Mois : mai 2014 (Page 1 of 2)

Mes achats du mois de Mai 2014 et des Imaginales!

Alors, comme souvent avec les Imaginales, je sais que le mois de Mai va se révéler bien rempli en achats. Mais là, franchement, je pense que c’est au-delà du craquage. Je ne trouve pas de mots. C’est bien simple depuis que je liste mes achats ici je n’ai jamais autant acquis de livres en un mois (je parle bien entendu de livres physiques). J’ai décidé de construire cet article en deux phases, mes achats hors festival et mes achats aux Imaginales.

Voilà donc ce que j’ai acheté en dehors du festival :

  • L’Homme-Soleil de John Gardner aux éditions Denoël Lunes d’Encre. La couverture, plus le fait que j’avais passé un excellent moment avec Grendel, autre roman de l’auteur, ont fait que ce livre a rejoint ma PAL.
  • Black Rain, S01 E3-4 de Chris Debien aux éditions Flammarion. Après un premier tome entrainant et sans temps morts je me suis rapidement laissé tenter par la suite.
  • Cent Visages de Thomas Geha aux éditions Rageot. Livre déjà lu et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.
  • L’Opéra de Shaya de Sylvie Lainé aux éditions Actu SF. J’ai été fasciné par la couverture de ce roman, je l’ai donc fait rentrer dans ma bibliothèque.

Maintenant passons à mes achats durant les 4 jours des Imaginales :

  • L’Anneau Monde, L’Intégrale de Larry Niven aux éditions Mnémos. J’ai lu le premier roman L’Anneau Monde, il y a un bon moment déjà, que j’avais bien aimé, mais sans jamais lire la suite. Vu la magnifique intégrale, elle a rapidement rejoint ma PAL.
  • Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvio Sylvain Détective Privé Tome 3, Confessions d’un Elfe Fumeur de Lotus de Raphaël Albert aux éditions Mnémos. Trois ans que j’attendais cette suite et la voilà enfin. D’ailleurs je suis déjà plongé dedans.
  • Bardes et Sirènes anthologie dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust aux éditions Mnémos.Comme tous les ans je repars avec l’anthologie qui sera lue en LC avec Snow et Marie Juliet.
  • Mémoire des Terres Mortes de Claire & Robert Belmas aux éditions Rivière Blanche. J’ai été attiré par la couverture de ce livre et, après discussion avec l’auteur, je l’ai fais entrer dans ma PAL.
  • Le Goût des Cendres de Maëlig Duval aux éditions Du Riez. Ce livre me tentait bien, un résumé intéressant, une très jolie couv et après discussion avec l’auteur il est entré dans ma bibliothèque.
  • Dernières Nouvelles de Majipoor de Robert Silverberg aux éditions ActuSF. Majipoor est un cycle qui me tente bien de découvrir et quoi de mieux que commencer par ce dernier recueil de nouvelles publié qui, normalement, peut être lu indépendamment.
  • Je suis ton Ombre de Morgane Caussarieu aux éditions Mnémos. Après avoir bien aimé son livre sur les vampires Dans les Veines, j’ai décidé de me laisser tenter par le dernier roman de l’auteur.
  • Le Bâtard de Kosigan, L’Ombre du Pouvoir de Fabien Cerutti aux éditions Mnémos. Ce roman me tentait bien, surtout après avoir vu plusieurs chroniques positives. Vu que l’auteur était présent aux Imaginales je me suis laissé tenté.
  • Fictions, numéro 19 aux éditions Les Moutons Électriques. Je me suis facilement laissé tenter par le dernier numéro de ce magazine au sommaire vraiment intrigant.
  • Un Éclat de Givre d’Estelle Faye aux éditions Les Moutons Électriques. Après avoir passé un excellent moment avec Porcelaine, je me suis facilement laissé tenter par le dernier roman de l’auteur.
  • Les Kerns de L’Oubli Tome 1, L’Exil de Feldrik Rivat aux éditions L’Homme Sans Nom. Ce livre est entré dans ma PAL à force d’arguments de l’auteur et d’œillades sournoises et maléfiques de Plumeline.
  • La Quête des Livres-Mondes Tome 1, Le Livre des Âmes de Carina Rozenfeld aux éditions L’Atalante. Un livre qui me tente depuis un moment, malgré le fait que Doregon Tome 1 dort dans ma PAL depuis un certain temps.
  • La Havane Noir aux éditions Asphalte. Je me suis laissé tenter par ce recueil de nouvelles déjà parceque Yoss y a écrit un texte et surtout le résumé me tentait vraiment bien.
  • Contrepoint aux éditions ActuSF. Ce recueil de nouvelles est ofert si on achète deux livres de la maison d’édition.
  • Marouflages de Sylvie Lainé aux éditions ActuSF. Ce livre est entré dans ma PAL après m’avoir été très bien vendu par lors de mon passage sur le stand de l’éditeur.
  • L’Évangile Cannibale de Fabien Clavel aux éditions ActuSF. L’achat de ce livre se résume en quatre mots : Zombies, Papis, Plumeline, Déambulateur.
  • Fugue en ogre mineur aux éditions ActuSF. Un petit recueil qui me tentait depuis un petit moment déjà.
  • Pixel Noir de Jeanne-A Debats aux éditions Syros. Le réumé me tenait énormément et, vu que je n’ai pas encore lu de romans jeunesse de l’auteur, il a donc rejoint ma PAL.
  • Virus aux éditions Griffe d’Encre. Un recueil de nouvelles qui me faisait de l’œil depuis sa sortie, j’ai donc craqué.
  • Interférences de Yoss aux éditions Hélios. J’ai vraiment bien accroché lors de ma lecture de Planète à Louer, je me suis donc laissé tenter par ce livre.
  • Demain une Oasis de Ayerdhal aux éditions Au Diable Vauvert. Comme à chaque festival où je rencontre je continue à complèter ma bibliographie.
  • Zombies aux éditions Griffe d’Encre. Comme l’anthologie Virus du même éditeur, un recueil qui me tentait bien sur les Zombies.
  • Fées, Weed & Guillotines de Karim Berrouka aux éditions ActuSF. Je me suis laissé tenter par ce livre après avoir découvert les héros complètement barré du roman dans l’anthologie Lancelot.

Pour ceux qui se sont amusés à compter, oui, vous ne vous trompez pas il y a bien 27 nouvelles entrées dans ma PAL. Je pense que cet été je vais rester sobre. En tout cas que de bonnes lectures en perspectives et beaucoup me « supplient » déjà de les lire.

Cent Visages – Thomas Geha

Résumé : 2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous avez dû vous rendre compte que j’apprécie énormément les écrits de Thoma Geha qui a toujours su m’emporter par des récit entrainants, efficaces et souvent sans temps morts. Ce n’est donc pas une surprise si le dernier roman de l’auteur a rejoint ma PAL il y a peu, surtout que le quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire haletante et pleine de péripéties, tout en espérant que l’aspect jeunesse ne soit pas trop bloquant. À noter une couverture assez intrigante avec ce visage masqué qui donne envie d’en apprendre un peu plus. Pour information concernant le blog il s’agit de mon 600ème article et, pour être précis, ma 530ème chronique.

Thomas Geha nous plonge ici dans un roman jeunesse mélange, de Thriller et de Science-Fiction, qui nous fait suivre la course poursuite de Grégor, jeune réfrac, rejeté par la société, après avoir croisé le chemin du plus grand criminel : Cent Visages. À partir de là tout va s’enchaîner et la vie du héros va se retrouver complètement chambouler. Une chose est sûr c’est que dès la première page le lecteur se retrouve complètement happé, embarqué, captivé et se met à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. En effet l’auteur nous offre une histoire qui se révèle explosive, haletante, sans temps morts où il maîtrise à la perfection l’art de la surprise et du rebondissement pour ne jamais ennuyer où perdre le lecteur. Entre survie, complots, jeux de pouvoir et courses-poursuites explosives, on sent bien qu’il contrôle parfaitement son intrigue, jouant aussi avec le lecteur à travers des fausses pistes ou des retournements de situations qui viennent remettre en cause sa vision de l’histoire. Rien n’est laissé au hasard.

Concernant l’univers, l’auteur nous offre clairement un monde futuriste loin d’être rose et pourtant terriblement réaliste, surtout avec un fort aspect social qui devrait faire réfléchir plus d’un lecteur. Entre le rejet de certaines minorités, l’obligation d’accepter la biométrie sous peine d’être banni ou bien encore l’importance du vote, l’auteur brasse énormément d’idées de façon efficace, facile d’accès et qui font forcément un rappel à notre monde actuel. Un univers choc et vraiment efficace où les dérives politiques ont créé un clivage entre les populations les plus aisées qui continuent à s’enrichir et les autres complètement à la marge et invisibles qui doivent subir sans que jamais personne ne s’interroge vu que, légalement, ils n’existent pas. L’ensemble est aussi bien porté par l’aspect futuriste qui nous offre énormément de nouvelles inventions technologiques tel que les ordinateurs holographiques, les nanotechnologies, les clés usb à reconnaissances tactiles etc… Un univers qui possède une certaine densité et une certaine richesse même si, roman court oblige, j’aurai aimé en apprendre plus sur certains aspects, principalement politiques, dont le sujet est parfois juste survolé; des questions restant en suspend. Je reprocherai par contre peut-être juste certaines technologies un peu trop « pratiques » et qui aident un peu trop parfaitement nos héros.

Concernant les personnages l’auteur nous offre un panel de protagonistes qui sont loin d’être caricaturaux, se révélant même régulièrement complexes. Ils se révèlent tous soignés et travaillés et surtout nous entraînent de façon prenante et visuelles dans leurs péripéties. Entre Grégor qui ne cherchait qu’à survivre tranquillement avec sa mère adoptive et qui va se retrouver mêler à quelque chose qui le dépasse complètement, mais qui, pourtant, va tout faire pour s’en sortir, ou encore Koudelc pour qui la vengeance contre Cent Visages est son seul objectif et elle fera tout pour l’obtenir ou bien aussi Cent Visages, justement, criminel énigmatique qui porte un masque et dont les actions amènent énormément de questions. À noter d’ailleurs le jeu de mot qu’on retrouve de temps en temps justement sur « cent » (« sans ») visages qui est lié aussi, selon moi, une réflexion sur l’identité de chacun. Les différents personnages sont loin d’être manichéens mettant parfois facilement en avant leurs envies personnelles et leurs jeux de pouvoirs sans se soucier de la situation et des autres, ce qui les rend intéressants et surtout légèrement complexes à juger.

Alors après, j’avoue, j’ai trouvé quelques défauts ici ou là. Si on oublie le côté jeunesse qui fait que certaines révélations se révèlent trop simplistes et certaines rencontres un peu trop faciles, j’avoue j’ai surtout quelques regrets concernant la conclusion. Elle se révèle trop rapide, avec son Deus Ex Machina un peu trop flagrant et aussi peut-être un peu trop bavarde à mon goût. Attention, elle n’est pas non plus mauvaise, collant parfaitement à cet aspect nerveux et entrainant présent depuis le début du livre, mais voilà une fois la dernière page tournée j’étais tout de même légèrement frustré, car j’attendais peut-être un peu plus. Malgré cela j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et ne suis pas déçu de ce roman.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, fluide et dynamique venant vraiment happer le lecteur pour ne plus le lâcher. Surtout, comme je l’ai dit, il plonge littéralement jeunes et moins jeunes dans un univers qui ne peut que faire réfléchir et réagir, tout en maintenant en alerte le lecteur à coup d’explosion et de scènes d’action. Au final j’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman, malgré certes une conclusion qui ne m’a pas totalement accrochée, et c’est de nouveau sans soucis et avec grand plaisir que je me lancerai dans la lecture d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire haletante, sans temps morts et rempli d’explosion et de courses-poursuites. L’auteur maîtrise parfaitement bien ses surprises et ses rebondissements ce qui fait que le lecteur se retrouve rapidement happé par le livre pour ne plus le lâcher. Mais surtout l’auteur nous offre aussi un univers SF vraiment efficace et qui pousse énormément à la réflexion, aussi bien les jeunes que les moins jeunes, que ce soit sur l’identité, la politique, le rejet des autres, le clivage des communautés etc… Un univers choc vraiment réussi même si certaines inventions favorisent un peu trop nos héros je trouve. Concernant les personnages ils se révèlent vraiment complexes, soignés et surtout évitent tout manichéisme mettant en avant des héros face à des décisions compliquées et pas toujours à l’avantage de la situation, ce qui les rend vraiment intéressants. Mon seul regret concernant ce récit vient de la conclusion que je trouve un peu trop rapide, bavarde et repose sur un Deus Ex Machina un peu trop flagrant. Mais franchement rien de non plus gênant tant j’ai été pris par le récit bien porté par une plume simple, dynamique et entrainante. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Phooka, etc…

Dresseur de Fantômes – Camille Brissot

Résumé : Le monde avait été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous… sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent aux trousses de l’assassin de Valentine. D’une quête de vérité à la vengeance, il n’y a qu’un pas.
Le franchiront-ils ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : J’avoue ce livre est rentré dans ma PAL un peu par hasard. Lors d’une de mes visites en librairie je suis tombé devant la couverture, illustrée par Philippe Jozelon, que j’ai trouvé attirante malgré le fait que je trouve le visage du personnage un peu trop présent au premier plan. Après lecture du quatrième de couverture, qui laissait entendre une histoire de vengeance avec fantômes et un monde post-apocalyptique complètement changé et redessiné, j’ai rapidement été intrigué et tenté. J’ai eu alors la chance de me faire offrir ce livre par la Marmotte. Il m’intriguait d’ailleurs tellement que je l’ai rapidement fait sortir de ma PAL pour le lire.

Pourtant, une fois la dernière page tournée j’avoue que je ressors avec un sentiment plutôt mitigé. Pas que le livre soit mauvais je trouve, juste que la façon dont l’auteur le traite ne correspondait pas vraiment à toutes mes attentes. L’histoire en soi reste classique, mais ne manque pas de charme avec cette jeune aventurière tuée qui se retrouve en fantôme et rejoint son mari pour tenter de se venger. Les deux premiers chapitres mettent clairement dans l’ambiance, et l’ensemble se lit au final assez facilement tant les différentes aventures et péripéties, ainsi que les rencontres que font les héros se révèlent un minimum attrayante et bien menés.

Mais voilà si je me base sur l’histoire seule elle se révèle clairement sans surprise et surtout avance parfois un peu trop facilement. Mis à part peut-être une révélation que je n’ai pas vue du tout venir, et une belle révélation je l’avoue, l’ensemble se révèle très linéaire et on devine très rapidement la conclusion. Autre aspect qui m’a dérangé c’est que l’auteur se consacre principalement et la majorité du temps sur ses personnages ce qui fait qu’il m’a paru manquer des clés pour vraiment appréhender ce monde dans sa globalité. Je pense que c’est un choix de l’auteur et les lecteurs qui cherchent une histoire un peu intimiste devrait s’y retrouver, mais ceux qui comme moi veulent aussi un minimum de background et de densité de fond risquent de se sentir frustrés.

Comme je le dis, les personnages sont un des points les plus intéressants de ce roman, l’auteur mettant clairement en avant ce couple séparé par la mort, qui fait un peu penser au film Ghost, mais aussi leurs liens d’amitié forts. On s’attache assez facilement à eux à travers leurs souffrances et toutes les conséquences qu’impose le fait que Valentine soit un fantôme, que ce soit aussi bien pour Théophras qui se retrouve à vivre un amour clairement impossible sans aucune possibilité de sentir ou de toucher sa femme, mais aussi pour elle qui voit le monde évoluer autour d’elle et sent bien qu’elle ne possèdera plus jamais rien dans ce monde éthéré qui est maintenant le sien ; même si une ou deux fois l’auteur tombe un peu trop dans le sentimental. Les différents personnages secondaires que rencontrent les héros se révèlent assez intéressants même si, court roman oblige, je trouve qu’ils se dévoilent un peu trop rapidement et manquent parfois d’un peu de profondeur alors qu’il y avait matière à faire plus. Quelques personnages sortent quand même du lot, je pense à Tom ou Peck, tandis qu’un sentiment de trop peu se fait ressentir avec des personnages comme Wicapi Wacan ou encore certains du cirque ce que j’ai trouvé dommage. Par contre ils se révèlent tous assez manichéens, avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre.

Concernant l’univers, c’est un peu le point qui m’a le plus dérangé. On y retrouve énormément d’idées qui paraissent intéressantes et intrigantes, à travers ce monde complètement chamboulé suite à ces modifications électromagnétiques, mais voilà elles ne restent que surfaites. On a l’impression que l’auteur se sert de son univers comme d’une simple image de fond sans jamais vraiment le travailler ou bien expliquer certains points dont on ne sait rien du début à la fin. C’est dommage car visuellement il y a énormément de potentiel et surtout un univers dont on sent que l’auteur maîtrise pas mal de classiques, offrant ainsi un vernis très rétro-futuriste qui fait parfois penser à Jules Verne, tout en offrant un aspect social parfois assez misérable, un peu comme le proposait certains auteurs Anglais, et le tout teinté de Nouvelle-Orléans avec des Bateaux à roues à aubes. L’auteur nous fait clairement vraiment voyager de la France à Haïti ou encore l’Allemagne en passant par l’Amérique. Et c’est ce que je trouve qui me frustre le plus, comme si l’auteur avait plein d’idées et plein d’envies mais qu’elle ne les développait jamais à fond. Après, cela vient aussi de moi, j’aime les univers un minimum denses, expliqués et cohérents. Concernant l’aspect fantôme je trouve l’évolution trop rapide, passant facilement de l’ectoplasme qui ne peut rien faire à la revenante avec de nombreux pouvoirs servant un peu trop l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle, je trouve, touchante par son travail sur les personnages et leurs sentiments, mais voilà dans son aspect poétique elle s’embrouille parfois légèrement dans ses explications, comme par exemple ses rails de train qui se sont adaptés aux modifications géographiques dont on ne comprend pas si c’est le rail qui a bougé de lui-même, ou si c’est l’Homme qui a adapté son trajet. Alors rien de bien gênant non plus, car je trouve qu’il y a une certaine qualité dans le style de l’auteur qui, je pense, devrait toucher plus d’un lecteur, mais une ou deux fois cela m’a fait tiquer. Au final je suis plutôt mitigé sur le livre qui me parait clairement posséder énormément de potentiel, mais dont mes attentes n’ont été qu’en parti comblé, l’auteur préférant jouer sur l’émotion là où j’attendais aussi quelque chose de plus dense avec un véritable univers construit et des réflexions un peu plus poussées.

En Résumé : Finalement, j’avoue que je ressors avec une impression mitigé de ma lecture de ce roman. L’auteur nous offre une histoire de vengeance dans un monde post-apocalyptique qui, aux premiers abords parait intéressant, le tout avec énormément de potentiel et l’ensemble se lit d’ailleurs assez facilement, mais j’ai trouvé que ça manquait de profondeur sur certains aspects. L’auteur, en fait, met clairement l’accent sur les personnages et leurs interactions aux dépend parfois du reste, ce qui fait que les héros, même s’ils sont assez manichéens et parfois tombent un peu dans le sentimentalisme, se révèlent attachants et vraiment entrainants, en proie aux doutes et aux souffrances. Mais voilà l’univers que dessine l’auteur, selon moi, en pâti alors qu’il avait un potentiel énorme. C’est un choix que l’auteur a fait et que je comprends, mais qui ne correspondait finalement pas à mes attentes de lecture de ce court roman. La plume de l’auteur ne manque pas de charme, se révélant par certains aspects poétiques, même si par moment elle manque un peu d’explications ce qui peut embrouiller le lecteur. Un roman dont je ressors au final avec un sentiment partagé, qui devrait plaire aux lecteurs qui cherchent quelque chose d’intimiste, de sensible et centré sur les personnages là où, moi, j’espérais quelque chose de plus complet.

 

Ma Note : 5/10

Porcelaine, Légende du Tigre et de la Tisseuse – Estelle Faye

Résumé : Chine, vers l’an 200.
Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son coeur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans.
Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son coeur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tisant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Au moment de sa sortie ce livre m’intéressait fortement, déjà par son aspect conte chinois qui se révélait très tentant, mais aussi par sa couverture, illustrée par Amandine Labarre, que je trouve magnifique et tout en finesse. Pourtant j’ai bien failli ne jamais me lancer dans sa lecture, en effet les retours sur le roman jeunesse de l’auteur, La Dernière Lame, se révélaient plutôt mitigé et m’avait à l’époque bloqué. Vu que depuis plusieurs personnes m’ont plus que fortement conseillé de lire Porcelaine, et vu les différents retours, j’ai décidé de l’emprunter à la Marmotte pour ainsi me faire mon propre avis.

Finalement je suis bien content de m’être lancé dans la lecture de ce roman. L’auteur nous offre ici une histoire en trois actes qui reprend clairement le style des contes chinois. Dès les premières pages je me suis alors retrouvé emporté par la vie de Xiao Chen sur près de 15 siècles, même si le roman finalement ne se concentre que sur le 3ème et le 18ème. Une vie mouvementée pleine de surprises, de péripéties, d’aventures, d’émotion et d’art où il va passer de fils aimé et délaissé, à adolescent rejeté à la tête de Tigre pour finalement trouver sur les routes amis et amour. Et pourtant l’histoire en elle-même n’a rien de non plus révolutionnaire, et même se révèle assez linéaire, mais voilà ce roman a réussi, pas tant en révolutionnant le fond, mais en travaillant sur la forme, pour m’offrir quelque chose qui possède un je ne sais quoi de magique et de féérique. Pour peu qu’on s’intéresse aux contes, aux fées et aux mystères alors on se laisse totalement emporter par ce récit qui mélange de façon vraiment efficace et la réussite en vient justement à l’équilibre des genres, des mythes et des personnages que l’auteur met en place.

Concernant l’univers, ce n’est pas un secret, l’auteur nous plonge en Chine, mais dans une chine mouvante, médiévale, qui évolue en fonction des différents empereurs et des différents changements structurels qui se dessinent en toile de fond. La magie, les dieux et l’envoutement s’étiole au fil des siècles pour laisser place à l’humanité, au concret, au tangible et la Chine monte doucement en puissance. L’ensemble se révèle vraiment magnifique, à travers les descriptions de l’auteur pourtant courtes, arrivant à offrir une atmosphère, une ambiance et un paysage vivant, vibrant, sublime et éclatant. On a vraiment l’impression de se retrouver au milieu de ce pays en plein changement et on n’a pas du tout envie de la quitter. L’auteur offre aussi une réflexion vraiment intéressante sur l’art, et plus principalement sur le théâtre, qui est littéralement la vie de Xiao Chen lui offrant le souffle et le frisson dont il a besoin. L’auteur joue aussi sur les masques, ceux magiques qui transforment le héros en tigre, comme ceux humains face aux différents personnages que l’on peut être. Qui est vraiment Xiao? même lui le cherche. L’auteur nous fait aussi réfléchir sur les petites mains de Chine, ce travailleurs et travailleuses de l’ombre mis en avant par Li Mei la couturière, ou bien encore sur ce besoin d’immortalité qui n’apporte pas toujours ce que l’on souhaite.

Concernant les personnages j’avoue ils se révèlent vraiment saisissants et passionnants mais m’ont aussi, par moment, d’une certaine façon, un peu dérangé. Je m’explique. L’auteur arrive clairement à nous dessiner des héros qui se révèlent attachants, possédant des émotions et qui font des choix intéressants et cohérents avec l’histoire et l’évolution de leurs vies, mais parfois ils se révèlent tellement apathique, à accepter tout ce qui leur arrive sans jamais vraiment broncher qu’on a, de temps en temps, envie de les secouer. Oh rien de gênant, j’ai apprécié chacun des personnages principaux, ils m’ont touchés, mais voilà parfois c’était tout de même légèrement frustrants. Alors, après, je sais bien que je lisais une histoire basée sur les contes, que c’est un peu souvent le cas avec ce genre de personnages, que ça rentre dans leurs codes. Concernant les personnages secondaires ils ne manquent pas d’attraits non plus et se révèlent intéressants. L’auteur a décidé de limiter son nombre de protagonistes, ce qui est une bonne chose et évite de trop se disperser je trouve.

Alors, après il y a quand même quelques points qui m’ont légèrement dérangés. Je pense par exemple à la troisième partie dont j’ai trouvé qu’elle manquait un peu de rythme et tournait parfois, sur certains passages, en longueur. Rien de bloquant ou ennuyeux, juste une légère différence de tempo entre les deux premières parties beaucoup plus vives et vivantes par rapport à la dernière. Ce qui est marrant c’est que, par contradiction, une fois la dernière page tournée j’aurai aimé rester encore dans cet univers, surtout qu’il y a matière à le faire je pense. Ensuite je trouve aussi que certains passages se révèlent parfois légèrement confus. Enfin, concernant la fin je l’ai trouvée sympathique ; je sais que c’est un conte, mais voilà vu la façon dont la fin se présentait j’attendais peut-être autre chose qu’un happy-end. Que de petites remarques qui sont vite balayés tant j’ai finalement été emporté par ce roman du début à la fin.

Il faut aussi dire que la plume de l’auteur se révèle vraiment soignée, poétique et magique ; elle nous transporte véritablement dans cette histoire et m’a complètement touché. Finalement je trouve que Porcelaine porte bien son nom, offrant un fragile équilibre réussi, délicat, ensorcelant et tout en finesse, entre différents thèmes et qui dévoile toute sa beauté au fil des pages que le lecteur tourne avec grand plaisir. Amoureux des contes laissez-vous tenter vous ne devriez pas être déçu, les autres tentez votre chance et vous y trouver une très belle histoire dans un univers coloré et vivant. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman présenté en forme de conte asiatique qui nous plonge dans le destin fascinant, à la fois tragique et émouvant, de Xiao Chen. L’histoire, en trois actes, se révèle entrainante, alternant de façon vraiment efficace aventures, magie et émotions pour le plus grand plaisir des lecteurs. L’univers, développé sur près de 15 siècles offre une vision d’une Chine changeante et pleine de surprises, où la magie s’efface peu à peu au profit du concret et des hommes. Les personnages sont vraiment attachants et entrainants, même si parfois je leur reproche d’être trop attentistes, ce qui donne envie de les secouer. Je regrette juste que la troisième partie manque un peu de rythme et se révèle un peu répétitive, mais par contradiction j’aurai aimé resté plus longtemps dans cet univers, surtout qu’il y a matière pour. Concernant la conclusion en forme de léger « Happy-end », elle se révèle sympathique, mais je l’aurai préféré plus mélancolique je pense. Rien de bien bloquant ou dérangeant de toute façon. Dans tous les cas la plume de l’auteur se révèle vraiment poétique, fluide et entrainante emportant le lecteur dans cette histoire pleine de féérie et de beauté. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Anassete, Cornwall, Vert, Minidou, joyeux-drille, sylphe, etc…

La Campagne des Ombres Livre 1, Les Mille Noms – Django Wexler

Résumé : Sous le terrible soleil du désert, la province de Khandar s’est révoltée, emportée par le fanatisme d’une secte mystérieuse. La garnison impériale a été balayée et les survivants démoralisés se sont réfugiés dans un bastion aux portes du désert en attendant les renforts.
Mais derrière cette révolte, une force antique manipule les événements et seuls le courage et la loyauté de deux soldats semblent encore pouvoir s’y opposer.

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : Depuis quelques temps je m’intéresse à la Fantasy à arme à feu qui commence à se développer de plus en plus, ce qui apporte, je trouve, quelque chose d’un peu différent. La preuve en est avec la maison d’édition Eclipse qui a sorti il y a quelques mois La Promesse du Sang, le premier tome du cycle Poudremages, et qui vient de publier il y a peu ce livre, Les Mille Noms. Donc quand j’ai vu que Babelio proposait, lors de son dernier Masse Critique, de découvrir ce livre j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et Eclipse pour m’avoir fait découvrir ce roman. À noter la belle couverture illustrée par Steve Stone. Juste un point concernant cette édition, en effet j’ai repéré pas mal de fautes voir même des erreurs de noms par moment dans des dialogues, dommage.

Je dois bien avouer que j’ai eu, sur les cent premières pages, un peu de mal à vraiment rentrer dans le récit, par tant par sa complexité ou qu’il soit mauvais, loin de là, mais j’ai trouvé cette partie est un peu confuse. On apprend que la ville d’Ashe-Katarion est tombée aux mains d’extrémistes religieux soutenue par l’armée locale, que l’armée coloniale en poste, composée des rebuts militaires, a fui et qu’un nouveau colonel arrive avec un bataillon pour reprendre les choses en mains. Le fait qu’une bataille soit déjà passé a joué sur ma confusion je pense, j’ai plus l’habitude de me lancer dans des récits ou la bataille est un peu le but final du roman et non la conséquence. Mais une fois les éléments mis en place je n’ai pas pu lâcher ce roman de Fantasy guerrière qui se révèle vraiment haletant et terriblement efficace.

Car oui malgré ce démarrage un peu lent et déroutant, le reste du roman va se révéler au final rythmé, mais surtout fluide et cohérent, l’auteur alignant de façon vraiment captivante les passages d’action, de bataille et de stratégie, qui se révèlent aussi très didactiques sans non plus se révéler lourds ou ennuyeux, avec les passages plus personnels où il nous fait découvrir ses personnages principaux. On se retrouve alors à suivre avec grand plaisir cette armée composée de vétérans rejetés et de bleus ayant à peine été formé dans la reconquête de cette ville et bien plus. Car oui, ce roman n’est pas qu’une simple guerre, le colonel n’étant pas venu simplement pour remettre un prince sur son trône, un complot plus profond se dessinant lentement au fil des pages sur ces fameux Mille Noms. D’ailleurs c’est justement l’un des points qui fait que je considère ce roman un peu au-dessus des Poudremages, l’auteur a limité ses intrigues et surtout elles vont à peu près dans la même direction là où Brian McClellan se révélait un peu confus dans la façon de gérer ses intrigues, ce qui cassait le rythme et qui occasionnait aussi le fait que certaines intrigues se révélaient un peu bancales.

Vu qu’on suit ici une compagnie militaire on se retrouve vraiment au cœur de l’action et des affrontements, et on sent que l’auteur maîtrise parfaitement cet aspect du point de vue tactique, à travers les formations des bataillons et les régiments, mais tout en arrivant à garder le côté épique, sanglant et mortel de ce genre d’escarmouches. Le lecteur se retrouve vraiment emporter par ces combats, limite on sentirait la poudre, la sueur, le sang, la violence, le désespoir et l’envie, le tout porté par des descriptions et des explications vraiment prenantes. On sent bien que dans ce genre d’affrontements n’importe qui peut mourir sous les balles et que fuir n’apporte rien. Maintenant suivre l’intrigue du point de vue des militaires fait aussi que le lecteur est peut au fait de cette fameuse recherche des Mille Noms, ce qui peut parfois se révéler un peu frustrant, attendant trop que le Colonel lâche une ou deux brides d’informations ici où là. Mais rien de bien non plus gênant, cela permet à l’auteur de garder quelques révélations dans sa manche pour offrir un final haletant ou la magie vient aussi prendre plus d’ampleur.

En ce qui concerne l’univers il ne manque pas d’intérêt et se révèle vraiment solide. L’auteur nous plonge dans une région aride qui fait penser à certains pays arabe, comme l’Égypte par exemple. L’auteur construit deux peuples aux modes de gouvernements différents et aux religions complexes, mais dont on ne sait pour le moment que peu de choses. Ce tome se consacre tout de même principalement aux Khandariens, même si certaines informations sont lâchées au niveau de complots qui traîneraient au niveau du pouvoir de Vordanai. Concernant la magie elle se révèle vraiment intéressante, avec cette possibilité de se lier à ce qui est considéré comme des démons pour accroitre ses facultés, mais sans aucune possibilité de retour. On la découvre lentement au fil des pages ce qui permet de bien l’assimiler, de bien la comprendre et ainsi d’apporter énormément à la conclusion permettant ainsi de ne pas tomber dans le « too much » où l’élément qui arrive parfaitement au bon moment. Ce premier tome laisse encore pas mal de points, justement concernant cette magie ou Voltarai, en suspens ce qui donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment intéressant à découvrir, principalement les personnages féminins, bien construits, complexes et qui évitent de tomber dans les extrêmes. On sent bien que l’auteur a décidé de nous offrir des héros travaillés, soignés et attachants qui se dévoilent de façon vraiment efficaces au fil des pages. Entre Marcus le Capitaine empli d’honneur qui cherche à faire son boulot de la meilleure des façons, Winter le soldat qui cherche à cacher qui il est et qui va se retrouver à monter en grade un peu contre son gré ou encore Janus le Colonel (inspiré de Napoléon) lunatique qui vient reconquérir cette ville rebelle, mais qui joue avec le lecteur ne dévoilant qu’une partie de la vérité, ils ne manquent clairement pas d’attraits et se révèlent même charismatiques. Même les personnages secondaires se révèlent vraiment intéressants à découvrir. Surtout l’auteur nous offre aussi de découvrir des personnages de l’autre camp ce qui leur évite de simplement se révéler être les « méchant très méchants », ayant au final un véritable enjeu politique et où tout n’est pas blanc ou noir. Mon seul regret et que certains protagonistes ont cet air de « déjà-vu », rien de gênant en soi mais, qui les empêche un peu de pleinement se développer.

Après tout n’est pas non plus parfait dans ce premier tome. Par exemple l’auteur abuse parfois légèrement trop des dialogues, soit pour appuyer une idée déjà comprise, soit pour gagner du temps par une discussion de remplissage et ainsi essayer de jouer un peu plus sur l’effet de surprise. Rien de bien gênant sur l’ensemble du roman, mais parfois un tout petit peu ennuyeux. Ensuite, le hasard fait une ou deux fois un peu trop bien les choses et arrange les efforts de nos héros, même si rien de non plus trop « gros » ou trop improbable qui pourrait gâcher l’ensemble. Enfin, l’aspect militaire est parfois un peu caricaturé, principalement le sergent Davis, bourreau de Winter qui tombe dans le militaire violent gratuitement. Mais dans l’ensemble ce ne sont que des petits points qui ne m’ont jamais complètement dérangé ou bloqué dans la lecture de ce premier tome.

La plume de l’auteur se révèle vraiment visuelle, entrainante et efficace nous plongeant vraiment dans cet aspect guerrier avec de grandes batailles aux stratégies décrites de façon fluide et captivante. Par conséquent si vous n’êtes pas intéressé, justement, par cet aspect tactique vous risquez de n’accrocher que moyennement à ce livre. Au final on a ici un bon premier tome de fantasy de Guerre qui se révèle rapidement prenant, malgré un démarrage légèrement confus, qui se révèle bien maîtrisé et captivant. Je lirai la suite sans soucis pour savoir ce que va nous proposer l’auteur dans les prochains tomes.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le premier tome de cette série qui nous offre une histoire, certes qui parait un peu classique avec deux peuples en guerre, mais qui se révèle vraiment accrocheuse, tout en offrant des conspirations à plus grandes échelles qui se dévoilent lentement au fil des pages. On sent que l’auteur apprécie la stratégie militaire nous offrant un travail tactique détaillé, tout en conservant l’aspect épique et sanglant de batailles ; on a vraiment l’impression d’y être. L’univers construit par l’auteur se révèle vraiment solide et efficace et propose une magie intéressante qui demande à en apprendre plus. Les personnages sont vraiment attachants, soignés, denses et on suit avec plaisir leurs aventures, même si certains donnent une impression de « déjà-vu ». La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, entrainante et efficace. Après tout n’est pas non plus parfait l’auteur abusant parfois légèrement de dialogues, ou bien s’offrant quelques facilités et quelques hasards bien placé, ou encore quelques aspects un peu caricaturaux, principalement sur l’armée, mais dans l’ensemble rien de complètement gênant tant j’ai bien accroché à ce premier tome et je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Bloodsilver – Wayne Barrow

Résumé : 1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l’Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression…
1692 : à Salem, une poignée d’hommes impitoyables fonde la confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l’avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres.
De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy the Kid, les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l’argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d’improbables alliances…

Edition : Mnémos
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce roman avait commencé à me tenter au moment de sa sortie, ce qui remonte à quelques années déjà, mais n’a jamais au final rejoint ma PAL, d’une parce que à l’époque je lisais beaucoup moins d’histoires de vampires et de deux mon budget livre n’était pas le même. Il a donc logiquement disparu de ma vue. Il a fallu attendre les Imaginales 2013 pour que ce livre se rappelle à moi et que je décide de le faire rentrer dans ma bibliothèque. Vu que les Imaginales 2014 approchent, pour rester dans le thème,  j’ai donc décidé de me faire un avis sur ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Didier Graffet, elle possède un côté sauvage et western qui colle finalement bien au récit. À noter que Wayne Barow est un pseudonyme derrière lequel se cache deux auteurs français, Xavier Mauméjean et Johan Héliot.

J’avoue aussi que je me suis lancé dans la lecture de ce livre sans aucun retour ni avis de l’extérieur que ce soit sur internet ou autre, donc première surprise, ce que je pensais être un roman est en fait un recueil de nouvelles. En effet les auteurs ont décidé de se servir de l’arrivée de vampires sur le continent américain en 1691 pour réécrire l’histoire des États-Unis et ainsi offrir au lecteur une certaine uchronie qui s’étend sur plus de deux siècles. Autre surprise, si vous vous attendiez à une histoire  de vampires pur et dur passez votre chemin, en effet ils ne servent ici que de façon latente pour vraiment mettre en avant l’évolution du pays d’une nation sauvage vers une des plus grandes nation, ce qui peut légèrement frustrer le lecteur à la recherche de trash lié aux suceurs de sang, surtout après la lecture du quatrième de couverture. Mais voilà une fois l’ensemble de ses surprises assimilées je me suis retrouvé à me plonger avec envie et plaisir dans ces différentes courtes histoires.

Car en effet au fur et à mesure de la lecture de cette fresque chronologique j’y ai trouvé quelque chose de vraiment fascinant et intéressant, pour peu qu’on connaisse un minimum l’histoire des États-Unis, à voir évoluer ce pays passant d’un aspect western qui se révèle sauvage, sanglant avec aussi la conquête de l’ouest, évoluant un aspect considéré comme plus civilisé avec le temps et les années. Passer d’un pays complètement désuni à quelque chose de plus cohérent, cette mutation se faisant dans les cris, le pleurs et le sang. On y retrouve aussi au fil des pages plusieurs personnages importants de l’époque, allant de Marc Twain au Dalton en passant Billy the Kid ou encore Jesse James, mais aussi des évènements tout aussi marquants pour le pays comme Fort alamo, le massacre de Wound Knee ou encore la mystérieuse maison Winchester. On sent bien que les auteurs se sont fortement documentés et ont effectué un travail vraiment dense et saisissant pour plonger le lecteur dans ces différentes histoires, ces différentes rencontres, ces différentes époques. On se retrouve happé. La reprise des faits réels tout en modifiant certains aspects, y apportant leurs propres idées, collent à cette uchronie de façon vraiment efficace. Dommage que parfois les auteurs oublient complètement les vampires pour se consacrer qu’à cette fresque western.

L’autre aspect aussi intéressant c’est qu’on se retrouve avec un roman clairement western avec tout ce qu’il faut pour se laisser entrainer entre aventures, courses poursuites et fusillades, le tout bien rythmé. On y retrouve clairement au fil des pages ce sentiment de liberté, de folie et de violence qui découle de cette époque où la loi dépendait principalement du plus fort vu que chaque état, chaque ville faisait comme il voulait. La présence des Brooke (le nom des vampires) n’est pas non plus qu’anecdotique, on y retrouve clairement le vampire sauvage qui se nourrit de sang humain poussant les Américains à se défendre en premier lieu avant de changer. Les différentes rencontres qu’ils vont faire vont se révéler vraiment intéressantes, même si je trouve qu’ils restent trop dans l’ombre, on ne sait au final pas grand-chose d’eux. On retrouve aussi dans ces différents textes pas mal d’axes de réflexions vraiment attrayants que ce soit par l’évolution des gens, qui après avoir encensé les chasseurs de vampires se mettent à la rejeter devant la puissance, à la fois par la menace et aussi par leurs fortunes, des vampires, mais aussi par ce fameux convoi des vampires (La Famille) qui sillonnent le pays pour y trouver un endroit où vivre. Les différents personnages rencontrés offrent  des portraits à la fois riches et variés, allant du faible au fort, du lâche au téméraire, de l’érudit ou fou ; des personnages à la fois complexes et soignés qui vont devoir s’adapter ou disparaitre. J’ai trouvé aussi que la conclusion, en forme de cycle avec l’introduction, se révélait percutante.

Malgré cela il y a tout de même quelques points qui m’ont dérangé. Les auteurs nous proposent, comme je l’ai dit, une uchronie, puisque l’arrivée des vampires sur le continent va bouleverser énormément de choses jusqu’à la guerre de l’indépendance, et pourtant la vie des personnages historiques n’a pas tant changé que cela dans l’ensemble. Mis à part Mark Twain qui subit quelques variations notables on a l’impression que les autres connaissent quasiment la même destinée, ce que j’ai trouvé légèrement dommage. Ensuite, il faut bien l’admettre, vers la fin, j’ai ressenti un certain essoufflement, sentant bien où voulez nous mener les auteurs. Rien de bien méchant non plus, mais voilà je me suis retrouvé à moins accrocher à un ou deux textes. Après, dernier point mais qui se retrouve souvent dans les recueils de nouvelles, certains textes sortent plus facilement du lot et marquent plus que d’autres qui ne sont qu’anecdotiques.

La plume des auteurs se révèle vraiment soignée, dense et efficace plongeant pleinement le lecteur dans l’histoire et l’époque par des descriptions précises et entrainantes et aussi avec des personnages humains et plus que convaincants. J’ai donc passé un plutôt bon moment de lecture avec ce livre qui, certes, au début  m’a surpris mais s’est révélé au final dans l’ensemble captivant et intrigant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui, certes m’a dérouté au début, m’attendant à un roman sur des vampires et me retrouvant avec des nouvelles où les vampires ne sont que secondaires se consacrant plus à une fresque uchronique sur la naissance des États-Unis, mais qui finalement offre un travail vraiment intéressant et fascinant. Le côté western apporte aussi vraiment un plus, offrant une ambiance sauvage, violente où le mot liberté dépend de chacun et où, justement, la présence des vampires vient accentuer tout cela. Dommage que parfois justement les auteurs oublient un peu les suceurs de sang. Pour peu qu’on s’intéresse à cette période de l’Amérique on se retrouve emporté par cette réécriture de l’histoire dont mon seul regret et que, sur certains aspects, reste quand même trop proche de l’histoire. Le background ainsi que les différents personnages, qu’il soit fictifs ou ayant existé, se révèlent vraiment denses, travaillé, humains et soignés. Une histoire qui nous dévoile que les convictions du début ne sont pas celles de la fin, où l’humanité peut aimer ce qu’elle a rejeté et inversement. Le style des auteurs se révèle vraiment efficace et entrainant. Après comme à chaque recueil de nouvelles certains textes arrivent à happer plus le lecteur que d’autres, mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyé, même si j’ai ressenti une très légère lassitude sur la fin.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : kactuss, julien le naufragé, Spocky, Olya, Sayaelis, etc…

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