Mois : novembre 2014 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois de Novembre 2014

Alors j’avais prévu que le mois de Novembre serait un mois bien rempli en achats avec deux salons de mon côté, les Utopiales et le salon du livre de Colmar, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi rempli. Ajouter à cela l’opération de Bragelonne et j’ai un peu explosé tous les records. Constatez par vous-même.

 

Voilà ce qui a fait grimper ma PAL en livre physique :

  • Seul sur Mars d’Andy Weir aux éditions Bragelonne. Un livre dont j’ai entendu beaucoup de bien et qui m’a été offert en cadeau d’anniversaire en retard.
  • La Vallée de l’Éternel Retour d’Ursula Le Guin aux éditions Mnémos. Je me suis rendu compte que je n’avais aucun livre de l’auteur dans ma bibliothèque, je remédie donc à ce problème.
  • Yellowstone de Ludovic Albar aux éditions Mnémos. Un livre qui m’a intrigué lors des dernières Utopiales et qui a donc fini dans ma PAL.
  • Lignes de Vie de Graham Joyce aux éditions Bragelonne. Ca fait longtemps que je n’ai pas lu de livres de l’auteur, j’ai donc décidé de faire entrer celui-ci dans ma bibliothèque.
  • Juste à Temps de Philippe Curval aux éditions La Volte. Livre qui était nominé au prix Utopiales  et dont le résumé m’intriguait.
  • Étoiles Mourantes d’Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach aux éditions Mnémos. Cette magnifique réédition de ce livre ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • L’archipel du Rêve de Christopher Priest aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’auteur.
  • Les Vélins Carminae d’Isabelle Périer & Frédéric Weil aux éditions Mnémos. Un livre un peu acheté sur un coup de tête face à une couverture accrocheuse et un résumé intéressant.
  • Exodes de Jean-Marc Ligny aux éditions L’Atalante. Un livre qui me tentait depuis un long moment déjà et vu que l’auteur était présent aux Utopiales ça m’a paru être une bonne raison pour me le procurer.
  • Celle Qui a Tous les Dons de M.R. Carey aux éditions L’Atalante. Ce livre m’a été offert par Marmotte qui en avait marre de me voir le chercher partout.
  • Ptah Hotep de Charles Duits aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Autre livre acheté sur un coup de tête, la faute à une illustration de couverture superbe.
  • Dr Adder de K.W. Jeter aux éditions Actu SF. Un livre que j’ai découvert grâce à la présence de l’auteur aux Utopiales et qui a terminé dans ma PAL pour me faire mon avis.
  • Effroyable Ange1 de Iain M. Banks aux éditions L’Oeil D’Or. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’autur.
  • La Grande Route du Nord, Tome 2 de Peter F. Hamilton aux éditions Bragelonne. Après un premier tome efficace j’ai fais entrer la suite dans ma PAL.
  • La Musique du Silence de Patrick Rothfuss aux éditions Bragelonne. Aussitôt acheté, aussitôt lu, vous pouvez retrouver ma chronique ici.
  • L’Étrange Cabaret … des Fées Désenchantées d’Hélène Larbaigt aux éditions Mnémos. J’ai un peu craqué sur ce livre magnifique.
  • Les Âmes Envolées de Nicolas Le Breton aux éditions Les Moutons Électriques. Un livre Steampunk avec une couverture superbe ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • Sagas Légendaires Islandaises aux éditions Anacharsis. J’ai envie depuis quelques temps de me plonger dans le folklore et les légendes et ce livre m’a tape dans l’œil.
  • Planète Génate, L’Intégrale de Jack Vance aux éditions Le Bélial’. Un nouveau Jack Vance vient rejoindre ma PAL.
  • Bleue Comme une Orange de Norman Spinrad aux éditions J’ai Lu. Livre offert par MarieJuliet qui doit chercher à m’amadouer pour l’aider à dominer le monde ^^
  • Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos. Un livre qui me tentait depuis un bon moment déjà, une suite venant de paraitre il a donc rejoins ma PAL.
  • Tout le Steampunk d’Étienne Barillier & Raphaël Colson aux éditions Les Moutons Electriques. Un beau livre sur le steampunk, j’ai donc craqué assez facilement.
  • Utopiales 2014 aux éditions Actu SF. Comme tous les ans je repars avec l’anthologie du festival qui, cette fois, sera lu en LC avec MarieJuliet.
  • Ilya Mouromets et Autres Héros de la Russie Ancienne aux éditions Anacharsis. Un autre livre sur le folklore et les légendes mais cette fois sur la Russie.
  • L’Épée Brisée de Poul Anderson aux éditions Le Bélial’. Une réédition qui ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • American Gothic de Xavier Mauméjean aux éditions 10/18. Un livre dont j’ai entendu énormément d’échos positifs. J’ai donc décidé de le faire rentrer dans ma PAL.
  • L’Alchimiste de Khain de Paolo Bacigalupi aux éditions Au Diable Vauvert. Autre livre offert par MarieJuliet que je remercie.
  • Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg aux éditions Alire. Un livre dont j’ai aussi entendu beaucoup de bien.
  • Dernières Nouvelles D’Œsthrénie d’Anne-Sylvie Salzman aux éditions Dystopia. Livre que j’ai oublié lors de la prise de la photo. Vous pouvez retrouver ma chronique est ici.

Passons maintenant aux ebooks :

  • Le Royaume Blessé de Laurent Kloetzer aux éditions Le Bélial’.
  • Royaume Désuni de James Lovegrove.
  • Renégat Tome 1, Le Chevalier Rouge de Miles Cameron.
  • L’œil du Temps Tome 1, L’Odyssée du Temps d’Arthur C. Clarke & Stephen Baxter.
  • Le Dernier Denier de James P. Blaylock.
  • Goer de la Terre Tome 1, La Planète du Jugement de Michel Jeury.
  • Le Crépuscule des Dieux, La Ménopause des Fées de Gudule.
  • Le Dieu de Lumière de Jean-Pierre Andrevon.
  • Doctor Who : Le Dragon du Roi.
  • La Forêt Muette de Pierre Pelot.
  • Sous le Vent du Monde Tome 1, Qui Regarde la Montagne au Loin de Pierre Pelot.
  • Le Voyageur de James Smythe.
  • Les Navigateurs de L’infini de J.-H.-Rosny Ainé.
  • Magic Cottage de James Herbert.
  • Les Chiens qui Traversent la Nuit de Pierre Pelot.
  • Fortune Cookies de Silène Edgar.
  • Au Coeur du Silence de Graham Joyce.
  • Seuls de Mathias Moucha.
  • Dylan Stark Tome 1, Quatre Hommes pour L’Enfer de Pierre Pelot.
  • La Croix et la Lionne de Michel Jeury.
  • Les Enfants d’Icare d’Arthur C. Clarke.
  • Ch3val de Troi3 d’Eric Nieudan.
  • Le Prophète Perdu d’Algis Budrys.
  • Quatre Cent Milliards d’Etoiles de Paul J. McAuley.
  • La Guerre Tranquille de Paul J. McAuley.
  • Le Seigneur de l’Histoire de Michel Jeury.
  • La Grande Explosion d’Eric Frank Russell.
  • Lune Fourbe d’Algis Budrys.
  • Vlast de Peter Higgins.
  • Les Prairies Bleues d’Arthur C. Clarke.
  • Les Domestiques de Michael Marshall Smith.
  • Les Colmateurs Tome 1, Cette Terre de Michel Jeury.

Une chose est sûre, je ne vais pas manquer de lecture. Bon après le soucis des opérations à 99cts c’est que, oui, les livres m’intéressent, mais ne sont pas toujours prioritaires. En tout cas je l’annonce, c’est officiel, décembre et janvier seront beaucoup plus calme mis à part quelques achats de sorties que j’attends et peut-être des cadeaux pour noël je ne craquerai pas.

Mémoire des Terres Mortes – Claire & Robert Belmas

Résumé : À quoi peut-on songer par une nuit d’éclipse, quand la lune est de sang et que la neige rouge crisse sous le pas ?
Jordan Kernel avance fermement sur le sol glacé. Ses implants rétiniens transforment la solitude noire de la forêt en un flamboiement écarlate. Dans la poche de sa tunique isolante, sa main s’appuie sur la crosse de son STS. Au-dessus de lui, le disque éclatant rutile du fond de l’abîme, tandis que scintille la flotte d’acier des stations solaires.
Oui, à quoi peut-on songer ?
Pas aux décombres inutiles d’une vie de cent dix ans béquillée par les traitements génétiques. Pas à l’histoire dont les vagues cycliques ont emporté les rêves de ceux qui ont vécu ici. Pas à ceux qui sont partis. Pas à ceux qui sont morts. Pas aux salauds. Pas aux saints.
On ne pense à rien, sauf peut-être à la rencontre toute proche qui comblera le vide de cette nuit glacée.
« Les terres dites mortes n’ont jamais été aussi pleines de vie. » Les Régulateurs le savent bien, eux qui ont tout sacrifié pour préserver l’intégrité de cet univers et la liberté de ses derniers habitants. Mais la Vague a déferlé, et la Mémoire du monde a basculé. Ceux qui se souvenaient encore des temps anciens ont vu la Mort fondre sur eux. Et l’Enfer était à ses côtés.

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que ce roman à un peu terminé sa course dans ma PAL par hasard. Ce fut lors d’une de mes nombreuses promenades dans la bulle des livres de la dernière édition des Imaginales que je suis tombé sur ce livre dont la couverture, illustrée par Jean-Félix Lyon, m’a immédiatement attiré et donner envie de me pencher dessus pour en apprendre plus. Après une discussion avec l’un des auteurs, qui m’a permis de mieux comprendre et définir l’univers développé ici, je me suis alors rapidement laissé tenter et fait rentrer ce livre dans ma PAL. À noter qu’il comporte neuf textes, qui suivent une ligne temporelle linéaire partant du 21ème siècle et sur plus de cent ans.

Ce livre est, certes, un recueil de nouvelles, mais un recueil de nouvelles imbriqués les unes dans les autres pour tisser une toile. On y retrouve ainsi régulièrement des personnages qui se croisent et nous dévoilent ainsi un peu plus à chaque fois les évolutions qui vont modifier leurs univers. Chacun des textes va alors nous faire découvrir ce fameux espace qui est appelé les Terres Mortes. Qu’est-ce que les Terres Mortes ? C’est bien simple les auteurs se sont basés sur un phénomène qui est de plus en plus constaté, la désertification de la campagne pour les grandes villes, et ont ainsi imaginé un futur clivé entre des hypers-villes et des zones où la nature a reprit ses droits et où seuls vivent des autochtones et des rejetés. À partir de là ils vont alors nous offrir de nombreux axes de réflexions intéressants que ce soit sur l’utilité qu’on fait de notre planète et de la place qu’on possède, sur l’exode de masse qui pousse les gens à s’agglutiner parfois dans de petits espaces souvent pour pas grand-chose, ou encore un vrai travail de fond sur l’Homme et sa capacité à tout faire pour retarder au plus tard le jour de sa mort, la technologie qui devient de plus en plus pointu mais qui n’est pas toujours maîtrisé ou bien aussi sur les aspects génétiques. Le point fort vient surtout qu’ils ne tombent jamais dans le côté binaire, aucune des réflexions proposés n’offre de véritables réponses, offrant ainsi des aspects positifs comme négatifs.

À partir de là on va se retrouver alors avec neuf textes différents qui vont aller du fantastique, à la science-fiction en passant par le polar, oscillant même quelquefois avec le frisson. Neufs récits qui, dans l’ensemble, se révèlent efficaces et entrainant, le tout à un rythme assez bien soutenu et sans temps morts. On découvre aussi ainsi des Terres Mortes qui, contrairement à leur nom, se révèlent luxuriantes, vivantes, sauvages, possédant beauté et violence, ainsi que des hyper-cités où le phénomène de classe s’est encore accentué, où une violence sourde et une haine se révèle toujours aussi présent dans les quartiers les plus bas, mais où, pourtant, un aspect assez fascinant se dégage quand même et donne envie d’en apprendre plus. C’est d’ailleurs une bonne idée de ne pas transformer la campagne en paradis et faire des villes des monstres, je trouve que cela offre une nuance supplémentaire. On se retrouve alors avec des récits qui se révèlent un minimum complexe et qui ne devraient pas laisser le lecteur indifférent, offrant finalement une humanité déconnecté, parfois futile, qui tourne aussi facilement en rond.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, tous les textes ne sont clairement pas au même niveau et certaines se révèlent parfois un peu linéaire ce qui rend la conclusion moins percutante. Rien de bien bloquant non plus tant l’ensemble se révèle cohérent et entrainant. Autre point qui peut surprendre vient que les auteurs nous offrent un peu une SF qui possède un aspect légèrement surannée, un peu comme si ces récit avaient été écrit dans les années 80-90, rien de bien méchant, mais on y retrouve certains archétypes de l’époque principalement au niveau de certains personnages, comme cette dualité entre Kernel et Klapmann, ou encore sur les aspects génétiques. C’est parfois légèrement dérangeant, mais ne dérange en rien finalement la lecture.

Concernant les personnages, l’aspect intéressant de ces nouvelles c’est de faire revenir régulièrement certains des protagonistes et les faire se croiser au fur et à mesure des textes et des années. On les voit ainsi changer, évoluer et apporter alors des détails et réflexions intéressants sur leurs visions du monde qui change au fil du temps et des technologies. Après tous les personnages ne sont pas aussi fascinants à suivre au fil des pages, certains se révèlent vraiment entrainants et efficaces, là où d’autres, sans non plus se révéler complètement mauvais ou ennuyeux, tombent parfois un peu dans une légère caricature ce qui fait qu’on a un peu plus de mal à s’accrocher à eux.

La plume des auteurs se révèle entrainante, efficace et surtout s’adapte parfaitement aux différents récits qui oscillent dans les différents genres. Je regrette juste, peut-être, un certain détachement du style vis-à-vis des protagonistes ce qui donne parfois une impression de froid, comme un voile sur les émotions qui cherchent à être mis en avant, c’est parfois frustrant même si en rien gênant non plus. Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de neuf nouvelles, dont le dernier texte ouvre d’ailleurs sur de nombreuses possibilités qui appellent une suite. Je lirai donc avec plaisir d’autres écrits des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce recueil de neuf textes, liés dans le temps, qui nous propose de découvrir les Terres Mortes, ces campagnes abandonnées à la nature suite à l’exode des populations vers les hyper-villes. Chaque texte possède sa propre histoire, son propre genre et peut se lire indépendamment des autres, même si l’ensemble forme un tout. Les auteurs nous offrent alors une réflexion intéressante sur de nombreux sujets sans tomber dans le binaire tout en nous proposant des récits entrainants et efficaces. Les personnages se révèlent intéressants avec des aventures entrainantes, même si tous ne sont pas toujours attachants. Alors après tous les textes ne sont pas au même niveau, certains se révélant aussi linéaires mais rien de non plus bloquant. La plume se révèle un minimum soignée et rythmée, s’adaptant à chacun des récits même si je l’ai trouvé un peu détaché concernant les personnages. En tout cas je lirai sans soucis d’autres textes des auteurs.

 

Ma Note : 7/10

Le Dernier Loup-Garou – Glen Duncan

Résumé : Jake Marlowe est le dernier de sa race.
Pourchassé par des tueurs fanatiques qui ont juré de lui trancher la tête, protégé contre son gré par une organisation secrète désireuse de vivre au grand jour, Jake a décidé d’arrêter de fuir. La prochaine pleine lune sera sa dernière.
«Va où tu peux, meurs où tu dois.»
Mais pour le vieux loup-garou suicidaire et blasé, rien ne va se dérouler comme prévue.
Par définition, l’amour est imprévisible.

Edition : Denoël Lunes d’Encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que le loup-garou ne fait pas partie des créatures fantastiques que j’apprécie le plus. Je ne les déteste pas, mais je n’ai jamais non plus été fasciné par eux, mis à part peut-être quelques films vu ici ou là. Pourtant ce livre me tentait énormément au moment de sa sortie, la faute à une promotion efficace et un certain engouement qui tournait autour de lui. Pourtant j’ai longtemps hésité avant de finalement le faire rentrer dans ma PAL ; c’est bien simple depuis l’éditeur a eu le temps de sortir les tomes deux et trois. C’est dire si j’ai traîné. J’ai donc décidé de le sortir enfin de ma bibliothèque. À noter une couverture, qui manque certes selon moi d’originalité, mais a le chic de nous mettre directement dans l’ambiance.

Une fois la dernière page tournée je dois dire que j’ai globalement plutôt bien apprécié ce premier tome, mais bon sang que le démarrage fut laborieux. Le premier tiers du livre a eu énormément de mal à complètement m’embarquer malgré le fait qu’il nous offre un univers qui ne manque pas d’intérêt. La faute tout simplement au personnage principal. C’est bien simple ce récit est présenté comme le journal de Jack Marlow, âgé d’environ deux siècles et loup-garou de son état, qui apprend qu’il est devenu le dernier de son espèce, traqué par La Chasse. On se retrouve donc à suivre un personnage qui pendant les 100 premières pages nous présente un visage dépressif, qui s’apitoie sur lui-même et attend simplement que la mort vienne le chercher. Il nous offre aussi des réflexions, certes pas dénué d’intérêt, sur la vacuité de la vie et sur l’auto-destruction programmée de la société, mais le tout porté par un nombrilisme assez frustrant. C’était peut-être le but de l’auteur, nous dévoiler un héros au fond du trou, mais franchement compliqué de s’attacher à lui ou de s’apitoyer sur son sort sans vouloir par moment le secouer voir faire bien pire. C’est assez énervant car au début finalement on le comprend, puis il nous énerve. Heureusement que la suite va changer la donne.

En effet elle va alors nous plonger dans ce que j’espérais en me lançant dans cette lecture, une intrigue de Fantasy Urbaine enlevée, avec un rythme soutenu et son lot d’action et de rebondissements. On se rend alors compte que l’intrigue se révèle plus complexe qu’une simple bataille finale entre le dernier des Loup-garou et La Chasse. L’ensemble se densifie alors au fil des pages avec l’apparition aussi d’autres êtres mystiques, certes classiques, mais efficaces, que sont les vampires. On se retrouve alors de nouveau happé dans cette histoire qui va nous entrainer au Royaume Uni et en France à la découverte de forces obscures qui ont énormément d’intérêt à retrouver Jack ainsi que par son lot de trahisons et de surprises. C’est dans cette partie que le cynisme du héros prend toute son ampleur, ces différentes réparties qui nous offre un point de vue assez singulier et de nombreuses réflexions assez percutantes, même si parfois un peu faciles,  apportent alors un plus. Surtout ce roman nous offre une histoire loin de la majorité des récits actuels, nous dévoilant finalement un monde loin d’être lumineux et magique avec ces histoires d’amour rose bonbon, non ici le sang, le sexe et la violence prédomine largement, ce qui, je trouve, colle parfaitement à l’ambiance du livre.

Concernant les personnages il y a, je trouve, du bon et du moins bon. Concernant notre héros une fois sa phase dépressive passée, je ne vais pas dire que j’ai commencé à énormément l’apprécier, ce serait mentir, mais il se révèle tout de même de plus en plus attachant, charismatique et avec une bonne dose d’humour noir. Il faut dire que le sort s’acharne sur lui sans donner l’impression de lui offrir un peu de répits. Concernant les autres personnages, j’avoue avoir bien accroché à Talulla et Ellis qui ne manquent pas d’intérêt et se révèlent plus complexes qu’on peut le croire, tandis que d’un autre côté je suis resté plus perplexe avec Grainer et Jacqueline Delon qui, sans être complètement mauvais, ont du mal à ne pas tomber dans une certaine caricature. L’univers développé au fil des pages se révèle assez classique, mais solide et offre pas mal de questions qui restent encore en suspens et donnent envie d’en apprendre plus.

Mais voilà malgré cette accélération et ces passages plus incisifs dans les deux derniers tiers du récit, l’ensemble possède encore quelques défauts. J’ai ressenti quelques longueurs ici ou là principalement parfois dans la capacité du héros à philosopher, ainsi qu’une conclusion, certes explosive, mais qui repose quand même sur un Deus Ex Machina assez frustrant, facile et qui surtout demande plus d’explications. Peut-être par la suite dans les autres tomes.

Concernant la plume de l’auteur, c’est une des grandes forces, je trouve, du récit nous offrant un style qui se révèle clairement percutant, dense, jouant habilement avec l’alternance présent et flashback, nous dévoilant aussi un vrai loup-garou, bestial et sauvage qui donne envie d’en apprendre plus, le tout avec une pointe d’humour et de cynisme pas désagréable. Au final tout n’est pas parfait dans ce premier tome, mais il se révèle tout de même assez agréable et m’a donné envide de lire la suite un de ces jours.

Résumé : J’ai donc finalement passé un moment de lecture sympathique avec ce livre, même si tout n’est pas non plus parfait selon moi. J’avoue que le premier tiers du livre a eu du mal à m’enthousiasmer, le personnage principal tombant un peu trop dans la dépression, l’auto-apitoiement et dans l’attente de sa mort qu’il croit certaine. Certes il a des raisons, mais à force on a clairement envie, au minimum, de le secouer. Puis la suite m’a réveillé, gagnant en intensité, offrant un rythme soutenu, rempli d’action, de trahisons, de surprises et de rebondissements qui font que je me suis finalement laissé emporter. L’univers développé se révèle classique et solide et offre de nombreuses questions qui devraient être développés par la suite. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé, outre notre héros cynique à souhait et percutant ils sont soit complexes et intéressant soit tombent un peu dans la caricature. Je reste par contre légèrement frustré de cette conclusion reposant sur un deus ex machina un peu gros, mais rien de bloquant. La plume de l’auteur se révèle efficace, dense et pleine d’ironie et d’humour noir. Je lirai sûrement la suite de cette série, même si je ne pense pas en faire une priorité.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autre avis : Mariejuliet, Philémont, Gruz, Bibliocosme, ACdeHaenne, etc…

La Musique du Silence – Patrick Rothfuss

Résumé : Rares sont ceux qui connaissent l’existence du Sous-Monde, une toile brisée d’anciennes galeries et de pièces laissées à l’abandon qui s’étend dans les profondeurs de l’Université.
Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée au cœur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme.
Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu’elle se fraie dans cet univers souterrain. À moins qu’elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence…
Son nom est Auri. Et sa vie est peuplée de mystères.
Parmi les nombreuses rencontres de Kvothe, la plus attachante est sans nul doute celle d’Auri. Cette jeune femme, au caractère à la fois sauvage, enfantin et précieux, reste voilée de mystère. Le regard qu’elle porte sur le monde semble percevoir bien plus que celui du commun des mortels. Bientôt elle reverra Kvothe et il faudra lui offrir un présent. Il est temps de se mettre en quête.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Patrick Rothfuss fait partie des auteurs dont j’attends chaque nouveau livre avec impatience. Son premier livre Le Nom du Vent m’avait fasciné par son histoire de Fantasy dense, complexe et portée par un héros charismatique (ma chronique ici). La suite, La Peur du Sage, avait confirmé tout le bien que je pensais de ce cycle (chronique Partie 1 et Partie 2), dont j’attends d’ailleurs le troisième et dernier tome avec impatience. Quand j’ai vu que l’auteur publiait une Novella dans le même univers, qui plus est sur Auri, un des personnages secondaires que j’apprécie le plus, je n’ai alors pas mis longtemps à la faire entrer dans ma bibliothèque. À noter de nouveau une magnifique couverture et des images parsemées au fil des pages, toujours illustrée par Marc Simonetti, ainsi qu’une très belle édition avec couverture reliée.

Alors on va commencer par quelques précautions car, comme l’auteur le dit en introduction, si vous cherchez à découvrir l’univers Chronique du Tueur de Roi ne commencez pas par ce livre. Ce serait une erreur. Il faut au moins avoir lu Le Nom du Vent, voir même La Peur du Sage, avant pour mieux comprendre et appréhender cette histoire. Ensuite si vous cherchez Kvothe vous allez être déçu, on ne fait vraiment que suivre Auri, aucun autre personnage n’apparaît. Enfin si vous cherchez un livre qui bouge, alors il vaut mieux éviter ce livre. Vous êtes prévenu.

Alors que nous raconte ce livre ? C’est bien simple il nous fait plonger dans une tranche de la vie d’Auri, à la recherche d’un cadeau, dans le sous-monde, pour Kvothe qu’elle doit retrouver dans sept jours. Pas de grande histoire, ni de quête, ni de voyage initiatique ou autre. Par conséquent pas vraiment de tension, ni d’action avec plein de rebondissements, simplement la plongée dans la vie, pas toujours facile, de cette jeune fille étrange. Il apparait alors quelque chose de fascinant, pour peu qu’on s’intéresse à Auri et qu’on se laisse emporter, à la suivre à travers ses journées. Elle possède une vision du monde complètement différente de la nôtre, pour elle tout à une logique qui lui est propre et chaque élément, chaque objet, possède son propre esprit, sa propre âme qui varie en fonction de l’évolution du temps ; un peu comme un être humain. Elle se retrouve donc entouré d’objets qui sont, d’une certaine façon, sa famille qu’elle essaie de rendre heureux jours après jours. On est alors fasciné par la vision que nous offre Auri de son monde, de cette légère folie douce qui se dégage d’elle, rendant ses journées à la fois magiques ou tristes, et fait que finalement elle se révèle à part.

Pour peu qu’on l’apprécie, on se retrouve alors à découvrir une héroïne qui est, d’une certaine façon, marquée par la vie, qui nous fait découvrir son monde et dont, finalement, on s’attache assez facilement. On en apprend ainsi plus sur ses émotions, ses sentiments, porté par un travail plutôt efficace et captivant de l’auteur. On sent d’ailleurs bien qu’il l’apprécie énormément, une aura de tendresse se dégage ainsi de cette histoire, mais sans non plus, je trouve, tomber dans une caricature ou un portrait trop parfait de l’héroïne. Une Auri humaine, pleine de failles et de passions, qui ne manque pas non plus de nous offrir quelques mystères et quelques vérités. Le soucis, je trouve, c’est que le côté brisé de l’héroïne reste très magique, touchant et romanesque, alors qu’il ne faut pas oublier qu’elle est un peu « folle ». Un peu comme si l’auteur ne voulait en garder que les aspects les plus féériques des ses troubles tout en oubliant les aspects les plus sombres. Rien de non plus bloquant, mais un peu frustrant je trouve, surtout après ma lecture de La Fille qui se Noie qui offrait une héroïne beaucoup plus saisissante et sans artifices, capable de se faire du mal si elle perd le contrôle.

On en apprend aussi plus sur le sous-monde, ce lieu assez mystérieux dont on entend déjà parler avec Kvothe, qui se révèle finalement être un endroit assez fascinant, enchevêtrement de salles et de pièces toutes, d’une certaine façon, plus magique les unes que les autres. Un labyrinthe qui donne envie d’être découvert. Une certaine poésie se dégage d’ailleurs de ces lieux, alternant aspects lumineux et d’autres plus sombres, mélanges d’égouts, de pièces oubliés et de lieux maudits. Je regrette peut-être juste que finalement ce Sous-Monde soit peut-être un peu trop gentillet, je me souvenais de quelque chose de plus sombre et peut-être plus sauvage dans les Chroniques du Tueur de Roi. Mais bon rien de bien gênant non plus.

Alors après il ne faut pas non plus se leurrer, on est loin d’avoir le meilleur de Rothfuss entre les mains. L’auteur avait clairement envie d’écrire cette histoire. On sent bien, comme je l’ai dit, qu’elle possède quelque chose de particulier pour lui et même si, pour moi, elle s’est révélée plaisante à lire, elle n’arrive pas non plus à offrir plus que cela : un divertissement léger. Un peu comme une petite douceur pour faire patienter le lecteur avant la sortie du troisième tome de son cycle. Le soucis c’est que l’histoire aurait pu, je pense, y gagner déjà en nous en apprenant plus sur le passé d’Auri, qui est toujours aussi nébuleux, vu que cette Novella nous propose simplement de la suivre au jour le jour.  Ensuite il y avait la place pour offrir quelques surprises et rebondissements.

La plume de l’auteur se révèle vraiment intéressante, s’offrant le tour de force de nous offrir un récit sans un seul dialogue sans jamais non plus ennuyer. Une plume qui change complètement de ce qu’il proposait dans ses autres récits, cherchant plus un aspect poétique, féérique et même s’il est encore loin de ce que peut proposer certains auteurs dans ce domaine comme Neil Gaiman, il s’en sort bien arrivant un minimum à emporter le lecteur dans cette histoire étrange. Au final un texte qui se révèle sympathique, pas le plus fascinant ni, selon moi, le meilleur de l’auteur, mais qui possède tout de même un certain charme et une certaine magie . Après à vous de voir si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de chroniquer et si vous voulez mettre 20€ dans un livre de 160 pages. Maintenant reste plus qu’à attendre la publication du troisième tome des aventures de Kvothe qui pourrait sortir en 2016.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette novella qui nous fait découvrir Auri, personnage secondaires des Chroniques du Tueur de Roi. Un texte étrange, nous faisant découvrir une tranche de vie sur 7 jour de l’héroïne. Se dévoile au fil du récit sa vision du monde, complètement différente de la nôtre, ainsi que son comportement assez protecteur vis-à-vis de ce qui l’entoure et qui possède une certaine féerie et une certaine magie. Par contre si vous cherchez des rebondissements ou de l’action, passez votre chemin. On découvre au fil des pages une jeune fille, marquée par la vie, qui se révèle un minimum attachante et accroche le lecteur, même si je trouve que l’auteur la protège peut-être un peu de trop, surtout concernant sa « folie » dont il ne parait garder que les aspects les plus magiques. Le sous-monde gagne ici en profondeur, offrant un lieu labyrinthique assez intéressant à arpenter. Après ce livre est loin de se révéler être le meilleur de Rothfuss, lui offrant plus de développer un peu un personnage qu’il affectionne, offrant un divertissement agréable mais loin de ce qu’il peut proposer dans son cycle. La plume est complètement différente de ses autres écrits, se décalant ver le poétique, et même s’il n’atteint pas le niveau de certains auteurs il s’en sort honorablement bien. Au final je ne suis pas déçu de ma lecture, même si je m’attendais à mieux, en tout cas de quoi patienter en attendant la publication du troisième tome des aventures de Kvothe.

 

Ma Note : 7/10

La Fille qui se Noie – Caitlin R. Kiernan

Résumé : India Morgan Phelps est schizophrène. Elle a de qui tenir, puisque sa mère et sa grand-mère souffraient toutes les deux de troubles mentaux et ont mis fin à leurs jours. Les médicaments l’aident à garder un semblant de contrôle et pour tenter de comprendre les événements qui ont bouleversés sa vie, elle entreprend de rédiger un récit autobiographique, qui va curieusement prendre la forme d’une histoire de fantômes. C’est le meilleur moyen qu’elle a trouvé pour faire partager ce qui la hante… Car India semble obsédée par sa rencontre avec Eva Canning, une femme qui ressemble trait pour trait au tableau qui l’obnubile depuis son enfance, La fille qui se noie. Elle a déjà vu Eva par le passé, sous la forme d’un fantôme d’un loup-garou… A moins qu’elle ne l’ait jamais vu. Qui sait ce que sa schizophrénie lui fait voir ?

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : Le fantastique fait partie des genres qui me passionnent toujours. C’est bien simple mes premières lectures qui m’ont marqué dans l’imaginaire viennent initialement d’auteurs de fantastique avant la SF ou la Fantasy. C’est donc sans surprise que j’ai l’habitude de me pencher sur les quelques sorties qui apparaissent ponctuellement en Librairie. Je me suis donc retrouvé avec ce livre entre les mains, qui m’a rapidement donné envie de le découvrir, déjà par sa couverture que je trouve assez hypnotique et aussi par son résumé offrant une histoire intrigante entre fantômes et folie.

Ce livre nous propose de découvrir alors le journal d’India Morgan Phelps, plus communément appelée Imp, qu’elle commence à écrire suite à plusieurs bouleversements dans sa vie, dont sa fameuse rencontre avec Eva Canning, possible fantôme. Mais voilà elle est différente, elle est schizophrène. Et c’est justement là, je trouve, que se situe la grande force du récit, la façon dont l’auteur va nous immerger dans l’esprit d’Imp, à nous faire découvrir sa maladie et ses différentes manifestations qui viennent régulièrement la déranger. C’est là-dessus que l’auteur offre un énorme travail, adaptant la plume de son personnage en fonction de ses différents changements et de ses différents symptômes, ainsi que ses différents troubles qui apparaissent au fur et à mesure du récit passant de la première à la troisième personne, allant du récit au dialogue avec elle-même. Il y apparait quelque chose de vraiment fascinant à suivre ainsi l’esprit de l’héroïne, sa façon de rationaliser sa vie et chercher à en trouver la clé, à en comprendre les méandres labyrinthiques. Surtout que l’ensemble donne vraiment l’impression de ne jamais tomber dans la caricature, ni vouloir simplement offrir le personnage d’une folle, ce qui est une bonne chose. Elle nous propose plus de découvrir une maladie, avec ses symptômes, sa vision déformée de ce qui l’entoure, de sa vie pas toujours facile et le tout de façon vraiment convaincante, la rendant finalement humaine.

Vient aussi s’ajouter au récit une légère couche de fantastique qui finalement va s’accorder parfaitement à Imp, lui offrir une nuance de mystère supplémentaire. Un fantastique trouble, oscillant entre réalité, mensonge et rêve. La maladie de l’héroïne rend, finalement, ce fantastique plus poignant avec cette incapacité au lecteur à déterminer s’il s’agit d’imagination, due à ses nombreuses obsessions sur les sirènes et le petit chaperon rouge, ou bien s’il y a un fond de vrai dans ce qu’elle voit et ce qu’elle vit avec Eva Canning. Le récit apporte lentement des réponses mais s’amuse à maintenir toujours une phases de doute, ce que j’apprécie, laissant ainsi chacune se faire ses propres choix, ses propres idées et son propre avis. Surtout que l’auteur y ajoute un véritable travail sur l’art et plus principalement la peinture, sur des artistes torturés et des tableaux déroutant, qui permettent d’y ajouter une sorte d’ambiance stressante et un minimum angoissante, ce qui, je trouve, apporte un plus à l’ensemble. On sent que rien n’est laissé au hasard à travers de nombreuses références et un soucis du détail efficace. L’univers de la vie d’Imp est ainsi déroutant, troublant mais clairement entrainant.

Concernant les personnages, je me suis finalement très rapidement attaché à India, jeune fille qui connait sa maladie qui est héréditaire, qui est suivie, prend un traitement et qui vit une vie plutôt normale, avec ses obsessions, ses envies, ses besoins, sa sexualité, sa « banalité ». La vie. Elle se révèle  ainsi être finalement terriblement humaine, avec ses forces et ses faiblesses qu’elle ne maitrise pas toujours et une fragilité qui la rend instable et donne envie de la protéger. Une héroïne touchante même dans ses phases les plus sombres. Sa relation avec Abaylin ajoute aussi une profondeur supplémentaire au personnage, représentée au fur et à mesure comme un roc auquel s’accrocher, qui doit lui permettre de ne pas se noyer, mais qui finalement va aussi jouer un rôle dans sa lente plongée en abyme. Abaylin est d’ailleurs elle aussi un personnage complexe, transsexuelle rejetée par certains de ses amis et de sa famille, qui se cherche aussi une vie a peu près normal, sans non plus trop devoir s’investir socialement, et qui se révèle elle-même ambiguë à travers différents mensonges qu’elle parsème, comme n’importe qui finalement, pour essayer de se magnifier voir d’accrocher Imp.  Les deux héroïnes ne manquent pas d’intérêt, offrent aussi de nombreuses réflexions sur l’acceptation et la différence et se révèlent finalement captivantes.

Mais voilà ce roman est aussi un roman qui peut facilement déconcerter et perdre le lecteur. Comme je l’ai dit on ne rentre pas dans ce roman comme dans une histoire classique et tracée. L’histoire racontée par India est lié par sa maladie, ce qui fait qu’elle part dans tous les sens, garde des informations par devers elle, ne se sentant pas encore prête d’en parler, possède parfois une sorte de fascination pour les chiffres et, selon son traitement, offre aussi dans certains passages remplies de folies. Ce n’est donc pas un livre avec une histoire linéaire, début, milieu, conclusion avec des informations précises et concrètes, c’est un récit qui demande de se laisser porter et de garder l’esprit ouvert. Ce qui n’a pas non plus empêché certains passages de me dérouter, de me perdre dans la conscience d’Imp, ce qui fait que j’ai parfois légèrement eu du mal à retrouver le fil. Rien de bien gênant mais qui surprend. De plus l’auteur aime à garder son récit ouvert, logique la vie n’a pas de conclusion, elle continue quoi qu’il arrive, ce que je trouve fascinant, mais qui, je pense, peut en rebuter plus d’un.

La plume de l’auteur se révèle vraiment soignée, efficace et entrainante, jouant avec les différents styles et écritures pour mieux nous faire découvrir Imp, y ajoutant ainsi aussi deux nouvelles, imbriquées dans le récit, qui je trouve apporte quelque chose de vraiment intéressant. Mon seul petit regret c’est d’avoir vu Neil Gaiman en citation sur la couverture, parlant de poétesse, j’attendais donc quelque chose de peut-être plus poétique, mais rien de non plus bloquant ou gênant. Au final on retrouve ici un roman complexe, qui oscille entre réalité et folie, qui ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais qui m’a offert un très bon moment de lecture assez surprenant. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de plonger dans l’esprit d’India Morgan Phelps qui est schizophrène et qui se met a voir des fantômes. Un journal finalement assez déroutant, mais d’une certaine façon fascinant, bien porté par un travail stylistique captivant, réussi et troublant, ainsi qu’une plume vraiment efficace. L’aspect fantastique s’amuse avec le lecteur, oscillant entre réalité, mensonge et rêve pour mieux surprendre au fil des pages et apporter une ambiance légèrement angoissante. Je me suis retrouvé rapidement happé par ce récit, même si je me doute bien qu’il ne plaira pas à tout le monde, justement par cet aspect où l’héroïne part dans tous les sens, offre des informations parcellaires ou encore sombre dans certaines fascinations et certains troubles. Ce n’est clairement pas un roman linéaire, il faut se laisser porter et emporter par la psyché de Imp même si, j’avoue, parfois je m’y suis quand même perdue. Un récit sur la maladie, la différence qui ne tombe pas dans la caricature, traitant de façon efficace cette différence et le tout avec des personnages poignants et attachants. La conclusion ouverte peut dérouter certains, mais je l’ai trouvé réussie. Je lirai avec plaisirs d’autres livres de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

L’Homme-Soleil – John Gardner

Résumé : Dans la petite ville de Batavia, en 1966, un homme partiellement défiguré inscrit AMOUR en lettres gigantesques sur le macadam d’Oak Street. À l’arrivée de la police, il réussit à détruire ses papiers d’identité. Emprisonné, l’inconnu se fait appeler l’Homme-Soleil. Après une évasion spectaculaire, il revient délivrer un de ses codétenus, mais un drame a lieu : un policier trouve la mort. Commence alors une chasse à l’homme au cours de laquelle, contre toute attente, la proie va devenir le chasseur. Qui est l’Homme-Soleil? Un étudiant anarchiste comme il le prétend? Un magicien fou qui voit le futur? L’incarnation du mal, comme le croit le chef de la police Fred Clumly?

Edition : Denoël Lunes D’Encre

 

Mon avis : J’ai découvert John Gardner il y a un an environ avec la lecture de Grendel, livre qui m’avait offert un excellent moment de lecture, offrant une perspective du monstre du poème de Beowulf assez fascinante, déroutante, étrange et même cynique, le tout à travers une plume superbe et entrainante (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que ce roman, réédité en début d’année 2014, ait terminé son chemin dans ma PAL assez rapidement. Il faut aussi avouer que je trouve la couverture accrocheuse par son aspect finalement sombre et intriguant.

On se retrouve ici à suivre l’enquête du chef de la police, Fred Clumly, qui cherche à arrêter un homme qui se fait appeler l’Homme-Soleil, qui a déjà été emprisonner une première fois pour avoir tenter de peindre AMOUR en majuscule sur la route, mais qui a réussi à s’évader, avec un autre prisonnier, ce qui a causé la mort d’un policier. Alors autant le dire tout de suite ce roman parait se présenter, aux premiers abords, comme un Thriller mais finalement se révèle bien plus que cela. L’auteur, à travers un long travail dense, complexe et soigné sur près de 800 pages qui se révèlent touffus, nous offre finalement une vision d’une humanité en pleine transition entre les années 60 et les années 70, en plein doute face à l’avenir. À la fois drame familial, enquête policière, roman contemporain, introspection des personnages, réflexion philosophique et subtilités, l’auteur brasse les genres pour offrir ainsi une histoire qui ne se laisse pas facilement apprivoiser, le tout sur un rythme extrêmement lent, offrant finalement que peu de rebondissements, mais qui pourtant a réussi à me captiver.

Que ce soit par ses nombreuses réflexions, aussi bien sur la position des hommes et des femmes, sur le couple, sur la vie, mais aussi sur la guerre, plus précisément celle du Vietnam, sur le racisme ou bien encore sur la religion, mais également par son ambiance à la fois pesante, stressante, dévoilant des drames humains et qui restent d’actualité, ce roman ne laisse pas indifférent pour peu qu’on se laisse entrainer. Il se révèle sans concession, offrant ainsi une vision de l’Homme sans aucun artifice qui voit le monde changer autour de lui, mais qui pourtant possède encore en lui de nombreuses peurs ainsi que de nombreux doutes. Un travail soigné sur la société qui est clairement toujours d’actualité dans la façon par exemple d’imaginer les lois ou encore le pouvoir et l’influence des religions sur notre vie, ou bien sur le mariage. On a finalement ici un roman qui parait intemporel devant pas mal d’idées qui nous sont offerts, poussant le lecteur à se questionner, à se remettre en question et à remettre en question le monde actuel. Une vision qui est parfois peut-être un peu trop sombre, comme si l’auteur était lui-même possédé par des démons qu’il cherche à exorciser dans ses romans, mais rien de vraiment dérangeant non plus.

Ce roman n’est, selon moi, pas à mettre entre toutes les mains. Si vous cherchez du Thriller, une histoire qui possède un minimum de rythme ou qui se révèle plus qu’un simple constat humain et profond, oscillant entre loi et anarchie, alors passer votre chemin. Se lancer dans l’Homme-Soleil n’est pas chose aisée, même moi qui d’habitude possède un rythme de lecture soutenu, j’ai mis plus de temps à finir ce roman que d’autres de même taille, pas parce qu’il est lourd ou long, simplement car il demande une certaine assimilation. Il me parait impossible de lire ce livre d’une traite, voir en quelques jours à peine, régulièrement l’histoire demande à être « digérée », à être réfléchi. Certains trouveront sûrement cela indigeste, j’avoue que ça ne m’a pas le moins du monde dérangé.

Le point fort du récit, celui qui m’a véritablement fasciné, ce sont les personnages qui nous sont dessinés au fil des pages. Chacun possède une psychologie propre qui se révèle vraiment dense, profonde et soignée, lié autant à leurs environnements qu’à leurs propres évolutions. Il est assez fascinant de les voir changer, de voir leurs visions se transformer suite à l’apparition de cet Homme-Soleil, un peu comme un caillou qui fait des vagues quand on le lance dans l’eau ; il va clairement bouleverser la ville entière. L’ensemble est porté par deux personnages forts que sont le shérif Clumly et, justement, l’Homme-Soleil, principalement à travers leur dualité, représentant les deux faces d’une même pièce l’un représentant « L’ordre et la Loi » là où l’autre représente plus la subversion, d’une certaine façon le chaos. Deux visions complètement différentes, mais pas si idiotes, de notre monde, mais surtout, finalement, deux déments. Entre la folie déjà bien présente de cet inconnu qui cherche à se venger et à réveiller les consciences et cette lente plongée du shérif qui découvre que son monde, d’une certaine façon, s’effondre et ne sera plus jamais le même, ces deux héros passionnent et dérangent. Les autres personnages ne sont pas non plus en reste avec une mention spéciale pour Millie, présenté comme la garce, qui n’est finalement qu’une femme qui cherche a être libre dans une époque où c’est terriblement compliqué. Chaque personnage représente en fait l’une des nombreuses faces de l’humanité. Je regrette juste que un ou deux personnages secondaires paraissent ne pas servir à grand-chose mis à part développer des idées propres à l’auteur, qui certes ne manquent pas d’attrait, mais ont un peu de mal à vraiment s’imbriquer dans le récit.

L’ensemble possède tout de même quelques défauts, la frontière est mince entre un rythme très lent et des longueurs, une frontière que l’auteur quelques fois franchit, mais qui reste tout de même passager. Certains morceaux, je pense, auraient pu être condensés ce qui aurait permis à l’ensemble d’y gagner un peu plus en fluidité. Comme je l’ai dit les idées qui sont développées ne manquent pas de fasciner et restent surtout contemporaines, mais il arrive que certaines réflexions aient un peu vieillis, paraissent un peu obsolètes par rapport aux différents changements survenus depuis des années, ce qui rend alors le propos un peu désuet. Mais bon rien de non plus bloquant ou dérangeant.

La plume de l’auteur se révèle clairement dense, fascinante, riche, soignée, vivante, jouant avec différents styles et présentations pour mieux surprendre le lecteur, offrant ainsi un travail intelligent et empli de réflexions qui ne manquent pas de faire réfléchir. L’homme-Soleil se révèle être un roman dur à classer et encore plus dur à conseiller. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, qui ne se laisse pas si facilement amadouer, mais dont j’ai trouvé une certaine force et surtout une certaine beauté dans ce qu’il offre. Maintenant je laisse au lecteur de cette chronique décider s’il se trouve tenter ou non par la découverte de ce livre, j’aurai du mal à le conseiller à moins de bien vous connaitre. Par contre, je me pose la question du parti pris de publier ce récit chez Lunes D’Encre qui me parait plus être le label Imaginaire de l’éditeur, alors qu’il n’y en a finalement pas. En tout cas je lirai sans soucis d’autres textes de l’auteur.

En Résumé : L’Homme-Soleil fait partie de ces romans qu’il est difficile de conseiller et de chroniquer, offrant quelque-chose de complètement différent qu’un simple thriller, cherchant ainsi à soulever de nombreuses réflexions sur une humanité en perpétuel changement, pleine de contradiction et aussi à offrir une image, parfois glaçante, de la société. Un roman au rythme particulièrement lent, qui ne cherche pas à surprendre son lecteur, mais plus à le faire raisonner, à l’obliger à se questionner continuellement, offrant au fil des pages, et sans aucune fioriture, de nombreux drames humains le tout porté par des personnages qui se révèlent fascinants et soignés. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre, mais si vous cherchez un récit un minimum énergique, ou si les romans aux idéologies denses et complexes vous rebutent je pense que vous pouvez passer votre chemin. Alors tout n’est pas parfait non plus, l’auteur tombe parfois dans les longueurs, certaines réflexions ont un peu vieilli, ou encore certains personnages secondaires ont du mal à complètement captiver, mais rien de très bloquant non plus. La plume de l’auteur se révèle riche et fascinante, jouant avec les styles pour mieux dérouter le lecteur et, d’une certaine façon, le happer. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

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