Mois : avril 2014 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois d’Avril 2014

Pour ce mois d’avril je suis finalement, n’ayant qu’un petit sac pour Zone Franche et ayant du mal à trouver des rayons de l’Imaginaire intéressants par chez moi seulement 8 livres sont venus rejoindre ma PAL. Ce qui est sûrement une bonne chose, les Imaginales se profilant dans moins d’un mois.

Voilà donc ce qui a fait gonfler ma PAL pour ce mois d’avril 2014 :

  • Le Sentier des Astres Tome 1, Manesh de Stefan Platteau aux éditions Les Moutons Électriques. J’ai rapidement craqué pour ce livre par sa couverture et son résumé plus qu’intéressants.
  • Pays Rouge de Joe Abercrombie aux éditions Bragelonne. Je n’ai pas besoin de parler de ce livre vu que vous pouvez retrouver sa chronique ici.
  • Fiction n°18. Je me suis laissé tenter par ce magazine dont je trouve la nouvelle maquette vraiment jolie.
  • Lasser, Mystère en Atlantide de Sylvie Miller & Philippe Ward aux éditions Critic. De nouveau un roman vite acheté et très rapidement sorti de ma PAL dont vous retrouvez mon avis .
  • Morwenna de Jo Walton aux éditions Denoël Lunes D’encre. Encore un roman qui n’a pas traîné dans ma bibliothèque donc ma chronique est ici.
  • Lancelot, L’Anthologie de Zone Franche aux éditions Actu SF. Cette anthologie me faisait vraiment envie, déjà par sa couverture, ensuite par son sujet Lancelot héros du mythe Arthurien.
  • Dresseur de Fantômes de Camille Brissot aux éditions L’Atalante. Ce livre a fini par hasard dans ma PAL suite à une promenade imprévue dans une librairie et dont je suis resté intriguer par le résumé. Une Marmotte qui passait par là a donc décidé de me l’offrir.

Comme vous le voyez un mois plutôt sage, ce qui est une bonne chose en prévision de mois de Mai qui risque d’exploser un peu ma PAL. On verra ça, en tout cas d’ici là de quoi passer de bons moments de lecture.

Morwenna – Jo Walton

Résumé : Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Ce livre fait clairement parti des romans dont j’attendais impatiemment la sortie cette année. Il faut dire qu’il a beaucoup fait parler de lui au moment de sa sortie en VO au point de se voir récompenser par le prix Hugo, Nebula et le British Fantasy Award. Alors, bien entendu, les distinctions ne reflètent pas toujours le niveau du livre et dépendent des années ainsi que du lecteur, Blitz en est la preuve de mon côté, mais voilà rien que le quatrième de couverture a réussi à me convaincre par son aspect magique et humain. Je n’ai donc pas attendu longtemps, une fois le récit publié en France, pour le faire entrer dans ma PAL et me lancer dans sa lecture. À noter aussi une illustration de couverture qui, je trouve, donne envie par son aspect un peu féérique et qui colle parfaitement au récit.

Une fois la dernière page tournée, j’avoue, j’ai été vraiment emporté et touché par ce récit. Mais déjà mettons au point certaines choses, si vous cherchez dans ce roman de l’action, du rythme ou bien une histoire de fantasy avec quête, gobelins, nains et autres passez votre chemin, ce n’est aucunement le but de ce livre. L’auteur cherche plus ici quelque chose d’intime, à dévoiler, à faire découvrir. On suit une tranche de vie, mélange de conte de fées et de souffrance, d’une jeune adolescente blessée de façon physique et psychologique, qui a perdu sa sœur jumelle suite à un accident et obligée d’aller vivre avec un père inconnu après avoir fuie une mère sorcière et un peu folle. Donc au final pas de véritable intrigue dans le sens premier du terme, mais simplement l’évolution de cette héroïne qui cherche à se construire et à se reconstruire, un roman profond aux nombreux points qui m’ont conquis et font que ce récit se révèle comme une très belle révélation de lecture.

Déjà le premier point qui ne pouvait que m’accrocher c’est l’amour de l’héroïne pour la lecture et les livres sous toutes ses formes, aussi bien par l’achat en librairie ou en prêt à la bibliothèque, et plus principalement sur la littérature de l’Imaginaire, même si elle laisse sa chance à tout type de livre. Lire est une véritable passion pour Morwenna et ça se ressent, elle arrive à retransmettre cet amour au fil des pages et surtout m’a clairement donné envie de relire certaines des œuvres qu’elle cite tout au long du roman, principalement à travers ses mots simples ses avis énergiques et exaltés. Elle arrive vraiment à parler au lecteur et à donner envie de plonger ou replonger dans ces récits. En tant que lecteur de ce genre de romans depuis mon adolescence je ne pouvais que me reconnaitre et me sentir captivé. Mais surtout la lecture a aussi une importance capitale pour elle, car elle lui permet premièrement de s’évader, mais aussi de support pour avancer dans sa vie aussi bien personnelle que ses relations avec autrui. Elle se sert de ses différentes lectures pour se définir elle-même et aussi développer son esprit sur tout ce qui l’entoure.

Ce roman nous offre aussi une belle leçon d’acceptation, que ce soit des pensées et idéologies différentes, mais aussi des autres, de tous les autres. Cela se ressent premièrement par son travail tout en finesse et en émotion de son héroïne ouverte d’esprit et de cœur qui vit dans un monde ou tout est jugé, apprécié et validé selon des normes implicites comme l’argent, l’apparence ou la position sociale. Mori en est la preuve, galloise au milieu d’anglais, obligée de marcher avec une canne suite à son accident, elle va découvrir le rejet des autres et pourtant cela ne l’empêche pas de vivre, de rencontrer des gens et d’être aimée. Mais c’est aussi une leçon d’acceptation pour le lecteur qui doit accepter Morwena avec toutes ses différences et aussi le fait qu’elle voit des fées. Vrai ou pas? Destin ou fée? c’est au lecteur de faire son propre choix, de ne pas la juger et finalement de se rendre compte que ce sont ses différences et ses souffrances qui font la grande force de cette adolescente, qui font aussi qu’elle est unique et profondément humaine.

Morwenna est d’ailleurs au final une des grandes réussites de ce récit, comment ne pas s’accrocher, une fois sa différence acceptée, à cette petite fille à la fois fragile et forte, sincère, qui doit gérer seule son adolescence, son entrée dans la vie d’adulte et qui doit aussi surmonter le deuil de sa sœur. On ressent à travers ses écrits ses moments de doutes, de plaisir, de joie, de souffrance mais aussi de changements, que ce soit vis-à-vis de sa vie de tous les jours, des relations familiales, de la sexualité ou encore des amitiés, qu’elle essaie de surmonter, à sa façon, par la lecture en premier lieu et quand la lecture lui fait défaut par la magie qu’elle semble manipuler. Il faut dire que rien n’est fait, non plus, pour l’aider, son entourage n’étant pas vraiment présent pour la soutenir comme il devrait avec une mère a moitié folle et sorcière, un père qu’elle découvre alors qu’il l’a abandonné à la naissance et une famille qui l’a élevée mais qu’elle ne peut quasiment pas voir. Tout est aussi toujours remis en question, elle doute comme toute adolescente qui grandit pour devenir adulte. L’auteur a vraiment réussi a offrir un personnage riche en émotion et en sentiments, avec une touche de candeur devant les changements et les évolutions qui s’opèrent. Une héroïne véritablement humaine et remplie de tristesse face à la mort de sa jumelle dont, pudique, on n’en apprendra que le minimum, et qui pourtant ne l’empêche pas de continuer à avancer, à aimer la vie et tout ce qu’elle peut lui apporter même si rien n’est acquis et rien n’est facile.

Le cadre et l’environnement choisi par l’auteur n’est pas non plus anodin , déjà par le choix de faire son héroïne une jeune fille Galloise ; le Pays de Galles faisant partei des contrées où il est logique de rencontrer des fées, mais aussi état plus rustique et ouvert, le tout en opposition avec l’Angleterre où les fées ignorent et sont ignorées, où il est obligatoire de respecter certaines conventions. La grande force de cet univers est aussi de pouvoir faire entrer le surnaturel de façon vraiment logique et cohérente à travers le regard de son héroïne, que l’on y croit ou pas elle rend l’ensemble vrai et magique. D’ailleurs l’auteur nous offre une vision du mystérieux qui est, d’une certaine façon, mélancolique et différent, hantant les anciens bâtiments et lieux industriels que la nature reconquiert doucement, n’ayant pas de véritable forme, ni de noms, se révélant parfois affaiblis, loin de la splendeur que certains imaginent. Il propose de réaliser des souhaits mais d’une façon totalement aléatoire et sans jugement, un peu comme l’idée qu’on se fait de l’effet papillon ; effectuer une petite action comme lâcher une feuille dans une marre pouvant amener de lourdes conséquences. Mais voilà magie ou hasard c’est au lecteur de décider. Le choix de l’époque se révèle aussi important, la fin des années 70 et le début des années 80, début de nombreux changements de société et d’évolution qui colle justement bien aux changements de Mori.

L’aspect qui m’a, par contre, dérouté dans ce roman vient de son style. Présenter comme un journal intime j’avoue qu’il tendait plus vers une accumulation de faits avec pas mal de petites répétitions ici ou là. J’avais un peu de mal à complètement accrocher à la façon dont présentait l’héroïne les choses. C’est plus une accroche jouant sur les non-dits et les aspects cachés que quelque chose de direct, il force ainsi le lecteur à faire ses propres choix sur pas mal de points et à se faire ses propres idées. Il m’a fallu un léger temps d’adaptation, mais une fois le tout assimilé je ne pouvais plus lâcher ce livre. J’avoue aussi avoir trouvé la conclusion un peu trop flamboyante, comme si l’auteur avait cherché à trop en faire. Je ne nie pas la symbolique, dont je pense en avoir pleinement compris le sens, mais elle m’a semblé un peu trop déconnecté, principalement dans les actions et les connaissances de Morwenna, par rapport à ce qui avait été présenté précédemment. Mais franchement ce ne sont là que des broutilles tant je me suis retrouvé emporté par ce roman, poignant, féérique, véritable déclaration d’amour à la littérature et qui fait vraiment réfléchir. Si les littératures intimistes, humaines, sans action et pleines de réflexions vous tentent alors lancez-vous dans ce livre il risque de vous plaire.

Vous pouvez retrouver la liste des livres cités dans ce roman sur le blog de Lorhkan ici.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui m’a offert de découvrir une tranche de vie à travers le journal intime de Morwenna. Ici pas d’intrigue ou d’action, simplement la vie d’une jeune fille qui croit voir les fées et qui doit avancer après la mort de sa sœur jumelle, retrouvant un père jamais connu après avoir fuie sa mère à moitié folle et sorcière. Ce récit est une véritable histoire d’amour à la littérature, et principalement à la littérature de l’imaginaire, mais offre aussi un véritable hommage à la différence et à l’acceptation des autres. L’héroïne se révèle véritablement attachante, étant meurtrie et qui pourtant, à travers ses livres et sa « foi » en les fées, va se construire et se reconstruire vers sa vie d’adulte. L’environnement mis en avant par l’auteur colle parfaitement au récit. L’auteur arrive aussi vraiment à faire entrer le surnaturel dans le réel de façon vraiment logique et cohérente et surtout propose au lecteur le choix de croire ou non dans la capacité de Mori de voir les fées et de faire de la magie. J’avoue j’ai tout de même été perturbé au début par le style, très factuel et qui joue beaucoup sur les non-dits, poussant le lecteur à faire ses propres décisions, mais une fois dans l’histoire je n’ai alors plus lâché ce livre tournant les pages avec plaisir. La conclusion se révèle aussi un peu trop flamboyante selon moi même si j’en ai pleinement compris la symbolique. Mais bon ce ne sont que des broutilles tant j’ai été captivé par Morwenna. Si ce genre de récit vous plait, c’est un roman à découvrir.

 

Ma Note : 9/10

 

Autres avis : Lorhkan, Lune, Efelle, A.C. de Haenne, …

Pays Rouge – Joe Abercrombie

Résumé : Farouche Sud aurait aimé oublier son passé une fois pour toutes.
Mais lorsque son frère et sa sœur sont enlevés et sa ferme réduite en cendres par une bande de hors-la-loi, il est temps pour elle de reprendre ses anciennes habitudes. En compagnie du vieux Nordique qui l’a adoptée, un homme lui aussi marqué par ses démons, Farouche entame un long voyage à travers les plaines désertiques. Un voyage qui les emmène jusqu’aux bas-fonds d’une ville cauchemardesque, frappée par la ruée vers l’or, puis dans les montages inexplorées, qu’on dit hantées. Sur leur chemin, règlements de compte, alliances douteuses et trahisons amères se succèdent à la vitesse d’une flèche de barbare.
Car même lorsqu’on croit avoir tout perdu, au Pays Lointain le passé ne reste jamais enterré…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Ce n’est une surprise pour personne si vous suivez régulièrement mon blog, je suis un fan des écrits de Joe Abercrombie qui, à travers ses différents romans, reprend des thèmes assez classiques, aussi bien en Fantasy, qu’en général, voir du cinéma, pour offrir quelque chose de sombre, de cynique et de terriblement efficace. Que ce soit aussi bien sa trilogie La Première Loi (Tome 1, Tome 2, Tome 3), Servir Froid (Ma chronique ici) ou bien Les Héros (Ma chronique ) je n’ai jamais été déçu. C’est donc logique que Pays Rouge a rapidement rejoint ma PAL. Concernant l’édition on a de nouveau un très joli livre en reliure cuir avec une très jolie couverture couverture de Didier Graffet. Par contre, je vais pousser un petit coup de gueule concernant la relecture, j’ai rencontré plusieurs erreurs que ce soit des fautes d’orthographe, de mots voir même parfois des lettres qui manquent. Franchement des fois je préfère attendre 2 à 3 mois supplémentaires et obtenir une édition propre.

Pour en revenir au roman, j’ai une nouvelle fois passé un excellent moment avec ce roman. Après avoir traité de la vengeance puis de l’absurdité de la guerre, cette fois l’auteur se lance dans un mélange de Western et de fantasy avec toutes les thématiques qui tournent autour et principalement celle du rachat. L’intrigue principale concernant Farouche et son père, qui partent à la recherche de son frère et sa sœur enlevés. Une quête qui va le mener à traverser le Pays Lointain, un voyage brutal, sanglant, sauvage, dans un territoire en pleine conquête de l’ouest et sans fois ni loi. Nos deux héros vont devoir tout donner s’ils espèrent retrouver les enfants, mais vont aussi devoir parfois dévoiler ce qui se cache au plus profond d’eux. C’est d’ailleurs une des grandes thématiques du livre sous tous ces aspects, ce besoin de rédemption, de faire mieux, de vouloir s’améliorer alors qu’au final on est qui on est. On aura beau essayer de le cacher autant que l’on veut, que ce soit à soi-même ou aux autres, cela ne changera rien au final. Contrairement à ses deux précédents one-shot l’auteur ne se lance pas cette fois de façon effréné dans l’histoire, il nous offre un rythme plutôt calme qui va s’élever doucement au fil des pages et des parties,  jouant avec la tension et les combats ; un peu comme une lente plongée en enfer. Enfer de violence et de doutes. J’ai été vraiment happé par cette histoire que l’auteur maîtrise efficacement de la première à la dernière page.

Mais surtout un des points vraiment intéressant vient de la peinture que l’auteur construit autour de cette intrigue de kidnapping d’enfants. Comme à son habitude il va nous offrir quelque chose de sombre, de cynique et rempli d’humour noir concernant cette conquête de l’ouest qui est loin de l’honneur, de la fraternité et de l’héroïsme qu’on peut rencontrer parfois. On retrouve plus ici une galerie de personnages aux rêves brisés qui cherchent à fuir un passé souvent encombrant et ennuyeux, espérant un monde meilleur, mais qui vont de nouveau buter face à l’humanité dans toute sa splendeur quand on la laisse totalement libre de droit. Ce sentiment de liberté, de pouvoir, de puissance qui a embrasé toute une population devant la découverte d’or, comment ne pas s’accrocher a ces hommes et ces femmes qui, finalement, ne cherchent qu’à améliorer leurs vies, celles de leurs familles, mais dont seuls les plus chanceux et surtout les plus futés s’en sortiront vraiment. On est ainsi loin du rêve des pionniers et du nouveau monde ; ce qui n’empêche pas non plus l’auteur de teinter ces textes d’un peu d’espoir, de romance et de magie. Il ne cherche pas à tout briser, simplement il offre un regard lucide et montre que rien n’est acquis et rien n’est simple.

Concernant l’univers l’auteur continue à développer le monde de la trilogie La Première Loi, et après avoir découvert l’Union, le Nord ou encore la Styrie cette fois il nous emmène dans le Pays Lointain état sauvage et sans véritable pouvoir.. On y retrouve aussi tout ce qui fait le western avec les voyages, le dépaysement, les diligences, les indiens appelés ici Fantômes des êtres à la peau pâl et aux cheveux clairs, les batailles tout y est, juste les armes à feux sont remplacées par des épées et des arcs. Il continue aussi à apporter des informations sur la ligne de fond qu’il développe depuis le début avec de nouvelles informations sur l’Union et aussi quelques découvertes concernant l’Empire. Un univers de Dark Fantasy toujours aussi solide, sombre, violent et désabusé que ce soit à travers les indiens un peuple rabaissé, en perte d’honneur et d’estime, qui souffre et tombe dans les pires travers ou encore à travers la conclusion de ce roman, vraiment réussi, et qui démontre bien que la magie et le mystère dépendent clairement de qui les a entre les mains et peut se révéler aussi bien synonyme d’évasion que de déception. L’auteur arrive clairement à rendre son monde intéressant, ambigu et donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Comme souvent, concernant les personnages, ils se révèlent toujours un des gros point fort des romans de l’auteur. Il arrive vraiment à construire des héros qui peuvent se révéler aussi bien héroïques que pourris quelques pages après, vraiment loin de tout manichéisme, ce qui fait qu’on arrive à s’accrocher, d’une certaine façon, un minimum à tous. Que ce soit Farouche au passé sombre qui ne cherche finalement qu’à retrouver son frère et sa sœur ou encore Placide qui cacha bien des choses, ou bien Temple le personnage lâche, blasé et intelligent en manque de reconnaissance  ou aussi Nicomo Cosca, qu’on ne présente plus, le mercenaire désabusé qui ne recherche que l’argent. Même les personnages secondaires se révèlent denses, soignés et vraiment captivants. Comme je l’ai dis ce sont tous des personnages qui cherche tout simplement à être différents, à améliorer leurs vies, mais tout le monde ne pourra pas y arriver. On retrouve aussi de nombreux personnages des autres séries et même un personnage important, et un de mes préféré, de la Première Loi mais je n’en dis pas plus. D’ailleurs justement vu les raccords avec les différents autres romans je ne suis pas sûr qu’il soit intéressant de lire ce roman en premier, certes il peut être lu de façon indépendante sans soucis, mais risque de spoiler tout de même légèrement les autres.

Au final les seuls (légers) reproches que je peux faire à ce roman vient d’une seconde partie (sur cinq), celle du voyage vers l’Ouest de nos héros, que j’ai trouvé un peu longue et un peu trop linéaire. Rien de bien gênant devant l’ensemble mais j’avoue j’ai légèrement moins accroché à ce passage. Je trouve aussi que la conclusion cherche aussi un peu trop le rebondissement, quasiment chaque page il doit se passer quelque chose, toutes les lignes d’intrigues se recroisant, et je trouvais que ça faisait parfois un peu trop. Mais bon ce ne sont que de petits points tant dans l’ensemble ce roman m’a de nouveau emporté.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, entrainante, cynique et pleine d’humour, amenant le lecteur dans un voyage qui va se révéler sauvage, violent et qui va lui révéler aussi bien le meilleur que le pire de l’homme. L’auteur n’oublie pas non plus de nous offrir quelques réflexions vraiment intéressantes au fil des pages comme sur la rédemption qui est en, d’une certaine façon, le thème principal. Un roman, certes au rythme plus calme que Les Héros ou Servir Froid, mais qui se révèle toujours aussi fascinant et haletant. En tout cas j’attends avec impatience maintenant le prochain roman de l’auteur, normalement il quitte cet univers et ce sera du YA, la sortie étant prévue en VO cette année.

En résumé : J’ai de nouveau passé un excellent moment avec ce dernier roman de l’auteur publié en France qui offre une histoire, certes au rythme peut-être plus calme que les deux derniers, mais qui nous plonge dans une histoire de fantasy et de western vraiment efficace, violente, sauvage et toujours aussi passionnante. L’intrigue se révèle habilement menée, même si un peu classique, et l’auteur continue à manier le cynisme et l’humour de façon vraiment efficace. L’univers se révèle toujours aussi solide et intéressant et l’auteur continue à développer le fil rouge qu’il travaille depuis La Première Loi. Les personnages sont toujours un des gros points forts de ses récits, se révélant à la fois sombre et héroïques selon les circonstances, mais souvent désabusés ce qui les rend vraiment attachants. Une histoire de rêve brisé et de protagonistes qui cherchent à s’améliorer vraiment fascinante. J’ai juste trouvé que la seconde partie était un peu longue et linéaire et la conclusion, explosive, offrait un peu trop de révélations en peu de temps, mais franchement rien de bien gênant tant l’ensemble est réussi et bien porté par une plume entrainant, vive et percutante. Je lirai d’autres romans de l’auteur sans soucis.

Ma Note : 8,5/10

Les Lumineuses – Lauren Beukes

Résumé : 1931, Chicago. Traqué par la police, Harper Curtis, un marginal violent, se réfugie dans une maison abandonnée. A l’intérieur, il a une vision : des visages de femmes, auréolés de lumière. Il comprend qu’il doit les trouver… et les tuer. Dans sa transe, Harper découvre que grâce à cette demeure, il peut voyager dans le temps. Débute alors sa croisade meurtrière à travers le XXe siècle : années 1950, 1970, 1990… D’une décennie à l’autre, il sème la mort sur son passage, laissant en guise de signature des indices anachroniques sur le corps de ses victimes.
Mais l’une d’elles survit aux terribles blessures qu’il lui a infligées. Et va tout faire pour le retrouver.

Edition : Presses de la Cité

 

Mon Avis : Ce livre n’est pas entré dans ma PAL par hasard. J’avais beaucoup aimé le premier roman de l’auteur publié en France, à l’époque chez les éditions Eclipse, qui m’avait fait passer un très bon moment de lecture offrant principalement une vision intéressante et ambigu de Johannesburg, le tout porté par des personnages efficaces et une histoire SF vraiment originale (ma chronique ici). Pourtant j’ai mis un peu de temps à faire entrer ce nouveau récit de l’auteur dans ma PAL, j’avais un peu peur de ne pas accrocher au mélange de genre, mais j’ai finalement décidé de lui laisser sa chance. À noter l’illustration de couverture que je trouve sobre et efficace.

Au final je suis bien content d’avoir laissé une chance à ce roman, car il m’a fait passer un bon moment de lecture. L’auteur nous offre une intrigue qui se révèle vraiment captivante et terriblement efficace, mais surtout propose un mélange des genre qui se marie de façon captivante et réussie avec ce tueur en série qui peut voyager dans le temps. C’est d’ailleurs cette touche de science-fiction qui offre ainsi au lecteur quelque chose de différent, malgré une enquête de tueur en série qui peut paraitre clairement classique. L’utilisation de la narration par chapitres courts, alternant différents personnages, permet d’offrir un rythme soutenu et entrainant du début à la fin et on se trouve rapidement happé par l’histoire. Les rebondissements et les surprises sont parfaitement maîtrisés  et le tout dans une ambiance sombre, poisseuse, sanglante qui colle parfaitement à l’ensemble je trouve. Un des aspects que je trouve efficace et que l’auteur offre aussi deux visions différentes, celle du tueur mais aussi celle de la victime, j’ai trouvé que cela apportait un plus au lecteur. Je trouve par contre légèrement dommage que parfois l’auteur veuille trop en faire, perdant un peu cette notion d’authentique, de concret, mais rien de bien gênant.

Un des points forts par contre de ce récit vient de sa narration, le voyage dans le temps aidant, l’auteur a décidé d’éclater son récit passant d’une époque à l’autre et y revenant même parfois pour les besoins de l’histoire mélangeant le tout ; un peu comme le déchronologue. Cela pourra en surprendre plus d’un, mais ça permet d’offrir un récit éclaté, tel un puzzle, dont on devra remettre lui-même en place les pièces grâce aux différents indices et fils qu’elle glisse dans les pages. J’ai trouvé ce procédé vraiment intéressant et passionnant offrant un peu un nouveau rôle au lecteur. Autre aspect vraiment intéressant c’est le travail dense et riche effectué sur l’Amérique, et plus principalement Chicago, au fil des années allant de 1929 à 1993. Cette fresque temporelle nous offre une vision d’un pays et d’une culture loin de cette vision emplie de rêves et de paillettes, à travers pas mal de petites anecdotes des victimes et des différents styles de vies qui collent de façon vraiment cohérentes et réussies avec les époques. Un véritable travail de fond mené par Lauren Beukes, même si parfois elle en fait un peu trop dans les explications.

Le panel de personnages que nous présente l’auteur se révèle vraiment efficace, réussi et entrainant. Le portrait du tueur en série nous offre un personnage sombre, sauvage, violent, anti héros efficace qui arrive clairement à happer le lecteur dans sa folie et son besoin d’assouvir des meurtres. Kirby elle nous offre un personnage à la vie pas toujours facile qui, suite à son agression et sa survie miracle, va se lancer dans une quête de vengeance qui va clairement l’éloigner des autres. Une héroïne dont les blessures lui offrent ainsi une carapace pour s’obliger à avancer, mais qui parait complètement différente dès qu’on gratte un peu. J’ai bien aimé sa relation avec Dan à base de sarcasme et d’humour noir. Par contre l’histoire d’amour que construit l’auteur m’a paru un peu téléphonée. Les personnages secondaires présentés, principalement ceux des victimes, se révèlent vraiment cohérents, bien travaillés et intéressant offrant ainsi au final une pléiade de protagonistes féminins face aux nombreux problèmes rencontrés dans les différentes époques, comme par exemple l’avortement ou la monoparentalité. Des personnages qui oscillent entre force et faiblesses de façon vraiment convaincantes et réussis.

Après je pense qu’il y a deux points qui peuvent vraiment déranger le lecteur à travers ce roman, déjà premièrement le mélange des genres, tout le monde n’apprécie pas toujours cela et ici le voyage temporel a quand même une grande importance, moi vu que j’apprécie les deux genres je n’ai pas été dérangé. L’autre point vient de la conclusion, déjà, oui, on l’a devine rapidement, même si là n’est pas le soucis et n’empêche en rien cette histoire de se révéler entrainante et efficace par le chemin qu’elle utilise et sa construction. Mais là où elle risque de frustrer certains lecteurs c’est dans son aspect totalement ouverte. L’auteur laisse énormément de points sans explications ou sans véritables réponses et même moi, qui apprécie ce genre de fin ouverte, j’aurai aimé avoir certains éclairages sur certains passages. C’est donc une fin en demi-teinte avec une impression efficace de boucle qui se referme, mais aussi une impression de vide pour le lecteur qui doit se faire un peu trop ses réponses. Cela n’empêche pas ce roman de se révéler efficace, mais fait que, pour moi, il ne se révèle pas excellent.

Le style de l’auteur est soigné, entrainant et aussi très visuel arrivant facilement à plonger le lecteur dans son histoire, son monde et à suivre ses personnages même le plus fou d’entre eux. Elle arrive vraiment à retranscrire les différentes époques ainsi que les différents évolutions survenues durant toutes les années. J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman qui offre pas mal de bonnes idées, dommage que la conclusion soit finalement si ouverte et sans véritable réponses. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis et avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, mélange des genre entre Science-fiction et Thriller, qui nous propose une histoire, certes classique, mais donc la narration, déconstruite dans le temps se révèle terriblement efficace, originale et entrainante. L’utilisation de chapitres courts permet une lecture tendue, sans temps morts et agréable. Le point fort vient aussi de la fresque américaine que l’auteur dépeint en fond allant de 1929 à 1993 et loin de paillettes et du strass habituelle. Les personnages se révèlent efficaces et entrainants, même si j’ai trouvé l’histoire d’amour un peu téléphonée, mais c’est surtout le portrait de ses femmes, victimes du tueur en série, qui se révèle saisissant et intéressant mettant en avant une condition de la femme pas toujours facile. L’aspect voyage dans le temps peut en surprendre et en bloquer plus d’un mais, moi, ce que je trouve dommage, c’est cette conclusion totalement ouverte, sans véritable réponses où le lecteur se fait ses propres explications. J’aime pourtant ce genre de fin, mais là je me suis senti tout de même un peu frustré. La plume de l’auteur se révèle vraiment visuelle et entrainante et nous plonge facilement dans son récit. Je lirai en tout cas sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : reveline, gruz, sylla, …

Au Nord-Nord-Ouest d’Eden – Gabriel Eugène Kopp

Résumé : Un cadavre dans un glacier…
Ce n’est pas le bouleversement du Landerneau archéologique consécutif à la découverte qui m’a gêné. C’est le portrait du bonhomme… « Tronche de Gargouille », je l’ai appelé. Et je l’oublierais volontiers. En tant qu’anthropologue, j’en ai pourtant vu d’autres…
… dans un monde où l’expression «  tout fout le camp  » s’applique jusqu’aux étoiles.
«  Regardez mon gosse de onze ans, il me dit l’autre soir : « Dis, papa, pourquoi la Grande Ourse, on la voit plus normalement ? » J’ai vérifié : il n’a pas besoin de binocles, mon gamin, le grand chariot, il est assez raplapla…  »
Ce n’était peut-être pas le moment idéal pour ouvrir la boîte de Pandore…

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Les écrits de l’auteur ne me sont pas inconnus puisqu’il y a quelques temps déjà j’avais lu La Dernière Nécropole (ma chronique ici), un texte de hard science que j’avais bien apprécié et qui m’avait donné envie de, pourquoi pas, relire d’autres écrits de lui. Cette nouvelle, dont le résumé me paraissait accrocheur, a donc rejoint ma PAL il y a quelques mois et j’ai décidé de la sortir il y a quelques jours histoire de me faire mon avis. Concernant la couverture, illustrée par Magali Villeneuve, je la trouve intrigante et réussi par son aspect froid qui colle parfaitement à l’histoire.

Il va être compliqué d’écrire cet avis car, j’avoue, dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture qui m’a véritablement surpris, et pourtant, pas mal de petits points m’ont tout de même déranger. L’intrigue commence par alterner deux histoires distinctes. Une qui m’a paru intéressante sur la découverte de ce qui ressemble fortement à un homme congelé sans l’être non plus totalement ; il y a là un vrai mystère et une vraie interrogation qui tourne autour de cette découverte avec une véritable enquête qui va aller très loin. La seconde histoire, elle, m’a moins accrochée, on suit un journaliste qui nous annonce à quel point la planète terre est en train de mourir, qu’on l’a détruit de plus en plus, mais, qu’en plus de tout cela, lui, journaliste, aggrave cette psychose dans ses articles pour vendre son papier. Je n’ai rien à dire sur le fond de cette histoire qui pourrait amener une réflexion intéressante, mais sur la forme ça se limite à une accumulation de fait sans liens, froids et balancés comme cela au lecteur sans comprendre pourquoi. J’ai trouvé cela assez frustrant, déroutant et parfois même ennuyeux.

Il faut attendre 40% de cette novella pour que les deux histoires se rejoignent et que je me retrouve plus happé par ce récit qui va tendre lentement, de nouveau, dans un aspect scientifique pointu avec pas mal d’idées originales sur les différentes expériences que vont mener nos héros vis-à-vis de cet homme congelé. La tension monte lentement au fil des pages devant le besoin des héros d’obtenir des réponses qui va ainsi amener de nombreuses révélations et ainsi aboutir à cette conclusion, surprenante, que je n’ai pas vu venir et qui m’a vraiment accroché. Une fin, mélange de mystique, d’investigation et de technologie, qui vient percuter le lecteur et apporter une idée originale et troublante sur la vision du monde. Mais voilà on retrouve tout de même de nouveau ce soucis de style de l’auteur qui tend souvent vers le listing ou l’accumulation de faits, d’explications ou d’informations qui donnent l’impression que l’auteur ne construit pas un récit normal, mais un simple ensemble d’éléments associés les uns les autres pour simplement amener cette conclusion, cette claque de fin. C’est peut-être un choix de l’auteur d’offrir quelque chose de différent, un patchwork, mais j’avoue que personnellement je suis resté perplexe devant cette construction.

Concernant les personnages il est difficile de vraiment en parler, car, comme dans La Dernière Nécropole que j’avais lu, ils ne sont que de simples marionnettes que l’auteur manipule pour faire avancer son histoire, ils manquent donc, je trouve, de profondeurs, mais aussi de sentiments, ce qui est parfois dérangeant, même si dans le cœur de l’histoire ils se révèlent convaincants dans leurs façons de faire avancer l’histoire. Alors c’est vrai après que c’est une courte nouvelle et que la narration est assez chorale, il est donc difficile de vraiment développer cet aspect, mais bon je trouve cela dommage de ne pas avoir minimum un personnage attachant.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours agréable et efficace même s’il faut bien l’avouer on sent bien qu’il s’agit ici d’une première histoire publiée, déjà par la présence de beaucoup de dialogue que je trouve de « remplissage », et par certains aspects un peu plat, mais rien de bien non plus gênant. L’idée de mélanger la narration traditionnelle par des coupures de presse et des rapports m’a paru intéressante par contre. Voilà donc où j’en suis avec ce roman, j’ai trouvé la seconde moitié vraiment efficace avec une conclusion qui vient littéralement secouer le lecteur, mais la première partie m’a paru légèrement laborieuse et l’ensemble m’a paru construit de façon un peu trop « listé » ce qui ne m’a pas toujours complètement accroché. À vous de voir maintenant ce que vous recherchez. Pour ce qui concerne les aspects scientifiques ils m’ont paru accessibles et sont souvent plutôt bien expliqué.

En Résumé : Globalement, une fois la dernière page tournée, j’ai plutôt bien apprécié cette lecture, même si certains aspects ne m’ont que moyennement accrochés. J’ai eu un peu de mal avec le début, offrant deux histoires distinctes, une qui m’a intéressé et l’autre que j’ai trouvé laborieuse étant simplement une accumulation de fait sur notre planète. Une fois que les deux histoires se rejoignent je me suis alors retrouvé happé, la tension montant lentement au fil des pages pour aboutir à une conclusion véritablement surprenante que je n’ai pas vu venir. Reste que cette seconde partie possède aussi ses aspects accumulation et listing qui m’ont dérangé. Il est difficile de s’accrocher aux personnages, n’étant que de simples pions pour faire avancer l’intrigue, mais ça ne les empêche pas de se révéler efficaces. On sent bien qu’il s’agit d’un premier roman de l’auteur, la plume offrant parfois trop de dialogues ou encore quelques aspects mal gérés, mais dans l’ensemble elle se révèle efficace et entrainante. L’aspect scientifique est bien travaillé et m’a paru accessible. Un premier écrit loin d’être parfait, mais qui possède tout de même des aspects vraiment originaux et dont la conclusion, petite claque, est vraiment efficace et pleine d’idées.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lhisbei, Cornwall, etc…

La Trilogie Morgenstern Tome 1, Le Quadrille des Assassins – Hervé Jubert

Résumé : Qu’est-ce qu’il se passe quand la culture cyberpunk rencontre le monde du XIXe siècle ? Le steampunk ! Dans Le Quadrille des assassins, roman de cette même inspiration, l’auteur Hervé Jubert invite le lecteur à suivre l’enquête de la sorcière Roberta Morgenstein, partie sur les traces d’un meurtre mystérieux, au coeur d’un Londres virtuel du XIXe. Un sacré voyage dans le temps et dans l’espace à travers un roman piquant et haletant.

Edition : Albin Michel Wiz
Poche : Editions Points

 

Mon Avis : Pour tout avouer, ce livre à terminé de façon vraiment fortuite entre mes mains. Lors de mon passage en bibliothèque (oui, j’ai un abonnement bibliothèque malgré une PAL qui explose), une Marmotte est apparue comme par magie me glissant  subrepticement ce livre entre mes mains et m’ordonnant de le lire. Bon après il faut bien dire que le résumé me tentait bien (même si ne je l’ai pas copié ici, préférant le résumé Points, je vous expliquerai pourquoi plus tard) et donc j’ai accepté sans trop de soucis de le faire entrer dans ma PAL, surtout que je n’avais encore rien lu de l’auteur. Concernant la couverture, illustré par Marc Moreno, je ne suis pas un grand fan, surtout des personnages qui me paraissent un peu trop anguleux.

Première chose qui marque, une fois la dernière page tournée, c’est l’imagination véritablement foisonnante d’idées de l’auteur. On se retrouve dans un mélange d’univers qui se révèle vraiment intéressant à découvrir, avec un enchevêtrement de monde futuriste, de magie, de steampunk et de technologie qui, sous la plume de l’auteur se révèle clairement cohérent, prenant et efficace. Je trouve aussi l’idée des villes  virtuelles vraiment intéressante, les gens peuvent ainsi quitter leur train-train quotidien pour se glisser dans un personnage et dans une ville à une époque bien précise comme Londres au 19ème ou bien Paris au 17ème tel un jeu de rôle grandeur nature, avec aussi tous ses côtés addictifs. Autre aspect efficace c’est le mélange offert entre magie et mysticisme, avec les sorcières et le Diable, et la technologie bien présente que ce soit par les traceurs ou encore les différents moyens de locomotions, même si j’attendais peut-être un peu plus de réflexion sur ce mélange. Rien de bien dérangeant non plus tant l’ensemble se révèle intrigant et captivant et donne envie d’en apprendre plus sur ce monde. J’ai aussi bien apprécié cette idée de pouvoir voyager à travers les tableaux. Par contre, vu que l’univers est vraiment très riche et le roman plutôt court, l’auteur passe parfois un peu trop vite sur certains aspects ce qui est dommage.

Concernant l’histoire en elle-même on est sur un aspect classique avec un meurtre mystérieux à élucider qui va, au fil des pages, se densifier pour aboutir à une conspiration beaucoup plus conséquente. Dans l’ensemble l’intrigue se révèle tout de même solide et se dévore assez facilement, l’ensemble étant bien rythmé et sans véritable temps morts. Le lecteur se retrouve à tourner les pages avec facilité et l’envie d’en apprendre plus. Chaque chapitre possède son lot de rebondissement et de surprises, avec des passages plus calmes qui permettent de bien assimiler tout le background qui est mis en place. Mais voilà les révélations et les résolutions sont très rapides, parfois même trop rapides, ce qui est parfois assez frustrant, donnant l’impression de passer d’une énigme à l’autre un peu trop facilement et sans que le lecteur puisse aussi se poser pour y réfléchir. L’auteur s’offre aussi parfois quelques facilités, un coup de magie par-ci, un léger Deus Ex-Machina par là pour se sortir de situations qui paraissaient impossible et hop on passe à la suite. Après il ne faut pas oublier que c’est un roman jeunesse, il faut que ça bouge assez vite, mais quand même laisser un peu de suspens apporte parfois un plus.

Par contre là où je suis un peu déçu, mais qui n’a rien à voir avec le récit ou bien l’auteur, c’est le quatrième de couverture chez Albin Michel qui vient gâcher quelques-unes des révélations un tant soit peu surprenantes du récit. Le vilain est annoncé au tiers du roman, pas grave le résumé l’a annoncé ce qui gâche un peu la tension de ce moment, la dernière ville surprise est annoncé au dernier quart du roman, non le résumé l’a déjà mis en avant ce qui gâche la quête secondaire de Martineau ainsi que sa surprise. C’est un peu dommage je trouve, même si ça n’empêche pas le récit de se révéler divertissant malgré parfois quelques transitions un peu brusque.

Concernant les personnages l’auteur nous offre un duo assez différent de ce qu’on voit habituellement en jeunesse avec Roberta Morgenstern sorcière d’âge mûre au caractère bien trempé qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui possède des animaux tous plus loufoques et barrés les uns que les autres et Martineau jeune loup un peu fou-fou à la recherche de sensations fortes et qui fait partie d’une des plus grandes famille. Deux personnages opposés qui vont se révéler finalement très complémentaires, mais de nouveau peut-être un peu trop rapidement et facilement. Mais c’est surtout Martineau qui va  devoir énormément évoluer dans ce tome face à ce qu’il va rencontrer et découvrir. Mais voilà malgré tout cela j’ai eu un peu de mal à complètement m’accrocher à eux, il manque un léger aspect émotionnel et humain, certes compensé par l’aspect aventure, mais je trouve cela dommage. Les personnages secondaires sont intéressants à découvrir et vont offrir pas mal de sueurs froides à nos héros dans leur enquête. L’ensemble est bien porté par des dialogues percutant, pleins d’humour et énergiques.

La plume de l’auteur se révèle énergique, vive et vraiment efficace, happant le lecteur assez rapidement pour le trimballer avec facilité dans les aventures de nos héros. L’ensemble est bien porté par des descriptions qui donnent envie d’en apprendre plus sur ce monde et par un léger aspect humoristique souvent décalé et efficace qui fait qu’on a rapidement et régulièrement le sourire même si parfois certaines blagues m’ont laissé de marbre. Dans l’ensemble un premier tome que j’ai trouvé plutôt agréable, qui ouvre sur un univers vraiment original et intéressant et même si certains défaut persistent, comme la facilité de résolution de l’intrigue ou un univers trop foisonnant, ce qui fait que certains aspects sont traités trop rapidement, je lirai la suite avec plaisir. Par contre il s’agit bien d’un roman jeunesse mais certains passages un peu sanglant le classe plus vers l’adolescent.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce livre jeunesse qui offre une histoire, certes classique de meurtre mystérieux, mais qui se révèle sympathique, bien rythmé et sans temps morts. L’auteur construit une machination qui se développe de façon efficace au fil des pages. Mais voilà le tout va parfois trop vite, principalement dans les révélations, bouclant les mystères un peu trop rapidement. La grande force du roman est son univers foisonnant d’idées intéressantes et offrant un mélange de genre assez réussi et cohérent, même si l’aspect « riche » fait que certains éléments sont à peine effleurés. Les personnages sont efficaces, entrainants et plein d’humour, mais j’avoue j’ai eu un peu de mal à complètement m’accrocher à eux, leur manquant, selon moi, un aspect émotionnel et humain légèrement plus poussé. Le style de l’auteur est entrainant, sans temps morts et efficace même si certaines transitions m’ont paru trop brusques. Dans l’ensemble un premier tome qui pose les bases d’une histoire intéressante et dont je lirai la suite avec plaisir malgré les quelques défauts soulevés.

 

Ma Note : 7/10

 

Autre avis : Lynnae, Marmotte, Anésidora, LaureduMiroir, etc…

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