Mois : décembre 2013 (Page 1 of 3)

Mes Achats du Mois de Décembre 2013

Pour cette fin d’année je pensais me calmer un peu sur les achats, surtout que le mois de Novembre avait bien rempli ma PAL. On peut même parler de petit craquage avec 11 nouveaux livres qui viennent rejoindre ma PAL. Le festival des Rencontres de L’Imaginaire de Sèvres a aussi un peu aidé, il faut bien l’avouer.

Voilà la liste des livres qui rejoignent ma bibliothèque en cette fin d’année :

  • En Panne Sèche de Andreas Eschbach aux éditions L’Atalante. Un livre qui me tente depuis des année, mais dont j’ai toujours eu un peu peur de la taille. J’ai donc décidé de me lancer.
  • Destination Mars Anthologie aux éditions du Riez. Un recueil de nouvelles sur mars qui a rejoint ma PAL grâce à ma réussite au Challenge du JLNN proposé par Lune.
  • Les Insulaires de Christopher Priest aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Je reste intrigué à chaque fois que je passe devant ce livre. Alors avant qu’il disparaisse de ma vue je lui ai fait rejoindre ma PAL.
  • Osama de Lavie Thidar aux éditions Eclipse. Voilà un livre assez intrigant dont j’avais envie de voir ce qu’il pouvait bien proposer.
  • Mausolées de Christian Chavassieux aux éditions Mnémos. J’ai été convaincu de me laisser tenter par ce livre en lisant le quatrième de couverture qui m’a paru vraiment prometteur.
  • Burndrive de Karin Lowachee aux éditions Le Bélial’. Après avoir lu deux tome de cette trilogie j’ai rapidement fait rentrer ce troisième et dernier tome dans ma PAL.
  • Comtesse Bathory de Patrick McSpare aux éditions Eclipse. Pas obligatoirement des plus tentés par la nouvelle série jeunesse de l’auteur j’ai plus choisi de laisser sa chance à ce roman.
  • Vampires à Contre-Emploi Anthologie aux éditions Mnémos. Le sujet de cette anthologie m’a vraiment paru intéressant, par conséquent lors de mon passage au festival je suis reparti avec.
  • Réalité 5.0 Anthologie aux éditions Goater. Après avoir entendu pas mal de bien de cette anthologie j’ai décidé de me laisser tenter.
  • Sous L’Ombre des Étoiles de Thomas Geha aux éditions Rivière Blanche. Je n’ai jamais été vraiment déçu par les romans de l’auteur, je continue donc ma plongée dans ses histoires.
  • Sur le Fleuve de Léo Henry & Jacques Mucchielli aux éditions Dystopia. Un livre que je n’ai pas pu acheter aux Utopiales, ma visite à Paris m’a donc permis de corriger cette erreur.

Au final un mois de Décembre plutôt bien rempli et voilà de quoi m’offrir de bonnes lectures pour passer l’hiver, même si ma PAL à du mal a baisser.

Burton & Swinburne dans L’Etrange Affaire de Spring Heeled Jack – Mark Hodder

Résumé : Londres,1861
Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.
Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.
Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.
Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.
Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques mois la maison d’édition Bragelonne nous proposait le mois du Cuivre, permettant de découvrir ainsi trois romans fortement teinté d’univers Steampunk. Ce roman faisait partie de cette collection et a rapidement rejoint ma bibliothèque tant le quatrième de couverture me paraissait vraiment intéressant et tant l’illustration de couverture se révélait très sympathique et accrocheuse. À noter aussi que ce roman se révèle être un très bel objet avec ses dorures sur la couverture et ses tranches dorées.

Je dois dire que ce roman démarre de façon vraiment efficace, nous plongeant directement dans un des tournant de la vie du héros Richard Burton. On se retrouve rapidement happer par la vie de ce héros, grand aventurier, qui va se retrouver lancer dans de péripéties toutes plus fracassantes les unes que les autres. L’originalité de ce roman vient clairement du mélange que nous propose l’auteur avec des personnages historiques ayant existé, se retrouvant dans un univers uchronique steampunk et le tout avec son lot de bouleversement temporel. Je dois bien avouer que c’est l’une des grandes forces du récit. Autre point intéressant et que l’auteur s’intéresse à une des figures anglaise peu connu par chez nous qu’est Spring Heeld Jack qui se traduit par Jack Talons-à-ressort, mystère encore jamais résolu à ce jour. C’est donc avec un mélange de toutes ces bonnes idées que l’auteur nous lancer dans ce récit qui va se révéler énergique, mais, je l’avoue, dont je ressors plutôt mitigé.

Concernant le rythme du récit rien à redire, l’auteur sait clairement y faire, étant scénariste avant d’écrire des livres, nous plongeant ainsi dans une histoire efficace et entrainante du début à la fin, se révélant sans temps morts. Il joue plutôt bien et de façon efficace avec les rebondissements et les retournements de situation pour ne jamais ennuyer le lecteur, même si parfois certains se laissent deviner rapidement. J’ai noté aussi ici ou là quelques longueurs, mais rien de non plus dérangeant tant le lecteur se retrouve happer par les aventures de nos héros. Non ce qui m’a bloqué c’est qu’au bout des deux tiers on découvre enfin la vérité sur Jack, qui il est et les conséquences de son existence, et là j’avoue, j’ai eu du mal à accrocher.

Déjà Jack manque clairement de charisme et m’a paru complètement idiot ce qui est en complète opposition au fait que l’auteur nous le présente comme un génie. Imaginer un voyageur  temporel, héros de son époque et créateur d’une technologie qui révolutionne le monde, mais qui décide de revenir de 300 ans dans le passé pour empêcher un de ces ancêtres de faire une erreur et le tout en se disant qu’il n’y aura aucune conséquence sur la trame du temps. Déjà là on sent bien tout le génie de notre héros, ajouter a cela un soit disant choc de culture bancal et une idée pour réparer l’avenir qui se révèle complètement aberrante et vous comprendrez que j’ai eu du mal avec cette logique. De plus l’auteur se permet certaines évolutions simplement pour son histoire sans réfléchir à sa faisabilité, je pense principalement aux évolutions technologiques et génétiques qui ont rattrapé 300 ans en à peine 20 ans, le tout sans aucun plan, simplement sur de grandes idées tracé lors d’une conversation avec le voyageur du temps. Dommage que ces défauts viennent un peu gâcher, pour moi, ce roman, car dans l’ensemble on avait de quoi obtenir un très bon divertissement.

L’univers lui se révèle par contre vraiment intéressant, on sent bien que l’auteur se plait à inventer de nouvelles technologies ainsi qu’à créer de nouvelles espèces utiles grâce à la génétique. Cette imagination, associé à un travail sur le Londres victorien vraiment saisissant et passionnant, nous offre un monde sombre, efficace et intéressant à découvrir. Je reprocherai peut être juste que ces nouvelles technologies ne se limitent finalement qu’aux communications et au transport, mais je ne doute pas que cela changera dans les prochains tomes. La séparation entre les Technologistes et les Eugènistes se révèle aussi intéressante et offre, dans une époque de révolution industrielle, une lutte de pouvoir qui ne manque pas d’attrait même si assez simpliste. L’aspect uchronique est plutôt bien géré offrant son lot de changements et de modifications dans l’histoire qui se révèlent efficaces, même si parfois ils se révèlent traités un peu trop hâtivement selon moi, offrant plus un changement de date pour la cohérence de l’histoire.

Concernant les personnages je dois bien avouer que l’auteur a du pas mal se renseigner sur Burton et Swinburne, nous offrant des personnages vraiment intéressants, chacun ayant son propre point de vue entre le cartésien et l’imaginatif. On se retrouve avec un duo attachant qui nous plonge facilement dans leurs aventures et qui rappelle un petit peu Holmes et Watson par certains aspects. Je reprocherai peut être juste un manque parfois d’aspect émotionnel, principalement dans le traitement de la relation de Burton et Isabel qui se révèle trop froid. Par contre j’aurai aimé que l’auteur fasse le même travail sur les personnages secondaires, car autant certains se révèlent vraiment intéressants et travaillés, autant les figures scientifiques connues m’ont paru partir dans tous les sens. Entre un Darwin qui n’a aucune profondeur et ne sert que de super grand vilain pas beau et Nightingale qui tend vers la sorcière généticienne, j’avoue avoir eu du mal à accrocher tant ces personnages sonnent creux et à l’opposé de ce que je connais d’eux.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle simple, efficace et entrainante. On sent bien que l’auteur a été scénariste, sachant jouer avec les dialogues, les phases d’action, les rebondissements et les descriptions. L’ensemble forme un tout qui fait que le lecteur tourne les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en savoir plus sans jamais s’ennuyer. Dommage que l’histoire m’ait paru un peu trop bancal dans sa construction pour vraiment m’accrocher ce qui fait qu’au final j’ai trouvé ce roman plutôt moyen malgré tout le potentiel et les idées qu’il y a. Je pense que je lirai la suite pour voir comment il va s’en sortir dans ses prochaines histoires et s’il a su améliorer la cohérence de son intrigue.

En Résumé : J’avoue je sors de ma lecture avec un sentiment plus que mitigé. Tout démarrait bien, l’histoire se révélant prenante dès le premier chapitre, sans temps morts, remplie de rebondissements et de retournements de situations efficaces malgré, certes, quelques longueurs, puis arrive les révélations. Là j’avoue j’ai en partie déconnecté tant le tout m’a paru bancal voir même limite incohérent. Entre un Jack, présenté comme un génie, qui m’a paru idiot dans sa réflexion sur les modifications temporelles, son idée complètement aberrante pour réparer le temps et aussi des évolutions beaucoup trop rapides qui servent juste le récit mais manquent de cohérence, j’avoue j’ai eu un peu de mal. Dommage, car l’univers se révèle vraiment intéressant et bien porté par des technologies surprenantes et qui collent parfaitement à l’univers Steampunk. Concernant les personnages j’ai bien accroché à Burton et Swinburne dont on sent que l’auteur s’est pas mal renseigné sur eux, j’aurai juste aimé qu’il en fasse autant sur Darwin et Nightingale qui ne sont là que pour remplir une caricature de super vilains. La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, divertissante et entrainante. Il y a clairement du potentiel dans ce livre et de bonnes idées, je pense donc lire un jour la suite pour voir comment s’en sort l’auteur.

 

Ma Note : 5,5/10

 

Autre avis : Lune, Herbefol, Tesrathilde, …

Les Eveilleurs Livre IV, Le Passage – Pauline Alphen

Résumé : Salicande est en effervescence. L’équinoxe approche, et avec elle la fête du « Temps Vert » qui célèbre les retrouvailles avec la vie, la lumière et la fécondité.
Quatre lunaisons ont passé depuis le tournoi et l’incendie, depuis le mystérieux phénomène des sphères qui a entraîné la mort de Bahir et d’Eben, la disparition de Jad et de Jwel.
Quelques décades à peine se sont écoulées depuis l’attaque des bandits. Et au contact du peuple des Arbres, c’est tout Salicande qui s’éveille, frissonne, s’ouvre à de nouvelles sensibilités.
Mais la menace d’un ennemi inconnu pèse encore sur cette fragile harmonie. Il faut convaincre le village de se préparer à affronter des dangers qui ne seront pas ceux qu’il imagine.

Edition : Hachette

 

Mon Avis : Il y a environ un an et demi je terminais le troisième tome des Éveilleurs et je dois dire que j’avais vraiment hâte de lire la suite de cette série qui se révélait efficace, complexe avec un univers et des personnages vraiment intéressants (Chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand, il y a quelques mois, est sorti le quatrième tome de ce cycle je n’ai pas mis longtemps à faire entrer ce livre dans ma bibliothèque, espérant retrouver ce qui m’avait plu dans les précédents et y trouver des réponses. À noter l’illustration de couverture qui change des précédentes, peut-être même un peu trop, mais qui se révèle sympathique.

Je trouve que le résumé de quelques pages, au début du roman, permettant de rafraichir la mémoire du lecteur sur les tomes précédents, est vraiment une bonne idée. On replonge donc dans la vie de Salicande, de ses habitants qui, suite aux bouleversements du troisième tome, doivent changer et avancer. En effet, on sent clairement que ce tome se repose sur les mêmes éléments de construction que celui du second tome, cherchant à travailler les personnages, les faire évoluer suite à tout ce qu’ils ont vécus. Ce qui fait que l’intrigue donne un peu l’impression de stagner au fil des pages, offrant un rythme lent. Cela ne gêne en rien la lecture de l’histoire tant l’auteur arrive à faire plonger le lecteur dans la vie de ses héros avec poésie, passion et envie, on se retrouve happé par les différentes émotions et les différents sentiments qu’elle nous offre, nous dévoile au fil des pages. À noter quand même que Claris n’apparaît pas dans ce tome et Jad à peine une dizaine de pages ce qui est, je trouve, légèrement frustrant, mais pas non plus complètement dérangeant.

Concernant l’univers il se révèle toujours aussi intéressant à découvrir et surtout l’auteur continue à le développer de façon efficace et captivante au fil des tomes. On en apprend déjà beaucoup plus sur le peuple des arbres ainsi que sur leurs magies, leurs empathies, qui les caractérisent tous de façon différente et à différents degrés. Un peuple vraiment intéressant bien porté par La Dame, personnage fascinant et charismatique. Surtout que l’auteur continue aussi à développer les passages sur les temps d’avant, on en apprends encore un peu plus sur le conflit qui a ravagé la terre, entre les nantis et les non-nantis, ou encore sur cette grande catastrophe qui a fait disparaitre une génération entière d’adolescent. Un univers toujours aussi intéressant, complexe, à découvrir, mais qui surtout se révèle vraiment magnifique, bien porté par les descriptions de l’auteur qui donne envie de découvrir le village, ses habitants ainsi que ses fêtes joyeuses et enthousiastes.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment réussis, entrainants, denses et prenants. On sent bien que l’auteur apprécie chaque personnage et cherche à les développer de façon efficace et intéressante. Chaque héros se révèle unique, ayant ses propres émotions et ses propres sentiments, ainsi que sa propre façon de réagir aux différents changements. On en apprends aussi plus sur Tierra, la Gladninja qui a décidé d’aider Salicande, ou encore sur Merlin qui se révèle un élément essentiel de l’intrigue. Hugh continue à grandir et l’auteur arrive vraiment à retranscrire ses phases d’adolescence de façon vraiment intéressante et réussie. Blaise est toujours en recherche de lui-même, oscillant entre le sage conseiller et l’homme avec ses faiblesses, il fait parti de mes personnages les plus intéressants à découvrir. Il n’y a qu’un seul personnage que j’ai de plus en plus de mal à apprécier, c’est Chandra. Je comprends qu’elle représente la femme au foyer au grand cœur, mais incomprise aussi bien dans ses sentiments que dans son envie de ne pas être la « bobonne », mais voilà cela fait quatre tomes qu’elle n’évolue pas d’un iota, oscillant entre cris et pleurs et, franchement, ça devient  vraiment lassant. Le triangle amoureux n’aide pas non plus à mon goût vu qu’il est traité un peu trop à la va-vite.

Au final j’ai trouvé ce quatrième tome un léger ton en dessous que le précédent, car il donne vraiment l’impression d’être un tome de transition. Comme je l’ai dit les personnages sont clairement mis en avant dans ce tome, laissant un peu en retrait l’intrigue. Il faut attendre le dernier tiers du livre pour vraiment voir les choses bouger et apporter son lot de surprises et de révélations, ce qui se révèle légèrement frustrant par moment. Au final cela n’empêche pas ce tome de se révéler vraiment agréable, mais on a l’impression que l’auteur a parfois du mal à mélanger intrigue et émotions, alternant un tome qui fait clairement avancer le tout avec un tome plus posé sur les évolutions de chacun suite aux changements.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi poétique, magique, pleine d’émotion et de sentiment, arrivant à happer le lecteur malgré le rythme lent de l’histoire. Certaines facilités apparaissent bien ici ou là, ainsi que certaines résolutions un peu simple, mais rien de bien gênant surtout considérant un roman jeunesse. Un quatrième tome, certes de transition, mais qui se révèle tout de même efficace. Je lirai la suite sans soucis en espérant obtenir aussi un peu plus de réponses.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce quatrième tome du cycle Les Éveilleurs. Certes on sent bien qu’il s’agisse de nouveau d’un tome de transition , mettant en avant clairement l’évolution des personnages face aux derniers bouleversements, mais le tout se révèle toujours aussi poétique et entrainant. Il est juste un peu dommage de devoir attendre finalement le dernier tiers du livre pour voir enfin l’intrigue bouger, rien de non plus complètement dérangeant tant la plume de l’auteur est toujours aussi poétique et magique. L’univers continue à se développer et à évoluer, on continue à en apprendre plus sur Les Temps d’Avant et on découvre aussi le Peuple des Arbres et leurs magies. Les personnages sont toujours aussi intéressants, complexes et soignés et accrochent toujours autant le lecteur sauf, pour moi, Chandra qui donne l’impression de ne jamais évoluer ce qui est lassant. Alors certes, un tome un peu en dessous du précédent, mais je lirai la suite sans soucis et avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Joyeux Noël

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël!

En vous souhaitant pleins de bons moments, de bonnes choses sous le sapin et le plein de livres!

Une Aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix Tome 1, La Magnificence des Oiseaux – Barry Hughart

Résumé : Pour lutter contre une épidémie pour le moins singulière – puisqu’elle sait compter et ne touche que les enfants de son village –, Bœuf Numéro Dix se rend à Pékin, le jour de son dix-neuvième anniversaire. Là, il rencontre un vieil alcoolique, un sage qui, bien des années auparavant, fut célèbre sous le nom de Maître Li. De retour au village de Kou-fou, tous deux découvrent sans mal que Fang le Prêteur sur gage et Ma le Grigou ont empoisonné les enfants par erreur. Les deux coupables ont pris la fuite, mais il reste à guérir les enfants…
Ainsi commence la première enquête de Bœuf Numéro Dix et Maître Li, dans une Chine qui ne fut jamais.

Edition : Denoël Lunes D’Encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : J’ai entendu parlé de ce roman il y a quelques années déjà lors de sa sortie en grand format, mais j’avoue je ne me suis jamais lancé, peur de ne pas accrocher et je suis un peu passé à côté. Il a fallu attendre que Folio décide de publier le premier tome des aventures de Maître Li et Boeuf Numéro Dix en poche pour que je me laisse enfin tenter par cette série. Alors, quand Livraddict a proposé ce livre en partenariat j’ai donc décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être retenu. À noter la couverture, illustrée par Yayashin – Bruno Wagner, que je trouve vraiment magnifique et donne vraiment envie de lire ce roman.

Ce roman se révèle être un conte oriental magique qui nous raconte l’histoire d’un village où les enfants sont en proie à une épidémie et où deux héros vont devoir mener l’enquête. L’auteur nous propose donc ici une histoire qui se déroule à un rythme haletant, sans temps morts, avec énormément de rebondissements et de surprises ce qui fait que le lecteur, une fois pris dans ces aventures, tourne les pages avec envie d’en apprendre plus et de savoir où il va nous mener. Car oui avancer dans l’intrigue de ce récit c’est un peu comme ouvrir une poupée russe, une trame en cachant une autre, en cachant encore une autre etc… et le tout coordonné vraiment de façon cohérente et passionnante. Attention, ce récit a beau être un conte, il est loin d’être non plus une histoire pour enfants, offrant des péripéties sauvages, violentes et parfois même sanglantes à nos héros, mais le tout avec un ton tellement décalé qu’on se retrouve toujours fasciné et émerveillé, avec le sourire aux lèvres.

Car oui, une des grandes forces de cette histoire et de nous conter le tout avec humour et une légère pointe d’extravagance qui se révèle vraiment rafraichissant. Comment ne pas rire de la façon dont la situation est vue par nos deux héros, où encore par la facilité de Nuage de Lotus à trouver de surnoms à ses prétendants par exemple. On compare d’ailleurs cette histoire dans le quatrième de couverture à Pratchett, je ne suis pas tout à fait d’accord, certes on rentre clairement dans la fantasy humoristique, mais là où Pratchett rentre dans les stéréotypes pour mieux les détourner et offrir un humour percutant, Barry Hughart lui nous offre un humour plus nuancé, plus posé et subtil, plein d’ironie et de folie qu’on retrouve du début à la fin. On rit peut être moins aux éclats avec ce roman qu’avec un du Disque-Monde, mais la joie diffuse tout au long de ce récit se révèle clairement tout aussi efficace et on garde le sourire aux lèvres encore quelque temps une fois la dernière page tournée.

Un des autres points forts qui se révèle vraiment fascinant c’est l’univers développé par l’auteur, un monde oriental fascinant à la frontière entre le réel et l’imaginaire qui est porté par des magies, des légendes qui sont vraiment entrainantes et fascinantes. Un monde qui donne clairement envie d’être découvert. Pourtant, on est loin d’être dans un lieu totalement féérique, entre machination, lutte de pouvoir entre des empereurs ou des ducs, des dieux qui jouent avec les hommes et surtout la place des paysans qui ne sont considérés que comme de la matière première, mais voilà l’auteur rend le tout magique, complexe, dense et intrigant du début à la fin. Une Chine ancienne qui se révèle vraiment magnifique, lumineuse, réaliste et tellement efficace qu’on a envie de replonger dedans. L’auteur est clairement fasciné par cette région et il le fait passer de façon vraiment efficace au lecteur.

Concernant les personnages je dois bien avouer qu’ils se révèlent tous clairement fascinant à découvrir. Ils sont complexes, entrainants et décalés. Nos deux héros se révèlent complémentaires tout du long du récit, avec Bœuf qui représente la puissance, la force et l’innocence et Maître Li qui lui est plus la sagesse, l’intelligence, mais aussi, d’une certaine, façon la dépravation et le mensonge, on ne peut que s’accrocher à eux et à suivre avec plaisirs leurs péripéties qui vont leur faire rencontrer des personnages secondaires tous surprenants, plus ou moins fous, passionnants et fascinants. L’auteur s’amuse d’ailleurs à les faire revenir au fil de l’enquête et à les faire avancer, les faire évoluer de façon vraiment intéressante et passionnante pour encore mieux surprendre le lecteur. Entre dialogues enlevés, péripéties et sacrifices, chaque personnage possède sa propre étincelle et donne envie d’en apprendre plus sur lui. Comme tout conte on va aussi d’ailleurs y croiser des dieux, des déesses, des magiciens etc…

Mon seul petit regret à travers ce roman est le côté un peu répétitif des aventures de nos héros, rien de vraiment dérangeant non plus, mais qui devient tout de même légèrement lassant, reproduisant un peu toujours le même modèle pour faire avancer son histoire, excepté pour la conclusion. Elle se révèle vraiment enlever et efficace, jouant sur des révélations finales vraiment surprenantes et qui entraine de nouveau pleinement le lecteur.

Le style de l’auteur se révèle vraiment dense, efficace et soignée, jouant avec le lecteur, contant l’histoire de façon détachée comme avec une certaine pudeur, ce qui vient parfaitement coller à cette histoire. Les descriptions se révèlent vraiment réussies et les dialogues se révèlent incisifs et efficaces. Un conte oriental qui se révèle réussi, fascinant, plein d’aventures et avec une bonne dose d’humour. Au final un premier tome qui m’a fait passer un excellent moment et qui me donne clairement envie de lire la suite. Je recommande vraiment de découvrir cette lecture pleine de bonne humeur.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment avec ce livre qui nous offre au final un conte chinois qui se révèle efficace, entrainant, sans temps morts et passionnant. L’enquête de nos deux héros, certes se révèle peut-être un peu répétitif, mais ne manque pas de rebondissements, ni de rencontres vraiment surprenantes. L’univers présenté par l’auteur se révèle vraiment fascinant, mélange de légendes, de magie, de mystères et de lieux resplendissants et magnifiques. On a vraiment envie d’en apprendre plus sur ce monde. Les personnages développés dans ce récit se révèlent denses, complexes, efficaces et tous un peu fous, ce qui offre des situations vraiment pleine d’humour. L’humour, justement, est une des grandes réussite de ce roman, tout en nuance, posé, ironique et subtil, ce qui fait que le sourire reste facilement aux lèvres. Le style de l’auteur se révèle vraiment soigné, dense et vraiment entrainant du début à la fin. Je lirai la suite des aventures de nos héros sans soucis et avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Nymeria, Zina, Herbefol, Louve, Nanet, …

La Dague et La Fortune Tome 1, La Voie du Dragon – Daniel Hanover

Résumé : Autrefois, les dragons régnaient sans partage sur le monde. Mais ils ont disparu de la surface de la Terre… et la magie avec eux.
Les royaume des hommes ont survécu, de même que les sanglantes intrigues de cour qui les animent. Et les seigneurs continuent à se servir aussi bien de la guerre que du commerce pour asseoir leur domination.
Cithrin, orpheline, surdouée de la finance, Marcus, ancien soldat brisé par la mort de sa femme et de sa fille et Geder, noble philosophe en quête des origines du monde n’ont rien en commun.
Pourtant, ces trois personnages vont se croiser sur l’échiquier d’un terrible conflit annoncé. Un conflit qui, une fois déjà, a détruit le monde. Et ouvert la Voie du Dragon.

Edition : Fleuve Noir

 

Mon Avis : Ce roman, la première fois que j’en ai entendu parler c’était lors de sa sortie en VO ou plusieurs sites anglais, que je suis régulièrement, offraient de bonnes critiques. Sorti récemment en français aux éditions Fleuve Noir, j’ai vu que Babelio proposait de le découvrir ce livre en partenariat et j’ai donc tenté ma chance. Je remercie donc Babelio et les éditions Fleuve Noir de m’avoir fait découvrir ce récit. À noter que le cycle est prévu par l’auteur en cinq tomes dont trois sont déjà sortis en VO. Concernant la couverture, illustrée par Alejando Colucci, je la trouve vraiment sympathique et colle bien à l’ambiance du livre.

Alors autant le dire tout de suite, l’intrigue en soi n’a rien de révolutionnaire et se révèle même très classique, reprenant l’aspect épique et intrigue tentaculaire du Trône de Fer en y ajoutant quelques soupçons d’idées comme l’idée de la banque déjà utilisé par d’autres auteurs comme  Abercrombie ou K.J. Parker. Malgré tout, autant l’avouer, l’auteur s’en sort plutôt bien et arrive à rendre le tout solide et efficace. Pourtant, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans, le début me paraissait un peu long, principalement dans les passages du convoi qui, par moment, me donnait plus l’impression de ne pas avancer. Puis petit à petit l’histoire démarre, l’ensemble se met à mieux fonctionner au fil des pages et je me suis retrouvé transporté par l’histoire qui se révèle intéressante à travers ces luttes de pouvoirs, ces récits initiatiques et ces découvertes. Autant le dire clairement tout de suite, si vous cherchez un roman de guerrier au rythme frénétique passez votre chemin, l’auteur offre un rythme soutenu et efficace, mais qui prend quand même son temps pour bien tout mettre en place.

Déjà une des grandes forces du roman est de nous offrir 13 races différentes tout en évitant de tomber facilement dans les classiques de la fantasy. Chaque peuple a l’air de posséder ses propres particularités, ses origines et ses propres coutumes ; et même si ce premier tome ne fait que poser les bases, ne se dévoilant que sommairement au lecteur, on sent bien tout le potentiel qu’il y a derrière. Par contre, un peu plus de descriptions aurait été un plus pour parfois mieux les différencier et les appréhender, mais je me doute bien que cela viendra par la suite.

Le reste de l’univers développé par l’auteur oscille entre classique et idées originales comme ce mythe de la déesse basé sur la vérité ou encore ces routes du dragon inusable même devant l’érosion du temps qui change les reliefs autour. Par contre un point à mettre en avant, oui il n’y a pas de dragon, enfin pas dans ce premier tome en tout cas. Ils ont disparu de cet univers laissant les hommes et leurs guerres. Au final un univers qui mérite d’être découvert même si, j’avoue, j’aurai aimé en savoir plus. Surtout au début, dans les passages que je trouve un peu long, où l’auteur aurait pu nous offrir un travail plus conséquent sur les descriptions de ce monde. Mais rien non plus de vraiment dérangeant et j’espère en apprendre davantage dans les prochains tomes.

Ce qui m’a le plus frustré dans ce livre, au final, c’est l’absence de véritables surprises tout au long du récit. Quelques aspects secondaires viennent quand même parfois faire mouche, mais l’intrigue principale, elle, reste plutôt balisée et linéaire. Rien de non plus complètement dérangeant ou mauvais en soi, ce genre de récit épique se basant sur des luttes de pouvoir, joue plus sur la durée que sur l’explosif, mais voilà on sent bien que l’auteur cherche à faire des efforts et tente des effets pour étonner le lecteur. Je ne l’ai jamais été. Même le cliffangher final sur l’apostat, je l’ai compris au premier tiers du récit. Autre aspect dont je reste un peu circonspect et dont j’attends la suite pour me faire une idée plus précise c’est concernant certaines conspirations qui me paraissent un peu trop simplistes pour le moment. À voir avec la suite, car cela n’empêche pas la conclusion de se révéler tout de même assez accrocheuse pour me donner envie de continuer à lire ce cycle.

Concernant les personnages ils ne manquent pas de profondeurs et de densité, mais tous ne m’ont pas accrochés complètement, certains péchant même en comparaison à d’autres romans. Marius l’ancien chef de guerre qui a vu sa famille mourir et qui va aider une fille m’a paru plutôt stéréotypé, même si au final il se révèle sympathique et annonce de bonne chose pour la suite. Geder est un personnage qui a du mal au début manquant parfois de cohérence et de fluidité, mais qui j’avoue, au fil des pages, devient de plus en plus accrocheur. Cithrin est une héroïne que j’ai trouvé vraiment attachante tout au long du roman, évoluant de façon cohérente au fil des épreuves. Dawson et Clara Killiam ont eux eus du mal à m’accrocher par contre, se révélant un peu trop « déjà-vu » et n’arrivant pas vraiment à sortir de leur image; lui toujours à cheval sur l’honneur et la droiture ce qui le rend à la fois sympathique et antipathique, elle se révélant limite la femme parfaite qui règle tous les soucis par la parole là où les hommes ne font que se battre. Mais par contre, chose amusante, autant certains des personnages principaux ont eu du mal à m’accrocher, autant j’ai trouvé les personnages secondaires, qui gravitent autour d’eux, vraiment intéressant, complexes, attachants et efficaces.

Concernant le style de l’auteur il se révèle vraiment entrainant, efficace et plutôt simple arrivant à clairement bien happer le lecteur malgré un rythme lent, construisant efficacement son histoire. Par contre, l’auteur a parfois un peu de mal avec les scènes plus sentimentales, en effet parfois on a l’impression qu’elles paraissent un peu vide d’émotions et de sentiments, principalement sur l’aspect de la famille disparue du personnage de Marcus. Mais bon rien de non plus trop dérangeant. Au final on retrouve ici un premier, certes sans véritable surprises et qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui se révèle vraiment sympathique, solide, efficace et qui possède du potentiel. Je lirai sans soucis et avec plaisir la suite pour voir comment l’auteur continue à développer tout cela.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture vraiment sympathique avec le premier tome de ce nouveau cycle. Certes, l’intrigue n’est pas des plus originale, mais cela n’empêche pas l’auteur de nous offrir une histoire solide et efficace sur un rythme, oui plutôt lent, mais entrainant et permettant de bien construire l’ensemble. L’univers se révèle intéressant, même si je trouve que parfois il manque de description, mais le point fort vient des 13 races mises en place qui offrent une grande diversité et donne envie d’en apprendre plus dans la suite. Concernant les personnages ils se révèlent denses, complexes et construit mais j’avoue j’ai eu, pour certains, un peu de mal à complètement m’accrocher à eux. Mon principal regret vient au final que le roman se révèle linéaire et sans surprise, les twists et retournements de situations que l’auteur cherche à mettre en place sont facilement devinables. Le style de l’auteur se révèle entrainant, efficace et simple, mais parfois un peu trop. Un premier tome solide, certes classique et sans surprise, mais avec de bonnes idées et du potentiel qui fait que je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7/10

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