Mois : décembre 2014 (Page 1 of 2)

Celle qui a Tous les Dons – M.R. Carey

Résumé : Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre me tente depuis la première fois que j’en ai entendu parler, lors de son annonce de sa publication chez l’Atalante. Il faut dire que les différentes informations glanées à droite à gauche, ainsi que la communication faite par l’éditeur donnait clairement envie de le découvrir. À force de m’en entendre parler, Marmotte a donc décidé de me l’offrir lors des dernières Utopiales. Depuis sa sortie les quelques chroniques que j’ai vu passer et que j’ai vite fait survolé confirmait l’attente que j’avais mis dans ce livre. Il y a quelques jours je me lançais donc, confiant, dans sa lecture.

On part donc ainsi à la découverte, dès les premières pages, de Mélanie jeune fille de 10 ans qui parait vivre une vie normale, allant même à l’école. Sauf que voilà elle est enfermée dans une geôle et ce sont des militaires armés qui l’emmènent, attachée à une chaise, en cours. Pourquoi? Comment? C’est ce qu’on découvre justement au fil de l’histoire je vais donc éviter de trop en dire pour ne pas spoiler. Mais voilà une fois la dernière page tournée je dois bien avouer qu’un léger sentiment de déception me reste. Pas que le livre soit mauvais, il se révèle plutôt agréable et sympathique, mais je pense qu’au vu de ce que j’en avais entendu, et des retours que j’en avais eu, je m’attendais à quelque chose de plus profond, plus dense qu’un simple page turner avec, certes, des axes de réflexions intéressants.

Pourtant l’histoire démarrait bien, avec cette ambiance de huis clos sombre et angoissante qui monte lentement, cette salle de classe où les élèves sont attachés et transporter sous surveillance. Notre moralité et obligatoirement touché et on se pose de nombreuses questions, il faut dire que l’utilisation d’enfants y joue beaucoup, mais ça marche, et même si on découvre assez vite la cause on continue à se retrouver happer par l’histoire ; le besoin de comprendre cette situation. On se retrouve aussi à réfléchir pas mal sur l’étique scientifique, sur notre humanisme, à se demander comment on réagirait face à cela. La première partie est d’ailleurs, pour moi, sûrement la meilleure du livre, offrant un vrai travail original, oppressant et une véritable envie d’en apprendre plus sur Mélanie et ce qui la rend si spéciale. On découvre aussi un monde post-apocalyptique où l’humanité s’est en grande partie effondrée face à l’apparition des affams, des zombies, qui ont obligé les populations à se retrancher dans des camps fortifiés. L’univers gagne ainsi en profondeur au fur et à mesure de la lecture et ajoute une touche à l’ensemble. On sent aussi que l’auteur s’est renseigné un minimum concernant l’aspect scientifique, même si parfois il tombe un peu dans l’aspect inventaire. Puis, comme tout bon soufflé qui démarre trop bien, l’ensemble retombe un peu dès l’attaque de la base pour tomber limite dans un cliché des romans de zombies avec cette échappée d’un point A vers un point B.

Après il faut faire attention, cliché ne veut pas dire pour autant mauvais, cette fuite en avant au milieu d’infestés se révèle solide, efficace avec son lot de scène remplies d’adrénaline, d’actions, de rebondissements et de surprises. On ne s’ennuie ainsi jamais vraiment dans cette seconde partie explosive, mais voilà tout le travail en huis-clos et les réflexions menées auparavant perdent de leurs intensités et l’histoire tombe même parfois un peu dans la facilité. Surtout c’est une légère impression de stagner que j’ai ressenti, mis à part fuir, le reste ne parait pas vraiment avancer et les axes philosophiques paraissent par conséquent figer dans des argumentations binaires. Il faut dire aussi que les personnages ne font pas grand-chose non plus pour aider. Franchement, mis à part la petite Mélanie, qui se révèle vraiment soignée, dense, humaine et qui nous touche par sa vision du monde, les découvertes qu’elle fait et surtout sa façon de les assimiler et de voir le monde, les autres se révèlent être des caricatures. On se retrouve donc ainsi avec Caldwell la scientifique, froide, folle de pouvoir et de reconnaissance qui ne pense qu’à son projet de vaccin et prête à tout pour obtenir des résultats, on a aussi le sergent Parks qui est l’archétype du militaire sa cervelle mais qui connait le manuel du petit soldat par cœur, on a aussi un militaire tendre qui a connu une vie dure, nous offrant d’ailleurs une des réflexions les moins aboutis sur l’alcoolisme, mais qui au lieu de s’appeler Gallagher aurait dû s’appeler Boulet tant il aligne les conneries et on a Justineau, la prof psychologue au grand cœur qui s’est attaché à ses élèves, mais qui cache un lourd secret.

On peut très bien avoir des personnages archétypaux et qui pourtant fonctionnent très bien et attache le lecteur, sauf qu’ici j’ai eu l’impression que l’auteur avait du mal avec les différentes relations, les différents échanges, nous offrant même parfois des scènes qui répondent plus à un cahier des charges cinématographiques que littéraire. Je prend pour exemple cette scène ou Justineau révèle son secret, franchement au ciné avec les violons et le clair de lune ça marchera du tonnerre, là dans le récit ça donne l’impression d’être balancé entre la soupe et la salade histoire de meubler quelques pages de plus, n’apportant pas grand-chose. On évitera aussi de parler de la romance, sauf si l’auteur cherchait à faire dans le glauque ou là, vu les transitions offertes, l’auteur a réussi son coup. Non parce que passer du mec qui nous sort son côté romantique, s’annonçant sous le charme d’une des héroïnes pour, deux lignes plus tard, nous annoncer qu’il l’a mater faire pipi et que là il est trop crevé pour se masturber ; comment dire là ce n’est plus du pragmatisme désolé. Pour les soldats on évitera de cherche leurs logiques et le côté tactique qui parfois déraille un peu.

Alors oui, tout n’est pas non plus mauvais, loin de là, certains passages nous happent vraiment, mais voilà régulièrement des scènes qui, soit donnent plus l’impression forcé de vouloir densifier un personnage, soit tombent dans la facilité font que j’ai levé les yeux au ciel, me déconnectant un peu à chaque fois du récit. Après il ne faut pas le nier, rien que pour la vision proposer par Mélanie, sa façon d’évoluer et d’avancer, cette capacité à nous faire voir le monde de façon différente et simple, élève clairement le niveau. La conclusion se révèle aussi réussi, même si elle n’a pas eu non plus l’effet surprenant qu’elle devait avoir vu que je m’y attendais, mais en tout cas clôture ce récit de façon percutante et réussie.

 La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler efficace, entrainante, nous plongeant assez facilement dans son ambiance sombre et oppressante, dommage que parfois les dialogues tombent un peu trop dans le « parlé », principalement avec le sergent Parks. Certes c’est pour montrer qu’il n’a pas la même culture linguistique que les scientifiques, mais la façon dont il parle, désolé, m’a paru faire cliché. Au final Celle qui a tous les Dons se révèle, malgré un démarrage fort, un livre tout de même sympathique à lire, mais qui ne révolutionnera pas non plus le genre selon moi. Je pense aussi que mon ressenti vient aussi du fait que j’avais des attentes complètements différentes par rapport à ce livre.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman, même s’il est loin d’avoir pleinement remplis les attentes que j’avais en le commençant. Pourtant tout démarrait bien, avec un huis-clos qui nous faisait réfléchir et touchait à notre moral pour nous obliger à nous poser de nombreuses questions. Puis l’ensemble devient alors un simple récit classique de fuite en avant dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, n’apportant rien de nouveau excepté peut-être une petite touche d’humanité. Car oui ce qui selon moi porte l’ensemble du récit c’est la petite Mélanie personnage à la fois attachant et travaillée qui nous offre une vision du monde simple efficace. Dommage qu’elle soit finalement entourée de personnages par moments un peu trop clichés ; pas mauvais non plus, mais loin de marquer, surtout devant certains passages assez déroutants et mal amenés. L’univers se révèle solide, efficace et bien porté par un minimum de recherche sur les passages scientifiques, même si parfois il tombe dans l’inventaire. On sent bien par contre que l’ensemble est prêt pour le cinéma avec les scènes qu’il faut au bon moment, dommage que cela ait parfois du mal à prendre ici. La conclusion se révèle efficace et devrait en surprendre plus d’un, tout dépend de ce que vous avez déjà lu ou pas. La plume de l’auteur est simple entrainante et efficace. Je pense que j’avais trop d’attente avec ce livre, j’espérais autre chose qu’un page turner explosif.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Cornwall, Dup, …

Comment j’ai Cuisiné mon Père, ma Mère… et retrouvé l’amour – S.G. Browne

Résumé : Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes.
Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey.

Edition : Mirobole Editions
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre j’en entends parlé depuis un long moment déjà, c’est bien simple depuis sa sortie qui remonte a plus d’un an maintenant. Pourtant, je ne sais pas trop pourquoi, il n’a jamais réussi à terminer dans ma PAL, la faute peut-être à un titre à rallonge qui me laisse toujours songeur et la peur de trop tomber dans une romance. Il a fallu attendre de nombreux avis, plus que positifs, pour que je décide à le faire entrer dans ma bibliothèque. À noter aussi l’aspect esthétique du livre, qu’on retrouve sur tous les livres de chez Mirobole et qui, j’avoue, se révèle réussi, à travers une couverture souvent assez simple aux premiers abords et qui pourtant offre bien plus et plonge clairement dans le récit.

 On se retrouve ainsi à suivre Andy, héros rejeté et détesté par quasiment tout le monde pour la simple raison qu’il est un zombie. Il passe ainsi ses journées enfermé dans la cave de ses parents, qui ne le supportent plus vraiment dans son nouvel état, et a pour seul loisir une thérapie de groupe avec d’autres zombies. L’intérêt du roman vient ici principalement du fait que l’auteur a décidé de mettre comme narrateur principal un zombie : Andy. Un peu comme c’était le cas dans L’Education de Stony Mayhall cela permet ainsi d’être au plus proche du héros, de mieux le comprendre et ainsi de mieux imaginer ce qu’il traverse, ce qu’il ressent et ce qu’il vit. Sauf qu’ici les classiques du roman de zombies sont complètement bouleversés, loin du monstre mangeur d’homme, devenant presque humain. Alors certes on n’est pas du tout dans le roman d’action, bourré d’adrénaline et de morsure, mais plus dans un roman qui cherche à dévoiler et apporter un message, mais tout de même avec une bonne touche d’horreur et aussi d’humour. Car oui l’humour noir et le cynisme sont une des grandes réussites du récit, de nombreuses scènes m’ont fait sourire, voir réussi à me faire rire. Attention on est pas dans de l’humour potache, qui cherche à faire « mourir de rire » son lecteur, mais plus dans un humour plutôt discret, qui vient ici apaiser le côté sombre et parfois sanglant du récit ; qui vient apporter une touche de détente dans un roman intelligent.

Car oui, le second point fort du récit vient dans le message que cherche à faire passer l’auteur, un message de tolérance sur le rejet des autres. Les zombies étant devenu la nouvelle minorité qu’on peut haïr librement, vu qu’en plus ils sont morts qui s’en plaindra et qui s’en souciera, le quotidien de notre héros se révèle ainsi rempli de brimade, de haine et de violence, simplement parce qu’il est différent et que, d’une certaine façon, il effraie les vivants et devient ainsi un défouloir pour tous les maux qui existent. Mais c’est aussi plus que cela, il s’agit d’une véritable critique sociale sur ce qui pousse les gens à entrer dans des moules qui sont prédéfinies, même si cela les rend déprimés et qu’ils doivent suivre des thérapies pas toujours adéquates, ainsi qu’une critique acerbe des médias qui font et défont la vérité au bon vouloir des audiences. Un véritable travail est aussi fait sur le mal-être des personnages, qui ne se sentent ni compris, ni acceptés. Une philosophie diffuse, au fil des pages, qui se révèle vraiment soignée et réfléchie. Concernant l’univers que développe l’auteur autour des zombies il se révèle assez sympathique, démarrant de façon classique pour mieux arriver à nous surprendre au cours de la lecture et de l’évolution des héros. Après je regrette peut-être juste quelques libertés que l’auteur s’offre dans la représentation du zombie ainsi qu’un manque, parfois, de réponses, mais rien de non plus trop dérangeant ou bloquant.

 Concernant les personnages, le fait d’être au plus près d’Andy, qui est le narrateur du récit, fait qu’on s’attache assez facilement à lui dès le début, avec ses problèmes, son besoin d’être apprécié et aimé et sa recherche d’une vie normale ; il arrive vraiment à nous toucher. On découvre aussi avec lui de nombreux autres zombies, principalement ceux de son groupe de thérapie, qui vont ainsi lui offrir de nombreuses aventures, mais aussi des nombreuses situations des plus déroutantes et cocasses. Mais voilà la narration à la première personne a aussi son inconvénient, on s’accroche moins facilement aux autres personnages rencontrés, surtout quand il y en a plusieurs et c’est vraiment dommage, car j’ai ainsi eu du mal à vraiment m’émouvoir à ce qui peut arriver à certains des amis d’Andy, un peu comme si, consacré qu’à lui, j’avais un peu de mal à m’intéresser aux autres. De plus les personnages secondaires manquent aussi, parfois, d’un peu de consistance. Alors attention rien de non plus perturbant, ou qui peut freiner la lecture, tant ils arrivent par leur énergie à nous donner envie d’en lire plus.

Pourtant tout n’est pas non plus parfait dans ce roman, autant le premier tiers m’a passionné par son aspect original, plein d’humour et de mordant, le troisième tiers m’a lui happé par ses aventures, ses rebondissements et ses surprises, autant l’entre-deux m’a paru moins entrainant, perdant un peu de sa saveur, me donnant un peu l’impression que l’auteur tourne en rond autant dans ses réflexions que dans ses aventures. Cela n’empêche pas cette seconde partie de se laisser lire, mais j’ai trouvé qu’elle n’avait pas la même force que les autres, peut-être que quelques pages en moins aurait pu apporter un plus. Autre point qui s’est fait ressentir, l’auteur s’offre quelques répétitions qui, au bout d’un moment, perdent de leur intérêt, principalement dans l’humour comme par exemple cette phrase qui revient régulièrement « Si vous n’avez jamais … , alors vous ne pouvez pas comprendre » qui, à force de la lire, devient lassante je trouve.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante ce qui fait qu’on tourne les pages avec envie d’en apprendre plus, nous plongeant ainsi dans un récit possédant une bonne dose d’humour et d’horreur et qui surtout fait réfléchir sur notre société. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, certes avec quelques défauts, mais qui m’a donné envie de lire les prochaines aventures d’Andy dans Le Jour où les zombies ont dévoré le Père Noël.

En Résumé : J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans l’univers d’Andy, zombie de son état, qui doit faire face au rejet et à la haine des autres. L’auteur nous offre ainsi une véritable critique sociale soignée et réfléchie sur l’acceptation des autres et sur notre société, le tout sur fond d’horreur, et avec une dose d’humour qui évite ainsi de trop sombrer dans le noir et le déprimant, offrant ainsi une légèreté bienvenue. L’univers zombies se révèle assez efficace, même si je reproche certaines libertés que se prend parfois l’auteur, mais rien de bien gênant. Concernant les personnages on s’attache très rapidement à Andy, à son calvaire et sa mélancolie qu’il traine, mais j’ai eu un peu plus de mal à vraiment m’attacher aux autres protagonistes qui offrent, certes, de nombreuses aventures, mais dont la narration à la première personne tend parfois un voile sur leurs émotions selon moi. Mon seul regret concernant ce récit vient d’un essoufflement vers le milieu, l’auteur donnant l’impression de tourner un peu en rond avant de se relancer dans une troisième partie efficace. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante. Je lirai en tout cas la suite des aventures d’Andy avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Cornwall, Lelf, Mariejuliet, Jae-Lou, Dup, Zina, Joyeux-drille, …

Joyeux Noël!

Je vous souhaite à tous et à toutes un joyeux noël !

En vous souhaitant plein de bonnes choses (livresques ou non) sous le sapin et de bonnes fêtes.

Liavek – Megan Lindholm & Steven Brust & Gregory Frost

Résumé : Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, les habitants reçoivent une dose de « chance » chaque année, le jour de leur anniversaire. La plupart des gens ne peuvent utiliser ce pouvoir, seuls les sorciers ont appris à le manipuler, souvent à leur propre profit. Kaloo, une jeune orpheline, sent qu’elle pourrait apprivoiser et développer sa « chance », mais comment faire alors qu’elle ignore sa date de naissance ? Taraudée par cette question, elle consulte un mage pour tenter de lever le voile sur ses origines. Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux.Certains mystères devraient rester dans l’ombre…

Edition : ActuSF

 

Mon Avis : Ce recueil n’a pas fini dans ma PAL par hasard, il faut bien avouer que voir Robin Hobb (ou plutôt ici sous le nom de plume de Megan Lindholm) au sommaire a fait que j’ai rapidement été tenté par ce livre. Ajouter à cela un résumé intriguant ainsi qu’une couverture, illustrée par Yana Moskaluk, vraiment superbe et il a donc rejoint ma bibliothèque. Il s’agit ici d’un recueil de six nouvelles, avec même une nouvelle écrite à trois auteurs, avec comme point central la ville de Liavek. Les récits se révélant tous liés les uns avec les autres, formant ainsi une histoire globale, je ne vais pas parler de chaque texte, mais plutôt tenter une chronique globale.

Commençons déjà par poser le contexte. La préface vient ainsi nous expliquer ce qu’est Liavek, ville imaginée par Emma Bull et Will Sheterly, où à chaque date anniversaire on obtient une quantité de chance à « utiliser ». Certains arrivent même à la stocker et à s’en servir sur le long terme pour améliorer leurs vies. De nombreux auteurs connus ont ainsi, au fil des années, et à travers de nombreuses anthologies, écrits sur cette ville, la faisant par conséquent évoluer et pourtant j’avoue que c’est la première fois que je lis des Textes sur Liavek. ActuSF a d’ailleurs décidé de cibler les textes écrits par Robin Hobb/Megan Lindholm, et plus précisément ceux tournant autour de Dashif et Kaloo.

Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que l’ensemble des textes réunis dans ce livre se révèle sympathique à lire, divertissant, bien porté par des intrigues pleines de manipulations et de mensonges et qui surtout offrent leurs lots de surprises et de rebondissements. Pourtant l’ensemble manque quand même de force et de puissance pour se révéler n’être plus qu’un simple divertissement efficace et, aussi, tous les textes ne sont pas au même niveau. Je prends comme exemple Un Acte de Contrition de Steven Brust, première nouvelle qui ouvre le recueil, qui a eu du mal à totalement me convaincre malgré une intrigue solide, mais qui se révèle trop simple, les réponses arrivant trop rapidement et l’auteur s’amusant inutilement à complexifier la résolution pour pas grand-chose.  Par la suite l’ensemble commence à s’équilibrer, il faut bien avouer, en partie grâce à Robin Hobb qui, comme à son habitude, vient y apporter une bonne dose d’humanité et d’émotion qui manquait un peu justement à ce premier texte. L’intérêt de ce recueil vient aussi que chaque nouvelle arrive à se lire indépendamment tout en formant ensemble une histoire, certes classique, mais agréable.

On se laisse ainsi prendre au jeu des autres récits qui, vont ainsi nous faire découvrir Liavek, la ville obscure, qui se dévoile lentement au fil des pages, nous proposant un univers solide, efficace, bien porté par des jeux de pouvoirs et de manipulations, où nos héros vont se retrouver entrainer au fil des histoires et amener à bouleverser de nombreuses choses. La ville en elle-même possède aussi du charme et un aspect culturel des plus soigné, donnant presque envie de se promener dans ses rues et de gouter ce fameux ragout. On en apprend aussi plus sur ce fameux concept de chance, qu’on peut utiliser comme on utilise la magie, encore faut-il savoir comment faire et être doué pour cela, qui ne manque pas d’intérêt et donne envie d’en apprendre plus. Surtout quand l’auteur nous propose une héroïne qui ne connait pas sa date de naissance. Après j’avoue, j’attendais peut-être aussi plus de profondeur de l’univers, comme je le dis il n’est pas mauvais, se révèle solide, mais voilà reste toujours en fond des histoires alors qu’il aurait pu prendre une place plus importante ; Liavek étant une ville à la fois fascinante et pleine de zones d’ombres.

Concernant les personnages ils se révèlent être l’un des points les plus intéressants du récits. Que ce soit Kaloo la jeune orpheline qui évite de tomber dans les clichés, possédant un caractère fort et qui sait ce qu’elle désire et est prête a beaucoup pour l’obtenir, ou bien encore Dashif homme de main froid et méthodique, bras caché et armé du pouvoir, qui réalise les pires besognes ; il va pourtant croiser de nombreux obstacles, voir sa vie bouleverser et ainsi se dévoiler au fil des pages. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, possédant un minimum de densité pour nous accrocher comme par exemple les parents adoptifs de Kaloo. Mais surtout ce qui se révèle efficace, ce sont leurs relations, qui vont évoluer et changer au fil des pages, des années et des rencontres, offrant un travail intéressant sur les émotions et aussi, légèrement, sur la notion de famille et d’amour. Alors après j’avoue que certains personnages manquent un peu de consistance, principalement dans la dernière nouvelle, j’aurai par exemple aimé en savoir plus sur Jolesha ou encore Brajii qui possèdent du potentiel, mais qui ne parait jamais exploité.

Les différentes plumes des auteurs arrivent finalement à se marier efficacement, chacun apportant sa petite touche, pour nous offrir une trame de fond cohérente, sympathique et entrainante. Après on ne va pas le cacher ce recueil ne révolutionne en rien la Fantasy, l’ensemble se révélant dans les grandes lignes convenus et parfois sur certains aspects un peu simpliste, mais l’ensemble se laisse lire facilement et donne même envie d’en apprendre plus sur cette ville qu’est Livaek. Qui sait peut-être un jour à travers la publication d’un autre recueil.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de six nouvelles, liées entre elles, qui vont nous faire plonger dans la mystérieuse ville de Liavek avec sa magie qui donne envie d’en apprendre plus et ses luttes de pouvoirs. Au milieu de tout cela on va découvrir Dashif et Kaloo deux personnages intéressants au caractères fort et engagé qui vont se dévoiler peu à peu au fil des textes et voir leur vie bouleverser par les évènements. Un des points intéressants du récit est de proposer à travers six textes qui peuvent se lire indépendamment, mais qui ensemble une trame de fond plus dense et cohérente du début à la fin. Des personnages humains qui ne manquent pas de se révéler attachants. Alors après tous les textes ne sont pas au même niveau, certains manquant parfois de complexité, et l’ensemble n’a rien non plus de révolutionnaire proposant une Fantasy classique, mais remplissant pleinement son rôle de divertissement et se révèle agréable. En espérant pouvoir retourner un jour dans Liavek et en apprendre un peu plus sur cette ville qui reste encore très énigmatique.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Vert, Ptitetrolle, Boudicca, karline05, …

Le Chaos en Marche Tome 1, La Voix du Couteau – Patrick Ness

Résumé : C’est l’année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d’hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais…

Edition : Gallimard
Poche : Pôle Fiction / Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre, j’avoue, je n’en ai pas entendu parler avant de le voir sortir en poche. Il faut aussi dire que pour les romans jeunesse soit je connais déjà l’auteur, soit je marche sur un coup de tête. Vu que j’ai dû passer à côté de sa sortie en grand formant, que je n’accroche pas du tout à la couverture de Pôle Fiction et que je ne connaissais pas l’auteur, il a fallu attendre sa sortie chez Folio SF avec cette illustration accrocheuse pour que ce roman commence à me donner envie de le découvrir. Par conséquent quand j’ai vu que Livraddict le proposait en partenariat, j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai été sélectionné. Je remercie donc Livraddict et Folio SF pour m’avoir permis de découvrir ce premier tome.

On se retrouve donc, ici, à suivre Todd, un jeune garçon qui dans un mois, selon la loi de sa ville, va devenir un homme. Todd n’habite pas n’importe où, il est l’un des colons du Nouveau-Monde, et le dernier enfant de Prentissville. Surtout Nouveau-Monde possède une particularité, un virus lâché durant la Guerre qui fait que l’on peut entendre tout le monde penser : le Bruit. Sa vie va complètement basculer le jour où, en se rendant dans le marais il va croiser une poche de silence. Il va alors se retrouver à fuir et découvrir la vérité. Dès les premières pages, j’avoue j’ai été captivé par ce roman. Déjà par l’aspect stylistique, le narrateur étant un enfant d’environ 13-14 ans, dans un monde où la langue passe au second plan, devenant moins maîtrisé, l’auteur a donc décidé de complètement s’adapter offrant ainsi un langage simple et d’une certaine façon « appauvri », mais pourtant il s’agit un vrai travail de forme qui met clairement dans l’ambiance et colle parfaitement à ce garçon de ferme innocent. Cela pourrait par contre en surprendre plus d’un et peut-être se révéler bloquant pour certains, mais ce serait passer à côté d’un roman réussi je pense.

L’histoire qui nous est alors proposée se révèle elle aussi terriblement efficace et entrainante, bien porté par un rythme tendu et haletant de la première à la dernière page. L’auteur maîtrise clairement son récit, apportant ainsi de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises sans jamais non plus tomber dans la surenchère ou se perdre. C’est d’ailleurs cette intensité, cette fuite en avant sans retour, qui fait que le lecteur tourne les pages avec plaisir et l’envie d’en apprendre plus. Alors certes sur le fond on reste tout de même dans un récit initiatique, avec ce jeune Todd qui va rapidement se retrouver confronter au monde des adultes, un monde souvent empli de duplicité et de mensonges, mais qui possède aussi ses zones de joie et de bonheur. Il va donc ainsi devoir, peu à peu, quitter le monde de l’enfance et parfois pas toujours de façon plaisante. Pourtant, malgré ce côté classique, l’auteur arrive vraiment à construire une intrigue dense, complexe qui possède de nombreux secrets et de nombreuses trahisons, mais aussi de belles rencontres. Je regrette par contre certaines répétitions dans les réflexions de Todd qui a besoin de remâcher les informations avant de bien les assimiler, peut-être même un peu trop parfois, ainsi que certains retournements de situations un peu simplistes, mais dans l’ensemble rien de bien non plus dérangeant.

L’univers se révèle vraiment solide, efficace et captivant pour, d’une, ce qu’il propose, mais aussi pour ce qu’il laisse en suspend poussant ainsi à vouloir en apprendre plus. On se retrouve dans un lointain futur, Nouveau-Monde étant finalement une colonie pour une fraction humaine cherchant un nouvel Eden et fuyant une Terre de plus en plus violente et sombre. On découvre au fil du récit un monde luxuriant, avec des animaux qu’on connait, mais aussi une faune et une flore indigène, propre à cette planète. Alors certes on reste dans des descriptions simples, mais elles se révèlent efficaces et offrent un dépaysement des plus intéressant dévoilant un monde sauvage, qui garde encore de nombreuses surprises par devers lui pour sûrement mieux nous surprendre par la suite. Il soulève aussi de nombreuses questions au fil des pages, comme par exemple sur les Spackles, et offre aussi de nombreuses réflexions comme sur la définition d’un Homme ou encore sur les relations entre les hommes et les femmes ou même nos relations avec les autres, mais aussi sur le besoin des peuples parfois de fuir, de s’enfermer, et pousse ainsi le lecteur à se réfléchir. Le principal intérêt ici vient quand même du Bruit, cette capacité à pouvoir lire dans la pensée des autres, ce qui amène un sacré bouleversement dans la façon de vivre de chacun. Un univers sombre, violent, mais qui ne manque pas d’attrait et donne envie d’en apprendre plus.

La narration du récit se fait à la première personne ce qui fait qu’on se retrouve au plus près de Todd, on découvre ainsi un héros qui est complètement perdu dans un monde qu’il croyait connaitre, mais ne comprend finalement pas. On s’attache ainsi petit à petit à lui au fil de la lecture malgré son côté parfois un peu « idiot » et sa capacité à jurer trop facilement. On se prend clairement d’affection pour ce petit homme qui va devoir traverser de nombreuses épreuves et surtout découvrir des émotions tels que l’amitié, la joie, mais aussi la peur ou encore la haine. Todd ne fait pas non plus son voyage seul, il avance ainsi avec Viola qui se révèle elle aussi intéressante, jeune fille arrachée à son milieu qui est abandonnée dans un monde inconnu qui va devoir apprendre à avancer malgré les pertes qu’elle a connu. Autour de nos héros, gravitent de nombreux personnages qui ne manquent pas d’attrait, servant soit d’aide soit de point de réflexions aux voyageurs mais qui, parfois, manquent clairement de profondeur. Rien de bien gênant non plus. Par contre j’ai parfois eu un peu de mal avec Todd qui tombe parfois légèrement dans une certaine caricature, rien de bloquant, mais parfois frustrant.

Puis arrive cette conclusion, nerveuse, terriblement efficace, pleine de surprises et de retournements de situations, dévoilant certaines vérités, et qui appelle aussi clairement à lire la suite. C’est d’ailleurs légèrement frustrant de ne pas avoir le second tome à portée de main, j’aurai pu facilement me laisser tenter. Il ne me reste plus qu’à me dépêcher à la faire renter dans ma PAL tant le premier tome se révèle passionnant, rempli d’aventures et intense.

En Résumé : J’ai finalement passé un très bon moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une histoire pleine d’aventure et qui se révèle intense, certes basé sur un voyage initiatique, mais offrant une intrigue solide, dense et complexe avec son lot de rebondissements, de trahisons et de révélations. L’univers qui nous est proposé se révèle intéressant, amenant de questions et réflexions efficaces, et surtout offrant des découvertes intéressantes. Les personnages ne manquent pas d’attrait et on s’attache assez facilement au fil des pages à Todd et Viola, je regrette juste certains protagonistes secondaires qui manquent de profondeur. La plume est, pour moi, une des grandes forces de ce récit, s’adaptant à un monde en régression et à la narration d’une jeune de 13-14 ans ce qui peut, certes en bloquer, certains, mais m’a permis de mieux m’immerger. Je regrette par contre certaines répétitions, principalement dans les réflexions de Todd, et aussi certains retournement un peu simplistes, mais franchement rien de bloquant tant le récit se révèle haletant et aboutit à une conclusion qui donne clairement envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Zina, Gruz, Nanet, Ptitetrolle, Radicale, Lynnae, …

Burndive – Karin Lowachee

Résumé : Ryan Azarcon a dix-neuf ans. Fils de l’un des plus célèbres combattants humains, le commandant du transporteur hyperspatial Macédoine Cairo Azarcon, et de la richissime Songlian Lau, il est considéré par les médias de la Jante et des Dragons comme « le célibataire le plus sexy » de la station Austro… Riche, jeune et célèbre, donc. Mais surtout traumatisé par un attentat vécu sur Terre et suite auquel il a interrompu ses études pour revenir se calfeutrer sur Austro et se défoncer à l’Argent au sein d’une jet set aussi désabusée que désœuvrée. Jusqu’à ce qu’une jeune femme s’effondre dans ses bras, morte de s’être trouvée entre lui et un assassin payé pour l’abattre. Qui peut bien vouloir le tuer ? Beaucoup de gens, en fait, humains ou aliens, tant le jeune homme est au centre d’enjeux qui le dépassent. Alors que tout s’écroule autour de lui, que la guerre s’invite dans sa vie dorée, Ryan comprend que le temps des illusions est désormais révolu…

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Il y a deux ans maintenant je me lançais, un peu par hasard, dans la lecture de Cagebird, troisième tome publié de ce cycle. Heureusement pour moi chaque volume de ce cycle peut se lire indépendamment les uns des autres, j’ai donc pu profiter d’un roman efficace, complexe et entrainant (ma chronique ici). Je me suis donc rapidement lancé dans la lecture du premier tome, Warchild, qui confirmait tout le bien que je pensais de ce Space-Opera, m’offrant un récit que je trouvais même légèrement supérieur à Cagebird (ma chronique ). J’ai par conséquent fait rapidement rentrer le tome manquant dans ma PAL. Par contre je reste toujours sceptique concernant la couverture, illustrée par Nicolas Fructus, qui a du mal à totalement me convaincre.

Ce qu’il y a de très intéressant avec cette série, c’est que le personnage principal change à chaque tome. Dans Burndive on va ainsi se retrouver à suivre Ryan Azarcon, fils du célèbre capitaine spatial Cairo Azrarcon et de Songliau Lau tout aussi célèbre dans la diplomatie. Il n’a jamais connu que fortune et bonheur, mais dont la vie a changer depuis sa visite sur Terre et il va rapidement se rendre compte que la guerre, dont il ne sait rien, va très vite le rattraper. Ce tome prend clairement le contre-pied des autres, pour le meilleur et aussi pour le moins bon, n’offrant pas ainsi une plongée direct dans ces conflits, que je commençais à connaitre, mais plutôt de développer la vision du peuple. On la découvre ainsi à travers les yeux d’un habitant d’une station, complètement déformé par les actualité médiatiques reçues, dont la majorité ne voit la guerre que comme une information comme une autre, sans en connaitre le véritable coût, ni même toute la souffrance qu’elle peut occasionner. Une travail de fond efficace sur l’influence des médias, des communications qui circulent et la vision que peut avoir une personne, loin de tout, sur des sujets qui ont de mal à véritablement le toucher, à le concerner. Une critique aussi acerbe sur ce milieu, assez jet-set, où tout est surveillé, contrôle, vérifié et diffusé, où les mots « vie privée » et « solitude » sont bannis et où il faut savoir jongler avec les déclarations.

L’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir quelques petits coups d’éclats qui font que la tension monte lentement au fil des pages. Entre surprises, manipulations, trahisons et escarmouches, rien ne va se révéler simple pour notre héros, un peu perdu ; lui qui n’a toujours connu que les strass et les paillettes, va découvrir que la vie n’est pas comme à l’écran. Surtout que l’auteur nous en apprend plus sur le conflit entre les pirates, les humains et les striviirc-na, l’auteur continuant à développer son univers au fil des tomes. Certes l’ensemble reste assez classique, pour un roman de space-opera, mais ne manque pas d’être solide et surtout intéressant. Cette lutte perpétuelle qui est plus poussée par un profit ou un besoin, que par une véritable envie de défense ou de conquête ne manque pas d’intérêt. Pareil concernant les aspects technologiques qui ne manquent pas d’attraits avec toujours aussi cette légère touche de cyberpunk. Par contre je reste toujours bloqué devant les contractions de mots qu’invente l’auteur pour parler du futur ; on ne parle plus de cigarettes mais de cigrettes, les médias deviennent les mêêdia, chois linguistique pour montrer l’évolution d’une langue, mais qui me laisse perplexe.

Et pourtant malgré les qualités que possède ce roman, je trouve finalement qu’il s’agit du moins bon des trois. La faute premièrement à cet éloignement de la guerre, certes l’action reste un minimum présent, mais tous l’aspect bataille reste loin et, qui plus est, tout l’aspect géopolitique reste un long moment en surface la faute au héros principal. Car en effet le deuxième point qui a eu du mal à me convaincre c’est Ryan, gosse de riche dans toute sa splendeur, d’une vacuité abyssale dans le premier tiers du roman, certes justifié par ce qu’il a vécu qui le rend amorphe, mais il passe toute de même une grande partie du récit à se regarder le nombril, ce qui fait qu’on a du mal dans le récit à quitter la bulle qu’est la sienne. D’ailleurs je ne peux pas enlever cette performance à l’auteur d’avoir poussé ce personnage dans ses pires limite tout en le rendant cohérent et humain, sauf que j’ai eu du mal à ne pas avoir envie de le secouer et de le baffer, de lui dire d’arrêter de se prendre pour le centre du monde.

Surtout que les personnages qui gravitent autour de lui, eux, ne manquent pas de nous intéresser. On y retrouve des héros déjà croisés dans les deux autres tomes, que ce soit Yuri, Cairo Jos et d’autres encore, on en découvre ainsi plus sur eux et sur certaines de leurs parts d’ombres. De nouveaux personnages viennent aussi apparaître au fil des pages, certains qui apportent un vrai plus, principalement dans les aspects politiques, ou de société et d’autres, c’est vrai, qui tombent un peu dans la caricature, même si rien de très gênant non plus. D’où ma frustration aussi de ne pas voir notre héros approfondir parfois certaines connaissances, certains développements, préférant pleurer sur son sort. Heureusement une fois le premier tiers ça se calme un peu, il va apprendre, évoluer pour offrir ainsi un final qui se révèle efficace, même si je l’ai trouvé un peu court avec parfois un ou deux passages un peu simple.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi entraînante, efficace et surtout toujours aussi humaine, arrivant à nous offrir des personnages, qu’on les aime ou pas, juste, denses et cohérents. Elle continue aussi à traiter, à travers ces différents textes, d’un sujet qui a son importance que sont les enfants et adolescents en plein milieu d’un conflit. La place des plus jeunes qui se retrouvent dans des guerres qu’ils n’ont pas choisi. Alors certes ce tome m’a un moins accroché que les deux autres que j’ai lu, par un côté bancal, mais il se révèle tout de même sympathique et apporte aussi des éclaircissements. En tout cas si jamais l’auteur décide de revenir dans l’univers, ou de proposer une nouvelle histoire tout simplement je la lirai avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce nouveau tome qui nous plonge de nouveau avec intérêt et plaisir dans cet univers solide et efficace de space-opera , avec ses conflits et ses batailles. On découvre ici Ryan Azarcon, enfant célèbre pour qui la guerre n’est qu’une information lointaine et qu’il ne la vit que par les médias. Cela amène un certain nombre de réflexions intéressantes que ce soit sur l’influence des médias, ou l’assimilation qu’on se fait des actualités. Pourtant l’ensemble est loin d’être parfait, la faute principalement au côté égoïste et bourgeois du héros qui ne pense qu’à lui et a pour effet de brouiller une partie des informations qui gravite autour de lui, principalement dans le premier tiers du roman. Dommage, car les personnages secondaires ne manquent pas d’attraits et certaines zones d’ombres se dévoilent. La plume de l’auteur est vraiment fluide, efficace, entrainante et humaine, nous offrant une réflexion efficace sur la position des plus jeunes en plein milieu d’une guerre. Finalement un tome un peu moins bon que les deux autres que j’ai lu, mais qui ne manque pas de se révéler sympathique, je lirai sans soucis d’autres textes de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

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