle nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui va découvrir un pièce secrète où elle peut gagner cette heure en plus pour écrire. Mais voilà rien n’est jamais gratuit et cette pièce possède son propre univers. Un texte vraiment surprenant qui vient justement mettre en dualité le besoin de temps personnel et le temps pour les tâches quotidiennes et le tout de façon fantastique et intelligente. On a vraiment l’impression que l’auteur s’est vraiment impliqué dans ce texte, nous offrant peut être son expérience ce qui donne l’impression d’ajouter une touche de véracité dans cette nouvelle. Une nouvelle intimiste, efficace et qui se révèle passionnante et à la conclusion surprenante.

Le Remède : Le remède est une nouvelle qui se base sur le postulat de départ de la découverte d’un médicament qui guérit toutes les maladies, mais va aussi, on ne sait pas comment, détruire le langage des générations futures. Cette nouvelle se révèle vraiment intéressante principalement sur tout ce qui concerne la langue, la parole comme par exemple la façon dont l’héroïne va découvrir qu’il peut exister une façon de parler dans le silence. Ce récit vient aussi nous faire réfléchir sur certains aspects comme « Le langage est-il une maladie? ». Un texte qui possède une certaine poésie, mais aussi qui se révèle intimiste à travers justement l’incompréhension qui apparait dans ce couple entre une qui peut parler et l’autre qui ne peut pas. La conclusion vient offrir d’ailleurs une réponse intéressante aux questions que se pose le lecteur même si elle était attendue.

Ma Pathologie : Sûrement l’un des textes les plus malsains du recueil, et pourtant j’ai été passionné par ce récit. Il nous offre une histoire qui vient mélange amour, alchimie et maternité, mais le tout de façon parfois sombre, angoissante et surprenante. Et pourtant ça n’empêche pas ce texte de se révéler intriguant et intéressant, nous montrant à quel point une personne peut parfois s’offrir à l’autre par amour et ainsi sombrer. Autre point qui ajoute à ce côté un peu sombre c’est aussi le choix de la banlieue triste de Londres qui, je trouve, vient coller parfaitement à cette histoire hors-normes. Au final un texte, peut être déroutant, qui vient glacer le lecteur, mais qui se révèle vraiment captivant et parfaitement porté par des personnages efficaces et une histoire qui mélange horreur et fantastique de façon habile.

« Mezzo-Tinto » : C’est la nouvelle que j’ai le moins apprécié de ce recueil, pas qu’elle soit mauvaise, elle reste agréable à découvrir, mais voilà elle se révèle très classique à mon gout et vraiment sans surprises. L’auteur cherche ici à offrir un hommage à un texte écrit par M.R. James, auteur que j’avoue ne pas connaitre. Au final ce texte est porté principalement par son ambiance que l’auteur retranscrit avec des descriptions et un travail sur les personnages vraiment efficace, angoissant et captivant. Dommage au final que l’intrigue manque un peu d’originalité, car le travail d’écriture est vraiment saisissant et aurait pu, et dû, plus me toucher.

La Fiancée du Dragon : Il s’agit ici du plus long texte de ce recueil et j’avoue j’en ressors avec un sentiment certes positif, mais je n’ai pas été complètement conquis. Le texte n’est pas mauvais du tout, on retrouve bien cette ambiance fantastique qui peut se déchirer à tout instant et faire tomber le lecteur dans un univers malsain et sombre, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur partait un peu dans tous les sens, comme si elle hésitait entre l’aspect roman ou nouvelles. De plus la conclusion manque un peu de clarté et de précision je trouve. Ce qui ne veut pas dire que le texte est complètement mauvais, car on retrouve toujours cette ambiance qui caractérise les différents textes de l’auteur, le lecteur est vraiment happé par les lieux et les régions que nous fait découvrir l’auteur. De plus l’histoire se révèle vraiment intéressante et le lecteur tourne tout de même facilement les pages pour en connaitre la fin.

 

Autre point qui rend ce recueil intéressant c’est aussi le travail qu’à fourni Mélanie Fazi pour nous faire découvrir une auteur qui l’a marqué et qui a influencé sa façon d’écrire, que ce soit à travers la préface, mais aussi avec une interview de Lisa Tuttle qui nous permet de mieux comprendre ainsi ses textes et ses thématiques. Au final je suis bien content d’avoir découvert ce recueil de nouvelles fantastiques qui est porté par une plume vraiment efficace et angoissante et qui plonge facilement le lecteur dans des récits efficaces et qui basculent lentement, au fil des pages, tout en offrant des thématiques intéressantes et soignées. LA force de l’auteur est aussi de faire basculer ces récits dans le fantastique et le malsain de façon intelligente et cohérente. En effet chaque récit a pu ou pourrait exister. Je lirai d’autres textes de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce recueil de six textes qui m’a permis de découvrir Lisa Tuttle. Tous les récits ne sont pas au même niveaux, mais ils se révèlent vraiment tous intéressants à découvrir mêlant habilement et intelligemment fantastique et angoisse pour le plus grand plaisir des lecteurs. On se retrouve vraiment happé par chaque texte souvent passionnants, souvent marquants, parfois malsains, parfois intimistes, mais toujours captivants. Le travail de Mélanie Fazi pour nous faire découvrir cette auteur apporte aussi un plus. Au final un recueil de nouvelles qui mérite d’être découvert, pour peu qu’on apprécie le genre. Si je peux je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres textes de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Mariejuliet, Ptitetrolle, Tigger Lilly, Lune, …

 

Challenge JLNN 10ème lecture

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