Mois : juin 2014 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois de Juin 2014

Après un mois de Mai qui s’était révélé assez explosif pour ma PAL, avec je le rappelle pas moins de 27 nouveaux livres, je trouve que je suis resté plutôt calme ce mois de Juin avec seulement huit nouveaux livres et un ebook.

Voilà ce qui a fait gonfler ma PAL pour ce mois de Juin 2014 :

  • Blood Song Tome 1, La Voix du Sang de Anthony Ryan aux éditions Bragelonne. Un roman dont j’entends parler depuis des mois et qui me faisait envie.
  • The Expanse Tome 1, L’Eveil du Léviathan de James S.A. Corey aux éditions Acte Sud. Un Space-Opera ne pouvais que finir dans ma PAL.
  • L’Abomination d’Inswich d’Edward Lee aux éditions Mythologica. Je suis tombé un peu par hasard sur ce livre dont la référence à Lovecraft me tentait bien. La Marmotte a donc décidé de me l’offrir.
  • La Fille Flûte et autres Fragments de Futurs Brisés de Paolo Bacigalupi aux éditions Au Diable Vauvert. Un recueil de nouvelles qui me faisait vraiment envie.
  • Drift de Thierry Di Rollo aux éditions Le Bélial’. Un roman dont j’ai beaucoup entendu parler et à la couverture vraiment accrocheuse. Il a vite rejoins ma PAL.
  • Goodbye Billy de Laurent Whale aux éditions Critic. Je n’ai jamais été vraiment déçu par un roman de l’auteur, son dernier livre a donc rapidement rejoint ma bibliothèque.
  • Anti-Glace de Stepken Baxter aux éditions Le Bélial’. Un livre au résumé vraiment intriguant et à l’illustration de couverture clairement accrocheuse, qui a donc rejoint ma PAL.
  • Jack Glass, L’Histoire d’un Meurtrier de Adam Roberts aux éditions Eclipse. Ce livre je l’ai acheté sur un coup de tête a force de passer devant.

Ne pas oublier l’achat d’un ebook :

  • Haute-Ecole de Sylvie Denis aux éditions L’Atalante

Voilà ce qui a remplit ma bibliothèque pour ce mois de Juin. De quoi bien démarrer l’été et offrir de bons moments de lecture je pense.

Chroniques du Grimnoir Tome 2, Malédiction – Larry Correia

Résumé : Il y a ceux qui se téléportent, lisent dans les esprits, influencent la gravité, prennent le contrôle des animaux ou guérissent par imposition des mains, et il y a les « normaux ». Leurs relations virent à l’aigre. Et voici qu’un mystérieux Bureau du coordinateur de l’information entreprend de soumettre les « actifs », avec des moyens nouveaux et des agents redoutables comme l’énigmatique Corbeau.
S’ils ont vaincu le « président » à bord de son dirigeable, les chevaliers du Grimnoir sont maintenant confrontés à la vindicte de l’appareil d’État, alors même que la menace qui pèse sur le monde s’approche et se précise. Jake Sullivan et Faye Vierra devront puiser au plus profond de leurs pouvoirs pour faire face, d’autant que les anciens du Grimnoir eux-mêmes nourrissent la pire des craintes quant à la jeune Faye : n’est-elle pas atteinte d’une malédiction qui fera d’elle le pire ennemi de l’humanité ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans la lecture du premier tome de cette série qui s’annonçait comme un mélange de pulp, de fantasy urbaine et d’uchronie, et je dois dire que je n’ai pas été déçu tant il se révélait efficace, nerveux et bourré d’action, avec des personnages intéressants et une intrigue prenante (Ma chronique du Tome 1). C’est donc sans surprise que j’ai rapidement fait rentrer dans ma PAL ce tome que j’ai décidé de lire, vu que le troisième et dernier volume est annoncé pour cet été. La couverture, illustrée par Vincent Chong, se révèle toujours aussi accrocheuse selon moi.

J’avais pas mal d’attentes avec cette suite, surtout après la fin du tome un qui laissait entrevoir certaines révélations sur l’origine de la magie qui s’annonçaient vraiment intrigante, pourtant l’auteur a vraiment réussi à me surprendre avec ce volume en allant à l’opposer de ce que j’attendais. Mais voilà ce qui était une force initialement devient, je trouve, une petite faiblesse et dans l’ensemble j’ai trouvé ce second tome moins bon. En effet là où j’attendais un volume centré sur le « cœur » de la magie, on se retrouve finalement plus dans une intrigue un peu X-Men avec ce rejet des actifs, considérés comme des monstres, avec un pays en proie aux doutes dont le pouvoir veut contrôler sa population. Il n’oublie pas pour autant fil rouge et place quelques marches pour la suite, comme cette malédiction ou encore l’idée de cet éclaireur. On y retrouve toujours ce côté vraiment explosif et haletant qui fait que de nouveau on est emporté à tourner les pages facilement pour savoir ce qui va se passer par la suite. Les rebondissements et les retournements de situations sont toujours aussi maîtrisés même si je trouve que l’ensemble s’essouffle sur la fin, l’auteur cherchant à retarder au maximum le combat final.

Mais voilà comme je l’ai dit, l’idée de dérouter le lecteur en lui proposant une histoire différente de ce que laisser présager le fil rouge a aussi ses mauvais côtés, car une fois la dernière page tournée, clairement, on se dit que c’était fun et explosif, mais voilà on se rend compte que c’est un tome de transition et de remplissage pour mettre en place quelques pièces du puzzle qui va se dévoiler dans le prochain volume. Je me suis donc retrouvé légèrement frustré. De plus l’histoire qui est proposée, avec ce rejet du gouvernement des actifs qui font peur et doivent être contrôlés, me faisait beaucoup trop penser à X-Men, mais en moins profond et moins complexe, avec ces camps ou encore cette loi d’enregistrement. Autre point, l’ensemble m’a paru, je trouve, sans véritables surprises on sait clairement comment ça va se finir, donc quand vers la fin l’auteur se met à ralentir, à ajouter des scènes pour patienter le lecteur j’ai légèrement décroché j’avoue. Après, ces quelques points n’enlèvent en rien le côté pur divertissement assumé et dans l’ensemble on s’éclate à lire ce roman, mais il est clairement un ton en dessous du précédent.

L’univers, lui, se révèle toujours aussi sympathique et agréable à découvrir. Surtout le mélange des genres entre le pulp, l’uchronie et la fantasy urbaine qui est toujours aussi réussi et efficace. L’ensemble se révèle accrocheur et intéressant même si, il faut bien l’admettre, vu qu’il perd son aspect nouveauté il perd aussi légèrement de son charme, surtout que l’auteur ne le développe pas vraiment non plus ici, ne s’intéressant que finalement sur ce rejet des magiciens par une partie d’une population qui connait de plus en plus la crise. Il tente bien de s’offrir quelques réflexions sur le racisme et la position de la femme à l’époque, mais l’ensemble est trop simpliste. La magie par contre apporte son lot de nouveautés avec de nouveaux pouvoirs qui se révèlent originaux et intéressants à découvrir au fil des pages, tout en restant classique dans la façon de s’en servir. De nouveaux aspects magiques sont esquissés et donnent envie d’en apprendre plus. Par contre certaines idées tombent un peu à plat, je pense par exemple a celle sur les robots trop vite balayée. À noter aussi les citations en début de chapitre qui, je trouve, apporte un plus à l’ensemble.

Concernant les personnages on retrouve avec grand plaisir les principaux héros du premier tome dont on suit toujours avec autant de plaisir les aventures et les péripéties. Sullivan et Faye sont toujours aussi attachants et surtout évite de tomber dans la caricature le « Lourd » étant plus intelligent et efficace qu’on le croit et la paysanne, malgré ses jugements assez binaires, se révèlent plus profonde qu’on le pense. Les dialogues sont toujours aussi savoureux et entrainants. Je trouve juste légèrement dommage qu’ils aient un peu de mal à évoluer, on a l’impression de retrouver les mêmes que précédemment, avec les mêmes réactions et donc, par conséquent, la même façon de réagir face aux situations, mais rien de méchant. Par contre je trouve dommage que l’auteur ne se serve pas plus que cela de ses nouveaux personnages qu’il amène. Il y avait pourtant un énorme potentiel avec par exemple Murmure ou bien Hammer qui n’est, selon moi, pas totalement utilisé. C’est assez frustrant de voir par exemple Murmure s’effacer au fil des pages, malgré le secret qu’elle porte, simplement pour revenir à la fin, même chose pour Hammer qui a un pouvoir tellement intéressant, mais exploité que quand cela arrange l’auteur. Pareil pour le vilain de l’histoire, Corbeau manque de profondeur le tout compensé par une puissance exceptionnelle ce qui le rend certes intéressant dans le rôle de « gros bill » à éliminer mais l’empêche d’être plus que cela.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante avec toujours cet aspect cinématographique qui fait qu’on se retrouve facilement emporté. Les scènes d’actions se révèlent vivantes et explosives, on a vraiment l’impression parfois de se retrouver devant un film et, comme on me l’a commenté sur le premier tome, il ne manque plus que le pop-corn. Alors certes au final je suis quand même moins convaincu par ce livre que le précédent, la faute à un aspect remplissage et au fait qu’il me fait trop penser à X-Men, mais ça ne l’empêche pas de remplir toujours autant son rôle de divertissement et offrir un moment agréable de lecture.

En Résumé : J’ai passé un plutôt bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui se révèle toujours divertissant, même si je l’ai trouvé moins réussi que le précédent. L’intrigue prend à contre-pied les attentes du lecteur suite à la fin du premier tome, mais une fois la dernière page tournée on sent le tome de transition et légèrement de remplissage, de plus l’histoire ressemble parfois un peu de trop à X-Men ce qui la rend sans surprise. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler toujours aussi efficace, haletant et explosif, le tout dans un univers solide, magique et intéressant à découvrir même s’il évolue très peu ici. Les personnages sont toujours aussi efficaces, bien porté par des dialogues prenants, même si je trouve que certains des personnages secondaires auraient pu être plus et mieux développés et que le « vilain » ne soit au final qu’un « gros bill » à éliminer. Je regrette par contre que la fin se fasse un peu attendre, l’auteur cherchant trop à prendre son temps. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, entrainante et visuelle nous plongeant facilement dans son histoire. Au final un roman un ton en dessous du précédent, mais toujours très divertissant, je lirai le troisième et dernier tome dans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Sylphe, Lune, …

Les Sentiers des Astres Tome 1, Manesh – Stefan Platteau

Résumé : Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Editeur : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Ce livre me fait envie depuis que Les Moutons Électriques ont décidé d’en faire la promotion. Outre l’aspect promotionnel, que je laisse toujours de côté avec ses superlatifs, j’ai été en fait rapidement accroché par le quatrième de couverture qui annonçait clairement une Fantasy nordique pleine de magie et de mystères ainsi que par la couverture, illustrée par Melchior Ascaride, que je trouve très sympathique. Une fois le livre en main il faut aussi dire qu’il se révèle être un très bel objet avec couverture reliée, papier épais et jaquette. Il n’a donc pas mis longtemps à rejoindre ma PAL.

J’avoue, pourtant, j’ai eu un tout petit peu de mal à vraiment rentrer dans ce livre, le début se révélant, selon moi, un peu verbeux, comme si l’auteur avait peur de se lâcher et faisait trop patienter le lecteur. Mais une fois les 50 premières pages passées je n’ai plus réussi à quitter ce roman. Franchement ne vous laissait pas bloquer par cette introduction un peu « longue », ce serait passer à côté d’une histoire qui se révèle véritablement riche et dense que ce soit au niveau des surprises, des rebondissements, mais aussi des personnages et de l’univers. Alors certes, on est loin du roman épique explosif, mais cette histoire mélange habilement l’aspect conte, avec le naufragé qu’est Manesh et l’aspect aventure, avec l’expédition menée par le capitaine Rana. Très vite on se rend compte que les deux histoires sont liées, mais l’auteur sait garder ses mystères par devers-lui et les dévoiler pour mieux nous tenir, nous surprendre, nous toucher. Une intrigue qui se révèle soignée et complexe qui se déroule de façon passionnante, même si parfois un soupçon supplémentaire d’action aurait apporté par moments un petit plus. On se retrouve avec un roman qui avance à  un rythme plutôt calme, sans jamais tomber dans la frénésie, qui surtout sait faire monter la tension, lentement, au fil des pages et des révélations de plus en plus sombres, de plus en plus tortueuses qui tombent sur les héros.

L’univers que construit l’auteur à travers ces deux histoires se révèle clairement fascinant et entrainant. Il possède ce mélange de beauté, à travers des descriptions et des lieux qui se révèlent vraiment magnifiques. Ce nord empli de forêts, qui enferment des secrets et des mystères fascinants et aussi par moment sombres, se révèle à la fois sauvage et accueillant. On  a parfois envie de plonger avec les héros entre ces arbres accueillant. Par comparaison la remontée du fleuve se révèle, elle, plus angoissante, plus mystique, pleine de secrets qu’il ne vaut mieux pas dévoiler et découvrir. Un univers rempli de magie, de dieux, de géants, de bardes et de conteurs à la voix douce et attrayante qui se révèle enchanteur. On sent bien que l’auteur s’est fortement documenté pour construire une mythologie aussi riche et entrainante, on y retrouve par exemple des éléments Celtes, des pays du nord voir même j’ai l’impression de l’Hindou. Le tout se mélange alors pour offrir quelque chose de logique et d’homogène. Il n’oublie pas pourtant le monde des hommes et, même si l’histoire se révèle plutôt intimiste, les quêtes qu’elle divulgue, tel un nectar, lentement au fil des pages nous dévoile un pays en proie à la guerre, qui se déchire sur fond de trahisons, de batailles et de violences. Un univers au final au combien complexe, féérique avec ses zones d’ombres et de lumières qui donne envie d’en apprendre plus.

Les personnages sont aussi un des gros points forts du récit, se révélant complexes, denses et soignés. L’auteur nous dessine des héros loin de tout manichéisme, alternant le bon et le mauvais et véritablement humains, qui se retrouvent influencés, finalement, par les choix qu’ils font. Les deux qui sortent bien entendu du lot sont Manesh et Fintan, les héros ; entre le conteur à la voix et à l’histoire entrainante et le barde porteur des traditions et des chants se lie un lien que le lecteur découvre au fil du récit ce qui permet, pour peu qu’ils nous intéressent, à s’attacher à eux. On se retrouve alors emporter par leurs joutes. Cela n’empêche pas non plus d’offrir des personnages secondaires tout aussi intéressant, que ce soit ceux qu’on découvre à travers la vie de Manesh ou encore les compagnons d’aventure du barde, chaque protagoniste rencontré possède sa propre voie, ses propres envies et ses émotions, gardant parfois aussi leurs mystères qu’on espère découvrir par la suite. Des personnages à la fois simple dans leurs envies qui ne cherchent qu’à faire les bons choix , et qui se révèlent plus que convaincants.

Après ce roman possède tout de même quelques défauts, comme je l’ai déjà dit j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans, l’introduction me paraissant un peu trop bavarde comme si l’auteur voulait mettre en avant le maximum d’information, mais ce fût vite oublié une fois plongé dans le récit. Ensuite j’ai aussi eu l’effet inverse concernant la conclusion qui, elle, m’a paru mettre un peu trop de temps à arriver, comme si l’auteur voulait rester le plus possible dans son monde. Cela n’empêche pas cette fin de se révéler vraiment réussie, avec son cliffangher qui appelle à lire la suite, mais voilà quelques pages en moins ne m’aurait pas dérangé. Au final ces quelques défauts se révèlent vraiment mineurs tant l’ensemble de ce livre est efficace et passionnant à découvrir, pour peu qu’on aime les histoires qui avancent sur un rythme lent construisant un monde  et des personnages saisissants et où les intrigues et les sous-intrigues se dévoilent lentement au fil du récit.

Un récit qui se révèle d’ailleurs bien porté par la plume de l’auteur que j’ai trouvé travaillée, fine, possédant son propre rythme, sa propre poésie et se révélant clairement imagée, plongeant avec facilité le lecteur dans tout ce qu’elle construit. Par moment il en fait peut-être un peu trop, cherchant la phrase un peu trop parfaite, mais franchement rien de bien dérangeant tant je me suis retrouvé happé par l’ensemble. Au final un premier roman plus que réussi qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. Je lirai la suite sans problème.

En Résumé : Malgré un démarrage que j’ai trouvé un peu trop verbeux, j’ai rapidement été happé par ce roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. L’intrigue qui se dévoile lentement, au fil des pages, se révèle complexe, riche et passionnante avec son lot de surprises. Le tout est surtout porté par un univers qui se révèle clairement maîtrisé, sublime et attrayant, qui donne envie d’en savoir plus, ainsi que par des personnages travaillés et humains, guidés par leurs choix et leurs décisions. Un roman où, certes, l’action est peu présente, mais qui se révèle efficace avec toute sa mythologie, ses dieux, ses géants mais aussi tout ce qui fait le monde des hommes tel que les trahisons, le pouvoir ou les guerres. Je reprocherai juste, en plus d’une introduction un peu bavarde, une conclusion qui prend peut-être légèrement trop son temps alors que toutes les pièces sont misent en place, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur se révèle riche, fine et soignée avec un aspect visuel fascinant qui plonge le lecteur dans ce monde. Au final un premier roman que j’ai trouvé clairement réussi et qui me donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Boudicca, …

Il Etait une Fois en France Tome 5, Le Petit Juge de Melun & Tome 6, La Terre Promise – Nury & Vallée

Résumé : Il Etait Une Fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le Roi de Paris, par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. Monsieur Joseph se confie sur son lit de mort aux côtés de Lucie Fer, celle qui fut sa plus fidèle compagne.
Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein cœur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, Joseph reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne.

Edition : Glénat

 

Mon Avis : Je continue et termine ma découverte de ce cycle avec, justement, la lecture des deux derniers tomes. Les quatre premiers volumes avaient permis de dresser le portrait de Joseph Joanovici, personnage ambigu, qui a tout fait pour tenter de survivre pendant la seconde guerre mondiale au point de parfois s’allier avec tout le monde en espérant s’en sortir (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3 & 4). Mais la guerre est maintenant finie et j’avais hâte de savoir ce qui allait lui arriver, savoir comment il allait tenter de s’en sortir.

Ce tome va se révéler complètement différent des autres, en effet on suit ici comme personnage principal non plus Joseph, qui est devenu un riche industriel aux appuis hiérarchiques importants, mais plutôt un petit juge de Melun qui a été mandaté par une certaine Madame Schaff de dévoiler la vérité sur le meurtre de son fils considéré comme un traitre à la nation. On se retrouve donc ainsi dans une confrontation entre le juge et le ferrailleur, une enquête qui va se révéler pleine de rythme, de violence et de corruption, où la tension va monter lentement au fil des pages pour happer le lecteur. On sent bien que le juge n’est pas homme à lâcher l’affaire facilement même si pour cela il risque de perdre plus qu’il ne peut gagner. Un tome haletant, qui se révèle rempli de surprises et de rebondissements bien maîtrisés par les auteurs, mais qui surtout sonne le déclin du héros.

La grande force de ce tome vient aussi principalement de la façon dont les auteurs traitent de cette période d’après-guerre où tout est flou et personne n’est tout blanc ou tout noir, où certaines personnes aux passés pas toujours reluisants ont atteints des postes hauts-gradés. On se retrouve dans un pays en pleine reconstruction, qui est obligé de faire par moment des concessions pas toujours glorieuses pour essayer de maintenir un pouvoir efficace, cohérent et où il est parfois difficile de connaitre la vérité et de juger les coupables. Au final un visage pas toujours glorieux mais souvent juste, d’une période trouble, d’un pays qui cherche à panser ses plaies et à commencer à oublier. Mais voilà, l’oubli doit-il passer par le fait d’enterrer parfois la vérité et d’oublier que certains ont parfois dépassés les limites? Certaines personnes s’y refusent en tout cas.

Les personnages continuent à s’enrichir, à se densifier au fil des tomes, mais surtout le changement de point de vue permet de mieux les appréhender dans l’ensemble. Le fait de suivre le juge permet, d’une, de mieux comprendre son combat et son besoin de quête de la vérité et, deuxièmement, d’avoir une vision différente de Joseph Joanovici, un peu plus sombre, plus froide et plus calculatrice. Certes on retrouve toujours cette ambiguïté d’un homme qui a toujours tout fait pour s’en sortir, se sauver et sauver sa famille, mais on se rend compte, ici, qu’il est aussi, par la même occasion, devenu quelqu’un qui en a profité pleinement et aussi l’un des protagonistes les plus influent dans la ville de Paris. Un duel alambiqué et complexe qui va peu à peu amener sont lot de souffrances, qui va forcer les uns et les autres à réagir et à prendre des décisions pas toujours faciles.

 

Editeur : Glénat

 

 

 

 

 

Mon Avis : Le dernier volet de la vie de Joseph Joanovici se révèle être celui de la déchéance et de la chute où le héros va se retrouver acculer et va tout perdre, que ce soit aussi bien du point de vue des affaires que du point de vue affectif. Le petit juge de Melun ne laisse rien lâcher et rend coup pour coup ; mais à quel prix? Peut-on vraiment faire tomber un homme ayant tant de pouvoir sans se salir les mains. Un tome qui vient clôturer de façon passionnante ce cycle et qui se révèle clairement sombre, entre trahisons, abandons et souffrances. Aucun des personnages ne sortira indemne de ce dernier tome et même l’indéfectible Lucie se trouvera devoir faire des choix pas toujours faciles. La chute était annoncé depuis le début, mais elle se révèle violente et sans concession, tout en restant neutre dans sa narration. En effet la grande force du récit reste que les auteurs ont décidé de présenter la vie de Joseph de façon simple, dans une époque trouble, mais sans jamais juger, laissant ce seul pouvoir au lecteur de faire ses propres choix.

Concernant les personnages ils continuent à évoluer, mais surtout se retrouvent rattrapés par le poids de l’âge, la fin est proche et même s’ils tentent quelque soubresauts pour essayer de mieux survivre ils ont pour la plupart énormément donné et perdu. Entre Joseph qui essaie de simplement finir sa vie, mais ne peut oublier son sens des affaires, et le petit juge ayant quasiment tout perdu qui cherche à terminer sa vendetta personnelle, aucun des personnages ne paraitra en sortir gagnant. On retrouve toujours des protagonistes à la psychologie travaillée qui se révèlent efficaces et prenants. Surtout que pour le pays cette histoire est terminée, tout comme la guerre, il veut tourner la page et chercher à oublier une période sombre ; le ménage a été fait et maintenant il faut passer à autre chose. On se retrouve donc avec une histoire de vendetta qui vire au drame personnel pour se terminer à travers une conclusion, selon moi, réussie et pleine de surprises.

Les graphismes se révèlent toujours aussi réussis, efficaces, entrainants et surtout évoluent en même temps que les personnages qui vieillissent tout en les rendant toujours aussi vivants et attachants à travers leurs émotions, fidèlement retranscrites, leurs expressions et leurs non-dits. Chaque trait, chaque moue possède son importance. L’ensemble se révèle aussi clairement maîtrisé par le dessinateur, avec des décors  et une ambiance qui viennent s’ajouter à la tension qui se dégage au fil des pages. Au final ces deux derniers tomes concluent ce cycle de façon aboutie. Une excellente série intelligente,  pleine d’émotion et de surprise, sur un personnage des plus ambigus et qui nous rappelle que la guerre n’a pas été que blanche ou noire, qu’il a fallu faire des choix et qui soulève la question de savoir ce que le lecteur aurai fait à la place du héros.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec les deux derniers tomes concluant de façon réussie et efficace cette série. La tension monte au fil des pages, la fin de Joseph Joanovici est proche, mais pas là où on le croit, plutôt dans les mains d’un petit juge de Melun. Entre violence et trahisons les deux hommes vont tout donner, selon leurs idéaux, pour s’en sortir, le tout dans une France d’après-guerre saisissante qui cherche d’abord à se reconstruire, même si cela doit passer par des compromis, avant de tenter de tourner la page et d’oublier pour mieux avancer. Les personnages sont toujours aussi denses et le changement de narration permet ainsi de, parfois, mieux comprendre certains protagonistes. Les graphismes sont très réussis, que ce soit à travers les émotions des personnages, les décors et les lieux, ou bien encore dans l’ambiance qui se révèle sombre et haletante. Un cycle qui nous permet de découvrir la vie ambigüe de Jospeh Joanovici, en pleine guerre et après, mais qui laisse le lecteur tirer lui-même les conclusions des décisions que le héros prend et surtout de se poser la question de savoir ce qu’il aurait fait à sa place.

 

Ma Note : 8,5/10

Hysteresis – Loïc Le Borgne

Résumé : Le temps a filé depuis la Panique, la grande, l’incommensurable débâcle qui a couru sur le monde, balayant jusqu’au dernier rêve d’une humanité autocentrée… Le temps a passé, oui, et il a fallu reconstruire comme on a pu. Essayer, en tout cas, et au prix fort : celui du savoir, bien sûr, mais aussi celui de l’espérance… Et quand Jason Marieke arrive à Rouperroux, misérable village accroché à sa survie précaire, lui, l’ancien, celui d’avant la Panique, homme en quête doté de connaissances mystérieuses et aux questions qui dérangent, alors semble sonner l’avènement d’une ère nouvelle, celle des réponses et du cortège d’horreurs qui les accompagne…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Ce livre me faisait envie depuis que j’ai découvert sa superbe couverture, illustrée par Aurélien Police, qui se révèle sombre et sauvage. Le quatrième de couverture, annonçant un roman post-apocalyptique, ainsi que les différentes chroniques que j’ai vu apparaitre sur internet ont ajoutés à mon envie de faire entrer ce roman dans ma PAL et de le lire rapidement, même si j’ai eu une légère appréhension sur le fait qu’il s’agissait du premier roman « adulte » de l’auteur plus habitué à écrire pour la jeunesse.

Finalement cette appréhension a très vite disparu et j’ai été rapidement happé par cette histoire d’un homme qui a traversé le monde pour rentrer chez lui et découvrir que son ancien village à complètement changer. Une histoire certes post-apocalyptique, mais concentré sur la vie d’un village, sur leurs évolutions et leurs façons de survivre, malgré un retour en arrière. Cela n’empêche pas non plus l’histoire de se révéler terriblement efficace, bien rythmé et entrainante. Je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus sur la mystérieuse quête de notre héros qui va aussi soulever de nombreuses interrogations, ainsi que sur ce village à l’ambiance à la fois sectaire, sauvage et rempli de douleurs. L’auteur maîtrise parfaitement son histoire qu’il construit en trois actes, faisant monter la tension et les révélations au fil du récit de façon efficace et passionnante, avec son lot de surprises et de rebondissements. Le tout est aussi porté par une narration que j’ai trouvée intéressante, mélangeant le récit classique avec des morceaux de journaux intimes, variant parfois les points de vue, le tout mâtiné de chants et de poèmes par moment touchants, marquants, qui collent parfaitement au récit.

L’univers présenté se révèle lui-aussi parfaitement réussi, préférant se consacrer pleinement à la façon dont la civilisation à évoluer suite à la grande catastrophe plutôt que de se consacrer à la catastrophe elle-même dont on ne sait finalement pas grand-chose voir un road-trip. On se retrouve alors plongé dans un petit village, vivant comme au moyen-âge, vouant un culte aux arbres et haïssant leurs ancêtres qui ont laissé la planète mourir sans rien faire, ni réagir. Un univers très sombre où la violence et le rejet sont très présents, principalement vis-à-vis justement de ces anciens mais aussi de ceux qui ne respectent pas les règles. Un monde qui s’est finalement refermé sur lui-même, retournant vers le passé, mais aussi vers l’obscurantisme, reniant tout ce qui peut amener l’homme à réfléchir à posséder son propre point de vue et sans réfléchir non plus à l’idée que certaines évolutions et technologies peuvent être bonnes, rejetant tout cela. Mais c’est aussi un monde un peu mystique, un peu troublant, avec ces fées, que seuls les enfants ont l’air de voir, ces êtres mystiques qui considèrent toute avancée comme mauvaise et pouvant les tuer. L’auteur arrive facilement, avec des mots simples, à créer un parallèle fascinant et inquiétant entre ceux qui sont nés après la catastrophe et ceux qui ont connu le monde d’avant qui ont l’ancienne connaissance, l’ont jugée et veulent en récupérer le meilleur pour reconstruire. L’auteur démontre aussi que finalement l’Homme reste fidèle lui-même et qu’il est toujours prêt à tout pour conserver le peu de pouvoir qu’il possède et que tout ce qui vient ébranler ce socle lui fait peur.

Les personnages sont une des grandes forces du récit, se révélant profonds, riches et soigné, mais surtout se révélant finalement humains que ce soit aussi bien dans le meilleur comme dans le pire. Chacun possède ses propres raisons d’être ce qu’ils sont devenus, chacun a été obligé d’évoluer face à la peur et à la violence qui a pris le monde lors de la grande catastrophe. Mais surtout l’auteur nous montre une humanité aux multiples visages avec des hommes qui préfèrent garder le silence devant certains qui crient plus forts que les autres, des hommes qui ont peur, des hommes qui rêvent aussi ou encore des hommes qui ont une vision d’avenir. On retrouve aussi l’amour, un amour impossible et improbable qui ne tombe jamais dans la mièvrerie et vient apporter un léger rayon de soleil au récit.

Chaque personnages possède sa propre facette avec ses doutes et ses forces entre Jason le conteur qui par son chant , ses histoires et ses poèmes paraît un doux rêveur mais qui au final cache une certaine violence en lui, Romain le jeune narrateur qui ne sait pas trop où se situer et qui va se retrouver chambouler dans ses conviction par l’étranger ou bien encore Aurore la guérisseuse qui considère que le monde d’avant mérite d’être complètement oublié et qui cache une sombre colère, mais aussi les jumelles, Mélusine et Mélopée, qui vouent un culte aux fées et qui se révèlent à la fois dérangeante, surréalistes et parfois à la limite de la folie et de la manipulation. On se reconnait en partie dans chacun de ces héros qui nous font réfléchir sur l’avenir et sur nous-même.

Au final un très bon roman de post-apo, un peu intimiste, réfléchi et se révèle même; limite; un dernier appel sur un monde qu’on laisse mourir, même si finalement certains points m’ont quand même dérangés. Je pense principalement aux dialogues, le héros revient des USA et utilise donc facilement des expressions anglaises comme par exemple « Shit » dès qu’il y a un problème, mais voilà quand, vers la fin, tout va mal, et qu’on retrouve l’expression parfois utilisé 3 à 4 fois par pages ça devient lassant ; de plus l’auteur a une façon bien à lui de présenter les dialogues qui doit sûrement représenter une évolution de la narration, mais qui m’a laissé perplexe tout du long. Autre point qui m’a un peu frustré c’est la conclusion, elle monte clairement en tension au fil des pages, s’approchant de plus en plus de la limite de rupture entre deux visions  concernant l’évolution du monde, c’est sombre et parfois pessimiste, j’ai été vraiment pris dedans et là arrive un deus ex machina qui vient inverser la tendance. La conclusion reste bonne, mais pourquoi ce retournement de situation qui offre une fin un peu plus heureuse. C’est un choix de l’auteur, à chaque lecteur de voir ce qu’il en pense.

La plume de l’auteur se révèle fluide, efficace et nous entraine avec facilité dans ce village paisible qui cache de terrible secrets. Surtout il nous plonge dans un univers grave et fascinant, nous posant la question de savoir ce qu’on laisse aux générations futures et ce qu’elles vont penser de nous. À noter aussi que le roman porte bien son nom, finalement, je vous laisse découvrir pourquoi. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre et je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire post-apocalyptique qui nous plonge dans un village, aux abords paisibles, mais qui cache de terribles secrets. L’intrigue se révèle efficace et bien mené avec son lot de surprises, faisant monter la tension au fil des pages et happant le lecteur. L’univers construit se révèle sombre, sauvage, où l’humanité a régressée suite à une grande catastrophe et qui nous fait réfléchir sur le devenir de notre monde ainsi que sur la force, parfois facile, de l’obscurantisme sur les populations. Les personnages se révèlent denses, humains et surtout intéressants, on peut ne pas tous les apprécier, mais on les comprend. L’auteur offre aussi un parallèle saisissant entre l’ancienne génération qui a laissé faire, là ou la génération d’après est obligée de subir. Je reproche juste que l’auteur utilise un peu trop par moment des expressions anglaises, genre retrouver 4 à 5 fois « shit » sur une page, mais aussi une façon de présenter les dialogues qui ne m’a pas accroché et enfin je trouve légèrement frustrant le deus ex machina de fin. Rien de bien méchant non plus. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante captant le lecteur rapidement. En tout cas je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Louve, Igguk, Cornwall, …

Fiction n°19

Edition : Les Indés de L’Imaginaire

 

 

 

 

 

Mon Avis : Après avoir sorti les Bifrost qui traînaient dans ma bibliothèque (et il en reste encore, ainsi que d’autres magazines), j’ai décidé aussi de découvrir la nouvelle formule de Fiction. J’ai donc rapidement fait rentrer dans ma PAL le n°18, mais aussi, il y a peu, le n°19. Comme je suis quelqu’un de logique j’ai donc, bien entendu, commencé par lire le dernier numéro, le n°19. Il faut dire que le sommaire me tentait vraiment avec deux entretiens croisés, un entre Anne Fakhouri & Ian McDonald et un autre entre Fabrice Colin & Serge Lehman, des articles ainsi que près de 200 pages de nouvelles. À noter la magnifique couverture illustrée par Aurélien Police que je trouve accrocheuse.

Le Bout du Chemin de Robert Silverberg : J’ai fais l’impasse sur cette nouvelle. Étant donné qu’elle est présente dans le recueil Dernières Nouvelles de Majipoor que je veux lire, j’ai donc préféré la découvrir à ce moment-là. D’ailleurs je trouve dommage qu’une nouvelle d’un recueil qui vient de sortir se retrouve dans le magazine même si j’en comprends le côté marketing.

Chienne de Robert Darvel : J’avoue, je n’ai pas accroché à cette nouvelle. J’en comprends bien le message que cherche à faire passer l’auteur, montrant l’évolution d’une société qui tend vers une sexualisation extrême, comme on a pu le voir avec Britney ou encore Miley, une transformation qui tendrait vers le néant et le vide d’une simple image éphémère. Problème, l’auteur le dit lui-même le puritain l’indiffère et a de la tendresse pour l’explicite, il cherche donc à secouer le lecteur, à pourquoi pas le choquer par des scènes crues et c’est là que le texte n’a pas marché avec moi, car il ne m’a ni choqué ni même fait vibrer. Par conséquent le message en perd de son intérêt, a eu du mal à passer et je n’y ai vu plus qu’une simple débauche qui m’a laissé indifférent. Au final, pour apprécier ce texte, je pense que tout va dépendre comment le lecteur se positionne vis-à-vis du ton utilisé.

Avec le Temps de Kate Wilhelm : Cette nouvelle est la plus longue du recueil et je l’ai trouvé agréable et plutôt sympathique. Elle nous plonge auprès d’une équipe de journaliste menant une enquête sur une famille recluse, qui a bâti sa fortune sur des intuitions un peu trop parfaites. L’intrigue se révèle intéressante, bien mené avec des rebondissements et des retournements de situations efficaces et maîtrisés, même si globalement l’histoire reste tout de même assez linéaire. Le récit possède pas mal d’idées originales, comme cette narcolepsie bien particulière, ou cette folie qui vient toucher cette famille. Mais voilà selon moi cette histoire mériterait d’être plus développé, pourquoi pas dans un roman, ce qui permettrait d’éviter certains raccourcis facile, certains aspects un peu trop simpliste, mais aussi offrir des personnages un peu plus consistants, car il est parfois difficile de comprendre les choix ou l’acharnement de certains.

Adjudication Positive de James Morrow : Cette nouvelle nous emmène aux côtés dans une patrouille intergalactique de la vertu, venue corriger une anomalie aux États-Unis, en pleine période esclavagiste des années 1800. Rien ne va se passer comme prévu. J’ai trouvé le texte vraiment divertissant, satirique et ironique par le parallèle entre ce peuple alien vertueux et une humanité qui est loin de toujours l’être avec nombreuses failles, ce qui amène des dialogues plutôt cocasses le tout porté par un style assez efficace. Un texte qui ne cherche qu’à divertir et qui remplit son rôle de façon efficace même si, finalement, il rentre dans les vite lu, vite oublié.

Code 666 de Michael Reaves : Cette nouvelle nous propose une histoire fantastique où un chauffeur d’ambulance va voir sa vie chamboulée après avoir été percutée par un chauffard ivre. Un texte qui trait de la mort, de fantômes et de la vie après la mort, faisant monter doucement la tension au fil des pages, le tout agrémenté de quelques frissons, malgré parfois des passages un peu confus. Un texte que j’ai trouvé au final très sympathique bien porté par une plume efficace, même si la conclusion m’a parue un peu convenue et un peu trop rapide malgré quelques bonnes idées.

Petites Villes de Felicity Shoulders : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin de deux personnages : une jeune fille ne mesurant qu’une vingtaine de centimètres, née après la fin de la seconde guerre mondiale et qui ne peut vivre sa vie, cachée par sa mère pour la protéger d’un monde qui a prendrait pour un monstre ; ainsi que celui d’un fabricant de jouet qui cherche sa place dans un monde moderne et en pleine évolution, le tout sous forme de conte. Le monde que nous dévoile l’auteur se révèle vraiment captivant et d’une certaine façon féérique et bien retranscrit par des descriptions efficaces. L’histoire se laisse lire facilement, un peu comme un bonbon doux qu’on savoure. Je regrette juste que les personnages manquent de profondeur et que certains aspects, qui auraient pu densifier l’histoire, restent à l’état d’ébauche.

Et in Arcadia ego de Estelle Faye : Je n’avais encore jamais lu une de ses nouvelles et je dois dire que je ressors encore une fois conquis. L’auteur possède toujours cette plume vivante et magnifique qui fait qu’on se retrouve emporté dans son univers magique. L’histoire qu’elle nous raconte ici c’est le récit d’un jeune homme, perdu au milieu d’une guerre qu’il ne comprend pas, ancien joueur de MMORPG qui va se reconnecter à son jeu et y retrouver un but et la beauté d’un monde inconnu. On retrouve ici un véritable appel au voyage, à la liberté et à l’imagination où chacun tente, à travers son imagination à rêver et rendre sa vie un peu meilleure. Un texte touchant et efficace même si la fin est facilement devinable. En tout cas Estelle Faye prouve qu’elle est une des plumes de l’imaginaire français qui monte et dont je lirai d’autres textes avec grand plaisir.

Lun’ D’Argent de Steven Utley : Cette nouvelle nous propose de mélanger passé et futur grâce à la possibilité de voyager dans le temps. Un scientifique, qui croit aux extra-terrestre, décide donc de se payer un voyage avec sa fortune pour découvrir l’ère Paléozoïque. Un texte où les personnages se révèlent vraiment intéressants, avec leurs failles, leurs forces, ainsi que les combats qu’il mène envers eux-mêmes et face aux autres mais qui surtout se révèlent attachants. L’auteur ouvre aussi à la réflexion avec  question de l’influence de races aliens dans l’évolution de l’homme par ce scientifique marginal, mais qui pourtant possède de solide théories, face au rejet de sa profession devant ce qu’ils considèrent comme un rêve de gosse. J’ai, par contre, trouvé la fin trop abrupte, certes elle ouvre sur l’espoir et le soutien, mais ne répond finalement qu’à peu de questions, comme si l’auteur avait prévu d’écrire une suite.

La Tête aux Souhaits de Jeffrey Ford : Ce texte nous plonge au milieu d’une Amérique des années 30, on suite un coroner appelé pour examiner le corps d’une femme flottant dans une rivière, un étrange sourire aux lèvres. L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment vivant, vibrant et efficace, ajoutant une certaine tension à l’ensemble. Le personnage se révèle vraiment dense et riche, ancien militaire, revenu de la première guerre mondiale un pied en moins, une prothèse en porcelaine et hanté par des douleurs fantômes, qui tente d’avancer et de survivre. Le tout est mâtiné d’un folklore assez troublant, original et convaincant qui rappelle que parfois tous les souhaits ne sont pas bons à faire. Une nouvelle réussie selon moi.

Il y eut un Soir, Il y eut un Matin de Sonia Quémener : J’avoue que je ressors de cette nouvelle avec un sentiment plus que mitigé, je pense que l’auteur a voulu trop en faire mélangeant trop d’idées et de concepts, rendant l’ensemble de son texte brouillon. On suit ici une famille qui décide d’aller vivre dans un univers figé au quatrième jour de la création, car oui les premières explorations temporelles ont montré que l’univers a finalement été crée de façon biblique. L’auteur nous propose ici clairement un texte acerbe sur la surutilisation de la technologie, la science, la religion et aussi sur les différents contrats qu’un homme peut signer avec ses nombreuses clauses et chartes souvent traitres. Le soucis c’est que l’auteur essaie de mettre trop de chose à mon goût oscillant entre le texte de SF divertissant, tout en y ajoutant un peu de folie et aussi un peu de hard science avec du Planck et de la théorie des cordes. De plus, pour vraiment rentrer dans le texte faut accepter que l’auteur jette aux orties la théorie de l’évolution comme ça. Au final un texte que j’ai trouvé désordonné avec des personnages un peu stéréotypés par moments ainsi que certaines révélations convenues, mais qui m’a tout de même fait sourire par moment.

 

Concernant le reste du magazine, il se révèle efficace et passionnant avec deux interviews croisés, une entre Anne Fakhouri & Ian McDonald sur l’Irlande, la magie, la littérature ou encore le rock et une, peut-être plus classique, entre Fabrice Colin & Serge Lehman, sur le processus de création ou encore la dépression. Les articles de fond ne manquent pas d’attrait se révélant soignés et documentés avec en sujet le gulf-futurism, l’hyper espace et le temps détourné. De L’autre Côté du Miroir propose plusieurs photographies que j’ai trouvé réussies de plusieurs héros tournés un peu Steampunk. Par contre je n’ai pas vraiment accroché aux différents strip de BD qui parsèment le magazine, ce n’est pas mon truc je pense. Au final un magazine que je trouve réussi, aussi bien sur le fond que sur la forme, et qui propose des nouvelles, certes pas toutes aux mêmes niveaux, avec du bon et du moins bon, mais qui, dans l’ensemble, se laissent lire et se révèlent plaisantes.

Ma Note : 7/10 (Note ne reposant que sur les nouvelles)

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