Mois : octobre 2014 (Page 1 of 3)

Mes Achats du Mois d’Octobre 2014

Bon 2014 est, je pense, considérée comme une année faste pour ma PAL. Le mois d’octobre a donc décidé de ne pas changer cette règle puisqu’il faut compter pas moins de 15 nouvelles entrées dans ma bibliothèque.

Découvrez-donc ce qui a fait grimper ma PAL pour Octobre 2014 :

  • La Voix de L’Empereur Tome 1, Le Corbeau & La Torche de Nabil Ouali aux éditions Mnémos. Un livre qui me tentait depuis la première fois que j’en ai entendu parler.
  • Snowblind de Christopher Golden aux édition Bragelonne. J’ai fait entrer ce livre un peu sur un coup de tête qui offrait un résumé vraiment intéressant.
  • La Lisière de Bohême de Jacques Baudou aux éditions Les Moutons Électriques. Un livre qui m’a attiré par sa couverture et son pitch intrigant.
  • Trois Oboles pour Charon de Franck Ferric aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Voilà un livre qui ne pouvait que finir dans ma PAL, puis la couverture est magnifique.
  • Les Groseilles de Novembre (Chroniques de Quelques Détraquements dans la Contrée de Kratts) de Andrus Kivirähk aux éditions Le Tripode. J’avais adoré L’Homme qui Savait la Langue des Serpents, je me suis donc laissé tenter par ce nouveau livre.
  • Métro Z de Fabien Clavel aux éditions Rageot. Après avoir passé un très bon moment avec L’Évangile Cannibale je me suis donc rapidement laissé tenté par ce jeunesse qui est dans le même univers.
  • Le Sang des Ambrose de James Enge aux éditions L’Atalante. Ce livre est entré sur un coup de tête devant l’illustration de couverture que je trouve superbe.
  • Le Jardin des Silences de Mélanie Fazi aux éditions Bragelonne. Un recueil qui regroupe les dernières nouvelles de l’auteur, il ne pouvait que finir dans ma PAL même si j’en ai déjà lu une partie.
  • John Meurt à La Fin de David Wong aux éditions Super 8. Un livre acheté totalement par hasard après avoir fait une private joke avec le titre à Marmotte.
  • Au Nord du Monde de Marcel Theroux aux éditions 10/18. Il y a quelques mois Le Cercle d’Atuan a fait une lecture commune sur ce livre et les retour m’ont donné envie de le découvrir.
  • Ganesha de Xavier Mauméjean aux éditions Hélios. Un livre qui me tentait depuis un long moment déjà.
  • Double Étoile de Robert Heinlein aux éditions Folio SF. Cela faisait un petit moment que je n’avais pas rentré un roman de Heinlein dans ma PAL. Voilà qui est chose faite maintenant.
  • Les Chambres Inquiètes de Lisa Tuttle aux éditions Dystopia. J’avais passé un très bon moment avec Ainsi Naissent les Fantômes, je me suis donc rapidement laissé tenter par ce recueil.
  • Cru de Luvan aux éditions Dystopia. Un recueil dont j’avais lu plusieurs avis positifs sur le net et qui a donc atterri dans ma PAL.
  • Bara Yogoï de Léo Henry & Jacques Mucchielli & Stéphane Perger aux éditions Dystopia. Je continue avec ce livre ma découverte de l’univers de Léo Henry.

De nouveau un mois bien rempli et Novembre ne devrait pas trop bouleverser les choses avec les Utopiales. Promis en décembre je resterai sage, enfin je vais essayer. En tout cas de belles lectures en perspective je trouve.

Fées, Weed & Guillotines : Petite Fantasie Pleine d’Urbanité – Karim Berrouka

Résumé : La dernière fois que Jaspucine a mis un pied dans le monde des hommes, elle en a littéralement perdu la tête : la Révolution française n’a pas été une période très profitable pour les créatures féeriques. Sauf pour Zhellébore, l’enfoirée qui l’a envoyée à l’échafaud. La vengeance étant un plat qui se mange froid, Jaspucine est bien décidée à retrouver la traîtresse. Même si pour cela elle doit s’attacher les services d’un détective. Mais à force de remuer ciel et terre, c’est sur une conspiration bien plus grande que la fée et l’enquêteur vont tomber.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Ce roman n’a pas fini par hasard dans ma PAL, a force d’en entendre parler, souvent en bien, depuis sa sortie je me suis laissé intriguer.  Présenté comme un roman noir, mais à l’humour qui parait déjanté, je ne pouvais que le faire entrer dans ma bibliothèque, ce qui fut chose faite lors des dernières Imaginales. De plus la nouvelle écrite par l’auteur dans l’anthologie Lancelot (chronique ici) et qui reprenait des personnages du livre, m’a encore plus donné envie de le découvrir. Vu que ce roman est nominé pou le prix Julia Verlanger lors des prochaines Utopiales, j’ai donc décidé de me faire par la même occasion mon propre avis. À noter la couverture, illustrée par Diego Tripodi, que je trouve réussi, reprenant bien les codes du polar avec un vernis de fantasy.

L’histoire nous propose ici de découvrir Jaspucine, Fée de son état, qui est renvoyée pour la première fois sur terre depuis son fiasco lors de la révolution française, pour y retrouver la traitresse Zhellébore. Pour cela elle va s’adjoindre l’aide d’un détective prive, mais par n’importe lequel : Marc-Aurèle Abdaloff. Très vite les choses vont se révéler beaucoup plus compliqués et rien ne va, bien entendu, se passer comme prévu. On plonge finalement assez rapidement et facilement dans ce récit qui démarre sur les chapeaux de roues, reprenant les codes classiques du polar noir, avec cette histoire de kidnapping de bébé, mais qui va aussi rapidement se révéler complètement barré. L’auteur maîtrise parfaitement bien le démarrage de son récit entre humour, cynisme, action et aventures et le lecteur se retrouve alors à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Surtout que l’auteur n’oublie pas pour autant son intrigue qui va se révéler beaucoup plus complexe qu’initialement prévue avec son lot de complots, de trahisons et de mensonges. Entre roman d’aventure, roman policier, fantasy urbaine et aspect humoristique c’est un début réussi, entrainant et assez fascinant que nous propose l’auteur.

Le problème avec ce genre de récit, qui certes mélange les genre astucieusement, c’est de tenir sur la longueur et là je dois bien admettre que j’ai trouvé que l’auteur ne remplissait pas parfaitement le cahier des charges. Rien de bien méchant, ni de bloquant non plus, mais vers le milieu du livre j’ai commencé à ressentir un léger essoufflement, l’intrigue se retrouve alors en transition et redémarre avec quelques coups de pouces un peu trop faciles, partant d’ailleurs un peu dans tous les sens, et l’humour se révèle aussi alors moins mordant, moins percutant. Ça se lit quand même assez facilement et le rythme fait qu’on tourne toujours les pages avec un minimum de plaisir, mais voilà le lecteur se sent légèrement moins emporté par l’ensemble. Il faut ainsi attendre les 100 dernières pages pour de nouveau repartir tambour battant et à nouveau se retrouver happé avec entrain et envie d’en apprendre plus. D’ailleurs à noter que l’auteur nous offre une conclusion que j’ai trouvé réussie, énergique, tout en restant assez ouverte pour pouvoir offrir de possible suites.

L’univers de Fantasy Urbaine qui est construit au fil des pages se révèle solide, efficace et ne manque clairement pas de charme. On y retrouve la classique différenciation entre l’univers des fées et celui des humains, mais l’auteur joue astucieusement là-dessus pour nous offrir des aspects intrigants et fantaisistes qui se révèlent efficaces, offrant aussi de nombreuses anicroches entre les deux peuples qui sont des plus savoureuses. D’ailleurs c’est justement sur cette différence que l’auteur s’amuse pour nous offrir quelques piques sur notre société et notre façon de vivre toujours trop vite, sans prendre le temps, sans parfois réfléchir à ce qui est bon pour nous. Le tout possède aussi un vernis historique original, en effet le récit décide de revisiter l’histoire à sa façon, principalement concernant la révolution française, tout en restant cohérent et sans jamais alourdir ni la narration, ni le récit. L’aspect féérique et mystique ne manque pas d’intérêt, avec son lot de magie et de mystères qui se développe au fil des pages et se révèle prenant. L’aspect politique chez les fées ne manque pas non plus, lui aussi, d’ironie et de surprises, ressemblant au final assez fortement à celui des Hommes, avec sa reine, son conseil et ses nombreux complots pour obtenir le pouvoir.

La grande force du récit vient pour moi des personnages, principalement de leurs interactions, qui se révèlent fascinantes et ne manquent pas de faire sourire. Comment ne pas réagir devant Jaspucine qui redécouvre un monde qui a profondément changé et dont elle est loin d’en comprendre toutes les règles, ce qui amène de sacrées occasions surprenantes et cocasses. Comment ne pas rire non plus devant l’association de Jaspucine avec Marc-Aurèle, qui rêvait justement d’une vie plus mouvementée, dont l’alchimie marche à la perfection ; tous les deux si différents et pourtant complémentaires qui nous offrent des dialogues des plus savoureux et percutants. À ces héros viennent s’ajouter Etienne Petiot inspecteur complètement dépassé par les évènements et qui au fond de lui ne cherche qu’une vie normale, ou bien encore Bugnard personnage tout en muscle qui ne manque pas surprendre, mais aussi et surtout Premier de la Classe qui à lui seul vaut le déplacement par sa grande intelligence, sa façon de voir la vie, mais aussi les nombreux mystères qui planent sur lui. Des héros qui se révèlent donc efficaces, truculents, loufoques et pourtant humains, on s’accroche facilement à eux et j’aurai plaisir à les retrouver dans d’autres aventures, surtout s’ils continuent autant à me faire rigoler.

La plume de l’auteur se révèle assez soignée, jouant sur les mots et les phrases pour mieux surprendre le lecteur, même si elle tombe parfois un peu trop facilement dans le familier ce qui peut être lassant. Rien de bien gênant non plus. J’avoue qu’au moment où j’ai entamé ce livre j’avais Les Petites Fées de New-York en tête, mais l’auteur a réussi à finalement offrir quelque chose de vraiment différent dans le ton et la présentation, même si c’est vrai un tout petit peu moins drôle que ce que j’espérais. Dans tous les cas j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman et si l’auteur se propose d’écrire des suites je les lirai avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose une intrigue très polar noir mélangé à de la Fantasy et le tout complètement barré. Le démarrage nous happe dès les premières pages et on se retrouve entrainer avec plaisir dans les aventures de ces héros complètement truculents et aux dialogues percutants. Alors c’est vrai, j’ai ressenti un léger essoufflement vers le milieu du récit, l’enquête devenant calme s’offrant aussi quelques facilités et l’humour se révèle moins mordant. Mais une fois dans les 100 dernières pages on se retrouve de nouveau emporté pour aboutir à une conclusion efficace et réussie qui laisse la porte ouverte à des suites. L’univers de Fantasy Urbaine qui est développé au fil des pages est solide et offres des aspects originaux. La plume de l’auteur s’avère soignée jouant sur les mots et les expressions, même si parfois un peu trop familier. Au final un roman qui se lit facilement, qui m’a fait sourire et qui m’a envie de lire les suites si jamais l’auteur y revient un jour.

 

Ma Note : 7,5/10

La Grande Route du Nord, Tome 1 – Peter F. Hamilton

Résumé : Newcastle-upon-Tyne, 2143. Ville rendue florissante par le portail transspatial donnant accès à la planète St Libra et à son précieux biocarburant, elle devient le lieu d’un meurtre brutal. La victime est un clone appartenant à la richissime famille North et la méthode employée ressemble étrangement à celle d’un massacre commis sur St Libra vingt ans plus tôt. Tandis que l’inspecteur Hurst mène son enquête, les autorités rouvrent le dossier Angela Tramelo, condamnée à perpétuité pour le premier crime. Selon elle, le véritable coupable serait d’origine extraterrestre. L’ Alliance pour la défense de l’humanité décide d’envoyer une mission scientifico-militaire à travers le portail.
Mais alors que l’expédition s’isole dans la jungle hostile, ses membres meurent les uns après les autres…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie de ces auteurs dont je découvre doucement la bibliographie. Certes cela n’a pas toujours été couronné de succès, les Greg Mandel 2 et 3 m’ayant laissé plus que perplexe, mais je dois bien admettre que l’auteur possède une sacrée imagination et offre des aventures qui se révèlent régulièrement efficaces. Pour le moment je ne me suis pas encore lancé dans un de ses grands cycles dont j’ai entendu beaucoup de bien, me contentant de one-shot, nouvelles, ou de « petites » séries. C’est donc sans surprise que j’ai sorti le premier tome de ce diptyque de ma PAL. D’ailleurs pour la petite histoire, ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais une fois traduit, devant plus de mille pages, l’éditeur à décidé de le couper en deux tomes. Je ne commenterai pas cette décision, elle a ses raisons et ses défauts, mais j’y reviendrai plus tard, car elle va avoir une influence selon moi. La couverture, illustrée par Fred Augis, se révèle très sympathique.

Ce roman nous plonge donc en 2143, à Newcastle-upon-Tyne, où l’assassinat d’un des clones North, l’une des familles les plus puissantes, va bouleverser ce qui devait n’être qu’une simple enquête de police. En effet le mode opératoire et l’arme utilisée n’est pas sans rappeler un autre massacre chez les North, vingt ans plus tôt sur la planète St Libra,  et qui a amené à la condamnation d’Angela Tramelo, qui a pourtant toujours clamé son innocence, accusant un coupable d’origine extra-terrestre. Le tout se situant sur fond d’invasion des Zanth, une race alien, sur différentes planètes colonisées par les humains. L’auteur nous propose alors une intrigue qui va se révéler complexe, mélange de différentes sous-intrigues qui ne paraissent pas toujours s’imbriquer au premier coup d’œil dans le puzzle qui se construit, mais qui, petit à petit au fil des pages, commence à dessiner une image beaucoup plus dense et sophistiqué qu’imaginé au départ. L’ensemble ne manque pas de jouer avec le lecteur, entre fausses pistes et révélations, on se retrouve un minimum emporté par cette histoire, espérant en apprendre plus sur les nombreux mystères qu’elle cache. De nombreuses questions sont posées qui viennent chatouiller le lecteur et lui donner envie d’en découvrir plus.

Une des grandes forces du récit vient principalement de l’univers que construit l’auteur. Il fait clairement penser à l’univers du Commonwealth développé dans d’autres récits, mais pourtant se révèle différent et parallèle par de nombreux aspects et de nombreuses évolutions. L’imagination de l’auteur se révèle débordante, voir même sans limite, que ce soit d’un point de vue des nombreuses technologies qu’il propose, comme par exemple le maillage qui permet de surveiller toute la ville par vidéo interfacée et qui n’est pas sans rappeler la folie de Londres à tout vouloir contrôler par caméra, mais aussi ses ie qui permettent de toujours rester connecter ou ses portails pour traverser les mondes ; ou bien encore à travers les descriptions qu’il nous offre et qui se révèlent toujours assez fascinantes et même souvent magnifiques, que ce soit devant les villes imposantes ou encore à travers les nouvelles planètes intrigantes avec leurs faunes et leurs flores qui sont uniques. Surtout l’ensemble reste facile d’accès et compréhensible pour toucher un maximum de lecteur. La vision du futur qui nous est offerte se révèle clairement intéressante et cohérente, exacerbant certains aspects politiques et financiers bien présents de nos jours avec ce côté très libéral, où les riches font tourner le monde en donnant l’impression d’avoir une conscience alors qu’ils pensent surtout à leurs fortunes. Pareil pour tout ce qui concerne la politique, l’ensemble est toujours aussi vicié par les pots de vin et l’incapacité à se mettre d’accord. Un avenir qui possède ses défauts et ses qualités, même si parfois, c’est vrai, l’auteur tombe un peu dans la caricature. Par contre je regrette que l’auteur se répète régulièrement au niveau des descriptions, on a l’impression d’avoir toujours le même ciel par exemple, mais bon rien de dérangeant.

Le principal soucis de ce récit vient finalement du fait qu’il prenne son temps pour installer son histoire. Franchement les 260 premières pages, sans se révéler non plus totalement mauvaises, auraient pu être facilement tronqués d’une partie rendant l’ensemble plus vivant. Il faut dire aussi qu’on se concentre principalement sur cette fameuse enquête de police, la partie sur Saint Libra à la recherche de ce possible alien ne débutant vraiment qu’en seconde partie. Pas que l’enquête soit désagréable, juste qu’on cherche à montrer que ce genre de travail ne se fait pas facilement, que ça prend du temps, relever tous les indices, les lier entre eux, respecter la procédure au maximum ou encore éliminer toutes les fausses pistes ; mais voilà il n’y avait pas que les héros qui se sentaient frustrés de ne pas avancer, le lecteur aussi le ressent parfois. Ensuite, l’auteur se laisse un peu aller aux répétitions et surtout au flashback. Dès que la tension grimpe, qu’une révélation va se faire, pour gagner du temps on nous offre un flashback, autant parfois cela apporte un plus, autant à d’autres moments j’ai eu du mal à accrocher. Justement, je reviens sur le découpage du livre, car un début trop lent et parfois long de 260 pages sur 1000 pages ça peut ne pas se ressentir une fois la dernière page tournée, la même chose sur un tome de 520 pages, soit près de la moitié du roman, ça peut amener certains lecteurs à ne pas se laisser tenter par la suite, malgré le fait que l’ensemble se laisse lire, se révèle divertissant et surtout annonce une suite qui parait plus soutenue. C’est dommage.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêts et d’attraits et se révèlent intéressants à suivre et à découvrir même si je trouve que dans ce premier tome il manque un minimum de personnages charismatiques ; un personnage qui pourrait nous happer, nous fasciner. L’auteur essaie bien de nous offrir Angela Tramelo, héroïne qui a passé vingt ans en prison pour un crime qu’elle n’aurait pas commis, libéré pour traquer le véritable assassin et qui a la vengeance cramponné au corps. Une sorte de femme fatale. Mais voilà pour une fille qui sort d’enfermement depuis vingt ans, je l’ai trouvé un peu trop gentillette, même si elle a le potentiel pour offrir plus par la suite et un background qui annonce un personnage plus complexe qu’on peut le croire. Le Policier Sid Hurst se révèle assez classique dans sa présentation et sa façon de voir les choses, mais offre un point de vue intéressant sur la façon de survivre dans ce futur qui n’est pas toujours si glorieux, où chacun cherche à se couvrir, où l’argent se révèle toujours le nerf de la guerre et où une telle enquête peut amener autant la gloire que la fin d’une carrière. Concernant les autres protagonistes, ils ne sont pas mauvais, mais certains tombent clairement dans la caricature. Je pense principalement à certains membres de l’ADH, organisation militaire.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante, nous plongeant efficacement, comme souvent, dans des univers chatoyants et offrant des idées efficaces. Alors, c’est vrai que la moitié de ce tome aurait mérité un travail éditorial différent, dont quelques coupes, mais dans l’ensemble ce premier volume se révèle tout de même sympathique, divertissant et se lit assez facilement pour me donner envie de lire la suite pour savoir ce que peut bien nous cacher l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une histoire aux multiples lignes d’intrigues qui, au fil des pages, dessinent une image complexe et efficace. On se laisse porter assez facilement par ce récit, mélange de policier et de Science-Fiction, qui nous plonge dans un univers efficace et bien porté par l’imagination fertile de l’auteur, que ce soit d’un point de vue technologique comme des descriptions des lieux et des planètes visitées. Je regrette par contre un démarrage un peu lent, et parfois un peu long, qui prend clairement son temps et aurait peut-être mérité un travail éditorial différent. Surtout que, selon moi, ces longueurs se font plus ressentir encore du fait que le livre ait été coupé en deux pour sa sortie en France ; à voir avec la lecture du tome 2. Concernant les personnages ils se révèlent agréables à suivre et à découvrir, mais il manque, je trouve, des personnages vraiment charismatiques, mais dont certains possèdent le potentiel pour le devenir. Concernant les personnages secondaires ils sont plutôt efficaces même si certains, principalement chez les militaires, tombent dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante malgré, c’est vrai, quelques répétitions et quelques longueurs. Au final un premier tome sympathique, sans non plus se révéler exceptionnel, mais qui me donne envie de lire la suite, malgré ce léger accroc au démarrage.

 

Ma Note : 7/10

La Longue Terre, Tome 1 – Terry Pratchett & Stephen Baxter

Résumé : Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.
La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !
Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard. Quand deux grands noms de l’Imaginaire anglais tels que Terry Pratchett et Stephen Baxter s’associent pour écrire un roman, il y a de quoi me donner envie de le découvrir, même si c’est vrai avec tout de même une légère crainte, tant les deux auteurs n’ont pas obligatoirement le même registre. Puis pour des raisons obscures il s’est mis à trainer dans ma PAL, à se cacher et il a fallu attendre l’annonce des nominés pour le prix Julia Verlanger pour que je me décide à le découvrir. À noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique et intrigante.

L’histoire démarre sur une idée de base assez simple, loufoque et pourtant terriblement efficace. En effet on découvre qu’il est possible de voyager dans les univers parallèles, et cela avec un simple boitier électronique qu’on fabrique soi-même et qui utilise comme pile une pomme de terre. Bien des années après cette découverte, la Terre se retrouve en pleine mutation. Josué, passeur-né, est alors contacté par une Intelligence Artificielle, Lobsang, pour entreprendre un voyage aux confins des univers parallèles et ainsi essayer d’en apprendre plus d’un point de vue scientifique sur l’histoire de la Terre, son évolution, sa faune et sa flore. Sur le papier il y a donc de quoi me faire rêver, en effet on y retrouve la capacité de faire voyager le lecteur de Baxter, avec l’humour de Pratchett et cette idée de patate comme vecteur pour voyager. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, même si je ne me suis pas ennuyé et trouvé l’ensemble plaisant, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un tome d’introduction assez contemplatif.

Pour faire simple j’ai trouvé que ce premier tome manquait d’un peu de rythme et de surprises. Déjà le démarrage de l’histoire m’a paru un peu confus, donnant l’impression de partir dans tous les sens. Pour expliquer les avantages et les conséquences de ce voyage dans les univers parallèles les auteurs se sont mis à multiplier les points de vue, ce qui, je trouve, n’est jamais une bonne chose, surtout quand ces protagonistes n’apportent rien par la suite, tout du moins dans ce premier tome. Cela donne plutôt l’impression au récit de prendre son temps, voir aussi de se révéler un peu répétitif, même si c’est vrai, cela permet aussi de dévoiler une partie des nombreuses possibilités qui s’ouvre à l’humanité. Que ce soit pour son enrichissement personnel ou le développement à travers une communauté, l’Homme peut dévoiler le pire comme le meilleur. La suite se révèle plus intéressante, une fois le départ du voyage que vont effectuer nos héros aux travers des nombreuses Terres, l’ensemble gagne en intérêt et surtout permet aux auteurs de développer de nombreuses idées, que ce soit aussi sur les différentes transformations qu’a pu connaitre notre planète devant ces multiples possibilités, comme sur les nombreuses conséquences que cela va avoir sur notre société que ce soit à travers l’exode massif, la dévaluation des différents cours boursiers, ou bien encore la grogne et la dissension qui va apparaitre.

Ce qui rend d’ailleurs ce voyage un peu plus fascinant c’est justement l’aspect aventure et découverte qui s’en dégage. On a l’impression de visiter des centaines de mondes qui possèdent tous leurs propres faunes et leurs propres flores. L’imagination des auteurs parait alors sans limite devant les yeux et l’imagination du lecteur, le tout bien porté par des descriptions efficaces de monde sauvages et magnifiques. L’aspect technologique est aussi intéressant à découvrir et apporte un plus. C’est fluide, on tourne les pages avec un minimum de plaisir se mettant un peu dans la peau d’un explorateur qui se retrouve plonger à chaque fois dans nouveau monde. C’est d’ailleurs cette capacité de création et de foisonnement qui rend cette seconde partie du roman plaisante, plus en tout cas que la menace qui essaie de s’imposer alors, mais qui manque quand même de force. Le lecteur n’ayant jamais le sentiment d’être intimidé, dérangé, ce qui est quand même dommage. Mais voilà malgré ce côté plaisant et passionnant à découvrir je n’ai jamais été non plus emporté par le récit. Cela se lit facilement, c’est divertissant et sympathique, on retrouve quelques réflexions intéressantes et une fois dedans on tournes les pages avec plaisir, mais voilà j’aurai pu arrêter de lire ce livre pendant un moment que cela ne m’aurait pas dérangé plus que cela, ne ressentant jamais ce besoin de me replonger dedans pour en apprendre plus, d’être happé. Il y a bien une envie de complexifier le tout avec une sous-intrigue plus prenante sur des clivages politiques et sociologiques qui aboutissent à une conclusion explosive et surprenante, mais elle arrive sur le tard et manque encore un peu de mordant. On a l’impression que ce roman est plus un tome d’introduction, il vient simplement poser les éléments pour la suite. Par conséquent, sans être mauvais j’ai eu du mal à me sentir fasciné.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêt et remplissent parfaitement leurs rôles d’aventuriers, rendant vivant leurs expéditions. On les suit avec plaisir et un minimum d’envie d’en apprendre plus, que ce soit Josué héros taciturne et solitaire qu’on découvre au fil des pages et qui a l’air d’être la clé du voyage, ou encore Lobsang Intelligence Artificielle, qui se prend pour un homme ou bien qui est homme coincé dans un IA, et qui apporte une certaine dose de folie et de cynisme devant sa capacité à régir à certaines situations. Certains des personnages secondaires se révèlent aussi très intéressants, même s’il est encore un peu tôt pour en dire plus tant ils restent mystérieux et peu caractérisés dans ce tome. Mais voilà, tout comme l’intrigue, j’ai accroché aux personnages et à leurs façons d’avancer, d’évoluer, mais je n’ai jamais réussi à m’attacher complètement à eux. Il manquait toujours un petit quelque chose au niveau de l’émotion ou des différentes relations pour me les rendre touchants.

Le style du récit n’est pas mauvais, comme je l’ai déjà dit il se révèle fluide, entrainant et joue sur le fait qu’une fois dans le livre on tourne les pages assez facilement. Pourtant je suis quand même légèrement déçu. Je sais bien que quand on écrit un livre à quatre mains, ça modifie la façon d’écrire. Je ne m’attendais donc pas à retrouver totalement le côté poussé d’un point de vue scientifique que j’apprécie chez Baxter et l’humour décapant et mordant de Pratchett, mais j’espérais au moins un mariage des deux. Hors ici,  là où l’aspect scientifique reste agréable et bien amené, j’ai trouvé que l’humour était justement peu présent. Mis à part une ou deux scènes qui poussent à sourire et cette idée globale de pomme de terre, j’ai trouvé que ce qui faisait les qualités de Pratchett étaient étouffés. Dommage. Peut-être que ça changera par la suite. Au final donc ce roman n’a pas complètement rempli les attentes que j’en avais, mais se révèle tout de même sympathique à découvrir, laissant assez de réponses en suspens et un minimum d’intérêt pour que je me laisse tout de même tenter par la suite.

En Résumé : Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire fluide et un minimum entrainante, mais qui n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’histoire ne manque pourtant pas d’intérêt, malgré un début qui part un peu dans tous les sens ; principalement dans la phase d’exploration des différentes terres parallèles qui offre une imagination débordante. Mais l’ensemble fait un peu trop tome d’introduction, posant simplement les bases. Ça se lit facilement, mais il faut attendre la fin, et le début des dissensions, pour vraiment, je trouve, être happé. L’univers présenté est par contre un des gros points forts du récit, donnant au lecteur l’impression d’être un explorateur et permettant aux écrivains de développer des mondes chatoyants et captivants. Les personnages ne sont pas mauvais, se révèlent cohérents et logiques, mais il manque encore un je ne sais quoi du point de vue émotionnel pour complètement les rendre attachants. Certains des personnages secondaires offrent des potentialités que j’espère voir développer par la suite. La plume se révèle fluide, entrainant et assez efficace, mais voilà autant l’aspect aventure de Stephen Baxter est présent, autant le côté humoristique de Terry Pratchett ne se retrouve pas. C’est dommage, car quand j’ai vu le nom de l’auteur je pensais rigoler, hors j’ai à peine souri deux ou trois fois. En tout cas la conclusion ouvre assez de possibilité pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, Nelfe, Phooka, radicale, Hari Seldon, …

La Voie des Oracles Tome 1, Thya – Estelle Faye

Résumé : La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Église.
Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts.
Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres, voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il a fallu à peine deux romans pour me convaincre d’entrer Estelle Faye dans mon cercle des auteurs de l’Imaginaire à suivre. Que ce soit avec Porcelaine, qui revisitait avec brio les contes chinois (chronique ici), ou bien Éclat de Givre qui nous offrait une histoire post-apocalyptique fascinante et empreinte de poésie (ma chronique ), j’ai toujours passé un excellent moment de lecture avec ses livres. Par conséquent quand j’ai vu que le nouveau roman de l’auteur était proposé en partenariat sur Livraddict, j’ai décidé de tenter ma chance. Je remercie donc les éditions Scrinéo et Livraddict de m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve magnifique.

Ce récit nous plonge dans l’empire Romain qui est en fin de vie, dans une époque où la religion chrétienne impose de plus en plus sa domination en faisant reculer et disparaitre les anciennes croyances. On y découvre Thya, fille du général Sertor, une oracle, obligée de se cacher, aidée par son père, en Aquitaine. Quand son père manque de se faire assassiner et se retrouve entre la vie et la mort, elle décide de fuir, poussée par le destin, vers Brog, forteresse qui a forgé la gloire du général. Elle va alors faire des rencontres qui vont la changer. Sur le fond l’auteur ne cherche pas à révolutionner la littérature Young Adult, nous proposant ici une héroïne qui se retrouve à devoir effectuer un voyage initiatique qui va l’amener à grandir et à évoluer. Pourtant l’auteur s’en sort très bien, nous offrant une histoire plus que solide, captivante qui se révèle fluide et efficace. Alors, j’ai trouvé le démarrage légèrement haché sur les deux, trois premiers chapitres, mais très vite cette sensation disparait au profit d’un récit qui se révèle maîtrisé et prenant que l’auteur parsème de révélations, de rebondissements et de surprises qui ont fait que je me suis retrouvé à tourner les pages avec l’envie grandissante d’en apprendre plus sur les nombreux secrets qui s’y cachent.

La grande force de l’histoire vient aussi de l’univers qui est construit autour de l’intrigue. En effet, il est clairement intéressant et fascinant à découvrir. L’idée de situer le tout au 5ème siècle, en plein empire romain n’est pas anodin et se révèle, je trouve, originale. Elle permet ainsi de développer d’un côté une Rome en pleine décadence qui touche à sa fin sous les complots et les envies de pouvoir, d’y découvrir aussi la grandeur et la richesse de l’époque ; tout en offrant de l’autre côté un aspect plus sombre, qui apparait avec l’influence grandissante de l’église et du christianisme qui apporte avec lui la fin d’une liberté de culte et qui attise aussi une certaine haine, menant les gens à dénoncer sorciers et sorcières. C’est ce monde à la fois troublant, beau et pourtant loin d’être idyllique avec ses zones d’ombres qui va amener l’héroïne à se découvrir, à découvrir qui elle est vraiment et quelle est son rôle. Qui dit oracle, dit magie et mystères et on retrouve ici un aspect mythologique que j’ai trouvé solide et intéressant, nous offrant un panel d’êtres mystiques tels que les Faunes, les Ondines ou les anciens dieux, qui pour le moment restent légèrement en retrait, mais soulève de nombreuses questions intrigantes sur la suite des aventures de l’héroïne et de son rôle à jouer. Une époque qui donne vraiment envie d’être découverte. L’auteur continue aussi dans ses écrits à nous faire découvrir le monde de l’art, avec ici Enoch le maquilleur, ce qui, selon moi, apporte un plus, tout en restant cohérent avec l’ensemble du récit.

Concernant les personnages ils sont finalement plus complexes qu’on peut le croire au départ et se révèlent rapidement assez attachants. Alors certes, on y retrouve l’aspect classique dans ce genre de récit, qui va amener l’héroïne à devoir évoluer devant les évènements, à devoir quitter le monde de « l’enfance » protégé pour affronter le monde adulte qui n’est pas toujours très joyeux et glorieux, mais l’ensemble est très bien construit, amené et captivant. Ils sont au final surtout humains avec leurs besoins, leurs envies, mais aussi leurs zones d’ombres, leurs mensonges que ce soit aussi bien envers les autres que vers eux-mêmes. Entre Thya, adolescente sauvage et fière qui n’a jamais vraiment connu autre chose qu’une vie recluse dans une villa, qui va devoir traverser le pays et aussi découvrir qu’être Oracle est plus un fardeau qu’un avantage, mais aussi Enoch personnage ambigu qui derrière son masque de dragueur insouciant cache une réalité bien plus sombre, ou bien encore Mettius l’ancien soldat qui se révèle complexe et secret, chacun s’avère travaillé, soigné et l’évolution de leurs relations apparait cohérente et accrocheuse. Concernant les personnages secondaires ils ne manquent pas non plus d’attraits, loin de tout manichéisme et certains devraient sûrement être plus développés dans les prochains tomes.

Alors après cela reste un roman Young Adult avec parfois ses passages un peu simple ou traités de façon une peu trop rapide, où ses révélations amenés un peu trop facilement à mon goût, mais l.’ensemble se révèle assez plaisant et prenant pour que cela ne se ressente jamais vraiment. On se retrouve ainsi entrainé à travers les différentes régions et les différentes aventures que vont rencontrer nos héros. Le tout est aussi porté par une plume que j’ai trouvé poétique, riche et entrainante, happant assez facilement et rapidement le lecteur pour ne jamais le lâcher au travers d’un récit maîtrisé. J’attends maintenant la suite du cycle avec impatience tant la conclusion laisse de nombreux points en attente de réponses. Au final un premier tome plus qu’efficace qui m’a offert un bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire, certes classique dans les grandes lignes, mais qui se révèle maîtrisé, entrainante, solide et efficace. On est vraiment emporté par les aventures des héros, le tout dans un univers d’Empire Romain en pleine décadence qui se révèle vraiment intéressant et original avec aussi un vernis réussi de magie et de mystère. Les personnages se révèlent véritablement denses, complexes et attachants avec leurs qualités et leurs défauts, ce qui les rend vraiment humains. Alors après, comme souvent dans le Young Adult, on y retrouve certaines transitions parfois un peu rapide et certaines révélations obtenues un peu trop facilement, mais rien de non plus très dérangeant tant je me suis retrouvé emporter par ce récit. La plume de l’auteur se révèle poétique, fluide et entrainante. La conclusion laisse de nombreuses questions en attente et j’ai maintenant hâte de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lelf, Dup, Livresse des Mots, Althea54, Emyline, …

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 2, Les Enfants du Léthé – Christian Léourier

Résumé : Lanmeur, planète-mère du Rassemblement, poursuit son grand dessein de colonisation…
Sur ces deux planètes que sont Borgœt et Ti-Grid, sa domination est totale. Borgœt, la planète bagne, et Ti-Grid, la pacifique, en sont les exemples frappants. Tandis que depuis  sa prison à ciel ouvert, le Camp 23, Garth survit aux côtés de l’étrange Iwerno et tente d’échapper aux effets du Léthé, la drogue de l’oubli, Skiath part en quête de son nom véritable, celui qui lui dictera sa propre loi, sur son monde où le Lagad, l’épice rituelle, apporte perception et vérité… Mais la seule issue possible, pour ces deux hommes, n’est-elle pas dans la révolte ?

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Il y a environ un an, je me lançais dans la lecture de la première intégrale du cycle de Lanmeur, qui m’avait offert un bon moment de lecture avec trois textes, différents dans la construction, mais pourtant tous lié par cette idée de rassemblement sous la bannière du peuple de Lanmeur. C’était donc sans surprise que j’ai fais rentrer rapidement cette seconde intégrale dans ma PAL qui, j’avoue, y a trainer un petit moment. La quatrième intégrale devant être publiée prochainement, j’ai enfin pris le temps de sortir ce livre de ma bibliothèque dont la couverture, illustrée par Eric Scala, se révèle toujours aussi accrocheuse. À noter que cette intégrale est composée de deux courts romans et d’une nouvelle.

Les Racines de L’Oubli :  Ce récit nous plonge au cœur de la planète-bagne Borgoet qui use de prisonniers, sans aucun scrupule, pour lutter tous les jours contre la forêt qui cherche à reprendre ses droits et tenter ainsi de coloniser et rendre viable cette terre. Les détenus prennent régulièrement une drogue pour éviter de se souvenir de leur passé et de devenir fous sous la vérité. La révolte gronde pourtant et Garth, le narrateur, va s’y retrouver entraine bien malgré lui.

Ce texte diffère de ceux de l’intégrale précédente, ici pas de Lanmeurien qui viennent intégrer de nouvelles planètes au rassemblement, mais une planète hostile où sont envoyés des prisonniers dont on ne se connait rien vu que la drogue efface leurs mémoires. On se retrouve donc ici plongé dans une ambiance plus sombre, plus angoissante, plus étouffante où la mort rôde à chaque instant que ce soit pour le plaisir des gardiens, par le danger de ce nouvel environnement avec cette jungle qui se défend ou encore par le travail de forçat. J’ai été rapidement happé par ce récit qui se révèle être vraiment réussi, passionnant et efficace, qui nous offre aussi pas mal de réflexions intéressantes. Que ce soit sur l’environnement, avec le traitement de la forêt, du contrôle de population de masse à travers la drogue et l’absence d’identité des prisonnier ce qui les rend malléable. Mais aussi un travail sur la liberté, face à cette révolution qui va amener de nombreux changements sur Borgoet, mais qui va aussi démontrer que quoi qu’on fasse, quoi qu’on souhaite, la liberté possède toujours ces limites.

Les personnages sont aussi un des points forts de ce récit, principalement le narrateur Garth qui est loin d’être un saint et possède de nombreuses failles. S’il a survécu aussi longtemps ce n’est pas par hasard. Entre noblesse et pourriture il se révèle vraiment humain, forcé de faire des choix et de vivre avec, mais qui vont aussi parfois le ronger. Les autres protagonistes qui gravitent autour de lui sont tous intéressants à découvrir, avec une mention spéciale pour Iwerno, idéaliste, mystérieux, fougueux, mais qui aime avoir raison et n’aime pas être contredit ; à la fois sauveur et tyran. Ce texte permet aussi d’offrir un regard nouveau sur Lanmeur avec cette idée de rassemblement, dont on découvre ici qu’elle est loin d’être aussi honorable et lumineuse qu’on le prétend ; elle possède aussi ses zones d’ombres et de manipulations. Ce texte est d’ailleurs mon préféré de cette intégrale.

La Loi du Monde : Ce texte nous fait découvrir la planète de Tri-Grid où l’identité joue un rôle primordial pour chacun, en effet c’est le nom que porte chaque personne qui définit sa loi et donc, par conséquent, sa façon de vivre. On va suivre alors le destin de Skaith, né sur cette planète, qui a été abandonné par sa mère à un Lanmeurien pour le sauver d’une terrible maladie et qui, une fois devenu adulte, part en quête de son nom.

On découvre ici un récit qui se révèle humain, avec ce personnage qui n’est ni accepté par Lanmeur, ni par son peuple et dont sa quête va l’amener à découvrir des choses qu’il n’imaginait pas et à découvrir la folie qui s’empare de son pays. Sans véritable nom il n’était rien, mais une fois qu’il aura un nom que fera-t-il ? Sera-t-il apte à être ce qui a été défini pour lui à la naissance et dont il n’a jamais eu conscience ? Une véritable réflexion intelligente et bien mené sur ce qui définit un homme, sur l’importance de son identité dans sa construction, mais aussi finalement de son environnement et de sa formation. Un simple nom suffit-il à définir une personne ? Voilà ce que propose de nous faire découvrir l’auteur à travers le voyage que va mener Skaith sur cette planète, hostile, où les montagnes et le froid règnent en maître.

Ce texte traite aussi en image fond de l’influence de Lanmeur avec ici un aspect très colonisateur, dont l’incidence est présentée comme une maladie qui se diffuse lentement, au fil des générations, attirant les plus jeunes vers des merveilles inconnues, les éloignant ainsi de leurs racines, de leurs vies, de leurs origines sans aucune possibilité de retour. De nouveau cette idée de rassemblement possède ce double visage; cet intérêt de vouloir mettre les hommes sous la même bannière, égalitaire, vers le même chemin, mais au sacrifice de nombreuses cultures, de nombreuses façons de vivre. Cette influence de Lanmeur va même pousser à la folie et corrompre cette fameuse loi, la vicier au point de pousser certains à perdre complètement la raison. Où est donc la beauté du rassemblement ? Un texte percutant, soigné, réfléchi, mais qui j’avoue possède tout de même quelques longueurs, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur multipliait un peu les points de vue pour gagner du temps et garder le lecteur un peu plus longtemps.

Le Secret : Cette nouvelle nous propose de découvrir une nouvelle facette de l’influence de Lanmeur sur les planètes, liée aux générations futures. On suit donc les pas d’un grand-père qui présente son métier à sa petite-fille métissée avec un Lanmeurien. Un texte philosophique, qui se révèle intéressant, offre aussi son lot de réflexions que je vous laisse découvrir pour ne pas trop en dévoiler. J’ai juste été un tout petit peu dérangé par la chute qui m’a paru légèrement improbable. Mais rien de bien gênant.

 

Ce qui me touche encore une fois avec cette nouvelle intégrale ce sont les différents mondes que nous fait découvrir l’auteur. Ils possèdent tous leurs propres réalités, leurs richesses, leurs propres règles, leurs propres sauvageries et leurs propres beautés. Chaque monde se révèle complètement différent et pourtant donne envie d’en apprendre tant il se dégage quelque-chose de magique, de palpable. Là-dessus, on pourrait croire que cette idée de rassemblement commencerait à s’étouffer, à se répéter, mais il n’en est rien tant les intrigues et surtout les réflexions proposées arrivent à se renouveler, à apporter de nouvelles réponses, mais aussi de nouvelles questions sur des discussions de société ; de l’influence des uns sur les autres. Avec dans cette seconde intégrale un point se dégage tout particulièrement, celui de l’identité et de la mémoire. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours aussi soignée, fluide, dense et poétique ce qui fait qu’on est rapidement emporté à travers les différentes histoires. Je ne peux que conseiller la découverte de Lanmeur. Il ne me reste plus qu’à faire entrer la troisième intégrale dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec cette seconde intégrale du cycle de Lanmeur, qui nous propose de découvrir des textes vraiment passionnants, touchants et intelligents. Chaque intrigue se révèle différente de la précédente, faisant réfléchir le lecteur sur de nombreuses questions, que ce soit d’un point de vue sociologique ou personnel, et se révèlent fluides et entrainantes. L’auteur n’oublie pas non plus de traiter de cette fameuse idée de rassemblement de l’humanité, qui continue à se révéler à deux visages. Les différents univers qu’on découvre au fil des pages sont magnifiques et donnent envie à chaque fois d’en apprendre plus, que ce soit d’un point de vue culturel, ou bien encore dans la découverte de leurs écosystèmes. La plume se révèle toujours aussi soignée, poétique et entrainante, nous plongeant facilement dans chacun de ses récits. Je ne peux qu’encourager la découverte de Lanmeur. Il ne me reste plus qu’à faire rentrer les prochaines intégrales dans ma PAL.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Mariejuliet, Lune, Phooka, Xapur, J.a.e_Lou, Lauryn, …

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