Mois : août 2014 (Page 1 of 3)

Mes Achats du Mois d’Août 2014

Vu qu’au mois de uillet mes envies de limiter mes achats cet été se sont effondrées et vu que durant ce mois d’Août je suis passé par Paris, j’ai donc décidé d’oublier l’idée de limiter ma PAL. Ce sont donc 11 livres qui rejoignent ma PAL ce mois-ci.

Voilà ce qui a donc fait gonfler ma PAL pour ce mois d’août 2014:

  • L’Éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory aux éditions Le Bélial’. Tout me donne envie de découvrir ce livre que ce soit son résumé comme sa couverture.
  • Après la Chute de Nancy Kress aux éditions Actu SF. Un roman post-apocalyptique au résumé accrocheur, je n’allais pas manquer cela.
  • Moxyland de Lauren Beukes aux éditions Presses de la Cité. Je n’ai encore jamais été vraiment déçu par un roman de l’auteur, je me suis donc laissé tenter par son dernier livre publié en VF qui se révèle être son premier roman.
  • The Rook : Au Service Surnaturel de sa Majesté de Daniel O’Malley aux éditions Super 8. Le résumé se révèle accrocheur et après avoir vu passer de bons échos sur ce livre, je me suis laissé tenter.
  • Les Contes de Magatama Tome 1, La Fille de L’Eau de Noriko Ogiwara aux éditions Eclipse. J’avoue je me suis laissé tenter par ce roman premièrement par sa couverture, que je trouve réussi, puis par son quatrième de couverture qui annonçait quelque chose d’assez onirique.
  • L’Arcane des Epées, Intégrale 2 de Tad Williams aux éditions Pocket. Après avoir lu l’intégrale 1 je me suis donc rapidement laissé tenter par cette seconde intégrale.
  • La Route de la Conquête de Lionel Davoust aux éditions Critic. C’est sans surprise que ce livre a rejoint ma PAL tant j’avais de retrouver l’univers d’Evanégyre.
  • Chroniques du Grimnoir Tome 3, Foudre de Guerre de Larry Correia aux éditions L’Atalante. Après deux premiers tomes qui se révélaient efficaces, voici le dernier tome de cette série.
  • Le Meilleur des Mondes Possibles de Karen Lord aux éditions Eclipse. J’ai longtemps hésité à faire rentrer ce livre dans ma PAL, tant le résumé annonce un livre qui peut soit m’accrocher soit m’ennuyer, mais j’ai décidé de lui laisser sa chance.
  • Les Annales du Disque-Monde Tome 5, Sourcellerie de Terry Pratchett aux éditions Pocket. Je continue ma plongée dans cet univers loufoque et efficace.
  • Martyrs, Livre 2 d’Olivier Peru aux éditions J’ai Lu. Après un premier tome réussi j’avais hâte de voir ce qu’allait nous proposer l’auteur.

Encore une fois, un mois bien rempli en acquisition, avec de bonnes lectures en perspectives, même si ma PAL continue à grandir. À voir si je reste calme en septembre.

Stark et les Rois des Etoiles – Leigh Brackett & Ray Bradbury & Edmond Hamilton

Résumé : « Enfin, les vaisseaux promis arrivèrent.
Stark les contempla sur les écrans lorsqu’ils jaillirent du néant. Shorr Kan les lui détaillait. Les escadrons du royaume de Fomalhaut, blasonnés d’un soleil blanc à la proue. Les nefs de Rigel, de Déneb, d’Algol, d’Altaïr, d’Antarès, de Véga. Les flottes des lointains royaumes de la Lyre, du Cygne, de Cassiopée, du Lièvre, du Corbeau, d’Orion. Les navires des barons d’Hercule, à l’enseigne de l’amas doré. Et ainsi de suite, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les oreilles du Terrien résonnent de noms d’étoile et qu’un vertige le saisisse devant l’ampleur de ce rassemblement.
En dernier, ce furent les vastes ombres mouvantes de la guerre interstellaire, les gigantesques croiseurs de l’Empire, et les flottes entières des Rois des étoiles, venues se masser devant le Voile de Dendrid, au point de poudroyer l’espace. »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Leigh Brackett fait partie de ses auteurs qui ont marqué à leur époque la science-fiction ainsi que l’imaginaire en général et dont je dois bien avouer je n’ai encore lu aucun textes. Elle est principalement connue pour avoir créée le héros Eric John Stark, personnage charismatique qu’on retrouve d’ailleurs dans la majorité des textes de ce recueil et que j’avais énormément envie de découvrir. Mais voilà, j’aurais pu me laisser plutôt tenter par Le Grand Livre de Mars, plutôt que par celui-ci, mais j’avoue je n’ai pas trop réfléchi et j’ai été rapidement conquis par la magnifique couverture d’Elian Black’mor. Je pense d’ailleurs que même si je n’avais jamais entendu parler du héros, j’aurai craqué pour la couverture. Ce recueil comporte six textes accompagnés de six illustrations de Philippe Caza ainsi qu’un avant-propos de Pierre-Paul Durastanti et une préface de Edmond Hamilton, mari de l’auteur.

Lorelei de la Brume Rouge de Leigh Brackett & Ray Bradbury : Cette nouvelle, la préface nous informe qu’elle possède une histoire un peu particulière, il s’agissait d’une commande de l’auteur mais comme elle était trop occupée par son travail sur un scénario de film elle a donc demandé à Ray Bradbury de terminer le texte. La première moitié est donc écrite par Leigh Brackett et la seconde par Ray Bradbury. Ce texte est aussi un peu à part dans ce recueil, car il nous fait découvrir Hugh Starke et non pas Eric John Stark. Prémisse du héros ou lointain cousin? En tout cas le récit nous fait découvrir le héros en fuite après un braquage et qui suite au crash de son vaisseau va se retrouver en plein milieu d’une guerre dont il ne connait rien. On retrouve clairement un texte d’époque avec des personnages qui se révèlent charismatiques, aventuriers et vont devoir faire face à des aventures qui, souvent, les dépasse et vont alors devoir offrir le maximum d’eux-même pour s’en sortir et sauver les siens. C’est clairement divertissant et efficace, on tourne les pages avec grand plaisir même si l’aspect linéaire enlève un peu le côté surprenant et qu’on devine facilement la fin. On notera par contre un petit clin d’œil, selon moi, à Robert E. Howard.  La représentation de Vénus de l’auteur se révèle clairement magnifique et flamboyante, même si bien entendu erroné aujourd’hui. En tout cas cette vénus donne envie d’être découverte.

Magicienne de Vénus de Leigh Brackett : On se retrouve avec ce texte de nouveau sur vénus, mais cette fois c’est Eric John Stark qui va nous guider et va devoir aller sauver un de ses amis disparu dans un village qui cache bien des secrets. Stark va alors devoir lutter face à une famille dirigeante qui a sombré dans une douce folie et qui depuis des générations sont à la recherche d’un secret caché dans la région. De nouveau l’auteur nous propose un texte divertissant, sans temps morts qui se laisse lire avec plaisir et nous fait découvrir un coin de vénus plus sombre, angoissant, mais toujours aussi bien décrit et fascinant par certains aspects. Le tout est bien porté par des personnages intéressants et percutants. Je reproche par contre certains passages un peu long, principalement quand elle tente une introspection sur la famille Lahri. Au final un texte très agréable et efficace.

Stark et les Rois des Etoiles de Leigh Brackett & Edmond Hamilton : Concernant cette nouvelle elle lie deux univers, celui de Eric John Stak de Leigh Brackett et celui des Rois des Etoiles de son mari Edmond Hamilton. Un texte qui se révèle finalement plus Space-Opera que Planet-Opera comme les autres qui composent ce recueil. Pourtant j’avoue n’avoir que moyennement accroché à ce texte. Les autres textes ont beau se révéler classiques dans leur construction, ils possédaient leurs propres voix, alors que celui-ci me parait accumuler un peu trop de poncifs avec ce héros solitaire sauveur de l’univers, sans véritable réflexion de fond, où la puissance va bien entendu tout débloquer. L’ensemble reste fluide et efficace, mais je n’ai jamais réussi à complètement rentrer dedans. Dommage, car les personnages se révélaient vraiment intéressant et la rencontre entre Stark et Shorr Kan possédait un sacré potentiel qui ne restera au final que virtuel.

À noter que les trois textes qui suivent sont liés et peuvent être considérés comme une trilogie de Skaith.

L’Étoile Rousse de Leigh Brackett
Les Chiens de Skaith de Leigh Brackett
Les Pillards de Skaith de Leigh Brackett

J’ai décidé de ne faire qu’une seule chronique sur ces trois textes pour éviter de trop spoiler. Cette trilogie envoie Stark sur Skaith à la recherche de son père adoptif qui y est retenu contre son gré. . On comprend alors que le pouvoir de Skaith refuse le voyage dans les étoiles pour éviter d’y perdre leur puissance. Il va aussi alors rapidement se rendre compte qu’une prophétie repose sur lui. J’avoue que cette trilogie se révèle, dans son ensemble, un bien joli morceau, efficace, haletant, où on ne s’ennuie pas un seul instant, l’auteur manipulant les rebondissements et les surprises de façon clairement efficace et réussi poussant le lecteur à alors tourner les pages pour voir comment ils vont s’en sortir.

La planète de Skaith se révèle a elle toute seule un des points forts de cette série, que ce soit par la complexité des peuples qui y sont présentés, leurs envies, leurs souffrances, leurs décadences, leurs besoins ou encore par les lieux et les architectures. C’est une planète entière qu’elle nous fait découvrir où chaque peuple, chaque personnage croisé possède sa propre vision de la vie, du monde et va alors retrouver toutes ses croyances chamboulés devant l’arrivée de cet homme des étoiles qu’est Stark. L’auteur nous offre alors une véritable réflexion sur le changement, la façon de l’aborder, la peur qu’il amène obligatoirement et ici avec le voyage stellaire toutes les transformations qu’il va forcément apporter. Alors c’est vrai que c’est parfois un peu facile, les idées sont un peu simplistes et amené parfois avec un certain manque de finesse, mais elles permettent en tout cas aux textes d’être un peu plus que de simples récits d’aventures.

Le personnage principal de Stark se révèle clairement intéressant, principalement dans sa dualité qui le gouverne, à la fois homme sauvage et civilisé. Il possède assez de charisme pour happer le lecteur au fil des pages et de ses aventures malgré c’est vrai une construction d’époque qui ne plaira pas à tout le monde avec un héros sans peur et sans doutes, qui avance toujours sans se retourner ni réfléchir vraiment à ses actes. Ce qui est un peu dommage c’est que le côté énergique du récit l’emporte sur la construction des personnages secondaires qui manquent parfois de profondeurs ou disparaissent au fil des tomes, je pense principalement ici au personnage de la devineresse qui possédait un énorme potentiel selon moi et qui pourtant s’impose de moins en moins dans Les Chiens de Skaith et Les Pillards de Skaith.

Autre point intéressant c’est la façon dont l’auteur construit son récit, principalement dans les deux premiers tomes, transformant une épopée héroïque où le personnage principal est vu comme un sauveur à une suite beaucoup plus sombre où le sauveur devient le banni, le rejeté, le démon qui vient tout détruire. On a une véritable évolution dans l’ensemble qui fait qu’on ressent alors moins la linéarité dans la construction du « j’avance, un obstacle, je l’abats, j’avance » et qui permet clairement de se sentir plus passionné par cette histoire. Le troisième tome m’a paru par contre un cran en dessous car, même s’il apporte des moments tragiques et efficaces, de l’action et des rebondissements ainsi qu’une réflexion sur l’homme qui reste toujours fidèle à lui-même, il permet trop facilement à l’auteur d’offrir une fin comme elle l’entend à son cycle de Skaith. Il n’est pas mauvais, juste moins fascinant que les deux premiers.

 

Quand on ouvre ce livre il faut savoir à quoi on s’attend. Ces histoires ont été écrites durant l’âge d’or de la SF et proposent des héros charismatiques, qui savent se battre, toujours droit dans leurs bottes et qui vont se retrouver dans des situations pleines d’aventures, d’action et sans temps morts. Si on cherche de la SF peut-être plus nuancé, plus réfléchi alors passez votre chemin. Si vous cherchez plus une SF divertissante, bourré d’adrénaline, mais qui offre aussi des réflexions avec des rencontres percutantes et des lieux magnifiques par l’imagination de l’auteur, alors laissez vous tenter par ce livre qui, sans se révéler un chef-d’œuvre, remplira clairement son rôle. D’ailleurs on sent bien que l’auteur a été scénariste reconnu à Hollywood, la gestion de l’ensemble est vraiment réussie. En tout cas moi c’est ce que je cherchai en l’ouvrant et je dois bien avouer que je ne suis pas déçu de ma lecture. Je pense même faire rentrer prochaine Le Grand Livre de Mars dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui propose de découvrir six histoires de Science-Fiction, pleines d’aventures, d’action, sans temps morts et qui se lisent facilement se révélant clairement divertissantes. Certains aspects ont peut-être un peu vieilli, certains textes sont peut-être un peu trop linéaires et les personnages, dont le personnage principal paraissent parfois légèrement stéréotypés, mais pourtant l’auteur arrive, à travers ses différents récits, à nous faire réfléchir, à nous faire tourner les pages et surtout principalement à nous faire voyager sur des planètes qui possèdent toutes une certaine beauté et donnent envie d’être découvertes. Si vous cherchez des textes remplis d’adrénalines et d’aventures, le tout dans des lieux exotiques avec des personnages percutants et charismatiques alors ce livre est pour vous. Si vous cherchez quelque chose de plus nuancé, alors passez votre chemin. Au final six textes de l’âge d’or de la SF qui se lisent facilement et se révèle plus qu’agréable, je me laisserai d’ailleurs maintenant bien tenter par Le Grand Livre de Mars.

 

Ma Note : 7,5/10

Incubes – Anthony Holay

Résumé : Ce couple, qui vient tout juste de perdre leur enfant, décide d’aller passer une semaine isolés du monde dans un charmant chalet de montagne.
Tandis que la femme fait son deuil tant bien que mal, lui aperçoit des formes qui rôdent autour de la maison en pleine nuit.
Un huis-clos térrifiant qui confronte l’Homme à ces ombres incertaines que la nuit fait danser devant ses yeux…
Une novella d’horreur qui ravira les amateurs du genre.

Edition : House Made Of Dawn

 

Mon Avis : Cela fait bien longtemps que je ne me suis plus laissé tenter par des textes qui lorgnent du côté de l’angoissant. Quand on m’a proposé de découvrir cette nouvelle, j’avoue m’être facilement laissé tenter par un quatrième de couverture qui se révélait accrocheur ainsi que par une illustration de couverture que je trouvais plutôt réussi. Avant de me lancer dans la lecture de ce texte je dois avouer que je ne connaissais rien concernant l’auteur, d’ailleurs je crois qu’il s’agit même d’un de ses premiers écrits publié.

Je dois bien admettre, une fois ma lecture terminée, que pour un premier texte il y a clairement du potentiel. Il connait ses classiques de l’horreur et sait les réutiliser, plongeant alors le lecteur dans ce huit-clos sombre, perdu en plein milieu de cette montagne avec ce couple en pleine reconstruction. La tension monte crescendo au fil des pages pour happer le lecteur dans un récit où l’irrationnel se retrouve à se mélanger à la réalité, où horreur et l’angoisse se mettent alors à gagner lentement le lecteur. L’auteur arrive vraiment à retranscrire cette ambiance sombre et glaçante, nous plongeant dans la douce folie qui se met à prendre le narrateur, qui va alors tout faire pour tenter de s’en sortir, sans non plus plonger dans l’accumulation ou le gore gratuit. C’est vraiment le point fort de cette nouvelle, ce malaise qui est distillé lentement au cours de la lecture, même si c’est vrai l’ensemble reste tout de même assez linéaire et sans véritable surprise pour peu qu’on ait un minimum de bagage dans ce genre de littérature. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler un minimum prenant.

Malgré cet aspect horrifique vraiment captivant et passionnant je trouve par contre que l’ensemble pêche par certains autres aspects. En effet j’ai trouvé qu’il se consacrait trop à son aspect horrifique, à faire monter la tension et à essayer de surprendre le lecteur au point qu’il en oublie un peu le reste, ce qui est quand même dommage. Pour moi une nouvelle horrifique se construit par palier, des passages angoissants qui vont faire frissonner le lecteur, mais aussi des passages plus calmes qui offrent un peu de répit permettant de développer et densifier l’ensemble, que ce soit aussi bien l’univers que les personnages. Ici l’auteur oublie clairement ces passages plus explicatifs, plus calmes, plus constructeurs, ce qui fait que les personnages manquent clairement de consistances pour accrocher le lecteur. L’ensemble parait manquer surtout par moments de cohérence, justement parce que l’auteur ne cherche pas toujours à y apporter des clarifications ce qui est frustrant. Quelques pages de plus pour épaissir les héros, les rendre plus humains et permettre de mieux comprendre quelques actes auraient vraiment permis à l’ensemble d’être beaucoup plus efficace.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, plutôt entrainant et épuré même si on sent clairement qu’il doit encore être travaillé, principalement sur certains passages où il en fait un peu trop comme certaines métaphores légèrement pompeuses ou certaines expressions qui passent mal à l’oreille. Un meilleur travail d’édition aurait peut-être permis une meilleure fluidité dans l’écriture. Autre point qui m’a légèrement dérouté c’est que l’auteur ne donne pas l’impression de s’être vraiment imprégné de son personnage, il y a un certain décalage entre ce qu’il écrit dans sa narration en forme de journal, principalement sur la relation entre sa femme et lui, et le traumatisme qu’ils ont l’air d’avoir vécu. Au final une nouvelle comme je l’ai dit avec du potentiel, qui arrive à captiver par son ambiance et son aspect horrifique, mais qui aurait mérité plus de pages et d’être plus travaillé sur la forme pour vraiment captiver.

En résumé : Je ressors donc de ma lecture avec un léger sentiment mitigé. Il y a clairement du potentiel dans cette nouvelle, principalement dans la mise en place de cette ambiance assez angoissante et horrifique, ainsi que dans la capacité de l’auteur à faire monter la tension au fil des pages. Le problème c’est que, pour moi, une nouvelle dans le genre de l’horreur doit être un peu plus que de simples passages angoissants. Ici il manque clairement une certaine densité, que ce soit dans l’univers comme dans les personnages, ce qui est dommage et offre même certaines fois une impression d’incohérence. Alors on se laisse tout de même porter par ce texte, par son côté efficace, malgré un aspect, c’est vrai, linéaire et prévisible pour peu qu’on s’y connaisse, mais voilà il manque de la profondeur pour qu’il passe un cran au-dessus. Le style de l’auteur se révèle simple, entrainant même si on le sent encore jeune cherchant à trop en faire, principalement par des métaphores un peu guindés ou des phrases qui passent mal à l’oreille. L’auteur a en tout cas piqué assez ma curiosité pour me laisser, pourquoi pas, tenter par ses prochains textes.

 

Ma Note : 6/10

Parmi les Tombes – Tim Powers

Résumé : Londres, 1862. Une ancienne prostituée nommée Adelaïde frappe à la porte de John Crawford, dont elle a croisé la route autrefois. La fillette née de leur brève union aurait survécu. . . mais son âme est prisonnière d’un spectre vampirique.
Ce monstre assoiffé de sang n’est autre que John Polidori, jadis médecin de Lord Byron, le scandaleux poète. Le passé de Crawford et d’Adelaïde est lié au monde des ombres, faisant de leur enfant un trophée convoité par l’esprit maléfique.
Déterminé à sauver sa fille, le couple maudit s’allie à la poétesse Christina Rossetti et à son frère, le peintre Dante Gabriel Rossetti, eux aussi tourmentés par Polidori depuis l’enfance.
Chacun devra choisir entre la banalité d’une existence humaine et l’immortalité sacrilège…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Je ne me suis pas laissé tenter par ce livre par hasard, en effet j’avais déjà lu deux des romans de Tim Powers, Sur Des Mers Plus Ignorées (chronique ici) ainsi que Les Voies d’Anubis (chronique ), qui m’avaient fait passer de bons moments de lecture, se révélant bien rythmés et efficaces. Ce fut donc sans surprise que je me suis laissé tenter, il y a quelques mois, par ce roman et, aussi il faut bien l’avouer, attiré par la couverture que je trouve sobre et efficace. Par contre, sot que je suis, je ne me suis rendu compte qu’à la fin de ma lecture que ce livre était la suite d’un autre roman, Le Poids de son Regard, qui d’ailleurs m’attend aussi dans ma PAL. Heureusement ils peuvent se lire indépendamment.

J’avoue j’ai eu un peu de mal à me lancer dans cette histoire et les 100 premières pages se sont révélées assez laborieuses. Je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds, l’histoire me donnait un peu l’impression de partir dans tous les sens sans véritable logique, ni fil conducteur. De plus comme l’auteur changeait de point de vue à chaque chapitre j’avais un peu l’impression de piétiner, de ne pas avancer, tout en donnant le sentiment de découvrir une nouvelle histoire à chaque fois. Au final le démarrage débouchait sur la sensation d’entrer dans une histoire fermée dont il me manquait les clés pour l’assimiler. Puis peu à peu j’ai retrouvé ce qui faisait les qualités de l’auteur, une fois que les intrigues et les personnages commencent à s’entrecroiser l’ensemble se met alors à offrir une aventure efficace, pleine de rebondissements et de retournements de situations qui font qu’on se met à tourner les pages, pris par le rythme soutenu, dynamique et sans temps morts à travers cette course-poursuite qui va entrainer nos héros dans des périples qu’ils n’imaginaient même pas et dans conspirations qui se révèlent complexes.

Pourtant, malgré cette impression d’avoir quelque chose de plus fluide et de plus entrainant je n’ai jamais non plus réussi à m’immerger complètement dans le récit, l’ensemble me paraissant par certaines perspectives très bancal. Le principal soucis vient de la gestion des coups de théâtre que propose l’auteur. Au niveau timing pas de soucis tout s’enchaîne bien, mais au niveau cohérence là on repassera quand même pour quelques-uns. En effet certaines des réactions des personnages paraissent clairement manquer d’intelligence et de logique, je ne peux pas trop en dévoiler sans spoiler, mais on sent bien que l’auteur cherche trop à se garder des portes ouvertes pour prolonger son récit et remplir les pages le plus longtemps possible. C’est dommage car je me suis ainsi retrouvé à décrocher à chaque point que je trouvais aberrant et, par conséquent, perdre du temps à replonger dans l’histoire. Je reproche aussi à l’auteur une certaine fascination pour les Deus Ex Machina qui en devenait, à force, ennuyeuse. Non, cela n’a rien d’intéressant selon moi que régulièrement, dès qu’un personnage se retrouve bloqué, un élément venu d’on ne sait où, et le plus souvent fantastique, vienne le secourir. C’est trop facile. Enfin un dernier point qui m’a dérangé, cette fin en forme de Happy-End un peu trop simpliste par certains aspects, même si explosive. Dommage.

L’univers qui est construit ici est par contre assez fascinant. Il arrive, comme souvent, à nous plonger dans une Londres ambigu où se côtoie le lumineux et l’obscur et où le lecteur va découvrir les plus hauts lieux comme les plus sombres bas-fonds. Un Londres où la magie et le surnaturel y sont très présents avec des mystères remontant jusqu’à des périodes très lointaines. L’auteur se révèle posséder une imagination débordante avec pas mal de bonnes idées comme sa façon de traiter les vampires ou encore tout ce qui tourne autour des fantômes. Il y a une vraie densité et une vraie complexité qui se dégage de cet univers, mais qui, pourtant, n’a pas réussi à complètement me convaincre. On a parfois un peu l’impression que l’auteur le garde un peu pour lui, il parait, sur un ou deux aspects, assez hermétique, comme si l’auteur cherchait à jouer sur le côté mystérieux, mais ratait son coup rendant simplement le tout fermé. Ensuite, j’ai trouvé que ce soit-disant monde magique était un peu trop connu, chaque personne qu’on rencontre ou qu’on croise au fil des pages parait au courant et possède sa propre idée, ce qui est assez déroutant. Par contre j’ai apprécié l’inclusion de poètes et de poésie, nous faisant découvrir ce monde, mais sous une point de vue différent de ce qu’on connait.

Concernant les personnages ils se révèlent clairement énergiques, vivants et donnent envie de suivre leurs aventures avec un minimum d’envie et de plaisir tant on sait qu’elles vont se révéler un minimum percutante et entrainante. Que ce soit la famille Rosetti, Adelaïde, John Crawford, Johana ou bien même le sombre et fougueux Trelawny, chaque personnage arrive à apporter son dynamisme et sa force pour faire avancer l’intrigue et faire qu’on tourne les pages pour essayer de voir ce qui va leur arriver. Mais voilà là où les personnages pêchent, selon moi, c’est concernant l’aspect plus émotionnel. C’est bien simple j’ai eu l’impression qu’il était proche du néant. Chaque personnage avance en fonction de ses objectifs et des besoins de l’histoire, mais ils ne donnent jamais l’impression de complètement s’accrocher entre eux. Le seul lien empathique que j’ai ressenti c’est entre Johana et son père John Crawford où on sent qu’il y a un quelque chose de fort entre eux. Pour les autres, qu’ils soient frères ou sœurs ou bien qu’ils doivent se lancer dans des combats qui peuvent les amener à la mort, l’ensemble m’a paru rester assez froid et terne. Ce qui est assez frustrant finalement vu qu’on est quand même un minimum intéressé par leurs aventures.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle soignée, dense et efficace, plongeant le lecteur dans cet univers et ce Londres captivant qu’il construit au fil des pages. Dommage finalement que l’ensemble ne suive pas complètement, certes on retrouve le côté foisonnant de l’intrigue, mais l’ensemble manque de cohérence et a du mal à démarrer. Une lecture plutôt mitigé, mais qui ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de l’auteur dont Le Poids de son Regard dont j’ai entendu de meilleurs échos et qui m’attend dans ma PAL.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce livre avec le sentiment mitigé d’un roman qui possède pourtant du potentiel et un aspect entrainant et haletant, mais dont le reste ne suit pas toujours. L’histoire a déjà du mal à démarrer, je me suis senti perdu sur les 100 premières pages, avant d’enfin rentrer dans une intrigue pleine d’action et de surprises. Et pourtant malgré une certaine fluidité qui apparait alors, j’ai trouvé que certains rebondissements manquaient de cohérence, que l’auteur abusait un peu trop de Deus Ex Machina ainsi qu’une conclusion légèrement trop happy-end et reposant sur quelques facilités. L’univers que construit l’auteur se révèle dense et complexe, offrant une ville de Londres fascinante par son ambiguïté, par les mystères et les aspects surnaturels qu’elle y cache. L’auteur possède quelques bonnes idées comme ses vampire ou encore ses fantômes, mais je trouve dommage cette impression que tout le monde est au courant d’un soit-disant monde surnaturel caché. Concernant les personnages ils sont énergiques et entrainants, mais j’ai trouvé qu’ils manquaient un peu trop d’empathie ce qui est légèrement frustrant. La plume de l’auteur se révèle fluide, soignée et entrainante. Finalement j’ai l’impression d’être passé légèrement à côté de ce roman, ce qui ne m’empêchera pas de me laisser tenter par d’autres livres de l’auteur.

 

Ma Note : 5,5/10

 

Autres avis : Boudicca, Dup, Nymeria, Tesrathilde, …

Under my hat : Tales from the Cauldron – Anthology by Jonathan Strahan

Résumé : Neil Gaiman, Holly Black, Diana Peterfreund, Margo Lanagan, Peter S. Beagle, and Garth Nix are just a few of the authors who have toiled over their cauldrons and conjured up bewitching new creations inspired by and celebrating the might and mystery of the witch. Assembled by one of the most well-regarded anthologists in the science fiction/fantasy world, this rich, intelligent collection will enchant readers of all ages.

Edition : Hot Key Books

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce recueil de nouvelles, je dois bien l’avouer, principalement pour sa couverture, colorée et pleine d’humour, qui a fait que je me suis retrouvé à feuilleter ce livre. Je dois bien avouer aussi que certains des noms d’auteurs présents au sommaire m’ont donné envie de faire entrer ce livre dans ma PAL. Concernant le sujet de cette anthologie, comme vous vous en doutez, il s’agit des sorcières, pas obligatoirement le sujet qui me fascine le plus, mais de temps en temps une bonne petite histoire de sorcellerie c’est toujours agréable. À noter que ce recueil contient 18 nouvelles d’auteurs différents.

Stray Magic de Diana Peterfreund : Cette nouvelle va nous faire découvrir une sorcière qui n’a pas vraiment conscience d’en être une et qui s’occupe de chiens abandonnés. Elle va alors croiser un animal bien spécial. Un texte que j’ai trouvé gentil, fluide, cherchant à toucher le lecteur sur la cause des animaux abandonnés, principalement en donnant voix à ce chien de façon efficace et en jouant sur les émotions. Mais voilà dans l’ensemble le texte reste peut-être un peu trop mielleux, avec sa conclusion clairement happy end, ce qui fait qu’il a du mal a se révéler plus qu’un simple divertissement agréable pour petits et grands. De plus j’ai eu l’impression qu’il s’agit d’une introduction à une histoire plus longue.

Payment Due de Frances Hardinge : Cette nouvelle nous fait découvrir une jeune sorcière qui va tenter de récupérer ses affaires qui lui ont été volées. Le texte se révèle être du pur divertissement, ne cherchant que le côté fun et entrainant, avec une légère dose d’humour. L’ensemble se révèle alors efficace et on tourne les pages avec un minimum de plaisir, même si la fin est prévisible. L’aspect magie est bien traité par l’auteur, avec un tour de passe-passe assez marrant, mais voilà comme le texte précédent il lui manque un petit truc, un peu plus de profondeur, pour vraiment se révéler marquant. Je le classe dans le vite lu, sympathique et vite oublié.

A Handful oh Ashes de Garth Nix : Cette nouvelle nous fait découvrir une école de sorcellerie où, aussi bien les servantes que les enfants de familles riches, peuvent devenir sorcières. Mais la découverte d’un ancien règlement magique va tout bouleverser. J’ai bien aimé ce texte qui nous offre un univers solide, travaillé et nous propose une histoire vraiment efficace. Alors certes on tombe un peu dans l’école de sorcier à la Harry Potter, le tout mâtiné d’un soupçon d’école victorienne, mais l’auteur arrive à nous offrir des héroïnes vraiment attachantes et entrainantes, ainsi qu’un background dense pour emporter le lecteur. L’ensemble aurait peut-être par contre gagné à être un peu plus long, principalement dans les retournements de situations, mais rien de bien gênant.

Little Gods de Holly Black : Cette nouvelle nous plonge avec une jeune adolescente qui a rejoint un groupe de sorcier. Plusieurs de ces groupes vont se retrouver une nuit bien spéciale, pour fêter leurs pouvoirs. L’auteur décide de traiter à travers son récit de différents aspects tel que les relations, la force de l’amitié, la religion voir encore la quête identitaire de l’héroïne. L’ensemble se révèle très bien écrit et fluide, mais voilà j’ai trouvé que sur les thématiques l’auteur ne rentrait jamais vraiment dedans, ne faisant que les effleurer pour aboutir à une conclusion un peu facile. Ce n’est pas mauvais, mais loin d’être transcendant et aurait sûrement mérité un traitement plus long. Puis j’ai eu l’impression que ça touchait plus un public Américain.

Barrio Girls de Charles de Lint : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien de deux meilleures amies, deux jeunes filles de caïd de gang, qui se prennent pour des vampires jusqu’au jour où une sorcière va tuer un être qui leur est cher. Ce texte est construit un peu comme un conte avec des personnages, une situation grave, l’apprentissage, on règle la situation et on termine le tout avec une morale qui reste toujours un peu ambigu. Mais là l’auteur a décidé de l’adapter d’un point de vue contemporain avec des gangs et autre. Le problème c’est que l’ensemble reste trop simpliste et l’ensemble un peu trop gentil pour entièrement m’accrocher ou me fasciner.

Felidis de Tanith Lee : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui, lors de son voyage, va croiser le chemin d’une sorcière-chat et va se rapprocher d’elle. Ce récit se révèle être construit de façon très classique d’un point de vue Fantasy, mais l’ensemble m’a fasciné par l’imagination débordante de l’auteur ainsi que par sa plume qui a réussi à m’emporter à travers son histoire. La magie se révèle déroutante et repose sur un twist vraiment intéressant qui ouvre sur un univers plus grand. Je regrette juste que les personnages soient un peu froid, principalement par leurs facilités à accepter certaines situations, mais rien de dramatique ou de gênant.

Witch Work de Neil Gaiman : J’avoue je suis un grand fan de Neil Gaiman, il a décidé ici d’offrir au lecteur un poème qui se révèle sympathique, agréable et se lit facilement. Pourtant, j’avoue, mais c’est personnel, je suis un peu déçu j’attendais plus de l’auteur.

The Education of a Witch d’Ellen Klages : Cette nouvelle nous fait découvrir une enfant, dont la vie va changer prochainement suite à la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur et qui va alors se découvrir une fascination pour les sorcières après le visionnage du film La Belle au Bois Dormant et plus précisément par sa découverte de Maléfique. Un excellent texte, principalement par son aspect glaçant, faisant monter lentement la tension au fil des pages à travers le personnage de cet enfant qui va découvrir la jalousie et va alors se rendre compte que le monde n’est pas tel qu’elle l’imagine. Un texte fantastique qui m’a happé aussi bien justement par son personnage principal attachant et par cette sourde ambiance glaçante qui s’insinue lentement pour aboutir à une conclusion efficace.

The Threefold World d’Ellen Kushner : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un étudiant, Finlandais, fasciné par les légendes grecques et rejetant tout le folklore de son pays. Une rencontre surprenante et le voyage onirique qui va s’en suivre va alors lui faire changer d’avis. J’ai adoré ce texte, il se révèle simple dans sa construction, mais l’auteur arrive clairement à nous happer, principalement dans cette mythologie nordique, Finlandaise, qui dévoile l’origine de tout et qu’elle construit efficacement. La plume de l’auteur se révèle vraiment poétique et magique. Elle m’a donné envie d’en apprendre plus, justement sur cette mythologie.

The Witch in The Wood de Delia Sherman : Cette nouvelle nous fait découvrir une sorcière qui n’a jamais quitté de sa vie la forêt et qui un jour, en chassant un cerf, va se rendre compte qu’elle a en fait touché un homme bloqué dans une malédiction. Son grand amour. J’avoue que le récit est en soit pas mauvais, nous offrant une magie de la nature intéressante ainsi que des magiciens intéressants entre ombre et lumière. L’ensemble ne manque pas non plus de rebondissements. Mais voilà j’ai trouvé l’aspect romantique un peu trop facile à mon goût tout comme le retournement de situation à la fin.

Which Witch de Patricia A. McKillip : Cette nouvelle nous plonge dans une Fantasy Urbaine où un groupe de rock, et accessoirement de sorciers et sorcières, va devoir lutter avec leurs familiers contre une sombre menace. Autant le dire tout de suite je n’ai jamais accroché à ce texte, la plume m’a paru beaucoup trop simple avec un sens du détail dans les tenues vestimentaires des personnages qui ne m’a jamais accroché. L’histoire en soit ne se limite qu’à une bataille avec quelques renvois émotionnels vers les héros, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. Dommage, cela vient peut-être de moi, j’attendais peut être autre chose.

The Carved Forest de Tim Pratt : Cette nouvelle nous propose de suivre un grand frère qui cherche à récupérer sa jeune sœur qui a fui la maison, étant incomprise par ses parents, pour être formé par la Sorcière de la ville. J’avoue que le récit démarrait bien, se révélant prenant par cette sorcière au pouvoir fascinant à la fois bénéfique, gardant un œil sur tous les habitants de cette ville, mais pouvant se révéler très sombre car pouvant faire disparaitre une personne de la mémoire des gens. Puis tout bascule et on tombe clairement dans le préchi précha où le grand frère va alors ouvrir les yeux de la sorcière sur ce qu’elle fait est mal et où la jeune sœur devra donc attendre 18 ans avant de faire choix car avant on manque clairement de maturité pour faire un choix. Mouais. Pas mon truc désolé. Dommage, car il y avait du potentiel.

Burning Castles de M. Rickert : Cette nouvelle est compliqué à définir sans trop en révéler, on va dire qu’elle traite de la désillusion d’une fille qui découvre que ses rêves d’enfants se sont éteints et que le lien qui l’unissait avec sa mère a changé. J’avoue je ressors perplexe de ma lecture, l’auteur cherche clairement à jouer avec le lecteur, entre fantastique et réalité, mélangeant les deux sans jamais non plus définir clairement l’existence de l’irrationnel. L’héroïne principale a un côté touchant, mais la conclusion ne m’a pas accroché, trop percutante peut-être.

The Stone Witch de Isobelle Carmody : Cette nouvelle nous fait découvrir une femme qui déteste les enfants, mais va se retrouver à devoir en surveiller un lors d’un voyage en avion. Juste avant le crash de l’engin elles vont se retrouver toutes les deux dans un autre univers. Un texte que j’ai trouvé sympathique, construit de façon efficace et offrant aux héros une quête, certes sur certains aspects classiques, mais qui se révèle entrainante et passionnante, où chacune va devoir se dévoiler à l’autre. Je reproche juste peut-être certaine transition un peu facile, principalement dans la relation de l’héroïne avec l’enfant ainsi qu’une conclusion un peu gentillette.

Andersen’s Witch de Jane Yolen :  Cette nouvelle se révèle être un hommage à Hans Christian Andersen, l’utilisant ainsi comme héros dans le conte que l’auteur nous offre ici. On sent d’ailleurs qu’elle connait bien ses classiques, car elle offre un texte que j’ai trouvé très réussi et passionnant. Si on aime les contes d’Andersen on devrait clairement s’y retrouver par ce mélange de construction jeunesse, mais accompagné d’une morale qui se laisse découvrir à tout âge, le tout à travers une écriture fluide et entrainante.

B is for Bigfoot de Jim Butcher : Une nouvelle qui se situe dans l’univers de Dresden ça fait toujours plaisir, surtout que là notre grand magicien va devoir protéger le fils d’un Bigfoot. Un texte qui se révèle vraiment efficace, entrainant avec toujours cette patte humoristique et pleine d’action. Les personnages se révèlent efficace et Irwin devrait toucher le lecteur qui pourra se reconnaitre un peu dans ce personnage, solitaire à l’école, qui lit régulièrement de la SF dans son coin et souffre-douleur de certains camarades. Certes ce n’est pas le meilleur texte de l’auteur et certaines réflexions sont un peu simplistes, mais dans l’ensemble il m’a bien accroché.

Great-Grandmother in the Cellar de Peter S. Beagle : Cette nouvelle nous présente un jeune garçon qui, suite au mauvais sort jeter par un autre sorcier sur sa sœur, va tout tenter pour la sauver, comme appeler sa arrière grand-mère décédé. Une excellente nouvelle, principalement par l’ambiance qu’elle met en place, assez sombre et mystérieuse, principalement concernant tout ce qui entoure le personnage de l’arrière grand-mère et sa vision contradictoire. L’ensemble reste certes très linéaire, mais le duel final se révèle très efficace, avec son lot d’action et de tension.

Crow and Caper, Caper and Crow de Margo Lanagan : Et on termine ce recueil avec cet excellent texte qui nous propose de découvrir une sorcière très ancienne qui va travers la planète pour aller rencontrer et bénir le bébé de son fil qui vient de naitre. La nouvelle se révèle fascinante par le sentiment de puissance qu’elle met en place, ainsi que par le background qu’elle travaille sur cette sorcière. Elle nous offre aussi un travail assez intéressant sur le parallèle entre l’ancienne magie et la technologie. Les personnages se révèlent vraiment intéressants et j’avoue que ce texte m’a clairement donné envie d’en découvrir plus sur l’auteur.

En Résumé : Ce qu’on peut dire, une fois la dernière page de ce recueil tournée, c’est que l’ensemble des textes se révèle très variés, allant du récit jeunesse au plus adulte, de la Fantasy au fantastique, ce qui permet à un panel large de lecteur de se laisser tenter. Le soucis vient que comme le panel est large, tous les textes ne marquent donc pas le lecteur de la même façon, en effet on se retrouve a osciller facilement entre le très bon et certains qui n’ont jamais réussi à me captiver. Malgré cet aspect j’avoue avoir passé tout de même un agréable moment de lecture avec ce livre qui propose de découvrir 18 nouvelles différentes sur le thème des sorcières. Il m’a d’ailleurs aussi permis de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas forcément et dont je lirai d’autres textes sans soucis.

 

Ma Note : 6,5/10

Les Derniers Jours du Paradis – Robert Charles Wilson

Résumé : Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que fuir.
L’Hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (Parution le 04-09-2014)
Traduction : Gilles Goullet

 

Mon Avis : Je suis un grand admirateur des écrits de Robert Charles Wilson, principalement par sa capacité à offrir une science-fiction mélangeant efficacement l’inexplicable au contemporain et surtout porté par des personnages qui se révèlent humains dans leurs réactions et leurs évolutions. J’ai déjà lu six livres de l’auteur et je n’ai jamais été vraiment déçu, même si tous ne sont pas au même niveau. C’est donc sans surprise que lorsque l’on m’a proposé de découvrir son dernier livre, je me suis rapidement laissé tenter. Il faut bien avouer que le résumé se révèle accrocheur. Concernant la couverture, de nouveau illustré par Manchu, j’avoue être moins fan que d’habitude même si elle reste sympathique.

L’intrigue de ce roman rappelle clairement les histoires de SF d’il y a quelques années, celle où la terre se révèle infiltrée par un organisme supérieur, pour des raisons que personne ne connait, et qui manipule l’humanité à l’insu de son plein grès. Malgré ce côté assez classique, l’auteur s’en sort très bien dans la construction de son histoire, dès le premier chapitre il nous happe à travers Cassie qui se retrouve à fuir suite à la mort par accident d’un sim devant chez elle. On se retrouve alors plongé dans une fuite en avant, qui monte doucement en tension et en intensité face à cette traque et cette envie de survie de nos héros qui va alors les pousser parfois aux pires exactions. Une aventure pleine de suspens qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. L’utilisation de deux points de vue dans l’histoire, avec le premier qui suit le groupe jeune que comprend Cassie et l’autre plus adulte que comprend son Oncle Ethan, permet aussi d’offrir un plus à l’ensemble, que ce soit dans ces différents sentiments d’insécurité qui les obligent à toujours courir, comme dans les différents angles d’explication qui se dévoilent au fur et à mesure, aussi bien concernant l’Hypercolonie que sur le monde et la résistance de certains.

L’univers que construit l’auteur nous propose un monde parallèle où la guerre a quasiment disparu depuis l’armistice de 1914, offrant ainsi un monde qui devrait paraitre plus sûr, géré de façon complètement différente et offrant des alliances que personne n’imaginait, le tout bien entendu manipulé par l’Hypercolonie. J’avoue qu’il y a quelques chose de fascinant dans la construction de cette Histoire alternative que l’auteur dévoile lentement, insérant des indices et des éléments ici ou là au milieu de son intrigue. Un monde qui donne une impression un peu désuète, style années 60, comme si la technologie était mauvaise pour l’homme.  L’auteur nous offre alors des réflexions qui ne manquent pas d’intérêt comme par exemple sur le libre arbitre, sur le fait que l’humanité se laisse aller avec une facilité déconcertante dans le conflit et la destruction. Qu’est-ce qui est le plus intéressant, d’avoir la sécurité, mais sous le contrôle d’une entité supérieure ou avoir la liberté en sachant que cela mène souvent à des conflits mondiaux? L’auteur propose aussi un aspect scientifique intéressant comme par exemple ce parallèle avec certaines castes d’insectes, expliqué de façon simple et compréhensible. Mais voilà malgré ces points qui se révèlent réussis, j’aurai pourtant aimé en savoir plus sur ce monde, l’auteur ne construisant parfois que ce dont il a besoin pour son histoire et offrir un minimum de densité, mais laissant certaines questions en suspens comme par exemple concernant la géopolitique ou encore, pourquoi pas, la démographie.

Concernant les personnages il s’agit, comme souvent avec l’auteur, d’un des points forts de ce roman. Il nous offre comme toujours des héros qui s’annoncent denses, complexes et profondément humains au fil des pages. On arrive à s’attacher où à s’intéresser facilement à chacun d’eux, offrant une palette de point de vue assez large et diversifiée. Chaque protagoniste possède ses doutes et ses certitudes, guidé par ses émotions et son vécu ; entre Cassie jeune fille d’à peine 19 ans qui a  toujours vécue à la marge de la société, dans la peur, suite à la mort de ses parents ou bien encore Ethan son oncle scientifique qui a perdu énormément et qui cherche pourtant d’une certaine façon à avancer à lutter. Tous vont se retrouver à devoir faire des choix pas toujours faciles et qui vont les marquer durablement et c’est là-dessus qu’ils arrivent à nous captiver, devant la façon dont chacun va devoir évoluer, leurs interactions les uns les autres face aux différents problèmes qui se posent à eux. Un des aspects intéressant vient aussi de leurs différentes perceptions qu’ils ont de cette Hypercolonie, allant du très scientifique à un aspect peu-être un peu plus romantique d’un monde meilleur.

Pourtant, malgré pas mal d’aspects plutôt positifs, ce livre se révèle loin de m’avoir marqué autant qu’a pu le faire Spin ou Julian du même auteur qui sont, ses meilleurs romans dans ceux que j’ai lu. On y retrouve cependant un certain parallèle avec Spin, cette main supérieure qui influence l’humanité, mais j’ai eu l’impression que l’auteur restait un peu trop en surface, cherchant peut-être plus à offrir un roman de science-fiction qui recherche un public plus large, ce roman pouvant se lire très facilement par un adolescent. De plus j’ai trouvé que par moment l’auteur se répétait un peu, principalement dans certains dialogues qui ressassaient les même questionnements et argumentations; mais de façon différente. J’avoue aussi avoir remarqué une petite facilité, que je ne peux dévoiler sans spoiler, mais qui contredit une statistique qui parait importante, mais sur ce point rien de bien gênant. Au final ce roman se lit tout de même facilement, on y retrouve pas le côté fascinant et émerveillant de certains de ces romans, mais cela n’empêche pas à ce livre d’être divertissant et d’offrir un agréable moment de lecture.

La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, fluide, entrainante et plus on avance dans le livre et plus on se sent emporter, le tout pour aboutir à une conclusion que j’ai trouvé fascinante, explosive et évitant le happy-end qui aurait été un peu facile. Finalement j’ai un peu l’impression d’avoir le même ressenti qu’avec Blind Lake, un roman très agréable, efficace avec un concept de départ intéressant et de bonnes idées, mais qui aurait pu être meilleur, manquant peut-être d’un peu plus d’ambition. Peut-être que j’attends un peu trop de l’auteur aussi. En tout cas cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de Robert Charles Wilson car l’ensemble se révèle toujours aussi prenant.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman, certes il n’est pas le meilleur de l’auteur, mais cela ne l’empêche pas d’offrir une histoire qui se révèle efficace, pleine de suspens où la tension monte au fil des pages pour happer le lecteur, même si construite sur des bases classiques. L’univers parallèle que développe l’auteur est très intéressant même si j’aurai aimé avoir plus d’informations concernant certains aspects. Les personnes construit au fil des pages sont, comme souvent avec l’auteur, humains et attachants face à leurs évolutions et leurs choix pas toujours facile. La plume de l’auteur se révèle fluide et efficace pour aboutir à une conclusion fascinante, pleine d’émotion et explosive. Je reproche en fait à ce roman certaines répétitions dans certains arguments, mais surtout un léger manque d’ambition par rapport à ce que proposait l’auteur ces dernières années, peut-être aussi pour viser un public plus large. Cela n’empêche pas pour autant ce roman d’offrir une lecture divertissante et efficace. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

 

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